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Et si forte sera l' emprise sur les esprits qu' en dépit des pertes humaines , de la conscription et des impôts , en dépit même des défaites , après la retraite de Russie , et la campagne d' Allemagne , et l' invasion , et les Alliés à Paris malgré la merveilleuse campagne de France , il suffira que l' exilé de l' île d' Elbe débarque à Golfe-Juan pour qu' à nouveau la nation tout entière se rallie à lui et que l' aigle vole de clocher en clocher jusqu' à Notre-dame .

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G. Pompidou - 15 août 1969

Abordant l' oraison funèbre du Grand Condé , Bossuet s' exprime ainsi : « Je me sens également confondu par la grandeur du sujet et , s' il m' est permis de l' avouer , par l' inutilité du travail . Nous ne pouvons rien pour la gloire des âmes extraordinaires . leurs seules actions les peuvent louer , toute autre louange languit auprès des grands noms . » Combien ces paroles s' appliquent au prodigieux destin que nous évoquons aujourd'hui ! En ce jour où la Corse et avec elle la France entière célèbrent le deuxième centenaire de la naissance de Napoléon , remontons le cours de l' Histoire , suivons ce jeune Corse sans fortune et sans ressources , voyons - le prendre conscience de ses immenses possibilités puis , progressivement , les orienter vers la France jusqu' à s' identifier avec la Nation , la lier à son sort , la façonner à sa mesure , la marquer d' une empreinte aujourd'hui encore ineffacée .

15 août 1769 . Un an plus tôt , jour pour jour , Louis XV a proclamé la Corse partie intégrante de la couronne de France . trois mois plus tôt , en Angleterre , est né le petit Arthur Wellesley , qui sera duc de Wellington . Ainsi le veut l' Histoire .

Dans Ajaccio , petit bourg -de 5 à 6000 habitants , Laetitia Ramolino , épouse de Charles Bonaparte , met au monde un fils pour lequel on ressuscite un vieux prénom peu usité , Napoléon . « Ce nom mystérieux , dira plus tard l' Empereur , j' étais seul à le porter en France . Il était doué d' une vertu virile , poétique et redondante . » Qui donc , en ce 15 août 1769 , aurait imaginé non seulement le génie de l' enfant qui venait de naître , mais que son destin se confondrait avec celui de la France à laquelle la Corse ne se sentait encore guère attachée ? Charles Bonaparte avait participé passionnément à la lutte contre la domination génoise . Il se rallie , il est vrai , à l' autorité française , ce qui lui vaudra d' obtenir des bourses pour Joseph -et pour Napoléon . Mais le patriotisme corse est puissant , la nation corse une réalité et il faudra de longues années pour que Napoléon , malgré et peut-être à cause de ses dissentiments avec Paoli , renonce à la tentation de jouer un rôle de premier plan dans une Corse indépendante . « Je naquis , écrit - il , en 1789 , à Paoli , quand la patrie périssait . » Et pourtant , il a été « écolier du roi » , c'est-à-dire boursier , en 1779 au collège d' Autun où il apprend le français puis à l' école de Brienne où il reste 5 ans , et en 1784 à l' Ecole militaire de Paris . En 1785 , son père meurt . La même année , il sort de l' Ecole militaire avec le grade de lieutenant en second et est affecté au régiment d' artillerie de La Fère , qu' il a choisi probablement parce qu' il est en garnison à Valence , sur le chemin de la Corse .

En France , c' est la Révolution . Mais Napoléon ne se soucie que de la Corse . Il obtient permission sur permission qu' il prolonge sans scrupule à Ajaccio où il est en contact permanent avec les « patriotes » . En quatre ans , il passe trente - 5 mois dans l' Ile , indifférent , semble - t - il , aux événements qui bouleversent la France , ne prenant le parti des Montagnards que par amitié pour Sallceti et par hostilité pour Paoli avec qui les Bonaparte se sont définitivement brouillés . C' est même cette brouille qui oblige la famille à partir pour la France en juin 1793 et qui va orienter différemment la vie de Napoléon .

