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Or , la hausse des prix est une facilité , la lutte contre la hausse des prix est nécessairement un effort .

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V. Giscard d'Estaing - 29 septembre 1976

Je m' adresse à chacune et à chacun d' entre vous .

Un nouveau gouvernement a été constitué .

Une politique de lutte contre la hausse des prix a été engagée .

Je veux vous faire mesurer l' importance de l' enjeu pour la France et pour vous .

Il y a une semaine , vous avez entendu le premier ministre , Raymond Barre , vous présenter avec compétence et sérieux le programme gouvernemental de lutte contre la hausse des prix .

Ce programme a été mis au point après la consultation attentive de toutes les organisations professionnelles et syndicales .

Ce programme était nécessaire ; il est juste ; et il sera efficace .

Ce programme était nécessaire parce que la France doit se guérir de la hausse des prix .

On vous dit parfois ; " il y a longtemps que cela dure , il fallait commencer plus tôt " .

Quelle est la vérité , en dehors des passions ? De 1969 à l' automne de 1973 , la France a connu une situation économique satisfaisante : un budget en excédent , un commerce extérieur en équilibre , un franc apprécié , pas de chômage , une hausse des prix modérée , une croissance plus rapide que celle de nos partenaires . Si cela n' avait pas été le cas , vous n' auriez pas élu président de la République le ministre des finances de cette époque .

C' est alors qu' est survenue la crise de l' automne 1973 , qui a multiplié par 4 le prix du pétrole et qui a déclenché la hausse mondiale des prix de nombreux produits .

La France a mal encaissé le coup .

D'abord parce qu' elle est obligée d' importer toute son énergie .

Ensuite parce que notre industrie n' est pas encore assez puissante pour amortir le choc .

Enfin , parce que dans notre pays , depuis la fin de la guerre , la hausse des prix couve comme un feu sous la cendre , toujours prête à se rallumer .

D' où la nécessité d' une action continue .

Dans une première phase , en 1974 - 1975 , le gouvernement s' est attaqué à l' inflation .

Il a obtenu des résultats appréciables , en réduisant d' un tiers le rythme de la hausse des prix , ramener de 15 % par an à 10 % .

Dans une deuxième phase , en 1975 - 1976 , le gouvernement a du combattre le chômage en raison de la baisse de l' activité économique mondiale , chômage qui était , il y a un an exactement , la première de vos préoccupations , et qui reste aujourd'hui encore le souci de beaucoup d' entre vous .

Un programme de relance a donc été engagé .

Ces actions successives ont abouti au ralentissement de la hausse des prix , et à la reprise de la production , mais elles n' ont pas suffi à extirper l' inflation qui reste là , présente parmi nous , dangereuse et toujours prête à nous faire glisser sur la mauvaise pente .

Le redressement doit être consolidé et poursuivi .

Pour conduire cette troisième phase de l' action , il fallait un nouveau gouvernement , choisi en fonction de cet objectif .

C' est ce qui a été fait .

La politique que le gouvernement propose tient en trois mots : équilibre , stabilité et justice .

équilibre , par le retour à l' équilibre budgétaire en 1977 , après les mesures prises en 1975 pour soutenir l' activité économique .

équilibre de notre commerce extérieur , malgré la lourde facture de nos achats de pétrole . Stabilité , par le gel des prix , par le blocage pendant 6 mois de tous les tarifs publics , par la baisse , le 1er janvier prochain de la taxe à la valeur ajoutée et par le maintien du pouvoir d' achat .

Et justice dans la répartition des efforts .

Chacun peut le constater .

Les plus modestes d' entre vous , le plus grand nombre d' entre vous , les familles , les personnes âgées , n' ont pas à s' inquiéter .

Non seulement ils ne seront pas touchés , mais les améliorations qui leur ont été promises seront réalisées .

Les efforts demandés ont été calculés en fonction du niveau des ressources et des éléments du train de vie , ce qui est normal .

Il est vrai que notre système fiscal n' est pas encore suffisamment juste , comme d'ailleurs la plupart des systèmes fiscaux dans le monde ; je peux le dire , car c' est moi qui , comme ministre des finances , ai pris la décision de traduire devant les tribunaux les fraudeurs systématiques de l' impôt . L' effort de justice fiscale sera poursuivi , notamment par un certain nombre de mesures inscrites dans le budget de 1977 .

Mais la recherche de la justice ne doit pas servir d' alibi au refus de la solidarité .

Cette politique est nécessaire , elle est juste , et elle sera efficace .

Au printemps de 1977 , on verra apparaître les premiers résultats et , dans la deuxième moitié de l' année , la France rejoindra le peloton de tête des quelques pays qui ont su se guérir de la hausse des prix et qui conduisent le développement économique mondial . Il n' y a pas lieu d' être sceptique , car nous sommes capables d' obtenir ces résultats , comme la France l' a montré à plusieurs reprises dans un passé récent .

Je voudrais répondre à deux questions que vous vous posez : ce programme est - il trop dur ? Et fallait - il faire jouer la solidarité en faveur des agriculteurs ?

Ce programme est - il trop dur ? Il y a quelques semaines , une grande majorité des Français demandait qu' on lutte contre la hausse des prix . Or , la hausse des prix est une facilité , la lutte contre la hausse des prix est nécessairement un effort .

Personne ne peut soutenir le contraire .

Dans beaucoup de pays , pour la combattre , on a proposé et obtenu une baisse temporaire du pouvoir d' achat , y compris de celui des travailleurs .

