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Pourquoi un rôle important et délicat ? Parce que nous sommes une puissance nucléaire de plein exercice , nous sommes d'abord une puissance nucléaire militaire , en ce sens que nous disposons d' un armement nucléaire et thermonucléaire ; la bombe classique , la bombe d' Hiroshima et la bombe " h " , pour employer le langage habituel et , d' autre part , parce que nous sommes une puissance nucléaire civile complète ; nous disposons déjà d' une usine d' enrichissement qui a été conçue à l' origine à des fins militaires , nous allons disposer d' ici peu d' une usine d' enrichissement conçue à des fins civiles et parfaitement compétitive .

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V. Giscard d'Estaing - 22 juin 1977

Bonjour .

Je suis venu répondre à vos questions . Vous avez vu , en effet , les documents essentiels à la suite de la visite de monsieur Brejnev en France .

Nous avons fait un certain nombre de déclarations , mais je pense que vous vous posez certaines questions et je suis là pour vous répondre .

Dans l' intervalle , vous avez pris connaissance des textes et notamment des documents essentiels , c'est-à-dire de la déclaration commune franco - soviétique , de la déclaration sur la détente , et de la déclaration sur la non prolifération des armes nucléaires quelles sont vos questions à propos de cette rencontre et à propos de ces documents .

Vous avez certainement lu la déclaration sur la détente .

C' est une déclaration qui a été mise au point au cours des dernières semaines , et notamment à la suite de la visite de monsieur De Guiringaud à Moscou .

C' est une déclaration très importante par sa substance et qui a été rédigée , vous le voyez , d'après son style , à partir d' un projet français .

Cette déclaration , qui est donc commune , énonce un certain nombre de principes liés à la détente , exactement 10 principes .

Vous avez vu que lorsque j' ai reçu monsieur Brejnev , j' avais insisté moi - même sur certains de ces principes , puisque la préoccupation de ces principes est plus particulière à la France ; j' avais parlé de la modération dans la compétition idéologique , du respect des droits de l' homme et des libertés fondamentales , de la non ingérence dans les affaires intérieures et le fait qu' il faut avoir , en ce qui concerne la détente , une conception globale , c'est-à-dire ne plus s' en tenir à la détente en Europe , qui est en quelque sorte l' héritière de la guerre froide , mais avoir une vue mondiale du problème de la détente , et donc considérer qu' elle intéresse effectivement toutes les parties du monde .

Alors , que disent les textes à cet égard ? Sur le premier point - vous le retrouvez à l' alinéa 6 , c'est-à-dire lorsqu' on dit qu' il s' agit de maintenir un climat favorable dans les relations entre Etats .

C' est ce que nous voulons dire par la détente idéologique . Sur la non ingérence dans les affaires intérieures , elle est reprise entièrement dans le texte , c' est le paragraphe 4 .

Le caractère global de la détente figure au paragraphe 7 .

C' est donc bien la conception globale , je dirai mondiale , de la détente .

Alors , le point le plus sensible , auquel vous faisiez allusion , c' est le point qui concerne les droits de l' homme et la rédaction qui a été adoptée me paraît particulièrement significative , c' est pourquoi j' en parle en dernier ; c' est le point 10 et je vous le lis : " les deux parties confirment en outre que le respect des droits de l' homme et des libertés fondamentales par tous les Etats constitue l' une des bases d' une amélioration profonde de leurs relations mutuelles " . C' est donc , d' une manière très précise et très solennelle l' annonce de l' importance du respect des droits de l' homme et des libertés fondamentales pour ce qui est de l' amélioration des relations entre l' Union soviétique et la France .

MONSIEUR Brejnev parle au nom de son pays , l' Union soviétique .

Il est d'abord très important pour la France de souligner aux yeux de l' opinion française et internationale , la portée de cette question .

Il faut en effet que les Français sachent que la France est le pays des droits de l' homme , qu' elle est le pays des libertés fondamentales , que ceux - ci figurent dans tous nos textes constitutionnels , nos textes de lois et que nous appliquons scrupuleusement ces principes .

