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Cette fonction présidentialiste est absolument incompatible avec telle ou telle proposition , avec telle ou telle agitation du type de celles qu' on peut observer à l' heure actuelle et dont l' objet serait par exemple que la date de nomination d' un premier ministre ou la composition d' un gouvernement fut décidée à partir d' une certaine agitation parlementaire ou à la suite de telle ou telle indication de parti .

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V. Giscard d'Estaing - 16 juin 1976

C' est une impression que vous aviez déjà , me semble - t - il , l' année dernière .

C' est une impression qui doit être exacte parce que , lorsque je suis allé aux Etats-unis , j' ai revu un journaliste que je n' avais pas vu depuis ma campagne présidentielle , qui m' a dit la même chose que vous .

Je crois qu' en réalité c' est la solitude de la fonction .

Et non de la personne .

Il se trouve que c' est une fonction qui est unique , par sa nature , et qui , donc , est une fonction , en effet , solitaire .

Vous voulez dire les amis politiques ?

J' imagine que c' est un état d' esprit qui est lié à la nature de la désignation du président de la République .

Dans notre système , je crois d'ailleurs que c' est une très bonne chose , le président de la République est élu directement par chacun et par chacune des Françaises , et donc il y a un rapport direct qui n' est pas ressenti tout le temps mais qui est ressenti de temps en temps .

Le président de la République est celui de chaque Française et de chaque Français .

Quand on a choisi quelqu'un , quand on lui a fait confiance , en effet , on a toujours un peu peur pour lui .

J' imagine que c' est cela que ça veut dire , lorsqu' on nous dit : " qu' il se méfie " .

J' espère que ce soir nous les dissiperons un peu .

Je ne crois pas qu' il existe des signes de mystère .

Je crois que de toute façon la connaissance complète d' un être , que ce soit dans une fonction comme celle que j' exerce ou dans n' importe quelle autre fonction , cette connaissance est toujours difficile et limitée ; et c' est seulement le temps qui permet de faire connaître complètement quelqu'un . Il n' y a pas de mystère , mais seulement le besoin , la nécessité de mieux connaître .

Vous me parlez de la politique .

Non ! Pas du tout .

Peut-être en parlerai - je plus complètement .

Je ne sais pas .

Je pensais que vous vouliez parler de l' exercice de la fonction présidentielle après deux ans .

C' est l' idée d' accomplir ce pour quoi on a été destiné , et je vous dirai que depuis deux ans au lieu que cette idée s' obscurcisse , pour moi elle se clarifie .

Quand j' ai été élu , vous vous en souvenez mes thèmes c' était la nécessité du changement .

Pour la France , et c' était la nécessité du changement dans l' ordre , dans la sécurité .

Or , c' était un thème qui a duré de mai 1974 , avril et mai .

Et on pourrait imaginer que peut-être , un an plus tard , deux ans plus tard , il faudrait changer d' idée .

Or , je me suis aperçu , au contraire , que c' était une nécessité fondamentale , et que , si vous voulez , le thème que j' avais choisi c' était effectivement le thème que j' entendais poursuivre .

Et ce qui est important pour moi , après deux ans , c' est que je crois que les Français ont mieux compris que c' était mon idée .

Je crois qu' au début ils m' ont fait une certaine confiance , mais se sont dit : " c' est un thème qu' il a pris , qui est peut-être un thème habile " , sans être convaincus que je poursuivrai cet effort d' adaptation de la France dans le calme et dans la sécurité .

Je crois , que , maintenant , ils ont compris que c' était vraiment ce que je voulais faire .

Cynique ? Je ne l' ai pas beaucoup entendu .

On lit tout , mais ça n' est pas dans mon caractère .

Je ne pense pas que personne qui me connaisse , qui m' ait rencontré , puisse avoir cette idée .

Romantique , je ne dirai pas non plus , parce que je crois que de toute façon la fonction que j' exerce est une fonction qui , à la base , peut être conduite par la raison , par le jugement , par l' observation .

Ce qui est vrai , c' est que je considère que dans toutes les affaires humaines , il y a un élément de sensibilité et même de passion , et que c' est vrai pour les individus , c' est vrai pour les peuples , notamment le peuple français ; même s' il faut le conduire à partir du jugement et de la raison , il faut aussi qu' il y ait un certain sentiment , une certaine passion .

Non ! je dirai , puisque vous me posez la question , c' est une ambition pour la France .

Pour une raison simple : je crois d'ailleurs vous l' avoir dit l' année dernière , c' est que le monde moderne est un monde nouveau , très différent du monde traditionnel , un monde qui ne laisse pas beaucoup de place à l' ambition personnelle .

L' ambition personnelle , elle , peut s' exercer à des niveaux , je dirai courants de la vie .

Mais je me souviens vous avoir dit l' année dernière que le temps à l' heure actuelle fait disparaître tout de suite les hommes qui ont exercé des fonctions importantes .

Regardez avec quelle vitesse , je ne voudrais pas insister , l' oubli se fait sentir y compris vis-à-vis de ceux qui nous ont dirigés à une époque récente .

Donc , ça ne servirait à rien d' être ambitieux pour soi - même .

Par contre , il est vrai que j' ai une grande ambition pour la France parce que je crois que la France est un pays tout à fait particulier . Qui a des traits de caractère , des qualités , des capacités qui ne ressemblent à celles d' aucun autre pays , et qu' elle peut , à cet égard , représenter dans le monde une chose qui est particulière et qui pourrait , dans une certaine mesure , être exemplaire .

Non .

C' est de la politique , ce n' est pas du même ordre .

Le débat sur les plus-values - je ne sais si vous souhaitez que nous appuyions - c' est un débat parlementaire comme il y en a eu , comme j' en avais conduit .

Comme ministre de l' économie et des finances , j' ai été amené à faire adopter par le parlement un certain nombre de dispositions fiscales comparables .

Je ne sais pas si vous vous souvenez d' un impôt très impopulaire , la taxe locale , qui était perçue sur toutes les ventes au détail ; et , lorsque j' étais ministre des finances , je m' étais employé à supprimer cette taxe locale et à la remplacer par un autre impôt , le versement représentatif de la taxe sur les salaires , qui est maintenant versé aux collectivités locales .

Il m' avait fallu plus de deux ans pour y parvenir .

Ce qui fait que la difficulté d' un débat fiscal n' est pas faite pour me surprendre .

Ce n' est pas un risque politique comme vous le dites .

Non .

Ce n' est pas du tout ma méthode .

D'ailleurs , à cet égard , vous remarquerez que de temps en temps les commentaires disent qu' en effet je cherche à tout contrôler , à tout décider moi - même et puis , à d' autres moments on dit au contraire que mon activité ne couvrirait pas un nombre suffisant de sujets .

Je crois qu' il y a un fait dans notre vie politique , c' est que le président de la République , par sa fonction est unique .

Vous disiez tout à l' heure : seul .

Il est unique .

Et ceci , depuis l' élection présidentielle , depuis la décision de 1962 .

J' ai d'ailleurs noté que , lorsqu' il y avait élection présidentielle , tous les candidats successifs - je n' ai pas besoin de vous rappeler qui ils étaient - avaient , chacun , annoncé ce qu' ils feraient , et ils avaient donné le détail d' une action complète dans tous les domaines .

Ce qui fait que , pour les Français , à l' heure actuelle , il y a un responsable , pour le bien et pour le pire .

