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J' ai donc indiqué au secrétaire général des Nation-Unies que la participation de notre contingent était une participation liée à la réalisation de cet objectif et qu' il fallait donc , à sa diligence et à la diligence du gouvernement libanais , que des efforts soient entrepris par le gouvernement libanais pour rétablir progressivement les conditions normales d' exercice de sa souveraineté sur le sud Liban et que ce serait sur le vu du déroulement de ces efforts et des résultats qui seraient progressivement obtenus , que nous nous prononcerions au mois de septembre , lorsqu' il s' agira du problème du renouvellement du mandat de la France .

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V. Giscard d'Estaing - 14 juin 1978

Mesdames et messieurs les journalistes , je vous accueille d'abord à l' Elysée pour cette réunion de presse à l' occasion de laquelle nous allons faire le tour de l' ensemble des problèmes qui se posent à la France dans les différents domaines politiques , économiques , sociaux , intérieurs et extérieurs .

En ouverture à cette réunion de presse , je rappellerai qu' au mois de mars , le bon choix n' a pas fait disparaître les problèmes , mais le bon choix permet de les résoudre .

Je vous dirai comment le gouvernement et moi - même , dans l' exercice de nos fonctions , nous agissons pour les résoudre .

Je vous rappellerai mes deux objectifs constants , objectifs que je vous avais d'ailleurs énoncés dans cette salle au mois d' avril 1976 .

Le premier objectif , c' est de faire de la France une démocratie paisible et réfléchie .

Le second objectif , c' est de faire de la France une puissance qui soit , mis à part les deux superpuissances , à la tête des pays qui conduisent l' évolution de notre temps , et soit donc à ce titre présente dans toutes les grandes réflexions et dans tous les grands débats mondiaux , comme le veut notre tradition historique .

A ces objectifs , j' en ajouterai un troisième , mais vous me permettrez si vous le voulez bien , de le conserver pour ma conclusion .

Nous prendrons successivement les grands sujets du moment , c'est-à-dire d'abord les questions politiques touchant à la fois la situation politique , nos institutions , les problèmes électoraux , ensuite les problèmes économiques et sociaux : définition de la politique économique , objectifs de celle - ci , problèmes qui se posent dans son application , perspectives et problèmes de la politique sociale et , enfin , la situation internationale et , à cet égard , la position de la France .

Enfin , s' il y a lieu , des questions diverses . Nous commencerons donc par la politique et la tradition veut que ce soit le président de la presse présidentielle qui pose la première question .

Votre question porte sur le sens que j' ai donné au résultat des élections du mois de mars .

D'abord , les élections du mois de mars ont marqué l' achèvement d' une période . En réalité , la France était en campagne électorale plus ou moins permanente depuis 1973 , d'abord en raison de la multiplication des échéances électorales et d' autre part en raison du grand débat qui s' était instauré autour du programme commun de gouvernement .

Les dernières élections législatives qui ont été une preuve de la capacité , de la maturité démocratique de la France , et qui d'ailleurs , vous le savez , ont été ressenties comme telles par l' opinion internationale , très largement dans le monde , ces élections de mars 1978 ont achevé cette période .

Elles ont confirmé la majorité dans ses responsabilités au prix cependant d' un assez large renouvellement des hommes , puisque vous savez que dans la nouvelle assemblée nationale , il y a 120 nouveaux parlementaires .

Ce qui représente 37 % de l' effectif parlementaire , ce qui ne s' était pas vu dans aucune des consultations électorales récentes . Il y a donc un renouveau assez profond des hommes , mais en même temps confirmation de la responsabilité donnée à la majorité pour poursuivre son action .

Mais la grande nouveauté introduite dans le paysage politique français a été de changer fondamentalement les données de la situation de l' opposition . L' opposition avait fondé son action au cours des 5 dernières années sur un accord de gouvernement .

Cet accord de gouvernement , finalement , n' a pas survécu aux élections du mois de mars , si bien qu' il y a , à l' heure actuelle , un réexamen par les formations politiques de l' opposition de leurs perspectives tactiques et , en même temps , du contenu politique de leur programme et de leur action .

Nous entrons donc dans une période où il n' y a pas d' échéance électorale immédiate , où l' opposition est amenée à reconsidérer en profondeur sa tactique et son programme , où la majorité va poursuivre une action que je vais avoir l' occasion de décrire en réponse à vos questions et où en même temps il m' a paru nécessaire de poursuivre mon effort en direction d' une ouverture politique .

Cette ouverture politique , il faut toujours en voir l' objet précis : créer en France les conditions d' une cohabitation raisonnable entre les formations démocratiques et non pas de modifier l' équilibre politique par des initiatives improvisées de débauchage ou de manœuvre à court terme .

J' ai pris à cet égard un certain nombre d' initiatives .

Elles ont commencé à modifier le paysage politique de la France ; je dis bien commencé , puisqu'il s' agit de modifier les habitudes et que rien n' est plus long que le changement des habitudes . Mais je poursuivrai dans cette direction .

Madame , je ne crois pas qu' il faille mesurer l' intérêt porté aux problèmes féminins uniquement au nombre de femmes figurant dans un gouvernement .

Si l' on prenait cet instrument de mesures , nous serions d'ailleurs avec les 4 femmes actuelles , en tête du classement européen et même international .

Il se trouve que dans la composition d' un gouvernement , il y a des changements qui se produisent , tantôt dans le sens de l' augmentation , tantôt dans le sens de la diminution et comme il y a une légère contraction des membres du gouvernement au total , il y a eu une réduction du nombre des femmes présentes dans le gouvernement . Je vous indique que je me préoccupe dans les adaptations futures du gouvernement de faire en sorte que s' accroisse à nouveau la participation féminine .

Mais j' irai plus loin que votre question .

Depuis 1974 , des résultats significatifs ont été obtenus puisqu'on peut dire que sur le plan législatif , l' essentiel de ce qu' il fallait faire à cet égard a été réalisé et qu' il y a eu une étape où la mise en place de ces dispositions législatives a été ressentie de manière très positive par nos compatriotes féminines .

A l' heure actuelle , il s' agit d' aller plus loin , c'est-à-dire de ne pas se contenter de textes législatifs , mais de leur application et de faire que dans tous les rouages de notre vie administrative , économique , sociale , les femmes puissent développer leurs capacités , leur talent et en faire bénéficier notre collectivité .

A cet égard , elles ont eu le sentiment depuis quelques mois que les choses allaient moins vite ou allaient moins bien . Je m' en préoccupe et j' aurai l' occasion de demander au gouvernement de reprendre un certain nombre d' initiatives pour poursuivre cet effort que j' estime fondamental vers la pleine participation des femmes à la vie économique , politique et sociale de la France .

D' une part , ces rencontres , à mes yeux , étaient d'abord normales ; elles ont été ressenties , par l' opinion , par les moyens d' information comme ayant un caractère un peu sensationnel mais non par moi , car il est normal que le chef d' un Etat démocratique s' entretienne périodiquement avec les grands dirigeants des différentes formations politiques .

Comme c' était la première fois , naturellement on a conféré à cette rencontre un caractère un peu solennel ; le contenu de ces débats a été présenté , de mon côté d' une manière volontairement réservée , de façon à ne pas paraître vouloir utiliser à mon avantage cette procédure , mais c' était le début d' une pratique normale et qui sera poursuivie quand les sujets le requerront .

Je l' ai fait en ce qui concerne le désarmement parce que j' ai pensé que c' était un problème dont la solution s' étendrait sur de nombreuses années et qu' il était souhaitable que les grandes familles politiques françaises fussent informées du déroulement de ce processus .

Je le ferai à nouveau lorsque de grandes circonstances internationales le rendront souhaitable . J' envisage ainsi de recevoir les principaux dirigeants de l' opposition avant que ne se tiennent les réunions au sommet qui sont prévues , comme vous savez , pour le prochain mois de juillet et où seront examinés les grands problèmes du fonctionnement de l' économie mondiale .

Il y a d' autres sujets qui sont de la compétence du gouvernement , plus directement du premier ministre , et là aussi je souhaiterais que des entretiens soient possibles . Je vous citerai deux sujets à propos desquels il me semble que des initiatives doivent être prises .

Ce premier sujet , c' est le problème du cumul des mandats politiques .

J' ai été très frappé comme vous - même du fait que nos pratiques aboutissent à ce que les mandats politiques locaux soient exercés par un petit nombre d' élus qui se trouvent à la fois représenter la vie politique à ses différents échelons , communaux , départementaux , nationaux et européens . Dans une période où nous souhaitons la diffusion des responsabilités , où il faut qu' il y ait le plus grand nombre de Français possible qui participent à notre vie élective nationale , je crois que cette situation n' est pas satisfaisante .

Le gouvernement doit proposer au parlement un texte sur la limitation du cumul des mandats , par exemple à deux mandats électifs nationaux .

Mais c' est un problème qui n' est pas d' intérêt partisan et qui ne concerne pas plus directement la majorité que l' opposition .

C' est un problème d' intérêt démocratique . Je souhaiterais donc que le premier ministre , avant que le gouvernement n' élabore un tel projet , puisse s' en entretenir bien entendu avec les dirigeants de la majorité , mais aussi avec les dirigeants de l' opposition .

Deuxième sujet : le financement des partis politiques .

Voilà un problème dont on parle indéfiniment en France et pour lequel jusqu' à présent on n' a pas pu aboutir à une solution pratique avec cet inconvénient qu' il y a un caractère clandestin ou incertain dans le financement des partis politiques et une atmosphère qui , à cet égard , n' est pas satisfaisante .

Je pense que le moment est venu pour le gouvernement de proposer un mode régulier de financement des partis politiques . Je n' ignore pas les difficultés du sujet . Quels partis ? Comment répartir les ressources ? Mais l' on peut penser à quelques formules simples .

La seule façon de le faire , c' est à partir des résultats du suffrage universel , exprimé à l' occasion de l' élection à l' Assemblée nationale .

Il y a là une base à partir de laquelle une répartition peut être envisagée .

Des ressources , pour quel emploi ? Eh bien pour pouvoir disposer de locaux , de personnel et du matériel administratif nécessaire à la vie d' un parti politique .

Comme tout ceci devrait naturellement se dérouler dans des conditions très transparentes , des magistrats de la cour des comptes veilleraient à l' imputation des différentes catégories de dépenses .

Un tel système devrait être mis en place , me semble - t - il , aussitôt que possible ; comme il faut du temps pour son élaboration , on peut penser , par exemple , à le faire commencer à partir du 1er janvier 1980 .

Il faut un projet de loi pour organiser ce financement des partis politiques . Eh bien , je souhaite , là aussi , que le premier ministre s' entretienne avec les principaux dirigeants de la majorité , mais aussi de l' opposition , d' un problème qui est un problème d' intérêt commun , pour voir quelle est la solution la plus pratique et la plus équitable .

