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Si nous constatons que nous devons importer moins de pétrole , il faut organiser notre croissance différemment . C' est donc une nouvelle conception qu' il faut avoir , celle que j' appelle la croissance sobre , c'est-à-dire une croissance qui ne consomme pas du pétrole importé puisque nous n' en aurons pas en quantité supplémentaire dans l' avenir .

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V. Giscard d'Estaing - 18 juillet 1979

Bien entendu . Je crois qu' il faut être attentif à ce problème des importations , surtout dans cette période où les problèmes de balance des paiements , d' approvisionnements , se posent partout dans le monde . Il est très important pour nous qu' à l' intérieur de notre communauté nationale et de notre zone monétaire , il y ait d' importants approvisionnements en matières premières . Donc le ministre de l' industrie regardera avec soin ce problème d' approvisionnement à partir des minerais nationaux .

Non , ne me remerciez pas tout de suite , parce que je voudrais remercier moi les Calédoniennes et les Calédoniens de leur accueil . J' ai en effet parcouru très largement le territoire , j' ai participé à un grand nombre de manifestations , j' ai rencontré la foule dans les rues , sur les places , à l' occasion des manifestations organisées par les municipalités et partout j' ai trouvé un accueil chaleureux , digne , démocratique et amical . J' ai été très sensible et j' emporterai ainsi de ce voyage de précieuses images qui me permettront dans ma fonction de président de la République de mieux connaître les problèmes de la Nouvelle-Calédonie et d' aider à mieux les résoudre merci .

Oui , il n' y a pas de budget , et je me réjouis de penser que la nouvelle assemblée va se mettre très activement au travail pour voter non pas un budget , mais deux budgets , puisque le président et les membres du conseil de gouvernement m' ont indiqué qu' ils voulaient voter rapidement le budget de l' année en cours , nous sommes déjà au mois de juillet , et aussi , si possible avant la fin de l' année , le projet de budget pour 1980 .

Eh bien quand on fait partie d' une communauté , la France est une communauté , il faut qu' elle apporte des solutions aux problèmes de ses membres en difficulté et il y a dans le territoire du fait notamment de la crise du nickel une situation de l' emploi qui est en effet difficile et avec des travailleurs privés d' emploi et privés de ressources . Or , il est important de mettre au point un système leur permettant de disposer des ressources nécessaires pour assurer leur subsistance et celle de leurs familles . C' est vrai pour ceux qui sont en âge de travailler , c' est aussi vrai pour les plus âgés d' entre eux . J' ai indiqué , hier , sur la place de la Marne , que des mesures seront prises à cette fin et le secrétaire d' Etat aura l' occasion , bientôt , de le préciser .

Vous savez qu' un président de la République ne juge pas les hommes politiques . Mais vous employez un mot : il peut juger les équipes . J' ai trouvé des hommes décidés à travailler pour le progrès de la Nouvelle-Calédonie et pour la recherche des solutions nécessaires au mieux-être des Calédoniennes et des Calédoniens j' ai trouvé au niveau du conseil de gouvernement , un conseil de gouvernement qui m' est apparu uni et dont les membres paraissent animés de la volonté de travailler ensemble . Je l' ai trouvé dans l' assemblée territoriale et notamment dans le très remarquable discours de son président . Je l' ai trouvé enfin auprès des élus et notamment des maires qui m' ont exposé partout à la fois les problèmes de leurs communes , de la population et en même temps leur attachement profond à la république .

Je retire de ce voyage qui n' est pas encore fini , qui se terminera demain matin , de ce voyage en Nouvelle-Calédonie , un sentiment de profond réconfort . Et c' est ce sentiment que je voudrais faire partager aux Calédoniens . J' ai parcouru non pas tout le pays malheureusement , mais une grande partie du pays , hier Nouméa , aujourd'hui Bourail sur la côte ouest , ensuite la côte est , ensuite Lifou dans les îles Loyauté . J' ai donc vu une grande partie de la Nouvelle-Calédonie et de ses problèmes . Et j' ai trouvé partout un accueil et au-delà de l' accueil , une attitude qui me démontre que les calédoniens veulent construire leur avenir dans le sens qu' ils ont exprimé démocratiquement eux - mêmes au cours des dernières consultations .

Nous devons concentrer désormais notre effort sur un certain nombre de groupes de la société française auxquels doit être affecté ce surplus dont nous disposerons dans les années à venir . L' objectif de libéralisme , l' objectif de justice et l' objectif de solidarité doivent être maintenus .

C' est plus difficile . On voit bien les risques excès la liberté , c' est la liberté de choisir , de décider à l' intérieur d' un Etat de droit , c'est-à-dire d' un Etat qui a des règles légales elles - mêmes précises et libérales . C' est pourquoi je trouve qu' à l' heure actuelle il est mauvais de critiquer le comportement et les décisions de ceux qui appliquent l' Etat de droit . Je crois que si l' Etat de droit n' est pas bon sur un point ou un autre , il faut le modifier . Mais il ne faut pas contester le fait que nous devons vivre dans un Etat de droit . La liberté , dans un monde de tensions , c' est une liberté dans le cadre des lois .

Cet objectif de libéralisme , il faut le maintenir . Ce qui était controversé , il y a quelques années , à cet égard , paraît tout à fait naturel . Personne n' a remarqué , au moment de l' élection européenne , que tous les pays européens avaient le même âge pour la majorité , qui était de 18 ans . Imaginez le visage de la France si , seuls les jeunes Français , au moment de cette élection , avaient été privés de leur droit de vote . Ce qui avait été critiqué à l' époque me paraît tout à fait nécessaire .