La protection de Saliceti lui vaut d' être nommé chef de bataillon et de commander l' artillerie au siège de Toulon . Le 19 décembre 1793 son action permet aux armées de la République de s' emparer de la ville . trois jours plus tard , Napoléon Bonaparte , âgé de vingt-quatre ans , est nommé général de brigade .

Mais la France traverse de nouvelles épreuves C' est la grande terreur , puis le 9 thermidor et l' exécution de Robespierre . Napoléon , un moment arrêté , doit à Barras de rentrer en grâce . C' est encore Barras qui lui confie la répression de l' insurrection parisienne du 13 vendémiaire . Le succès lui vaut d' être nommé général de division et enfin , le deux mars 1796 , commandant en chef de l' armée d' Italie . De ce jour , un grand destin commence .

La prodigieuse campagne d' Italie va révéler à Napoléon son propre génie . Certes , depuis toujours il a ressenti en lui une force supérieure . Dès Brienne , dit - il , « J' avais l' instinct que ma volonté devait l' emporter sur celles des autres » . Mais c' est Lodi qui sera le chemin de Damas où il aura la révélation de sa propre étoile . « Dès lors , j' ai prévu ce que je pourrais devenir . Je voyais déjà le monde fuir sous moi , comme si j' étais emporté dans les airs . » Et encore : « Alors naquit la première étincelle de la haute ambition . » Cette ambition , les objectifs s' en précisent . Il n' est plus question comme autrefois pour le jeune officier de Valence d' écrire des romans ou de philosopher ou de faire des mathématiques . Désormais c' est le pouvoir qui le hante . « Je ne puis plus obéir . J' ai goûté du commandement et je ne saurais y renoncer . » Mais où exercera - t - il ce pouvoir ? Où se déroulera le destin pressenti ? La France n' en constitue pas encore l' objectif nécessaire , même si , par le commandement de l' armée d' Italie , elle lui en a insufflé la résolution et donné les moyens . Au moment même d' Arcole et de Rivoli , quand , ayant écrasé les Sardes , il chasse et pourchasse les armées de l' Autriche , Bonaparte lisant Machiavel écrit en marge : « Moi aussi , je suis italien . L' Italie a enfin reconnu en moi son rédempteur . » Sans aucun doute , le rêve du royaume d' Italie , qu' il réalisera d'ailleurs plus tard mais de surcroît , est - il à ce moment plus présent à . son imagination que la domination de la France . Plus présent que tout d'ailleurs , l' attrait de l' aventure personnelle , donc pour un Méditerranéen féru d' histoire , la tentation de l' Orient et des grands espaces où se lancèrent et souvent se perdirent tous les grands conquérants , de Cyrus et d' Alexandre jusqu' à Tamerlan . C' est elle qui va le saisir lorsque , rentré en France , couvert de gloire , adulé du peuple parisien , chargé de préparer , déjà , le débarquement en Angleterre , il s' arrache tout à coup aux intrigues du Directoire , fait décider l' étrange expédition d' Egypte , s' embarque pour Alexandrie . Et c' est la victoire des Pyramides , l' entrée au Caire , la campagne de Syrie , la prise de Jaffa , la victoire du Mont - thabor . Ici se situe l' affaire de Saint - jean-d'Acre . Phélippeaux , camarade de Bonaparte à Brienne , et émigré , organise la défense contre l' armée française qui , privée de son artillerie lourde , ne peut enlever la place . Napoléon revient au Caire , décide de rentrer en France . « Les hommes ne font qu' imiter leurs prédécesseurs » , disait Machiavel . « Je pourrais bien quelquefois te faire mentir » , commentait Bonaparte .

