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Et ce sont face à ces injustices que nous devons , aussi , avoir une indignation utile , une indignation volontariste .

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Emmanuel Macron le 11 avril 2017 Voir la source

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Bonjour à vous !

Merci à vous ! Il y a de l' énergie , là ! Vous êtes réveillés ? Vous avez envie de gagner ? Ça tombe bien , moi aussi !

Bonjour à tous et toutes ! Merci pour cet accueil , merci Besançon , merci le Doubs , merci la Bourgogne-Franche-Comté et toutes les régions alentours qui sont aussi là .

Merci chers amis , cher Jean-Louis , merci à toi , pour tes mots , pour tes propos , ton engagement de la première heure , avec François , je ne l' oublie pas , dès avril 2016 . Et merci à toutes et tous qui , depuis le début , ici , vous êtes engagés , représentants de la société civile , citoyens , élus , forces vives , qui avez décidé de nous accompagner , de faire que ce rêve soit possible . Et merci en particulier à Alexandra CORDIER , à toute l' équipe départementale d' En Marche ! et à nos 1500 marcheurs ici sans lesquels nous n' aurions pas pu organiser cette réunion publique .

Alors , mes amis , nous sommes à douze jours du premier tour de cette élection présidentielle , douze jours ! Et durant ces douze jours , nous allons nous battre chaque heure pour convaincre , pour conquérir , pour continuer à ce que , heure après heure , nous soyons en tête , dans douze jours , du vote de nos concitoyens . C' est cela , ce que nous devons faire sans relâche . Mais je veux le faire en ayant présent à l' esprit ce pourquoi nous sommes là ce soir . Qu' est -ce qui a fait que nous nous sommes levés , que nous nous sommes retrouvés , parfois dans nos différences , autour d' un projet commun ? Qu' est -ce qui fait que , ce soir , vous êtes là avec moi ?

C' est que toutes et tous , nous nous sommes dit , à un moment , « ça ne peut pas continuer comme ça ! » . Ça ne peut pas continuer comme ça ! Parce que nous voyons aujourd'hui les mêmes visages , depuis trente ans , les mêmes visages ! D' un côté , nous avons le révolutionnaire communiste , il était sénateur socialiste , j' étais encore au collège ! Que veut -il nous faire croire ? De l' autre , nous avons Vercingétorix , qui a oublié qu' à la fin , celui -ci rendit les armes et qui voudrait nous faire croire qu' il est le renégat tant attendu , le rebelle ! Mais depuis trente-cinq ans , il est dans la vie politique française , il en a fait tous les postes et , manifestement , il en connaît intimement les pires usages . Et enfin , nous avons Madame LE PEN . Non , non , ne sifflez pas , ne leur ressemblez en rien ! Ne les sifflez pas , nous n' en avons pas besoin . Elle a encore montré , ces derniers jours , quand certains voudraient l' oublier en ne retenant que son prénom , qu' elle avait un nom , une marque que nous connaissons trop bien , qui hante la vie politique française depuis tant de décennies . C' est bien Madame LE PEN dont il s' agit et c' est bien un parti de haine et de rejet de l' autre auquel nous avons affaire .

Alors oui , ces visages n' ont rien de neuf , leurs pratiques n' ont rien de neuf , ces femmes et ces hommes n' ont rien de neuf , rien ! Et ça ne peut pas continuer comme ça . Parce que notre vie politique est aujourd'hui enfermée aussi par des partis , dans des pratiques qui sont devenues hors d' âge , qui nous hantent , nous bloquent . D' un côté , une gauche communiste qui prétend vendre des rêves . Mais « vendre » , ne nous trompons pas , elle ne les vend pas , c' est votre argent . C' est votre argent . Et donc , elle propose une formidable révolution où nous distribuerons ce que nous n' avons pas produit et où nous répartirons ce qui , disons -le franchement , aura été taxé . Et donc , si vous voulez cent milliards d' impôts nouveaux , vive la gauche communiste ! Elle ne tiendra pas ses promesses , elle promet la paix en suggérant de désarmer le pays . Bon courage ! Moi , je ne veux pas pour nous , pour nos enfants , pour notre pays , être désarmé , ni face aux terroristes qui nous ont attaqués dans notre chair , ni face à d' autres puissances qui ne partagent pas nos valeurs . La paix qu' on nous vend , c' est la paix de Moscou . Très peu pour moi !