D'ailleurs , j' observe que l' année dernière il y avait encore dans la politique française certaines initiatives tendant à ce qu' on appelait à l' époque la défense des libertés , il y avait des comités et des commissions , et je m' aperçois que tout ceci a disparu , et disparu pourquoi ? Cela a disparu devant l' évidence qu' à l' heure actuelle les pouvoirs publics en France , le président de la République , le gouvernement , sont profondément attachés au respect des droits de l' homme et des libertés fondamentales et je dirai , mesdames et messieurs les journalistes , vous en savez quelque chose .

Ce qui est important du côté soviétique , c' est la reconnaissance de ce principe . Ce principe figure bien entendu déjà dans l' acte final d' Helsinki , mais c' est la première fois qu' il figure dans un accord bilatéral entre l' Union soviétique et un de ses principaux partenaires .

Il y a d'abord l' affirmation du fait que la situation actuelle du monde , situation dans laquelle il existe de gigantesques arsenaux , à la fois nucléaires et conventionnels , est une situation qui est périlleuse pour le monde , et d'ailleurs , si l' on prend le niveau atteint par les armements , sans précédent dans l' histoire de l' humanité .

Entre l' Union soviétique et la France , un grand effort doit être accompli dans la direction de la réduction de ce potentiel militaire .

Les soviétiques ont pris un certain nombre d' initiatives .

Vous avez vu , dans les textes qui ont été signés , que nous n' avons pas repris certaines d' entre elles et d'ailleurs je dirai qu' elles n' ont même pas été discutées ; par exemple la proposition qui avait été faite par les soviétiques de renoncer à l' usage en premier de l' arme nucléaire n' a pas été évoquée au cours des discussions que j' ai eues avec monsieur Brejnev , d'ailleurs nous avions eu l' occasion de faire savoir qu' une telle disposition n' était évidemment pas applicable pour la France , puisque si nous la retenions elle mettrait en cause le principe même de notre dissuasion nucléaire .

J' ai d' autre part rappelé qu' en matière de désarmement il y avait deux notions différentes , il y avait la notion de l' accumulation armements considérables , d' une part , et il y avait d' autre part le fait que tout pays et donc le nôtre , à bien évidemment droit à assurer sa sécurité au niveau minimum où celle - ci doit être satisfaite . Il faut donc chercher une conciliation entre ces deux exigences .

Les points sur lesquels nous avons pu accorder nos vues sont : d'abord le fait que la France est favorable à la tenue , sans doute en 1978 .

D' autre part le fait que nous serions également favorables à une proposition soviétique qui est celle d' une conférence mondiale sur le désarmement .

Nous ajoutons donc une condition en ce qui concerne cette conférence mondiale , c' est la participation de l' ensemble des puissances nucléaires .

Car une telle conférence mondiale n' aurait évidemment pas son sens si telle ou telle puissance nucléaire en était absente . Mais je dirai , ce qu' il y a de nouveau sans doute dans notre discussion sur ce sujet , c' est le fait que j' ai indiqué que le problème du niveau des armements était pour la France un problème sensible , qui appelait notre préoccupation et que donc nous allions suivre de très près le développement des initiatives internationales sur ce sujet .

Je ne crois pas que ce soient des choses agréables ou désagréables .

Je crois que dans des réunions de cette nature , il faut se dire la vérité .

Alors , il y a des vérités qui sont reconnues en commun et il y a , au contraire , des vérités sur lesquelles il peut y avoir une différence d' appréciation .

Je pense que lorsqu' il a prononcé ce jugement , monsieur Brejnev faisait allusion aux questions qu' il a posées lui - même et qu' il a posées notamment sur certains aspects du problème de la défense en France .

En réalité deux questions : la première , il a mentionné la nature de la participation de la France à l' alliance atlantique , et je lui ai fait observer que c' était un fait pour moi , depuis la période où je rencontrais des hauts dirigeants de l' Union soviétique .

La première décision , c' était la sortie de la France de l' organisation militaire intégrée , connue sous le nom de l' OTAN .

