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V. Giscard d'Estaing - 20 mai 1977

Lorsque j' ai été élu chef de l' Etat , je me suis fixé deux objectifs : la paix et le progrès .

D'abord , la paix , intérieure et extérieure . Nous vivions dans un monde tourmenté . La France telle que je la trouvai , était politiquement coupée en deux , depuis les élections de 1967 .

Elle avait connu mai 1968 , et s' en souvenait . Il était essentiel qu' elle puisse vivre et travailler dans la paix et la sécurité .

Le plus important , pour moi quand je pense à ces trois dernières années , c' est que j' ai pu éviter à la France les affrontements et les convulsions qui la menaçaient , et qu' on lui prédisait .

Il a fallu constamment déminer le terrain . Lorsqu' on considère la situation des pays latins qui nous bordent , on aperçoit qu' il s' agit là , pour la France , d' un résultat enviable .

Ensuite , le progrès . Le progrès , c' est d'abord la croissance , et c' est aussi le changement qui permet de répartir plus justement les fruits de cette croissance .

Depuis trois ans , la France a poursuivi sa croissance à un rythme naturellement plus lent qu' auparavant , en raison de la crise internationale , le produit français , en volume , a augmenté d' environ 8 % . Et la consommation des Français d' un peu plus encore .

Je cite ces chiffres , car je sais que beaucoup de nos compatriotes pensent de bonne foi que la crise a réduit la quantité de biens produite ou consommée .

C' est l' inverse . La croissance , sur l' ensemble de ces trois ans , a continué , quoiqu'à un rythme plus lent .

Enfin , le changement : mon objectif - qui est l' objectif de ma vie , et pas seulement l' objectif de trois années - est de conduire le progrès dans l' ordre , c'est-à-dire de faire en sorte que la société française s' adapte aux nouvelles exigences de notre temps , que ce soit les exigences intérieures , celles de la justice , celles de la liberté , que ce soit les exigences extérieures , celles de notre indépendance et de notre rayonnement , et qu' elle le fasse dans l' ordre .

Conduire le progrès ou le changement dans l' ordre est une tâche de tous temps très difficile et qui a été rendue plus difficile encore au cours de ces trois ans par la situation objective de l' économie et de la politique .

Je ne vous ferai pas le catalogue de ce qui a été fait .

Ce serait trop long .

Les Français oublient facilement ce qui a été fait . En réalité , l' œuvre est considérable et tous les grands problèmes qui se posent aux Français ont été examinés à fond et un grand nombre d' initiatives ont pu être prises ou préparées .

Dans le domaine social , en particulier , l' effort a été remarquable même s' il reste méconnu : - relèvement des bas salaires , progression sans précédent du minimum vieillesse et action en faveur des retraites et des pensionnés , textes en faveur des travailleurs manuels , garanties aux travailleurs privés d' emploi , mesures en faveur des familles , des handicapés , des femmes dans leurs vies professionnelle et familiale , réforme du système éducatif , de façon à assurer une meilleure égalité des chances , et cetera .

La tâche , cependant , a été rendue difficile par la situation objective de l' économie et de la politique . Je la rappelle d' un mot .

En ce qui concerne l' économie , j' ai eu à présider aux destinées de la France pendant une crise économique internationale , et il va de soi que le changement est infiniment plus facile à conduire dans une période d' expansion économique rapide .

Quant à la situation politique , c' est , depuis quelques années , la coupure de la France en deux .

Je la considère comme mauvaise pour notre pays - je l' ai dit à plusieurs reprises -. Il n' est pas aise d' y mettre fin .

J' ai en tout cas évité de l' accentuer , et , le moment venu , j' aurai à prendre dans ce domaine de nouvelles initiatives . Nous y reviendrons tout à l' heure .

Vous avez raison .

Parlons donc de ces deux thèmes .

Le premier est celui de l' unité de la majorité . La majorité devait reconnaître sa diversité et aussi longtemps qu' elle ne la reconnaissait pas , et cherchait à imposer son uniformité , elle se bloquait .

