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Et après , ça se finit aux prud'hommes . Le coût où quelqu'un va aller dire " ben tiens je me réveille ce matin j' ai envie de démissionner je vais aller toucher le chômage " je n' y crois pas beaucoup parce que nos concitoyens ils n' ont pas envie d' aller toucher le chômage .

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E. Macron - 15 octobre 2017

Bonsoir à vous d'abord et bienvenue dans ce bureau et bienvenue à l' Elysée . Ecoutez j' ai pris la décision de ne pas avoir une présidence bavarde . De ne pas parler tout le temps parce qu' il faut que la parole présidentielle garde de la solennité . Et parce qu' il faut aussi que le Premier ministre , les ministres , le gouvernement dans son ensemble déploient une parole et une action s' expriment , le Parlement également . Et il était nécessaire de , je crois , revenir à certains usages . Ensuite j' ai été très présent sur la scène nationale , européenne , internationale et je me suis beaucoup exprimé mais je me suis exprimé à travers des discours , des visites , des déplacements et je crois que sur ces sujets les Françaises et les Français m' ont entendu . Ne pas vouloir parler comme nous le faisons ce soir tous les jours ne veut pour autant pas dire qu' on ne parlera plus jamais . Et donc quand le temps est venu nous le faisons . C' est ce pourquoi nous sommes ensemble ce soir .

Vous voyez déjà le paradoxe , on me dit " Vous parlez peu et vous n' avez pas été devant les Français " et puis …

Non , je tiens beaucoup , moi , à l' esprit de nos institutions . J' ai fait le choix de nommer un Premier ministre Edouard Philippe qui avait une expérience , celle de maire , une vraie légitimité politique dans un parti politique qui n' était pas celui que j' avais fondé . Et Je lui fais pleine confiance et il exerce la fonction de Premier ministre c'est-à-dire qu' il dirige le gouvernement . J' ai ensuite sur sa proposition nommé un gouvernement restreint , paritaire , paritaire aussi dans le sens où des femmes et des hommes qui le composent ont une expérience pour moitié dans la société civile et ne venaient pas du champ politique . Cela a pu troubler mais ils connaissent ce qu' ils font .

Mais à la fin des fins les décisions stratégiques sont prises par le président de la République . Pourquoi ? Parce qu' il a reçu le mandat des Françaises et des Français , et je m' assure que ce qui est fait est conforme au mandat qui m' a été donné , à l' ambition que je porte mais les décisions quotidiennes , les arbitrages du quotidien sont pris par le Premier ministre conformément à nos institutions . Les ministres prennent des décisions et dirigent leur administration , ce qui est essentiel . Et le Parlement aussi propose , légifère , change les lois .

C' est le sens exact de nos institutions . Les présidents de la République ont classiquement jusqu' en 2008 fait ce qu' on appelait alors la procédure chinoise . Lorsque le premier gouvernement arrivait devant l' Assemblée nationale et que le Premier ministre s' apprêtait à faire son discours de politique générale , eh bien il lisait , ou un ministre lisait , une déclaration du président de la République . Pourquoi ? Parce que le président n' avait constitutionnellement pas la possibilité d' être devant le Parlement . En 2008 . Nicolas Sarkozy a fait une réforme constitutionnelle qui permet au président d' être devant le Congrès . J' ai donc fait ce qui est l' esprit même de nos institutions . Je me suis exprimé pour la première fois en tant que président de la République dans un discours solennel devant le Congrès . Pourquoi ? Parce que celui qui a le mandat du peuple souverain c' est le président de la République et que nos institutions fonctionnent ainsi . Le Président de la République est élu au suffrage universel . Quelques semaines plus tard , six semaines après , l' Assemblée nationale a été élue et nous avons ensuite rassemblé le Congrès . Mais vous avez pu constater au début du mois de juillet que j' ai tenu un discours devant le Congrès réaffirmant les principes et les grands axes annonçant une réforme constitutionnelle et que le discours que le lendemain le Premier ministre a fait devant l' Assemblée nationale et qui a été ensuite défendu devant le Sénat , c' était celui de la mise en œuvre de cette stratégie , des engagements pris devant nos concitoyens .

Bien sûr . Parce que d'abord les mots de cyniques et de fainéants sont d' un registre ou normal ou soutenu .

Non pardon de vous le dire . Si on les sort de leur contexte oui , mais ils ne sont pas clivants lorsqu' il s' agit de dire que le mandat qui m' a été donné par le peuple français quel est -il ? De profondément transformer le pays , profondément . De tourner la page de décennies durant lesquelles l' alternance dans laquelle nous étions plongés conduisait à beaucoup d' inefficacité . Et donc je sais , je ne suis étonné par rien , à cet égard toutes les résistances . Ce que j' ai dénoncé dans les discours auxquels vous faites référence , ce sont celles et ceux qui , élites économiques ou politiques , considèrent que ça ne vaut plus la peine de rien faire . Eux se débrouillent . Le peuple pourra se débrouiller de son côté . Pardon je vais y revenir . Je n' esquiverai rien , ne vous inquiétez pas . Mais ceux qui ont considéré pendant des années quand je parlais du terme fainéant qu' on pouvait ne plus réformer la France et l' Europe , ne plus pousser les choses en avant parce que nous en avions le luxe ou le confort . Non . Le mandat qui m' a été donné par notre peuple c' est d' agir avec détermination pour que à la fin chaque Française et chaque Français puisse avoir une vie digne et libre . C' est cela mon objectif et donc la transformation économique que nous conduisons . Elle vise justement à rendre notre pays plus efficace pour , derrière , être plus juste et je serai vigilant à cela . La transformation . Et donc c' est à chaque fois un discours de vérité . Quant au mot bordel

Beaucoup de commentaires sont faits . Mais je réponds très clairement d'abord . J' ai toujours essayé de dire les choses depuis que je suis engagé dans la vie politique et de m' approcher d' une forme de vérité , celle que je pensais juste et donc je nomme . Je l' ai fait il y a plusieurs années lorsque j' ai parlé de l' illettrisme . Je l' ai fait à plusieurs reprises y compris durant la campagne . Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses , à avoir un discours en quelque sorte aseptisé et à considérer que ce qui était intolérable c' était le mot que l' on mettait et pas la réalité qu' il y avait derrière . Non en l' espèce le mot bordel c' est du registre populaire comme dit l' Académie française . Populaire .