Cette gauche-là , elle commet , pour moi , l' un des pires cynismes de la vie politique . Elle abuse de la crédulité de ceux qu' elle prétend défendre . Elle fait croire qu' on sera plus heureux , soit en n' ayant pas de travail , soit en répartissant ce qu' on n' a pas encore . Elle prétend qu' il y a un modèle économique que vous ignorez peut-être toutes et tous - il est vrai qu' il n' est pas le plus frontalier pour un Bisontin ou une Bisontine - , c' est le Vénézuela . Eh bien intéressez -vous de près au modèle vénézuélien . Je ne veux pas , pour ma part , être un pays qui produit tant de pétrole et se retrouve obligé , après quelques années , de réinstaurer les tickets de rationnement et d' importer du pétrole . C' est un échec total . La France ne mérite pas ça ! Et dans le même camp , tant et tant pourtant veulent croire aux idées de progrès , veulent croire que quelque chose d' autre est possible . Nous devons les comprendre .

De l' autre côté , vous avez le candidat d' une droite qui n' a plus rien à voir , ni avec DE GAULLE , ni avec Georges POMPIDOU , ni avec Valéry GISCARD D' ESTAING . Non , c' est la droite des affaires , on la connaît trop bien . C' est la droite qui donne des leçons , à défaut de se les appliquer . C' est la droite des privilèges pour quelques-uns qui exige des efforts pour tous les autres . Elle propose - il propose - de supprimer cinq cent mille postes de fonctionnaires , sans expliquer comment , en expliquant , parfois , que ce ne sera pas si difficile . Il propose de faire ce qu' il n' a pas fait lui-même après cinq ans aux affaires . Il propose au pays une purge dans laquelle rien ne sera fait pour construire son avenir , dans laquelle rien ne sera fait pour que nos territoires , nos services publics , celles et ceux qui partent de plus loin puissent avoir une place dans notre société . On peut débattre de ces projets , mais pas dans le climat qui a été ainsi créé , pas en jetant l' opprobre sur l' autre , pas en instillant le complot partout , pas en perdant à ce point l' autorité morale . C' est impossible . Et là aussi , je sais que des femmes et des hommes de droite et du centre ne partagent pas ces valeurs , ne partagent pas ce projet . Et je veux , là aussi , leur parler , les convaincre que la transformation que nous portons est une transformation d' avenir .

Et il y a enfin le parti de la haine , celui qui propose de ne pas régler les problèmes du pays , non , mais de désigner un ennemi , l' autre , l' étranger . Celui qui propose non pas de regarder en face les défis qui sont les nôtres , ceux de notre présent , comme de notre avenir , mais bien plutôt d' avoir la nostalgie d' un passé qui n' a jamais été , de sortir avec fracas de l' Europe qui seule peut nous protéger , de sortir avec fracas d' un euro qui seul peut nous aider à mieux vivre . Ceux-là , mes amis , ils iront se réfugier en leurs châteaux , le jour où tout ira mal . Ce qu' ils proposent , c' est un projet d' appauvrissement des classes moyennes et populaires . Je n' en veux pas , pour mon pays , jamais ! Et nous nous battrons contre .

Alors oui , ça ne peut plus durer comme ça . C' est pour toutes ces raisons que nous avons décidé , il y a un an maintenant , de créer ce mouvement nouveau , de nous lever et de marcher , d' aller au contact des Françaises et des Français , pour les entendre , pour construire sur le terrain les solutions pragmatiques qui permettent de répondre à nos défis , pour reconnaître ce qui partout est fait et répond à nos préoccupations , permet de construire notre avenir . Le projet que je porte , ce n' est pas celui d' un camp , ce n' est pas celui d' un parti comme les autres . C' est celui que vous avez porté , que vous avez construit avec moi , pendant des mois , c' est celui qui refuse le tic-tac inefficace de l' alternance politique entre la droite et la gauche , pour lui proposer l' alternance profonde , celle de nouvelles solutions , d' un vrai pragmatisme , d' un renouvellement profond des visages et des usages de la vie politique . C' est cela , ce que nous avons créé sur le terrain , concrètement .