Et ce responsable , c' est le président de la République .

Donc , on ne peut pas imaginer qu' il puisse se mettre à l' abri des évènements .

Il ne peut pas chercher à se protéger vis-à-vis des problèmes . Par contre , j' ai toujours été partisan de faire confiance le plus possible à ceux qui travaillent avec vous et je peux vous dire que , dans l' action gouvernementale , il y a un grand nombre de sujets dans lesquels je n' interviens jamais .

C' est très différent .

Le 18 juin était un évènement historique fameux , un évènement historique extraordinaire dans le récit des évènements historiques .

Il faut savoir que , le 18 juin , le général de Gaulle est allé en taxi enregistrer à la BBC ; il n' avait pas de voiture officielle et a pris un taxi dans la rue , il n' était accompagné que d' une seule personne .

C' était au moment de l' effondrement militaire de 1940 et des incertitudes dramatiques de la guerre .

C' était un évènement historique .

A l' heure actuelle , ce dont nous parlons est important , c' est significatif , mais n' a pas du tout la même dimension .

Il n' y a pas de déchirement de la majorité .

Voulez - vous que nous épuisions ce sujet ?

D'abord , dans l' exercice de la fonction du président de la République , il y a toujours deux plans .

Il y a un plan , les relations , les rapports avec la collectivité nationale qui vous a élu , et je dirai que pour moi ce qui est très important , ce qui est le plus important , c' est d' avoir le sentiment qu' à un moment où un autre ce que je fais est un accord avec la collectivité nationale , que les Français comprennent , approuvent la direction qui est prise .

C' est un premier plan , et celui - là résulte de la nature de l' élection présidentielle , l' élection directe .

Vous avez un second plan qui est celui du jeu de nos institutions .

Dans nos institutions , il y a un parlement et ce parlement a des pouvoirs .

Il a notamment le pouvoir de discuter des projets législatifs que lui soumet le gouvernement .

Le gouvernement a mis au point un projet de taxation des plus-values , et je ne veux pas entrer dans le détail , mais dire simplement aux téléspectateurs qu' il faut bien voir ce qu' est ce projet .

Ca ne consiste pas à reprendre de l' argent à quelqu'un qui revend un bien qu' il a acheté , mais ça consiste , dans l' hypothèse où il le vend plus cher qu' il ne l' a acheté , qu' il y ait un impôt sur une partie de la différence .

Personne n' est jamais frappé qui , ayant acheté une maison , la revend , ou une action .

Le fait que le parlement discute de ce projet est tout à fait normal .

J' ai été parlementaire dans le passé , j' ai participé à des discussions , j' ai été président de la commission des finances .

Je trouve tout à fait normal que le parlement discute de ce projet , et il ne faut pas avoir cette attitude qui est de dire : dès lors que le parlement discute du projet , c' est du désordre .

Pas du tout .

Le fait que le parlement discute d' un projet , c' est sa fonction .

Naturellement , on peut s' étonner qu' on utilise des moyens de procédure , c'est-à-dire qu' on empêche le débat de commencer ou qu' on propose de le renvoyer à plus tard .

Ceci n' est pas , à mon avis .

Je m' attends absolument à ce qui se passe .

Je n' ai aucune surprise à cet égard .

On n' a jamais fait voter en France un impôt sans un débat de cette nature .

Non , c' est différent .

Je pense d'ailleurs que ce projet sera voté par la majorité .

Je vous le dis .

Non , ce n' est pas un ordre .

Je prévois que c' est ainsi que les choses se passeront , et j' observe d'ailleurs que , lorsqu' il y a eu des scrutins importants au cours de ce débat , la majorité en effet , a voté dans ces scrutins importants .

Lorsqu' il y a des points techniques sur lesquels il y a des divergences , certaines divergences apparaissent .

Alors , vous me dites : l' UDA ? Je ne veux pas raisonner en termes de parti .

Je n' ai pas de rapports avec des partis .

J' ai appartenu , très peu de temps d'ailleurs , à la IV° République , puisque j' ai été élu aux dernières élections de la IV° République , et j' ai fait partie de ceux qui ont souhaité qui ont d'ailleurs dit et voté ce qu' il fallait pour que nos institutions soient reformées .

La réforme de 1958 , qui a été conduite par le général de Gaulle avait quel objet ? C' était de soustraire l' action gouvernementale à la politique des partis .

Ce n' est pas moi qui ai contribué et ce n' est pas moi qui ai accepté que la vie gouvernementale retombe sous l' influence des partis .

Et donc , je ne raisonne pas en disant : l' Udr ou les républicains indépendants . J' observe que sur tous les grands projets qui ont été déposés par le gouvernement depuis l' origine et jusqu' à la dernière réforme constitutionnelle , qui était limitée mais utile , la majorité a voté ces projets .

Et je vous rappelle : je suis convaincu , concernant l' imposition des plus-values , que la majorité votera ce projet .

Alors il y a un certain nombre de personnes , qui à cette occasion , se sont manifestées et sans doute agitées sur le plan politique .

Je ne dirai pas tel ou tel parti .

Ce sont des personnes .

Et je vous indique que notre constitution précise les rapports entre le parlement , le gouvernement et le président de la République ; que mon rôle , c' est de veiller à l' application de la constitution de 1958 , et que , bien entendu , je m' y tiendrai .

Ce qui veut dire qu' il n' est pas question de laisser se rétablir plus ou moins indirectement un régime des partis , et qu' il n' est pas davantage question de laisser se rétablir une situation dans laquelle tel ou tel leader du parlement dirigerait ou suggérerait les modifications du gouvernement .

Je vous indique qu' il n' y aura pas de remaniement gouvernemental en juillet .

Il n' y en aura pas .

Je vous le dis aujourd'hui , et les rapports entre le gouvernement et le parlement resteront gouvernés par l' article 49 de la constitution qui les fixe de façon très claire .

Je ne dis pas qu' il y aura remaniement à la rentrée . Vous me posez la question de savoir si les rumeurs ou les pressions concernant un remaniement gouvernemental en juillet étaient fondées , je vous indique , comme président de la République , qu' il n' y aura pas de remaniement gouvernemental en juillet .

Vous vous trompez sur ces deux points .

Il ne faut pas dire : UDR ne vous aimera pas .

Qu' en savez - vous ? J' observe que depuis que je suis président de la République , les députés UDR ont voté l' ensemble des textes qui leur a été proposé .

J' observe également dans les élections partielles ou locales , que les électeurs UDR ont voté comme les autres , avec les autres , pour les candidats de la majorité .

Et je ne veux pas faire de discrimination de cette nature à l' intérieur de la majorité .

Deuxième erreur , si vous me le permettez : vous dites que le premier ministre est chef de UDR . Pas du tout .

UDR a un secrétaire général qui est m. Yves Guena à l' heure actuelle , et un certain nombre d' instances de direction .

Le premier ministre est premier ministre , il n' est pas le chef de l' UDR

Oui , c' est tout à fait exact .

A l' heure actuelle , et pour le restant de l' exercice de ma fonction , je poursuis une politique .

Alors , il y a ceux qui facilitent , qui soutiennent cette politique ; il y a ceux qui la combattent , et je les juge , je les observe les uns et les autres , en fonction de cette attitude , mais pas du tout en fonction de la qualification des partis .

Non , je dirai que c' est une représentation dramatique du pouvoir à laquelle je ne me prêterai pas .