Il y a eu une époque pendant laquelle on s' est efforcé de représenter la majorité comme étant d' une seule tendance , cette tendance ayant vocation à représenter 51 % des Français .

Cette vue n' était pas réaliste .

Il fallait que la majorité reconnaisse sa diversité , comme d'ailleurs - je le note en passant - le fait l' opposition .

Reconnaître sa diversité , dans un premier temps , peut donner - et je dirai a donné - le spectacle de la désunion .

On aurait pu imaginer que cette diversité soit reconnue d' une manière qui ne fasse pas ressurgir des conflits ou des antagonismes .

Ceci est le passé . Il faut voir l' avenir .

La majorité doit reconnaître sa diversité , mais elle doit transformer cette diversité en entente .

Tel est l' objet de la concertation majoritaire .

L' opinion publique , vous avez raison , n' entre pas dans les considérations des partis politiques . Elle perçoit avec un instinct très sûr les divisions et elle les condamne sévèrement . Il faut donc concilier au plus vite diversité et entente .

Et pour qu' il y ait entente , il faut que l' opinion éprouve le sentiment qu' il existe une animation centrale . Cette animation centrale , c' est au premier ministre de la mener .

C' est à lui , lorsque c' est nécessaire , d' atténuer les conflits et les rivalités . Je suis heureux , à cet égard , que l' idée du pacte majoritaire " franc et loyal " , que j' avais évoqué dans une de mes interventions précédentes , ait progressé ces jours derniers au sein de la majorité .

Le deuxième problème , c' est le redressement économique .

Je crois que là aussi il faut aller plus loin . La France est entrée , avec le reste du monde , dans une crise très sévère à l' automne de 1973 .

Une crise que la France n' a pas accepté tout de suite de reconnaître comme étant une modification durable de ses conditions d' existence .

Elle a souhaité que ce soit une sorte de mauvais passage , une parenthèse dont on sortirait au besoin par un traitement énergique , mais de façon à pouvoir aussitôt que possible reprendre les choses comme avant .

Je cite toujours un chiffre , qui est très simple : si à l' heure actuelle nous payions notre pétrole au prix des importations de 1973 , nous disposerions de 40 milliards de surplus financier que nous pourrions utiliser à d' autres emplois et en premier lieu , au progrès social .

Avec ces 40 milliards , on imagine bien que la situation serait profondément , durablement et aussi électoralement différente .

Donc , nous sommes entrés dans une crise profonde , dont il ne fallait pas croire qu' on sortirait par quelques artifices .

L' année 1974 a vu le début d' une politique énergique de lutte contre la hausse des prix qui a permis de réduire de 18 à 10 % la hausse annuelle .

Tous les pays ont eu à souffrir du chômage en 1975 . Et tous ont adopté des politiques correctives . Nous l' avons fait également .

Mais l' inflation n' avait pas renoncé , et réapparaissait au milieu de l' année 1976 sous les formes les plus dangereuses .

J' ai décidé qu' il fallait faire prendre conscience au pays de la gravité du problème économique et social .

Faute de quoi la crise minerait la France comme tel ou tel pays voisin dont nous connaissons les difficultés - par exemple outre-manche - et nous affaiblirait indéfiniment . D' où la constitution du gouvernement Raymond Barre et l' élaboration d' un programme complet , de rétablissement de notre situation économique et sociale .

Il n' y a pas eu deux plans Barre , il n' y en a eu qu' un , celui du mois de septembre . Ce qui a été fait récemment , c' est une mise à jour , c' est un complément qui ajoute un certain nombre d' éléments , notamment sociaux , principalement en faveur des personnes âgées et des familles .

Mais la ligne est restée la même . Il n' y a pas eu de changement de cap .

J' ai indiqué à Raymond Barre que sa mission était de faire sortir la France de la crise et qu' il était souhaitable , du point de vue national , que ce résultat soit obtenu d' ici la fin de cette année .

