CNRS
UNICE
 
UCA
C. de Gaulle
C. de Gaulle
G. Pompidou
G. Pompidou
V. Giscard d'Estaing
V. Giscard d'Estaing
F. Mitterrand
F. Mitterrand
J. Chirac
J. Chirac
N. Sarkozy
N. Sarkozy
F. Hollande
F. Hollande
E. Macron
E. Macron

Rechercher un mot et afficher ses cooccurrents





Dès lors , en effet , que leurs mandataires seraient présents dans chacun des organismes dirigeants : Conseil des Ministres , Conseil des suppléants , Commissions , Assemblée ; qu' ils y représenteraient la masse très considérable et très particulière des intérêts et des servitudes économiques et politiques de leur pays ; qu' ils y auraient , quant au nombre et quant à l' audience , une importance correspondante ; qu' ils y seraient aussitôt rejoints par les délégations de plusieurs des Etats qui forment aujourd'hui avec eux l' Association européenne de libre-échange , il est évident que l' inspiration , les dimensions , les décisions , de ce qui est aujourd'hui l' organisation des 6 , feraient place à une inspiration , à des dimensions , à des décisions , complètement différentes .

Voir une autre phrase-clé


Qui utilise le plus le mot «continentaux» ?
Distribution statistique du mot chez l'ensemble des locuteurs du corpus.
Les thèmes autour du mot «continentaux»
Analyse multi-couches de la cooccurrence autour du mot choisi dans le discours du qui
C. de Gaulle - 16 mai 1967

Mesdames , Messieurs , je suis très heureux de vous voir .

Je vais commencer par demander aux uns et aux autres les questions qu' ils souhaitent me poser . Ensuite on les mettra , si vous le voulez bien , en ordre , on les groupera . Je pense d'ailleurs que les sujets principaux sont à l' esprit de tous et je m' efforcerai d' y répondre .

Eh bien , tout cela se ramène , d'abord aux élections , naturellement , et à ce qui peut s' ensuivre . Ensuite , et comme toujours , à tout ce qui est le progrès économique et social de notre pays . Cela se ramène aussi à ce qui a trait aux pouvoirs spéciaux : pourquoi les a - t - on posés ? pourquoi ai - je accepté qu' on les pose ? Ensuite , au point de vue de l' extérieur , on va à Rome : qu' est - ce qui va y arriver ? Enfin , chers amis , bien entendu , quid de l' entrée , de la candidature de la Grande-Bretagne pour entrer dans le Marché Commun ? C' est sur ces sujets - là que je vais vous répondre . Et d'abord , commençons par les élections , puisque élections il y a.

Théoriquement les élections n' avaient pas pour objet les institutions de la République . Ce n' était pas un référendum national . A cet égard , c' était simplement - quand je dis " simplement " , c' est une manière de dire - 487 compétitions locales . Et cependant , les institutions de la République étaient en cause . En effet , pour les dirigeants de toutes les oppositions , le but à atteindre , grâce aux élections , était que le pouvoir revienne à la discrétion des partis comme il l' était autrefois et comme , tout justement , l' exclut notre Constitution . Ils comptaient y parvenir en faisant élire à l' Assemblée Nationale une majorité négative , dont ils espéraient , qu' en censurant tous les gouvernements nommés par le chef de l' Etat , elle obligerait celui - ci " à se soumettre ou à se démettre " , autrement dit , contrairement aux obligations du mandat national qu' il a reçu , lui , du peuple tout entier , à abandonner la responsabilité suprême de la République et de la France .

Sans doute , s' ils y avaient d' aventure réussi , n' eussent - ils pu mettre rien d' autre que la confusion aux lieu et place du régime qu' ils auraient ainsi détruit . Que pourrait être , en effet , l' action politique commune de ceux qui , parmi eux , veulent en venir à un régime totalitaire , même si , par tactique , ils s' abstiennent de l' afficher , et de ceux qui rêvent de restaurer l' omnipotence du Parlement , même si , sur ce sujet , ils tâchent de donner le change ? Que feraient effectivement ensemble , dans le domaine économique et social , sauf une galopante inflation , ceux qui ont pour but l' expropriation de tous moyens de production et ceux qui s' emploient seulement à incriminer tout ce qui est entrepris sans proposer jamais aucun plan d' ensemble qui soit différent et cohérent ? Que pourraient solidairement accomplir à l' extérieur les dévoués à Moscou et les nostalgiques de Washington ? C' est dire , qu' au cas où les Français auraient donné la majorité à leur alliance électorale et où , ensuite , le Président de la République se serait retiré ou incliné devant leur obstruction législative , le gouvernement de la France n' aurait été , de nouveau , qu' une kaléidoscopique répartition de portefeuilles et une combinaison constamment changeante et impuissante de divergences et de rivalités . Faute que , dans ces conditions , pût être menée une politique française , c' en est sans doute une autre , venue d' outre-Atlantique à travers l' esprit d' abandon et les groupes de pression , qui eût été suivie à Paris . A moins qu' au moment voulu , se distinguant de ce mélange , son élément le plus résolu , discipliné et organisé , l' élément totalitaire , n' imposât sa prépondérance , ensuite son autorité et , finalement , sa dictature au profit des Soviets . Mais , dans l' un ou l' autre cas , comment aurait été servie la France ?