De même , la transformation progressive de notre société doit être poursuivie . évidemment c' est plus difficile quand la ressource est plus rare , mais ce n' est pas une raison pour ralentir notre effort . C' est une raison pour mieux le répartir . Dans ces 5 années , nous avons réussi en France quelque chose qui , à mes yeux , est fondamental . C' est la transformation des conditions de vie des personnes âgées c'est-à-dire d' un des groupes les plus nombreux de la société française . Cette action sera prolongée .

Oui , je considère que ces objectifs doivent toujours être poursuivis . D'abord , le libéralisme : nous voyons ce qui se passe dans le monde à l' heure actuelle . Le nombre de pays qui connaissent une véritable situation de liberté diminue sans doute dans le monde . La France dont c' est la nature , dont c' est l' image , doit rester un pays libéral .

Rester un pays libéral , cela veut dire s' imposer à soi - même de faire attention à tout ce qui peut compromettre l' exercice de la liberté . Je sais bien qu' il y a une certaine interprétation de la liberté , qui est la permissivité c'est-à-dire pouvoir faire n' importe quoi . La liberté , ce n' est pas de pouvoir faire n' importe quoi , c' est de pouvoir faire tout ce qu' il est possible de faire ou de choisir dans un Etat de droit . La France est un Etat de droit qui a une constitution , qui a des lois , qui a un certain nombre de principes . La liberté , pour les Français , c' est de pouvoir faire tout ce qui est compatible avec l' Etat de droit . Nous savons d'ailleurs très bien qu' une liberté qui n' est pas protégée par les lois et par l' exercice scrupuleux des lois n' est une liberté ni durable , ni garantie .

Est - ce qu' il est bon que le président de la République devienne candidat deux ans ou dix-huit mois avant échéance ? D'abord pour lui - même ? Dans sa fonction de président de la République , il tient compte naturellement de l' opinion . Je tiens compte de l' opinion tous les jours . Mais je n' en tiens pas compte en termes électoraux je ne me dis pas : telle décision doit être annoncée demain sur l' énergie , en fonction de son impact électoral . Je me dis que cette décision doit répondre à l' intérêt de la France . En même temps , il faut l' expliquer à l' opinion . Du jour où le président de la République se sent lui - même candidat , il y a , sur ses décisions , une certaine suspicion : les prend - il pour des raisons électorales , les prend - il pour des raisons nationales ? Vis-à-vis de l' opinion , c' est la même chose : le jour où le président annonce sa candidature , il cesse d' être président , il devient candidat .

Je souhaite , vis-à-vis des Françaises et des Français qui m' ont élu , rester dans ma fonction de président de la République aussi longtemps que ce sera possible . C' est pourquoi je n' ai pas à me poser cette question ; par discipline je ne me la poserai pas . Je m' expliquerai sur ce sujet en 1981 .

J' observe les trois élections présidentielles précédentes , la première , celle du général de Gaulle . Il a annoncé le 4 novembre 1965 .

Sa décision de se présenter à une élection qui avait lieu le 5 décembre , je peux vous dire qu' avant le 4 novembre , j' en suis le témoin , le premier ministre de l' époque , monsieur Pompidou n' était pas au courant de l' intention du général de Gaulle . Néanmoins , l' élection a eu lieu .

Les deux élections suivantes , c'est-à-dire celle de monsieur Pompidou puis la mienne , se sont déroulées en quelques semaines . Les candidatures n' avaient pas du tout été annoncées à l' avance . Cependant , ces élections ont permis aux Français de se prononcer en toute clarté , notamment en 1974 .

Donc , ce n' est pas utile . Mais de plus , c' est nuisible . à partir du jour ou le président de la République annonce sa candidature , il n' est plus président de la République . Il devient candidat , à ses propres yeux et aux yeux de l' opinion .

Question rituelle .

Ce que je vais vous dire sera la dernière réponse que je ferai à cette question avant 1981 . Je ne répondrai plus à cette question .

Je sais que ceux qui nous écoutent , au fond , préféreraient une réponse , et une réponse simple , en disant : écoutez , si vous avez l' intention d' être candidat , dites le ou si vous ne voulez pas vous représenter , dites le : ce serait plus simple .

Je voudrais donc leur expliquer pourquoi je ne dois pas me poser cette question avant 1981 . Pourquoi ? C' est d'abord parce que c' est inutile . J' ai suivi les campagnes électorales récentes . Elles ont été trop longues ; elles ont lassé l' attention des Français ; elles les ont peut-être détournés même des débats politiques essentiels . Je ne crois pas qu' il soit bon pour la France d' avoir des campagnes électorales trop longues .

Non . Il faut participer à une négociation quand on a quelque chose à apporter . Le développement de la force de dissuasion française , dans les prochaines années ne peut être négocié ou remis en cause . La participation à une négociation n' aurait pas de sens .

En revanche , nous devrons étudier très attentivement les conséquences sur la sécurité de l' Europe , du déroulement de ces négociations , si ces négociations faisaient apparaître tel ou tel danger pour la sécurité de l' Europe , nous serions bien entendu appelés à le dire .

C' est le problème dit de la seconde frappe , c'est-à-dire que si on était attaqué par surprise , il faut encore des moyens de riposte . C' est l' intérêt principal de notre force sous-marine , car les sous-marins sont très difficiles à atteindre et à détruire par une première frappe . Dans l' hypothèse , que je n' envisage pas dans les circonstances actuelles , où la France serait victime d' une agression par surprise , nous conserverions , grâce à nos sous-marins en mer , la possibilité d' effectuer une seconde frappe .

