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D' autre part , l' évolution humaine en Russie et chez les satellites , d' importantes difficultés économiques et sociales dans la vie de ces pays - là et surtout le commencement d' opposition qui se manifeste entre un empire européen détenteur d' immenses territoires asiatiques , qui font de lui la plus grande puissance coloniale de notre temps , et l' empire de Chine son voisin sur 10000 kilomètres , peuplé de 700000000 d' hommes , empire indestructible , ambitieux et dénué de tout , tout cela peut , en effet , introduire quelques conjonctures nouvelles dans les soucis du Kremlin et l' amener à mettre une note de sincérité dans les couplets qu' il consacre à la coexistence pacifique .

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C. de Gaulle - 29 juillet 1963

Mesdames , Messieurs ,

Je me félicite de vous voir ; d'autant plus que cette conférence m' offre l' occasion d' expliquer ce qu' est l' orientation de la France et de sa politique devant les principaux problèmes qui occupent en ce moment l' esprit public partout . Sur ces problèmes , sur ces sujets , je ne crois pas qu' il puisse y avoir beaucoup de doute sur ce qu' ils sont et , comme ce que je vais dire résultera de ce que vous allez me demander , le mieux que j' ai à faire , c' est de vous prier tout de suite de m' indiquer les questions qu' il vous paraîtra utile de me poser et auxquelles je répondrai le mieux possible .

Alors je prie ceux d' entre vous qui ont quelque chose à me demander de bien vouloir se lever et le dire . Nous grouperons , comme habituellement , les interrogations sur certains sujets et c' est sur ces sujets que je m' expliquerai devant vous .

On pourrait continuer très longtemps peut-être . Personne n' est étonné de voir que ce qui occupe les esprits - bien qu' on l' ait posée en dernier lieu - c' est la question de notre propre développement et des conditions sociales qu' il implique . D' autre part , toujours pour ce qui est de nos sujets intérieurs , la question de l' apaisement . Et puis , au point de vue de la situation internationale , tout ce qui est dit a trait essentiellement aux rapports de la France avec les Etats-Unis , à l' accord de Moscou quant aux expériences nucléaires , et aussi à l' Europe et au rôle du traité franco-allemand dans cette construction . C' est bien cela me semble - t - il , qui est l' essentiel . Je m' en vais répondre à ces différents sujets . Je commencerai par ce qui m' a été demandé en dernier lieu , ce qui , à propos du Plan et de notre développement , semble devoir être fait en matière de coopération entre l' autorité publique , d' une part , et les représentations professionnelles , d' autre part .

Quand on parle de la situation de la France , il faut avant tout penser à l' immense transformation qu' elle est en train d' accomplir . Bien que nous y assistions partout et à chaque instant , il nous est difficile d' en imaginer l' étendue et le rythme . Par rapport à l' avant-guerre , notre industrie , on le sait , a presque triplé sa production . Notre agriculture , qui emploie beaucoup moins de bras , produit environ deux fois plus par tête de cultivateur actif . Nos établissements d' enseignement secondaire , nos lycées , nos collèges , reçoivent 2000000 d' élèves au lieu de 500000 à peine . 1200000 Français entrent ou entreront cette année dans 325000 logements neufs , c'est-à-dire 3 fois plus que dans une année d' antan . Il roule sur nos routes 8000000 d' autos alors qu' il roulait 2000000 ! Cet immense mouvement , l' Etat est obligatoirement amené à le digérer . Il l' oriente , il le planifie , il l' exécute souvent lui - même et il le paie pour la plus grande part . Il lui faut , tout à la fois , pousser l' expansion nationale , en répartir les fruits entre les catégories , toutes ardentes et revendicatives , faire monter le niveau de vie régulièrement et constamment .

Mais il lui faut aussi absolument faire en sorte que ce qui est distribué soit maintenu dans les limites compatibles avec les réalités de la productivité , les besoins d' investissement , les moyens des caisses publiques , faute de quoi le désastre économique , financier et monétaire ne manquerait pas de se déchaîner . Comme de semblables conditions s' imposent ailleurs , comme chez nous , on s' explique pourquoi certains pays ont été , ou sont la proie , de régimes totalitaires , terriblement expéditifs ceux - là : la dictature , pour ordonner et imposer sans contestation ; le parti unique , pour encadrer , contrôler et noyauter les activités . Naturellement des idéologies codifiées et implacables ne manquent pas pour étayer ce colossal pouvoir . Sur le moment , son succès est d'autant plus aisé que les pays en cause sont en même temps menacés du dehors ou emportés par de grandes ambitions , tandis que leurs structures antérieures se trouvent plus inefficaces , abusives et déconsidérées . Ce furent les cas , différents sans doute , mais à certains égards analogues , de la Russie soviétique , de l' Allemagne hitlérienne , de la République chinoise . Une pareille oppression serait à coup sûr détestée dans un pays comme le nôtre qui veut la justice sociale , mais qui ne croit pas qu' on puisse l' établir sur l' écrasement de la liberté et de la dignité de l' homme . Cependant , pour conduire des changements tels que ceux que nous réalisons , il faut évidemment un régime qui soit capable de décision , de continuité et d' autorité . Au contraire , un système de discussions sans relâche , de crises sans fin , de velléités sans aboutissement est contradictoire avec notre temps . C' est bien parce que la nation française était consciente de l' inadaptation du régime des partis aux nécessités modernes que celui - ci s' est évaporé aussi facilement , dès que la menace parut à Alger . Et c' est parce que la cinquième République mène effectivement la rénovation française qu' elle est depuis 5 ans soutenue par le sentiment public et même que l' année dernière elle a vu se former une majorité électorale sans précédent . Mais , si pour réaliser complètement le grand destin de prospérité , de fraternité , de puissance qui s' offre à nous en ce siècle , un bon édifice politique nous est à coup sûr nécessaire , il nous faut en même temps , dans le même esprit , des règles et des pratiques adéquates dans le domaine économique et social .