Alors je vous le dis tout de go , je serai le garant de cette promesse et cette promesse , elle ne finira pas par des combines d' appareil . Cette promesse , elle ne finira pas pour que les commentateurs de la vie politique passent leurs journées à dire « c' est un peu de gauche , non , c' est un peu de » . Ils le disent tous , il suffit d' écouter les uns et les autres . Ecoutez le candidat de droite , il vous dira que je suis de gauche . Ecoutez ceux de gauche , ils vous diront que je suis de droite . Nous avançons avec deux jambes , avec deux jambes .

( ... )

L' indignation , elle est chez celles et ceux qui sont là dans cette salle ce soir , qui n' ont pas voulu accepter les règles de la vie politique . L' indignation , elle est chez celles et ceux qui veulent se battre pour les classes moyennes , contre l' injustice sociale et territoriale . L' indignation véritable , elle est chez celles et ceux qui veulent gagner la bataille de la réindustrialisation dans nos territoires . Et c' est cela dont je veux vous parler ce soir . L' indignation véritable , celle qui est la nôtre , l' indignation profonde . Non pas l' indignation d' estrade , celle qui consiste à dénoncer et à ne rien proposer . Non pas l' indignation facile qui propose comme solution de répliquer les recettes d' hier ou de dépenser un argent qu' on n' a pas . L' indignation lucide , l' indignation volontariste , l' indignation utile , mes amis , la nôtre !

Eh oui , depuis vingt ans , on a trop souvent , trop longtemps , abandonné nos classes moyennes . Et ça , ça ne peut plus durer ainsi , ça ne peut plus durer comme ça ! C' est pour cela que le projet que nous portons , que vous avez construit , propose enfin de regarder en face les défis des classes moyennes et d' y répondre . Ce que nous ferons d'abord , c' est de répondre au problème de pouvoir d' achat des classes moyennes en supprimant , pour 80 % de nos concitoyens , la taxe d' habitation . Pourquoi ? Parce que c' est un impôt qui est injuste . Il est injuste pour les classes moyennes et il est injuste pour les territoires qui souffrent déjà , pour les villes moyennes ou les petites villes , pour la campagne . Il est plus faible dans les agglomérations . Et cet impôt , les plus pauvres d' entre nous ne le payent pas et c' est bien ainsi . Mais les classes moyennes le payent au même titre que les plus aisés . On ne prend pas en compte votre capacité à le payer , votre revenu . Et il est injuste sur notre territoire . A Besançon , la taxe d' habitation , c' est près de mille trois cents euros par an . A Paris , c' est quatre cent quatre-vingts euros en moyenne , pour la même famille . Est -ce que c' est juste ? En aucun cas ! Qui le paye ? Sur qui cela pèse ? Sur les classes moyennes ! Et donc oui , nous supprimerons cet impôt injuste ! Nous le supprimerons , en le payant comment ? Sur les économies que nous allons faire sur l' État , durant ce quinquennat . Et nous compenserons pour les communes , en leur préservant , non seulement la capacité à maintenir les services publics , mais leur autonomie fiscale indispensable , pour qu' elles portent les projets . Ce sont les économies de l' État et rien d' autre qui financeront cela . Mais c' est une réforme de pouvoir d' achat indispensable pour les classes moyennes .

Et là-dessus , je veux tordre l' idée parfois diffusée par certains - il se trouve que nous avons des ennemis et , parfois , ils distillent des contre-vérités qui ont la vie dure - et donc , quand je parle de taxe d' habitation , je parle d' immobilier , je vous le dis , répétez -le , nous n' augmenterons en rien et jamais , durant le quinquennat , la taxation de l' immobilier , qu' il s' agisse de la propriété , qu' il s' agisse de la location ou que sais -je . Il n' y aura pas de sur-loyer , il n' y aura pas de sur-taxation , il n' y aura pas de nouvelles impositions . Si on vous dit ça sur les marchés ou au porte-à-porte , c' est faux !