Abattre la cinquième République en la frappant à la tête , sans ignorer qu' on ne la remplacerait que par les jeux stériles d' antan , tel était donc l' objectif des formations opposantes . Il va de soi qu' elles ne l' affichaient guère , sachant que le peuple n' était pas disposé à épouser sur ce point la querelle des partisans . Il va de soi également que n' ayant - et pour cause ! - aucun programme commun à proposer et ne pouvant donc réunir les suffrages sur des projets constructifs , c' est sur le seul terrain de la critique négative que se portèrent leurs efforts . Il faut , d'ailleurs , convenir que ce terrain leur était rentable car , dans notre pays , qui accomplit une transformation industrielle , agricole , commerciale , urbaine , scolaire , hospitalière , et cetera , immense et sans précédent , innombrables sont , forcément , dans chacune des régions et des catégories , les regrets , les soucis , les griefs . Spéculant sur l' oubli de toutes les négligences et de tous les retards accumulés dans le passé et dont ils étaient responsables ainsi que sur la propension naturelle à beaucoup de gens de considérer leurs divers cas particuliers plutôt que l' intérêt général , les tenants de l' ancien régime se sont donc appliqués à collecter et à dresser partout et sur tous les sujets , contre la cinquième République , tous les regrets , soucis et griefs imaginables .

Au total , qu' est - il arrivé ? Bien que les élections par contraste avec celles de 1958 et de 1962 , aient eu lieu dans une atmosphère dégagée de toute angoisse nationale , bien que se soient exprimés 4000000 de suffrages de plus que la dernière fois , la cinquième République l' a emporté . Au total , en effet , les candidats qui s' en étaient faits les champions ont obtenu , au premier et au deuxième tour , un pourcentage de voix supérieur de près de deux pour 100 à celui d' il y a 5 ans . Si , au deuxième tour , les coalitions des oppositions diverses , parce qu' elles étaient dans leurs négations plus systématiques et mieux aménagées encore que naguère , ont abouti dans les ballottages au déplacement d' un nombre non négligeable de sièges , le fait est que la nouvelle Assemblée Nationale semble comporter une majorité positive . Le fait est surtout qu' il ne pourrait s' y former aucune autre qui le soit .

Dans ces conditions , il est clair que toute entreprise qui , à l' intérieur de cette majorité , tendrait à l' affaiblir en la divisant , alors qu' elle vient d' être élue sous une seule et même étiquette par des citoyens convaincus qu' elle s' était rassemblée pour soutenir une seule et même action , serait contraire à la moralité politique et à l' intérêt public . Mais , en même temps , on ne voit pas pourquoi , parmi les opposants d' hier , certains de ceux qui , assumant une représentation , ont le souci du bien national ne voudraient pas tourner la page de la vaine querelle faite au régime . Or , il est clair que , dans ce cas , les raisons qu' ils croyaient avoir de combattre l' action de la cinquième République au dedans et au dehorsse réduiraient à peu de choses et , qu' au contraire , se feraient jour celles qu' ils auraient d' y participer .

Car , après tout , dans l' ordre économique , étant donné tout ce qu' il y a à faire pour que la France se transforme et se développe comme il le faut ; étant donné les possibilités et en même temps les limites de ses moyens ; étant donné les contraintes qui résultent forcément pour elle de la concurrence internationale , les principaux objectifs à atteindre par la collectivité française peuvent - ils être raisonnablement contestés ? Au point de vue social , la progression du niveau de vie , l' amélioration de la sécurité , notamment celle de l' emploi , la promotion de l' ensemble du peuple français par les changements à apporter à la condition salariale , par l' éducation nationale , par la diffusion de la culture et l' aménagement des loisirs , ne méritent - elles pas l' approbation ? Pour ce qui est de l' extérieur , que la France garde son indépendance sans renier ses amitiés , que la Communauté européenne des six aille en se renforçant dans tous les domaines , que l' Ouest et l' Est de notre continent pratiquent progressivement la détente , l' entente et la coopération , que cesse en Asie le scandale de l' intervention étrangère et de la guerre , qu' une aide accrue et systématique soit prêtée au Tiers Monde par les pays développés , y a - t - il là rien qui empêche le concours des bonnes volontés ? En tout cas , telle est la route que la République va continuer de suivre .

-Le fait qui domine notre pays en notre temps s' exprime en un maître mot : mutation . Chacun le sait . Chacun le dit . Mais les conséquences n' en sont certainement pas toujours , ni bien comprises , ni franchement acceptées . Car , si tout le monde est , en principe , pour le progrès , en pratique cela ne va pas sans soulever chez beaucoup de l' aigreur ou de l' inquiétude . Mais quoi ? On n' a rien pour rien . L' avantage qu' il y a pour la France à se transformer comme l' exigent l' évolution et la concurrence entraîne inévitablement saccades et difficultés qu' il faut savoir admettre et surmonter . Celles - ci sont d'autant plus âpres que , pendant longtemps et dans l' ensemble , nous n' avons guère été portés à épouser sans réserve le mouvement industriel déchaîné par la machine et qu' il nous faut , par conséquent , rattraper de grands retards .