Or , 3 données , à mon avis , dominent la vie du pays à cet égard . La première , c' est le fait que l' Etat , puisqu'il est investi de la direction , doit prendre carrément les moyens de l' exercer comme il convient . La seconde , c' est la solidarité des catégories , solidarité telle que la collectivité a intérêt au bien de toutes , mais que chacune a envers elle des devoirs qui , au bout du compte , l' emportent sur ses droits , tandis que l' exagération de ses propres exigences la vouerait à la réprobation publique . La troisième , c' est la nécessité , pour chacune de ces catégories , de se doter d' organisations qui soient assez solides et assez valables , non seulement pour représenter les revendications de leurs mandants , ce qui est normal et nécessaire , mais encore , ce qui ne l' est pas moins , pour concourir d' une manière positive à l' œuvre des diverses branches de l' activité ainsi qu' au progrès d' ensemble de la collectivité nationale . Car , en dernier ressort , c' est cela que veut le peuple français .

Eh bien ! ces conditions de l' effort moderne nous commandent d' importants changements en fait de discipline et d' organisation sociales , dès lors que nous repoussons la tyrannie du totalitarisme et qu' en même temps nous rejetons le fatalisme inhumain du " laissez-faire , laisser passer " . A vrai dire , ces changements nous les avons déjà accomplis pour une large part et c' est la raison pour laquelle , dans notre essor présent , nous évitons , non pas certes les heurts - comment une transformation aussi rapide et aussi profonde n' en comporterait - elle pas ? - mais bien les grandes secousses , malgré tous les efforts que font pour les provoquer les diverses sortes de profiteurs de catastrophes .

C' est ainsi , d'abord , que l' action des Pouvoirs publics et des administrations , au dedans et au dehors , est presque tout entière consacrée aux problèmes économiques et sociaux , lesquels d'ailleurs , à mesure que la France s' éloigne des drames et des crises sont ceux qui intéressent la nation au premier chef . C' est ainsi , d' autre part , que l' avènement de la technicité à tous les étages , l' apparition de cadres de plus en plus importants et diversifiés , le développement de l' instruction à tous les degrés , la pratique des contacts , des conventions , des contrats collectifs , le début de l' intéressement et les premiers pas de l' association à l' intérieur des entreprises , estompent la lutte des classes dont , au surplus , la notion même ne saurait être qu' une vaine survivance pour ce qui est des services publics depuis leur nationalisation . C' est ainsi enfin que nous nous sommes mis à régler notre développement d'après le Plan , auquel contribuent les représentants de toutes les catégories , que nous avons institué le Conseil économique et social où ceux - ci se joignent , prennent l' attache des administration , formulent les avis qui leur sont demandés par le pouvoir , que nous sommes en train de créer dans les régions du territoire des comités d' expansion répondant localement aux mêmes buts . Mais il nous faut aller plus avant .

Sans qu' on se berce naturellement de l' illusion qu' il soit possible d' éviter toujours les retards de l' Administration , l' opposition des intérêts , la surenchère des exigences ; sans qu' on se propose de réduire la liberté , en fait de représentation syndicale , de discussion des contrats , de droit de grève et cetera , tout nous porte à ériger la coopération en principe fondamental de notre activité économique et sociale . Oui , organiser mieux la coopération du travail , du capital et de la technique à l' intérieur des entreprises , la coopération de l' administration avec les services publics dont elle a directement la charge , la coopération du pouvoir avec l' ensemble des représentations professionnelles , voilà ce qui est à faire !

Cela implique , du côté de l' autorité publique , une meilleure adaptation pratique à la tâche primordiale qui est la sienne . Cela implique , de la part des syndicats , un renouvellement quant à leur capacité et quant à leur volonté de prendre part d' une manière constructive à ce qui est projeté et exécuté pour la vie de notre pays . Cela implique , bien entendu , du côté de l' autorité publique , des dispositions législatives et réglementaires , notamment , en ce qui concerne les rapports entre participants à la marche des entreprises , l' élaboration et l' application du Plan , la composition et les attributions du Conseil économique et social , le fonctionnement des comités régionaux et cetera ...