Défendre nos classes moyennes , c' est aussi savoir répondre à leurs angoisses , ce qu' elles vivent au quotidien , de perte de repères ou de perte de sens . C' est répondre à l' insécurité . Et donc oui , le projet qui est le nôtre , celui que nous avons construit , c' est un projet qui portera une vraie réponse , en termes de sécurité . Hors de nos frontières et dans nos frontières . Avec un vrai engagement pour notre armée . Avec cet engagement , à horizon 2025 , d' avoir 2 % de notre produit intérieur brut pour l' armée , pour , justement , être à la hauteur de nos soldats . Et je le dis ici ce soir devant vous , en leur rendant hommage , et je n' ignore pas que nous sommes , dans cette belle ville de Besançon , dans une grande ville de l' armée de Terre française , et je veux ici , ensemble , que nous applaudissions nos militaires .

Mais c' est aussi s' engager pour la sécurité du quotidien : la lutte contre le terrorisme dans nos frontières , avec de nouveaux engagements - dix mille policiers et gendarmes dans le quinquennat qui vient - , avec de nouveaux moyens sur le renseignement , une nouvelle organisation . Avec , aussi , une nouvelle police de sécurité quotidienne . Avec une capacité enfin donnée à avoir , partout sur le terrain , une tolérance zéro , qui est ce que nous devons aux classes moyennes qui vivent l' insécurité au quotidien et en bas de chez elles .

Répondre aux défis de nos classes moyennes , c' est aussi parler des retraites . Oui , durant le quinquennat qui vient , je revaloriserai les petites retraites . Dès début 2018 : cent euros sur le minimum vieillesse en plus , par mois . C' est indispensable , c' est un élément de justice . Mais c' est aussi conduire la vraie réforme , en profondeur : celle de notre système de retraites . Celle qui va consister , progressivement , à mettre fin aux injustices qui existent entre un salarié du privé et un autre salarié qui relève de ce qu' on appelle les “ régimes spéciaux ” , entre les trente-sept régimes qui , en France , cohabitent et font qu' on n' y comprend plus rien , qu' on n' arrive plus à savoir où on en est , qu' on ne comprend plus où sont ses droits et que la défiance s' installe . Je défie qui que ce soit , dans cette salle , de pouvoir me calculer ses droits à retraite . Et cela crée une angoisse , l' angoisse du changement , l' angoisse du lendemain . Et oui , la réforme que nous allons mettre en place va créer un système unique , transparent , lisible pour toutes et tous , où un euro cotisé donnera lieu au même droit à la retraite pour tous et toutes .

Enfin , défendre les classes moyennes , c' est s' attaquer à ce que d' aucuns ont pu appeler “ l' insécurité culturelle ” qui est la leur . Moi , je veux qu' en France on puisse croire et ne pas croire . Mais je ne veux pas qu' on puisse prétendre protéger les uns en s' attaquant à la religion des autres . Et là-dessus , j' entends les sirènes odieuses de l' extrême droite ou d' une droite dure , qui veut faire croire que parce qu' on défend la laïcité française , on défendrait les communautarismes . Je ne crois pas au multiculturalisme , je ne crois pas au communautarisme . Je me battrai contre tout communautarisme dans la République . Mais je me battrai en même temps contre tous ces mensonges faits qui veulent enfermer la République dans une identité figée , dans une religion , dans une tradition . Notre République , c' est une promesse d' avenir , c' est une promesse de liberté . Et notre laïcité , c' est le droit de croire ou de ne pas croire et c' est un bouclier , et ce bouclier , c' est aussi celui que nous devons aux classes moyennes françaises .

