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Mais , cette fois , sans aucun recours . Enfin ce que nous sommes en train d' accomplir : développement de notre pays ; transformation de la condition humaine dans toutes les branches de l' activité ; association progressive des catégories économiques et sociales aux responsabilités nationales ; rénovation de notre défense ; union de l' Europe pour le progrès et pour la paix ; aide apportée aux pays qui s' ouvrent à la civilisation ; un jour , peut-être , contribution éminente de la France à la détente , puis , à l' entente , entre les peuples de l' Est et de l' Ouest ; toute cette immense entreprise exige que la France ait , au long de l' avenir , le moyen de choisir elle - même ceux qui devront , tour à tour , à sa tête , représenter son unité et répondre de son destin .

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C. de Gaulle - 4 octobre 1962

Voici 4 ans le peuple français s' est donné à lui - même une Constitution . Il l' a fait au lendemain d' une crise si grave qu' elle faillit jeter la France au gouffre et emporter la République .

Cette Constitution rejette la confusion et l' impuissance du régime d' antan , c'est-à-dire du régime exclusif des partis , et s' inspire des conditions que la vie rude et rapide du monde moderne impose à un grand Etat . Elle règle en conséquence les rôles respectifs et les rapports réciproques du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif . Elle institue un président qui doit être le garant de ce qui est vital et permanent dans le destin du pays , qui doit assurer la continuité de l' Etat républicain et qui doit répondre de la France en cas de péril public . Comme à l' appel général du pays , j' ai assumé la fonction , le mode d' élection du président était , d'abord , secondaire puisque le rôle était rempli . Mais la question se pose aujourd'hui .

Tout le monde peut constater quels résultats éclatants a atteints le peuple français sous ces institutions nouvelles . Notre vie publique qui , hier , offrait le spectacle des jeux et des combinaisons que l' on sait , porte aujourd'hui la marque de la consistance et de l' efficacité . Au lieu qu' une monnaie malade , des finances en déficit , une économie menacée , nous soient , comme naguère , des sujets constants d' angoisse et d' humiliation , nous sommes à présent , en plein essor de prospérité et en plein progrès social , sur la base d' un franc solide , d' échanges extérieurs positifs et de budgets équilibrés . Alors que nous étions en train de déchirer notre unité nationale et de gaspiller les éléments de notre puissance militaire , faute d' accomplir la décolonisation , de mettre un terme au conflit algérien et de briser la subversion qui s' apprêtait aux coups d' Etat , voici que la coopération est rétablie entre la France et ses anciennes colonies , que l' Algérie y accède à son tour , que nous pouvons entreprendre et moderniser notre armée et que les graves complots qui menaçaient la République n' ont plus comme carrière honteuse que le vol , le chantage , l' assassinat . Enfin , si , récemment encore , notre pays était considéré comme " l' homme malade " de l' Europe , aujourd'hui son poids et son rayonnement sont reconnus partout dans l' univers .

Etant donné ce qu' en 4 ans nous , Français , avons réalisé en pratiquant notre Constitution , le bon sens le plus élémentaire nous commande de la maintenir . Or , l' un de ses caractères essentiels , que voudraient , bien sûr , lui ôter les partisans du régime condamné et sans lequel , en effet , elle tomberait dans ce qui était hier , c' est qu' elle fait réellement du président de la République le chef de l' Etat et le guide de la France . Mais , pour être vis-à-vis de lui - même et vis-à-vis des autres en mesure de remplir une pareille mission , le président a besoin de la confiance directe de la nation . Au lieu de l' avoir implicitement , comme c' était mon propre cas en 1958 pour une raison historique et exceptionnelle qui pouvait justifier au départ le collège restreint , dont je n' oublie certes pas le vote ! il s' agit que le président soit élu , dorénavant , au suffrage universel .

Dès l' origine , je savais que je devrais , avant la fin de mon septennat , proposer au pays de décider qu' il en soit ainsi . Mais des raisons pressantes me déterminent à prendre , dès maintenant , cette initiative , comme j' en ai le droit et le devoir .

Tout d'abord les attentats perpétrés contre ma vie me font une obligation d' assurer après moi , pour autant que je le puisse , une République solide , ce qui implique qu' elle le soit au sommet . En outre , devant l' inquiétude générale suscitée par ces tentatives de meurtre quant aux risques de confusion que la France pourrait courir soudain , je crois nécessaire qu' un vote massif de la nation atteste , en ce moment même , qu' elle a des institutions , qu' elle entend les maintenir et qu' elle ne veut pas , après De Gaulle , revoir l' Etat livré à des pratiques politiques qui la mèneraient à une odieuse catastrophe . Mais , cette fois , sans aucun recours . Enfin ce que nous sommes en train d' accomplir : développement de notre pays ; transformation de la condition humaine dans toutes les branches de l' activité ; association progressive des catégories économiques et sociales aux responsabilités nationales ; rénovation de notre défense ; union de l' Europe pour le progrès et pour la paix ; aide apportée aux pays qui s' ouvrent à la civilisation ; un jour , peut-être , contribution éminente de la France à la détente , puis , à l' entente , entre les peuples de l' Est et de l' Ouest ; toute cette immense entreprise exige que la France ait , au long de l' avenir , le moyen de choisir elle - même ceux qui devront , tour à tour , à sa tête , représenter son unité et répondre de son destin .

Françaises , Français , le projet de loi que je vous soumets propose que le président de la République , votre président , sera élu par vous - mêmes . Rien n' est plus républicain . Rien n' est plus démocratique . J' ajoute que rien n' est plus français , tant cela est clair , simple et droit . Une fois de plus le peuple français va faire usage du référendum , ce droit souverain , qui , à mon initiative , lui a été reconnu en 1945 , qu' il a , de même , recouvré en 1958 et qui a , depuis lors , permis à la République de se donner des institutions valables et de trancher au fond le grave problème algérien . Une fois de plus , le résultat exprimera la décision de la nation sur un sujet essentiel .

Quant à moi , chaque " oui " de chacune de celles , de chacun de ceux , qui me l' aura donné me sera la preuve directe de sa confiance et de son encouragement . Or , croyez - moi ! j' en ai besoin pour ce que je puis faire encore , comme , hier , j' en avais besoin pour ce que j' ai déjà fait . Ce sont donc vos réponses qui , le 28 octobre , me diront si je peux et si je dois poursuivre ma tâche au service de la France .

Vive la République !

Vive la France !

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