Il y a une solitude . Il y a une charge , et je veux dire que toute la vie en est transformée , et on ne peut pas le savoir avant , et on ne peut même pas le savoir quand on le dit .

Ce n' est pas parce que je vous le dis que vous le savez .

Il faut le vivre .

D'ailleurs personne ne peut se mettre à la place de personne .

L' expérience directe n' est pas communicable , et dans ce domaine , elle n' est pas plus communicable qu' ailleurs .

Mais il ne faut pas non plus donner une dimension dramatique à cette situation parce qu' il faut vous souvenir que notre pouvoir est un pouvoir démocratique .

C' est donc un pouvoir au sein d' une société qui fonctionne .

J' exerce ce pouvoir parce que les Français me l' ont confié .

Je n' ai donc pas du tout le sentiment de l' exercer parce que je l' ai pris ou parce que je l' ai confisqué ou parce que j' ai la force de le garder .

Je l' exerce parce qu' ils me l' ont confié .

Et donc , dans une certaine mesure , le fait que le pouvoir vienne de la confiance dédramatise un peu la situation que vous dites .

Non , pas une fois .

Je dirais même que le président de la République ne peut pas pratiquement refuser une démission .

Il peut peut-être faire pression en indiquant que les circonstances ne lui paraissent pas favorables pour une telle décision , mais le président de la République n' a pas le pouvoir de refuser une démission .

Je ne suis pas un des lecteurs les plus attentifs de ses publications .

Mais concernant Jacques Chirac , il a dit des choses de sens , me semble - t - il , contradictoire , car je me souviens de critiques très vives , ou d' un mécontentement très grand , qu' il avait exprimés au moment où m. Chirac avait été chargé des fonctions de coordination de la majorité présidentielle . Le premier ministre est un homme qui est actif , qui est loyal , ce qui constitue à mon sentiment les deux qualités essentielles de cette fonction .

Oui , je crois que si une situation l' exige et que si , en effet , on se trouve placé devant un choix de cette nature , c' est un choix qu' on doit pouvoir faire .

ça n' est pas , dans nos institutions , seulement un arbitre comme il l' était autrefois , et je dirais , si vous me permettez cette expression , c' était un peu " un arbitre de touche " , ce n' était pas un arbitre qui accompagnait tout le jeu .

Il intervenait dans quelques circonstances pour donner une petite indication à l' orientation de la vie politique .

A l' heure actuelle , cela ne peut pas être seulement un arbitre , parce qu' il a été élu pour faire quelque chose .

D'ailleurs , lorsque vous voyez les critiques de telle ou telle personne qui me critique , ces personnes critiquent l' insuffisance ou l' erreur dans l' action .

Et elles ne considèrent pas du tout qu' il suffirait d' avoir un comportement d' arbitre .

En même temps , le président de la République n' est pas tout l' exécutif parce qu' il y a le gouvernement , et le gouvernement , notamment , assure , dans notre régime la cohérence de l' action gouvernementale et de l' action parlementaire .

C' est donc lui qui anime la politique d' ensemble , et cette politique d' ensemble est mise en œuvre par le gouvernement .

La responsabilité politique , il faut le connaître , lui revient .

Il n' est certainement pas question de l' allonger .

Lorsque vous regardez les pays qui ont un mandat beaucoup plus court , on s' aperçoit que cela représente pour eux des inconvénients qui sont sérieux : la répétition très rapide des périodes électorales est un facteur d' interruption de l' action politique intérieure et extérieure , puisque cela veut dire qu' on vit en campagne pré-électorale pratiquement pendant un an sur 4 ou cinq .

Regardez la situation américaine , on peut dire que depuis le début de l' année 1976 , la politique américaine est très largement suspendue au résultat de l' élection présidentielle .

Donc , un mandat très court ne me paraît pas une bonne chose .

Est - ce que notre mandat est un peu long pour maintenir ce contrat entre l' électeur et le président de la République ? C' est une question qu' on peut se poser . Elle n' est pas d' actualité .

Bien entendu . Là aussi il y a une erreur de vocabulaire .

C' est cette histoire de coupure de la France en deux .

Politiquement , tout pays démocratique est coupé au moins en deux .

Oui , à part les pays non démocratiques dont on ne peut pas savoir s' ils sont coupés en deux ou en plusieurs puisqu'ils n' ont pas l' occasion de le faire savoir .

Mais tout pays démocratique qui a des élections nationales est coupé en deux ou en plus de deux .

Il y aura une élection présidentielle américaine , dans trois mois , dans 4 mois , il y aura apparemment , une coupure des Etats-unis en deux .

Il va y avoir des élections en Allemagne fédérale . Il y trois partis , il y aura une coupure de l' Allemagne fédérale en trois .

Je dirais que c' est un peu notre manque d' habitude du processus démocratique qui a accrédité dans notre vie nationale l' idée de cette coupure de la France en deux .

Cela fait partie du processus démocratique .

La question est de savoir quelle est la profondeur de cette coupure en deux .

Est - ce que c' est simplement une coupure au moment des élections , suivie ensuite d' une vie normale , ou est - ce que c' est , hélas , un fossé .

Je vous dirai que , pour ma part , je suis partisan que ce ne soit pas une coupure au moment des élections , et ensuite un certain travail en commun . Si vous prenez le cas des élections municipales , dans toutes les communes de France , il y a en général deux et parfois trois listes , en général deux listes , mais une fois que les élections ont eu lieu , on retrouve son voisin de la porte à coté , on traite les affaires de la vie courante , on se parle entre soi , ainsi de suite et c' est fini .

Le caractère véritablement critiquable de la politique française , ce n' est pas une coupure en deux au moment des élections , car c' est la démocratie , c' est le fait que cette coupure soit ensuite transformée par les hommes politiques et pas par l' opinion , en fossé .

Et je vous dirai , parce que je l' ai dit au cours de ma conférence de presse il y a deux mois , que je considère que le refus de l' opposition d' avoir des rapports démocratiques normaux avec ceux qui sont les élus constitutionnels du peuple français , ce que je suis , ce que personne ne peut contester , ce que se trouvent être le premier ministre et le gouvernement , ceci n' est pas conforme ni à l' intérêt de la France ni à la bonne image que nous pouvons donner de nous à l' extérieur .

Vous savez que les Français croient toujours - ou croient souvent - qu' ils donnent une bonne image d' eux à l' extérieur .

Bon , eh bien je vais dans deux pays dans les semaines prochaines , je vais en Angleterre la semaine prochaine , je serai reçu à déjeuner par le premier ministre actuel britannique qui est travailliste , mais il y aura à déjeuner le chef de l' opposition et il y aura les anciens premiers ministres conservateurs .

Je vais en Allemagne fédérale au début juillet , et je recevrai moi - même à la même table le chancelier actuel de l' Allemagne fédérale et son concurrent au cours des prochaines élections , m. Helmut Kohl , et je considère que c' est normal .

Et croyez - vous que nous donnons une bonne image en France dans ce refus du dialogue démocratique ? Je peux vous dire que j' ai fait et que je continue à faire ce qui est nécessaire pour que ce dialogue démocratique ait lieu et donc s' il n' a pas lieu , ce n' est pas de mon fait , il faut le dire objectivement , c' est du fait de l' opposition .