L' indignation qui fut aussi la nôtre , c' est celle à l' égard de l' injustice , des injustices sociales . Et là aussi , ça ne peut plus durer ! Les injustices qui se sont installées et ces deux discours , intenables . D' un côté le discours d' une droite , qui nous dit “ ce sujet n' a pas d' importance , réussissons d'abord , aidons le pays à aller mieux , à être plus efficace , et la justice viendra ” . Non . Parce que ce sont toujours les mêmes qui vont mieux . Parce qu' aider ceux qui ont déjà réussi à réussir un peu mieux , ça n' est pas un projet pour la société française , c' est un projet de fracture . Et de l' autre , on voudrait nous dire “ nous sommes pour la justice , mais ne réfléchissons plus à savoir comment créer la richesse , comment produire , défendons celles et ceux qui ont déjà quelque chose , même si c' est un petit peu , protégeons les statuts ” . Ça n' est pas possible là non plus . Et ça ne tiendra pas . Et donc nous devons avoir un projet de justice sociale efficace , nous devons lutter partout contre les injustices qui sont là , mais avec un vrai projet d' émancipation , avec un vrai projet qui redonne des droits aux individus , par l' école , par l' apprentissage , par le travail . C' est ainsi que la vraie justice , au coeur de la société , se fera . C' est cela , notre projet .

Alors oui , pour être à la hauteur de cette indignation et pour avoir l' indignation utile , nous croyons dans l' école . Et le projet qui est le nôtre , le premier chantier , même , que nous avons défini , c' est celui de l' école . C' est celui qui consiste à remettre les heures d' enseignement , à recréer le travail dirigé , les études dirigées à l' école , à remettre des stages d' été , à remettre les classes bi-langues et les humanités pour tous .

( Je vais y venir , mes amis . J' aime votre impatience . Notre indignation , elle a ce soir deux mille cinq cents voix . C' est cela , notre force ! Et je ne pourrai pas tout dire , mais j' essaierai d' en dire beaucoup . )

L' école , c' est ainsi que nous recréerons l' émancipation par le savoir . Et c' est pour cela qu' en particulier dans les zones d' éducation prioritaires , nous allons diviser plus que par deux , ramener à douze le nombre d' élèves par classe en CP et CE1 , pour recréer de la justice .

L' émancipation , elle se fera ensuite par l' apprentissage , cher Thierry , et je veux saluer ici le travail de Thierry MARX que j' ai vu à Paris , et que j' avais vu ici , à Besançon , il y a quelques mois . Ce sont des initiatives ainsi que nous devons accompagner , aider , promouvoir . Mais qu' est -ce que c' est ? C' est une deuxième chance offerte , c' est la possibilité de réussir , de construire sa place par le travail , par l' apprentissage , par la connaissance d' un métier , là où , parfois , on a été assigné à résidence , à l' échec scolaire , où on n' a pas eu les mêmes droits . Et donc oui , le projet qui est le nôtre , c' est un projet pour faire réussir par l' apprentissage , par la formation et par la formation tout au long de la vie .

C' est pour cela , mes amis , que nous conduirons une réforme en profondeur , en profondeur , de notre formation continue et de notre formation professionnelle , pour permettre aux jeunes , pour permettre aux chômeurs , d' accéder à une formation , là où parfois la porte leur est fermée . C' est une réforme en profondeur de l' organisation de notre système de chômage , pour le rendre à la fois plus universel , mais avec de nouveaux devoirs et en même temps un droit à être formé . C' est pour cela que le projet qui est le nôtre , c' est non seulement une transformation de l' organisation de cette formation continue , la capacité à promouvoir des initiatives de terrain qui existent et , en même temps , un investissement massif .

Oui , dans le plan d' investissement que nous portons , dans notre projet , il y aura quinze milliards d' euros pour la formation des femmes et des hommes , des plus jeunes comme des chômeurs de longue durée . Pourquoi ? Parce que nous en avons besoin . Parce que nous ne pouvons pas dire à des femmes et des hommes qui sont au chômage “ débrouillez -vous ” , lorsqu' ils n' ont plus les qualifications . Nous ne pouvons pas dire à des jeunes - il y en a plus d' un million aujourd'hui - qui n' ont pas les qualifications de base pour accéder à un métier “ débrouillez -vous ” . Nous devons les former . C' est un investissement . C' est celui que nous conduirons avec les structures de formation , avec les régions , avec les associations , avec les entreprises privées qui sont dans ce secteur . Mais nous investirons pour , justement , croire dans notre jeunesse , croire dans celles et ceux qui sont parfois laissés au bord de la route et pour leur permettre de retrouver une place . C' est aussi cela , le projet qui est le nôtre . C' est le projet d' émancipation par la formation et par le travail . C' est cela , ce que nous portons !