Oui , elle est crédible et elle le sera davantage dans quelques années . Notre force de dissuasion n' a pas pour ambition d' être l' égale , en volume , de celle des superpuissances . Autrement dit , nous n' avons pas l' intention d' envisager une guerre nucléaire à égalité avec les grandes puissances . L' objectif de notre force de dissuasion est d' être capable de faire subir à un agresseur éventuel des pertes telles que cet agresseur soit dissuadé de nous attaquer . C' est donc un système que nous étudions , que nous calculons et que nous prévoyons pour le futur , de telle manière que nous sachions quels dommages nous sommes capables de faire subir à un agresseur éventuel de la France , et que ce dommage soit d' un ordre de grandeur tel qu' il ait un effet dissuasif .

C' est donc indépendant , en réalité , du niveau armement des autres puissances .

La France n' a pas participé à ces discussions . Elles avaient pour objet de fixer un plafond pour le développement des armes stratégiques soviétiques et américaines , c'est-à-dire des armes qui sont lancées ou qui seraient lancées de l' Union soviétique sur les Etats-unis , ou des Etats-unis vers l' Union soviétique donc , l' Europe n' était pas directement concernée . La sécurité de l' Europe , elle , était évidemment concernée parce que si cet accord n' est pas équilibré , sa sécurité , dans la mesure où elle est assurée par l' extérieur , pourrait se trouver compromise .

Nous allons étudier cet accord . Nous sommes favorables au principe d' un accord sur la réduction des armements stratégiques nous allons nous assurer que c' est un accord effectivement équilibré et , s' il est effectivement équilibré , nous le dirons . Par contre , la France n' est pas concernée dans ses moyens de défense par cette négociation .

Il n' est pas question de rechercher ou d' accepter une baisse du pouvoir d' achat .

Ces réunions sont indispensables . Elles doivent traiter trois sujets : d'abord , que va être la politique des pays de départ ? Est - ce que les pays de départ vont continuer à inciter ces réfugiés à partir ? Dans ce cas - là , le nombre peut atteindre non pas une centaine de mille mais un million .

Ou davantage , ce qui fait qu' une conversation avec les pays de départ est indispensable .

Ensuite , il faut regarder la situation des pays de la région , parce que ce sont des populations qui ont une certaine origine , et qui appartiennent toutes à la vie du sud-est asiatique , et normalement , c' est là que leur réinsertion est la plus facile et la moins déchirante .

Alors , quelles sont les possibilités d' accueil des pays du sud-est asiatique ? Ont - ils besoin , à cet égard , d' une aide de la communauté internationale , et , dans ce cas là , comment la leur donner ?

Et puis , si ceci n' était pas suffisant , que doit faire le reste de la communauté internationale sur le plan de l' accueil ? Les autres pays doivent - ils faire comme la France , c'est-à-dire avoir un certain rythme d' accueil permettant , dans un délai raisonnable , de trouver un refuge pour l' ensemble de ces réfugiés ?

Pour ce qui concerne le sud-est asiatique , nous n' avons pas découvert aujourd'hui le problème des réfugiés du Vietnam ; cette situation de détresse a été illustrée par des décisions où des menaces inacceptables au cours des derniers jours , mais elle existait depuis des années et la France s' est fait un honneur d' accueillir depuis des années des réfugiés du Vietnam .

Nous avons crée une institution pour le faire . Il y a eu des associations qui ont conduit une action tout à fait remarquable , et je tiens à leur rendre hommage dans cette circonstance , en accueillant ces réfugiés , en les hébergeant quand ils venaient en France et en les insérant dans notre vie active , puisque la quasi totalité d' entre eux a trouvé un emploi dans notre pays . Ils sont à l' heure actuelle plus de 50000 .

Ceci n' a aucun rapport et cette assimilation est tout à fait critiquable avec la politique française concernant les réfugiés .

Là , il s' agit du droit du travail , c'est-à-dire de la situation de l' emploi . Quant aux réfugiés , la France est une terre d' asile pour ceux qui sont des persécutés ou des victimes chez eux . Il faut que les Français sachent car on finirait par leur donner mauvaise conscience que la France est la première terre d' asile du monde et qu' elle l' a été au cours des années récentes .

Pour ce qui concerne les réfugiés d' Amérique latine , et , notamment du Chili , pays avec lesquels nous n' avions pas de liens historiques particuliers , la France est le pays qui en a accueilli le plus grand nombre : 5000 .

Réfugiés politiques du Chili ; 1500 réfugiés politiques d' Etats voisins . Au total 6500 réfugiés politiques de l' Amérique latine depuis que je suis président de la République .

Un pays doit avoir une politique claire d' immigration . Que peut être cette politique pour la France ? Elle consiste à distinguer deux groupes . Les personnes qui sont venues vivre en France , y travailler , qui , en fait , font partie de notre vie nationale , même quand elles conservent leur nationalité d' origine . Elles doivent pouvoir continuer à rester en France , même si elles rencontrent dans leur travail , dans leur vie personnelle , telle ou telle difficulté . On ne peut pas leur dire de quitter notre territoire national parce que la conjoncture change .