Quelle part dans sa décision a pu avoir l' échec de Saint - jean-d'Acre ? Faut - il y voir la cause du renoncement au mirage oriental que Napoléon a si souvent évoqué ? « En Egypte , a - t - il dit , je me trouvais débarrassé du poids d' une civilisation gênante ; je rêvais toutes choses et je voyais les moyens d' exécuter tout ce que j' avais rêvé . Le temps que j' ai passé en Egypte a été le plus beau de ma vie car il en a été le plus idéal . Saint - jean-d'Acre a peut-être changé le cap de la destinée napoléonienne . Si cela est vrai , alors Phélippeaux fut l' agent de la Providence : car le retour d' Egypte , c' est vraiment le mariage de Napoléon avec la France . A partir du moment où il débarque à Fréjus de la frégate Muiron , le sort est jeté . C' est en France qu' il réalisera la haute ambition conçue après Lodi . C' est à la France qu' il imprimera sa marque . C' est avec la France et les Français qu' il conduira sa grande aventure . Du même coup et à sa suite la Corse deviendra française non plus par l' effet du traité entre Louis XV et Gênes mais par le cœur et par l' épopée . Désormais Napoléon peut dire : « Je n' ai qu' une passion , qu' une maîtresse , c' est la France . » La France d'ailleurs est prête à se donner . Le Directoire sombre dans le désordre , l' impuissance et la corruption . Tout le monde complote , tout le monde attend un coup d' Etat . « Voilà votre homme ! » s' écrie Moreau apprenant le retour d' Egypte .

Bonaparte , de fait , n' hésite ni ne dissimule . Ce n' est pas pour Sieyès qu' il travaille . « L' occasion viendra , soyons prêts à la saisir » , avait - il écrit . Elle est venue . Il sera maître et seul maître . La France se livre à lui plus encore par passion de la gloire que par lassitude du désordre et de l' anarchie . Entre elle et lui tout est clair . « Ni elle , ni moi nous ne nous trompons plus » , dit - il superbement . Il sait qu' il a à sa disposition le pays le plus peuplé d' Europe , la meilleure armée du monde et une nation convaincue d' être la première . Il sait l' immense réservoir de forces révélé par la Révolution et qu' il peut tout demander à la France à condition de la faire rêver . « Je n' agis , dit - il , que sur les imaginations de la Nation . Lorsque ce moyen me manquera , je ne serai plus rien . » Là est le secret de la longue marche qui mènera Napoléon et les armées françaises à Rome et à Vienne , à Madrid et à Berlin , à Varsovie et à Moscou . Et si forte sera l' emprise sur les esprits qu' en dépit des pertes humaines , de la conscription et des impôts , en dépit même des défaites , après la retraite de Russie , et la campagne d' Allemagne , et l' invasion , et les Alliés à Paris malgré la merveilleuse campagne de France , il suffira que l' exilé de l' île d' Elbe débarque à Golfe-Juan pour qu' à nouveau la nation tout entière se rallie à lui et que l' aigle vole de clocher en clocher jusqu' à Notre-dame .

Tout a une fin sans doute et le destin est plus fort que l' homme le plus fort . Wellington attend Napoléon à Waterloo . il ne manœuvre pas , il s' obstine . Or le génie militaire ce jour - là abandonne Napoléon . Or c' est Blücher qui doit arriver et non Grouchy . Car il appartient à un grand homme d' avoir une grande fin et il n' en est pas de plus grande que le malheur .

L' île d' Elbe était dérisoire . Il fallait , loin derrière l' Afrique , Sainte-Hélène , « sous le verrou des rois prudents » . Dernière phase d' une vie sans précédent , longue agonie de Napoléon mais aussi de la France de la Révolution et de l' Empire . L' épopée est terminée , le mythe seul survit , individuel et national . Il s' amplifie avec les années et cet homme qui ne vivait que dans la postérité continue de parler à l' imagination du peuple qu' il avait choisi et au milieu duquel il repose sur les bords de la Seine .

« De la victoire à la défaite , il n' y a qu' un pas » , écrivait Bonaparte au Directoire au moment de Lodi . Que reste - t - il de cette longue suite de victoires qui débouche sur Waterloo , un Waterloo dont on peut penser qu' il était inscrit dans les faits depuis Trafalgar ? C' est bien à tort que l' on reproche à Napoléon l' esprit de conquête . La suprématie maritime acquise par l' Angleterre condamnait littéralement l' Empereur à attaquer et à vaincre sans cesse , dans une lutte que son seul génie empêcha l' Europe entière , et à certains moments le Gouvernement anglais lui - même , de comprendre qu' elle était , dès le départ , désespérée . Mais malgré l' échec final , Napoléon n' a pas légué à la France que l' éclat d' une prodigieuse épopée militaire ; c' est ici qu' il faut rappeler comment le Premier consul puis l' Empereur a de ses mains pétri littéralement notre pays et nous a légué une nation où tout porte encore sa marque .

