Mesure Du Discours
Observatoire de la campagne preisdentielle 2017
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Le protectionnisme solidaire , c' est l' in-ternationalisme réel . Il n' y a qu' une alternative : ou bien c' est le protectionnisme solidaire , c'est-à-dire des accords bilatéraux où chaque pays trouve son compte , ou bien c' est le marché qui fait la loi , c'est-à-dire qu' on ouvre les frontières et entrent et sortent les marchandises qui le veulent , tuant les économies locales comme c' est le cas aujourd'hui .

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Les thèmes autour du mot «processus»
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Jean-Luc Melenchon le 9 mars 2017 Voir la source

Cette situation est un symptôme sidérant de décomposition politique . La cause est connue . L' argent , qui dévore le pays , dévore aussi les personnes . Le mal frappe le coeur de l' élection centrale dans la Ve République . On investit quelqu'un qui est doté de pouvoirs considérables . Le feuilleton Fillon tue tout autre sujet ... Il est aujourd'hui impossible de lancer le moindre débat . C' est un moment particulièrement déstabilisant pour la démocratie . Un exemple : M. Macron annonce la fin du système des retraites à la française et le passage au régime par point ... zéro seconde de débat . Et , au milieu de cela , surnage « l' opération Macron » qui est l' homme de l' oligarchie dans un pays où 99 % des médias sont contrôlés par 9 milliardaires , dont 5 qui ont fait le choix de le soutenir . Cette situation nous amène aux portes d' un moment politique particulier que j' appelle le « dégagisme » , une force aveugle de rejet de tout et de tous . Notre rôle est de lui ouvrir une issue positive . Ce n' est pas d' attendre que tout s' effondre dans le chaos . C' est pourquoi je mène une campagne d' adhésion à un programme . Ce n' est pas une campagne où l' on fait peur , où l' on pousse les gens à se décider en fonction de paris sans contenu : « Qui est -ce qui a le plus de chances de ... » Ce type de calcul a été ridiculisé par la multiplication des hypothèses qui n' ont pas tenu deux mois . Et personne ne sait quelle sera la situation dans un mois . Cette campagne d' adhésion à un projet est ponctuée d' événements comme le 18 mars sur la VIe République qui est une façon de traduire d' une manière concrète cette issue positive .

Oui . Au départ , il s' agissait de soulignerl'importance du changement des institutions pour la suite de la vie politique de notre pays . Notre projet politique , notre stratégie révolutionnaire partent de l' idée que le peuple se réapproprie les institutions politiques en les redéfinissant . C' est la stratégie de la révolution citoyenne . Mais la vitesse à laquelle le système donne des signes d' effondrement fait que le 18 mars prend une signification plus large . Et nous devons en tenir compte dans la manière de conduire cette journée afin que s' y sentent à l' aise l' ensemble de ceux qui ont compris que la racine du mal , c' est la conjonction entre la monarchie présidentielle et la toute-puissance de la finance . Le passage à la VIe République , c' est « une loi de séparation de la République et de l' argent » .

Mais puis -je donner une consigne sans que l' on en sorte un mot pour provoquer toutes sortes de polémiques absurdes . J' ai dit et répété à tous les partis qui soutiennent ma candidature que nous devions faire attention au fait que la campagne est construite sur un modèle particulier , dont l' objectif peut se résumer en une formule : « Fédérer le peuple » . Il faut donc que tout le monde puisse se sentir à l' aise quelle que soit son appartenance . D' où mon souci de faire en sorte que nos partis ne donnent pas le sentiment de s' approprier la marche . Nous ne faisons pas une manifestation traditionnelle ! Nous exprimons ensemble quelque chose de plus grand que nos partis respectifs . Venez avec des pancartes , des slogans , des revendications . Et bien sûr mettez vos badges ! Les militants politiques sont les bienvenus . Mais agissons pour que tout le monde soit à l' aise . Un militant politique de masse comprend ce souci d' élargissement .