La deuxième décision , c' était le maintien de la France dans l' alliance atlantique .

Et le général de Gaulle a eu à plusieurs reprises l' occasion de s' expliquer très complètement sur ce sujet . Il ne semble pas toujours que , pour nos interlocuteurs , la perception de ces deux décisions soit complètement acquise .

C' est ainsi qu' un deuxième problème a été évoqué , celui de la participation éventuelle de la France à un conflit qui pourrait se déclencher en Europe .

On a dit que la nature de la décision prise par le général de Gaulle , et qui est la même ligne politique dont je m' inspire , c'est-à-dire la sortie de la France de l' organisation intégrée du pacte atlantique .

En effet , lorsqu' on participe à une organisation militaire intégrée , la liberté de décision vous est retranchée ; puis vos forces font partie d' un système qui se met lui - même en mouvement , et qui donc se substitue à votre propre décision .

Et j' ai souligné que nous étions très attachés à ce que cette décision fondamentale , qui engage non seulement l' avenir mais vraisemblablement l' existence même de la France , soit une décision que nous prenions librement , nous - mêmes .

A partir du moment où nous prendrions cette décision , la France se retrouverait aux côtés de ses alliés , puisqu'elle fait partie de l' alliance atlantique et j' ai rappelé à monsieur Brejnev qu' il n' y avait pas à l' heure actuelle à ma connaissance en France un seul parti politique , je dis bien un seul , qui remette en cause la participation de la France à l' alliance . Alors , des lors que la France se trouve vraiment engagée aux côtés de ses partenaires dans cette alliance , il est normal que les spécialistes , que les techniciens , examinent les différentes hypothèses et , au niveau de leur compétence , fassent les travaux de préparation nécessaires .

Non , ce serait aller trop loin . Nous avons parlé de ce sujet , et vous retrouverez , là aussi , dans notre texte , le fait que l' Union soviétique est très sensible aux problèmes que posent , à l' heure actuelle , le développement économique dans le monde et l' inégalité de la répartition des ressources entre les différentes parties ou nations du monde .

Quant à la forme de sa participation , l' Union soviétique ...

L' Union soviétique pratique , vous le savez , une politique qui consiste à traiter directement , sur la base bilatérale , la plupart des problèmes d' aide et de développement .

J' ai indiqué à monsieur Brejnev que l' organisation économique à venir ferait sans doute de plus en plus une large place aux organisations , organisations de marches , organisations multilatérales , concertation en matière d' aide , et qu' il serait donc normal , et sans doute à long terme inévitable , que l' Union soviétique et les pays socialistes soient associés à ce type d' action . Autant l' Union soviétique considère le problème à l' heure actuelle , autant elle ne me paraît pas , pour le moment , disposée à entrer dans les mécanismes existants de l' action multilatérale internationale .

A l' occasion de votre question , je voudrais répondre à une interrogation , qui n' est pas la vôtre parce que vous - mêmes , les journalistes , vous connaissez bien ces problèmes , vous voyez quelle est la nature de la politique et de l' effort de la détente , mais à travers vous l' opinion se pose une question qui est de savoir ce que signifie , en réalité , cet effort vers la détente .

Est - ce que c' est un jeu diplomatique ? Est - ce que c' est un jeu diplomatique qui ne va jamais jusqu' à des réalisations concrètes ? Est - ce que c' est un piège ? Qu' est - ce que c' est ? Je dirai que , fondamentalement , la détente , c' est un choix .

C' est le choix d' un effort pour améliorer les relations , la compréhension entre des pays ou des ensembles de pays dont chacun sait que les orientations politiques , que les structures sociales , sont fondées sur des principes différents ; donc , c' est le choix d' une méthode systématique d' amélioration de ces relations .

Quelle est l' alternative à la détente ? Il faut la voir clairement : c' est d' organiser l' affrontement par divers moyens ; ces moyens peuvent être idéologiques , peuvent être militaires , peuvent constituer toutes sortes de formes de pression entre ces mêmes Etats .