Il y a , en revanche , ceux qui sont venus en France chercher un travail temporaire . Notre législation doit être telle que lorsqu' ils trouvent ce travail temporaire , ils aient les titres de séjour et de travail correspondants . S' ils ne le trouvent pas , ces titres de séjour et de travail ne doivent pas être renouvelés . Cela est prévu par la loi .

Pour ceux qui font partie de notre vie nationale , ceux qu' on appelle les résidents privilégiés , il y aura une amélioration : désormais leurs titres de séjour seront automatiquement renouvelés . En revanche , ceux qui sont venus chercher un travail temporaire et qui ne sont pas installés dans notre vie nationale avec leur famille obtiendront des autorisations de séjour d' une durée uniforme de trois ans , qui seront renouvelées ou non en fonction de la situation du marché du travail . Ils le sauront à l' avance , puisqu'ils sauront que ce sont des autorisations pour une durée fixe , comme il y a , par exemple , dans notre droit du travail , des contrats à durée déterminée .

Il y a une grande confusion sur ce sujet . Il faut dire les choses simplement et honnêtement . Comme tous les pays , la France a une politique de l' immigration , avec des textes anciens très restrictifs . Dans notre code du travail , par exemple , des textes prévoient la possibilité de fixer par décret des proportions maxima de travailleurs immigrés par entreprise , par branche , et par région . Il y a des textes qui interdisent l' emploi de travailleurs immigrés à hauteur de plus de 5 % dans les services concédés des services publics . Certains textes conduiraient même à limiter le nombre de travailleurs immigrés dans les entreprises qui bénéficient de marchés publics . Ces textes remontent à 1932 .

à l' heure actuelle , il existe une situation de complet désordre . Il y a des cartes de séjour qui n' ouvrent pas droit à des cartes de travail . Il y a des durées variables qui vont de 1 an à 10 ans . Il y a des conditions de renouvellement qui échappent à toute règle connue . Tantôt , il y a refus , tantôt , il y a octroi , sans que cela réponde vraiment à des critères objectifs .

Comme je l' ai indiqué il y a deux mois , nous avons une situation tout à fait particulière . Notre population active augmente d' environ 250000 travailleurs par an . Cette augmentation annuelle va continuer jusqu' en 1985 environ . Il ne s' agit pas simplement d' assurer un emploi stable , ce que nous pourrions faire sans trop de difficulté , il faut assurer un emploi croissant pour absorber ces 200 à 250000 jeunes de plus qui viennent tous les ans chercher un travail .

Nous avons retrouvé un taux de croissance supérieur à trois % .

Compte tenu de l' enjeu , l' emploi de la jeunesse française , avec toutes ses conséquences , je souhaite qu' il y ait cette mobilisation des énergies .

Les autres énergies , celles dont vous parlez , ne sont pas des utopies . Certains croient que c' est pour dans trente ans . Ce sera beaucoup plus tôt . Néanmoins , le développement d' une technologie nouvelle prend toujours de l' ordre de 10 à quinze ans minimum . Ce n' est donc pas dans les toutes prochaines années qu' on pourra en disposer . Mais 10 ou 15 ans , cela vient vite . Aussi , la France doit elle accentuer son effort dans ce domaine .

C' est la raison pour laquelle j' ai demandé récemment au gouvernement de revenir sur la décision négative qui avait été prise pour la centrale solaire Thémis . Symboliquement , dans les circonstances actuelles , il était très important que la France maintienne son programme de recherche sur l' énergie solaire , et même le développe .

C' est un prix de recherche . Il est élevé , mais ce n' est rien par rapport à la construction d' une centrale nucléaire cela nous permet de progresser dans la connaissance de cette énergie , et le moment venu de son utilisation .

La première énergie de remplacement disponible pour les 10 ou 15 prochaines années , est l' énergie nucléaire . La France a un programme nucléaire important . Il sera poursuivi .

Je comprends très bien les hésitations et les craintes que ce programme peut inspirer . Mais les pays qui sauront dégager une ressource d' énergie alternative au pétrole sont ceux qui connaîtront la croissance la plus forte . Si l' on renonce à dégager ces énergies , on se condamne à avoir une croissance faible ou nulle . Or , du point de vue de l' emploi et de la progression du niveau de vie , les Français souhaitent conserver une croissance forte : le développement d' une énergie alternative dans les prochaines années est une nécessité .

Tout ce qui concerne la sécurité .

Et l' information , c' est une question très importante qui doit être suivi de manière très attentive et de façon très objective . On a déjà eu l' occasion d' en parler , et s' il le faut , j' en reparlerai .

Il y a aussi un effet de dépression qui est plus grave . En prélevant sur le pouvoir d' achat de la France , ce pouvoir d' achat manque pour la consommation , on ne le retrouve pas dans l' investissement , d' où un ralentissement de la croissance . Le gouvernement prendra cette année les mesures qu' il jugera nécessaires pour compenser partiellement cet effet dépressif sur l' économie française . Il est normal , il est nécessaire , notamment en considération des problèmes de l' emploi , de prendre des initiatives pour atténuer cet effet dépressif sur la croissance de notre économie .

C' est au gouvernement d' en débattre .

Non , il s' agit d' actions qui ont pour objet de recréer dans l' économie française une demande qui se substitue au prélèvement pétrolier . Il faut rechercher la demande qui d' une part consomme le moins d' énergie importée , sinon cela ne sert à rien , et qui d' autre part concourt à la création du maximum d' emplois nouveaux .

