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Comme il s' agit que tous les jeunes Français puissent accéder , suivant leurs capacités , à tous les échelons du savoir , comme le désir de s' élever est ardent et général , comme la forte natalité que la France connaît depuis la guerre entraîne un accroissement considérable de la population scolaire , nous sommes amenés à multiplier , à agrandir , à rééquiper nos universités , nos lycées , nos collèges , nos écoles et à leur recruter des maîtres .

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C. de Gaulle - 12 juillet 1961

La France a épousé son siècle . Cela veut dire qu' elle accomplit une vaste transformation tout en vivant dans un monde difficile . Naturellement beaucoup d' habitudes ne s' adaptent pas aussitôt à tant de conditions nouvelles . Le décimètre qui mesurait les avances infimes d' autrefois est à présent inutilisable . Certains couplets politiques que supportaient les temps passés perdent aujourd'hui leur écho . Le petit jeu représentatif , administratif , syndical , qui se pratiquait naguère , ne répond plus à nos activités .

Tant pis pour le décimètre , les couplets et le petit jeu ! c' est à une immense entreprise que se consacre la France .

En l' époque industrielle , nous avons d'abord à développer notre industrie . Qu' il s' agisse de l' existence des familles et des individus , ou de l' équipement urbain , villageois , scolaire , sportif , hospitalier , que comporte la vie sociale , ou de l' infrastructure nécessaire à l' ensemble français , nos besoins et nos désirs réclament une production croissante . D'ailleurs , il nous faut investir pour préparer la suite , exporter pour payer ce qui nous vient du dehors , créer pour que la nombreuse jeunesse qui nous est née depuis la guerre trouve à s' employer à son tour .

Eh bien ! si le vaste mouvement que nous avons déclenché peut subir quelques à-coups , si la rude opération que nous avons effectuée , il y aura tantôt 3 années , pour mettre un terme à l' inflation , a secoué l' appareil , si en entrant dans le Marché commun nous nous sommes nous - mêmes jetés dans les risques de la concurrence , nous voici en pleine ascension .

En la seule année 1960 , notre production industrielle s' est accrue de 11-4 pour 100 , ce qui nous place dans le peloton de tête mondial . Notre pays devient , sous nos yeux , une grande puissance industrielle , c'est-à-dire une grande puissance tout court .

La France , c' est donc des usines , des mines , des chantiers , des bureaux d' études . Mais la France , c' est aussi nos champs . Nous devons faire de notre agriculture un élément moderne et équilibré de l' activité nationale .

Cela exige que soient groupés en exploitations rentables beaucoup de domaines trop petits ; que nos agriculteurs se consacrent à la qualité ; qu' ils organisent leurs marchés collectifs pour vendre , acheter , conserver , conditionner , transformer , en limitant les intermédiaires ; qu' il prennent à leur propre compte une large part du commerce et de l' industrie concernant les fruits de la terre . Les retards qui se sont produits , soit dans les initiatives professionnelles , soit dans l' aide administrative , sont , à coup sûr , regrettables . Les atteintes portées à l' ordre public au cours de manifestations sont assurément coupables . Il n' empêche que l' évolution nécessaire est en cours , qu' elle suscite chez ceux qui cultivent , et notamment parmi les jeunes , un intérêt digne de cette grande œuvre , et que la France voit dans son agriculture l' une des bases capitales de son avenir économique , social et national .

Ce ne sont pas seulement les machines et les crédits qui font le progrès . C' est avant tout la valeur des hommes . Nous avons donc engagé un gigantesque effort d' instruction , et en même temps réformé profondément l' enseignement national . Comme il s' agit que tous les jeunes Français puissent accéder , suivant leurs capacités , à tous les échelons du savoir , comme le désir de s' élever est ardent et général , comme la forte natalité que la France connaît depuis la guerre entraîne un accroissement considérable de la population scolaire , nous sommes amenés à multiplier , à agrandir , à rééquiper nos universités , nos lycées , nos collèges , nos écoles et à leur recruter des maîtres .