Il est banal d' en donner les raisons . Chez nous , peu de houille à l' époque où tout marchait au charbon , pas de pétrole quand il devint essentiel d' en avoir , guère de minerais alors que tout dépendait des métaux . D'ailleurs , le fait que la natalité ne cessait pas de décliner éloignait de nous l' aiguillon démographique . Encore , avions - nous longtemps vécu en peuple riche , qui , grâce , à ses capitaux , se procurait au dehors les produits qu' il désirait sans qu' il eût besoin de les faire , mais qui , tout à coup , au contraire , devint un peuple dépourvu des moyens financiers nécessaires à un grand essor parce que des guerres ruineuses avaient dévoré ses épargnes . Enfin , notre structure sociale et politique , alors fondée principalement sur une classe moyenne soucieuse de sécurité plutôt que de changement et sur une population agricole attachée à des exploitations modestes et traditionnelles , se montrait peu malléable à de rapides transformations . Par rapport à d' autres pays , les Etats-Unis , l' Angleterre , l' Allemagne , qui avaient réalisé avant nous leur mutation industrielle , nous étions donc , jusqu' à ces dernières années , handicapés à cet égard et , par conséquent , enfermés dans le protectionnisme ; celui - ci nous évitant d' être submergés par d' autres , mais , en même temps , nous maintenant dans une situation relativement désuète .

Avant même la fin de la dernière guerre , nous nous sommes engagés dans la voie de la rénovation . Ce sera l' un des titres d' honneur de la Libération que de l' avoir déclenchée . D'ailleurs , en 1944 et 1945 , le gouvernement qui la symbolisait disposait des pouvoirs et de la confiance indispensables aux grandes réformes . Grâce à quoi , juste au moment où il fallait en décider , l' Etat , soudain rétabli , put rejeter tout à la fois un capitalisme abusif et un communisme écrasant et adopter un dirigisme qui lui permettrait de conduire l' évolution .

Ainsi fut créé le Plan , afin de faire de l' expansion une œuvre rationnelle et équilibrée . Ainsi fut nationalisé le crédit de telle sorte que l' Etat disposât d' un instrument essentiel d' intervention . Ainsi fut attribuée à des entreprises publiques la source même de l' activité , autrement dit l' énergie : charbon , électricité , gaz , pétrole , énergie atomique . Corrélativement , l' institution de la Sécurité sociale , celle des allocations familiales , celle des comités d' entreprises , celle d' un nouveau régime du fermage , et cetera , modifièrent profondément la condition des travailleurs industriels et des producteurs agricoles et leurs rapports avec le capital .

Cependant , une fois mises en place les bases de notre transformation , une longue confusion politique sévit dans notre pays . En dépit de la valeur personnelle de certains des dirigeants , l' état de crise permanente , où , à leur propre désolation d'ailleurs , se débattaient les pouvoirs , aboutissait , pendant 12 ans , à la facilité ruineuse d' une inflation continue . D' où un déficit grandissant , à l' intérieur dans nos budgets , à l' extérieur dans les balances de nos paiements . D' où de successives et vaines dévaluations de notre monnaie . D' où l' obligation de restreindre les échanges entre notre pays et les autres . D' où l' impuissance à commencer l' application du Marché Commun . D' où l' impossibilité de traiter à l' échelle voulue les problèmes de la recherche , de l' éducation nationale , de l' infrastructure , du logement , de l' hospitalisation , de la culture , de l' équipement sportif , et cetera , dont dépendait notre avenir . D' où , finalement , l' imminence catastrophique d' une faillite à laquelle la France n' échappa qu' en échappant à des errements politiques déplorables .

Je ne m' étendrai pas sur ce qui a été fait depuis 1958 au point de vue de la transformation économique et sociale de la France . D'ailleurs , tout le monde le sait , même si l' on n' en convient pas toujours . J' indiquerai seulement qu' au cours de cette période , notre effort d' investissements publics , évalué en francs constants , a doublé pour la construction de logements et pour les affaires culturelles , triplé pour l' éducation nationale , quintuplé pour l' infrastructure en fait de routes , de ports , de canaux , de terrains d' aviation , décuplé pour la santé publique et pour les sports , et que pour la recherche il a été multiplié par seize . J' évoquerai , pour l' agriculture , l' immense évolution accomplie en conséquence de la loi d' orientation et de la loi complémentaire qui lui ont été consacrées par la cinquième République ainsi que des aides et interventions , dont le total a décuplé , en vue d' adapter ses structures , équipements , productions et marchés . Je rappellerai , pour l' industrie , l' institution du Fonds national de l' Emploi , le démarrage de la formation professionnelle , les mesures fiscales adoptées en faveur de l' investissement , les interventions engagées à maintes reprises en vue , soit de déclencher ou de faciliter les conversions ou concentrations , comme dans la sidérurgie , les chantiers navals , l' électronique , et cetera , soit de parer à une grave situation locale , par exemple à Decazeville , au Boucau , à La Seyne , à Hennebont , soit d' aider à des implantations d' usines nouvelles - plus de 2000 en 9 ans - dans des régions qui en ont besoin . Enfin , je ferai observer que le franc français , au lieu d' être , comme naguère , une monnaie de déroute , se trouve maintenant établi dans une position exemplaire et que , par contraste avec l' état de mendicité auquel nous étions réduits , nous sommes à présent dotés d' une réserve de change d' un montant jamais égalé .