Non , attendez , parce que je n' ai absolument pas cherché à humilier et que j' ai toujours de la considération vis à vis de nos concitoyens et des Françaises et des Français . Non c' est du registre populaire c' était dans un aparté . Les discours que je tiens en France en Europe à l' international vous les suivez ne sont jamais de ce registre-là . Mais je continuerai à dire les choses , je continuerai à respirer l' air , à parler à nos concitoyens , à parfois m' emporter quand j' échange avec eux et à dire ce que je crois vrai .

Non plus rien n' est neutre . Mais je ne suis pas en train de vous dire que c' est neutre … Je suis sur ce sujet en train de vous dire que j' assume totalement ce qui a été dit . Mais que je tiens à faire un distinguo important dans lequel beaucoup de commentateurs politiques ou journalistiques , je crois , ont fait fausse route . Quand on dit cela on n' agresse pas ou on n' invective pas les Françaises et les Français . Je n' ai pas insulté qui que ce soit et je ne le ferai jamais parce que je considère l' ensemble de mes concitoyens , parce que je suis le président de tous les Français . Et donc je peux malgré tout dire les choses . Qu' y avait -il derrière cette formule et cette situation parce qu' il faut toujours remettre les choses dans le contexte . Une entreprise GM&S dans la Creuse que je connais . Dont le gouvernement s' est occupé , dont j' avais rencontré les représentants syndicaux plusieurs semaines avant à Bellac dans une sous-préfecture voisine . Nous avons , le gouvernement a œuvré pour sauver le maximum d' emplois 120 , avec un vrai résultat . Il y a un repreneur et il y a des femmes et des hommes remarquables qui connaissent leur métier et qui sont là et qui attendent dans une situation d' angoisse . Ce que je disais c' est que nous nous ferons tout et nous en parlions avec le président de région pour redonner une place dans la société à toutes celles et ceux qui n' ont pas retrouvé un emploi par la formation professionnelle , par des opportunités qui sont parfois voisines et qui supposeront de retrouver un logement , d' aider à reconstruire sa vie parfois à deux heures de route de là avec des difficultés que je ne mésestime pas du tout . Mais ce changement nous devons l' accompagner .

Nous y reviendrons c' est le cœur de la politique économique que je veux conduire mais derrière , quand certaines ou certains bloquent tout , se mêlent à des activistes , des activistes violents , font tout pour bloquer les choses . Pourquoi ? Non pas pour retrouver un emploi ou pour proposer quelque chose d' autre mais pour toucher ce qu' on appelle la supra-légale c'est-à-dire un peu plus d' argent du licenciement . Je ne l' accepte pas . Et donc je dis les choses comme elles sont . Je considère que ce n' est pas aider mon pays que de dire que tout se vaut d' un autre côté . Quand je vais y aller , j' y suis allé pendant la campagne , et j' y suis retourné la veille à l' usine Whirlpool à Amiens . J' ai face à moi des salariés qui ont vécu la même situation d' angoisse , se sont battus avec un formidable esprit de responsabilité , ont aidé parce que c' est eux qui ont les savoir-faire , ont aidé à un projet de reprise et sont là et travaillent .

Non mais vous avez raison . Mais je m' adresse à tous nos concitoyens et j' ai été élu par nos concitoyens , pas par une catégorie . D'ailleurs je ne souscris pas à cette lecture de la société française qui voudrait opposer les uns contre les autres .

Non parce que je n' ai pas dit cela , non je n' ai pas dit cela . Si vous remettez les choses . Nous étions dans un hall de gare et je nommais ... Je n' ai jamais considéré qui que ce soit , que quelqu'un qui vit dans le dénuement n' est rien , mais aux yeux de certains il est considéré comme rien . Quelqu'un qui gagne de l' argent aux yeux de certains autres est considéré comme quelqu'un qui réussit . Si je n' avais d' estime que pour celles et ceux qui réussissent monétairement ou économiquement , je ne serais pas aujourd'hui devant vous je ne serais pas ici dans ce bureau

Mais Bien sûr . Mais vous savez quand on sort un mot et c' est le lot de l' information en continu , du tweet , de la circulation , quand on sort le texte du contexte , quand on sort le mot du discours , on peut tout faire dire .

Ce que je peux vous dire ici avec beaucoup de force c' est que ce qui a été au cœur de ma conviction ce qui m' a poussé à m' engager dans la vie politique , à m' engager dans un combat inédit celui d' aller sans parti à l' élection présidentielle et aujourd'hui chaque jour à me battre , c' est l' amour de mon pays et de mes concitoyens . C' est l' amour de mon pays . Et ça vous voyez . Je suis très indifférent à tous les commentaires et critiques . Mais il y a une seule chose …

Je suis indifférent . On ne fait pas , on n' occupe pas cette fonction à ce bureau si on regarde chaque matin la perception de l' opinion publique et autres , ça m' importe peu . Je suis là pour avancer . Par contre , je ne veux pas que le moindre de nos concitoyens puisse un instant penser que je n' ai pas pour lui une pleine estime et un plein respect . J' aime et estime l' ensemble de mes concitoyens parce que je suis le président de toutes et tous , mais derrière je ne suis pas dans un discours qui consiste à masquer la vérité .