Donc , il ne faut pas se poser la question de savoir si la détente est , en soi , une action qui comporte un déroulement parfait , il faut se poser la question de savoir si , au lieu de la détente , on choisit son alternative , et les hommes d' Etat ou les commentateurs qui critiquent la détente doivent tirer les conséquences de leur attitude et proposer l' alternative à la détente . Cette alternative , c' est la préparation de l' affrontement .

Compte tenu de ce que je disais tout à l' heure sur l' accumulation des moyens militaires de toutes natures , sur la puissance des pays en cause , imaginez ce que serait la situation du monde , à l' heure actuelle , si le langage tenu par les principaux dirigeants , monsieur Brejnev , monsieur Carter , moi - même , monsieur Schmidt ou d' autres , était celui de la préparation ou de l' hypothèse de l' affrontement . Je vous demande d' y réfléchir .

Donc , la détente , c' est le choix d' un effort de compréhension et de rapprochement .

A partir du moment où on fait ce choix , il est important de s' entendre sur un certain nombre d' objectifs et c' est pourquoi je considère qu' on a traité d' une manière , je dirai arbitraire , et sans doute légère , la portée de l' accord d' Helsinki , parce qu' on n' a pas regardé l' accord d' Helsinki .

Le lendemain de l' accord d' Helsinki , beaucoup ont dit : " vous avez signé cet accord , il n' est pas appliqué " .

Il est bien évident qu' un accord ne peut pas être appliqué au lendemain de sa signature , mais il était très important d' écrire pour la première fois un certain nombre de principes fondamentaux qui doivent guider , selon nous , les relations internationales . Nous sommes maintenant dans une phase suivante , qui est celle de veiller à l' application de ces principes et d' ajouter , lorsque nous nous rencontrons , des dimensions , des préoccupations plus précises pour bien définir ce domaine de la détente .

Alors , faut - il le faire à partir des cas concrets ? Faut - il le faire à partir de la définition de ces principes .

Et du rappel de leurs conséquences ? Je vous dirai que notre choix , le choix de la France , c' est qu' il faut le faire à partir de la définition de ces principes et du rappel de leurs conséquences mais qu' on ne peut pas le faire à partir des cas concrets pour une raison simple , c' est que tous nos pays , je dis bien tous nos pays - n' acceptent pas l' ingérence dans les affaires intérieures et je vous signale que la France n' accepte pas et n' accepterait pas l' ingérence dans ses affaires intérieures ; nous n' accepterions pas qu' un processus judiciaire en France fasse l' objet d' interventions diplomatiques extérieures , aucun de nous ne l' accepterait .

Donc , ce n' est pas à partir des cas particuliers , c' est à partir de l' affirmation des principes et , bien entendu , du rappel de ceux - ci et des conséquences que cela entraîne sur le plan des relations internationales et , tôt ou tard , sur le plan des réactions de l' opinion publique dans le monde ou dans son propre Etat .

Cela ne veut pas dire que nous nous désintéressions d' un certain nombre de situations humanitaires et il serait vraiment facile et injuste d' en faire le reproche à la France , pays dont je rappelais récemment qu' il est sans doute celui qui accueille , à l' heure actuelle , le plus grand nombre de réfugiés politiques ; réfugiés politiques qui mènent en France la vie que vous savez .

Chaque fois que nous rencontrons des dirigeants importants de pays où se pose tel ou tel problème , nous évoquons avec eux des cas humanitaires , chaque fois , nous obtenons le règlement de certains de ces cas . Mais , si nous voulons continuer dans cette direction , nous ne devons pas faire état de nos interventions sur le plan public , puisque alors c' est l' autre méthode , c'est-à-dire l' intervention dans des cas particuliers , et donc , ma réponse est que nous soulevons , bien entendu , un certain nombre de cas humanitaires et que nous obtenons des résultats positifs .

Vous savez que c' est un mot , ce mot " privilégié " , qui avait fait l' objet , quand on l' avait utilisé jadis , d' une certaine prudence soviétique .