C' est grâce à cette situation rétablie du tout au tout que nous avons pu , depuis 9 ans , faire en sorte que le Marché Commun européen devienne , non plus seulement un écrit sur un papier , mais bien une réalité ; exiger que notre agriculture entre vraiment dans la Communauté ; mettre sur pied , avec nos partenaires , les règlements d' application qui seront totalement en vigueur au milieu de l' année prochaine ; accepter de traiter avec une grande partie du monde , avant tout avec les Etats-Unis , d' un abaissement général des tarifs . Mais si , par - là , s' ouvre devant nous un champ d' activité considérablement élargi , nous nous sommes délibérément placés en état de concurrence . Du même coup , nous voilà obligés à une évolution économique constante , que tout commande de conjuguer avec la progression sociale .

En quoi consistent cette évolution et cette progression ? Dès lors que notre pays abaisse ses barrières protectrices , il s' agit que nos entreprises s' adaptent continuellement aux conditions de la concurrence . C' est donc un vaste effort de productivité , avec tout ce qu' il implique de recherches , d' équipements et d' investissements , comme aussi de conversions et de concentrations , que nous devons mener sans relâche . Pour cet effort , deux leviers sont concevables , chez nous aussi bien qu' ailleurs . Ou bien la contrainte totalitaire . Ou bien l' esprit d' entreprise . Nous avons choisi le second . Cela , pour beaucoup de raisons qui tiennent à notre caractère national , au degré de notre développement , à la comparaison des résultats atteints respectivement par les deux systèmes , quant au rendement , à la prospérité collective , au sort matériel et moral de chacun . Mais , tout en tenant la carrière ouverte à la liberté , nous rejetons absolument le " laissez-faire , laisser-passer " et nous voulons , qu' en notre siècle , ce soit la République qui conduise la marche économique de la France .

C' est dire que l' action systématique déjà engagée à cet égard sera poursuivie suivant la même ligne en ce qui concerne , aussi bien la modernisation de l' industrie , de l' agriculture , du commerce , que le développement rationnel de nos diverses régions . Mais les changements en cours dans les structures et dans les emplacements des activités nationales posent , bien entendu , des problèmes sociaux . C' est avant tout le cas pour l' emploi .

Qu' il s' agisse des jeunes qui , sortis des écoles , doivent entrer dans une carrière , ou des adultes dont les réformes mettent en cause la situation , ou de tous les salariés , cadres compris , que la productivité croissante des entreprises oblige à améliorer leur technique , il est nécessaire d' aménager leur destination , leur mobilité et leurs capacités . Information organisée sur le plan national quant aux demandes et offres d' emplois , formation et perfectionnement professionnels , facilités données à la création d' entreprises nouvelles , aide directe apportée aux travailleurs qui sont l' objet de mutations , tels sont les moyens à employer pour cette adaptation qui est inhérente au progrès et à la compétition . Il va de soi , qu' en face d' un pareil changement , le bon sens exige désormais que les administrations publiques , les directions d' entreprises , les organismes professionnels , se tiennent en contact d' une manière régulière et objective , ce qui implique , évidemment , qu' il ne s' agisse pas de confrontations empoisonnées de manœuvres politiques .

Mais il n' est pas moins évident , qu' à une pareille rénovation , il faut , à partir de la base , une impulsion et un ressort . Sans doute , devons - nous faire en sorte , pour atteindre ce but à long terme , que tous les échelons de l' éducation nationale soient ouverts à tous les jeunes et que l' orientation scolaire les répartisse entre les disciplines suivant leurs propres aptitudes et les besoins de la collectivité . Mais il est également nécessaire que , pour adhérer franchement , ardemment , à la transformation de la France , les travailleurs français participent , non plus seulement au gré des contrats relatifs à leurs salaires , mais d' une manière organique et en vertu de la loi , aux progrès de l' expansion , dès lors que ceux - ci se traduisent en bénéfices ou en enrichissements . Dans cette voie qui conduit , sans nul doute , à un régime social nouveau , fondé sur l' association comme sur l' esprit d' entreprise , déjà quelques pas furent , avec avantage , essayés de - ci de - là . Maintenant , c' est une étape que nous avons à accomplir .

Voilà ce qui est fait . Voilà ce qui doit l' être . Pour bien voir et traiter ce vaste ensemble , il ne faut pas que les arbres nous cachent la forêt . Il ne faut pas que les partis pris obscurcissent l' intérêt général .