Je ne suis pas dans une forme de complaisance avec le réel . J' essaie de le nommer parfois crûment et parfois quand on s' approche de la vérité on s' y brûle , et j' essaie surtout d' agir . Mais je pense que ce qui est important par rapport à ce que vous évoquiez et surtout cette espèce de clivage qu' on pourrait voir entre une France mobile et une France qui serait profondément enracinée . Moi je suis un enfant de la province , je suis né à Amiens qui est une ville qui a connu beaucoup de difficultés économiques et j' y ai vécu jusqu' à plus de 16 ans , et l' autre partie de ma famille était dans les Hautes-Pyrénées donc je ne suis pas l' enfant d' une génération spontanée , de nomades itinérants dans un monde où tout va bien . Ce que je sais c' est que la route , le chemin dans lequel je veux que notre pays avance c' est celui d' une transformation économique où les uns et les autres pourront réussir . Et où ceux qui réussiront pourront entraîner les autres . Mais le faire pour aussi être juste c'est-à-dire donner à chacune et chacun sa place . Il y en a qui ont plus de difficultés de départ . A ceux-là je dis : je veux pour vous une école qui vous donne une juste place . Quand nous créons dans tous les CP depuis cette rentrée , dans ce qu' on appelle les zones REP+ , les zones les plus en difficulté , quand on dédouble toutes ces classes qu' il n' y a plus que 12 enfants par classe , je ne m' adresse pas à la France des nomades , à la France où tout va bien . Je m' adresse à tous ces quartiers qui souffrent où les enfants de la République aujourd'hui n' ont plus une formation qui est à la hauteur de ce que nous devons leur promettre . Où il y a des maîtres formidables mais qui ont parfois à instruire 25 , 30 enfants dont plus de la moitié ont de très grandes difficultés . Mais c' est très important de vous le dire parce que c' est ce chemin qu' il faut faire , il y a ce parcours qui réconcilie . Je vais juste terminer . Ce n' est pas de l' économie , c' est un projet de société . C' est un projet de société et donc quand on fait ça on ne s' adresse pas à la France où tout va bien . Quand on décide , et nous y reviendrons sur l' économie mais il faut en trouver la philosophie profonde , d' aider celles et ceux qui travaillent , aussi modestes soient -ils par des réformes en profondeur on s' adresse à qui ? Aux classes moyennes françaises et aux classes populaires dont le seul avenir est de travailler chaque jour un peu davantage . Quand on a une politique ambitieuse en matière de sécurité , celle que nous conduisons , on ne s' adresse pas à la France où tout va bien , on peut se payer des sécurités privées . Quand on a une politique , et nous allons intensifier celle -ci , pour la ruralité extrême contre les déserts médicaux . Pour aider celles et ceux qui se sentent assignés à résidence parce qu' ils n' ont pas la fibre , ils n' ont pas le téléphone mobile et ils voient tous les services s' envoler . On s' occupe de la France où les choses vont mal . Nous allons continuer et ainsi de suite .

Et donc vous le voyez cette transformation , cette transformation elle ne tient et elle ne peut se faire que lorsqu' on a aussi une économie qui va de l' avant . Mais le projet de société que nous portons , le projet de société sur lequel j' ai été élu , c' est cette transformation radicale pour que chacune et chacun trouve sa place dans notre société .

La politique économique que le gouvernement met en œuvre a plusieurs composantes . La première c' est de répondre aux nécessités du monde du travail . Ce sont ces fameuses ordonnances qui ont été signées qui sont aujourd'hui en œuvre . Les décrets dans leur totalité seront pris d' ici la fin de l' année . Donc toute cette réforme sera applicable au 1er janvier . Qu' est -ce qu' elles permettront ces ordonnances ? Eh bien dans toutes les entreprises de pouvoir s' adapter aux cycles économiques à la réalité de l' entreprise par le dialogue social .

Ce n' est pas , comme je l' ai parfois entendu , une hyper libéralisation où on détruit tous les droits , non .

Mais le taux de chômage n' est pas une variable qu' on ajuste . Le taux de chômage est en train progressivement de baisser , il baissera . La plénitude des réformes qui sont en train d' être conduites par le gouvernement , vous les verrez dans un an et demi deux ans . Mais pourquoi ?

On ne juge pas l' action du Président de la République simplement à un indicateur c' est un de mes désaccords avec mon prédécesseur qui peut-être avait considéré que pouvait y avoir une espèce de réglage selon les cours

Mais exactement . Je pense que l' ambition doit être profonde radicale sur ce sujet . Encore faut -il comprendre comment on y arrive . On ne décrète pas la baisse du chômage donc on doit donner plus de souplesse aux entreprises pour avancer pour pouvoir s' adapter par le dialogue social . C' est ce que ces ordonnances font et surtout c' est la première fois qu' on a une vraie transformation de notre Code du travail pour les très petites entreprises et les petites et moyennes entreprises , parce que là elles auront beaucoup plus de souplesse . Elles pourront trouver les accords intelligents parce que tout ne peut pas être défini pour tous les secteurs , pour tout le territoire par une seule et même loi .

Mais qu' est -ce que ça veut dire gagner ? On gagne ? Un président de la république , un gouvernement , il ne gagne jamais face à la rue ou qui que ce soit .

Bien sûr . Ecoutez , j' ai le sentiment que la démocratie est respectée . J' ai le sentiment que cette réforme que j' ai portée durant la campagne présidentielle sur la base de laquelle j' ai été élu , le fait que le gouvernement la présente , que ces ordonnances soient votées , l' autorisation soit votée par le Parlement , qu' elles soient aujourd'hui prises et en actes et que dans quelques semaines le Parlement ait à les ratifier , c' est un respect démocratique . Parce que sur tout , je fais ce que j' ai dit , ça surprend peut être , ça contrarie certains mais c' est en effet tout à fait nouveau . Je l' ai dit tout cela , je l' ai dit durant la campagne , y compris les mauvaises nouvelles et donc je fais ce que j' ai dit . Donc je n' ai pas gagné contre qui que ce soit , le peuple français a gagné parce que sa volonté est respectée . Maintenant on ne change pas la société par une loi et donc il faudra que ce qui est aujourd'hui une possibilité offerte aux entreprises , elles s' en saisissent par le dialogue social . Et donc moi je compte beaucoup sur les chefs d' entreprise , sur les syndicats , sur les salariés pour avoir l' intelligence sur le terrain de conclure les bons accords . Vous savez j' ai en tant que ministre ou candidat et en tant que président aujourd'hui beaucoup vu sur le terrain des entreprises en bonne ou en mauvaise santé . Je n' ai jamais vu une entreprise en bonne santé lorsque le dialogue social y est mauvais . J' ai par contre vu des entreprises formidables dans des secteurs difficiles . Et à chaque fois qu' elles se portaient bien c' est qu' elles innovaient et qu' elles investissaient , et c' est qu' elles savaient construire avec leurs salariés . L' intelligence collective : c' est ça ce que permet cette réforme .

Mais les textes sont pris , les décrets maintenant seront pris qui permettront dans le détail d' affiner les choses . Mais elle permet une vraie simplification , un dialogue social plus efficace . Elle permet d' avoir , quand on dépasse le seuil de 50 salariés , une instance unique et plus une multiplication d' instances qui créait une certaine lourdeur , un formalisme . Elle donne des vrais moyens au dialogue social .