Pourquoi peut - on dire aujourd'hui que c' est possible ? C' est que nous avons beaucoup progressé le long du chemin .

Notre commerce extérieur approche de l' équilibre ; notre monnaie , depuis le mois d' octobre , ne bouge pas , et je vous indique en passant , puisqu'on parlait de trois ans tout à l' heure , que le dollar aujourd'hui vaut 4-95 f.

Citons qu' il valait 4-87 f le 17 mai 1974 .

Donc , malgré les accidents de parcours et toutes les difficultés de cette période , le rapport du franc avec la principale monnaie du monde n' a pas bougé .

Du point de vue de l' évolution des prix et de l' inflation , nous avons décroché du niveau de 10 % .

Nous sommes maintenant au-dessous de ce niveau et nous allons vers des seuils plus modérés , malgré le mauvais résultat d' avril .

Quant à l' activité économique , elle s' est stabilisée pendant l' automne et les derniers indices font apparaître la reprise d' une certaine croissance , il faut attendre naturellement le printemps et l' été pour en avoir la confirmation . Donc , la France est en train de sortir de la crise et lorsque l' opinion apercevra cette sortie , elle apportera clairement , à mon avis , son soutien psychologique et son approbation à la politique qui aura permis d' obtenir ce résultat .

J' ai indiqué à de nombreuses reprises que le premier ministre conduirait l' action de la majorité en vue des élections législatives , et ceci quel que soit le premier ministre .

L' année dernière , au mois de mars , j' avais confié au premier ministre de l' époque , Jacques Chirac , une mission de coordination de l' action politique de la majorité .

Lorsque je me suis exprimé devant la presse , le 17 janvier dernier .

Qui conduirait la majorité en vue des élections législatives . Pourquoi ? D'abord , pour une raison historique .

Il en a toujours été ainsi .

Par exemple , lors des élections de 1967 , Georges Pompidou n' était en rien le chef d' un parti politique de la majorité . C' est lui qui a conduit la campagne .

Lors des élections de 1973 , monsieur Messmer n' était pas le chef d' un parti politique de la majorité . C' est lui qui a conduit la campagne .

Mais il y a une raison plus profonde : finalement , dans une élection législative , les électeurs se prononcent , pour l' essentiel , en fonction de l' action gouvernementale , soutenue par la majorité et critiquée par l' opposition .

Ce qui entraîne que le personnage central se trouve être , par la nécessité des choses , celui qui a conduit cette politique et qui est donc qualifié pour l' exposer et la justifier .

C' est à travers le premier ministre que l' opinion perçoit l' unité profonde de la majorité .

Chaque Française et chaque Français l' a constaté lors du débat Barre - Mitterrand .

Raymond Barre n' avait pas besoin d' y être désigné comme le leader de la majorité . Il l' était d' une manière naturelle , par l' exercice de ses responsabilités , et aussi par le sentiment qu' il donnait de pouvoir assurer le succès de la majorité .

C' est donc Raymond Barre qui conduira la majorité lors des élections législatives .

Naturellement , les partis politiques ont dans ce domaine un rôle éminent à jouer . Rôle d' animation , d' explication , de choix des bons candidats . Ils le feront dans le respect de leur autonomie , et dans la concertation de leur action .

D'abord il faut noter que cette performance télévisée est la première du genre . C' est la première fois qu' un premier ministre débat avec un leader de l' opposition .

Raymond Barre , qui est un homme 9 en politique , a cependant pris ce risque et il a manifestement marqué un important avantage .

Il a été reconnu de ce fait par l' opinion , en profondeur , comme étant , en effet , celui qui pouvait exprimer le point de vue de la majorité .

Je pense , comme vous , qu' il convient désormais qu' il prenne un certain nombre d' initiatives pour développer cette action coordonnée de la majorité . Il a déjà eu des entretiens avec certains des mouvements de la majorité . Il va être appelé à élargir son action .