La France des années 1960 avance à grands pas sur la route de la prospérité et , par là , de la puissance . D' où inévitablement quelques remous , que tâchent , bien sûr , d' exploiter opposants et agitateurs , mais que la coopération des intéressés entre eux et avec le pouvoir apaiserait le plus souvent sans dommage . Tout de même la grande œuvre se poursuit sous l' égide de la République . Il y faut le concours délibéré et mieux organisé de tous ceux qui portent une responsabilité économique et sociale dès lors qu' ils visent , non au bouleversement , mais au progrès de la collectivité française et , par là - même , de la collectivité humaine . J' espère vous avoir répondu .

La grave subversion - vous lui donnez le nom qu' elle mérite - qui avait été déclenchée par certains groupes , enflammés d' anciennes rancunes ou d' ambitions récentes , en excitant et en exploitant les colères et les craintes de beaucoup de Français d' Algérie , ainsi que la nostalgie de divers éléments militaires , cette tentative de subversion est , en somme , aujourd'hui , vaincue .

A mesure que les passions s' apaisent ou s' atténuent et les choses rentrant dans l' ordre , il est naturel et il est souhaitable que l' esprit de la clémence commence à apparaître à l' horizon . Mais son heure , ses degrés , ses modalités font partie du domaine de la sécurité de l' Etat et , je le dis très simplement , ne peuvent pas procéder d' impulsions émotives , les unes , sans doute , bien intentionnées , les autres , certainement pas , et provenant de personnes qui n' ont pas toutes , elles , à répondre de la République .

Aujourd'hui , les hommes , les femmes , les enfants , qui ont été tués par l' insurrection , gisent dans des tombes encore bien récentes ; ceux qu' elle a estropiés ou blessés ne sont pas encore tous guéris . Les déchirements qu' elle a causés , notamment dans notre armée , ne sont pas complètement réparés . Un certain nombre de criminels , de voleurs , de faussaires , d' incendiaires , de maîtres-chanteurs , prolongent encore cette révolte . On doit prendre garde de ne pas les renforcer en élargissant hâtivement des gens qui ont été ou pourraient devenir leurs complices . J' ajoute que la justice devant terminer pour l' essentiel son œuvre dans le courant de l' automne prochain , prendre , à l' heure qu' il est , des mesures de libération en faveur de tels ou tels condamnés , ce serait fausser d' avance ses jugements à l' égard de ceux qui doivent encore comparaître devant elle .

Il y a un chef de l' Etat . Il y a des Pouvoirs publics . Pour toutes sortes de raisons , c' est à eux qu' il appartient d' aménager d'abord l' indulgence vis-à-vis des moins coupables - qui sont le plus souvent et naturellement les plus jeunes - puis , sans doute un jour , le pardon de la France , envers ceux qui se sont tant perdus .

On peut croire que cela sera fait le moment venu , sans méconnaître que , parfois , ce ne furent pas des motifs bas qui inspirèrent des actions mauvaises et sans négliger ce qui pourra servir à l' unité nationale , mais de telle sorte que ne subsiste aucun danger qui puisse compromettre encore le salut et l' honneur du navire .

On m' a interrogé sur tout un ensemble se rapportant à la situation extérieure . On m' a parlé des rapports de la France et des Etats-Unis , de l' accord de Moscou , de l' Europe . Nous allons traiter ensemble de ces sujets - là l' un après l' autre .

Prenons , si vous voulez , d'abord la question fondamentale des rapports entre la France et son amie et alliée l' Amérique . Qui avait parlé de cela ?

On a été très agité , en particulier dans les journaux américains , depuis quelques mois . Je vous dirai que la pratique que je peux avoir personnellement depuis tantôt 25 années des réactions publiques aux Etats-Unis fait que je m' étonne assez peu des saccades de ce qu' on est convenu d' y appeler l' opinion . Cependant j' avoue que voici quelques temps le ton et la chanson en ce qui concerne la France m' ont paru assez excessifs .

Sans doute , pour en juger , convient - il de faire la part d' une certaine tension qui existe là-bas , naturellement causée par des soucis intérieurs et extérieurs pressants ainsi que par une conjoncture électorale sans cesse renouvelée . Sans doute avais - je moi - même à maintes reprises constaté combien ce pilonnage était aussi vain qu' exagéré .