Enfin , un sujet qui n' est pas tout à fait de même nature , mais que je voudrais mentionner , c' est la suite à donner aux propositions que le gouvernement fera , concernant la diffusion des responsabilités au niveau communal , la suite à donner sur le plan du mode de scrutin en ce qui concerne les élections locales .

Le gouvernement va déposer un projet de loi-cadre , vous le savez , à l' automne , pour développer les responsabilités locales et , en particulier , les responsabilités communales .

C' est l' occasion de s' interroger sur le mode de scrutin le plus adapté pour étendre précisément ces responsabilités locales et communales .

Nous avons actuellement un système qui divise les communes en deux catégories : au-dessous de 30000 habitants , un système ancien , qui d'ailleurs fonctionne bien et qui est accepté par la population depuis longtemps ; et au-delà de 30000 habitants , un système majoritaire à liste bloquée , qui a l' inconvénient de restreindre la participation dans la gestion communale .

Je crois que la diffusion des responsabilités dans la vie municipale serait mieux assurée par un scrutin de type proportionnel , scrutin qui s' appliquerait alors pour les communes de plus de 30000 habitants , les communes au-dessous de 30000 habitants conservant leur régime actuel . Est - ce qu' un scrutin de ce type devrait être appliqué à l' ensemble des collectivités locales ? Est - ce qu' il faut , au contraire , conserver dans les plus grandes villes un dispositif sectoriel tel qu' il existe actuellement , vous le savez , pour les plus grandes d' entre elles ? Ce sont des questions dont le premier ministre devrait s' entretenir , avant que le gouvernement n' en délibère , avec les principaux dirigeants de la majorité et de l' opposition , puisqu'il s' agit , là aussi , d' un problème d' institutions démocratiques et non pas d' un problème partisan .

Monsieur Levaï , quand on dit des choses de ce genre , on ne se contente pas de propos vagues , on doit dire des choses précises .

J' ai suivi ce matin les délibérations du conseil des ministres , on a nommé un grand nombre de personnes , civiles et militaires , préfets , membres du conseil d' Etat , et cetera . Je n' ai aperçu aucune préoccupation partisane . Donc , si vous avez , vous , d' autres informations , je serais heureux que vous en fassiez état , et je vous répondrais volontiers .

Ecoutez , il eut été intéressant que vous disiez des choses précises . dès lors que vous ne le faites pas , je ne peux pas le faire à votre place .

Mais je prendrai simplement les plus grands moyens d' information . Les plus grands moyens d' information sont les moyens de télévision . Il y a eu le renouvellement des dirigeants des organismes de télévision .

Je n' ai pas à apprécier ce que sont leurs sentiments politiques d'ailleurs je ne le leur ai pas demandé mais l' un d' entre eux a été , jadis , précisément chargé de l' information à l' Elysée , auprès du général de Gaulle , l' autre a été , à ma connaissance , directeur de cabinet d' un des grands ministres Udr de l' époque , le troisième est en place depuis 1974 .

Donc , je n' aperçois pas les changements que vous indiquez et , en tout cas , il n' y a , de ma part , aucun désir de faire autre chose que d' appliquer ma règle : c' est que je cherche pour chaque fonction les meilleurs , et vous n' avez qu' à voir que , dans toutes les nominations qui ont eu lieu au cours des dernières années , mon idée est que , partout , nous nommions les meilleurs . Je ne sais pas si les meilleurs ont en commun une préférence politique .

J' ai indiqué qu' il n' y avait pas d' élection nationale dans la période prochaine car il n' y en a pas , la prochaine élection nationale étant en 1981 .

Il y a , bien entendu , des élections diverses , et d'ailleurs importantes , que je ne minimise pas , mais qui n' ont pas le même caractère , puisqu'il y aura des élections cantonales l' année prochaine , pour la moitié des conseils généraux , qu' il y aura des élections sénatoriales pour le tiers des sièges de sénateurs , et qu' il y aura l' élection à l' assemblée parlementaire européenne .

Mais ces élections ont chacune des objets précis et ne constituent pas des élections nationales , au sens de l' élection de l' Assemblée nationale ou du président de la République . C' est donc une période , je le rappelle , de trois ans , pendant laquelle l' action politique et gouvernementale peut se déployer avec un certain horizon .

Par contre , l' élection de l' assemblée parlementaire européenne sera en effet très importante , elle sera très importante puisqu'elle déterminera la liste des Françaises et des Français qui iront parler au nom de la France au sein de cette assemblée . Il va de soi qu' il y aura le plus large débat et en particulier les grands moyens audiovisuels , sous la responsabilité de leurs dirigeants , devront faire en sorte que les formations qui présenteront des candidats pour cette élection puissent avoir largement accès à l' opinion publique .

Puisque vous me parlez d' information et qu' une question a souvent été posée à cet égard , ( et c' est la suite de ce qui m' avait été demandé sur les perspectives d' ouverture ) je vous rappelle que lorsque j' ai reçu les dirigeants des partis politiques , ils m' ont parlé du financement des partis , mais aussi des problèmes de l' information et de l' accès des formations politiques de l' opposition à l' information .

Avec le gouvernement et le ministre chargé de la communication , nous avons abouti à la conclusion suivante ; s' agissant de l' accès des familles politiques aux grands moyens d' information . C' est un fait qu' elles y ont très largement accès . C' est une bonne chose , et c' est d'ailleurs un fait que la dernière campagne électorale n' a pas donné lieu aux critiques ou aux protestations traditionnelles concernant la difficulté accès aux grands moyens d' information .

J' ai été frappé de voir que cela n' a pas été des sujets du débat électoral . Effectivement , cet accès a été très large . Il faut , bien entendu , que les choses continuent de la même manière .

On a évoqué le problème du droit de réponse et nous avons regardé ce que pouvait signifier ce droit de réponse .

En réalité , quand vous apercevez ce qui se passe dans nos grands moyens d' information , l' audiovisuel , l' écrit , la plupart du temps les dirigeants politiques s' expriment eux - mêmes à l' occasion d' une réunion , d' une manifestation ou d' une discussion avec les journalistes . Mais ils ont le sentiment que , parfois , le gouvernement s' exprime sans qu' ils aient l' occasion de lui répondre . Donc , nous avons regardé ce qui pouvait être fait à cet égard . Ce qui peut être fait , c' est introduire dans notre pratique ce qui existe à l' heure actuelle dans la pratique britannique .

On dit très souvent que le droit de réponse existe partout , c' est tout à fait inexact et en particulier , par exemple , aux Etats-unis où dieu sait qu' il y a beaucoup de moyens d' information , il n' y a pas ce droit de réponse . Il existe en réalité en Grande-Bretagne et pour une raison tout à fait particulière , c' est qu' il y a deux partis principaux , l' un est au pouvoir , l' autre est dans l' opposition . Il est donc normal qu' il puisse y avoir entre eux un certain dialogue .

On sait que la situation en France n' est pas la même . Néanmoins , nous allons proposer d' introduire dans notre pratique la même règle dont je vous indique qu' elle ne changera sans doute pas fondamentalement les pratiques actuelles .

Mais le principe du droit de réponse doit être introduit , c'est-à-dire que lorsque le Premier ministre ou un membre du gouvernement s' exprimerait par utilisation de la faculté ... que les textes donnent en effet au gouvernement de s' adresser au pays sur les grands médias , et lorsque ce sujet ne ferait pas l' objet en même temps d' un débat devant le Parlement ( cette précaution étant pour éviter que le Parlement n' ait le sentiment qu' on veut le dessaisir d' un débat et le traiter directement vis-à-vis de l' opinion publique ) , l' opposition disposerait alors sur les mêmes médias dans un délai de 48 heures et à la même heure d' écoute , d' un temps de réponse égal à celui de la communication qui aurait été faite .

Ce temps de réponse serait réparti par le conseil d' administration du media entre les dirigeants de l' opposition .

Cette réponse serait ensuite suivie d' un débat paritaire entre représentants de l' opposition et représentants de la majorité ou du gouvernement sur le même sujet .

C' est donc ainsi que serait organisé ce droit de réponse . Cela suppose d'ailleurs certaines modifications des cahiers des charges des sociétés de programmes et le ministre de la communication va étudier ce point .

En fait à l' heure actuelle , l' expression est très large sur les moyens d' information nationaux . Depuis les élections , le premier ministre ne s' est pas adressé à l' opinion publique par la voie précisément de cette communication directe .

Mais il y a eu des débats avec des journalistes comme il continuera à y en avoir mais ces débats naturellement ne peuvent pas eux , ouvrir droit à une réponse . Donc , c' est une disposition identique à celle qui existe dans la pratique britannique qui sera introduite suivant les modalités que je viens de vous décrire .

Mademoiselle , je m' y efforcerai .

Je crois que , de toute façon , l' action politique est une action qui n' a pas un calendrier linéaire .

On lance d'abord un certain nombre d' idées , on prépare un certain nombre de mesures ou de réformes et ensuite on peut précipiter quelque peu leur rythme de réalisation . Je souhaite que les trois prochaines années soient très intenses sur le plan de la mise en œuvre des réformes que je souhaite pour la société française .

Je considère que , dans la vie que je connais , qui est la vie institutionnelle , le président de la République connaît les partis politiques au travers de leur expression parlementaire .

Je considère que , dans la vie institutionnelle , les choses , en effet , vont comme elles doivent aller , c'est-à-dire qu' il y a une majorité , que cette majorité est composée de deux grandes tendances qui partagent le mérite de l' explication donnée au mois de mars pour persuader les Français du bon choix et que cela a été fait dans un climat de bonne entente .

L' approbation du programme du gouvernement a été largement exprimée par les deux grandes formations de la majorité dans les débats législatifs , elles se sont prononcées l' une et l' autre , de manière positive ; donc , au travers de ce que je connais , c'est-à-dire la vie des institutions et je vous rappelle que j' ai reçu personnellement les bureaux complets des deux groupes de la majorité de l' Assemblée nationale ; effectivement le pluralisme fonctionne d' une manière organisée .

Oui , madame , ce problème a été tranché par notre loi électorale concernant l' assemblée parlementaire européenne c' est la terminologie en France , pourront être candidats et pourront être élus , soit des parlementaires , soit des non parlementaires .

Il n' y a pas de disposition qui interdirait à un parlementaire de se présenter . Il n' y en a pas non plus qui réserverait aux seuls parlementaires le droit de se présenter . Les deux dispositions sont possibles .

Non , je n' envisage pas , à l' heure actuelle , de révision constitutionnelle .