Non , non , ne melons pas tous les sujets . Nous aurons peut-être à parler en automne du prochain budget ou des perspectives économiques . à l' heure actuelle , il s' agit d' une analyse économique . En réalité , les coûts supplémentaires seront payés par l' ensemble des utilisateurs , que ces utilisateurs soient privés , que ce soient des entreprises ou des administrations puisque le pétrole venant de l' extérieur , le financement de son achat est fait par ces acheteurs . Ce n' est donc pas un problème budgétaire .

Les conséquences de cette crise de l' énergie sur notre économie seront de deux ordres : inflation et dépression , inflation parce que les prix augmentent , notamment les prix des carburants et tous les produits qui utilisent des carburants pour être produits . C' est donc une source supplémentaire d' inflation . Elle n' est pas massive , mais elle est réelle . Cette année , pour la France , cela représentera probablement 0-3 , 0-4 % de plus l' année prochaine , un chiffre compris entre 0-7 et 0-9 % de plus .

On paiera l' essence au prix auquel elle arrive en France et nous n' avons aucun moyen d' y échapper ; malheureusement , cela veut dire en effet que les prix augmenteront et que ceci sera répercuté sur le marché français , mais il n' y aura pas de surcharge par rapport à la répercussion , à la traduction dans les prix de hausses des produits importés .

Il y a ensuite les restrictions en matière de chauffage et c' est un très gros poste . Nous consommons presque le tiers de notre pétrole en chauffage , c' est donc une énergie évidemment dissipée . On fixera des normes de chauffage compatibles , bien entendu , avec la santé et les conditions de travail , qui ne devront pas être dépassées .

Et puis , on fixera des plafonds à certaines grosses consommations de pétrole importé , notamment à la production électrique , de façon à orienter vers d' autres sources d' alimentation nos centrales .

Vous m' avez parlé des mesures qui seront annoncées demain . Ce sont des mesures qui ont pour objet de réduire notre consommation de pétrole importé . Elles seront commentées , je pense que vous aurez l' occasion de le faire longuement , je donne simplement quelques aspects .

D'abord , le gouvernement a choisi de ne pas imposer de restrictions nouvelles à la circulation automobile parce que , dans la consommation d' énergie , elle représente une fraction importante , mais tout de même limitée , et puis parce que l' usage de l' automobile constitue pour les Français une conquête , une conquête sociale , une conquête de liberté dont il ne faut pas les priver .

En revanche , les règles de la circulation automobile devront être strictement respectées et le gouvernement demandera les moyens de les faire respecter . à l' heure actuelle , beaucoup de Français respectent les vitesses limites , mais beaucoup aussi ne les respectent pas et consomment donc un supplément de pétrole que nous devons importer et payer . D' habitude , quand on a à faire face à une situation telle en France , on invente une réglementation nouvelle , c' est une de nos manies , mais , là , nous ferons autre chose qui est de faire appliquer la réglementation existante . Qu' on ne me dise pas que c' est impossible . J' ai connu , comme vous tous , Paris avec les klaxons et tout le monde disait : la suppression du klaxon , c' est impossible et puis , du jour au lendemain , on l' a fait . Je souhaite que dès que ces nouvelles mesures seront mises en œuvre , les Français considèrent que le respect des vitesses limites fera partie désormais de notre mode de vie national .

Non . Il y a deux choses . Il y a , d' une part , la réduction de nos importations de pétrole , nous avons dépensé cette année 70 milliards de francs pour nos importations de pétrole . C' est un pouvoir d' achat transféré à l' étranger . Quand on augmentait l' impôt sur le pétrole à l' intérieur , on prenait l' impôt à quelqu'un , mais on dépensait ensuite cet impôt en France , pour d' autres réalisations .

Quand notre dépense à l' importation passe de 15 milliards à 70 milliards , cela veut dire que nous transférons le pouvoir d' achat français à l' étranger , car ces 70 milliards sont dépensés par d' autres que nous . Cela a des conséquences profondes sur notre vie nationale , naturellement . L' objectif du gouvernement , pendant cette période d' organisation nouvelle , c' est la garantie , le maintien du pouvoir d' achat . D' autres pays ont choisi ou ont accepté une réduction du pouvoir d' achat . L' objectif français , c' est le maintien du pouvoir d' achat et même la recherche d' une certaine croissance , croissance qui sera naturellement plus lente , il faut le savoir , qu' elle ne l' était dans les périodes de croissance économique très rapide .

Puisque cette croissance du pouvoir d' achat sera plus lente , elle doit être mieux distribuée , c'est-à-dire qu' elle doit aller à des catégories qui en ont davantage besoin que les autres , les rémunérations les plus basses , les catégories sociales défavorisées , telles que , par exemple , les personnes âgées , les familles nombreuses . Mais l' objectif est un objectif de croissance aménagé pour être consommateur de quantités d' importation de pétrole importé plus faibles .

Ensuite , il ne faut pas sacrifier la croissance . Jusqu' à présent , on avait associé croissance et pétrole . Les deux variaient de la même manière .

Si nous constatons que nous devons importer moins de pétrole , il faut organiser notre croissance différemment . C' est donc une nouvelle conception qu' il faut avoir , celle que j' appelle la croissance sobre , c'est-à-dire une croissance qui ne consomme pas du pétrole importé puisque nous n' en aurons pas en quantité supplémentaire dans l' avenir . Cela veut dire le développement des énergies de remplacement de toute espèce . Nous devrions être capables d' alimenter nous - mêmes notre future croissance en énergie de remplacement , c'est-à-dire en énergie d' origine nationale .