Conformément à mes attributions , j' ai nommé un gouvernement au lendemain des élections législatives .

Conformément à mes obligations , j' ai tracé avec ce gouvernement l' ensemble de la tâche économique , sociale et financière qui s' impose dans l' intérêt du pays .

Dans le cadre de cet ensemble et conformément à ses propres responsabilités , le Premier Ministre a choisi , pour obtenir l' accord du Parlement sur certaines mesures d' urgence indispensables , une procédure rapide et répondant aux conditions parlementaires assez incertaines du moment .

Etant donné que cette procédure est entièrement conforme à la Constitution prise dans sa lettre comme dans son esprit , je l' ai entièrement approuvée .

Parlons , si vous le voulez , de ces diverses règles dont on s' impatiente souvent je le sais , et je sais bien dans quel milieu . La Constitution comporte des règles précises pour ce qui concerne la délimitation du domaine législatif , les rôles respectifs du Parlement et du gouvernement dans ce domaine , les procédures dont celui - ci peut user pour rendre plus expéditifs les débats et les votes de celui - là , enfin les conditions dans lesquelles il est possible à l' Assemblée Nationale de censurer le ministère .

Après tantôt 100 ans de pratique parlementaire et la constatation faite en 1958 , littéralement in extremis , de certains errements désastreux , la Constitution a fixé , en toute raison , ces règles à défaut desquelles le régime représentatif lui - même risquerait fort de disparaître , emporté par les conséquences d' abus que ne supporte plus le caractère de notre temps .

Il est d'ailleurs assez remarquable , qu' en 1958 , lorsque j' eus à élaborer avec plusieurs membres de mon gouvernement le projet de la Constitution , ceux des ministres - ils étaient 3 - qui avaient été présidents du Conseil sous la quatrième République se montrèrent particulièrement résolus à appuyer en la matière des règles bien déterminées . Sans doute était - ce parce qu' ils en avaient éprouvé personnellement la nécessité . D' autre part , le fait est que , d' aucun côté , aucune réserve ne fut formulée à ce sujet , tant était forte alors - et pour cause ! - l' impression que , pour le Parlement , cette réforme c' était le salut !

Parmi ces règles tutélaires , se trouve l' article 38 qui spécifie que des pouvoirs spéciaux peuvent être , momentanément et pour un objet déterminé , attribués par le Parlement au gouvernement . Déjà , l' expérience avait maintes fois prouvé sous les Républiques de naguère que , de toute façon , cette disposition s' imposait et , de fait , il en avait été usé souvent , à leur époque , dans le silence approbateur des juristes , même des juristes partisans , bien que les textes constitutionnels d' alors ne l' aient aucunement prévue , si même ils ne l' excluaient pas . Or , les textes d' aujourd'hui la prévoient . C' est d'ailleurs sur leur base explicite que de tels pouvoirs ont déjà été demandés et obtenus 7 fois depuis 7 ans par le gouvernement de la cinquième République . Ils vont l' être une fois de plus .

Au total , il n' y a donc là rien que de très normal en principe et , en l' occurrence , rien que de très satisfaisant .

Ce sera la troisième fois que les six Etats de la Communauté européenne se réuniront au sommet . Cela s' était produit déjà , sur la proposition de la France , à Paris , puis à Bonn , en 1961 . A cette époque , compte tenu du fait que les six avaient pu constituer une organisation économique commune , il nous avait , ici , semblé concevable qu' ils aménagent entre eux un début de coopération politique .

On sait que cette tentative n' avait pas abouti , parce que alors , dans leur ensemble , nos partenaires n' envisageaient pas que l' Europe existât par elle - même et traitât de questions concernant la politique et la défense en dehors de l' OTAN , c'est-à-dire indépendamment de l' Amérique et de l' Angleterre .

Or , voici que le gouvernement italien a pris l' initiative de réunir dans sa capitale les chefs d' Etat ou de gouvernement des 6 , d'abord pour commémorer le dixième anniversaire du traité de Rome , ensuite pour échanger leurs vues sur les sujets qu' ils choisiront , y compris les sujets politiques . Il va de soi que la France a répondu favorablement à cette invitation .

Je me garderai , bien entendu , de préjuger de ce qui pourra être considéré par cette réunion au sommet . Je dirai seulement qu' il me semble qu' une certaine impression de leur solidarité vis-à-vis de l' extérieur s' est fait , depuis quelque temps , sentir parmi les 6 . Dans le domaine économique , cela tient , peut-être , en partie au fait que , dans la grande confrontation tarifaire de Genève , et bien qu' on y ait abouti à un accord fondé sur de réciproques compensations , les Etats les plus « , c'est-à-dire les Etats-Unis , la Grande-Bretagne , les Scandinaves , ont marqué que leurs intérêts différaient profondément de ceux de la Communauté . Cela tient , peut-être , aussi à la pression exercée par les Américains et les Britanniques pour amener l' Europe à accepter , à ses frais et au profit des balances déficitaires anglo-saxonnes , la création de moyens monétaires artificiels qualifiés de liquidités . Ces moyens , en effet , n' étant plus gagés par l' or , ajouteraient une source intarissable d' inflation internationale à celles que constituent déjà , sous le couvert du gold exchange standard , les émissions et les exportations arbitraires et excessives de dollars . Peut-être , encore , le renforcement de l' esprit européen tient - il à la menace que représente pour les 6 , au point de vue technologique , le déferlement conquérant des Américains .