Il y a un point qui reste ouvert , vous le savez , c' est la question complexe du régime des suppléants . C' est une question qui n' est pas d' intérêt , je dirai , pour le président de la République en tant que telle .

Elle intéresse la vie parlementaire et la pratique actuelle car elle nous prive de la possibilité d' utiliser , au gouvernement , les aptitudes d' un certain nombre d' élus , et notamment d' un certain nombre de sénateurs .

En effet la durée du mandat sénatorial de 9 ans rend difficile , pour un sénateur , l' acceptation de fonctions gouvernementales .

Le problème des suppléants a failli être réglé , il y a un peu plus de deux ans . C' est le seul problème , à l' heure actuelle , sur lequel , le cas échéant , je prendrai des initiatives .

La question que vous posez n' est pas exactement celle que me posait monsieur Levai , c' en est une autre .

Je peux vous dire que je me suis préoccupé de cette situation et j' ai eu l' occasion de m' entretenir avec les responsables de l' information de ce problème . Je considère qu' il n' y a pas , en effet , de raison qu' il n' y ait pas de journalistes appartenant au parti communiste dans les grands moyens d' information .

Naturellement les journalistes n' entrent pas dans les grands moyens d' information avec la carte de leur parti , en disant je suis communiste ou non mais je considère que , si l' on sait que quelqu'un appartient au parti communiste , cela ne constitue pas un motif pour l' écarter à priori des grands moyens d' information et j' ai demandé que , dans les recrutements divers à venir , on fasse apparaître qu' il n' y a pas là un obstacle de principe . J' ai demandé aux responsables de l' information que ce problème soit réglé .

Pour les élections européennes . Je n' ai pas là-dessus d' opinion à émettre . Je rappelle simplement que , comme il s' agit de représenter la France dans une assemblée parlementaire européenne où il y aura de grands groupes et de grandes tendances , il ne serait pas bon que la représentation française soit trop émiettée . Je souhaite qu' il y ait un effort pour présenter au choix des électeurs un petit nombre de listes significatives des grandes tendances permettant à la représentation française à l' assemblée parlementaire européenne , d' avoir un certain poids dans les groupes ou dans les tendances auxquelles ils participeront .

Vous me surprenez énormément , monsieur Carreyrou , non pas je dirai en me posant cette question , mais en me la posant maintenant , parce que je m' étais dit : c' est la question type que l' on posera à la fin de la conférence de presse .

J' ai dit tout à l' heure , en réponse à la première question , qu' un des résultats très important des élections de mars 1978 c' était d' avoir mis fin à presque 5 ans de campagne électorale ininterrompue , alors ne comptez pas sur moi pour commencer , trois ans à l' avance , la préparation d' une éventuelle campagne .

Et puis , j' irai plus loin , pourquoi êtes vous si pressé ? Je constate avec vous tous qu' un des grands problèmes , un des grands drames de notre temps , c' est cette fuite incessante et précipitée du temps . Pourquoi ne donnez vous pas au temps le droit de respirer ?

Vous posez une question sur un ton un peu polémique . Il ne faut pas simplifier à excès . Vous citez deux exemples et , dans ces deux exemples , il y a eu des progrès considérables notamment au point de vue de l' égalité des salaires masculins et féminins . Cette égalité est une égalité juridique , qui peut être revendiquée devant des tribunaux du travail ou de droit commun , ce qui s' est produit d'ailleurs .

J' ai noté dans les deux analyses qui sont faites sur les inégalités des rémunérations entre les femmes et les hommes , qu' elles tiennent , non pas au fait que dans un même emploi les femmes et les hommes auraient des salaires différents mais qu' elles tiennent au fait qu' ils n' exercent pas et qu' elles n' exercent pas les mêmes emplois , ou n' ont pas la même formation et que , de ce fait , il y a une discrimination entre le groupe des femmes et le groupe des hommes . Mais , juridiquement , en France , pour un emploi identique il y a identité de rémunération ; notamment dans l' administration , qui représente une très forte proportion d' emplois féminins , et dans toutes sortes de grandes activités et de grands services de notre vie nationale .

De même , je vous dirai que , pour l' interruption de grossesse .

Ce problème , qui agitait les consciences et la justice , on n' en parle maintenant qu' en ce qui concerne les modalités particulières d' application de la loi . Je peux dire que mme le ministre de la santé s' en occupe très fréquemment ... cette question a été évoquée par exemple au conseil des ministres la semaine dernière .

Il y a beaucoup de choses dans votre question mais je crois que ce point est important . D'abord , il n' y a pas deux politiques , il n' y a qu' une politique et c' est celle que conduit le gouvernement de Raymond Barre , celle que je lui ai demandé de conduire et que bien entendu j' approuve .

Ma fonction est une fonction qui est en effet distincte de la fonction gouvernementale , puisque j' ai à tracer des perspectives , j' ai à prendre en considération des échéances qui sont plus lointaines .

Je vais vous parler des perspectives de la politique économique avant de parler de ses modalités .

Quel est le problème économique de la France ? J' ai dit tout à l' heure que le bon choix n' avait pas supprimé les problèmes qui se posent à la France .

Il faut les regarder en face .

L' objectif essentiel de la politique économique tel que je le perçois pour le moyen et le long terme , est d' assurer aux Françaises et aux Français le plein emploi , plein emploi de leurs capacités , de leur volonté de travail . C' est cela l' objectif .

Or , actuellement , vous l' avez rappelé , nous sommes avec tous les autres pays dans une situation où il y a un chômage important . Pourquoi ? C' est en raison de deux évènements fondamentaux qu' il faut bien percevoir .

Premier évènement : c' est l' augmentation des prix de l' énergie et des matières premières , augmentation considérable qu' il ne faut pas prendre comme un accident , mais comme un des grands changements des données de l' équilibre mondial et , d'ailleurs , des rapports de forces dans le monde , car cette situation eut été invraisemblable il y a cinquante ans .

Cette augmentation est considérable , puisque maintenant par rapport à la situation de 1973 , il y a une multiplication par 5 de notre facture d' énergie avec , pour nous , deux conséquences : un appauvrissement et un ralentissement de l' activité économique .

Un appauvrissement on le comprend bien , puisque c' est un produit que nous achetons en quasi-totalité à l' extérieur et que nous payons 5 fois plus cher .

Donc , les Français ont été appauvris par cette augmentation des prix du pétrole et de ce fait , il faut rattraper par un effort de production et d' exportation cet appauvrissement .

Et en même temps un ralentissement mondial puisqu'on a vu que ce transfert de ressources ne pouvait pas s' accompagner de la création d' une nouvelle demande qui se substituerait aussitôt à l' ancienne .

Il y a donc un ralentissement historique de l' activité économique dans le monde . Appauvrissement et ralentissement , il faut les regarder avec les yeux ouverts .

Mais il y a un second facteur .

Que je considère comme aussi important que le premier , qui d'ailleurs vient de la même source , de la même évolution et qui nous pose le même problème : c' est le fait que tous les pays sont en train d' accéder à la technologie des productions que nous avions l' habitude d' assurer nous - mêmes .

Le raisonnement simple , c' est de dire : mais ils nous concurrencent parce qu' ils ont des bas salaires . Or , il y a toujours eu des bas salaires dans le monde . Hélas il y a toujours eu des bas salaires en Asie , en Afrique , et donc ce phénomène là n' est pas nouveau .

Ce qui est nouveau , c' est que les pays et les populations correspondantes , accèdent aux mêmes technologies que nous , c'est-à-dire sont capables de fabriquer les mêmes choses que nous , à peu près , et qu' ils le font dans des conditions de charges générales , sociales , salariales , fiscales et cetera . très inférieures . Ce qui fait que l' avantage que nous avions en permanence , l' avantage des pays industrialisés , se réduit de façon continue par accès de ces nouveaux pays à la technologie .

N' ayons pas l' idée non plus , simple et fausse , que ces main-d'œuvre sont de mauvaises main-d'œuvre : ce sont d' excellentes main-d'œuvre , je veux dire au point de vue des capacités intellectuelles et d' adaptation . Les hommes et les femmes qui travaillent dans le sud-est asiatique sont parfaitement capables de soutenir la concurrence intellectuelle , technologique , avec nous .

Donc , il y a deux phénomènes fondamentaux qui changent les données de la vie économique , telles que nous les connaissions il y a 10 ou quinze ans .

Face à cela , que doit faire la France ? Elle doit faire un effort considérable de compétitivité , c'est-à-dire qu' elle doit reconstituer par rapport aux autres , un avantage de capacités dans sa production , dans sa technologie , dans sa technique . C' est cela qu' elle doit faire .

Sinon , elle ne le sait peut-être pas , elle sera condamnée à un déclin comme l' histoire enseigne pour beaucoup de pays , un déclin dans leurs conditions d' existence , dans leurs ressources .

C' est cela notre effort fondamental .

Dans cet effort , il faut savoir que , contrairement à ce qu' ont écrit beaucoup , il n' y a pas de secteurs condamnés .

Il y a des entreprises à réorganiser , ce qui n' est pas la même chose .

Par exemple , on fait croire qu' il y a des secteurs dans lesquels ce n' est plus la peine d' essayer de produire en France , tels que le textile .

Je vous rappelle que l' industrie textile française est exportatrice nette .

J' ai regardé les chiffres pour l' année dernière : en 1977 , la France a exporté 1 milliard 300 millions de francs de textiles finis de plus qu' elle n' en a importé . Cela prouve donc qu' il y a dans l' industrie textile des créneaux , des spécialités dans lesquels la France peut reconstituer une supériorité de compétition ou de technologie .

Deuxième exemple : l' industrie .

Pour la dernière année où l' on connaisse les chiffres , qui est 1975 , l' industrie de l' Allemagne fédérale représente 170 % de l' industrie française , en production , et la population employée dans l' industrie de l' Allemagne fédérale représente 140 % de la population employée dans l' industrie française .

Donc , si nous développions notre industrie au niveau de l' Allemagne fédérale , tous nos problèmes d' emploi disparaîtraient .

Cela prouve bien qu' il n' y a pas de secteurs condamnés et qu' il y a une marge d' action et de développement pour la France permettant de régler ces problèmes d' emploi .

Mais il faut pour cela un grand effort d' adaptation dans notre organisation , dans notre production , dans notre commercialisation . C' est cela notre tâche pendant les 10 prochaines années . C' est une grande tâche de progrès . Certains imaginent que cette tâche devrait être exécutée par l' Etat et je dirais presque par l' Etat sans les Français , ce qui serait vraiment singulier .

Je pense au contraire que cet effort doit être fait par les Français eux - mêmes et aussi décentralisé que possible , car on accroît la capacité économique d' un pays au niveau de ses régions , au niveau de ses entreprises et non pas au moyen de décisions étatiques au sommet . C' est là la clé des résultats que nous pouvons obtenir .

