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Au Parlement européen règne donc une ambiance très chaude de guerrefroide . On a même voté un rapport pour demander l' organisation d' une contre propagande face aux Russes … Et comme si cela ne suffisait pas , après avoir estimé le coût de « l' inexistence d' une Union européenne de la défense » à 26 milliards d' euros du fait des doublons d' emploi et des sous-investissements , la chère « Europe qui nous protège » envisage des sanctions financières contre les récalcitrants à l' intégration militaire .

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Jean-Luc Melenchon le 25 novembre 2016 Voir la source

Le nouveau projet européen : préparer la guerre !

Depuis le Brexit , le poste de commandement de l' Union européenne est une salle de bal vide et froide . Les lampions sont éteints et ça sent le tabac froid . Les guirlandes sont par terre et les nappes froissées . C' est clair : on ne dansera plus . Que faire d' autre ? Que proposer comme nouvel arguent de promotion puisqu'on ne peut plus dire à personne « venez chez nous , c' est une maison sympathique ! On est tous des gentils qui s' entraident et font des projets magnifiques pour un futur bienveillant » ? La preuve du pudding c' est qu' on le mange . À Londres , personne n' a eu à manger le gâteau européen pendant la campagne du Brexit . Il n' y aura jamais eu un mot de positif pour appeler les Anglais à rester dans l' Union européenne . Juste des menaces et des grimaces : la peur de l' hiver nucléaire et celle des catastrophes immobilières , financières , économique que sais -je , le fer rouge de la xénophobie , la marque noire du racisme , si le pays votait mal ! En vain ! Et désastre supplémentaire : l' immobilier est resté stable , la bourse est repartie , la croissance se maintient . Pffff , les eurocrates ne savent que faire .

Le sommet de l' Union à Bratislava a eu pour grand dessein de ne pas sanctionner l' Espagne et le Portugal ! Depuis , ça se traine . On voit bien qu' il y a une activité pour essayer de trouver quelque chose à se mettre sous la dent . On a donc sur le tapis Madame Merkel en leader d' un improbable « monde libre » . Le rêve européen : la maman méritante pour tous . Plat de résistance : l' Europe de la Défense . Une foutaise en barre . Se défendre ? Contre qui ? Déjà qu' il n' y a pas de politique étrangère commune de l' Union ! Évident : elle est impossible à bâtir . Les va-t -en guerre contre la Russie de l' Europe de l' est et les paisibles méditerranéens qui ont d' autres soucis avec leur voisins n' ont pas du tout les mêmes priorités . Et celles -ci ne peuvent non plus s' additionner . Sans parler des permanences de l' histoire . Les Russes sont des partenaires naturels des Français . Et quand les Français l' oublient , la catastrophe n' est jamais loin .

Quoiqu'il en soit , voyez l' incroyable évolution : on faisait l' Europe pour la paix , on nous propose de la faire pour se préparer à la guerre . Car nul n' a jamais vu qu' on s' arme et s' intègre militairement autrement que pour faire usage des moyens que l' on rassemble . La peur de l' autre et la guerre comme liant du projet européen ! Un minable retour aux sources . Car la première Europe politique proposée sur le vieux continent après la deuxième guerre mondiale , ce fut la communauté européenne de Défense ( CED ) en 1954 . Il s' agissait alors de s' armer et de coopérer contre … les Russes ! Déjà ! Ceux-là se présentaient à l' époque sous la forme de l' Union des Républiques Socialistes Soviétiques ( URSS ) . Le Parlement français vota non . Il est vrai qu' il était étrange de décider de s' allier avec l' envahisseur de la veille contre l' allié qui nous en avait libérés . Les « pères fondateurs » , un quarteron de bigots à la retraite après une guerre où ils furent très moyens , remirent l' ouvrage sur le métier . Le traité de Rome arriva donc trois ans après cet échec . Toute la gauche française vota contre , de Mendès France aux communistes . On veut l' oublier aujourd'hui . On gagnerait à relire le discours de Mendès France à l' époque …

On votait donc cette semaine au Parlement européen plusieurs rapports sur le sujet . Un plan d' organisation d' une défense commune . Chacun s' est donc positionné . Le PS et la droite ont évidemment voté pour ; les Verts et nous contre . Bien sûr , nos motivations ne sont pas les mêmes . Dans ma façon de voir les choses , le système militaire de la France a une cohérence qui est et doit rester strictement défensive . Si chacun agit de même , nul ne sera tenté de sortir de ce rôle , du fait du manque des moyens et de la culture agressive qui va avec la constitution d' une puissance du type de celle que voudrait construire les eurolâtres . En toute hypothèse il n' existe aucune menace militaire contre l' Europe . Il est stupide de faire croire que la Russie serait en position belliqueuse vis-à-vis de la Pologne ou des petits pays baltes . Personne ne saurait dire quel intérêt il y aurait pour la Russie à agresser qui que ce soit de ce côté-là .

Par contre il est tout à fait évident que l' Union européenne menace la Russie . Elle le fait en tant que poste avancé de l' OTAN , avec ses batteries de missiles en Pologne et ses troupes américaines positionnées sur le territoire européen . Et elle le fait notamment en Ukraine où son soutien au gouvernement d' extrême droite est extrêmement dangereux . Sans oublier la Géorgie , la Biélorussie et combien d' autres zones . Dans chacune d' elle l' Union a lancé le processus d' annexion traditionnel : discussion d' alliance militaire , inclusion dans la zone économique européenne , organisation du renversement des circuits financiers et marchands vers l' Union en général et vers l' Allemagne en particulier . Sur toutes les frontières de l' est , nous sommes à la merci d' une provocation des bellicistes . Car l' article 5 de l' OTAN et l' article 49 du traité de Lisbonne nous obligent à une solidarité militaire avec les gouvernements grossièrement anti-russes de la région . C' est évidemment un contexte favorable pour la répartition des rôles à laquelle s' emploient les stratèges nord-américains : ils veulent voir l' Europe s' occuper des Russes pendant qu' eux s' occupent de l' Asie .

Au Parlement européen règne donc une ambiance très chaude de guerrefroide . On a même voté un rapport pour demander l' organisation d' une contre propagande face aux Russes … Et comme si cela ne suffisait pas , après avoir estimé le coût de « l' inexistence d' une Union européenne de la défense » à 26 milliards d' euros du fait des doublons d' emploi et des sous-investissements , la chère « Europe qui nous protège » envisage des sanctions financières contre les récalcitrants à l' intégration militaire . Je me demande ce que vont me reprocher maintenant ceux qui se donnaient des airs indignés quand je parlais de construire un « nouvel indépendantisme » . Le choix se resserre : soit ce que je propose , soit l' Europe militaire intégrée sous commandement du leader du monde libre . Puisque c' est le nouveau surnom de madame Merkel dans la presse anglo-saxonne .

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