Un certain nombre d' entre vous s' en souviennent : ce fut le cas par exemple dans les temps héroïques , quand je fus amené à faire occuper les îles Saint-Pierre-Et-Miquelon ou lors de la formation en Afrique du Nord du gouvernement de la Libération , ou bien quand il m' arriva de désapprouver Yalta et de décliner de me rendre à Alger pour y rencontrer Roosevelt qui revenait de cette déplorable conférence , ou bien après la victoire , à l' occasion du maintien de nos troupes à Stuttgart jusqu' à ce qu' une zone d' occupation en Allemagne eut été reconnue à la France . Ce fut le cas plus tard à propos du fameux projet de " Communauté européenne de Défense " qui consistait à priver notre pays non pas certes de ses dépenses militaires , mais bel et bien de son armée , et auquel du fond de ma retraite je m' opposai catégoriquement . C' est le cas aujourd'hui sur des sujets d'ailleurs fort importants comme l' organisation de l' Europe , la création d' une force atomique , le traité franco-allemand et cetera ...

Mais il me paraît utile de souligner tout de suite que ces agitations de presse , de milieux politiques , d' organismes plus ou moins officieux qui sévissent outre-Atlantique , et qui naturellement rencontrent ici l' écho empressé de diverses sortes d' opposants inconditionnels , toutes ces agitations , dis - je , ne sauraient altérer en France ce qui est fondamental à l' égard de l' Amérique . Pour nous les données fondamentales des relations franco-américaines , c' est l' amitié et l' alliance .

L' amitié ! Voilà tantôt 200 ans qu' elle existe comme une éminente réalité psychologique répondant à la nature des deux pays , développée par toutes sortes de penchants , d' influences , de rapports , de liens particuliers , et réciproques , maintenue par le fait que , de toutes les puissances du monde , la France est la seule - en dehors je dois le dire de la Russie - avec laquelle jamais les Etats-Unis n' ont échangé un coup de canon , tandis qu' elle est , entre toutes sans exception , la seule qui ait combattu à leurs côtés pendant 3 guerres : la guerre de l' Indépendance , la première et la deuxième guerres mondiales dans des conditions à jamais inoubliables .

Pour qu' un pareil capital moral puisse être entamé , il faudrait des dissensions infiniment graves et infiniment longues . Il peut y avoir , il y a des divergences politiques entre Paris et Washington , il y a des malveillances journalistiques , mais ce ne sont pas ces divergences et ce ne sont pas ces malveillances journalistiques du moment qui peuvent donner à croire à la France que l' Amérique cherche à lui faire du tort . Inversement , pour les Etats-Unis , s' imaginer que la France cherche à leur nuire , ce serait d' une dérisoire absurdité .

Quant à l' alliance franco-américaine si , depuis le temps de Washington et de Franklin , de La Fayette , de De Grasse , de Rochambeau , elle ne s' était nouée que pendant la première guerre mondiale , en 1917 et 1918 et au cours de la seconde à partir de décembre 1941 , c' est un fait qu' elle existe actuellement et que tout impose aux deux pays de la maintenir . Aussi longtemps en effet que , devant le monde libre , se dressera le bloc soviétique capable de submerger tout à coup tel ou tel territoire et qui est animé par une idéologie dominatrice et détestable , il faudra que , de part et d' autre de l' océan , les peuples qui veulent se défendre soient liés entre eux pour le faire .

L' alliance atlantique est une élémentaire nécessité et il va de soi qu' à ce point de vue , les Etats-Unis et la France ont une responsabilité capitale ; les Etats-Unis parce qu' ils disposent d' un armement nucléaire sans lequel le sort du monde serait rapidement réglé , et la France parce que , quelle que soit l' infériorité actuelle de ses moyens , elle est politiquement , géographiquement , moralement , militairement essentielle à la coalition .

Si donc , encore une fois , sur la fonction , sur l' organisation de l' alliance il y a des divergences entre Washington et Paris , l' alliance elle - même - c'est-à-dire le fait qu' en cas de guerre générale la France , avec les moyens qu' elle a , serait aux côtés des Etats-Unis , cela étant , je le crois , réciproque - est hors de la question , excepté dans les élucubrations de ceux qui font profession d' alarmer les bonnes gens en dépeignant chaque écorchure comme une inguérissable plaie . Ainsi donc , ni l' amitié , ni l' alliance franco-américaines , ne sauraient être et ne sont en cause . Mais il est vrai que , devant les problèmes qui se posent actuellement aux deux pays , leur politique ne concorde pas toujours . Il n' y a d'ailleurs là rien d' essentiel ni de foncièrement inquiétant , ni même d' étonnant . Mais il faut nous adapter de part et d' autre à cette situation nouvelle .

A mon sens les différences d' aujourd'hui proviennent tout bonnement des changements intrinsèques qui se sont produits depuis quelques années et qui se poursuivent en ce qui concerne la situation absolue et relative de l' Amérique et de la France .

La France avait été , matériellement et moralement , démolie par l' effondrement de 1940 et la capitulation des gens de Vichy . Sans doute , le redressement réalisé par la Résistance aux côtés des Alliés , lui avait - il rendu , comme par miracle , son intégrité , sa souveraineté et sa dignité . Mais elle sortait de l' épreuve très affaiblie à tous les égards .