Ça ne doit pas être une contrepartie mais j' entends cela . Si vous voulez il y a pour moi trois temps à la transformation économique . Le premier c' est cette souplesse , cette flexibilité qu' on donne aux entreprises et aux salariés par le dialogue social et en particulier aux très petites entreprises pour pouvoir justement recréer de l' emploi . Et surtout ce que je veux que vous compreniez , que nos concitoyens comprennent , pour éviter d' en détruire quand les choses vont mal parce que la rigidité de notre droit du travail avait pour conséquence dès que ça allait mal de licencier les gens au lieu de savoir se réorganiser par le dialogue , ou d' embaucher beaucoup d' intérimaires plutôt que des salariés parce qu' on se disait on en a besoin que six mois par an , on va prendre des intérimaires . J' étais chez Goodyear , il y avait beaucoup d' intérimaires parce qu' on n' a jamais utilisé le dialogue social pour avoir un cadre plus intelligent . C' est le premier acte . Et ensuite dans les mois qui viennent il faut que les uns et les autres s' en saisissent . Le deuxième acte nous venons de l' ouvrir c' est celui de la formation , de l' apprentissage et de la réforme de l' assurance-chômage . Il est complémentaire du premier axe c' est cette protection , ces garanties nécessaires pour nos concitoyens et c' est un peu ça que j' exprimais à Egletons lorsque la formule populaire que j' ai retenue a été seulement retenue . Regardez , je crois que dans le Dictionnaire de l' Académie française c' est le terme qui est le qualificatif choisi . Eh bien c' est de dire , la vraie inégalité aujourd'hui c' est l' inégalité de qualification . On a trois fois plus de chances d' être au chômage lorsqu' on n' est pas qualifié . Donc la vraie transformation sur ce sujet , la vraie protection ça n' est pas seulement d' indemniser celui ou celle qui tombe au chômage . Ce que nous continuerons évidemment de faire avec la même exigence . Nous allons transformer l' assurance-chômage , on pourra y revenir si vous le souhaitez , et nous venons de lancer justement cette réforme , mais surtout c' est de former par l' éducation .

La réforme que j' évoquais et que le ministre de l' Education nationale conduit qui sera une transformation des savoirs fondamentaux à l' école primaire , un retour de l' évaluation pour éviter qu' on ait 20 % de nos jeunes en CM2 qui ne savent pas lire , écrire , compter . Parce que là vous êtes fichu pour la vie , quand vous êtes dans cette situation . Une meilleure orientation qui fait qu' on ne sélectionnera plus par tirage au sort lorsqu' on arrive à l' université mais qu' on accompagnera chacune et chacun pour choisir la bonne filière . Ça c' est la base .

Mais il y a une sélection aujourd'hui , c' est le tirage au sort .

Vous avez suivi comme moi l' actualité , il y a une sélection .

Oui , oui . Mais le prérequis qu' est -ce que ça veut dire ? Cela veut dire qu' on va définir des attendus dans une filière de qualifications minimales et qu' on ne va pas s' engager dans une filière universitaire lorsqu' on ne sait pas les fondamentaux qui permettent d' y réussir .

Finis les tirages au sort ! Mais je veux que ... les mots ont un sens dans la langue française . Les gens qui se battent contre la sélection , qu' ils viennent à nos côtés pour se battre contre ce qui a été fait l' été dernier . Parce que ça c' est de la sélection .

Non , non il y a un examen . Il y a un examen qui clôture le parcours au lycée et qui ouvre la vie dans l' enseignement supérieur , c' est le baccalauréat . Simplement ce qu' il faut faire , et ce dès la troisième et tout au long du lycée , c' est mieux orienter les plus jeunes c'est-à-dire leur expliquer les filières universitaires , la vie des entreprises et des différents secteurs économiques . Cela veut dire expliquer que dans certaines filières quasiment la moitié des jeunes qui s' y inscrivent vont abandonner au bout de la première année , d' expliquer la réussite qu' il y a au bout de cette filière en termes d' emplois , de donner de la transparence à chacun . Parce que qu' est ce qui se passe aujourd'hui ? Ça c' est de l' inégalité qui me révolte , c' est qu' aujourd'hui quand vous êtes un enfant d' une famille fortunée vous savez lire en entrant en CP , vous êtes parfaitement orientés . Vos parents vous trouvent des stages , etc et vous savez où aller après le bac . Quand vous êtes aujourd'hui un enfant de classe modeste , vous ne pouvez pas vous retrouver dans le maquis . Et donc bien souvent vous n' allez pas vers des filières aussi ambitieuses que celles auxquelles vous auriez droit . Et vous faites souvent comme les copains , comme on vous a dit . Vous n' êtes pas informés comme on le devrait . Donc ça c' est une transformation que la ministre va porter mais en mettant aussi plus de transparence sur le premier cycle mais aussi pour nos jeunes . Nous devons faire une vraie réforme , une vraie transformation de l' apprentissage .

On va faire sauter les verrous plus largement . Je ne me suis pas engagé sur des chiffres parce que ça fait des décennies qu' on s' engage dessus sans les réaliser . Mais je veux que dans notre pays on arrête avec une forme de tabou sur l' apprentissage . L' apprentissage permet d' avoir des emplois de manière extraordinaire . Quand je regarde les chiffres . Un jeune qui est apprenti dans la boulangerie , dans la boucherie , dans les travaux publics , dans le bâtiment , dans près de 80 % des cas , il a un emploi à la clé . Simplement c' est mal vu . Demandez aux parents pourquoi , parce que c' est vu comme une filière d' échec .

