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D' autres mesures sont en préparation pour les familles : création d' un revenu familial minimum garanti de 3500 francs par mois , relèvement à 10000 francs des allocations de naissance versées pour un troisième enfant ou pour les suivants , généralisation du droit à la retraite des mères de famille .

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V. Giscard d'Estaing - 26 novembre 1979

Le racisme n' a jamais été virulent en France , si douloureuses que soient les exceptions qui viennent à l' esprit .

Cela tient au tempérament des Français , mais aussi aux relations historiques que la France a nouées avec l' Afrique , l' Asie et l' ensemble du tiers-monde et enfin à l' absence sur le territoire national de situation d' affrontement entre communautés .

Il faut défendre en permanence l' esprit de tolérance .

J' estime qu' il doit être enseigné dès l' école , et je souhaite qu' il soit prôné par tous ceux qui ont une influence sur l' opinion .

J' ajoute qu' en cette fin de siècle où le monde est condamné à être solidaire , une connaissance plus approfondie des civilisations étrangères , y compris hors d' Europe , est une nécessité pour les Français , dont un nombre de plus en plus grand sera appelé , un jour ou l' autre , à travailler hors des frontières ou en relation avec des étrangers .

Quant à la renaissance de l' antisémitisme , je suis sûr que la leçon de la dernière guerre , comme je suis allé le dire à Auschwitz , sera entendue pour toujours : plus jamais cela . Les sources de antisémitisme qui a pu exister avant-guerre sont taries .

Le racisme est la pire forme de l' intolérance , celle qui dépasse la xénophobie pour s' attaquer à des Français dont le seul défaut serait d' avoir une religion ou une culture différente d' autres français .

Tout en restant vigilant , je fais confiance à nos compatriotes .

Pour ce qui est des nostalgiques , la loi de 1972 est là pour nous garantir de leur indignité . Je veillerai à ce qu' elle soit strictement appliquée .

A l' origine du phénomène d' exclusion qui frappe certains Français et les rejette à l' écart du mouvement général du progrès social , il existe le plus souvent un enchaînement de difficultés initiales portant sur les ressources , le niveau d' éducation , la situation familiale et la santé .

Il faut agir pour prévenir et éviter le déclenchement des mécanismes de l' exclusion .

C' est à cette préoccupation que répond la politique sociale menée en direction des catégories les plus exposées : les personnes âgées , pour lesquelles l' effort de la collectivité a pratiquement doublé en 4 ans ; les personnes handicapées , les mères isolées et , bientôt , les veuves , qui bénéficieront d' une assurance , ainsi que les familles de trois enfants , qui se verront garantir un revenu minimum de 3500 francs par mois .

Bien entendu , pour ne s' en tenir qu' à quelques exemples , la généralisation de la sécurité sociale , la politique de la famille , l' adaptation de notre système éducatif vont dans le même sens .

Restent les cas où l' exclusion est déjà devenue réalité .

Comment lutter contre elle ? Jusqu' à présent , ce ne sont pas les moyens qui ont fait défaut , mais plutôt les méthodes permettant de prendre en charge la situation des exclus sous tous ses aspects .

Nous avons heureusement , progressé .

L' expérience acquise à l' occasion de la réhabilitation en cours d' une cinquantaine de grands ensembles où vivent une centaine de milliers de personnes pouvant être assimilées à des exclus montre qu' il faut agir non seulement sur le logement , mais aussi sur l' emploi , la création d' une vie sociale , l' éducation de base et l' information .

Le gouvernement vient de nommer au conseil économique et social le principal spécialiste de l' action en faveur du quart-monde , le père Joseph , pour qu' il puisse sensibiliser les partenaires sociaux à ce problème .

J' ai demandé au secrétaire d' Etat responsable , monsieur Hoeffel , de tirer les leçons de ces expériences et de me proposer une nouvelle organisation des interventions administratives en faveur des exclus .

Le troisième objectif d' une politique de réduction des inégalités est la lutte contre les discriminations .

Vous connaissez l' action qui a été menée pour améliorer la situation des femmes .

Vous savez également que j' ai personnellement lancé le thème de la revalorisation de la condition des travailleurs manuels .

Je ne suis pas sûr qu' au début on ait réalisé la portée de mes intentions .

Pourtant les premiers résultats sont là .

Ils sont indiqués dans le dernier rapport du CERC .

Les salaires ont augmenté , de 1975 à 1978 .

Pour les ouvriers , contre 39 % pour les employés et 35 % pour les cadres permettant ainsi une diminution de certaines inégalités .

En 1979 , une nouvelle étape devrait être franchie , notamment avec l' accord signé dans le bâtiment qui garantit deux % de pouvoir d' achat de plus aux travailleurs manuels de cette branche qu' à la moyenne des salariés .