D' autre part , l' inconsistance du régime où elle était retombée , l' empêchait de prendre son essor à l' intérieur et son rang à l' extérieur . En outre , faute d' adopter et d' appliquer les décisions nécessaires au sujet de la décolonisation , elle était entravée dans son développement national et son action internationale par des luttes lointaines sans issue .

C' est pourquoi , vis-à-vis des Etats-Unis , riches , actifs et puissants , elle se trouvait en situation de dépendance . Il lui fallait constamment leur concours pour éviter une débâcle monétaire . Les armes de ses troupes , c' est de l' Amérique qu' elle les recevait . Sa sécurité ne tenait qu' à leur protection . Quant aux entreprises internationales auxquelles prenaient part ses dirigeants d' alors , c' était souvent en vue de l' y dissoudre , comme si le renoncement à elle - même était désormais sa seule possibilité , voire son unique ambition , tandis que ces entreprises , sous le couvert de l' intégration , postulaient automatiquement l' autorité américaine . Il en était ainsi de l' OTAN où la responsabilité de la défense de notre pays était attribuée en propre au commandement militaire américain . Il en était ainsi du projet d' une Europe dite " supranationale " où la France , en tant que telle , aurait disparu , sauf pour payer et pour discourir , d' une Europe régie en apparence par des comités anonymes , technocratiques et apatrides , c'est-à-dire d' une Europe sans réalité politique , sans ressort économique , sans capacité de défense , et vouée par conséquent , face au bloc soviétique , à n' être qu' une dépendance de cette grande puissance occidentale qui avait , elle , une politique , une économie , une défense : les Etats-Unis d' Amérique .

Mais il se trouve que , depuis lors , la situation de la France a profondément changé . Ses institutions nouvelles la mettent en mesure de vouloir et d' agir . Son développement intérieur lui procure la prospérité et la fait accéder aux moyens de la puissance . Elle a rétabli sa monnaie , ses finances , l' équilibre de ses échanges . Si bien qu' à ce point de vue , elle n' a plus besoin de personne , tandis qu' elle se voit , au contraire , sollicitée de beaucoup de côtés . Aussi , loin d' emprunter à d' autres , notamment aux Américains , elle leur rembourse ses dettes et , même , leur assure , à l' occasion quelques facilités . Elle a transformé en coopération entre Etats le régime de colonisation qu' elle appliquait naguère à ses territoires d' Afrique , et , pour la première fois depuis un quart de siècle , elle vit dans une paix complète . Elle modernise son armée , l' équipe elle - même en matériel et entreprend de se doter d' une force atomique propre . Elle a dissipé les nuées qui enveloppaient et paralysaient la construction de l' Europe et entamé cette grande œuvre sur la base des réalités , en commençant par la mise sur pied de la Communauté économique , en donnant avec l' Allemagne l' exemple d' un début de coopération politique et en marquant qu' elle veut être la France dans une Europe qui doit être européenne . Encore une fois , la condition nationale et internationale de notre pays ressemble de moins en moins à ce qu' elle était naguère . Comment les modalités de ses relations avec les Etats-Unis n' en seraient - elles pas modifiées ? D'autant plus que , de leur côté , les Etats-Unis voient se produire , quant à leurs problèmes , de grands changements qui modifient le caractère de solidarité hégémonique dont étaient , depuis la guerre mondiale , marqués leurs rapports avec la France .

Au point de vue politique , il est vrai que le bloc soviétique s' en tient à une idéologie totalitaire et menaçante et que , récemment encore le mur de Berlin , le scandale du mur de Berlin , ou l' installation d' un armement nucléaire à Cuba ont montré que , de son fait , la paix demeurait précaire . D' autre part , l' évolution humaine en Russie et chez les satellites , d' importantes difficultés économiques et sociales dans la vie de ces pays - là et surtout le commencement d' opposition qui se manifeste entre un empire européen détenteur d' immenses territoires asiatiques , qui font de lui la plus grande puissance coloniale de notre temps , et l' empire de Chine son voisin sur 10000 kilomètres , peuplé de 700000000 d' hommes , empire indestructible , ambitieux et dénué de tout , tout cela peut , en effet , introduire quelques conjonctures nouvelles dans les soucis du Kremlin et l' amener à mettre une note de sincérité dans les couplets qu' il consacre à la coexistence pacifique . Du coup , les Etats-Unis qui , depuis Yalta et Potsdam , n' ont en somme rien à réclamer aux Soviets , les Etats-Unis voient s' offrir à eux des perspectives tentantes . De là , par exemple , toutes les négociations séparées entre les Anglo-Saxons et les Soviétiques qui , à partir de l' accord limité sur les expériences nucléaires , paraissent devoir s' étendre à d' autres questions , notamment européennes , jusqu' à présent en l' absence des Européens , ce qui , évidemment , contrevient aux vues de la France .