L' objectif que nous devrons nous fixer à cet égard est d' avoir une croissance économique plus rapide que celle de nos principaux partenaires européens .

Nous devons nous fixer comme objectif de développer l' économie française à un rythme annuellement compris entre 0-5 et 1 % de plus que le rythme moyen de nos principaux partenaires .

Je souhaiterais que ce soit 1 % mais si déjà nous sommes au-dessus de 0-5 , ce sera un premier résultat .

Je vous indique , d'ailleurs , que c' est ce qui s' est passé en 1977 et c' est ce qui se passera , d'après les chiffres actuels , en 1978 où la progression en volume de l' économie française devrait être supérieure d' environ 0-7 % à la progression en volume de nos partenaires européens . Je vous donne à cet égard une bonne nouvelle : l' indice de la production industrielle du mois d' avril , qui vient d' être connu , atteint le niveau de 131 .

Le niveau précédent avait été de 129 et je vous rappelle qu' au mois de janvier février , on était à 125 126 .

On est donc passé de 125 126 à 131 , ce qui montre qu' il y a une possibilité de développement de notre activité industrielle productrice .

Voilà le problème central pour la France .

Face à l' appauvrissement et au ralentissement , face à la concurrence des pays neufs , il faut reconstituer une marge de supériorité nous devons le faire pendant les prochaines années , c' est ce qui explique le choix de notre politique économique .

Monsieur Farkas , il faudrait poser la question autrement s' il y a une situation historique générale de sous-emploi , est - ce que les Français doivent faire baisser leur niveau de vie pour répartir plus largement la capacité de travail ? On peut , en effet , avoir plus de travailleurs à l' œuvre , mais si le produit national reste le même , cela veut dire que le niveau de vie de ceux qui étaient au travail se trouve diminué d'autant .

C' est une solution de désespoir , à mon avis , ce n' est pas celle que nous devons rechercher .

Je considère que la France a des marges de croissance économique qui lui permettent de rechercher la solution au problème de l' emploi dans la création des emplois et non pas dans la division des emplois .

C' est ce que nous devons faire au cours des toutes prochaines années . Les Français s' interrogent sur la politique économique et se demandent : est - ce que vraiment les sacrifices qu' on nous demande , les choix qui sont faits , est - ce que cela va résoudre nos problèmes ? Beaucoup d' entre eux n' en aperçoivent pas les raisons et sont , ou angoissés , ou critiques .

Eh bien , il faut voir que notre problème est que nous sommes au milieu des principaux Etats industriels : il y a , devant nous , des pays qui se sont beaucoup plus développés , et il y a derrière nous des pays qui sont en difficulté et même en déclin .

Nous devons rejoindre le groupe des pays qui sont devant nous . Il faut donc cesser , en termes de cyclisme , de regarder le gros du peloton derrière nous .

Il faut , au contraire , regarder ceux qui ont fait l' échappée et voir comment nous pouvons les rejoindre .

Et dans cet effort national de croissance et d' organisation , qui à mon avis devrait caractériser les années 80 pour la France et qui donnerait à sa jeunesse , à ses cadres , à ses intellectuels de grands thèmes de réflexion et d' action , il faut bien voir que nous devons braver les idées reçues et les habitudes , parce que les idées reçues et les habitudes que nous avions sont celles d' un pays qui ne s' est pas beaucoup développé . Si nous voulons rejoindre ceux qui se sont échappés il faut accepter des idées nouvelles : par exemple , le fait de donner plus de responsabilités aux entreprises est quelque chose qui heurte une partie de notre sensibilité nationale , parce que nous avons l' idée que le mieux est une espèce de commandement de style administratif et c' est de conduire l' économie française comme une immense administration où l' Etat fixe tout , les prix , les rémunérations .

Passer à une conception différente , qui est celle de responsabilité plus grande dans les différents rouages de la vie économique est , pour nous , une idée tout à fait neuve qui heurte un certain nombre d' esprits .

Eh bien , je crois qu' il faut avoir le courage de faire , au contraire , des choix de ce genre .

Nous devons , chaque fois , regarder quelle est la technique de politique économique qui est employée par les pays qui ont fait l' échappée de façon à ce que nous - mêmes nous adoptions des techniques comparables pour les rejoindre . Ceci , à mon avis , est une affaire qui concerne à la fois les hommes , les moyens et l' organisation .

D'abord , les hommes , et les femmes : c' est un problème de formation .

Le problème de la formation à la fois problème de l' éducation , au sens de notre système éducatif et problème de la formation professionnelle est absolument au cœur du problème de la croissance économique et de l' emploi .

J' ai demandé à monsieur le ministre du travail de publier désormais une fois par trimestre car c' est une publication assez lourde une classification des demandeurs d' emploi accompagnée d' indications sur leur formation professionnelle , pour voir s' il y a de nombreux demandeurs d' emploi à certains niveaux de formation professionnelle .

On s' apercevra sans doute qu' il y a de très grandes différences . J' ai été frappé , dans les visites que j' ai faites récemment en province , de voir quelle était encore , malgré l' effort accompli , l' insuffisance de nos dispositifs de formation professionnelle et technique .

Deuxième moyen , orienter l' épargne vers la création d' emplois .

Un certain nombre de textes qui ont été préparés par le gouvernement -je reviendrai d'ailleurs sur ce sujet si des questions me sont posées- un certain nombre d' initiatives qui sont prises , ont pour objet d' orienter l' épargne non pas , comme on dit , vers les entreprises , comme s' il s' agissait que l' épargne aille plutôt vers une entreprise que vers une autre , mais orienter l' épargne là où il peut y avoir des créations d' emplois , donc dans les entreprises et dans les secteurs susceptibles de créer des emplois .

Enfin , un problème d' organisation , car nous avons des structures trop lourdes et trop lentes , qui ne se prêtent pas à cet effort pour muscler l' économie française et pour lui redonner une avance sur le plan de la concurrence et de la compétitivité dans ces trois thèmes viendront s' insérer une série de dispositions qui caractériseront cet effort national de croissance et d' organisation .

Ma réponse est très simple , c' est oui .

Dans les sondages et les enquêtes que l' on fait à l' heure actuelle , et qui sont utiles , d'ailleurs on pose des questions auxquelles je considère moi - même qu' il est très difficile de répondre . Quand on demande à quelqu'un : approuvez vous les hausses de tarif des entreprises ? Il ne peut que répondre non .

Si vous avez à payer une facture de gaz , d' électricité , acheter du charbon , et qu' on vous demande : est - ce que vous êtes partisan de la hausse ? Vous répondrez non . Je ne vois pas comment on peut répondre autrement .

Donc la question n' est pas de savoir si une politique doit être perçue comme étant approuvée dans ses détails , la question est de savoir si une politique est nécessaire , si elle est utile .

Je suis tout à fait conscient que dans un foyer , lorsqu' on voit arriver à la fin du mois les notes , c' est très lourd , et on se dit : pourquoi nous demande - t - on des efforts , des contributions de cette nature ? Il faut savoir que malgré cela , les versements que le budget , c'est-à-dire que les Français , au total , devront faire aux entreprises nationales l' année prochaine , malgré les augmentations de tarifs .

Donc il était nécessaire , il est nécessaire d' aboutir à une situation de meilleur équilibre .

Je suis persuadé que si le gouvernement n' avait pas le courage d' entreprendre ces actions , s' il laissait des secteurs entiers pourrir lentement , il n' y aurait aucune chance que les jeunes Françaises et les jeunes Français aient un emploi rémunérateurs à la fin du siècle . Si , au contraire , cet effort est bien conduit , s' il est accompagné , comme je le souhaite et je vais y revenir d' une symétrie sociale appropriée , alors je suis convaincu qu' une politique de cette nature est celle qui peut assurer la croissance économique de la France et un emploi à chaque français .

Monsieur Boissonnat , vous êtes dans l' erreur car , dans les années 1972 1973 , j' avais au contraire entrepris la libération des prix industriels .

D'ailleurs , vous pouvez vous en souvenir puisque j' ai libéré notamment les prix de la presse , et vous savez qu' autrefois il y avait des débats classiques sur les prix des journaux , et cetera . Je vous prends à témoin .

Et vous savez parfaitement que , depuis cette époque , les prix de la presse et des périodiques sont libres . J' avais également à cette époque , on s' en souvient , libéré les prix de l' automobile , ceux de la mécanique , ainsi que ceux de l' ensemble des matières premières chimiques .

C' est à la suite des évènements de l' automne 1973 , c'est-à-dire la brusque flambée des prix à cause de l' augmentation des prix du pétrole , qu' il a été décidé de revenir sur ces délibérations .

Je considère que l' orientation de l' économie française vers une structure de décision décentralisée , c'est-à-dire donnant des responsabilités accrues à ceux qui doivent adapter la production , la commercialisation , aux données nouvelles de la compétition , je considère que cette orientation est définitive .

Je reviens d'abord sur la notion d' appauvrissement .

La facture pétrolière de la France était , vous vous en souvenez , de l' ordre de 12 à 13 milliards de francs , et la facture pétrolière de la France est maintenant de l' ordre de 55 à 57 milliards de francs .

C' est un fait , et donc tous ceux qui consomment du pétrole , tous ceux qui se chauffent , tous ceux qui circulent , tous ceux qui possèdent une automobile ont été appauvris .

Alors , quelle politique sociale adopter pour accompagner la politique économique ? Mon principe de base , c' est de gouverner avec la majorité mais c' est de gouverner pour tous . On gouverne avec la majorité puisque c' est elle qui apporte ses suffrages et son soutien dans les grandes décisions et dans les grands débat mais on cherche une solution aux problèmes de la collectivité tout entière .

Alors , pour la politique sociale , que faire ? Comment le faire ? Mon objectif , c' est de faire reculer l' injustice sans pénaliser l' initiative et la création économique .

Faire reculer l' injustice . D'abord , vous vous souvenez que les organisations syndicales et professionnelles ont souhaité que soient engagées des actions et des négociations contractuelles .

La prise de position de toutes les organisations syndicales , sans exception , a été de regretter que la politique contractuelle ait été insuffisante dans la période précédente , et donc de souhaiter que l' on confie aux syndicats et aux organisations professionnelles le soin de débattre d' un certain nombre de problèmes . Cela a été fait .

Il y a , à l' heure actuelle , 4 grandes négociations contractuelles engagées entre les organisations syndicales et le patronat .

Ce matin même , le ministre du travail et de la participation , monsieur Boulin , a fait le point de ces négociations , négociations dans lesquelles le gouvernement n' intervient pas puisqu'elles sont de type contractuel .