Mais surtout , dans le domaine politique , évidemment conjugué avec celui de la défense , le comportement des Etats-Unis , soutenus par la Grande-Bretagne , a pu faire apercevoir aux six les raisons proprement européennes qui justifieraient leur concert . Ainsi en est - il des questions concernant , par exemple , la sécurité de notre continent , la détente , l' entente , la coopération , avec les pays de l' Est en vue d' ouvrir la voie au règlement du problème allemand , la guerre qui s' aggrave en Asie , l' aide qu' il faut apporter aux Etats en voie de développement . Bref , on a le sentiment qu' un souffle favorable à des contacts nouveaux et , si je puis dire , moins compassés , effleure les six continentaux et que la réunion de Rome en est le signe .

C' est dire que la France va s' y rendre volontiers , tout en mesurant fort bien pour quels motifs et à quel point de claires vérités et réalités peuvent , encore aujourd'hui , paraître complexes et diverses à chacun de ses partenaires .

Cher ami , à la fin des fins , je vais vous répondre sur la question de l' Angleterre par rapport au Marché Commun . Vous m' aviez déjà posé la question , il y a quelques mois . Eh bien ! Enfin je m' en vais vous dire ce que j' en pense . Naturellement , je ne préjuge pas de ce que pourraient être éventuellement , je dis éventuellement , des négociations . Je ne parle pas de cela . Je me mets simplement aujourd'hui sur le plan des idées générales , de la considération d' ensemble du sujet . Mais je crois qu' il est nécessaire de la préciser . Le mouvement qui semble porter actuellement l' Angleterre à se lier à l' Europe au lieu de se tenir au large ne peut que satisfaire la France . C' est pourquoi nous prenons acte , avec sympathie , du progrès que semblent révéler dans ce sens l' intention manifestée et la démarche accomplie par le gouvernement britannique . De notre part , il ne saurait être , d'ailleurs il n' a jamais été question de veto . Il s ' agit simplement de savoir si l' aboutissement est possible dans le cadre et dans les conditions de l' actuel Marché Commun sans y porter de troubles destructeurs , ou bien dans quel autre cadre et dans quelles autres conditions il pourrait l' être ; à moins qu' on ne veuille sauvegarder ce qui vient d' être bâti , jusqu' à ce que , éventuellement , il apparaisse concevable d' accueillir une Angleterre qui se serait , de son côté , pour son compte , profondément transformée .

J' ai parlé de troubles destructeurs dans le Marché Commun . Nous savons tous qu' il a fallu 10 ans de gestion pour le mettre complètement en œuvre . Pour le bâtir il aura fallu un inlassable effort de coopération des 6 . Car au traité de Rome lui - même , se sont nécessairement ajoutés des règlements multiples et comportant un minutieux équilibre entre les intérêts propres aux divers Etats membres . Qui ne sait en particulier de quelles confrontations critiques est sorti l' ajustement des productions , des prix , des échanges , des conditions financières que représente la communauté agricole ? Encore reste - t - il aux six à s' entendre sur les sujets très ardus de l' énergie , des impôts , des charges sociales , des transports , et cetera . Puis , l' édifice théoriquement achevé , il leur faudra y vivre ensemble , se plier d' année en année , aux règles , aux compromis , aux sanctions qui sont ou y seront fixés . Bref , le Marché Commun constitue une sorte de prodige . Y introduire maintenant des éléments massifs et nouveaux au milieu de ceux qu' on a si malaisément accordés ce serait évidemment remettre en cause l' ensemble et les détails , et poser le problème d' une entreprise toute différente . D'autant plus que si on a pu bâtir ce fameux édifice , c' est qu' il s' agissait d' un groupement de pays continentaux , immédiatement voisins les uns des autres , présentant sans doute des différences de dimension mais complémentaires par la structure de leur économie . D'ailleurs les six forment par leur territoire un ensemble géographique et stratégique compact . Il faut ajouter qu' en dépit , peut-être à cause , de leurs grandes batailles d' autrefois , je parle naturellement de la France et de l' Allemagne , ils se trouvent maintenant enclins à s' appuyer mutuellement plutôt qu' à s' opposer . Enfin , conscients du potentiel de leurs moyens matériels et de leurs valeurs humaines tous souhaitent , tout haut ou tout bas , que leur ensemble constitue un jour un élément qui puisse faire équilibre à n' importe quelle puissance du monde .