En 1962 , nous dépenserons pour cela environ 1000 milliard d' anciens francs , sans compter ce qui est prévu pour la recherche scientifique , les beaux-arts , diverses œuvres de jeunesse , et cetera . La jeune France est à l' école pour devenir , en fait de culture , de science et de technique , un guide de son époque .

Un pareil renouvellement bouleverse l' équilibre ancien . Dans certaines régions se concentrent l' activité et la population , tandis qu' en d' autres l' essor se trouve ralenti ou empêché par les distances , le manque de ressources , l' insuffisance des communications . D' où la nécessité de répartir ce qui peut l' être pour limiter d' excessives différences .

D' autre part , les grands courants économiques qui innervent notre pays et le relient à l' extérieur nous imposent , quant à nos chemins de fer , à nos routes , à nos ports , à nos canaux , à nos aérodromes , des travaux proportionnés à nos progrès et à l' enjeu .

Enfin les dommages de la guerre , l' énorme croissance des agglomérations citadines - celle de Paris en particulier - l' augmentation constante de la population , érigent la construction et , du même coup , l' urbanisme en impératifs rigoureux .

Nous aurons bâti , en 1961 , 322000 logements , plus qu' on ne le fit jamais chez nous en une année . Bref , il nous faut , comme on dit , aménager le territoire , c'est-à-dire remodeler la structure et la figure de la France .

Cet immense effort intérieur pour la puissance et la prospérité nous détermine à employer nos propres moyens chez nous . C' est dire que l' entreprise qui a , naguère , consisté à assumer le gouvernement , l' administration , l' existence de peuples colonisés , est désormais périmée . Comme tout se tient , elle l' est aussi en raison du bouleversement universel provoqué par les deux guerres mondiales , de la conscience que les peuples ont prise de ce qu' ils sont et de leur volonté élémentaire d' indépendance . Pour de multiples raisons notre intérêt national direct est donc de nous dégager de charges coûteuses et sans issue , et de laisser nos anciens sujets disposer de leur destin .

Tant mieux si les rapports nouveaux s' établissent dans l' amitié et la coopération , comme c' est le cas pour 12 Etats de l' Afrique noire et pour la République malgache . Mais , de toutes les manières , le bon sens , le but , le succès , s' appellent la décolonisation .

Il s' agit qu' elle se fasse également en Algérie . L' opération y est particulièrement difficile parce que , depuis 1830 jusqu' en 1958 , rien n' avait été fait pour ménager la solution , parce que celle - ci a été terriblement compliquée par le fait de l' insurrection déclenchée voici bientôt 7 ans , enfin parce qu' il se trouve en Algérie une population d' origine européenne de plus de 10000000 de personnes qui ne saurait être livrée à la discrétion des autres .

Mais , puisque la rébellion prodiguait les combats , les attentats et la terreur , il fallait que notre armée l' emportât sur le terrain , de telle sorte que la France gardât l' entière liberté de ses décisions et de ses actes . Ce résultat est atteint . Nous pouvons donc prendre sur place maintes mesures d' apaisement , commencer à transférer dans la métropole d' importantes unités , envisager de réduire de plusieurs semaines , à partir de septembre prochain , la durée du service militaire en virant à l' armement moderne l' économie qui en résultera .

Cela étant , la France accepte sans aucune réserve que les populations algériennes constituent un Etat entièrement indépendant . Elle est toute prête à organiser pour cela avec les éléments politiques algériens , et notamment ceux de l' insurrection , la libre autodétermination . Elle demeure disposée à maintenir son aide à l' Algérie , dès lors qu' y serait assurée la coopération organique des communautés , et garantis ses propres intérêts .

Faute de cette association il lui faudrait , en fin de compte , regrouper dans telle ou telle zone , afin de les protéger , ceux des habitants qui se refuseraient à faire partie d' un Etat voué au chaos , leur procurer les moyens de s' installer dans la métropole si tel était leur désir , ne se mêler en aucune façon du destin de tous les autres et leur fermer l' accès de son territoire . Après quoi , elle verrait venir . En tout cas , elle est bien décidée à ne plus engouffrer à fonds perdus en Algérie , non plus qu' ailleurs , ses efforts , ses hommes , son argent .