J' y compte bien . Nous écrivons ensemble une page de la légende populaire ! On sait qu' il y aura des dizaines de milliers de personnes . Mais quel est le degré de porosité entre les milieux que nous mobilisons et le reste de la société ? La moitié des gens ne savent pas pour qui i ls vont voter . Ce n' est pas de l' apolitisme , mais un refus de la scène politique qui est proposée . Pendant un temps , on nous disait que le mot d' ordre de la VIe République n' avait pas de rapport avec la question sociale et qu' il était trop abstrait . Mais , entre-temps , il y a eu six 49-3 pour faire passer la loi El khomri . Donc beaucoup de gens ont compris qu' il y avait un rapport entre la nature des institutions et le projet social .

Même à 12 % , cela représente quand même plus de 4 millions de personnes ! Mais qui sont -elles ? Alors , en effet , l' enjeu est d' élargir notre base . La moitié des électeurs n' ont pas encore fait de choix . C' est fondamental . Je pense que nous ne sommes pas dans une élection classique , mais dans un processus d' insurrection citoyenne qui prend des formes de rejet très profond du système de la caste liée à l' oligarchie . Ma candidature l' intègre . La France insoumise n' est pas une coalition de partis , c' est un mouvement qui s' est autoconstruit dans l' action . Et , comme toujours , ce sont les éléments les plus conscients , au sens très large du terme , qui ont entraîné les autres . Sinon , on ne peut pas comprendre comment des foules pareilles se rassemblent dans nos meetings . La construction de la France insoumise ne dépend pas des directions politiques alors même que leurs militants s' y impliquent largement . Je pense que c' est là un des aspects du processus de révolution citoyenne qui est commencé dans ce pays .

L' avènement de la VIe République sera d'abord un processus populaire de masse . Nous souhaitons donc une Assemblée constituante , avec des députés élus et d' autres dont on peut imaginer qu' ils soient tirés au sort . Personne dans cette Constituante n' aura été élu dans une autre Assemblée parlementaire auparavant afin d' éviter un processus de reproduction politique même inconscient de la Ve . Comme Pierre Laurent ( le secrétaire national du PCF ­ NDLR ) , je pense que le processus constituant aura besoin de temps . Un processus de cette nature , ce n' est pas une assemblée d' experts en droit . C' est une

Assemblée qui aura pour tâche de vivre dans le registre sur lequel ont fonctionné les Assemblées constituantes de l' Amérique du Sud où existait un immense processus populaire de mobilisation , de participation , d' implication jusqu' au plus petit village . On ne peut pas dissocier l' idée de VIe République de sa construction démocratique et révolutionnaire .

Beaucoup de choses ont évolué , heureusement . À l' époque , l' enjeu essentiel était que ce que nous incarnions dans le temps et dans l' histoire ne disparaisse pas . Ce risque est écarté grâce à 2012 mais , surtout , grâce au travail de beaucoup de gens . D'abord l' altermondialisme qui a réactivé les bases profondes de notre courant dans le pays . Puis , le référendum de 2005 , les mobilisations de masse pour défendre la retraite par répartition , et , plus récemment , contre la loi El Khomri qui a mobilisé des millions de gens . La réalité culturelle de l' anticapitalisme en France , avec un vif sentiment républicain , assortie d' une intuition communiste que la vision de l' écologie politique sur les biens communs porte très bien , est profondément réamorcée dans la culture populaire .

Je parle de celle des 99 % , car c' est aussi vrai dans les classes moyennes . La dangerosité du saccage de la terre est une préoccupation des classes moyennes . Comment leur proposer une agrégation possible avec les classes populaires , ouvrières et salariées ? L' écologie anticapitaliste que nous incarnons ouvre ce chemin . Le pays a tourné en profondeur la page du chacun-pour-soi comme perspective d' avenir . Il reste à montrer comment faire du tous-ensemble . C' est compliqué . Il s' agit de combiner l' ancien et le nouveau , de fédérer une population explosée socialement par le néolibéralisme . Il nous faut combiner les anciennes formes d' organisation avec les nouvelles . Nous avançons sur un champ de ruines . La social-démocratie aussi s' est effondrée , c' est un fait politique majeur en Europe de l' Ouest .