A ces négociations s' ajoutent 6 négociations par branches professionnelles concernant la revalorisation du travail manuel , revalorisation des salaires et des carrières des travailleurs manuels . Le secrétaire d' Etat chargé des travailleurs manuels , réunit à nouveau ces jours - ci les responsables syndicaux et professionnels de ces 6 branches .

Il y a enfin des négociations dans le secteur public , également de type contractuel . Donc cela est le contenu de la politique contractuelle .

A quoi peut - elle aboutir ? Eh bien , je souhaite , pour ma part , qu' il y ait de premiers résultats avant l' automne . Je considère que le début de ces négociations se déroule à l' heure actuelle à un rythme qui me paraît plutôt lent . Je souhaite qu' elles soient conduites de telle manière qu' il puisse y avoir des premiers résultats à l' automne . Je considèrerai même comme significatif qu' il puisse y avoir un ou deux résultats de la politique contractuelle avant l' été .

Je confirme solennellement à cet égard l' engagement de maintien du pouvoir d' achat . Vous savez que le pouvoir d' achat , malgré les difficultés économiques , a pu être assuré au cours des années 1976 et 1977 . Il devra être assuré en 1978 et je demanderai au gouvernement de prendre l' ensemble des dispositions nécessaires pour s' assurer que le pouvoir d' achat sera maintenu .

En même temps , il y a la politique d' aide aux moins favorisés , car pour faire reculer l' injustice dans la société française , il est fondamental qu' il y ait une politique régulière et systématique d' aide aux moins favorisés .

Cette politique va connaître un certain nombre de développements au cours des semaines prochaines .

Il y avait d'abord le cas des personnes âgées .

Les personnes âgées , en raison de la nature même de leur consommation , sont très sensibles , vous le savez , aux évolutions de prix à la consommation et , subissent donc , plus que d' autres , dans l' emploi de leurs ressources , l' effet de telle ou telle hausse .

Il était prévu de majorer le minimum vieillesse , qui est actuellement de 11000 f , et de le porter à 12000 f ... le 1er octobre prochain .

Le premier ministre m' a proposé ce matin , et j' ai approuvé cette initiative , de porter le minimum vieillesse à 12000 f à partir du 1er juillet . Donc , cette hausse de 11000 à 12000 f fera plus que compenser le calcul est facile à faire les majorations de prix qui auraient pu être supportées par ces personnes âgées .

La deuxième catégorie de personnes moins favorisées , ce sont les familles , et j' indique qu' à côté de l' effort pour les personnes âgées , qui a été très important de 1974 à 1978 , va s' inscrire désormais une politique systématique d' aide aux familles , aux mères de famille et aux familles nombreuses .

Pour les familles , le 1er juillet il y aura une revalorisation des prestations accompagnée , d' une part , du maintien du pouvoir d' achat et , d' autre part , d' un gain de pouvoir d' achat qui sera plus élevé que celui qui a été décidé au cours des années précédentes .

En même temps , vous avez noté que certaines dispositions ont été prises en faveur des familles et , notamment , l' allongement du congé de maternité pour les mères de famille , qui sera progressivement réalisé ; il y a déjà désormais deux semaines de plus .

Qui viennent d' être décidées par le gouvernement .

A côté de ces mesures , il y a le problème de la sécurité des ressources de la famille . C' est en cas de disparition du chef de famille qui peut être un homme ou une femme qu' il y a une situation de difficulté et , parfois , de détresse dans la famille . D' où la sécurité à assurer en cas de disparition du chef de famille : c' est le projet établissement d' une assurance vie obligatoire pour les familles .

Enfin , le gouvernement envisage l' amélioration des reversions de pensions pour les femmes , lorsque celles - ci ont accumulé à la fois une pension , pour laquelle elles ont des droits propres , et en même temps une pension de reversions .

Dans les majorations de prestations , une attention particulière sera portée à la situation des familles nombreuses , car c' est un fait que , du point de vue de la structure de leur consommation , les familles nombreuses ont souffert plus que d' autres de l' évolution des dernières années .

Enfin , j' attache une importance au problème de l' accélération des premiers paiements des retraites et pensions .

Il y a souvent un temps mort entre l' arrêt de l' activité et la perception de la première retraite ou de la première pension , qui peut prendre plusieurs mois parfois 6 mois et qui se traduit , pour des catégories peu favorisées , par des situations financières difficiles . Donc , voilà un certain nombre d' actions qui vont intervenir au 1er juillet et auxquelles s' ajoutera , comme vous le savez , la majoration du SMIC .

Dans la politique contractuelle , les exemples que j' ai cités sont des exemples dans lesquels il y a , à l' heure actuelle , des discussions directes , sans interférence , entre les syndicats et les organisations professionnelles .

Vous parlez d' un autre cas , dans lequel il s' agit d' un client unique , qui est le régime de sécurité sociale , régime dont l' équilibre lui - même met souvent en question la participation de la collectivité ou , en tout cas , la fixation de prélèvements obligatoires . Donc là , il y a une situation différente , dans laquelle il est normal que le ministre de la santé attire l' attention des organismes de sécurité sociale sur les conséquences , pour l' équilibre , de telle ou telle décision qu' ils seraient amenés à prendre dans les 4 grandes négociations qui sont en cours , comme vous le savez , il y a deux négociations qui portent sur ce que vous appelez le qualitatif , puisqu'il y a une négociation qui porte sur les conditions de travail et une négociation qui porte sur la durée du travail , donc deux aspects de la vie qualitative dans l' entreprise .

A cet égard , je vous le répète , ce sont les partenaires sociaux qui discutent . Il m' apparaît important qu' ils puissent aboutir à des décisions d' ici l' automne et il va de soi que si les délais paraissaient se prolonger , le gouvernement aurait à prendre des initiatives pour favoriser l' aboutissement des négociations en cours .

Mais , je pense , comme vous , qu' il faut ajouter toujours à la politique économique des perspectives sociales et , notamment , d' adaptation progressive de notre société .

Il y a une de ces perspectives à laquelle j' attache beaucoup d' importance , parce que je crois qu' elle correspond au fond de notre nature française , de notre origine terrienne , c' est rendre les Français propriétaires individuels de la France .

Je crois que dans une époque où certains régimes , certains systèmes ont une vision collective de l' appropriation des biens , ou d' autres , au contraire , ont une vision où l' individu peut s' approprier une partie des biens , il convient , en France , que la propriété individuelle soit aussi répandue que possible et en particulier les Français aient le sentiment que la France leur appartient et leur appartient individuellement .

C' est pour cela que certaines réformes ont été entreprises la réforme de l' aide personnalisée au logement .

Se préoccupe d' examiner localement la situation de l' industrie du bâtiment de façon à voir quelles améliorations pourraient être apportées sur le plan conjoncturel à l' état de cette industrie .

Mais je pense que les circonstances permettent à l' heure actuelle , de faire un pas de plus .

Le gouvernement a préparé un certain nombre de mesures pour conduire les Français à devenir plus largement propriétaires de l' industrie de la France : un certain nombre de mesures d' incitation a épargné , d' avantages fiscaux , comme vous le savez , qui seraient introduits en ce qui concerne l' impôt sur le revenu , la création de techniques nouvelles , les fonds communs de placement , des actions à dividende prioritaire , vont conduire les Français à acquérir une part croissante de la propriété de leur industrie , et c' est une très bonne chose .

Mais naturellement une démarche de ce genre sera inévitablement lente , puisqu'elle suppose une acquisition annuelle et progressive .

C' est pourquoi je pense qu' il faudrait lancer le mouvement par une décision immédiate portant sur la diffusion de la propriété du capital industriel et cette décision pourrait être la suivante .

Une mesure exceptionnelle serait prise en vue de l' accession à la propriété du capital d' entreprises industrielles et commerciales par les travailleurs et les employés de celles - ci .

Cette mesure pourrait intervenir en 1979 , sous la forme suivante : une augmentation de capital exonérée d' impôt et donnant lieu à distribution gratuite d' actions au personnel salarié et employé des entreprises , selon des modalités déduites des procédures de l' intéressement et pouvant atteindre 5 % du montant du capital .

Cette action devrait être conduite dans des conditions équitables c'est-à-dire en faisant en sorte que l' attribution des actions se fasse dans un éventail modéré , je dirai par exemple , de 1 à trois entre celui qui reçoit le moins et celui qui reçoit le plus , puisque c' est l' ensemble des salariés qui serait bénéficiaire de ces attributions , sans créer de préjudice à l' économie et à l' épargne ce qui veut dire que des dispositions seraient prises parallèlement pour maintenir intacte la capacité bénéficiaire des titres actuellement détenus par les actionnaires .

Ce serait une opération dans laquelle il y aurait , d' une part , distribution pouvant aller jusqu' à 5 % du capital d' actions classiques qui seraient remises personnellement à l' ensemble des salariés et employés des entreprises et , d' autre part , des dispositions de type fiscal seraient prises pour que la capacité des bénéficiaires des actions existantes ne soit pas atteinte par cette distribution .

Une première évaluation montre que cette distribution porterait sur un nombre très important de titres . Malheureusement , les statistiques ne permettent pas d' avancer un chiffre précis , mais c' est en tout cas très largement supérieur à 10 millions de titres .

Cette attribution serait faite à titre exceptionnel pour 1978 .

Ensuite ce sont les mécanismes permanents de l' incitation à l' épargne qui sont actuellement mis en place qui feront que les salariés , employés et cadres des entreprises , se trouveraient détenir une part croissante de la propriété des entreprises industrielles de la France . Sur les questions économiques et sociales , y a - t - il une dernière question ?

J' ai répondu à cette question , c' est l' ensemble de la politique économique qui vise , par l' amélioration de la compétitivité des structures de notre économie , à dégager ces marges permettant de faire face à la concurrence extérieure .

Il y a un élément très important à signaler , c' est l' élément monétaire . Depuis le 10 mars dernier , vous savez que le franc a gagné par rapport au groupe général des monnaies correspondantes , environ 7 % en valeur , et ce gain de valeur du franc , sur le plan de l' assainissement de la situation de l' économie française par rapport aux autres pays , est un élément très favorable , puisque nous sommes un pays acheteur de matières premières et d' énergie et ensuite transformateur aux fins d' exportation .

Je souhaite que non . Vous posez le problème de la détente et des relations est ouest . Vous savez que la détente remonte maintenant à 12 ans et que la France a participé très largement à l' initiative en direction de la détente . Je considère qu' il n' y a pas d' alternative à la détente . Il n' y en a pas .

Mais je considère que la détente n' est jamais acquise et donc qu' il faut à tout instant que l' ensemble des partenaires de la détente accomplisse les efforts nécessaires pour que celle - ci se poursuive et se développe .

Qu' est - ce qui a pu donner le sentiment que la détente était compromise ? C' est un certain nombre de faits qui ont été observés par l' opinion internationale .