C' est au premier ministre de l' examiner . Il viendra un moment où une délibération commune de la majorité , portant à la fois sur le contenu du pacte majoritaire et sur élaboration des principes qui seront défendus en commun , deviendra nécessaire .

Il n' y a jamais eu , sous la cinquième République , d' investiture présidentielle , que ce soit le général de Gaulle , que ce soit le président Pompidou ils n' ont jamais autorisé qui que ce soit à se réclamer de leur investiture .

Votre question touche en réalité à une autre question , à savoir mes intentions en 1978 .

En cas de victoire de l' opposition . Je voudrais d'abord faire une remarque .

Il se trouve - les hasards de l' histoire le font ainsi - que je suis en France , à l' heure actuelle , le seul à avoir exercé les fonctions de président de la République .

Je suis donc le seul à savoir ce qu' est à la fois cette responsabilité et cette charge .

Beaucoup d' entre vous , dans leur expérience personnelle , savent très bien qu' on ne connaît une fonction , une situation , que de l' intérieur .

C' est donc un problème de responsabilité qu' à l' heure actuelle , je suis mieux qualifié que quiconque pour apprécier .

Il y a trois ans , moins une semaine , puisque c' était le 27 mai .

La constitution définit , dans son article 5 , le rôle du président de la République .

Cet article 5 indique d'abord qu' il est le gardien de la constitution .

Gardien de la constitution , il doit se l' appliquer à lui - même . Elu pour 7 ans , il doit remplir son mandat .

Cet article 5 dit également quelle est la mission essentielle du président de la République , qui est d' assurer par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que de la continuité de l' Etat " .

Assurer la continuité de l' Etat , c' est une formule qui n' a pas de raison d' être pour les temps faciles .

Elle indique la mission à remplir dans les temps difficiles .

Un président de la République , élu pour 7 ans .

Je ne déserterai pas la fonction que j' exerce .

Je n' ai exercé dans ma vie publique que deux seules fonctions , en refusant toutes les autres : ministre des finances et président de la République .

Dans chacun de ces deux postes j' ai assumé , ou j' assumerai jusqu' au bout mes responsabilités .

Cette analyse institutionnelle , c'est-à-dire cette obligation d' exercer quoi qu' il arrive la fonction présidentielle , n' exprime d' aucune manière , comme on cherche à le faire croire , une résignation a ce que les Français fassent un choix qui ne soit pas bon pour eux . On peut , à la fois , s' engager à remplir ces fonctions et en même temps décrire aux Français le bon choix pour eux et pour la France .

Je n' emploie jamais le terme de gauche , parce que si l' on emploie le terme de gauche , il faut employer le terme de droite .

Et que si la politique que j' ai conduite était une politique de droite , elle n' aurait pas été critiquée là où elle a été critiquée , et par ceux qui l' ont critiquée .

Donc , il s' agit du programme commun .

J' observe d'abord que , de divers côtés , au sein de l' opposition , des questions se posent aujourd'hui sur les risques inhérents à la stratégie du programme commun . L' opposition prend conscience des risques majeurs de ce programme .

A cet égard , l' initiative du parti communiste sur le chiffrage est une initiative de clarification , car que peut valoir un programme de gouvernement s' il n' est pas chiffré ? Je m' attendais , comme chacun , à ce que les travaux qui vont se dérouler aient désormais pour premier objet la discussion du chiffrage du programme commun .

Il peut se faire , en effet , que l' évaluation du parti communiste soit récusée par ses partenaires . Je n' attendais pas que la décision prise soit l' escamotage du chiffrage . Un programme commun non chiffré , ce n' est pas un programme de gouvernement . Ce n' est qu' un programme électoral .

Chacun sait , en effet comment on fabrique un programme électoral : en recensant un certain nombre d' insatisfactions et en additionnant un certain nombre de promesses .

La rencontre avec les réalités du gouvernement se fait au moment du chiffrage . On n' a pas le droit de dissimuler aux Français le coût de la politique qu' on leur propose parce que c' est eux qui , finalement , paieront .