La Suède , le Danemark , l' Allemagne sont vautrés dans des systèmes de grandes coalitions , sans plus rien pour distinguer la socialdémocratie de la droite la plus banale . Chez nous aussi , c' est arrivé . Si notre mouvement ne va pas au coeur de la reconstruction d' un ordre public social , il ne peut pas être compris . Si on ne va pas au coeur de la reconstruction d' un ordre politique démocratique , on ne peut pas être compris non plus . Si on vient avec des accords de cartels rédigés à la va-vite , des mesures semées sans exprimer une cohérence profonde , on ne peut pas constituer une force stable et durable aux yeux de tous . C' est la raison pour laquelle j' ai voulu commencer si tôt , de manière si systématiquement inclusive . Pour autant , tout au long de ma campagne , j' ai été confronté à une forme d' hostilité dans mon propre camp qui ne comprenait pas cette stratégie et restait sur le slogan « Rassembler la gauche » sans saisir que l' ambiguïté de ce terme , après cinq ans de Hollande et de PS , divise et repousse !

Croyez -vous ? Le Parti socialiste est tou-jours son parti . Les députés qu' il a investis sont ceux du PS . On y trouve bien Manuel Valls , Myriam El Khomri ... Par conséquent , au-delà de la qualité des intentions des personnes , rien n' est changé . Le PS présente un ex-ministre et l' ensemble des députés qui ont soutenu le gouvernement en place . Le candidat socialiste a d'ailleurs voté la confiance à l' actuel premier ministre . Le système espère une bataille confuse dans un coin entre deux personnes perçues comme disant la même chose . N' y cédons pas . Benoît Hamon et moi-même avons des devoirs et des contraintes différents . Lui doit rassembler les siens , c'est-à-dire le PS .

Nous , nous avons un devoir de fidélité à la masse des humiliés par les trahisons du quinquennat . Ma candidature est l' héritière du programme « l' Humain d'abord » , qui a récolté 4 millions de voix en 2012 . À cette heure , près de 300 000 personnes et 4 partis appuient ma candidature . J' ai des devoirs et des engagements à l' égard d' eux tous . Je ne peux les contourner en petit comité , ni en assemblée générale permanente à cinquante jours du premier tour ! Ceux qui ont porté ma candidature , qui ont participé à la rédaction du programme se sentiraient trahis ! Ma priorité , c' est la campagne ! On ne peut pas fédérer le peuple sans les revendications qui viennent du peuple .

Sur la retraite , par exemple , je suis fidèle à « l' Humain d'abord » , et j' ai expliqué comment financer la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations . Clairement , le candidat du PS s' est exprimé pour 43 ans de cotisations pour une retraite à 62 ans . Sur l' Europe , c' est pareil . S' il n' y a pas de plan B , comment le plan A peut -il fonctionner ? Le plan B n' est pas une invention idéologique , c' est une stratégie politique de rapport de forces .

C' est moi qui ai pris l' initiative de propo-ser les rendez-vous et rencontres . Mais les garanties que j' ai demandées , avec l' approbation du PCF , ont été jugées par Cambadélis ( premier secrétaire du Parti socialiste ­ NDLR ) comme les 21 conditions de 1920 ( * ) ! Et les garanties sur les personnes comme une demande de « têtes à couper » . Nous avons été sommés de nous aligner . Benoît Hamon dit qu' il est plus central à gauche ? Mais c' est le contraire qui est vrai . Parce qu' il est le candidat du PS , toute une partie du monde du travail est d' entrée de jeu dans une attitude de rejet . Pas question de passer les cinquante jours qui nous restent à ce feuilleton sans issue . La musique sur l' unité et le rassemblement demande d' oublier les contenus programmatiques et d' amnistier tous les coupables du quinquennat . Ce n' est pas crédible . Le problème n' est pas de rassembler des sigles mais de fédérer le peuple en l' aidant à s' émanciper . On ne peut pas le faire dans la confusion . Ceux qui croient que les gens se contentent d' apparence se trompent . Nous avons un peuple éduqué par des batailles d' une extrême complexité . Ce n' est pas non plus une question d' ego comme on le dit si sottement , si souvent . À mon âge , je ne suis pas en train de construire une carrière . C' est une question politique . Mon ambition est d' un autre registre : c' est celle que j' ai pour notre programme historique .