Non , alors je trouve que tout ce qui se passe dans la vie politique , sauf naturellement certains problèmes extérieurs qui peuvent être compliqués ou dangereux , tout ce qui se passe doit se passer au grand jour , le vêtement de la politique ce n' est pas le manteau couleur de muraille . Et si l' on doit se voir l' on se voit , si l' on doit se parler , l' on se parle et on ne le fait pas , à mon avis , par des intermédiaires .

Alors à l' heure actuelle , j' ai les rapports que tout le monde connaît avec les dirigeants de la vie politique française , je n' en ai pas d' autres .

Il ne faut pas donner à ceci le caractère d' une rencontre extraordinaire ou exceptionnelle , ce n' est pas cela , je dis que je devrais , qu' il serait normal que j' ai avec eux des rapports politiques normaux , c'est-à-dire des rapports politiques dans lesquels chacun conserve ses convictions et son droit à l' expression bien entendu , mais dans lesquels les hommes acceptent de se rencontrer dans l' exercice de leurs responsabilités réciproques , moi - même comme président de la République , eux comme grands dirigeants des partis de l' opposition .

Je n' ai pas dit exactement ceci , mais enfin vous comprenez , je n' ai pas évoqué une hypothèse particulière , j' ai dit : " J' ai été " .

Vous , vous introduisez une hypothèse .

J' ai été élu pour 7 ans , j' ai donc un contrat , je suis le seul à l' avoir et je dirai que pendant cette durée de 7 ans , personne d' autre ne l' aura parce qu' il y aura des élections législatives dans lesquelles les députés seront élus dans des arrondissements et des départements , il n' y aura pas d' élection nationale , il n' y aura aucune circonstance où tous les Français et toutes les Françaises auront à choisir leur président .

A partir du moment où on a demandé à remplir un tel mandat , on a l' obligation de l' exercer pour son terme normal .

Et cela fait partie d' une autre de mes idées que je répète souvent , à laquelle on a pu parfois accorder un accueil sceptique , c' est que je crois que nous devons nous habituer au fonctionnement beaucoup plus régulier de notre vie démocratique .

Par exemple , vous vous souvenez que depuis deux ans , on a annoncé périodiquement que les élections seraient anticipées .

Oui on le dit encore .

Or j' ai toujours dit je ne vois pas pourquoi elles seraient anticipées , elles sont prévues pour 1978 , sauf situation exceptionnelle , il n' y a qu' à les tenir en 1978 .

Et je dirai , comme président de la République , c' est la même chose , j' ai été élu pour 7 ans , il est normal que j' exerce mes fonctions pour 7 ans .

Cela fait partie de la même dédramatisation de la vie politique française , il faut s' habituer à avoir une situation stable dans notre vie politique .

Oui je vois ce à quoi vous faites allusion , mais regardez les circonstances .

Les circonstances de 1958 , qu' est - ce que c' était ? C' était des évènements exceptionnels et dont les causes ont disparu du fait de la décolonisation puisque c' était lié aux évènements d' Algérie .

En 68 , c' est un évènement tout à fait différent qui est une explosion qui était à la fois universitaire mais plus vaste , et qui était l' expression , d'ailleurs confuse et tumultueuse , d' un certain désir de renouveau et d' une certaine accentuation de certaines formes de libéralisme de la société française .

Mais il ne faut pas croire qu' il y a une fatalité répétitive dans l' histoire française .

D'ailleurs rappelez - vous , quand j' ai fait ma campagne en 74 , un certain nombre de dirigeants politiques - et d'ailleurs syndicaux - avaient annoncé de grands malheurs .

Ils avaient dit : " oui , si on élit le président Giscard d' Estaing , il y aura des troubles politiques et sociaux très graves " .

Il ne s' est rien passé .

Les mêmes ont annoncé pour le printemps dernier , pour l' automne dernier , et à nouveau pour ce printemps , qu' il se passerait sur le plan social des convulsions considérables .

Il ne s' est rien passé .

On ne peut jamais dire qu' il ne se passera rien , mais je vous dirai que quand je réfléchis à ce qui s' est passé depuis deux ans , il y a une chose qui me fait très chaud au cœur , il y a des choses imparfaites , mais il y a une chose qui me fait très chaud au cœur , c' est que le plus grand bien pour la France c' est la situation de paix , de paix extérieure bien entendu , mais surtout de paix intérieure , c' est qu' il n' y ait justement pas cette espèce de secousse et d' affrontement .

Eh bien , au cours de ces deux dernières années , les Français ont vécu en paix , ils ont entendu parler beaucoup d' agitations , d' oppositions , et ainsi de suite , mais dans leur vie quotidienne , pour l' essentiel , ils ont vécu en paix .

En effet , je crois que vous me l' avez déjà posée l' année dernière et je crois que je vous avais déjà répondu que vous vous trompiez parce qu' en réalité - je crois que c' est l' expression que j' avais employée - physiquement je suis complètement français .

Je veux dire par là que je suis complètement français parce que toute ma vie , toutes mes racines font que je suis complètement français .

Et je vous avais dit également que les Français , c' est un peuple très divers , puisqu'il y a eu en France des peuplements successifs , d' origine successive , qui ont d'ailleurs enrichi notre pays et donc que personne ne peut prétendre ressembler à personne .

Ce qui fait qu' il ne faut pas croire que l' on peut s' identifier , qu' il y aura une personne qui s' identifie à l' ensemble des Français .

Mais , et c' est une chose qui est pour moi très importante , si vous voulez , mon contact avec les Français depuis deux ans , tel que je le ressens évidemment , s' est développé et approfondi ; je le sens plus facile et plus direct .

Je suis un homme politique , je dirai particulier .

Particulier ? C'est-à-dire qu' il y a un jeu politique , c' est la vie qui fait les choses , il y a un jeu politique auquel je n' ai jamais participé et auquel je ne participe pas et qui d'ailleurs profondément , au sens fort du terme , ne m' intéresse pas .

Et par exemple certaines agitations à l' heure actuelle - et vous le voyez bien - cela ne m' intéresse pas , je les constate .

Non , ce n' est pas que ça ne me touche pas , ce sont des éléments beaucoup plus profonds qui me touchent .

Et souvent les commentaires du milieu politique , que ce soit les acteurs du jeu politique , que ce soit les commentaires , ils voient bien que ce jeu politique n' est pas tout à fait celui qui m' intéresse et qui me préoccupe .

A cet égard , il y a une certaine incompréhension .

Je pensais que vous me poseriez cette question .

Alors c' est pour ça que je vous l' ai apporté .

Je vous l' ai apporté pour vous montrer qu' hélas il n' est pas fini parce que . Bon , voilà son état .

Il est de mon écriture , ce qui explique d'ailleurs qu' il ne soit pas fini parce que s' il s' agissait simplement de mettre sa signature au bas d' un papier préparé par d' autres , cela prendrait 5 minutes .

Il est actuellement avancé à peu près aux deux tiers , mais malheureusement ces jours - ci donc , je vais en Grande-Bretagne , j' ai ensuite une conférence à Porto-Rico , je me rends enfin au " sommet " franco-allemand , donc je ne vais pas pouvoir y travailler dans les jours prochains , cela retardera sa possibilité de publication et je verrai à ce moment là quelle est la bonne date pour le faire paraître .

Je pense qu' il était nécessaire de faire un tel effort parce que je crois qu' une des caractéristiques des Français , c' est qu' ils ont besoin de savoir quel est le type d' univers vers lequel ils vont , et qu' à l' heure actuelle , dans l' angoisse , l' anxiété d' un certain nombre de Français , il y a la crainte mais il y a aussi le fait de ne pas savoir vers quoi on va .