Non ce n' est pas vrai . D'abord c' est une filière d' échec . Et donc je veux aussi dire aux parents qui nous écoutent , on va vous aider aussi à comprendre tout cela . On va mettre de l' apprentissage y compris dans les filières d' excellence . Mais je veux que l' apprentissage devienne un moyen de s' insérer dans l' activité économique plein et entier , que dans toutes les filières on en mette davantage . L' apprentissage est une bonne chose . Ensuite nous allons en effet lever des verrous pour les plus jeunes . La complexité . Donc c' est l' objet de la négociation qui va s' ouvrir : permettre qu' à partir de 16 ans on ait des règles claires stables pour les chefs d' entreprise , qu' on donne un vrai statut à l' apprenti parce qu' il doit être protégé . Il travaille donc il doit être rémunéré . L' Etat aidera pour justement alléger le coût pour l' employeur et pour que l' apprenti puisse vivre dignement . Et on créera aussi une vraie reconnaissance du rôle du maître parce que le maître d' apprentissage c' est une charge . Bon . Ensuite on va rapprocher aussi les branches professionnelles de la définition des maquettes pédagogiques comme on dit . Qu' est -ce que ça veut dire ? Cela veut dire que quand vous commencez à former un jeune pour qu' il devienne boucher il est bon qu' on consulte la branche professionnelle et que les bouchers disent ce qui est utile et ce qu' il n' est pas utile , et ainsi dans tous les secteurs . Et donc on va mettre davantage les branches professionnelles en responsabilité . Cette formation elle est indispensable parce qu' un jeune qui n' est pas bien formé , il est beaucoup plus au chômage . Et comme je vous disais , il a trois fois plus de chances d' être au chômage . Ensuite on continue , c' est la formation tout au long de la vie . C' est ça la vraie bataille pour lutter contre le chômage dans notre pays . Aujourd'hui on forme essentiellement les salariés qui sont déjà bien formés et qui sont plutôt dans les grandes entreprises . Nous allons donc réorienter la formation pour davantage l' orienter vers celles et ceux qui en ont le plus besoin . S' assurer que tout au long de la vie on est aussi requalifié , accompagné , et former beaucoup plus les chômeurs . Parce que aujourd'hui les chômeurs de longue durée ce sont bien souvent des femmes et des hommes qui n' ont pas les qualifications qui leur permettent d' avoir l' emploi qui leur donne un avenir . Notre société vit un changement profond . Elle a vécu des changements profonds par le passé . Le chômage de longue durée , c' est l' exemple même de la faiblesse française . On indemnise mais on dit aux gens parce qu' on vous donne de l' argent restez-là et on ne vous forme plus . C' est pour ça que durant ce quinquennat nous investirons 15 milliards d' euros pour former les plus jeunes les moins qualifiés et les chômeurs de longue durée . Et c' est ça qui permettra aussi de gagner cette bataille et c' est aussi l' un des points qui sera à la négociation et je pense même à la concertation des partenaires sociaux .

Ce que je veux moi c' est qu' on simplifie les choses . Je veux que ce soit beaucoup plus juste . Je veux qu' on donne des vraies formations qualifiantes , aux salariés et aux chômeurs ce qui n' est pas le cas aujourd'hui . Et donc qu' on évalue ces formations et qu' on dise " n' allez pas vers cette formation de 50 heures . Elle ne vous sert à rien " . Vous êtes par exemple au guichet d' une banque , dans les cinq à dix ans qui viennent il y aura à cause de la transformation numérique et par la transformation numérique , un changement des usages . Vous allez de plus en plus utiliser votre téléphone , votre ordinateur , les réseaux sociaux pour faire les opérations qui fait qu' avant vous alliez au guichet . Et donc beaucoup d' emplois vont être détruits . Je ne vais pas proposer de protéger celles et ceux qui ont ces emplois contre ce changement . Et je ne vais pas leur dire " avec une formation de 20 heures on va vous retrouver un emploi dans la banque " . Ce n' est pas vrai . Et donc ces femmes et ces hommes je veux qu' on puisse leur dire , nous allons vous offrir des opportunités vers les services environnementaux qui ont un avenir , vers les métiers qui permettent d' accompagner par exemple les plus âgés , vers les nouveaux services que notre économie va créer vers des métiers industriels parce que notre industrie va continuer de se développer grâce à l' industrie digitale . Donc je serai en situation de vous former pendant 400 , 500 heures , ça veut dire peut être pendant six mois , un an . Mais si nous ne faisons pas cet investissement et cette réforme nous ne réglons pas le problème du chômage et donc vous le voyez , juste pour conclure ce point , je veux que en même temps qu' on libère , on protège et donc l' esprit de cette réforme c' est bien ce couple libérer protéger . Et les garanties effectives pour reprendre le beau mot de la philosophe Simone Weil , c' est non pas d' aller expliquer aux gens qu' ils ont des droits de tirage , des droits dont ils ne verront jamais la couleur , c' est de leur dire la société change , je ne vais pas vous vous proposer de vous protéger contre la société ou son changement . Je vais vous proposer de vous armer pour trouver une place dans cette société qui change .

Non . C' est réaliste parce que je vais d'abord vous dire et je vais vous dire comment ça se passe et je vais vous dire je pense ce vers quoi on peut cheminer et je reviendrai quand même aussi sur la fin de ma réponse à Monsieur Pujadas . Aujourd'hui comment ça se passe dans une entreprise quand vous voulez démissionner . Depuis les réformes de 2008 vous allez voir votre employeur et vous lui dites ce n' est plus possible , je veux changer d' emploi , et la plupart du temps c' est difficile de le chiffrer vraiment , vous faites ce qu' on appelle une rupture conventionnelle . Et d'ailleurs dans les motifs de rupture du contrat de travail c' est aujourd'hui le premier . La rupture conventionnelle c' est quand les deux parties sont d'accord et la plupart du temps c' est en fait une démission déguisée . Vous avez droit au chômage . Donc dans les chiffres du chômage aujourd'hui on a ces ruptures conventionnelles et donc elles ont beaucoup augmenté nos chiffres , donc c' est la réalité . Si vous allez voir votre employeur et que vous lui dites , vous allez le voir , j' en peux plus de présenter le journal télévisé etc . Je souhaite une rupture conventionnelle et que votre employeur vous dit " jamais de la vie . Tu te débrouilles " bah bien souvent qu' est ce qui se passe ? Vous lui dites si c' est comme ça ben tu vas voir vous vous mettez en maladie . ça arrive dans beaucoup d' entreprises malheureusement encore souvent et vous le payez en indemnités journalières . On fait des contrôles mais ça existe . Non mais je suis en train de vous dire que dans la situation actuelle vous avez beaucoup de coûts . Et après , ça se finit aux prud'hommes . Le coût où quelqu'un va aller dire " ben tiens je me réveille ce matin j' ai envie de démissionner je vais aller toucher le chômage " je n' y crois pas beaucoup parce que nos concitoyens ils n' ont pas envie d' aller toucher le chômage . Donc je pense que d'abord la situation est plus complexe et je viens de vous la décrire . Ensuite on va encadrer . C' est la négociation que nous avons demandée aux partenaires sociaux de mener . J' ai reçu la semaine dernière les représentants syndicaux et patronaux . Je souhaite qu' ils négocient et qu' ils éclairent la décision . Mais qu' est -ce que ça veut dire ? ça veut dire qu' avec un peu de bon sens , tous les 5 ans 6 ans 7 ans on peut donner ce droit aux salariés . C' est ce que j' avais dit en campagne avec au bout de quelques années , 5 ans . Il faut qu' on regarde les choses et il faut le donner . S' il y a un projet , celui qui en a assez on ne va pas lui donner comme ça l' accès au chômage mais celui qui au bout de 5 ans , 6 ans , 7 ans a un autre projet , qu' on lui donne la possibilité de toucher le chômage pour mener cet autre projet . C' est ce qui va avec cette transformation de notre société parce que la contraposée de ce point c' est que nous allons renforcer les contrôles . Parce que comme notre système de chômage , nous le transformons en profondeur dans sa philosophie , qu' il devient un système où les partenaires sociaux seront aux côtés de l' Etat . Je veux aussi qu' il y ait un contrôle assumé et que celui ou celle qui se trouve en situation de chômage dans les premières semaines où il tombe au chômage , on puisse lui faire un bilan personnalisé de compétences . Et aujourd'hui on le fait , ça se fait déjà , ça se fait déjà . Beaucoup de travail a été fait sur ce point par Pôle emploi . Mais je veux que ce soit beaucoup plus systématique et qu' à la lumière de celui -ci on regarde est -ce qu' il y a des offres qui peuvent lui être données , s' il y a des offres décentes raisonnable . Et ça les partenaires sociaux devront nous éclairer sur ce point en disant . Il ne faut pas que ce soit un moins de tant de pourcentage de son dernier salaire , faut pas que ce soit trop loin ou si c' est trop loin faut le compenser . Tout cela doit se définir , des paramètres seront trouvés alors il faut qu' on s' assure qu' il recherche bien de manière active un emploi , donc il faut vérifier les efforts qui sont faits et il faut vérifier que ce n' est pas un multirécidiviste du refus . Donc je ne veux plus qu' il y ait d' effets d' aubaine .