Je suis ouvert à tout . Mais de quoi parle -t-on ? Présidentielle ? Législatives ? Et à qui le propose -t-on ? Attention à une vision à l' ancienne où il suffisait que les états-majors s' accordent pour que les troupes suivent . Les dégâts du quinquennat ne sont pas solubles dans les bonnes intentions . « Le Canard enchaîné » raconte que j' ai proposé un contrat législatif à Benoît Hamon , qui m' aurait répondu « c' est moi le président » et moi « on verra après » . Comme on le sait , on n' a rien vu . Nous avons clos la discussion sur un pacte de bonne conduite . Au lieu de nous affronter ou d' essayer de s' accrocher le mistigri de la division , tâchons de convaincre chacun parmi la foule des abstentionnistes .

Si je suis élu , tous ceux qui voudront par-ticiper à la mise en oeuvre du programme et au processus de révolution citoyenne seront les bienvenus . Mais , en cas de défaite , qu' est -ce qu' on fait ? Les anciens Front de gauche et ceux qui sont arrivés depuis , normalement , devraient pouvoir s' accorder . Entre le programme de la France insoumise , « l' Avenir en commun » , et celui du PCF , « la France en commun » , il y a une feuille de papier à cigarette , donc ce n' est pas là qu' est la difficulté . Je suis pour un accord national , mais que chacun prenne ses responsabilités : la mienne , c' est d' être candidat à l' élection présidentielle , et c' est déjà lourd . Je ne peux pas démêler 577 sacs de noeuds .

C' est sûrement possible ! Mais qui va faire le tri ? Vous dites les députés « hamonistes » , mais ils sont « PS » . Qui va faire le tri entre eux ? Et les écologistes , on prend qui ? Avec qui faut -il passer un accord ? Voyez : les Verts et Hamon ont signé un accord . Une semaine plus tard , le PS reporte son approbation au lendemain de la présidentielle . Ça veut dire qu' il n' y a pas d'accord . N' importons pas ce chaos !

Le protectionnisme solidaire , c' est l' in-ternationalisme réel . Il n' y a qu' une alternative : ou bien c' est le protectionnisme solidaire , c'est-à-dire des accords bilatéraux où chaque pays trouve son compte , ou bien c' est le marché qui fait la loi , c'est-à-dire qu' on ouvre les frontières et entrent et sortent les marchandises qui le veulent , tuant les économies locales comme c' est le cas aujourd'hui . Je mets en garde contre une confusion entre internationalisme et mondialisme . L' internationalisme est réaliste . Il sait que les nations existent . Jusqu' à preuve du contraire , le monde est fait de nations , les accords internationaux sont faits entre nations , l' ONU est une assemblée de nations . Faire comme si les nations n' existaient plus ne sert que le capital mondialisé pour lequel les nations ne sont que les prisons des peuples . C' est un tout que de vouloir l' harmonisation sociale , fiscale et le protectionnisme solidaire . Vous ne pourriez pas avoir un rapport positif entre l' entité européenne et le reste du monde si celle -ci se donnait des règles sociales et fiscales qui seraient contournées partout ailleurs et où les marchandises pourraient entrer librement . Notre méthode est celle de gens qui veulent gouverner . Nous tenons compte de l' état réel du monde et non d' abstraites proclamations .

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