Je me souviens , en effet , que lorsque les dirigeants français employaient ce mot - ce sont eux qui l' employaient - les Soviétiques étaient plus réservés sur son usage .

C' est pourquoi , en ce qui me concerne , vous avez vu que je n' ai pas fait l' emploi de ce mot . J' ai été frappé , dans les conversations de Rambouillet auxquelles assistaient un grand nombre de membres du gouvernement et d' experts , que ce soit monsieur Brejnev qui ait fait allusion lui - même au caractère " privilégié " des relations entre l' Union soviétique et la France .

Alors , vous avez vu que dans la déclaration générale , en effet , il y a cette indication .

Nous avons évoqué le problème de Djibouti et l' importance , pour nous de la reconnaissance , non seulement de indépendance du nouvel Etat de Djibouti , mais de son droit à vivre au sein de la communauté internationale .

Je peux vous dire que lorsque , il y a quelque temps , j' avais l' occasion d' évoquer les problèmes de Djibouti avec les dirigeants soviétiques , il n' y avait pas eu de prise de position de leur part et vous verrez , au contraire , que dans le texte , il s' agit là de la déclaration générale , il est fait allusion de façon très précise à l' indépendance de Djibouti et au respect bien entendu des prérogatives du nouvel Etat .

Alors , nous avons parlé de l' Afrique ; j' ai rappelé les thèses de la politique française , c'est-à-dire l' Afrique aux Africains , les choix essentiels de l' Afrique laisses aux Africains , le problème de la sécurité et du droit à la sécurité des Etats africains et , sur ces points , j' ai eu l' accord de monsieur Brejnev .

J' ai également mentionné un point qui va d'ailleurs dans le sens alors d' une préoccupation plus générale de l' Union soviétique .

Mais j' indique qu' une telle initiative , à mon avis , devrait venir des Africains eux - mêmes et c' est la raison pour laquelle je me suis abstenu de la formuler publiquement . Mais , si les Africains , ou telle ou telle organisation représentative de l' Afrique prenait une initiative dans ce domaine , elle recevrait du côté de la France un accueil favorable .

Quand je parlais de circonstances favorables , je voulais dire qu' il s' était produit dans le monde , depuis un an , une évolution des esprits qui allait dans le sens d' une appréciation , je dirai de plus en plus semblable , des conditions dans lesquelles pourrait être déterminé ce règlement juste et global au Moyen-Orient .

Vous vous souvenez que lorsque , en 1974 , nous avions défini un certain nombre de principes , ces principes avaient été vivement critiqués .

J' avais indiqué , parmi ces principes , alors , l' un d' entre eux qui est admis , puisque lui fait partie de la résolution des Nation-Unies , qui est l' évacuation des territoires arabes occupés .

Mais , j' avais ajouté un deuxième principe qui était celui de la reconnaissance du droit des palestiniens à disposer , comme chacun , d' une patrie , et ce principe , vous vous en souvenez , avait surpris , à l' époque et avait été vivement contesté , alors qu' à l' heure actuelle , il n' existe plus pratiquement personne qui envisage un règlement du problème du Moyen-Orient sans qu' effectivement les droits du peuple palestinien à disposer d' une patrie soient effectivement reconnus .

Et le troisième point , c' est le droit à l' existence respective de tous les Etats de la région , dans des frontières reconnues sures et garanties . Sur ces trois points , j' observe que , quelles que soient les circonstances de la vie politique des Etats concernés , l' Union soviétique et la France ont des attitudes semblables .

J' ai indiqué à monsieur Brejnev que je ne souhaitais pas entrer dans le détail de la formation de ces principes . Il y a un certain nombre de questions qui se posent ou qui sont posées à partir de la nature de cette évacuation , à partir de la conception juridique de cette patrie palestinienne mais j' estime qu' à l' heure actuelle , il n' est pas souhaitable de figer les positions , puisque ce sont les sujets même de la négociation et je considère que nous n' avons pas à intervenir dans le déroulement des évènements politiques internes , ici ou là , mais qu' il est important de rappeler la position de la France qui reste attachée à ces trois principes , et de constater que , sur ce point , il y a convergence entre la position de l' Union soviétique et la nôtre .