Un Etat n' a pas d' autres ressources que celles de ses citoyens . Les Français savent parfaitement que le progrès social se mesure et doit être financé .

Ils savent parfaitement que la dépense publique se paie , notamment par l' impôt . Le chiffrage , c' est ce qui transforme une affiche électorale en programme de gouvernement . D' ici échéance de 1978 .

Mon rôle est de protéger la constitution , de l' appliquer , ce n' est pas de la critiquer . S' il s' agissait de critiquer , d'ailleurs , ne faudrait - il pas commencer par les institutions de la IVème république ? N' est - ce pas à elles que , mot pour mot , la critique de Pierre Mendes-France s' applique exactement ?

.

Il ne faut pas dire que la constitution de 1958 a été faite sur mesure pour le général de Gaulle . La constitution de 1958 a été faite à partir des travaux d' un gouvernement auquel participaient Guy Mollet et le président Pinay . Paul Reynaud présidait aux destinées du comité constitutionnel . On retrouve , dans cette constitution , un débat constant de la politique française qui tend à assurer un certain équilibre des pouvoirs : elle prévoit en effet la prépondérance du rôle du président de la République sans aller jusqu' au régime présidentiel .

La question que vous posez , c' est : pourrait - il y avoir un régime plus tranché , un régime présidentiel , un régime d' assemblée ? Pour ce qui est du régime d' assemblée , je vous renvoie à nos propres souvenirs , on a l' exemple actuel de certains de nos voisins , pour voir le résultat qu' on pourrait en attendre dans la situation actuelle : l' incohérence et la violence .

Quant au régime présidentiel , c' est un régime qui suppose une adhésion totale de la population au fonctionnement des institutions et le respect d' un certain nombre de disciplines communes . C' est donc un régime qui ne pourrait exister qu' après qu' aient disparu , dans l' avenir , la coupure de la France en deux et la division idéologique de notre pays .

Il y a deux questions dans votre question . C' est au parti communiste qu' il faut poser la première . On peut imaginer que les positions prises par d' autres partis communistes européens aient pesé dans sa décision . J' ai eu l' occasion de dire à la télévision que le parti communiste italien avait voté le projet de ratification , et qu' il paraissait difficile de dire qu' un texte voté par leurs camarades italiens était jugé inacceptable par les communistes français .

Votre deuxième question concerne l' avenir de l' Europe .

Je considère comme très important que l' Europe cesse de se consacrer à la modification perpétuelle de ses institutions , et qu' elle cherche davantage à en améliorer le fonctionnement , et à leur donner une efficacité pratique .

Lorsque j' ai été élu président , il n' y avait pas de conseil européen , et l' on discutait de projet d' élection de l' assemblée européenne .

Nous avons pu créer le conseil européen et je pense , qu' à une majorité que je souhaite large , le parlement français ratifiera ce projet d' élection .

Ce projet n' a nullement pour objet de modifier les compétences de l' assemblée européenne , ce point est parfaitement clair , et a été tranché sans équivoque , à ma demande , par le conseil constitutionnel .

Mais les institutions européennes peuvent faire beaucoup plus qu' elles ne font dans le cadre de leurs compétences présentes .

Je vous rappelle que l' Europe n' a toujours pas de politique de l' énergie ; qu' elle n' a pas de politique industrielle ; qu' il n' y a pas d' unité monétaire de l' Europe ; que ce qu' on appelle l' union économique est interrompue depuis maintenant près de trois ans .

Et , donc , qu' il y a un immense travail européen à accomplir .

Je mentionne aussi les difficultés de la politique agricole commune .

On avait annoncé que le début serait très tourmenté .

Il ne l' est pas vraiment .

La taxe professionnelle a été votée mardi soir par la majorité quasi-unanime et après une concertation qui s' est déroulée dans des conditions positives . Il n' y a pas lieu de penser que la fin de la présente session doive être particulièrement difficile .