Cela a été le cas en Allemagne fédérale , cela est le cas aujourd'hui en Grande-Bretagne .

Le programme gouvernemental ne vous demande pas le sacrifice de votre pouvoir d' achat .

Il se propose au contraire comme objectif de le maintenir .

Mais il vous demande la patience et la discipline , il vous demande d' attendre que la hausse des prix ait été ralentie avant de reprendre le progrès du pouvoir d' achat .

C' est le langage du bon sens et de la vérité .

D' autres ont fait à ce programme le reproche de ne pas contenir d' éléments bien nouveaux .

Ce n' est pas exact , mais surtout ce n' est pas le problème .

Les pays qui ont réussi dans la lutte contre la hausse des prix ont obtenu ce résultat non par l' originalité des mesures , mais par la ténacité de l' effort et de la discipline .

Certains d' entre vous critiquent l' effort de solidarité en faveur des agriculteurs victimes de la sécheresse .

Là aussi , quelle est la réalité ? Les revenus des agriculteurs ont baissé en 1975 par rapport à 1974 du fait de moins bonnes récoltes et la sécheresse de 1976 conduit à une nouvelle baisse des revenus .

L' aide proposée par le gouvernement en faveur des agriculteurs a pour résultat de maintenir leur revenu en 1976 au niveau de 1975 .

Ce n' est donc pas un avantage , ce n' est pas un cadeau , mais c' est le maintien de leur pouvoir d' achat alors que celui d' autres catégories a progressé au cours de la même période .

Mais j' irai plus loin ; une société qui refuse la solidarité entre ses membres est une société qui se décompose .

Nous devons , au contraire , nous aider et nous soutenir les uns les autres , la solidarité jouant tour à tour en faveur de ceux qui en ont besoin : les chômeurs , les agriculteurs victimes de la sécheresse , les familles , les personnes âgées .

La devise de la république française ne peut pas être " liberté , égalité et égoïsme " . Je vous demande de choisir la solidarité , parce que c' est la seule attitude moderne digne de la France .

J' en viens à la politique de la France .

A partir du moment où une priorité a été choisie , celle de la lutte contre la hausse des prix , elle entraîne des conséquences politiques .

Faut - il accentuer le débat politique ? Faut - il ouvrir dès 1976 la campagne électorale de 1978 ? Je réponds : non .

Cela ne correspond à aucune nécessité immédiate .

Cela n' est pas conforme au rôle de la majorité et de l' opposition .

Et cela risquerait d' affaiblir notre effort national .

Le rôle de la majorité et celui de l' opposition ne sont pas identiques .

L' opposition critique et propose ; la majorité gère .

L' opposition agit sur les mots : la majorité agit sur les choses .

La sécheresse atteint la majorité , elle n' atteint pas l' opposition , mais elle atteint aussi la France .

L' inflation est un problème pour la majorité , mais c' est aussi un problème pour la France .

Lorsque l' une critique , ce qui est sa fonction , lorsque l' autre gère , la majorité et l' opposition ne sont pas sur le même terrain .

La majorité doit accepter et assumer son rôle , qui est celui de gouverner , avec les difficultés et incompréhension qui s' y attachent , mais aussi avec la confiance d' être jugée un jour sur les résultats de ses efforts par l' honnêteté et le bon sens de notre peuple .

Puisque nous devons accomplir un effort national , il faut éviter tout ce qui divise .

Il ne faut adresser d' invectives à personne . Il faut , au contraire , rassembler tous ceux qui , malgré la diversité de leurs options politiques , savent bien au fond d' eux - mêmes qu' il s' agit d' un enjeu d' intérêt national .

Quel est , en effet , cet enjeu ? Il est d'abord l' avenir de notre économie , la stabilité de notre monnaie et de notre épargne , la sécurité de notre emploi .

Mais il est aussi la place de la France .

Dans le monde , autour de nous , les pays se divisent en deux groupes : d' un côté , les pays capables et volontaires , qui règlent leurs problèmes , et de l' autre , les pays qui s' enfoncent inexorablement dans leurs difficultés .

La France est entre les deux ; elle doit choisir le premier groupe .

Et d'ailleurs , ne nous y trompons pas , c' est ainsi que de l' extérieur sera jugée notre capacité .

C' est pourquoi il faut lui apporter votre concours .

Tout en combattant la hausse des prix , la France poursuivra son développement , sa transformation , sa réforme , nécessaire pour en faire un pays juste et moderne .

J' ai lu quelque part qu' on avait posé aux Français la question de savoir s' ils avaient confiance dans la réussite du programme gouvernemental .

Mais ce n' est pas la question . La question n' est pas de savoir si l' on croit au succès .

Elle est de savoir ce que l' on est prêt à faire pour aider au succès .

Une société démocratique n' est pas organisée entre quelques dizaines de responsables et des millions de spectateurs ; chacun à son rôle à tenir , chacun à son effort à accomplir , et c' est de l' acceptation de cet effort mené en commun que viendra la confiance .

Madame , mademoiselle , et monsieur , naturellement , chacun de vous à son opinion , chacun de vous à ses problèmes et chacun de vous à ses intérêts personnels .

Mais , en même temps , vous faites partie d' un ensemble , qui est la communauté française , et qui doit régler ses problèmes dans la cohésion et dans l' unité .

En vous appelant à l' effort , je ne choisis pas la voie facile .

Mais mon rôle n' est pas celui de plaire . Il est de servir la France .

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