C' est aussi pour cela , par souci de justice , que je veux que le travail paye et que ce que nous proposons , en changeant le financement de l' assurance-chômage , en réformant la prime d' activité , c' est de mieux rémunérer les travailleurs et les travailleuses . C' est de permettre à chacun , lorsqu' il travaille et qu' il est au SMIC , eh bien d' avoir , aujourd'hui , l' équivalent d' un treizième mois . Non pas un treizième mois qui coûte à l' entreprise , un treizième mois parce qu' on financera différemment , par l' impôt , notre système social , un treizième mois parce que je veux qu' on vive de son travail et qu' on en vive dignement !

Et donc , vous l' avez compris , notre projet , ça n' est pas un projet qui consiste à promettre de vivre mieux en taxant davantage les patrons , en réduisant la compétitivité , ça n' est pas un projet non plus qui consiste à dire aux Françaises et aux Français “ avec moi , vous allez travailler plus et gagner moins ” , ce que proposent certains . C' est un projet par lequel nous construisons l' émancipation des individus , par l' école , par l' apprentissage et par le travail . Et où le travail paiera davantage . C' est pour cela que j' ai voulu ces mesures et c' est aussi pour cela que dans notre projet , j' ai voulu à nouveau que nous puissions exonérer des cotisations les heures supplémentaires .

Enfin , parce que ça ne peut plus durer , ces injustices sociales , nous avons un projet pour la santé , qui est un projet ambitieux et , là aussi , un projet à la fois efficace et juste . Efficace et juste parce que nous proposons , là aussi , non pas de dérembourser les petits soins , comme certains , mais d' avoir une approche concrète , efficace , pour mieux accompagner les classes moyennes , les plus fragiles . Pour permettre de prévenir davantage , de mieux rembourser les petits soins du quotidien , d' éviter que certaines maladies ne se dégradent . De redonner une vraie fierté à notre hôpital , par une politique favorable à l' hôpital public , un réinvestissement , la fin de la tarification à l' activité . Par une politique ambitieuse en matière de recherche . J' en parlerai plus longuement vendredi , mais oui , par une ambition concrète , réaliste sur le quinquennat , sur le cancer , vous avez raison . Et par une politique volontariste en matière de santé , face aux injustices territoriales .

Et ce sont face à ces injustices que nous devons , aussi , avoir une indignation utile , une indignation volontariste . Parce que oui , les injustices territoriales non plus , elles ne peuvent plus durer comme ça . Nous les subissons au quotidien , vous les subissez au quotidien . Et le projet qui est le nôtre est aussi un projet d' une plus grande justice territoriale . C' est aussi un projet d' émancipation des territoires que je veux porter .

Alors , cela passera par quoi ? En matière de santé , là aussi , la volonté de doubler les maisons pluridisciplinaires de santé , pour ré-attirer des professionnels dans nos campagnes et sur nos territoires . Ça passera par une politique ambitieuse en matière de numérique . Elle est indispensable , en particulier dans la ruralité , abandonnée , en la matière . Je donnerai dix-huit mois - dix-huit mois - , aux opérateurs de télécommunications , pour déployer la fibre et la 4G partout . Sinon , l' État prendra ses responsabilités . Et puis c' est aussi une politique volontariste pour l' agriculture française , avec un plan d' investissement agricole , avec un prix payé juste , pour nos agriculteurs et , dès le début du quinquennat , des états généraux de l' alimentation .