Autrefois , les Français le savaient parce que le monde était très stable et donc ils le connaissaient à l' avance .

Ce monde leur était décrit , mais actuellement , ils ne le savent pas .

Et par exemple , je crois que , quels que soient ses grands défauts , son inapplicabilité , le fait d' avoir proposé un programme commun répondait à une certaine attente , à un certain besoin .

Et après deux ans d' observation de la vie politique française et de recherche sur les directions que nous devions suivre , je crois qu' il est important de proposer un document d' ensemble .

Alors je vous dis un peu ce qu' il y a dedans .

Je ne vais pas vous en donner toute la lecture .

Il y a donc une première partie que j' appelle " la France telle qu' elle est " , qui est un effort d' analyse , de l' état social en même temps que de l' état des esprits en France à l' heure actuelle pour rechercher les causes de cette incertitude et de ce malaise .

Et dans cette première partie , j' explique ensuite pourquoi les deux grandes doctrines fondamentales , c'est-à-dire le marxisme et le libéralisme classiques ne fournissent pas de réponse à la France . Et je le démontre d' une façon qui est , je le crois , convaincante mais qui de toute façon répond à l' intuition de nos compatriotes ; ils savent bien qu' il n' y a pas de réponse dans ces deux doctrines classiques .

Je l' affirme et je m' efforce de le démontrer .

Ensuite , il y a trois parties de propositions : la première partie de propositions , je l' appelle " la société à partir de l' homme " parce que les systèmes tels que le marxisme et le libéralisme sont des systèmes qui sont construits à partir de l' économie ; et puis ayant une certaine analyse de l' économie , on revient vers l' homme .

Et je crois que nous aboutissons à une période à partir de laquelle il est possible de faire le mouvement inverse , c'est-à-dire de rechercher l' homme tel qu' il est dans le monde moderne , et de voir comment il souhaiterait que la société soit organisée autour de lui .

C' est donc une démarche tout à fait différente .

J' aboutis à deux propositions : la première c' est de rechercher l' unité de la société par la justice et donc , au lieu d' aller vers une société fragmentée en groupes ou en classes , c' est d' aller vers une société unie .

Et la deuxième , c' est d' organiser cette société dans ce que j' appelle une communauté d' hommes libres et responsables , c' est donc d' accentuer la liberté et d' accentuer la responsabilité .

Alors la partie suivante est une partie ...

Je considère que le pays sera uni , je considère qu' il est possible d' envisager pour la France une société unie .

Dans une génération environ , c'est-à-dire dans 20 ou 30 ans .

Ensuite , j' entre dans l' application , tel est l' objet des deux parties suivantes .

La troisième partie , c' est l' affirmation de la nécessité d' une société pluraliste .

Sur ce point , on peut entrer dans le détail .

En effet , on parle souvent de pluralisme politique .

Or , je considère que le pluralisme politique n' est pas suffisant car s' il coexiste avec un monolithisme économique et social , le sentiment d' une société construite à partir de l' homme n' existe pas .

Il faut donc un pluralisme économique et social , ce qui entraîne toute sorte de conséquences pratiques que je décris dans mon livre .

La dernière partie porte sur l' organisation des pouvoirs politiques , économiques et sociaux , elle en fait la description . En conclusion je décris ce que peut être ce projet par rapport à une future civilisation française .

Oui , j' en parle .

Telle n' est pas exactement mon attitude .

Quel est notre régime à l' heure actuelle ? C' est un régime présidentialiste , c'est-à-dire un régime dans lequel la fonction présidentielle est très importante .

Ce n' est pas un régime présidentiel car la règle de l' organisation des pouvoirs n' est pas la séparation des pouvoirs du régime présidentiel , il y a un exécutif présidentiel et un législatif indépendant .

Réfléchissons , si nous allions vers un régime plus présidentiel , en réalité , nous assisterions à une certaine accentuation des pouvoirs du législatif alors que les milieux politiques français croient qu' il s' agirait d' une accentuation du pouvoir du président .

Non . Mais je ne veux pas prendre de position définitive à l' heure actuelle sur ce sujet .

J' ai aujourd'hui une conception présidentialiste qui était celle de mes prédécesseurs et , en particulier , celle du général de Gaulle - il me l' a dit - de l' exercice de ma fonction .

Cependant , je n' envisage pas , à l' heure actuelle , une modification des textes constitutionnels .

Je crois que nous pouvons faire l' expérience de ce régime présidentialiste et , plutôt que de procéder comme dans le passé , c'est-à-dire par révolutions constitutionnelles successives , nous devons perfectionner nos institutions .

L' expérience des prochaines années montrera s' il y a plutôt intérêt , pour l' avenir , à définir le cadre présidentiel ou , au contraire , à mieux organiser son fonctionnement présidentialiste .

Je reviens en arrière avant de parler de 1981 .

Cette fonction présidentialiste est absolument incompatible avec telle ou telle proposition , avec telle ou telle agitation du type de celles qu' on peut observer à l' heure actuelle et dont l' objet serait par exemple que la date de nomination d' un premier ministre ou la composition d' un gouvernement fut décidée à partir d' une certaine agitation parlementaire ou à la suite de telle ou telle indication de parti . Je vous rappelle qu' il n' en est pas question et que je maintiendrai dans les institutions de 1958 , qui sont les grands acquis de la France actuelle , la responsabilité présidentielle .

Je ne peux pas vous dire ce qui se passera d' ici à 1981 puisqu'il y aura un certain nombre chances importantes .

Je ne crois pas qu' il y ait de modifications constitutionnelles importantes d' ici là .

Non , je ne vise pas du tout à écrire le même type de document .

Nous devons avoir une approche plus sobre .

Il ne faut pas essayer de multiplier les messages universels .

En réalité , je l' ai écrit pour trouver une solution à un problème , celui de l' avenir de la société française .

Je souhaite que ce livre reçoive une large diffusion car tout le monde , tous nos compatriotes ont besoin d' explications sur l' avenir .

J' ai eu à proposer un certain nombre de réformes et il est vrai qu' elles n' étaient pas approuvées par une partie de mes électeurs .

C' est un fait .

Je ferai une distinction parmi ces réformes entre celles qui heurtaient des intérêts et celles qui heurtaient des convictions , notamment des convictions qui peuvent être respectables .

Je placerai dans la catégorie des réformes qui heurtaient les convictions notamment les textes portant sur l' avortement et le divorce .

J' ajoute que je suis beaucoup plus sensible à ce type d' opposition que je ne suis sensible à l' opposition fondée sur les intérêts , dont je parlerai tout à l' heure .

Néanmoins je les ai proposées parce que je crois que c' était nécessaire .

La France de 1976 , heureusement , n' offre plus les spectacles , humains et sociaux , pitoyables et , pour certains , il faut bien le dire , dégradants que l' on observait avant que ces réformes n' aient été accomplies .

Je savais donc que ces réformes étaient contraires aux convictions d' une partie de ceux et de celles qui m' avaient élu , mais je crois qu' il était nécessaire de les faire , je persiste à croire qu' elles étaient nécessaires .

En ce qui concerne les oppositions fondées sur les intérêts , c' est tout à fait différent .

Toute personne dont les intérêts sont atteints a tendance à se défendre , c' est naturel .