Il y a deux choses . La première : n' attendez pas du président de la République qu' il polémique avec quelqu'un qu' il a appelé lui - même à la fonction de Premier ministre . D' autre part , le déroulement d' une visite d' Etat en France comporte des entretiens , ce sont ceux qui ont été organisés , et des parties protocolaires et sur ces parties protocolaires , je n' ai pas d' appréciation à porter .

Un rôle de médiateur , non . Un rôle à jouer , oui , par la force des choses puisque , depuis l' entrée en fonction de la nouvelle administration américaine , il n' y a pas eu de contacts personnels entre monsieur Brejnev et monsieur Carter alors que j' ai rencontré successivement monsieur Carter et monsieur Brejnev .

D' autre part , en raison de la mise en place de cette nouvelle administration , d' un certain nombre d' initiatives qu' elle a prises , s' agissant de cas particuliers pour ce qui est des droits de l' homme , s' agissant de nouvelles approches de la négociation Salt .

Il y a , en effet , un élément de novation dans les relations entre les Etats-unis et l' Union soviétique .

Je ne retiendrai pas l' expression de " médiateur " puisque , dans le même temps , il y a des conversations directes entre les Etats-unis et l' Union soviétique , par l' intermédiaire des ministres des affaires étrangères , mais j' observe que la situation actuelle conduit à une valorisation de la position de la France . Cette valorisation tient à quoi ? Eh bien ! elle tient au fait que pratiquant une politique qui est à la fois indépendante et ouverte , nous sommes qualifiés pour prendre un certain nombre d' initiatives , ou pour faire valoir un certain nombre de points de vue dans les relations des grands Etats du monde .

Il n' a pas porté d' appréciation . Il a soulevé le problème , exprimé ses craintes qui sont d'ailleurs des craintes constantes de la diplomatie soviétique pour ce qui serait une Europe supra-nationale .

Mais je lui ai rappelé que tel n' était pas l' objet du débat et que l' organisation de l' Europe , telle qu' elle était , en tout cas , à l' heure actuelle , était une organisation allant vers une Europe de type confédéral et que ce que nous avions dans l' esprit , c' était , en effet , pour l' Europe , une organisation confédérale , la confédération de l' Europe .

Je lui ai dit : ce n' est pas seulement à vous que je dis cela pour des motifs de circonstance ; j' étais en Allemagne fédérale la semaine dernière et devant la presse de l' Allemagne fédérale , et devant les dirigeants de l' Allemagne , j' ai indiqué que ce que nous voulions faire , c' était la confédération de l' Europe .

Vous noterez que je l' ai dit en Allemagne et que je n' ai rencontré ou soulevé aucune réaction défavorable dans ce pays .

J' ai noté avec beaucoup de satisfaction le vote hier soir par l' assemblée nationale à la quasi unanimité du projet de loi électorale concernant l' élection au suffrage universel de l' assemblée parlementaire européenne , à la quasi unanimité et j' imagine que s' il y avait chez les uns ou les autres une opposition profonde à une élection de cette nature , celle - ci se serait manifestée à l' occasion du vote , dispositif qui va permettre à cette élection de se dérouler .

Dans le domaine militaire , je ne le pense pas . C' est un élément du problème d' ensemble du désarmement . Mais il n' y a pas à l' heure actuelle de propositions particulières concernant les modalités d' usage des moyens militaires nucléaires , je vous rappelle seulement que nous avions signé l' an dernier , nous avions fait un échange de lettres avec l' Union soviétique .

Sur un point important qui était la prévention du risque de déclenchement d' un conflit nucléaire par accident .

Cela paraît secondaire , mais ce n' est pas secondaire c' est comme ça d'ailleurs que les Etats-unis et les Soviétiques ont commencé leur examen en commun du problème nucléaire militaire , mais à l' heure actuelle , en ce domaine , je n' envisage pas d' autres initiatives .