Et enfin , mes amis , l' indignation utile que je veux pour notre pays , c' est celle qui consiste à dire “ ça ne peut pas durer comme ça ” , quand on regarde la désindustrialisation du pays , quand on regarde la situation économique et industrielle . Cette indignation utile , c' est celle que , dans vos territoires , vous avez eue , par le passé . C' est celle que j' ai qualifiée , il y a quelques mois , quand j' étais venu ici , à Besançon , de “ la leçon de Besançon ” . Oui . Moi , je viens d' une terre qui a connu la désindustrialisation et les grands chocs . Nous connaissons , dans les Hauts-de-France , les terres balayées par les fermetures d' usines , dans le textile , dans la sidérurgie , dans les mines . Ici , vous auriez pu tout perdre , quand l' horlogerie a vacillé , quand le quartz a été contesté , quand le grand conflit de Lip a bousculé non pas seulement la région mais tout le pays . Vous avez douté , certains se sont rebellés , se sont levés . Il y a eu cette indignation digne , populaire , forte , face à l' injustice de ce qui advenait . Et il y a eu l' indignation utile , la vôtre , celle qui a consisté à recréer , sur cette base , une industrie de pointe , avec des savoirs de pointe , en qualifiant les gens , en les formant , là encore , et en investissant dans l' industrie , dans l' économie et en la transformant . Vous avez donné une leçon à tout le pays et c' est cela , ce que nous devons conduire . La réindustrialisation française , elle se fera en tirant les leçons et la leçon de Besançon .

Et cette leçon , mes amis , c' est celle de la politique que nous allons conduire , qui consiste à libérer et à protéger mais par laquelle nous devons baisser les charges des entreprises et les impôts des entreprises pour qu' elles puissent entreprendre et investir , par laquelle nous allons simplifier la capacité à créer son entreprise , à la développer , en supprimant le RSI , en simplifiant le droit du travail , au contact du terrain . Parce qu' en redonnant ces libertés , on donnera la possibilité de faire , d' innover , d' entreprendre sur le terrain , au plus près de la réalité , comme vous avez su le faire . Nous avons besoin de retrouver ces libertés concrètes , ces libertés d' entreprendre , de se développer . Et c' est cela , notre projet économique .

On ne pourra pas couvrir , mes amis , tous les sujets . Mais ce que je suis en train de vous dire , en particulier en tirant la leçon de Besançon , en redisant cela , en changeant l' image de l' industrie , la capacité à investir et en la redonnant , c' est de dire que la vraie protection qu' on apportera à nos concitoyens , c' est en recréant des emplois , c' est en développant l' industrie . Et donc oui , avoir une politique qui donne plus de place au dialogue social , avoir une politique en faveur de l' investissement des entreprises et en leur redonnant des marges , avoir une politique en faveur de l' investissement public dans les secteurs d' avenir - et c' est le plan d' investissement que nous portons - , dans l' écologie , dans la transition environnementale , dans le numérique , c' est cela , la réponse , c' est cela , la vraie justice sociale .

Et donc oui , ce que nous portons , c' est une politique de réindustrialisation efficace , celle qui redonne des marges de manoeuvre aux entreprises , pour pouvoir investir , pour pouvoir former , pour pouvoir recréer des emplois , partout sur le terrain , celle qui consiste à réinvestir dans l' industrie du futur , sur le terrain , ici , sur tous les secteurs en développement , la micro-technique , l' industrie environnementale , les industries liées au numérique , le textile , Chérif , qui est en train de se transformer , aussi , sur le terrain et dans cette région , avec une innovation inouïe . Tous ces secteurs , ce sont des secteurs d' avenir , ce sont des secteurs où nous allons créer des emplois et je vous le dis , l' indignation véritable , face à la désindustrialisation , ce n' est pas d' aller promettre de protéger les emplois d' hier , c' est de promettre d' aller créer les emplois de demain . Et en faisant cela , de protéger vraiment les personnes , de les protéger en les formant , à chaque moment de la vie , de les protéger en les formant quand , perdant un emploi , dans un secteur qui disparaît , on les forme pour en retrouver un autre , dans un secteur en expansion . C' est cela , la réforme que nous portons , c' est cela , le projet qui est le nôtre .