Par comparaison avec les mobiles qui ont amené les six à organiser leur ensemble , on comprend pour quelles raisons , pourquoi l' Angleterre qui n' est pas continentale , qui reste par le Commonwealth , et par sa propre insularité , engagée au lointain des mers , qui est liée aux Etats-Unis par toutes sortes d' accords spéciaux , ne se soit pas confondue avec une Communauté aux dimensions déterminées et aux règles rigoureuses . Tandis que cette Communauté s' organisait , l' Angleterre refusa donc d'abord d' en faire partie et prit même à son égard une attitude hostile comme si elle y voyait une menace économique et politique . Puis elle tenta de négocier pour se joindre à la Communauté , mais dans des conditions telles que celle - ci aurait été étouffée par cette adhésion . Faute que l' essai eût abouti , le gouvernement britannique affirma ensuite qu' il ne voulait plus entrer dans la Communauté et s' appliqua à resserrer ses liens avec le Commonwealth et avec d' autres pays d' Europe groupés autour de lui en une zone de libre-échange . Or , voici maintenant qu' adoptant apparemment un état d' esprit nouveau l' Angleterre se déclare prête à souscrire au traité de Rome quitte à demander à ce que lui soient accordés des délais exceptionnels et prolongés et que pour ce qui la concerne des changements essentiels soient apportés dans l' application . En même temps , elle reconnaît que pour en arriver là il faudrait surmonter des obstacles que la grande clairvoyance et la profonde expérience de son Premier Ministre ont qualifiés de formidables .

Ainsi en est - il , par exemple , des règlements agricoles . On sait qu' ils tendent à faire en sorte que les pays de la Communauté se nourrissent de ce qu' elle produit et à compenser , par ce qu' on nomme des " prélèvements financiers " , tous avantages que chacun pourrait trouver à importer des denrées moins chères venues d'ailleurs . Or , l' Angleterre s' alimente , pour une très large part , au moyen de vivres achetés à bon compte partout dans le monde et , notamment , dans le Commonwealth . Qu' elle se soumette aux règles des 6 , voilà sa balance des paiements écrasée de " prélèvements " et , d' autre part , la voilà contrainte à augmenter ce que coûtent , chez elle , les aliments jusqu' au niveau des prix adoptés par les continentaux , à accroître en conséquence les salaires de ses travailleurs et , par - là , à vendre ses fabrications d'autant plus cher et d'autant plus difficilement . Il est clair qu' elle ne peut le faire . Mais , qu' elle entre dans la Communauté sans être réellement astreinte au système agricole des 6 , ce système éclate du coup , ce qui bouleverse complètement l' équilibre du Marché Commun et enlève à la France une des principales raisons qu' elle peut avoir d' en faire partie .

Une autre difficulté essentielle provient du fait que , chez les 6 , il est de règle que les capitaux circulent librement pour favoriser l' expansion , mais , qu' en Angleterre , s' il leur est permis d' entrer , il leur est interdit de sortir afin de limiter le déficit de sa balance des paiements , déficit qui , malgré de méritoires efforts et certains progrès récents , demeure toujours menaçant . Comment résoudre le problème ? Car ce serait pour les Britanniques un risque excessif que de supprimer les écluses qui , chez eux , bloquent les mouvements de l' argent vers l' extérieur et , pour les Européens , il serait insoutenable de faire entrer dans l' organisation un partenaire qui , à cet égard , se trouverait isolé dans un régime aussi exorbitant .

Comment , encore , ne pas voir que la situation propre à la livre sterling empêche le Marché Commun de s' incorporer l' Angleterre ? Le fait même que l' organisation des six libère entièrement leurs échanges mutuels implique nécessairement que les monnaies des pays membres aient une valeur relative constante et que , s' il arrivait que l' une d' entre elles fût ébranlée , la Communauté assurerait son rétablissement . Mais cela n' est possible qu' en raison de la solidité bien établie du mark , de la lire , du florin , du franc belge , du franc français . Or sans qu' on doive désespérer de voir la livre se maintenir , on ne sera pas , de longtemps , assuré qu' elle y parviendra . On le sera d'autant moins qu' elle présente , par rapport aux monnaies des 6 , le caractère très particulier d' être , comme on dit , « » , ce qui fait qu' un grand nombre de pays du monde , notamment ceux du Commonwealth , détiennent d' énormes créances en livres . Sans doute , peut - on tâcher de distinguer le sort de la livre monnaie nationale et celui de la livre monnaie internationale . Sans doute aussi peut - on alléguer , qu' une fois l' Angleterre entrée dans l' organisation , celle - ci pourrait ne pas prendre à son compte ce qu' il adviendrait du sterling . Mais ce ne sont là que jeux de l' esprit . En somme , la parité et la solidarité monétaires sont des conditions essentielles du Marché Commun et ne sauraient assurément pas s' étendre à vos voisins d' outre-Manche , à moins que la livre ne se présente , un jour , dans une situation nouvelle et telle que sa valeur d' avenir apparaisse comme assurée , qu' elle soit , elle aussi , dégagée du caractère de monnaie de réserve , qu' enfin ait disparu l' hypothèse des balances débitrices de la Grande-Bretagne à l' intérieur de la zone sterling . Quand et comment en sera - t - il ainsi ?