C' est le fait d'abord que les négociations Salt , qui à l' origine devaient aboutir au milieu de l' année 1977 ou à l' automne de 1977 , n' ont finalement , malgré les progrès enregistrés , toujours pas abouti .

C' est le fait qu' une rencontre comme il y en avait eu dans le passé entre le président des Etats-unis et monsieur Brejnev , avait été envisagée à plusieurs échéances et finalement n' a pas jusqu' ici eu lieu . C' est le fait que les résultats finaux de la conférence de Belgrade n' ont pas paru marquer un progrès au regard de la détente .

C' est enfin les situations de tension qui ont été récemment observées en Afrique donc ce sont des éléments qui ont pu conduire à s' interroger sur la situation actuelle de la détente .

Je vous répète ce que j' ai dit : il n' y a pas à mes yeux , d' alternative à la détente . Il faut donc que l' ensemble des pays concernés fasse les efforts appropriés pour rétablir , pour soutenir et , si possible , faire progresser le climat de la détente .

Or , la détente suppose un certain code de comportement de la part de tous ceux qui y participent .

Vous vous souvenez que l' année dernière , pratiquement à la même date , et après avoir reçu la visite de Leonid Brejnev à Rambouillet -visite qui avait eu un caractère positif à l' égard de la détente- j' avais été amené à souligner un certain nombre de problèmes d' application du code de la détente , s' agissant des Salt et des droits de l' Homme .

Aujourd'hui je voudrais signaler les deux autres éléments qui me paraissent fondamentaux pour la détente : c' est d'abord que l' expérience confirme que , pour progresser , la détente doit être globale et , comme nous l' avions dit dans le communiqué de Rambouillet , avec monsieur Brejnev , qu' il s' agit d' adapter aux nécessités de la détente notre action vis-à-vis de tous les Etats et dans toutes les régions de la terre .

Si tel n' était pas le cas , la détente elle - même se trouverait compromise .

C' est ensuite le fait que la détente repose sur la volonté de ne pas modifier l' équilibre actuel du monde , car toute tentative pour modifier cet équilibre , qu' il s' agisse d' une recherche de cette modification , ou même d' une acceptation de cette modification , conduit les partenaires à s' interroger sur l' esprit de la détente . C' est pourquoi il m' apparaît fondamental de souligner à l' heure actuelle le caractère global de la détente et le fait que la détente ne peut pas s' accompagner d' une recherche ou même de l' acceptation de modifications d' équilibre .

Pour ce qui concerne , en effet , nos rapports avec l' Union soviétique sur le plan bilatéral , ces rapports de coopération ont gardé le caractère très positif qu' ils ont eu au cours des dernières années .

Et nous entendons bien faire en sorte qu' il en soit ainsi .

C' est donc de l' extérieur , c'est-à-dire des problèmes liés au caractère non global de la détente , que peuvent venir des difficultés et j' en citerai un certain nombre .

A l' heure actuelle , il n' est pas compatible avec la détente , qu' il y ait des franchissements de frontières entre des Etats souverains , par des forces armées , et il n' est pas possible que ces franchissements soient cautionnés par tel ou tel partenaire de la détente .

Je ne m' interroge pas sur les intentions ; je crois , en effet , qu' on prête souvent , dans ce domaine , aux uns ou aux autres , des intentions qui ne sont pas les leurs . Je le pense .

Mais encore ne faut - il pas que l' attitude ou que le commentaire donne une sorte de caution à des initiatives de ce type .

Je voudrais souligner enfin que les actions que la France a conduites au cours des mois récents et qui ont été partout , comme vous le verrez tout à l' heure , des actions de stabilisation de situation ... Tchad .

Il ne faut pas s' y tromper : s' il y a l' acceptation d' un déplacement lent ou discret des équilibres , mais qui , ensuite , serait perçu par la conscience internationale , alors ceci appelle toujours des réactions vives et ces réactions vives sont contraires à l' esprit de la détente .

C' est pourquoi , ceux qui veulent maintenir la détente cherchent par toutes sortes de moyens à participer à la consolidation , à la stabilité des équilibres dans le monde . J' ai eu l' occasion de l' exprimer par un message que j' ai envoyé à Leonid Brejnev , au début de la semaine dernière .

D'abord , un mot sur le désarmement . Le débat est en cours aux Nation-Unies ( il n' est pas encore terminé , comme vous le savez ) devant la session spéciale . Je suis naturellement le déroulement de ce débat et j' ai pris connaissance avec intérêt d' un certain nombre de facteurs positifs .

D'abord , le fait que , pour la première fois , les représentants de la Chine populaire ont manifesté un intérêt pour les travaux du désarmement et contribuent activement aux délibérations de la session spéciale . D' autre part , dans les discours , j' ai noté ce qu' a indiqué à juste titre monsieur Gromyko , à savoir que la poursuite de la politique de la détente était une contribution essentielle aux problèmes du désarmement .

J' ai noté aussi dans les discours , à la fois du vice-président Mondale et de monsieur Gromyko , leur orientation en faveur d' une réorganisation des procédures internationales de négociation sur le désarmement qui est , comme vous le savez , une des propositions de la France .

J' ai noté enfin les propositions du chancelier Schmidt pour ce qui concerne les mesures de confiance et élimination de certaines recherches sur des armes nouvelles particulièrement destructrices et inhumaines .

J' ai vu là aussi une contribution positive .

Si bien en matière de désarmement , les travaux en cours font apparaître une certaine convergence de vues , un certain consensus , et je souhaite que celui - ci puisse se matérialiser dans la décision de la session spéciale .

Pour ce qui concerne notre politique nucléaire liée au désarmement , le problème est celui de notre dissuasion .

J' ai indiqué très clairement que le niveau de la situation française était à ce point différent du niveau des moyens stratégiques américains et soviétiques , qu' il n' était pas question , pour une puissance comme la France , d' atténuer en quoi que ce soit la crédibilité de ses moyens de dissuasion , aussi longtemps que l' arsenal nucléaire restera ce qu' il est dans le monde . C' est pourquoi nous poursuivons l' application de notre propre politique de dissuasion en espérant qu' un jour , le niveau général de l' armement nucléaire dans le monde sera ramené à une proportion telle que la France serait alors elle - même conduite à en examiner les conséquences .

Pour ce qui est des livraisons extérieures , je vous indique , monsieur Charpy , que votre question ne peut être reçue comme telle .

Les ventes de technologie nucléaire au Pakistan sont des ventes qui sont exclusives de toute application militaire .

Donc , on ne peut en rien lier ces ventes , qu' elles se déroulent d' une manière ou d' une autre , à la politique générale d' armement nucléaire , car les autorités pakistanaises n' ont pas cessé de répéter et n' ont pas cessé de s' engager sur le fait que des installations de cette nature ne pourraient avoir que des usages pacifiques . C' est pourquoi la négociation se poursuit de façon à accroître les sécurités concernant l' emploi pacifique de ces installations .

Je réponds à cet ensemble de questions .

Il a été décidé non pas d' envoyer des forces françaises au Liban , comme on l' a dit , mais que la France participe à l' action des Nation-Unies , qui consistait à envoyer des casques bleus au sud Liban , casques bleus qui comprennent des contingents de divers pays , de divers continents du monde , et qui atteignent à l' heure actuelle , compte tenu des éléments logistiques dont ils disposent , environ 6500 hommes ; je parle de l' ensemble des forces des Nation-Unies .

Or , l' opinion française a cru -on lui a expliqué- qu' il y avait des Français qui menaient une action spécifique au sud Liban . Non .

Il y a un contingent français qui a été mis à la disposition du secrétaire général des Nation-Unies et qui agit sous autorité du secrétaire général des Nation-Unies , comme les contingents sénégalais , norvégien , canadien , qui se trouvent sur la même frontière .

D'ailleurs , nous ne communiquons avec ce contingent que par l' intermédiaire du secrétaire général des Nation-Unies et du commandement des Nation-Unies . Ceci doit être tout à fait entendu .

Nous avons accepté de mettre ce contingent à la disposition des Nation-Unies pour accomplir les deux missions qui avaient été fixées par le conseil de sécurité et , je vous le rappelle , sans aucune opposition d' aucun des pays membres du conseil de sécurité , quelle que soit leur idéologie particulière .

Ces deux objectifs étaient : 1 ) créer des conditions permettant l' évacuation du sud Liban par les forces israéliennes , qui y étaient entrées dans les conditions que vous connaissez ; 2 ) permettre au gouvernement libanais de rétablir sa souveraineté progressivement sur la totalité de son territoire et , donc , sur le sud Liban .

Ce sont les deux seules missions auxquelles participe notre contingent dans le cadre de l' action des Nation-Unies .

Le premier objectif est en train d' être atteint puisque les forces israéliennes sont en effet en train d' achever leur retrait du territoire libanais .

Donc , à ce titre on peut dire que la force des Nation-Unies a atteint le premier objectif qui lui avait été fixé par le conseil de sécurité .

Elle doit maintenant examiner les conditions dans lesquelles elle peut atteindre le deuxième objectif , c'est-à-dire le rétablissement de la souveraineté du gouvernement libanais sur la totalité de son territoire et notamment au sud Liban il est clair que cela ne peut être fait qu' avec la participation active du gouvernement libanais .

J' ai donc indiqué au secrétaire général des Nation-Unies que la participation de notre contingent était une participation liée à la réalisation de cet objectif et qu' il fallait donc , à sa diligence et à la diligence du gouvernement libanais , que des efforts soient entrepris par le gouvernement libanais pour rétablir progressivement les conditions normales d' exercice de sa souveraineté sur le sud Liban et que ce serait sur le vu du déroulement de ces efforts et des résultats qui seraient progressivement obtenus , que nous nous prononcerions au mois de septembre , lorsqu' il s' agira du problème du renouvellement du mandat de la France .

Je me réjouis beaucoup d' aller en Espagne .

C' est un pays avec lequel nous devons avoir , vous le savez , les relations les plus étroites , les plus confiantes et sur la base naturellement de l' égalité et du respect réciproques .

Vous avez rappelé que lorsque je suis allé en Espagne , il y a deux ans , comme c' était normal puisqu'il s' agissait de l' accession à ses hautes responsabilités du souverain d' un pays ami , il y avait en effet un certain nombre de gens qui m' avaient critiqué .

Ils ont du soigneusement épurer leurs archives depuis pour faire disparaître ces critiques .

Ils seraient fort embarrassés qu' on les leur relise aujourd'hui , car l' acte de confiance qui était le mien dans le processus de démocratisation de la vie politique espagnole , sous la conduite du souverain , a été entièrement ratifié par les faits et par la totalité des partis politiques espagnols de toutes tendances .