Je l' ai dit parce que j' avais décidé de le faire .

Désormais , une telle décision serait d'autant plus justifiée dans l' avenir .

En effet , l' assemblée nationale a voté , à une large majorité , la confiance au gouvernement de Raymond Barre .

L' adoption d' une motion de censure , qui suppose son vote par un nombre important de membres de la majorité , signifierait que ceux - ci reviennent sur leur vote de confiance et qu' il n' y ait plus , dès lors , de vraie majorité .

Dans ces conditions , il y aurait lieu de prononcer la dissolution .

Mais je fais confiance aux députés de la majorité , à ces hommes et à ces femmes qui connaissent en profondeur les réalités françaises et qui ont une haute conscience de leurs responsabilités , pour maintenir le soutien qu' ils ont apporté à Raymond Barre . Raymond Barre conduira la législature jusqu' à son terme .

Vous voulez dire la dernière fois ? . Non , parce que j' estime que la menace exprimée par le président de la République , au moment où se déroulaient les débats parlementaires , aurait pu être ressentie comme ayant un caractère de pression . Mais j' avais prévenu le premier ministre .

Deux résultats : d' une part , il est plus facile de conduire la politique de la France en s' appuyant sur un environnement international plus sain .

Or , sans qu' on puisse s' attendre à une amélioration fondamentale de la situation internationale , la conjoncture industrielle 1977 sera cependant meilleure .

D' autre part , sur le plan des pratiques commerciales , nous avons pu faire progresser l' idée qu' on ne pouvait se contenter d' un libre-échangisme d' inspiration du 19ème siècle , et qu' il y avait désormais des problèmes de structures à prendre en considération .

Un certain nombre d' industries françaises fragiles doivent subsister en dépit des situations de concurrence abusive ou de monopole qui existent ici ou là . Et nous avons le devoir d' y veiller .

Vous parlez en réalité des partis . J' ai été frappé de voir qu' il y avait , parmi les députés , que j' appellerai de " base " de la majorité - et qui exercent , à leur manière , une sorte d' apostolat , car , quelle profession est plus ingrate , quel métier exige en réalité autant de dévouement - , une disponibilité certaine pour les réformes .

La preuve , c' est que les réformes ont été votées .

Rappelez - vous que les réformes jugées très difficiles , par exemple certaines réformes touchant les mœurs .

Rappelez - vous certains textes , comme par exemple ceux sur la réforme foncière , dont on parlait indéfiniment mais qui n' aboutissaient jamais : ils ont été votés courageusement par les députés de " base " .

Je considère qu' il y a parmi les parlementaires de la majorité une disponibilité pour la réforme et que c' est une injustice de les classer suivant leur étiquette politique entre partisans et adversaires de la réforme .

Mais l' accentuation du rôle des partis et de leurs appareils , observée pour diverses raisons , à partir du printemps 1976 , a constitué sans aucun doute un obstacle aux réformes .

C' est pourquoi , j' ai dû en quelques occasions rappeler aux partis leurs responsabilités et leurs devoirs .

En dépit des apparences , j' ai été chaque fois compris et entendu . Je recommencerai s' il est nécessaire .

La deuxième question n' a pas de sens et il n' est pas honnête de la poser . On peut interroger quelqu'un sur ce qu' il compte faire , mais non sur ce qu' il imagine que les autres feront . Elle est évidemment influencée par le climat du moment . Sans doute serait - elle déjà modifiée si vous posiez la même question aujourd'hui , après le dernier face à face télévisé .

La première réponse , en revanche , est intéressante . Elle dit comment les Français voteraient effectivement .

Ce résultat me surprend favorablement , parce que je sais bien que j' ai porté depuis trois ans le poids des problèmes de la France tandis que monsieur Mitterrand n' a eu à formuler que des critiques et des propositions . Ce sondage est meilleur - puisque nous parlons d' anniversaire - qu' aucun de ceux qui ont été publiés dans les mois qui ont précédé mon élection , et il se compare tout à fait à ceux des semaines qui précédaient immédiatement ma victoire .