Cependant , je crois qu' il n' y a pas d' effort de justice et donc de transformation de la société française s' il n' y a pas certaines modifications des intérêts . Je n' arrive pas à imaginer comment nous pourrions concilier le vocabulaire d' une société plus juste avec l' immobilisme total en ce qui concerne les intérêts .

Je crois d'ailleurs que parmi ceux qui m' ont élu , une très grande majorité le comprend .

Naturellement , quelquefois , on comprend des choses qui ne sont pas très agréables , on les comprend comme étant nécessaires .

Il en est ainsi lorsque l' on est amené à faire un effort dans des circonstances dramatiques , lors d' un conflit , on ne les ressent pas nécessairement comme agréables .

Or , cette modification d' un certain nombre d' avantages ou de privilèges en France est nécessaire , je devais la conduire , elle n' a rien de suicidaire , elle est anti-suicidaire .

Une chose est claire : si la majorité actuelle , conduite par le président de la République et le gouvernement , n' avait rien entrepris sur le plan de la justice sociale d' ici à 1978 , il n' y aurait aucune raison pour qu' elle soit restée la majorité .

Ceux qui croient , ceux qui imaginent , après avoir constaté les résultats de l' élection présidentielle , 50-9 % des suffrages contre 49-1 % qu' on pouvait rester campé sur des positions d' immobilisme et de conservatisme social , et que la nouvelle génération de Français , que les nouvelles catégories qui acceptent des responsabilités se diraient : voilà des gens qui ne transforment rien , nous allons leur faire confiance pour qu' ils continuent .

Ceux qui pensaient cela , tenaient un raisonnement suicidaire .

Oui , je vous étonnerai peut-être parce que d' habitude je suis assez réservé dans mes pronostics , mais je suis optimiste .

Je considère que l' action réformiste de la majorité gagne du terrain .

Ainsi je note , en prenant l' exemple de ce débat sur les plus-values que , je le répète , si je comprends bien qu' un certain nombre de mécontentements et d' inquiétudes se soient exprimés , le fait qu' il y ait eu cette ténacité , et elle ira jusqu' au bout , montre que la majorité réformiste gagne du terrain .

Nous n' avons jamais brandi , dans les discussions à la télévision , à la radio , de menaces de cette nature . A mes yeux , mais il appartiendra aux dirigeants politiques de la majorité d' en débattre , la majorité ne devra pas , au moment des élections , se comporter comme un ensemble de partis politiques , elle ne devra pas faire des choix dictés par des préférences de partis .

Il faudra , au contraire , qu' elle recherche les meilleurs , les plus aptes à représenter l' action en cours , qu' elle recherche naturellement ceux qui soutiennent cette action , quelques difficultés qu' ils aient parfois à le faire , mais qui acquièrent ainsi le mérite de la représenter auprès du public .

Ce sont mes adversaires qui le disent !

Ce sont de faux amis !

Ce sujet n' est pas très sérieux mais on peut en parler .

Non , je crois qu' il faut donner à la fonction présidentielle française un certain éclat .

Je n' arrive pas à comprendre pourquoi à l' étranger les hommes d' Etat ou les hommes politiques auraient un certain prestige , un certain éclat , et en France ils seraient ternes , médiocres , immobiles .

Prenons l' exemple de la Marseillaise .

Je n' ai rien fait d' autre que de lui rendre son rythme d' origine .

Le rythme antérieur datait de la fin du dix-neuvième siècle , de l' époque napoléon III , de la période Offenbach .

La France a la chance d' avoir un hymne révolutionnaire , il faut rendre à ce dernier son rythme d' hymne révolutionnaire .

Quant au drapeau , dans ce cas - là se déroule une sorte de match entre l' ignorance et la perfidie et je ne sais même pas qui gagne .

Lorsque j' ai été élu président de la République , on est venu me demander quelle était la marque présidentielle que je souhaitais .

Je ne savais pas qu' il y avait une marque présidentielle .

Il y en a une et , lorsque le président de la République se déplace , on met sur sa voiture un drapeau avec sa marque .

J' ai demandé quelles avaient été les marques choisies par mes prédécesseurs .

On m' a répondu : le général de Gaulle avait choisi la croix de Lorraine et m. Pompidou , ses initiales , que voulez - vous mettre ? Je me suis dit que faire mettre ses initiales , c' était trop personnel et j' ai demandé qu' on mette l' insigne de la république .

C' est un très bel insigne , en effet , c' est le sceau dessiné pour la république de 1792 , la première république française .

Ce drapeau portant la marque du président de la République sert à indiquer la présence de celui - ci , notamment quand il va quelque part . Ce n' est pas le drapeau français , celui - ci reste le même .

La perfidie consiste à faire croire que cela ne s' était jamais fait .

Mais voici où réside l' ignorance .

On dirait que ces critiques n' ont jamais vu le drapeau français .

Je ne sais pas s' ils ont observé la manifestation de Verdun ou s' ils observeront le prochain défilé du 14 juillet , mais sur tous les drapeaux français quelque chose est écrit .

Vous observerez , monsieur Chancel , que les drapeaux des régiments portent l' inscription " république française " , puis , en dessous est inscrit , soit le nom d' une bataille , soit une devise propre au régiment .

Il en est de même pour les drapeaux des écoles , pour les drapeaux des anciens combattants .

Il est donc naturel que la marque du président de la République porte une inscription qui est , elle aussi , celle de la république .

Je ne sais pas ce qui gagne , de la perfidie ou de l' ignorance .

A partir du moment où il existe des moyens pluralistes d' information , c' est un risque , c' est une hypothèse et je dirai : c' est aux Français de choisir , c' est à eux de savoir s' ils ont le désir d' être informés ou s' ils ont , au contraire , la préférence pour se distraire compte tenu de leurs préoccupations personnelles .

En revanche , je ne suis pas très favorable , et je l' ai dit d'ailleurs récemment , à ces sondages quotidiens sur la télévision .

Je crois que ce n' est pas un bon guide pour la télévision .

Naturellement , il faut se préoccuper de ce que les téléspectateurs ont envie de voir et il faut répondre à cette envie , mais en même temps , il faut introduire d' autres critères et c' est pourquoi je souhaite que , dans l' avenir , nous recherchions des moyens de faire en sorte que la préoccupation de qualité l' emporte un peu plus sur la préoccupation quantitative .

Oui .

Il était naturel , ayant à répartir les ressources entre les chaînes , que l' on tienne compte du nombre d' auditeurs .

Mais , dès le départ , il a été prévu une certaine préoccupation de qualité .

L' expérience a montré que le système qui avait été adopté ne faisait pas une place suffisante à la qualité et on va tenter de le rééquilibrer à cet égard .

Non et je ne souhaite pas l' être .

Une de mes idées fondamentales , et j' en ai plusieurs , c' est que la politique que l' on fait c' est une politique contemporaine .

Ce n' est pas pour dire que c' est la sienne , c' est pour dire que c' est celle de son temps et la politique que je fais , c' est la politique qui correspond à la France de mon temps , notamment par exemple la politique de défense , la politique étrangère , la politique économique ; je fais celle de la France de mon temps .

C' est pourquoi , je ne considère pas comme très utile de rechercher perpétuellement la référence .

En revanche , je puis vous dire que je suis certainement un de ceux qui attachent le plus d' importance à l' expérience de ses prédécesseurs .

Ma lecture quotidienne , c' est la lecture des expériences de mes prédécesseurs parce que j' aime savoir comment ils ont réagi , comment ils ont pris des décisions , et donc ce qu' ils ont fait me préoccupe beaucoup .