Non , c' est une croissance qui sera sobre , comme lorsqu' on dit qu' une voiture est sobre dans sa consommation . Une croissance sobre en importation de pétrole implique la reconversion de certaines activités , notre orientation vers des technologies nouvelles , qui sont des technologies d' avenir peu consommatrices d' énergie importée .

Lorsque nous développons à l' heure actuelle nos énergies aéronautiques , nos énergies électroniques , notre activité informatique , notre activité spatiale , nous choisissons systématiquement des activités futures pour la France qui consomment de faibles quantités de pétrole importé .

En matière d' énergie , c' est un changement de notre vie . On a beaucoup dit , beaucoup cru que c' était une crise . Beaucoup de dirigeants , d' observateurs continuent à raisonner comme s' il s' agissait d' une situation exceptionnelle et qu' il fallait s' arranger pour rétablir la situation antérieure . Nous ne rétablirons jamais la situation antérieure . Un chiffre très simple . Les importations de la France nous ont coûté en 1973 15 milliards de francs . Les importations de pétrole de la France vont nous coûter en 1979 , 70 milliards de francs . Nous ne ramènerons jamais ces 70 milliards de francs à 15 . Jamais . Il y a une nouvelle donnée dans notre vie : le pétrole est désormais un bien qui restera rare et qui restera cher . Il faut donc adapter notre vie économique et sociale à cet élément . Comment faire ?

D'abord , limiter l' importation , c'est-à-dire tout faire pour avoir à acheter moins de pétrole dans l' avenir . Tout notre programme national , européen et mondial , de limitation des quantités de pétrole à importer , et pas seulement pour l' année 79 , ou 80 , ou même 82 .

Je ne sais pas comment les élèves auront répondu à cette intéressante question . Ils auront répondu dans l' esprit de la classe de philosophie . Vous me posez cette question à propos de l' énergie . La lucidité est un devoir . On ne peut faire face à aucune situation , ni dans la vie publique ni dans la vie privée , si on ne l' aborde pas , si on ne regarde pas ces données avec lucidité . La lucidité peut conduire à des conclusions optimistes ou pessimistes . Elle peut conduire à faire apparaître qu' on a les moyens de résoudre un problème . Dans ce cas , la lucidité conduit à l' optimisme . Ou elle peut faire apparaître qu' on n' a pas les moyens de résoudre un problème ou que ces moyens ne peuvent pas être réunis et la lucidité conduit au pessimisme . Pour moi , la lucidité est un devoir . Ensuite , en fonction de ce qu' on observe , on tire des conclusions .

Je crois qu' il y a deux degrés , le premier c' est que la privation , la raréfaction du pétrole , l' augmentation de son prix ont des conséquences très sévères sur la vie économique et sociale de nos pays .

Le second c' est que si nos pays étaient coupés de leur approvisionnement pétrolier , ils se trouveraient placés devant une situation qui affecterait presque leur existence vitale ; ils seraient donc amenés à avoir des réactions proportionnées à ce danger . Il faut donc distinguer la situation actuelle , qui est une situation où il y a un certain risque de pénurie si nous n' agissons pas , et une hausse des prix , de ce que serait la situation si nous étions coupés de nos approvisionnements pétroliers , c'est-à-dire si notre existence nationale était effectivement en danger .

Néanmoins , une constatation commune : il n' est de l' intérêt de personne d' organiser ce marché par la compétition des prix à la hausse ; comme les quantités sont insuffisantes à l' heure actuelle et le resteront sans doute , il peut monter indéfiniment . C' est une incitation aux pays producteurs .

à ajuster leurs prix sur les prix de ce marché , puisqu'ils constatent qu' on peut payer de tels prix et ils ne voient pas pourquoi ce ne sont pas eux qui bénéficient de ces prix .

Il est donc indispensable , et dans notre plan c' est le 2ème point , d' organiser désormais ce marché pour éviter ces excès et cette compétition à la hausse .

Je suis convaincu que sur ces positions nous obtiendrons le ralliement de nos partenaires .

Oui , ces égoïsmes sont à courte vue parce que , finalement , tout le monde paye le prix fort et s' il est vrai qu' il y a un problème d' approvisionnement de certains distributeurs en Allemagne .

Nous nous sommes déjà beaucoup rapprochés et je pense que nous aboutirons à un accord . Il faut toujours considérer le point de vue des autres , car dans la recherche d' une attitude commune , dans tous les domaines , il ne faut pas penser qu' à soi , il faut penser aux autres .

Nous avons depuis longtemps , en France , un marché pétrolier organisé , parce que nous avions des compagnies nationales , jadis une certaine production nationale , et nous avons toujours souhaité organiser notre marche . Les Allemands ont une conception différente ; ce sont des acheteurs de produits pétroliers : ils ont toujours appliqué la règle du marché , de la concurrence , pour acheter ces produits , ce qui fait qu' à l' heure actuelle il faut savoir que 40 % de l' approvisionnement de l' Allemagne fédérale en fuel domestique sont réalisés par de petits intermédiaires qui vont acheter à l' extérieur de petites quantités et qui les livrent ensuite à leur clientèle .

Donc , le problème de l' organisation d' un marché , là où il est organisé depuis longtemps et là où il était , au contraire , tout à fait libre , ne se pose pas dans les mêmes termes .

Nous allons proposer un texte commun à nos partenaires . Ce document existe et a été élaboré il a déjà été discuté par les ministres de l' énergie des neuf , qui lui ont apporté un certain nombre de modifications ; nous allons le discuter avec les chefs d' Etat et de gouvernement à Strasbourg , jeudi et vendredi .