Le Directoire lui a remis un pays en pleine décomposition . Les institutions monarchiques ont été détruites , les institutions révolutionnaires ont été de circonstance et se sont en tout cas dégradées rapidement à partir du 9 thermidor . Le Premier consul qui se souvient qu' il a été du parti de Robespierre a parfaitement compris le caractère profond et irréversible de la Révolution . « Je suis l' homme de la Révolution et je la soutiendrai . » Mais il est aussi l' homme de l' ordre et de l' autorité de l' Etat . « Nous avons fait le roman de la Révolution . Il faut en commencer l' histoire » , dit - il au Conseil d' Etat en 1800 . Il s' agit donc d' arracher la Révolution aux « idéologues » et d' en inscrire les principes à l' intérieur d' institutions dépendant d' un pouvoir fort et concentré . Les principes , c' est la liberté civile . « J' al servi la liberté à pleines mains partout où j' ai implanté mon code civil . » C' est l' égalité devant la loi . « Tout ce qu' il est possible de donner d' égalité , dans l' acception pleine du mot , les Français l' ont reçu de moi . L' égalité doit être sans réserve ni restriction aucune devant la loi ; hors de là , elle n' est qu' un rêve , qu' une déception . » Mais l' étouffement de toute liberté politique dira - t - on ? A Sainte-Hélène , Napoléon s' en défendra : « Les hommes qui me reprochent de n' avoir pas donné assez de liberté aux Français sont de mauvaise foi ou ne savent pas qu' en 1804 , quand j' ai mis la couronne sur ma tête , 96 Français sur 100 ne savaient pas lire , et ne connaissaient de la liberté que le délire de 93 . » Reconnaissons qu' il a cédé à son tempérament en se préoccupant davantage d' assurer son autorité que de protéger les libertés politiques . Mais du même coup , c' est l' autorité de l' Etat qui s' installe . En quelques années , presque en quelques mois , le Premier consul crée l' Etat français moderne . C' est , à la tête , mis à part un étrange système représentatif où ceux qui parlent ne décident pas et ceux qui décident le font en silence , un ministère fortement concentré , assisté du Conseil d' Etat , c' est dans les départements l' institution des préfets , c' est l' organisation de l' armée et de la conscription , c' est la création de la Banque de France et l' instauration du « franc germinal » . Ce sera la Cour des comptes . Ce sera , au cours des années , la mise en place d' une administration solide à l' échelon central et local . C' est l' institution de la Légion d' honneur pour récompenser la valeur militaire ainsi que les services civils . C' est la création de l' Université impériale , conçue comme un corps destiné à répandre l' instruction et à donner à tous les jeunes Français une formation intellectuelle commune au service de la nation . Toutes ces institutions , qui jaillissent du cerveau de Napoléon Bonaparte , ont traversé le dix-neuvième siècle presque sans changement , et , aujourd'hui encore , demeurent pour l' essentiel . Elles répondent au désir de consolider l' œuvre de la Révolution dans la mesure où celle - ci traduit une évolution nécessaire , intellectuelle et sociale , mais aussi à la volonté de recréer un Etat fort et centralisé , tel que l' avait conçu et en grande partie réalisé la monarchie , tel que Robespierre l' avait un moment restauré . Et pour que cet Etat ait une base durable , le Premier consul , puis l' Empereur s' attachent à réunifier la nation et à combler les fossés créés par la Révolution . Centralisateur , unificateur , Napoléon est aussi réconciliateur . Il l' est par le Concordat , qui met fin à la guerre religieuse et rétablit l' Eglise à la fois dans son unité et dans ses liens avec l' Etat , cependant que l' adoption de dispositions analogues pour les confessions protestante ou israélite marque bien qu' on ne revient pas à l' Ancien Régime et que tous les Français sont égaux devant la loi . Réconciliateur , Napoléon le sera aussi dans ses rapports avec les personnes , dans son souci d' utiliser à côté du personnel révolutionnaire les hommes de l' Ancien Régime qu' il pourra rallier . La création d' une noblesse impériale , mélangée aux Tuileries à de nombreux représentants de l' ancienne noblesse , répondra à cet objectif au moins autant qu' au désir de faire revivre le faste monarchique autour de la dynastie qu' il s' efforce de créer . Pour nous qui avons connu depuis trente années tant de ruptures et de drames intérieurs et extérieurs , l' aspect unificateur et réconciliateur de l' œuvre napoléonienne nous apparaît particulièrement important et actuel .