Par contre , nous avons parlé longuement d' un sujet dont j' ai dit à monsieur Brejnev qu' il allait , à mes yeux , dominer la scène mondiale dans l' année à venir qui est le problème de la non prolifération nucléaire .

Nous avons , à cet égard , je vous le dis franchement , un rôle important et délicat à jouer .

Pourquoi un rôle important et délicat ? Parce que nous sommes une puissance nucléaire de plein exercice , nous sommes d'abord une puissance nucléaire militaire , en ce sens que nous disposons d' un armement nucléaire et thermonucléaire ; la bombe classique , la bombe d' Hiroshima et la bombe " h " , pour employer le langage habituel et , d' autre part , parce que nous sommes une puissance nucléaire civile complète ; nous disposons déjà d' une usine d' enrichissement qui a été conçue à l' origine à des fins militaires , nous allons disposer d' ici peu d' une usine d' enrichissement conçue à des fins civiles et parfaitement compétitive .

Nous sommes le seul pays , en dehors à l' heure actuelle de l' Union soviétique et , dans une certaine mesure de la Grande-Bretagne , à disposer d' une usine d' enrichissement qui marche .

Et vous savez que nous sommes en pointe pour ce qui est des études et même des expériences concernant la technique des surrégénérateurs .

Ce qui fait que la France dispose , du point de vue militaire et du point de vue civil , de la capacité nucléaire complète . En même temps , la France ressent , je tiens à vous le dire , profondément le problème de la prolifération .

J' estime qu' on ne peut pas , sur un sujet de cette nature .

Jusqu' à présent que s' est - il passé ? Eh bien , nous en avons parlé , chaque fois que nous avons eu une rencontre internationale de haut niveau .

Nous en avons parlé à Londres , du 7 au 9 mai , au cours de la rencontre des 7 .

Dans ce domaine , la France sera amenée à faire des propositions , parce que c' est un pays qui est bien placé pour ressentir la double nécessité de l' action internationale : 1ère nécessité , c' est de limiter le danger de prolifération nucléaire militaire .

2ème nécessité , c' est de répondre aux besoins de très nombreux pays qui vont avoir besoin de l' électricité nucléaire , dans la période à venir .

Et on ne peut pas se contenter de traiter un seul de ces dossiers .

Vous avez vu que j' ai pris l' initiative , il y a maintenant 9 mois , de réorganiser nos structures gouvernementales à cet égard , ayant un conseil spécial sur la politique nucléaire extérieure , ayant nommé un haut fonctionnaire qui maintenant est chargé du secrétariat général de ce conseil , et je suis en train de réfléchir à ce que sera le moment venu une proposition française sur ce sujet . Nous approchons de l' heure limite . Nous avons convenu que cela durerait une demi-heure .

Traditionnellement , les Soviétiques nous posent cette question , mais cette fois - ci je lui ai répondu .

Je lui ai répondu que les négociations de Genève présentaient , à nos yeux , deux inconvénients : premier inconvénient , c' était le système de la co-présidence .

Vous savez que dans cette réunion qui est une réunion d' une trentaine de pays il y a deux co-présidents qui sont les Etats-unis d' Amérique et l' Union soviétique .

Nous ne voyons pas pourquoi une réunion internationale multilatérale à deux co-présidents statutaires .

Deuxième inconvénient , c' était que le principe de cette conférence avait été lancé , si je me souviens bien , en 1961 .

Je parlais en effet de la conférence de Genève , puisque c' est de celle - là que nous parlons . Par contre , nous n' avons pas parlé de la conférence des MBRF , des réductions des forces mutuelles en Europe , et je n' envisage pas la participation de la France à cette conférence , pour des raisons qui sont bien connues .

Oui , nous avons parlé de cette question et il m' a dépeint , en effet , la surprise qui avait été la sienne devant les propositions qui avaient été présentées à Moscou et les conditions dans lesquelles ces propositions avaient été jugées par lui inacceptables .

Vous me posiez une autre question de cette nature tout à l' heure .