La France , en effet , croit depuis longtemps qu' il peut venir un jour où une détente réelle et même une entente sincère permettront de changer complètement les rapports entre l' Est et l' Ouest en Europe , et elle compte , si ce jour vient , je l' ai dit en d' autres occasions , faire des propositions constructives pour ce qui concerne la paix , l' équilibre et le destin de l' Europe . Mais , pour le moment , elle ne souscrirait pas à quelque combinaison qui serait réalisée par dessus sa tête et qui concernerait l' Europe et notamment l' Allemagne . Quant à un projet de pacte de non-agression , dont on a , nous dit - on , parlé à Moscou entre les Etats qui font partie de l' OTAN et les dirigeants des pays soumis au joug du Kremlin , je dois dire tout de suite que la France n' apprécie pas cette assimilation entre l' alliance atlantique et la servitude communiste . Et puis d'ailleurs , il n' y a besoin d' aucun pacte pour que la France déclare qu' elle n' attaquera jamais la première , étant entendu qu' elle se défendrait avec les moyens qu' elle peut avoir contre quiconque attaquerait , ou bien elle - même , ou bien ses alliés . Mais aujourd'hui , solennellement , elle déclare , par la bouche du Président de la République , qu' il n' y aura jamais d' agression française . Alors , du même coup , notre éventuelle participation à un pacte de non-agression n' a plus aucune espèce d' objet .

Mais il reste que ce qui s' est passé à Moscou montre que la voie suivie par la politique des Etats-Unis ne se confond pas avec la nôtre .

Pour ce qui est de la défense , jusqu' à ces derniers temps , les Américains , grâce à leurs armes nucléaires , étaient en mesure d' assurer au monde libre une protection quasi-absolue . Mais ils ont perdu ce monopole , tout en continuant à grands frais de renforcer leur puissance . Du fait que les Russes ont , eux aussi , maintenant , de quoi détruire l' univers et notamment le nouveau continent , il est tout naturel que l' Amérique voit dans sa propre survie , l' objectif principal d' un conflit éventuel et n' envisage le moment , le degré , les modalités de son intervention nucléaire pour la défense d' autres régions , en particulier de l' Europe , qu' en fonction de cette nécessité naturelle et primordiale . C' est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles la France se dote d' un armement atomique propre . Il en résulte que , pour le gouvernement français , des modifications importantes s' imposent pour ce qui est des conditions , des modalités de notre participation à l' alliance , puisque cette organisation a été fondée sur l' intégration , laquelle , aujourd'hui n' est plus valable pour nous .

Enfin , dans l' ordre économique , le moment est venu où les Etats-Unis , dont l' énorme capacité de production , d' échanges , n' est pas du tout entamée , voient s' élever celle des pays européens , en particulier de la France , au point d' en faire des concurrents assez incommodes . En outre , les charges que représentent pour les Etats-Unis le soutien financier qu' ils apportent à beaucoup d' Etats et les forces militaires qu' ils entretiennent à l' extérieur , ne laissent pas de leur peser très lourd , tandis qu' une part considérable de leurs capitaux vont s' investir au dehors . Pour ces raisons , la balance des paiements et le problème du dollar des Etats-Unis deviennent des soucis essentiels . On comprend donc parfaitement bien que leurs intentions ne soient plus celles qu' ils avaient naguère au sujet de l' organisation d' une Europe européenne et du rôle que peut y jouer la France . Mais on comprend aussi que la France , qui est industrielle et agricole , ne puisse pas et ne veuille pas voir se dissoudre ni l' économie naissante de l' Europe , ni la sienne dans un système du genre " Communauté atlantique " qui ne serait qu' une forme nouvelle de la fameuse intégration . Au total , pour la France et , je le crois , pour les Etats-Unis , l' amitié qui les unit et l' alliance qui les lie , sont au-dessus de toute atteinte . Mais il est vrai qu' il y a des différences entre les deux pays face à certains problèmes internationaux . L' évolution de l' un et de l' autre pays a créé cet état de choses qui , encore une fois , n' a rien d' étonnant , pour incommode qu' il puisse , peut-être , paraître aux Américains . En tout cas , dans les rapports entre les deux peuples , nous pensons qu' il faut qu' on prenne son parti de cette situation nouvelle . Cela fait , il conviendra sans doute de concerter pour chaque cas , et , dans toute la mesure du possible , les politiques respectives . La France , pour sa part , y est cordialement , très cordialement disposée .

Je vais vous parler d'abord de la rupture idéologique , puis des réalités , c'est-à-dire de l' accord de Moscou .

La rupture ? Sur quelle idéologie ? Depuis que je vis , l' idéologie communiste a été personnifiée par beaucoup de gens . Il y a l' époque de Lénine , de Trotsky , de Staline , que j' ai connu personnellement , de Beria , de Malinkov , de Khrouchtchev , et de Tito , et de Nagy , et de Mao-Tsé-Toung . Je connais autant de détenteurs de l' idéologie communiste qu' il y a de pères de l' Europe et cela en fait un certain nombre . Chacun de ces détenteurs , à son tour , condamne , excommunie , écrase et quelquefois tue les autres . En tout cas , il combat fermement le culte de la personnalité des autres .