Je considère comme fondamental que nous aboutissions à un accord fondamental pour nous tous , pour notre intérêt économique et social . Fondamental pour l' Europe , parce que sur un sujet pareil , où nous sommes pratiquement tous dans la même situation , il est évidemment nécessaire que l' Europe fasse apparaître l' unité de son point de vue . Mais j' ai bon espoir que nous y parviendrons .

Il y a en effet un problème . Là aussi , les dispositions étaient fixées par la loi . Elles sont classiques , car même dans les élections locales , tous les candidats savent très bien qu' il y a un cautionnement qui n' est pas remboursé lorsqu' on n' obtient pas un certain pourcentage de voix .

Le problème était celui de la distribution matérielle des documents de vote et des professions de foi ; pour l' avenir , il y a là , en effet , une question que le parlement devra examiner .

Enfin , il y a la question des élus . Là aussi , il faut une limite . Est - ce que la limite de 5 % est bonne ? Est - ce qu' il faut la mettre plus bas , ou plus haut ? 5 % , c' est un chiffre classique dans beaucoup d' élections ; par exemple , chez nos voisins de l' Allemagne fédérale .

Est - ce que l' intérêt de la France était que nous ayons des députés isolés dans ce nouveau parlement européen ? J' observe d'abord qu' à cette assemblée européenne , la liste française , la plus nombreuse , vient en 5ème position . Les plus nombreux sont les conservateurs britanniques , avec un scrutin majoritaire il n' y a pas de petite liste 60 sièges ensuite , les deux listes des Allemands fédéraux , à la fois les chrétiens-démocrates et les socialistes . Et il n' y a eu en Allemagne fédérale que trois élus en dehors de ces grandes listes . Puis , ensuite , les démocrates-chrétiens italiens , et enfin seulement la liste de mme Simone Veil .

Est - ce que l' intérêt de la France est d' envoyer des députés en ordre dispersé face aux 60 britanniques , aux 43 chrétiens-démocrates allemands et aux 34 socialistes allemands ? Je ne le crois pas .

Donc , il y a un problème de limite . C' est un problème qui peut toujours être examiné , mais dans tout scrutin proportionnel , il est inévitable qu' il y ait une limite .

Il faut être très franc , il ne faut pas verser dans la démagogie sur un sujet pareil . Les petites listes n' ont pas eu de représentation , non parce qu' elles étaient des petites listes , mais parce qu' il y avait un plancher , dans l' expression de ce suffrage . C' est la règle de tous les scrutins proportionnels .

La loi en question c'est-à-dire la loi du 7 juillet 1977 .

Qu' elle a été votée à unanimité moins deux voix . Les dispositions qui sont actuellement critiquées sont des dispositions qui figurent dans les articles de cette loi . Ce n' est pas une décision arbitraire , mais c' est un texte législatif et un texte législatif qui tente de répondre à une difficulté véritable .

Cette difficulté , c' est qu' il faut bien mettre une limite . Avec cette limite relativement élevée , il y a eu quand même 11 listes en compétition . Imaginez qu' il n' y ait pas de limite dans l' accès à la candidature : nous risquions d' avoir 30 , 40 , 50 listes , et il devenait impossible pour l' électeur d' effectuer son choix .

On a critiqué la répartition du temps de parole , et on a dit : on muselle les petites listes . Or , par rapport aux suffrages , ce sont les petites listes qui ont eu le plus de temps de parole , puisqu'elles ont eu au total 20 % du temps d' antenne à la télévision et à la radio et elles ont eu entre 12 et 12-5 % des voix . Au contraire , les listes dites grandes listes ont eu souvent plus de 20 % des voix , même parfois sensiblement plus , et elles n' ont eu que 20 % du temps d' antenne .

Je ne change pas d' avis en fonction des circonstances . J' ai dit , avant ces élections . Vous me posez la question de savoir s' il y a des conséquences à tirer du recul du RPR en tant que président de la République , je n' ai pas à commenter les mouvements , les succès ou les reculs de tel ou tel parti politique . Je me placerai donc à un autre point de vue , celui de ma fonction .

La caractéristique du RPR , c' est d' avoir été associé depuis l' origine à la mise en place , et ensuite à la défense , lorsqu' elles étaient menacées , des institutions de la cinquième République . Chaque parti politique , en France , a une image qui est naturellement complexe , mais avec un trait dominant , et le trait dominant pour le RPR , c' est son attachement , son identification aux institutions de la cinquième République .

J' ai observé que , pendant la dernière campagne le ton même de cette campagne , l' attitude vis-à-vis du gouvernement issu du succès électoral de la majorité de mars 1978 .

Je considère que la défense des institutions de la cinquième république reste encore une grande tâche , car ce qui distingue notre pays , dans les difficultés actuelles , c' est la solidité , la qualité de nos institutions , c' est pourquoi je souhaite que le RPR reprenne ce rôle de soutien de nos institutions car , s' il le fait , d' une part il fera apparaître dans notre vie nationale son utilité et , d' autre part , je pense qu' il retrouvera une grande partie de son audience .

Je n' aime pas beaucoup ce mot de reclassement parce que je crois que les électeurs n' appartiennent à personne . Les partis politiques ont l' habitude de penser que les électeurs appartiennent à des partis et qu' ils passent d' un parti à un autre . Je crois qu' il y a beaucoup de Français qui n' appartiennent pas à des partis politiques , qui appartiennent à des tendances de la pensée politique française et qui se déterminent en fonction d' un certain nombre de données . Certains Français se sont déterminés en fonction de la circonstance de cette élection .