Et enfin , avoir une indignation utile , face à la désindustrialisation du pays , c' est vouloir une Europe forte , parce que seule l' Europe peut protéger notre industrie . Et je vous le dis : l' Europe , ce n' est pas le problème . L' Europe , c' est ce qui nous protégera , ce qui nous aidera à réindustrialiser , à travers la politique commerciale européenne , à travers une vraie politique industrielle d' innovation , avec une vraie volonté d' harmonisation sociale et fiscale qui est dans notre projet . J' ai été ministre de l' Industrie . Face aux attaques de la Chine , de la Russie ou d'ailleurs , la France seule ne peut pas se protéger . Elle ne peut pas vraiment protéger son industrie , elle ne peut pas vraiment protéger les différents secteurs attaqués . Seule une vraie politique européenne le peut . Mais encore faut -il qu' elle soit là au rendez-vous . Et donc oui , nous , nous sommes des Européens , mais des Européens exigeants et nous porterons cette Europe qui protège , cette Europe qui avance .

Et donc , face à la crise du pays , au doute , je vous le dis : les projets , les promesses de repli et de fermeture , ce sont des mensonges . Face aux doutes et aux défis économiques , le candidat de la droite dure qui vient vous dire “ avec moi , vous allez travailler plus et gagner moins et ce seront toujours les mêmes qui feront des sacrifices ” , il n' est pas au rendez-vous de l' Histoire .

Je n' ai pas entendu ! Alors , si ce sont les “ îles paradisiaques ” , que j' ai entendu , il s' agit peut-être des paradis fiscaux . Les Corses vous diraient que c' est la Corse - j' y étais la semaine dernière . Mais là aussi , la lutte contre les paradis fiscaux , elle se fera au niveau européen , par une politique exigeante d' harmonisation fiscale . Elle ne se fera pas seule et nous mènerons ce combat .

Et oui , mes amis , face à tous ces défis et ce défi de la réindustrialisation qui est devant nous , nous devons avoir un projet à la fois efficace et juste , un projet qui libère et qui protège , un projet qui ne promet pas un revenu à perpétuité , sans travail , ou qui ne promet pas de taxer les uns alors qu' on ne sait plus comment produire . Ce projet ambitieux , c' est le nôtre , parce que nous sommes le camp de l' indignation utile . Stéphane HESSEL avait des mots très beaux , sur l' indignation . “ C' est précieux , l' indignation ” , disait -il , “ quand quelque chose nous indigne , alors on devient militant , fort et engagé . On rejoint le courant de l' Histoire et le grand courant de l' Histoire doit se poursuivre grâce à chacun ” . Ce qui vous a fait lever il y a un an , il y a plusieurs mois , il y a quelques semaines , parfois quelques jours , c' est cette indignation . Ce qui m' a fait lever , c' est cette indignation , c' est le “ ça ne peut plus durer comme ça ” . Cette indignation , c' est la nôtre , et nous la porterons jusqu' au bout ,

Alors oui , mes amis , ce que je suis venu vous dire ce soir , c' est que nous ne ressemblons à personne , nous sommes attaqués par tous et nous continuerons à l' être . Oui , nous sommes le camp de l' indignation utile , nous sommes le camp de l' alternance profonde et du renouvellement . Et oui , ça ne peut plus durer comme ça , dans la vie politique , face aux défis économiques , face aux injustices ou en Europe et oui , nous allons profondément changer tout cela . Et pour ce faire , ce que j' attends de vous , maintenant , durant douze jours , c' est une mobilisation absolue , c' est une détermination absolue , c' est une volonté farouche , celle de l' indignation utile , celle de porter ce projet , le nôtre , cette ambition juste , forte ! Mes amis , ce qui nous a fait lever , c' est de vouloir changer le pays , de ne rien répliquer , de dire “ ça ne peut pas durer comme ça ” et qu' il n' y avait pas de fatalité . Vous êtes là ce soir , nous sommes là debout , nous irons au bout , nous allons gagner !

Mes amis , je veux , jusqu' à la dernière heure , votre mobilisation , votre énergie , parce que nous allons gagner !

Vive la République ! Vive la France ! Merci à vous !

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