Je me refuse à entrer dans une discussion valable sur le sujet de la querelle idéologique entre Pékin et Moscou . Ce que je veux considérer , ce sont les réalités profondes qui sont humaines , nationales et par conséquent internationales .

L' étendard de l' idéologie ne couvre en réalité que des ambitions . Et , je crois bien qu' il en est ainsi depuis que le monde est né .

Passons à l' accord de Moscou .

Que les Soviétiques et les Anglo-Saxons décident directement de cesser leurs expériences nucléaires dans l' espace , dans l' air et dans la mer est - en soi - satisfaisant et nous sympathisons à la joie que le Président Kennedy a si éloquemment exprimée avant-hier au sujet de cet événement .

Il faut dire que ce n' est pas la première fois que les essais nucléaires seraient interrompus . Il y a déjà eu , à diverses reprises , de longues périodes où aucun des deux côtés n' exécutait d' essais importants . Mais , cette fois , le fait de s' engager réciproquement à l' abstention rend celle - ci beaucoup plus probable . D'ailleurs , après avoir effectué chacun des expériences qui se comptent par plusieurs centaines , dont les dernières sont toutes récentes , on voit mal à quoi de nouveaux essais pourraient à présent leur servir . Pourtant , le domaine des expériences souterraines reste en dehors de l' accord et chacun des partenaires se réserve la possibilité de dénoncer l' accord dans les 3 mois , si cela lui convient .

Cependant , sans méconnaître que cet accord de Moscou n' a certes - et bien au contraire - rien qui puisse désobliger personne , et en tout cas pas nous , il faut constater qu' il ne change rien à la terrible menace que les armements nucléaires des deux rivaux font peser sur le monde et avant tout , sur les peuples qui en sont dépourvus .

C' est un fait , qu' ils ont tous les deux de quoi anéantir l' univers et c' est un fait qu' il n' est pas question qu' ils s' apprêtent à y renoncer .

Dans ces conditions , la situation du monde par rapport à cette menace n' étant changée en quoi que ce soit , il est tout à fait naturel qu' un pays comme la France qui commence à avoir les moyens de s' affranchir , dans une certaine mesure , de cette terreur permanente , poursuive dans cette voie . D'autant plus que rien n' empêche les deux rivaux , leurs expériences ayant cessé , de continuer à fabriquer des projectiles de plus en plus nombreux , de plus en plus puissants et de se doter de véhicules de lancement , fusées , avions , sous-marins , satellites de plus en plus perfectionnés . Les économies que pourra , peut-être , leur procurer la cessation des expériences , leur permettront d'ailleurs de renforcer encore leurs moyens de destruction . C' est pourquoi , l' accord de Moscou , je le dis franchement , n' a qu' une importance pratique réduite , à moins naturellement , qu' il ne soit le point de départ d' autre chose qui s' étendrait à d' autres domaines très différents et c' est la raison pour laquelle , l' accord tout en ayant l' approbation de la France , éveille pourtant sa vigilance .

Alors , me demandez - vous , que va faire la France après l' accord de Moscou ?

Je vous répéterai , une fois de plus , que si un jour les Américains et les soviétiques en venaient au désarmement , c'est-à-dire à la destruction et à l' interdiction contrôlées de leurs moyens nucléaires , c' est de grand cœur que nous - mêmes nous renoncerions à nous en procurer . Rien n' annonce malheureusement qu' on soit sur le point d' en venir là . Et la triste Conférence de Genève aura , comme c' était à prévoir , interminablement siégé pour rien .

Cependant je puis dire que , de toute façon et à tout hasard , la France n' attendait que la fin de cette vaine figuration , je parle de la Conférence de Genève , pour proposer aux 3 autres puissances atomiques certaines premières mesures de désarmement effectif portant , en particulier , sur les véhicules cosmiques , aériens et maritimes qui sont susceptibles de lancer des projectiles nucléaires . Ce qui s' est passé à Moscou ne fait que la confirmer dans cette intention et elle compte , avant la fin de cette année , inviter les Etats intéressés à étudier avec elle ce problème essentiel alors qu' il n' est peut-être pas encore devenu insoluble à son tour . Mais nous répétons également qu' un simple accord sur les essais entre Soviétiques et Anglo-Saxons , déjà investis d' une puissance incommensurable qui ne cessent de la renforcer et qui par là confirment de jour en jour leurs hégémonies respectives , ne détournera pas la France de se doter , elle aussi , des moyens de la même sorte , faute de quoi , puisque d' autres en ont , sa propre sécurité et sa propre indépendance ne lui appartiendraient jamais plus .