Mais je n' ai pas à être l' héritier de quelqu'un , je conduis la France , dans le cadre de ma fonction , telle qu' elle est et dans le monde actuel .

Je ne désignerai aucun héritier .

De toute façon , c' est le suffrage universel qui le choisira .

Je ne crois pas d'ailleurs que ce soit bon .

Je crois que c' est le suffrage universel qui choisira .

Mais , je vous l' avais dit l' année dernière , je m' en souviens , je crois qu' une des fonctions de chacun , dans le monde actuel , c' est de faire en sorte qu' il y ait beaucoup de monde pour pouvoir vous succéder . Et dans les choix , devant les gouvernements présents et futurs , je m' efforcerai de faire en sorte qu' il y ait en France , une génération d' hommes politiques capables et efficaces , et les électeurs choisiront .

Je ne le crois pas . Je crois qu' il y a une spécificité communiste , le communisme ça existe .

Non , je réponds aux questions qu' on me pose . Je vous dis que le parti communiste français est en déclin historique , c' est une de mes convictions fondamentales , c'est-à-dire qu' à la fois l' importance de ses effectifs et son influence électorale vont continuer à diminuer dans la période à venir .

Je le constate d'abord dans l' évolution de ses effectifs , si vous voulez , entre 1950 et la période actuelle .

Je l' ai constaté au moment de l' élection présidentielle puisque , alors qu' il avait présenté un candidat à l' élection présidentielle précédente , il n' en a pas présenté à l' élection présidentielle de 1974 . Mais , je considère , par contre , qu' il y a une réalité communiste et que , notamment , du fait de l' existence de pays à structures communistes , dont l' URSS , il y a une spécificité communiste .

Si le communisme occidental évoluait dans les directions décrites par Berlinguer , ce serait autre chose , c'est-à-dire qu' il y aurait une transformation du socialisme occidental , mais il y aurait , dans cette hypothèse , disparition du communisme , et je ne crois pas à la disparition du communisme occidental .

C' est très curieux , il n' y a pas de récompense ; plutôt , la seule récompense vient de temps en temps , et c' est le sentiment qu' il existe un contrat avec l' opinion . Donc la récompense , c' est dans la perception , à un moment où à un autre , du soutien ou de l' approbation que vous apporte l' opinion publique .

Il n' y a aucune récompense quotidienne .

Il faut d'ailleurs dédramatiser aussi un peu ces choses .

L' épreuve d' un président de la République n' est pas une épreuve insupportable , il est très aidé dans son travail , il est entouré de ses proches qu' il aime et qu' il voit et donc ce n' est pas du tout une épreuve invivable .

Ce qui est vrai , c' est qu' il n' y a pas de récompenses habituelles de la vie , et ces récompenses , il faut les chercher dans le sentiment que l' on tient son contrat avec l' opinion publique .

Bien sûr , mais il y a une différence , c' est que l' homme politique a toujours devant lui l' horizon de l' ambition et donc il peut imaginer qu' un peu plus tard il aura des responsabilités plus grandes et une notoriété plus grande .

Je dirai qu' à cet égard tout est achevé .

Non pas du tout .

Je dirai , au contraire , que c' est une très grande libération , car on aperçoit que rechercher quelque chose , c' est naturellement très stimulant , mais qu' en même temps cela vous donne une vision très personnelle des problèmes et des attitudes , puisqu'on cherche à se situer par rapport à ceux - ci .

Au contraire , quand on a utilisé toutes les possibilités à cet égard , je crois qu' on a une vue plus libre et plus objective des choses .

Je crois à la chaleur des relations humaines , je crois que tout est là .

Et cette chaleur humaine , elle ne peut pas se séparer d' un certain état de bien-être et de paix sociale .

C' est pourquoi on ne peut pas se contenter de dire qu' il faudrait que la société soit plus chaleureuse .

Il faut que les conditions qui permettent à la chaleur de s' exprimer soient réunies .

Mais je crois que tout est dans la chaleur des relations humaines .

Je n' entrerai pas du tout dans des détails de cette nature .

Je suis tout à fait hostile à un éparpillement politique de la France , tout à fait , parce que je considère que la France , pays qui a 52000000 d' habitants et qui n' en a pas 200 ou 250 millions , épuiserait beaucoup de ses forces , de son autorité extérieure si elle se morcelait quelque peu sur le plan politique .

C' est pourquoi je suis , comme vous le savez , tout à fait hostile au régionalisme politique .

Par contre , l' aménagement économique régional m' a paru toujours quelque chose de très utile , de très raisonnable et de très efficace et je suis également , à la différence de certains autres , tout à fait favorable à ce que la France conserve toutes ses cultures .

Je suis allé au pays basque l' autre jour et je trouverais très triste pour la France que la langue basque disparaisse de notre culture nationale .

C' est une langue très originale , très réelle , très authentique et il serait triste qu' elle disparaisse , comme il serait triste que disparaisse la connaissance du breton en Bretagne ou de telle ou telle langue régionale .

On a pris des dispositions en ce qui concerne les langues régionales .

On ne peut pas les rendre obligatoires , il y a tout de même une notion de liberté qu' il s' agit de respecter .

On ne peut pas rendre obligatoire le maintien d' une culture , on peut faire en sorte que ceux qu' ont cette culture la conservent .

Mais on ne peut pas rendre obligatoire le maintien d' une culture .

Comme président de la République , je ne peux pas dire que je considère les Corses comme d' autres que les Français .

Pour moi , ce sont des Français qui habitent en Corse .

J' ai toujours connu beaucoup de Corses , j' ai travaillé avec des Corses autour de moi et je n' ai jamais pensé à eux comme un groupe à part de la société française . C' est un groupe de Français qui a une personnalité très forte , une culture , une tradition et qui se trouve avoir un problème économique et social parce que la Corse vivait d' un certain nombre d' activités extérieures , notamment dans ce qu' était l' Empire français , certaines des possessions d' Outre-mer , notamment dans notre administration , et qu' un certain nombre de débouchés se sont fermés alors qu' en même temps la Corse a vu autour d' elle un certain nombre de pays mieux vivre et mieux s' organiser .

Il y a donc un véritable problème corse , mais je n' ai pas compris pourquoi on pouvait s' imaginer que ce problème corse serait mieux résolu par une Corse un peu retranchée de la communauté nationale .

Je pense au contraire que le problème pourrait être mieux résolu par une Corse faisant complètement partie de la communauté nationale .

Il y a aussi une sensibilité corse et les évènements qui se sont produits en Corse au cours des dernières années , et à cet égard ils sont très critiquables , ont eu un effet très dommageable , car ils ont certainement créé une certaine impasse psychologique .

Les Corses ont eu le sentiment qu' ils étaient placés en position d' affrontement , donc qu' il n' y avait pas d' autre solution vis-à-vis de la communauté nationale que de marquer quelques points dans cet affrontement , et je crois qu' il faut tout à fait sortir de cette situation .

Mais là , il y a des responsabilités , notamment locales , qui ont été prises et qui ont orienté cette sensibilité corse dans une mauvaise direction .

Monsieur chancel , je n' ai jamais , dans mon existence , à aucun moment , manqué de détermination .

Il est vrai que j' ai horreur de la brutalité en tant que telle .

Je ne l' admire pas et je ne la pratique pas , mais je n' ai jamais manqué de détermination .