Ce qui est vrai , dès à présent , au point de vue économique , le serait aussi , éventuellement , au point de vue politique . L' idée , l' espoir , qui ont , dès l' origine , porté les six continentaux à s' unir , tendaient sans aucun doute à la formation d' un ensemble qui serait européen à tous les égards et , de ce fait , deviendrait capable , non seulement de peser de son propre poids en fait de productions et d' échanges , mais encore d' agir un jour politiquement par lui - même et pour lui - même vis-à-vis de qui que ce soit . Etant donné les rapports particuliers qui lient les Britanniques à l' Amérique , avec les avantages et aussi les dépendances qui en résultent pour eux ; étant donné l' existence du Commonwealth et leurs relations préférentielles avec lui , étant donné les engagements spéciaux qui sont encore les leurs en diverses régions du monde et qui , fondamentalement , les distinguent des continentaux , on voit que la politique de ceux - ci , du moment qu' ils en auraient une , s' associerait sans doute , dans certains cas , à la politique de ceux - là . Mais on ne voit pas comment l' une et l' autre pourraient se confondre , sauf si les Britanniques reprenaient , notamment quant à la défense , l' entière disposition d' eux - mêmes , ou bien si les continentaux renonçaient à faire jamais une Europe qui soit européenne .

Il est vrai que les Anglais - ce qui est bien naturel - envisagent leur participation comme devant automatiquement conduire la Communauté à devenir tout autre que ce qu' elle est . Dès lors , en effet , que leurs mandataires seraient présents dans chacun des organismes dirigeants : Conseil des Ministres , Conseil des suppléants , Commissions , Assemblée ; qu' ils y représenteraient la masse très considérable et très particulière des intérêts et des servitudes économiques et politiques de leur pays ; qu' ils y auraient , quant au nombre et quant à l' audience , une importance correspondante ; qu' ils y seraient aussitôt rejoints par les délégations de plusieurs des Etats qui forment aujourd'hui avec eux l' Association européenne de libre-échange , il est évident que l' inspiration , les dimensions , les décisions , de ce qui est aujourd'hui l' organisation des 6 , feraient place à une inspiration , à des dimensions , à des décisions , complètement différentes . Les Britanniques ne cachent pas , d'ailleurs , qu' une fois dans la place , ils entreprendraient d' obtenir maintes révisions . Pour ce qui est de la France , les conditions dans lesquelles elle s' y trouverait alors , quant à son industrie , son agriculture , son commerce , sa monnaie et , finalement , sa politique , n' auraient plus , à coup sûr , aucun rapport avec celles qu' elle accepte au sein du Marché Commun .

En vérité , il semble bien que le changement de situation des Britanniques par rapport aux 6 , dès lors que , d' un commun accord , on voudrait y procéder , pourrait comporter le choix entre 3 issues .

Ou bien reconnaître que , dans l' état présent des choses , leur entrée dans le Marché Commun , avec toutes les exceptions dont elles ne sauraient manquer d' être accompagnée , l' irruption de données toutes nouvelles en nature et en quantité qu' elle comporterait forcément , la participation de plusieurs autres Etats qui en serait certainement le corollaire , reviendrait à imposer la construction d' un édifice tout à fait nouveau , en faisant pratiquement table rase de celui qui vient d' être bâti . A quoi , alors , aboutirait - on , sinon peut-être à la création d' une sorte de zone de libre-échange de l' Europe occidentale , en attendant la zone atlantique qui ôterait à notre continent toute réelle personnalité ?

Ou bien instaurer entre la Communauté d' une part , l' Angleterre et tels et tels Etats de la petite zone de libre-échange d' autre part , un régime d' association , tel qu' il est prévu par le traité de Rome , et qui pourrait , sans bouleversement , multiplier et faciliter les rapports économiques des contractants .

Ou bien , enfin , attendre pour changer ce qui est qu' une certaine évolution intérieure et extérieure , dont il semble que la Grande-Bretagne commence à montrer les signes , ait été , éventuellement , menée à son terme , c'est-à-dire que ce grand peuple , si magnifiquement doué en capacités et en courage , ait lui - même accompli , d'abord et de son côté , la profonde transformation économique et politique voulue pour que puisse être réalisée sa jonction aux six continentaux . Je crois bien que c' est là ce que souhaitent beaucoup d' esprits , soucieux de voir paraître une Europe ayant ses dimensions naturelles et qui portent à l' Angleterre une grande admiration et une sincère amitié . Si , un jour , elle en venait là , de quel cœur la France accueillerait cette historique conversion !

Rechercher un autre mot
Ses mots préférés
Les mots les plus spécifiques de son discours
continentaux
libre-échange
sterling
cinquième
éventuellement
balances
régime
dimensions
spéciaux
auraient
décuplé
cachent
quant
édifice
règles
abouti
conversions
maintes
devint
diverses
conditions
donné
livre
ensemble
errements
transformation
destructeurs
déterminées
feraient
résultent

MESURE DU DISCOURS - Logométrie - Mentions Légales - UMR 7320 : Bases, Corpus, Langage - Contact