Je crois qu' il serait très fâcheux pour la France - très fâcheux - que des considérations de politique intérieure , et souvent politicienne , viennent interférer avec la politique étrangère de la France ou les négociations internationales que nous conduisons .

J' ai , par exemple , je le dis franchement , beaucoup regretté que des moyens de procédure aient empêché l' assemblée nationale de se prononcer , comme je le croyais souhaitable , sur le fond , en ce qui concerne l' élection de l' assemblée parlementaire européenne au suffrage universel , et je crois que nous devons dissocier , dans notre réflexion politique , la politique intérieure , avec tous ses aspects , ses méandres et ses contours , et la politique internationale de la France qui doit conserver une certaine dimension et une certaine perspective .

Pour ce qui est de l' attitude vis-à-vis du parti communiste , il y a deux choses .

Nous ne pouvons pas , à la fois , faire l' éloge ou insister sur la détente idéologique , et être à l' origine d' un dénigrement permanent des systèmes politiques ou sociaux des autres et , donc , la détente idéologique s' applique un peu à nous - mêmes . Par contre , naturellement , à l' intérieur de nos choix nationaux , dans nos débats , il est parfaitement normal que les Français soient éclairés sur toutes les conséquences de leur choix , mais je le répète , dans le cadre strictement défini de notre politique intérieure .

Eh bien , cette coopération économique , je la connais fort bien puisque je peux dire que je suis à son origine , ayant été le premier des ministres français à me rendre en Union soviétique , voici maintenant quatorze ans , et que , d' autre part , j' ai présidé pendant longtemps la délégation française à la grande commission franco - soviétique .

Nous avions annoncé des objectifs et ces objectifs avaient été accueillis avec le scepticisme d' usage .

J' avais annoncé , une première fois , le triplement de nos échanges , qui étaient insignifiants ; vous vous rappelez que les relations économiques entre l' Union soviétique et la France , ce n' était pratiquement rien .

Nous avons obtenu un premier triplement .

Lorsque je suis revenu au ministère des finances et des affaires économiques , en 1969 nous l' avons réalisé .

Et , en 1974 , nous avions envisagé , compte tenu du niveau atteint qui est maintenant considérable , un doublement des échanges , et nous avions dit : peut-être un triplement .

Alors , notez les chiffres . à l' heure actuelle , nous sommes sur la pente du triplement et nous allons prendre les dispositions nécessaires pour qu' effectivement , entre 1974 et 1979 , les échanges entre l' Union soviétique et la France soient triplés .

Le premier ministre , monsieur Barre , se rendra à Moscou au début de cet automne pour présider la délégation française à la grande commission franco - soviétique et j' ai déjà examiné avec lui les dispositions qu' il faudrait prendre pour permettre effectivement le triplement des échanges entre l' Union soviétique et la France .

Ainsi , dans un certain nombre de domaines importants , la France se trouve être - je dis bien dans certains domaines - le premier partenaire de l' Union soviétique .

Il se trouve , en plus , que les matériels que nous vendons en Union soviétique sont très souvent des matériels de technologie avancée - biens d' équipement - ou biens appartenant à des industries " de pointe " et que ceci représente donc , pour notre industrie , un certain volume d' échanges portant sur des produits de haute technologie .

Naturellement , on ne peut pas envisager un tel développement sans accepter , en contre partie , le développement de l' activité et des ventes de l' Union soviétique , mais celles - ci se développent d'ailleurs , en France , d' une façon positive .

Nous devrons , en relation avec les dirigeants de l' économie soviétique , voir comment ce commerce peut se situer à un niveau qui soit satisfaisant du point de vue de l' équilibre de part et d' autre .

Je voulais terminer en vous disant qu' au fond vous suivez la politique de la France , vous assistez à ces conférences , vous posez toutes sortes de questions et vous cherchez une ligne .

Eh bien , cette ligne de la politique française , quelle est - elle ? Que peut - on dire de la France ? Je vous dirai que la France est l' alliée loyale des uns , le partenaire actif des autres et que , bien entendu , elle n' est le sujet de personne . Je vous remercie .

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