Ça ils devront en définir les modalités . Moi j' avais dit deux , je pense que c' est sain , mais je pense que ce contrôle , ça doit être un contrôle de l' engagement de celui qui est en recherche d' emploi , de cette bonne diligence et un contrôle , qu' on ait face à nous quelqu'un qui ne refuse pas X fois . Mais pourquoi ? Parce qu' à côté de ça nous nous devons nous engager à lui offrir des emplois décents et parce que s' il n' y a pas d' emploi , je veux que tout le système se mette en branle . Ce qu' il ne fait pas suffisamment aujourd'hui pour lui offrir une formation . Et L' employé de banque dont je vous parlais tout à l' heure ou celui ou celle qui n' aura malheureusement pas d' emploi et qui était chez GM&S que j' évoquais tout à l' heure , si on lui dit avec les qualifications qui sont les vôtres nous n' arriverons pas dans la région à vous retrouver un emploi décent ou alors dans une région voisine mais vous ne pouvez pas suivre . Il faut que nous lui payions une formation qui permette de le faire . Et donc vous le voyez c' est un système de responsabilité et de vrais droits . Donc tout ça pour vous dire que les modalités seront définies mais je ne crois absolument pas à ce surcoût et nous veillerons à ce qu' il n' y en ait pas . Par contre je pense que c' est juste de donner aussi aux salariés , aux Françaises et aux Français , aussi aux indépendants , une souplesse et une vraie protection dans les changements de la vie .

Est -ce que vous me permettez de vous interrompre juste un instant ?

Oui parce que vous m' avez lancé sur ce point . Je disais donc le premier acte .

Je n' aime pas ce terme parce que je ne le vis pas comme ça . Le premier acte c' est libérer c' est la réforme du travail . Le deuxième acte c' est la formation , l' assurance-chômage , l' apprentissage , c' est celui qui s' ouvre . Je souhaite que l' année prochaine on ouvre une vraie discussion sur ce qu' est l' entreprise . L' entreprise ça ne peut pas être simplement le rassemblement des actionnaires , notre code civil le définit comme ça . L' entreprise c' est un lieu où des femmes et des hommes sont engagés . Certains mettent du capital et d' autres du travail donc je veux qu' on réforme profondément la philosophie qui est la nôtre de ce qu' est l' entreprise et donc quand une entreprise a des difficultés il faut que par le dialogue social on puisse ajuster les choses . C' est l' objet de cette plus grande flexibilité . Mais quand ça va mieux je veux aussi dire que les salariés puissent avoir leur part de la réussite . Et donc je souhaite qu' on puisse revisiter cette belle invention gaulliste de l' intéressement et de la participation , et je veux à cet égard qu' en 2018 on puisse avoir un vrai débat sur ce point . J' ai entendu les voix de celles et ceux qui proposaient ça , je participe de cette philosophie et donc je souhaite aussi que nous ouvrions ce point parce que c' est une bonne chose . J' ai en tant que ministre porté des réformes qui permettaient aux dirigeants , aux cadres d' entreprises , d' avoir leur part de la réussite pour attirer les meilleurs du monde en France ou les garder . Je veux aussi que tous les salariés aient leur juste part quand les choses vont mieux par le dialogue .

J' ai eu vent de cette formule utilisée par certains de mes opposants politiques et gaîment reprise . D'abord je n' aime pas cette opposition de la société . Quand je vous regarde , je ne regarde pas des riches . Statistiquement vous l' êtes au regard des statistiques françaises . Bon .

Oui et alors . Vous voyez bien tout de suite , ça crée quelque chose qui est dans le vocabulaire .

Ce sont ce que j' appelle les passions tristes de la France . Mais bien sûr .

Mais c' est très bien ... Mais elle n' est pas embarrassée .

Mais c' est très bon qu' il y ait un débat politique et ça rejoint le début de notre discussion parce que je ne suis pas là pour donner les bons ou les mauvais points du débat parlementaire .

Je vais vous dire ce à quoi je me suis engagé devant les Françaises et les Français . Et pourquoi . Moi je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire " il y a des gens qui réussissent . Taxons -les . Nous nous porterons mieux " . Il y a cinq ans mon prédécesseur a augmenté massivement l' ISF , il a créé une taxe à 75 % pour celles et ceux qui gagnaient plus d' un million .