Dans une certaine mesure , c' est vrai . Je veux dire par là que je crois qu' il y a , dans la gauche française , des hommes d' inspiration authentiquement généreuse . Je le crois .

Je n' ai jamais revendiqué le monopole du cœur , j' ai simplement contesté que d' autres se l' arrogent . J' ai voulu que le gouvernement le prouve par ses actes . Ces trois dernières années ont vu l' amélioration sans précédent de la situation d' un certain nombre de Français défavorisés .

Le 1er juillet prochain .

Je peux vous dire que c' est moi - même qui ai insisté pour que le gouvernement imprime ce rythme sans précédent , et que je n' ai jamais cessé de penser pendant ces trois ans , aux difficultés de vie des personnes âgées , discrètes , silencieuses , et démunies de moyen de pression , au moment où vient le soir de la vie .

De même , j' ai fait voter une loi sur les handicapés qui est la plus avancée dans le monde .

J' ai voulu que soit traité le problème de gens qui ne sont pas fortement représentés sur le plan électoral et qu' on ne voit pas dans la rue : les veuves , les femmes isolées ayant des enfants à charge , pour lesquelles nous avons pris des dispositions très importantes , qui étaient attendues depuis longtemps . Nous avons démontré que nous avions autant que d' autres des préoccupations humaines , et que personne ne pouvait prétendre au monopole du cœur .

C' est une des conséquences de la coupure de la France en deux , car cette coupure idéologique sépare , sur un certain nombre de sujets , des hommes et des femmes qui pourraient sans cela apporter ensemble leur concours à un certain nombre de réformes .

La difficulté que la France éprouve à vivre à l' heure actuelle , qu' elle ressent , qui est à l' origine de ce qu' on appelle son malaise , n' est pas une difficulté tenant à telle ou telle décision gouvernementale , c' est une difficulté qui tient à cette coupure profonde de la France en deux , qui fait que tout évènement est un évènement dramatique .

J' ai regardé récemment les courbes de sondage des trois dernières années .

Les élections cantonales ont créé un ébranlement profond dans la vie de la France . Les élections municipales aussi .

Pourquoi ? Autrefois , aucune de ces élections ne donnaient lieu à pareil ébranlement .

A l' heure actuelle , tout évènement est amplifié et prend une résonance et une dimension , qui sont à l' origine de l' inquiétude et même de l' angoisse d' une partie de nos compatriotes .

Il est surprenant de constater que la plupart des Français sont d'accord sur l' essentiel de la politique étrangère alors qu' ils pourraient très bien être divisés , et que sur des sujets sur lesquels il existe une approche objective , par exemple le problème de la sidérurgie , celui de la viticulture , celui de l' industrie textile , ils sont au contraire profondément et artificiellement coupés en deux .

On me fait parfois le reproche de vouloir changer de majorité pour la remplacer par une autre . A ce moment - là , la France serait coupée en trois . Tel serait le seul résultat de l' opération ! mais il faut voir plus loin , et combler le fossé qui sépare les deux France .

On parle souvent de confiance . La France ne peut pas avoir confiance , si elle ne peut compter que sur la moitié de ses forces .

La politique économique et sociale qui est suivie par le gouvernement est la seule qui peut être mise en œuvre à l' heure actuelle pour assurer le redressement du pays , et je crois qu' en profondeur les Français le savent . Ils n' auraient pas accueilli les récentes explications du premier ministre .

Comme ils l' ont fait s' ils n' étaient pas en eux - mêmes convaincus qu' il a raison .

Sur le problème des jeunes , un certain nombre de mesures importantes ont été prises par le gouvernement , ou vont être prises bientôt par le parlement .

Ces mesures ont été calculées pour assurer l' emploi de tous ceux qui vont arriver cette année sur le marché du travail . Tel est leur objet .