Ce voyage sera l' occasion d' examiner en profondeur les liens entre l' Espagne démocratique et la France et de voir comment , face aux grandes tâches dont nous parlons ici , nous pouvons resserrer notre coopération et envisager des actions communes , par exemple en direction du tiers-monde ou en direction de l' Amérique latine . A cette occasion , nous ferons aussi le point ensemble des problèmes de la candidature de Espagne à la communauté économique européenne . Et de la manière dont nous pouvons envisager ensemble le déroulement de cette candidature . On revient à Afrique .

Je vais répondre à cet ensemble de questions .

L' attitude de la France vis-à-vis de l' Afrique est souvent décrite par les moyens d' information , comme vous l' avez dit à l' instant , comme l' action de la France en Afrique . C' est une présentation inexacte .

Il n' y a pas une action , il y a des actions , qui répondent à des situations précises . Il faut donc analyser ces situations pour voir quels sont les motifs de l' attitude de la France vis-à-vis d' elles .

J' ai noté par exemple que l' on faisait des additions en disant que la France était engagée sur 4 points , 6 points en Afrique ; cette addition n' a aucun sens .

Par exemple , on inclut souvent dans cette addition la situation de Djibouti , oubliant de rappeler qu' à Djibouti ce que nous faisons c' est exactement l' inverse , puisque Djibouti était jusqu' à l' année dernière une possession française .

Nous avons au contraire conduit Djibouti à l' indépendance et les forces françaises qui étaient autrefois à Djibouti pour des raisons de souveraineté , y sont restées à l' heure actuelle pour permettre au nouvel Etat accéder à indépendance et donc de participer désormais à la vie normale de la communauté internationale .

Il ne faut donc pas utiliser les circonstances de sens inverse pour se livrer à des additions fallacieuses .

Les actions que la France a été conduite à entreprendre en Afrique ont abouti à trois résultats : d'abord ces actions ont au total , et vous allez le voir , servi à stabiliser l' Afrique .

Elles ont prouvé ensuite , dans le monde , que la France avait la capacité d' agir et qu' elle avait la volonté de tenir ses engagements .

Elles ont enfin donné confiance aux coopérants français , publics et privés , pour ce qui concerne leur protection et leur sécurité .

Je rappelle , parce que c' est important de le dire , que ces actions ont toujours été défensives , qu' elles ont toujours été limitées dans le temps et qu' elles ont toujours été orientées vers la recherche de solutions politiques . Elles n' ont été entreprises qu' à la demande instante des gouvernements intéressés .

Ces actions , quelles sont - elles ? Je vais les passer rapidement en revue , en réponse à vos questions .

D'abord l' action qui s' est déroulée au Shaba : cette action s' est achevée cet après-midi même , puisque le dernier élément français qui se trouvait à Kolwezi a quitté cette ville cet après-midi et s' embarquera demain de Lubumbashi en direction de la France .

Il n' y aura donc plus aucun militaire français sur le territoire du Zaïre .

Cette action a été entreprise pour sauver des vies humaines . Et je m' étonne de la question , et de la présentation , que je préfère ne pas qualifier , qui a été parfois donnée de cette action . Il a été dit que c' était l' armée zaïroise qui avait provoqué ces évènements . Il y a une armée zaïroise depuis maintenant 16 ans au Zaïre et il y a de très nombreux européens partout au Zaïre . Ce n' est pas l' armée zaïroise qui les a , ou que ce soit , attaqués ou mis en danger .

Il ne faudrait pas qu' à des fins évidemment partisanes , on dénature à ce point l' évidence des choses .

Lorsque les évènements du Shaba ont commencé à se dérouler , nous avons vérifié un certain nombre de données de la situation .

Il s' agissait de savoir si on avait affaire à des éléments venus de l' extérieur , et il s' agissait de savoir s' ils mettaient en danger la sécurité des Européens et , en particulier , de nos compatriotes .

C' est lorsque nous avons eu une certitude sur ces deux points , que nous avons décidé d' entreprendre une action .

Il va de soi que cette action ne pouvait être entreprise qu' à la diligence et sous la responsabilité du gouvernement et de moi - même , et que l' idée d' instaurer un débat parlementaire au préalable , idée qui a été , comme vous le savez , énoncée et a même fait l' objet d' une demande publique , jeudi soir , à l' Assemblée nationale , était contraire à la nature même d' une telle opération . Comme toute l' Afrique vit en écoutant la radio , imaginez ce qu' aurait été la situation dans la ville de Kolwezi si l' on s' était attendu à ce que , le surlendemain , soigneusement annoncé par la radio , il y eut un parachutage d' unités françaises .

J' avais moi - même dans mon bureau la carte de la ville de Kolwezi ; il s' agissait de sauver les Européens , il fallait aller très vite au centre de la ville .

Il faut savoir que nos unités partaient sans moyens de transport , qu' elles étaient larguées à 6000 kilomètres de leur base , sans un véhicule et qu' il fallait donc qu' elles soient très vite tout près du noyau des Européens , de façon à assurer , dans les quelques quart d' heure leur sécurité immédiate .

Imaginez ce qu' eut été un débat parlementaire , retransmis par les ondes , annonçant une telle éventualité . Je préfère ne pas insister sur ce point .

Mais on observe que cette action se teinte , de la part de ceux qui la critiquent , d' un singulier relent de colonialisme .

Il y a aussi des Africains au Zaïre . Or , personne , dans les décomptes de pertes , n' a compté les pertes des Africains .

Pourquoi ? Il y a eu , dans la ville de Kolwezi , de nombreux morts Africains , avant même l' arrivée de nos éléments . Il y en a eu aussi après .

Tout ceci fait partie des évènements qui se sont déroulés au Shaba .

Lorsque nos éléments sont allés au Shaba , ils l' ont fait bien entendu à la demande et avec l' accord du gouvernement intéressé .

Car , dans le droit international actuel , les gouvernements ont leurs prérogatives , et on n' imagine pas que des unités militaires de tel ou tel pays , quelle que soit la situation , puissent se rendre sur place sans l' avis et sans l' accord express des gouvernements intéressés .

Tout ceci doit être dit clairement . Ce n' était donc pas une opération pirate , si je puis dire , qui aurait été menée en ignorant le contexte de l' Afrique et l' existence du gouvernement de l' Etat où se rendaient ces forces .

Par contre , dès le départ , nous avons souhaité que ceci aboutisse à la prise en considération des problèmes politiques de la région .

J' ai été frappé de voir que tel était bien le résultat , puisque à l' heure actuelle , nos derniers éléments s' en vont .

En même temps , un certain nombre d' éléments positifs peuvent être notés comme , par exemple , la rencontre entre le président Mobutu et le président Kaunda , du pays voisin , la Zambie , qui se sont entretenus des problèmes de la sécurité de la région .

Comme , par exemple , les déclarations , que j' ai notées , du président Neto de l' Angola , concernant le fait qu' il prenait des dispositions pour éviter le franchissement de la frontière et éventuellement , pour désarmer les éléments qui reviendraient sur le sol de l' Angola .

Donc , après cette action , limitée dans le temps , il y a bien eu ensuite localement une prise de conscience politique des problèmes de la région , et la France ne peut que s' en féliciter .

Alors j' ai lu ou vu , à ce propos , qu' on parlait d' otanisation . Je vous dirai que quand la pensée est faible , elle se cache derrière un slogan .

Le problème de l' OTAN c' est de savoir si les forces militaires françaises sont , ou non , placées sous un commandement intégré . La question de savoir si la France , toute seule , décide d' envoyer elle - même dans un territoire non couvert par l' OTAN , une unité pour se porter au secours d' Européens ou de compatriotes menacés , n' a aucun rapport , d' aucune manière , avec aucun des problèmes que l' OTAN a compétence pour traiter .

Par contre , la France ne souhaite naturellement pas , à elle seule , traiter l' ensemble des problèmes de l' Afrique .

Elle n' a pas la prétention de conduire une action sur l' ensemble de l' Afrique , traitant des problèmes économiques , politiques , de stabilité , de développement de ce continent .

Elle souhaite donc que d' autres Etats ayant une expérience africaine participent au contraire à l' action en profondeur de stabilisation et de développement de l' Afrique .

C' est pourquoi le projet que j' avais proposé il y a maintenant près de trois ans , et tout à fait en dehors des problèmes du Shaba , à savoir un effort additionnel de développement de l' Afrique , pour accélérer son développement et permettre la consolidation de sa vie sociale et politique , retrouve son actualité . Mais c' est un projet qui est d' initiative française et qui , donc , ne traduit aucune modification de la ligne politique de notre pays .

Deuxième cas : la Mauritanie .

En ce qui concerne la Mauritanie , où nous n' avons pas de troupes sauf la centaine de coopérants qui participent à des actions de formation dans les écoles ou dans la vie technique de la Mauritanie , il n' y a eu , comme vous le savez , en 1978 qu' une seule action .

J' aurais souhaité , pour ma part , qu' il n' y en eut aucune .

Que est - il passé en 1977 ? Il y avait eu au début du mois de mai ... Il n' y avait à l' époque , aucune force française dans la région mauritanienne .

Nous n' avons procédé à aucune action militaire . Et puis , vous vous souvenez qu' à l' automne , deux Français ont à nouveau été pris en otages .

A ce moment - là , la totalité de l' opinion publique et des grands moyens d' information attendait de savoir ce que la France avait l' intention de faire , face à une telle situation .

C' est alors que nous avons indiqué que nous prendrions les mesures propres à assurer , à la demande du gouvernement mauritanien et à l' intérieur de son territoire , la sécurité de nos compatriotes .

Ces actions se sont déroulées deux fois au mois de décembre .

Nous avons pensé étant donné qu' il s' agissait d' assurer , à l' intérieur de la république de Mauritanie , à la demande du gouvernement , la sécurité de nos compatriotes , il n' y aurait plus de circonstance dans laquelle une telle action serait à nouveau nécessaire .

Effectivement , les 4 premiers mois de 1978 se sont passés sans qu' il y ait de circonstance de cette nature .

Or , le jour anniversaire , le jour anniversaire de la capture des 7 Français , au même endroit , c'est-à-dire à Zouerate , une colonne est revenue sur le sol souverain de la république islamique de Mauritanie .

Le gouvernement mauritanien , qui assurait la défense de la ville , nous a demandé de l' aider . Et nous l' avons fait .