Oui est -ce que ça a rapporté beaucoup d' argent ? On disait les chiffres allaient être mirifiques . Non . Pourquoi ? Parce que les gens qui réussissaient , ils sont partis . Parce que les gens qui réussissaient vraiment , ils ont fait des montages , parce qu' il y a un plafonnement . Les règles sont complexes . Ils ne l' ont pas payé . Il y a quelques mois rappelez -vous un journal qui sort le mercredi matin , chaque semaine , le Canard enchaîné montrait que les grandes fortunes françaises ne payaient pas l' ISF . Donc on est dans la grande hypocrisie française . C' est une taxe pour millionnaires mais pas pour milliardaires . Mais surtout , quel était le résultat de l' ISF tel qu' on l' avait ? Celles et ceux qui étaient en train de réussir partaient et on a perdu beaucoup de talents

Pas tous mais beaucoup . Et beaucoup de gens qui commençaient à réussir ou qui fortune faite une fois qu' ils vendaient leur entreprise allaient profiter de leur fortune ailleurs . Et beaucoup de gens qui avaient gagné beaucoup d' argent ne le payaient pas . Par ces montages financiers dont je parlais . Donc elle n' est pas vraiment juste mais ce que je veux que vous compreniez c' est que pour que notre société aille mieux , il faut des gens qui réussissent . Il ne faut pas être jaloux d' eux . Il faut dire c' est formidable .

Non je ne crois pas au ruissellement pour ma part mais je crois à la cordée . Il y a des femmes et des hommes qui réussissent dans la société parce qu' ils ont des talents . La réussite n' est d'ailleurs pas que monétaire ou financière , il y a des gens qui réussissent dans les arts , dans l' association , dans leur vie familiale . Je veux qu' on célèbre toutes ces réussites chacune et chacun . Il y en a d' autres pour qui la vie est plus dure . Je veux les aider par leur travail à réussir . Et d' autres qui sont fragiles , nous les protègerons . Mais si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c' est toute la cordée qui dégringole . Donc dans l' économie ce qu' il faut comprendre c' est que nous ne sommes pas une économie fermée . Les Allemands , les Belges , les Italiens , les Britanniques , ils n' ont pas l' ISF . On taxe en France à un taux marginal qui est important les revenus pour toutes celles et ceux qui gagnent bien leur vie , à un peu moins de 50 % . On taxe les successions et je tiens à cet impôt parce que les grosses successions , c' est juste de taxer parce que quelqu'un qui a réussi . Moi je suis pour qu' il réussisse en France . Mais après on redistribue un peu entre générations c' est ça ce qui serait profondément injuste . C' est de dire , " on ne mutualise jamais " . Mais je veux qu' il y ait des femmes et des hommes qui réussissent pour tirer les autres . Par contre ce que je leur demande c' est d' être des premiers de cordée . C' est pour ça que aussi vrai que je n' aime pas la jalousie qui consiste à dire " ceux qui réussissent on va les taxer les massacrer parce qu' on ne les aime pas " , je n' aime pas le cynisme de parfois celles et ceux qui réussissent et qui se replient dans un égoïsme où le seul but de la vie serait d' accumuler de l' argent et donc ils doivent aussi s' engager dans la société en créant de l' emploi de l' activité . Je crois à cela . Ensuite une fois que j' ai dit ça , quel est l' engagement que j' ai pris sur l' ISF ? Je fais ce détour parce que la philosophie de la mesure est fondamentale pour notre pays parce que nous n' arriverons pas si nous ne sortons pas de cette jalousie où on n' aime pas la réussite et nous n' arriverons pas si on ne favorise pas l' investissement dans l' économie française . Et à quoi je me suis engagé ? Je me suis engagé à ce que celles et ceux qui réussissent et qui réinvestissent dans l' économie française ne soient pas assujettis à l' ISF , et donc quand les parlementaires disent " ceux qui ont des yachts , ceux qui ont des lingots d' or etc il faut qu' ils payent une taxe de solidarité " . Ils s' inscrivent totalement dans l' esprit .

Ce n' est pas une usine à gaz . C' est de dire on libère de la fiscalité qui existait jusqu' alors toutes celles et ceux qui investissent dans l' économie française . Vous avez monté votre entreprise , vous réussissez , vous décidez de la vendre et vous voulez réinvestir dans d' autres entreprises ou dans des actions ? Vous n' êtes plus à l' ISF , vous décidez d' investir dans l' innovation en France ? Vous n' êtes plus à l' ISF mais si vous décidez de multiplier les villas , de vous acheter des voitures de luxe , de jouir de votre fortune sans tirer notre économie , on vous demande un peu de solidarité .

Non je ne crois pas . Ce chiffre , pardonnez -moi de vous le dire , c' est faire l' hypothèse que d'abord les gens qu' on taxe ne bougent pas . Ce qui est faux . C' est de faire l' hypothèse que les gens que l' on ne taxe plus vont accumuler . Ce n' est pas vrai . Parce que si les gens ne réinvestissent pas dans l' économie française , ils seront taxés . C' est ce que je vous dis puisque la condition pour ne plus être à l' ISF c' est d' investir dans l' économie française , c' est de pouvoir justement financer l' innovation , l' activité économique donc c' est cela et nous en avons besoin parce que nous sommes une économie des compétences , de l' innovation . Et je voudrais quand même sur ce point , rapidement , il faut qu' on avance , mais ce sont des sujets importants et qui font l' objet de dénonciations et de raccourcis . Moi je suis président de tous les Français . Mais on ne peut pas dire d' un côté " c' est affreux . Il y a des entreprises qui sont achetées par des groupes internationaux , il n' y a plus de capital en France , regardez nos groupes sont pris par l' international " et de l' autre dire " je déteste les gens qui ont du capital quand bien même ils investissent en France " . Ça ce n' est pas cohérent . Moi je suis pour que nos concitoyens qui ont de l' épargne , qu' ils l' aient accumulée pendant leur vie qui par leur réussite leur permettent de devenir en effet plus fortunés , je veux qu' ils participent de notre croissance de développement parce que c' est comme ça que nous serons pleinement souverains , qu' on pourra avoir des champions français européens avec du capital français . Ceux qui vous disent d' un côté " je suis pour un ISF massif , je ne veux pas que les gens soient riches dans mon pays " et de l' autre vous disent " Je suis pour la souveraineté industrielle " . Il leur manque quelque chose dans le raisonnement .