Les élections européennes ont fait apparaître la stabilité en pourcentage du parti communiste par rapport aux élections de mars 1978 , élections législatives .

J' avais dit l' année dernière , je crois que c' était le 21 novembre , une attitude favorable au progrès de l' organisation de l' Europe .

Enfin , ces élections ont fait apparaître un certain glissement des formations politiques françaises , elles ont donné une indication sur leur audience respective à l' heure actuelle et , naturellement , les dirigeants de ces formations politiques sont amenés à en tirer des conséquences sur l' orientation de leur propre formation .

Oui , il y aura des attributions tout à fait précises qui seront exercées et qui sont importantes puisqu'elles portent sur des compétences très précises et fixées par le traité .

Je vous indiquais des sujets qui ont été débattus en Europe au cours des dernières années , par exemple la question de savoir si l' Europe devait être plus protégée vis-à-vis de l' extérieur .

On ne connaissait même pas la pensée majoritaire de l' opinion sur ce sujet . Désormais , on connaîtra cette pensée majoritaire . On avait été amené à fractionner le marché agricole par des procédés techniques critiquables .

Donc , sur des sujets qui touchent la vie réelle de l' Europe , l' orientation des politiques européennes , on connaîtra une expression démocratique , et ce sera le cas , par exemple , sur la future politique de l' énergie .

Je dirai d'abord que ces élections ont apporté ce qu' on pouvait attendre d' elles et j' ai une position très claire et constante sur ce sujet ; je suis pour l' organisation de l' Europe de la raison raisonnable , non pas l' Europe de la raison excessive , d' un côté , ou le refus de l' Europe , de l' autre , l' Europe de la raison raisonnable .

Certains espéraient , d' autres craignaient , que l' assemblée ne soit élue dans des conditions telles qu' elle veuille s' arroger des pouvoirs nouveaux ; je dirai pour ma part que lorsqu' on voit le déroulement de l' élection , la composition de cette assemblée , c' est à mon avis une crainte ou un espoir qui n' apparaît pas confirmé , mais je crois que l' assemblée telle qu' elle a été élue est une assemblée qui exercera les pouvoirs qui lui sont conférés par le traité de Rome .

Ce qui est important , ce qu' il ne faut pas sous-estimer , c' est le fait qu' il y aura désormais une expression politique de l' opinion des Européens , et que sur les sujets qui vont se présenter à nous dans les 5 prochaines années , on pourra connaître la pensée , l' opinion politique démocratique des différentes populations de l' Europe , c'est-à-dire que sur les grands débats internationaux , les grandes orientations , nous pourrons connaître , et donc tenir compte de cet état d' esprit ; dans l' organisation de l' Europe , il est important qu' il y ait une expression démocratique .

Constatant ce phénomène , je n' ai pas à l' analyser dans ses différentes composantes . Les autres formations ont progressé , à la fois les formations du centre droit et les formations du centre tout court , car dans un certain nombre de pays européens , l' Italie , la France , ce sont plutôt des listes marquées au centre , c'est-à-dire des listes ayant d' autres listes sur leur droite , qui ont enregistré les progrès les plus sensibles .

Le phénomène , à mes yeux , consiste donc en un certain recul par rapport à ce qu' on avait imaginé , des partis socialistes et sociaux-démocrates , et une progression à la fois du centre et du centre droit .

On a dit que ces élections avaient marqué le succès du centre droit ; et je me suis interrogé sur l' origine de cette expression . Elle a été utilisée , avant les élections par mme Thatcher , qui a dit : je souhaite que ces élections se traduisent par un succès du centre droit . C' est de là que vient le mot . Ce n' est pas tout à fait mon analyse . Ce qui est apparent dans ces élections , par rapport à ce qu' on imaginait , mettons il y a un an , c' est un certain recul des partis socialistes et sociaux-démocrates en Europe . Est - ce que cela correspond à un phénomène d' ensemble ou à des situations particulières ? Je ne ferai pas de diagnostic , parce que , en Allemagne par exemple , le relatif recul du parti de la Spd ne correspond pas du tout à un échec de la politique telle qu' elle est ressentie par l' opinion publique . En Grande-Bretagne , cela a été , au contraire , un renversement dû à des élections de politique intérieure qui a amené le succès des conservateurs sur les travaillistes ; et la situation des socialistes français est différente de celle des sociaux-démocrates allemands .

Par contre , je pense qu' il est utile pour elles et pour eux de connaître les préoccupations , l' état d' esprit , les intentions , les réflexions du président de la République , si je le rappelle , c' est pour situer le sens de cette émission qui , à mes yeux , n' est pas de commenter uniquement l' actualité , mais de permettre aux Françaises et aux Français de mieux connaître l' analyse de la situation présente et les raisons pour lesquelles nous choisissons telle ligne ou telle autre .

Vous me demandez mon sentiment à propos des élections européennes .

En moyenne j' aurais d'ailleurs souhaité qu' elle soit plus élevée pour la France , il faut savoir que dans les autres pays démocratiques de cette taille les proportions sont en général plus faibles .

Pour les 4 dernières élections législatives aux Etats-unis d' Amérique , la participation électorale n' a pas dépassé 50 % . Donc , les 60 % de l' Europe se situent dans une moyenne honorable .

Voilà l' essentiel de ces impressions : un évènement européen d' une part , et l' apparition d' une expression démocratique en Europe .

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