Je vous demande quelle eut été la réaction de l' opinion française si l' on avait appris qu' un an après , au même endroit et malgré les avertissements , sur le sol souverain de la Mauritanie , de nouveaux Français étaient soit tués soit enlevés et qu' alors , le gouvernement mauritanien nous demandant notre aide , sur son sol , nous la lui refusions ? C' est donc le motif pour lequel il y a eu la seule action qui se soit produite en 1978 . Je souhaite , pour ma part , que cette action n' ait pas à se reproduire , et que , quel que soit le débat qui a lieu par ailleurs , sur un autre sujet qui ne concerne pas directement la France dans ses responsabilités de puissance coloniale , puisqu'il s' agit du Sahara ex espagnol , je souhaite donc que , quel que soit le débat qui se poursuive par ailleurs et à propos duquel en effet , des discussions peuvent avoir lieu , il n' y ait plus sur le territoire de la république de Mauritanie , des actions qui mettent en danger la vie de nos compatriotes et qui amènent ce gouvernement à nous demander notre appui .

à ce propos , je voudrais m' élever contre une campagne que je trouve véritablement indigne et imprégnée , là aussi , c' est très frappant , d' un relent d' esprit colonialiste , qui est la campagne contre les dirigeants africains .

Vous avez dit tout à l' heure que la France soutenait des régimes corrompus .

A quel titre et de quel droit portez - vous un tel jugement ? Le régime de la république islamique de Mauritanie est un régime d' une parfaite dignité qui , d'ailleurs , jusqu' à ces évènements , faisait l' objet de la considération de l' ensemble de ses partenaires arabes , islamiques , et je n' ai rencontré personne , personne qui mette en doute les qualités hautement respectables du chef de l' Etat mauritanien .

A quel titre établirions - nous en Afrique une classification , et d'ailleurs , qui la ferait ? Qui la ferait ? Concernant la nature des régimes , le degré de la liberté politique , les droits de l' opposition à s' exprimer , le nombre d' exécutions sommaires qui ont lieu , qui ferait cette classification ? La France connaît des Etats , elle agit vis-à-vis d' Etats , de gouvernements légitimes de ces Etats comme elle le fait dans le reste du monde .

Mais nous n' allons pas garder des souvenirs du passé le droit d' établir je ne sais quelle classification , quelle côte de valeur , en ce qui concerne les dirigeants de l' Afrique je vous dirai la même chose du Tchad : les dirigeants du Tchad , les dirigeants militaires du Tchad sont des hommes qui sont honnêtes et qui , dans des conditions très difficiles , c' est un pays très difficile , qui a de très grands problèmes n' appellent pas , non plus , un jugement critique facile et désobligeant .

Je souhaiterais lorsque l' on parle du Tchad , que l' on veuille bien rappeler la chronologie des évènements . D'abord , nous ne sommes pas intervenus dans les affaires intérieures du Tchad , je le rappelle . Lorsque j' ai été élu président de la République en 1974 , c' était le président Tombal Baye qui était président du Tchad . Il a été renversé en avril 1975 par un coup d' Etat et remplacé par le conseil supérieur militaire du président Malloum .

La France n' est en rien intervenue dans ce changement politique .

Deuxième exemple : les évènements qui se sont produits au Tibesti ou dans l' Enedi , où il y a eu , en effet , une révolte .

Cette révolte des populations locales a abouti à la prise de Bardai au printemps 1977 , il y a juste un an et la France n' est pas intervenue .

Elle a abouti ensuite à la prise de la ville de Fayalargeau au mois de janvier février . La France n' est pas intervenue .

Aucun militaire français n' a participé à ces actions . Donc la France n' est pas intervenue systématiquement dans les affaires du Tchad .

Et ce qui s' est passé ? D'abord , au mois de février dernier , il y a eu un sentiment d' inquiétude de la population de Ndjamena , dont d'ailleurs la presse s' est fait largement l' écho puisque les premières pages ont publié des photos , des titres sur les inquiétudes des Français de Ndjamena .

J' ai gardé naturellement soigneusement ce dossier .

A ce moment là , la seule chose que nous avons faite , a été d' envoyer un petit échelon militaire , 170 personnes , dans un camp qui se trouve au nord de Ndjamena , à Moussora , pour assurer , dans l' hypothèse où une évacuation apparaîtrait nécessaire , la sécurité des coopérants et de la population française de Ndjamena .

C' est la seule décision qui a été prise à ce moment là . D'ailleurs , il valait mieux prendre une telle décision à l' avance , car si l' on avait dû en effet envisager un repli ou un départ précipité de nos compatriotes , il valait mieux avoir pris à temps des dispositions modestes de sécurité .

Le 27 mars , il y a eu la signature du cessez-le-feu , signé à Sebah , en Libye , en présence de trois pays intéressés , la Libye , le Soudan et le Niger , d' une part par les représentants du Frolinat , d' autre part par les représentants du gouvernement du Tchad et du président Malloum .

Ce cessez-le-feu a donc été signé le 27 mars .

Lorsqu' il a été signé , il y avait au Tchad uniquement les 170 Français qui avaient été envoyés là à titre de précaution pour assurer la sécurité de nos compatriotes de Ndjamena . C' est quelques semaines après qu' un certain nombre d' actions ont été entreprises en direction du sud , et en violation manifeste du cessez-le-feu .

C' est à partir de cette situation que nous avons été conduits en effet à renforcer nos moyens de sécurité , considérant à partir du moment où il y avait un accord formel de sécurité , et où donc tous les responsables tenaient pour assuré le fait qu' il n' y aurait pas de combat au Tchad , nous ne pouvions pas nous trouver dans une situation où tout à coup feraient irruption ici ou là des bandes armées qui agiraient en violation de ce cessez-le-feu c' est pourquoi nous avons disposé dans le sud certains moyens de sécurité , qui avaient pour objet d' assurer la stabilité de la région où ils étaient , et la sécurité de la capitale pendant la durée du cessez-le-feu .

Je regrette que dans la présentation qui est faite à l' opinion française des évènements du Tchad , on ne rappelle pas à chaque fois que les forces françaises ne sont intervenues que lorsqu' il y a eu des offensives en violation du cessez-le-feu , et profondément à l' intérieur du sud du Tchad , c'est-à-dire au-delà de la ligne couverte par les accords et dans la zone où sont déployées les forces gouvernementales .

Ceci étant , on a raconté que les forces françaises avaient tendu je ne sais quel piège ou je ne sais quel traquenard aux forces adverses .

Tout ceci est tout à fait inexact , elles ont simplement agi en réaction à des offensives en violation du cessez-le-feu , et dans la zone sud du pays .

Le résultat de cette action , c' est qu' alors qu' au mois de février on craignait une sorte d' effondrement , de dislocation du Tchad , et qu' on annonçait le soulèvement des populations , ce soulèvement des populations ne s' est pas du tout produit . Alors qu' il y a quelques semaines on avait des actions offensives importantes , et qui pouvaient créer en effet une situation de grande confusion politique au Tchad et dans la région , à l' heure actuelle la situation est au contraire plus calme .

C' est pourquoi je considère que les conditions sont réunies pour une solution politique , car l' objectif de la politique française , c' est de permettre qu' une solution politique appropriée soit apportée au problème du Tchad .

Pourquoi dis - je que les conditions sont désormais réunies ? C' est d'abord parce que du point de vue des ethnies principales , chacun est chez soi .

Dans le Tibesti , les habitants sont chez eux ; dans l' Enedi , ils sont chez eux ; dans le sud , ils sont chez eux .

Il n' y a donc pas d' affrontement , et d'ailleurs il n' y a dans aucune région du pays de mouvement de soulèvement de la population .

D' autre part je pense que dans cette situation désormais de cessez-le-feu , il est possible d' entreprendre la réunion et la confrontation des différentes tendances politiques pour dégager une solution politique .

La France souhaite donc que le gouvernement tchadien prenne des initiatives en vue d' une solution politique .

Elle est prête à utiliser son influence pour en faciliter l' aboutissement .

Elle souhaite que les autres pays de la région intéressés , et notamment les pays riverains du Tchad , exercent de leur côté la même influence en vue d' aboutir à une solution politique tenant compte de la diversité et des problèmes particuliers du pays . J' ai d'ailleurs de bonnes raisons de penser que telle est bien l' intention et l' attitude des principaux dirigeants de la région .

Je sens que votre question , d'après son intitulé , est la dernière question .

Pourtant il y a beaucoup de sujets sur lesquels j' aurais souhaité m' expliquer devant vous . Mais le respect des horaires , les obligations des grands moyens d' information ne permettent pas de prolonger au-delà de 6 heures ... cet entretien que nous renouvellerons à l' automne .

Je vous indique simplement d' un mot que , dans les sujets que je comptais traiter , il y avait le sommet des pays industrialisés et le sommet des pays européens .

Je considère en effet comme très important de profiter de ces rencontres pour prendre un certain nombre de décisions , d' une part de stabilisation au point de vue monétaire et , d' autre part de soutien de l' activité économique et de l' emploi au point de vue économique .

Je souhaite , d' une part , que nous puissions aboutir à faire de l' Europe une zone de stabilité monétaire . J' ai de bonnes raisons de penser que nous progresserons à cet égard . Je souhaite , d' autre part , que l' ensemble des participants au sommet des pays industrialisés apporte une contribution au soutien de l' activité économique et de l' emploi .

Nous participons activement à la préparation de ce sommet . J' aurais voulu parler aussi d' autres mesures qui pourraient être prises sur le plan intérieur pour corriger certaines injustices ; vous me reposerez donc la question , puisqu'elle ne m' a pas été posée au cours de cette réunion .

Et j' en viens à ma réponse à votre question , qui me fournira l' occasion de vous dire quel est le troisième objectif de mon action .

Le troisième objectif de mon action , c' est de faire que la France entre en bon état du point de vue culturel , du point de vue politique et du point de vue social dans le troisième millénaire .

Cela vous paraîtra peut-être une ambition très lointaine ou très abstraite .

Elle ne l' est pas .

Dès à présent , un certain nombre de dossiers que nous avons à étudier dossier scientifique , dossier énergétique , dossier de défense , dossier d' éducation , dossier de santé sont des dossiers dont les prolongements s' étalent sur les vingt prochaines années .

Ils définiront donc la position de la France lorsqu' elle entrera dans le troisième millénaire .

Puisque l' histoire s' accroche à des dates , je crois qu' il est très important que notre pays , tel qu' il est , avec sa capacité , son caractère , ses ressources , ses moyens , ses ambitions , entre , comme je vous l' ai dit , en bon état dans le troisième millénaire et qu' à cette occasion il constitue l' exemple de ce que pourrait être une société libre , pacifique , juste , et qui en même temps sache s' adapter au progrès et le conduire en ce qui la concerne .

C' est la raison pour laquelle raison profonde , au-delà d' éléments de circonstance je souhaite que la France soit désormais présente dans tous les lieux et dans tous les débats , et en relation avec tous ceux qui ont à préparer ou à conduire les orientations qui seront celles du monde au début de ce prochain millénaire . Je vous remercie , mesdames et messieurs .

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