Vous savez , on ne donne pas la signature de la France sur une série d' hypothèses dont aucune jusqu' à présent n' a reçu le moindre commencement d' exécution .

C' est encore une série d' hypothèses sur lesquelles je vous demande de ne pas entrer . Nous parlons de réalités , de choses effectives , et j' en reviens à l' Europe qui commence à être quelque chose d' effectif .

L' organisation économique de l' Europe continue de faire des progrès et le traité franco-allemand y contribue directement . La première réunion des deux gouvernements qui , conformément au traité , s' est tenue à Bonn au début de ce mois a eu d'abord l' avantage de ménager et d' élargir les contacts pour l' examen des problèmes d' intérêt commun . C' est ainsi que moi - même , par exemple , indépendamment de mes entretiens avec le chancelier Adenauer , ai eu l' occasion de converser d' une manière approfondie avec le vice-chancelier Erhard , ce dont je me félicite . D' autre part , la réunion de Bonn a renforcé dans l' esprit de ses participants le sentiment que la coopération franco-allemande devait , au cours de cette année même , s' affirmer dans un domaine essentiel : l' organisation économique de l' Europe , la mise sur pied complète et effective du Marché Commun . Il est bien clair que c' est là , si l' on peut dire , le banc d' essai du traité .

Si , en pareille matière , celui - ci fait la preuve de son efficacité , on peut croire qu' il ira ensuite se développant et s' affermissant sur d' autres sujets tels que ceux que vous avez évoqués et où il n' y a encore que des ébauches .

Pour ce qui est du Marché Commun , au développement duquel nous espérons que le traité franco-allemand contribuera d' une manière effective , c' est bien entendu , le problème agricole que les six ont encore à régler . Que signifieraient les mots mêmes " Communauté économique européenne " si l' Europe n' assurait pas , pour l' essentiel , son alimentation grâce à ses propres produits agricoles , lesquels peuvent y suffire largement ? Et qu' irait faire la France dans un système à l' intérieur duquel il n' y aurait bientôt plus de douane excepté pour son blé , sa viande , son lait , son vin et ses fruits ? Sans doute , le traité de Rome , assez complètement agencé pour ce qui concerne l' industrie , se bornait - il à évoquer sans la résoudre la question de l' agriculture . Mais depuis le mois de janvier de l' année dernière où la France a obtenu de ses partenaires l' engagement formel d' aboutir dans ce domaine , faute de quoi le développement de l' ensemble serait arrêté , d' importants progrès ont été faits . Il reste à en accomplir de plus importants encore et cela doit avoir lieu avant la fin de cette année .

En effet , le terme adopté pour l' achèvement des règlements qui demeurent en suspens est le 31 décembre ; d'abord , parce que le déséquilibre entre les conditions des échanges industriels et celle des échanges agricoles ne saurait durer plus longtemps ; ensuite , parce que c' est sous cette condition , que les six ayant pris acte du fait que la Grande-Bretagne ne peut entrer actuellement dans l' organisation d' une Europe européenne , se sont mis d'accord pour utiliser l' UEO , déjà existante , afin d' échanger leurs vues avec celles des Britanniques sur les problèmes économiques mondiaux . Enfin , c' est pour cette raison que les négociations tarifaires entre les Etats-Unis et l' Europe vont s' ouvrir au printemps prochain et que devant les grands vents qui ne manqueront pas de se lever à cette occasion , il faudra alors que le Marché Commun soit debout , complet et assuré , ou bien qu' il disparaisse .

Ainsi , l' année 1963 est - elle décisive pour l' avenir d' une Europe unie . Si , au cœur de l' univers , une communauté réelle s' établit entre les six dans le domaine économique , on peut penser , en effet , qu' ils seront plus portés qu' ils ne le sont à s' organiser pour mener en commun une politique qui soit européenne . A ce point de vue aussi , le traité franco-allemand offre un exemple qui peut être suivi et un cadre qui peut s' élargir . D'autant mieux que les événements dont nous avons parlé tout à l' heure et notamment les contacts directs qui s' établissent de nouveau entre les Anglo-Saxons et les Soviétiques et qui , une fois de plus , peuvent engager son propre sort devraient convaincre l' Europe que c' est le temps d' être elle - même ou qu' elle risque de ne l' être jamais .

Je tiens à vous dire , à vous , Monsieur , ceci : les impressions que j' ai rapportées de Grèce sont excellentes , vous n' en doutez pas . Les contacts qu' il m' a été donné de prendre à cette occasion à Athènes constituent un élément qui renforce notre solidarité européenne , au meilleur sens du terme .

Sans vouloir désobliger personne , j' ajoute que le Premier Ministre vient , lui - même , de voir et de faire en Turquie quelque chose de tout à fait analogue . L' Europe peut naître . C' est aux six qu' il appartient de la faire naître . Et la France , pour sa part , s' y attend .

Mesdames , Messieurs , je vous remercie vivement de l' attention que vous m' avez apportée .

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