Cependant , comme tout se passe dans un univers dangereux , voici que la perspective d' une crise internationale réapparaît à l' horizon . Bien entendu , l' affaire est engagée par les Soviets . Comme d' usage , ils invoquent la paix du monde , tout en posant des exigences qui risquent de la mettre en danger .

Mais , pour fonder la paix du monde , la condition essentielle est que les peuples s' accordent et coopèrent . Comment y parvenir si le système totalitaire , tenant sous son joug implacable l' ensemble des pays de l' Est et affichant l' ambition de réduire les autres en servitude , menace constamment le monde libre ? Tout justement voici que les Soviets renouvellent leur prétention de régler unilatéralement le sort de Berlin en mettant en cause les communications de l' ancienne capitale allemande et la situation des troupes américaines , britanniques et françaises qui s' y trouvent , au cas où Washington , Londres et Paris ne renonceraient pas au statut actuel de la ville suivant ce que veut Moscou . Je déclare , une fois de plus , qu' il n' y a aucune chance pour que cela soit accepté .

Comme j' ai eu maintes fois l' occasion de le dire , et notamment l' année dernière à Paris à monsieur le président Khrouchtchev , si les Soviets veulent , comme ils le publient , la détente et la coexistence , qu' ils commencent par les rendre possibles en cessant de menacer ! Dans une atmosphère mondiale qui deviendrait celle de la coopération des Etats et du rapprochement des peuples , un problème comme celui de l' Allemagne perdrait de son acuité et pourrait , à un moment donné , être considéré objectivement par les puissances intéressées . Mais , dès lors qu' en remuant le tonnerre dans la coulisse on manifeste l' intention de disposer de Berlin , comme si trois grandes puissances n' y avaient pas les droits qui sont les leurs et comme si les Berlinois ne devaient pas être maîtres d' eux - mêmes , on prend d' avance à son compte la responsabilité des graves conséquences qui pourraient en résulter .

Une transformation aussi rapide et aussi profonde que celle qu' accomplit la France , dans le temps même où le monde vit en état de tension menaçante , s' accompagne naturellement de quelques saccades et secousses . D'autant plus que notre pays est encore aujourd'hui marqué par les séquelles des terribles épreuves qu' il a subies naguère , des cruelles divisions qui l' ont de ce fait déchiré , et du long abaissement de l' Etat qui en fut la cause et l' effet .

Mais l' ampleur de nos tâches nationales aussi bien que la faillite du système politique d' antan nous ont amenés à adopter des institutions nouvelles qui comportent dans les pouvoirs publics la fermeté et la stabilité . Cela fait l' affaire de la France . Cela fait moins bien , évidemment , celle des tenants d' anciens griefs , ou bien des partisans de l' étranger totalitaire , ou bien enfin de plusieurs éléments spécialisés jadis dans d' autres jeux et qui voudraient les voir reparaître . Il en résulte que chaque remous met en action les équipes diverses de la hargne , de la grogne et de la rogne . D' où le contraste entre l' agitation qui trouble parfois la surface et le calme raisonné de la profondeur française .

Cependant , l' enjeu est si grand et le devoir est si clair que ceux qui ont la charge des affaires de la Nation n' ont qu' à suivre tout droit leur route .

Pour les ministres et , d'abord , pour le premier , la tâche est rude . Mais je rends hautement témoignage à la valeur et aux mérites que leur ensemble déploie au service du pays .

Pour le Parlement , le rôle qui lui est dévolu dans les conditions qui sont celles de notre temps peut susciter chez certains quelques nostalgies . Pourtant , l' œuvre législative qu' il accomplit depuis bientôt 3 ans , en suivant les règles posées par notre Constitution , doit être considérée déjà comme la plus vaste et la plus importante de toutes celles que réalisèrent au cours d' une législature les assemblées de la République .

Pour moi , enfin , Françaises et Français , si lourde que soit la responsabilité suprême , je continue de la porter , avec votre aide , dans toute son étendue . Au fond , jamais vous et moi n' avons ressenti , mieux qu' en cette veille de fête nationale , la juste fierté de la France .

Vive la République !

Vive la France !

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