Ayant été ministre des finances pendant 12 ans , les Français n' ont jamais observé que j' avais manqué de détermination , on m' a même parfois fait le reproche contraire . Donc , je vous dis que dans les circonstances de toute nature que traversera notre vie nationale , je ne manquerai jamais de détermination .

Je ne suis pas pour des hiérarchies de cette nature .

Un caractère sans intelligence serait inquiétant dans le monde moderne et conduirait aux pires extravagances .

Une intelligence méditative et sans capacité d' action n' assurerait pas non plus la conduite d' un Etat .

En réalité , tout cela doit être combiné , il faut analyser les problèmes , les comprendre et prendre les décisions nécessaires .

Oui .

Il est certain - je le vois dans les débats que j' ai avec les dirigeants politiques - que ce que je regarde normalement , ce n' est pas la situation du mois de juin , du mois de juillet , pas même la situation du mois de septembre , c' est l' année prochaine et les suivantes .

Cela a toujours été ma préoccupation .

Je crois d'ailleurs que dans les fonctions que j' exerce , c' est assez nécessaire .

Naturellement , il faut traiter tous les problèmes tels qu' ils se présentent et il se présente des problèmes quotidiens très sérieux .

Je serais tout prêt à en évoquer avec vous .

Mais il faut avoir en même temps une idée de voir plus loin .

Dans la conduite automobile , par exemple - vous pratiquez ce sport - si l' on veut avoir une conduite régulière et souple , il ne faut pas regarder le virage dans lequel on est , il faut regarder ce qui se passe après , si c' est une courbe dans le même sens , dans l' autre sens , une ligne droite , et ainsi de suite .

Si l' on veut que l' évolution de la société française soit régulière , il faut aller plus loin .

Il y a un journal qui pose tous les mois à ses lecteurs la question suivante : croyez - vous qu' il va se produire à nouveau un mai 68 ? Quand on pose cette question au mois d' avril , je me dis : comme c' est curieux , on demande aux Français : avez - vous peur d' un grand évènement qui peut se produire dans un mois ? Mais il y a longtemps que j' ai pensé à ce qu' il fallait faire pour que cet évènement - là ne se produise précisément pas le mois prochain .

Il prend des décisions rapides , je crois .

C' est difficile à dire , car il faut prendre des décisions rapides .

Naturellement , cela peut de temps en temps poser un problème .

Ce n' était pas un poème de Mac Orlan , c' était une nouvelle .

J' en lis souvent .

Je serais tout prêt à vous en dire un , mais je ne suis pas sûr que cela convienne au cadre de cette émission puisque vous lui avez donné , et je crois que vous aviez raison .

Un ton d' une certaine gravité .

Je ne crois pas .

Je crois que les Français seraient surpris .

Sinon , je vous aurais récité quelques - uns des poèmes que je considère comme les plus beaux de la littérature française .

J' en aurais choisi deux .

L' un est un poème qui commence par le vers suivant : " le vert paradis des amours enfantines " , qui est un poème de Baudelaire .

Et puis , à propos de l' autre question , j' aurais peut-être répondu par la jolie réponse qu' il y a dans le Misanthrope de Molière .

Quand on pose cette question à Alceste , il dit qu' il va citer non pas un poème , mais une vieille chanson populaire et qui est : " si le roi m' avait donné , et cetera .

Je dirai en tout cas président .

Hautain , je ne le crois pas .

Néanmoins , le fait d' exercer une telle fonction et d' avoir le sentiment que cette fonction fait partie d' une continuité historique extraordinaire , est d'ailleurs une chose qui me préoccupe .

Par rapport à la France , je trouve que nous avons probablement l' histoire la plus riche du monde .

Je dis probablement - il ne faut pas être catégorique à cet égard et nous en tirons peu parti .

Nous en avons peu conscience et lorsqu' on se trouve à la tête du peuple français , élu par le peuple français , j' ai une conscience très aiguë de la succession extraordinaire des hommes qui ont exercé cette fonction . Cela ne vous rend pas hautain , mais cela vous donne certainement une conscience de la signification du caractère de cette fonction .

Oui , il faut leur demander quelque chose .

Le peuple français est un peuple très divers .

Les Français ont toute sorte de courants , ils sont constamment au travail .

Ils ont un courant qui est très raisonnable , très réaliste , très mal connu de l' extérieur , je l' ai dit .

C' est un peuple qui est sobre , c' est un peuple qui est économe , c' est un peuple qui est discret .

En même temps , c' est un peuple qui est très impulsif .

Vous le voyez , vous qui pratiquez les nouvelles .

Il y a eu , au cours des 6 derniers mois , des sujets qui ont enflammé la France entière en 8 jours et qui ont complètement disparu de l' actualité alors que leur cause subsistait .

Je crois que cette impulsivité très forte qui fait que tout à coup les Français prennent feu et flamme pour une question particulière est assez peu compatible avec les nécessités du monde moderne .

Le monde moderne est un monde dur , c' est ainsi .

C' est une espèce de course de fond entre les peuples , d' une part , et contre le temps , d' autre part , et elle ne permet pas de se laisser aller à cette impulsivité très rapide et très superficielle .

Je pense donc que c' est l' autre côté de la France , c'est-à-dire ce côté tenace , plus sobre , plus réfléchi qui doit prendre le dessus .

Non .

Oui .

L' action gouvernementale , et donc le gouvernement , doit être conçue en fonction de la politique à suivre et non pas en fonction d' une équation parlementaire ni en fonction , bien entendu , d' une agitation parlementaire .

Je crois qu' il y a une première partie de l' action qui a été entreprise depuis 1974 et qui , à un moment où à un autre , trouvera son terme . C' est le premier ensemble de réformes qui a été engagé et je crois qu' il faudra définir , à partir de la rentrée , un second ensemble de réformes .

Non .

J' aurais souhaité que les circonstances nous permettent seulement de parler de l' expérience que j' ai pu tirer de la fonction .

Mais je considère que vous aviez tout à fait raison de me poser un certain nombre de questions d' actualité politique parce que ce qui est essentiel , ce qui est la nouveauté de notre temps , c' est qu' à partir du moment où les Français peuvent vous connaître , il faut leur donner les moyens de vous connaître .

Quand ils ne le pouvaient pas , quand on se promenait dans quelque cortège officiel au milieu de rues à moitié désertes , ils ne pouvaient pas vous connaître .

Mais maintenant qu' ils vous regardent , qu' ils vous écoutent parler , il faut leur donner les moyens de vous connaître .

C' est pourquoi il fallait parler de ce qui les préoccupe aujourd'hui , notamment de politique .

Vous citiez tout à l' heure Chateaubriand .

Dans les Mémoires d' outre-tombe , je crois , il dit une très belle chose : " je ne dirai de moi que ce qui est compatible avec ma dignité d' homme " .

Je crois qu' il n' y a pas lieu pour l' homme politique de chercher à se faire connaître au-delà de sa fonction ? Je crois que ce n' est pas son rôle .

Mais il doit se faire connaître d' une manière qui soit telle que les gens comprennent comment il exerce sa fonction . Ce n' est donc pas pour faire connaître un individu qui est un individu parmi d' autres , mais pour faire en sorte que , dans l' exercice de la fonction , les gens puissent connaître l' aspiration , l' attitude , les traits de caractère qui expliquent l' exercice de cette fonction .

Bonsoir , monsieur Chancel .

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