Naturellement , il faudra surveiller l' application et c' est pourquoi pendant tout l' été ...

Et les principaux ministres se rendront dans les départements pour voir sur place comment les choses se passent . L' activité gouvernementale sera sans précédent pendant l' été , et uniquement centrée sur les problèmes de l' emploi , puisque c' est le moment où se prépare la rentrée du travail des mois de septembre et octobre .

J' ajoute qu' en réfléchissant à l' ensemble des problèmes concrets qui se posent aux jeunes aujourd'hui , je m' interroge sur l' intérêt qu' il y aurait d' en prendre une vue globale et donc de confier à une seule personne une réflexion sur l' ensemble des problèmes d' éducation , de formation et d' emploi ainsi qu' un certain nombre de questions sociales complémentaires .

Car , à l' heure actuelle , l' approche du problème des jeunes est une approche fractionnée .

On prend le jeune à l' école , le jeune à l' université , le jeune à la recherche d' un emploi , le jeune dans ses loisirs , et on ne voit pas qu' il existe une relation profonde entre tous ces facteurs . Une politique globale de la jeunesse face aux responsabilités et aux changements du monde moderne devient , à mes yeux , primordiale .

Sur le plan international , assurer à la France sa liberté et sa sécurité . Sur le plan intérieur , faire avancer notre pays sur la voie de l' unité . Et pour cela , continuer le combat pour le progrès et pour la justice .

Sur le plan international , le monde et aussi l' Europe sont en crise . C' est un point qu' il n' est pas besoin , je pense , de développer .

La France , toujours inquiète , réputée instable , est actuellement un îlot de stabilité et de liberté .

Nous devons les lui conserver pour qu' elle soit un des pays vigoureux et sûrs de notre continent .

La grande quête de la France , sur le plan intérieur , est celle de l' unité . La solution est idéologique et non sociologique . La France sociologique est largement entrée dans la voie de l' unité . La grande majorité du pays tend à se fondre dans un groupe unique , aux mêmes aspirations et de même culture . Les idéologies doivent se rapprocher .

Il n' y a d' autre obstacle que celui qu' opposent les ambitions personnelles toujours éveillées ou le pouvoir des appareils de partis .

Le progrès vers l' unité , c' est aussi le progrès vers la justice . La France au fond d' elle - même le sait , et le veut . C' est pourquoi en dépit des difficultés je poursuivrai et j' atteindrai ces objectifs .

Et pour conclure , je me fixe trois étapes . La première est celle du redressement économique et de la sortie de la France de la crise . Elle est essentielle , pour le bien-être des Français , mais aussi sur le plan national . Car si elle n' est pas franchie , les Français changeront , comme partout ailleurs , la majorité en place . Aucune déclaration n' y changera rien . Par contre , si la France sort de la crise , elle retrouve la liberté du bon choix .

La seconde est celle du succès de la majorité en mars 1978 . Elle suppose une approche positive , l' ouverture de la fenêtre sur l' espoir et l' avenir .

La majorité ne doit pas aborder ces élections en marchant à reculons .

Il ne faut pas laisser la France vivre en dehors des réalités , à la frontière du rêve et du cauchemar . Il faut lui montrer ce qu' elle est capable de faire . Il faut parler à sa fierté et à son cœur .

La troisième étape est celle de la recherche de l' unité française . Je l' ai essayé après mon élection présidentielle . Je n' ai pas abouti : les esprits n' étaient pas prêts . Au lendemain des élections législatives , j' œuvrerai pour l' unité française .

Vous me demandez ce que je veux être , dans cette époque où le sort de l' homme politique compte peu , et où , dès qu' il disparaît son souvenir s' étouffe sous les lourdes couvertures de l' oubli .

Je veux contribuer à l' unité française . Je n' ai jamais été un partisan , ni dans mes actes , ni dans mon langage . Je souffre de voir la France divisée , comme elle en souffre elle - même . Tout ce qui pourra être fait pour l' unir , je le ferai .

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