Mais cette œuvre unificatrice ne s' est pas limitée à la France : l' unité allemande , l' unité italienne sont en grande partie sorties de son action et d' une action consciente . Il l' a dit à Sainte-Hélène : « Une de mes plus grandes pensées avait été l' agglomération , la concentration des mêmes peuples géographiques qu' ont dissous , morcelés les révolutions et la politique . L' on compte en Europe plus de 30 millions de Français , 15 millions d' Espagnols , 15 millions d' Italiens , 30 millions d' Allemands . J' aurais voulu faire de chacun de ces peuples un seul et même corps de Nation . » Et il ajoutait : « Peut-être devenait - il permis de rêver pour la grande famille européenne l' application du congrès américain ou celle des Amphictyons de la Grèce . cette agglomération arrivera tôt ou tard par la force des choses ; l' impulsion est donnée et je ne pense pas qu' après ma chute . il y ait en Europe d' autre grand équilibre possible que l' agglomération et la confédération des grands peuples . » Ainsi le génie de Napoléon domine notre histoire comme il préfigure l' avenir de l' Europe . C' est à lui que nous devons l' essentiel des institutions qui , au travers des siècles et en dépit des évolutions indispensables , constituent encore l' armature de notre pays . C' est lui qui a contraint les Français , déchirés et coupés les uns des autres par la tourmente révolutionnaire , non pas à oublier leurs divisions mais à les dominer et à refaire l' unité nationale . Et c' est pourquoi aujourd'hui , dans cette ville où il est né , dans cette île dont il est l' orgueil , le Président de la République célèbre la mémoire de l' Empereur en présence de celui sur qui repose l' héritage d' un nom prestigieux . Car nos gloires n' appartiennent qu' à la France et il n' est pas de nom plus glorieux que celui de Napoléon . Parti de rien , démuni de tout , il a tout obtenu . Lisant dans l' histoire d' un autre que dès sa jeunesse il ne lui manquait pour régner que d' avoir un royaume , il écrivait ces mots touchants : « Ma mère a dit souvent de moi la même chose ; je l' aime à cause de ses pronostics . » Mais , parvenu au faîte de la puissance , il s' interrogeait . « Les princes , dit - on , sont puissants , honorés et heureux . Ce dernier point n' est pas encore clair pour moi . » De fait il n' a pas trouvé le bonheur et , j' ajoute , il ne l' a pas donné à la France . Mais , à défaut de bonheur , il a atteint aux cimes de la grandeur et en a comblé la France , au point que , depuis , notre peuple ne s' est jamais résigné à la médiocrité et a toujours répondu à l' appel de l' honneur . L' histoire de nos dernières années l' a démontré avec éclat , grâce une fois encore à l' action d' un homme exceptionnel . Gardons -en la leçon , même si nous savons que l' heure n' est pas pour nous de prétendre dominer l' Europe et le monde . Il suffira d'ailleurs de rester fidèle aux ultimes recommandations adressées par Napoléon au peuple français et qui se trouvent au bas de l' acte d' abdication signé le 22 juin 1815 au palais de l' Elysée : « Unissez - vous tous pour le salut public et pour rester une Nation indépendante . »

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