Oui . Non pas du tout . Je vais me permettre d' être un peu plus précis que vous ne venez de l' être . D'abord tous nos concitoyens qui sont à la retraite , ils ont dûment gagné leur retraite , ils ont travaillé souvent dur pour pouvoir être à la retraite . Et Ils ont des droits . Les 40 % les plus modestes , ils ont une CSG qui est déjà inférieure à toutes celles des actifs . Donc cette CSG est réduite , elle ne sera pas augmentée . Les 60 % ce ne sont pas ceux qui ont plus de 1200 euros . Si on est très précis ceux qui ont jusqu' à 65 ans qui ont 1200 euros qui ont plus de 1200 euros . Et pour les plus de 65 ans ce sont ceux qui ont plus de 1400 euros . Parce que chacun derrière son téléviseur peut faire son calcul . Donc si vous avez plus de 65 ans , le seuil c' est 1400 euros . Pour une majorité de ces derniers , pour tous ces derniers , la CSG va augmenter d' 1,7 point . Faites vos calculs . Mais pour une majorité de ces derniers la taxe d' habitation va baisser .

Oui mais dès l' année prochaine vous verrez comme la taxe d' habitation elle va diminuer d' un tiers . Faites vos calculs , ça dépend de la ville où vous habitez . Moi je vous fiche mon billet comme on dit trivialement que dès l' année prochaine à la fin de l' année dans une grande partie des cas , votre taxe d' habitation diminuée d' un tiers , et nous le compenserons pour les communes , je veux rassurer ici les maires . Cette taxe d' habitation diminuée d' un tiers , elle compensera 1,7 point de CSG . Parce que regardez ce que ça représente 1,7 point de CSG par mois . 1,7 point par mois . Et regardez ce que vous payez en taxe d' habitation par an et que nous allons là aussi réduire du tiers . Et bien dans la plupart des cas les calculs qui ont été faits , et les ministres y reviendront , montre qu' à la fin de l' année prochaine hormis pour les plus aisés d' entre eux , les 20 ou 30 % les plus riches , pour une bonne partie de celles et ceux qui payent la taxe d' habitation ce sera déjà compensé . Mais surtout lorsque l' ensemble de cette réforme sera conduite , 80 % des retraités gagneront du pouvoir d' achat et les retraités qui perdront du pouvoir d' achat et ils le perdront et c' est moins de 1 % de pouvoir d' achat qu' ils perdront . Et ce sont les 20 % les plus riches quand ils n' en gagnent pas à travers la réforme de l' ISF . Donc je crois vraiment que c' est une mesure l' ensemble , parce qu' il faut toujours prendre les choses dans l' ensemble , de justice et je crois que si on regarde des choses dans l' ensemble , le projet que porte le gouvernement , c' est un projet qui récompense le travail , qui à travers la réforme de la prime d' activité à travers cette bascule justement des cotisations vers la CSG . Parce que pour tous les actifs qu' est -ce que ça veut dire ? ça veut dire qu' ils paieront moins de charges . Ce sera du gain de pouvoir d' achat parce qu' ils travaillent et par le travail eh bien ils vont tous et toutes gagner du pouvoir d' achat de manière méritée parce qu' on récompense le travail et pour les plus fragiles . Le gouvernement a pris aussi ses responsabilités dès cette année . L' allocation adulte handicapé et le minimum vieillesse vont augmenter et l' engagement pris sur les trois prochains exercices budgétaires fait que l' engagement de campagne sera tenu ; on passera de 800 à 900 euros .

Sur le sujet du logement . Est -ce que vous avez entendu quand les gouvernements précédents ont augmenté l' APL , les gens remercier et crier de joie ? Non . Bien souvent qu' est -ce qui s' est passé ? Celles et ceux qui leur louaient leur chambre , leur logement , Il n' y a pas que les étudiants , il y a 8 millions à peu près de françaises et de Français qui touchent les APL .

Non mais la ministre annoncera des mesures ambitieuses pour les étudiants dans les prochains jours ou sur la protection sociale des étudiants . Des vraies mesures de pouvoir d' achat seront prises . Mais à chaque fois que l' on a augmenté l' APL qu' est -ce qui s' est passé ? On a augmenté d'autant les loyers . C' est ça ce qui s' est passé . Donc cette décision d' été prise par le gouvernement qui en effet ne faisait pas partie de mes engagements de campagne parce que ça a été une mesure de gestion d' un budget en cours .

Une mesure d' urgence parce . Non il fallait … le premier ministre s' en est expliqué et j' ai soutenu la décision en responsabilité qu' il a prise Plus largement c' est qu' il a procédé à des décisions qui sont toujours difficiles d' économie sans augmenter d' impôts . Rappelez -vous parfois on a augmenté les impôts pour justement faire face à cela parce qu' il a voulu tenir les engagements de la France , ce qui était une bonne chose . Et ce faisant d'ailleurs sur ce sujet il a tenu les engagements de ses prédécesseurs qui avaient prévu d' ajuster le niveau des APL , mais qui ne l' avaient pas fait avant les élections . Voilà c' était inscrit dans le texte de ses prédécesseurs . Mais sur ce sujet , au-delà de ce qui s' est passé , quelle est la philosophie sur le logement ? Et surtout les mesures concrètes qui seront prises ? Le logement aujourd'hui c' est presque 40 milliards de dépenses publiques , 40 milliards , et ce sont 4 millions de Françaises et Français mal logés . C' est une politique publique qui ne fonctionne pas et donc ce que j' ai demandé au gouvernement c' est de porter une réforme ambitieuse qui n' a rien à voir avec l' ajustement de cet été . C' est ce sur quoi se sont engagés les ministres et le Premier ministre . Il aura à conduire cette concertation et je veux que l' ensemble des acteurs du monde du logement les élus s' y engagent à nos côtés , que nous ayons une vraie concorde nationale sur ce point . On doit dans notre pays baisser le coût du logement . Or depuis des décennies on répond au coût du logement en augmentant les aides Tant et si bien que l' Etat aujourd'hui , c' est- à-dire c' est vous qui le financez , augmente les aides d' un côté et puis augmente le financement par exempl en augmentant les aides Tant et si bien que l' Etat baisser les loyers . Mand nomurs es fait qet nous le financezlogementloyers poce que ça vilmire euxde pouvone modestesdirebaisser les loyers . Pur qu?G . 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