Je suis décidé à poursuivre en profondeur l' action de réduction des inégalités que j' ai entreprise depuis 1974 . C' est une action continue , qui s' inscrit inévitablement dans la durée . Mais c' est une action nécessaire .

Sans elle , la société française ne pourrait pas devenir la communauté plus unie , plus chaleureuse et plus fraternelle que je souhaite et que souhaite avec moi l' immense majorité des Français .

Le deuxième objectif est la suppression des privilèges .

Je voudrais , à cet égard , faire une remarque qui me paraît propre à la sociologie politique française .

Chaque fois que le gouvernement s' attaque à un privilège déterminé , on n' entend que les protestations des bénéficiaires de ce privilège .

Personne ne soutient publiquement le gouvernement dans son action .

Naturellement , cela ne suffit pas à arrêter l' action du gouvernement .

Mais cela peut fausser la vision qu' en a l' opinion publique .

Je rappelle tout le bruit , défavorable , qui a été fait autour de la taxation des plus-values . Il s' agit cependant d' un impôt moderne qui existe dans tous les pays avancés . En dépit des protestations , j' ai demandé au gouvernement de pousser cette réforme . Maintenant , cette taxation existe et personne n' en propose la suppression .

Chaque année , la loi de finances apporte une nouvelle série de réformes fiscales qui vont dans le sens de la suppression des privilèges : cette année , par exemple , la taxation des automobiles et des bateaux les plus chers et un calcul plus juste des droits de succession .

Nous devons tous être convaincus que la société française ne réalisera son unité que par la justice .

La réalité sociale de la France est celle d' une société en voie d' unification .

Mais les progrès , dans ce domaine , ne sont pas spontanés .

Le gouvernement mène à ma demande une action persévérante dont les résultats , comme il est inévitable , ne sont pas toujours clairement perçus .

Dès 1974 cette commission a remis son rapport en 1975 et fait un certain nombre de propositions importantes , dont certaines furent à l' époque jugées audacieuses ou difficiles à mettre en œuvre .

Si vous vous reportez aujourd'hui à ces propositions , vous pourrez constater qu' elles ont presque toutes été appliquées par le gouvernement .

Peu de Français en sont conscients .

Une politique de réduction des inégalités , comme je l' ai écrit dans Démocratie Française .

Elimination de la misère est obtenue par la mise en place d' un certain nombre de barrières qui empêchent les Français les plus défavorisés ou les plus menacés de basculer dans la pauvreté absolue en cas de difficultés .

Tous les Français savent aujourd'hui ce qui a été fait en faveur des personnes âgées . Le sort des plus pauvres d' entre elles a été radicalement changé . D' autres catégories ont bénéficié d' un accroissement de leurs ressources : les handicapés , les familles nombreuses , les chômeurs , les mères de famille isolées .

Ce dispositif sera complété l' année prochaine par la création d' une assurance veuvage en faveur des veuves de moins de 55 ans . Et d' un revenu minimum de 3500 francs par mois pour les familles de trois enfants .

L' assemblée nationale examine ce texte . Par égard pour elle , je ne souhaite pas , vous le comprendrez , traiter ce problème au fond .

Je me bornerai à trois réflexions de caractère général .

En premier lieu , dans le débat actuel sur l' interruption de grossesse . Certains imaginent qu' il s' agit d' encourager la pratique de l' avortement , alors que la préoccupation est tout à fait différente .

Dans une situation où l' avortement existait et était pratiqué par plusieurs centaines de milliers de femmes , dans des conditions de clandestinité qui faisaient courir des risques à leur santé et souvent à leur vie , fallait - il maintenir la loi antérieure , au demeurant inapplicable , car personne ne songeait plus à infliger des peines de prison à des femmes qui pratiquaient l' avortement , ou fallait - il chercher à définir un cadre légal permettant aux femmes en difficulté de prendre sous leur propre responsabilité la décision appropriée à leur situation ?

La loi du 17 janvier 1975 est à cet égard une loi qui fixe les responsabilités de chacun et qui impose une protection médicale .

Son objectif est social , et rien de plus .

Elle entend respecter le choix personnel que dicte sa conscience à chacune des femmes concernées , sans comporter ni directement ni indirectement aucun encouragement en faveur d' une décision que rejettent certaines des croyances fondamentales des Français .

En second lieu , le terme de détresse qui a été employé à l' origine me paraît plus apte à décrire la situation à laquelle il faut faire face .

Je rappelle que les conséquences de l' avortement sur la santé et sur l' équilibre psychique de chaque femme sont suffisamment graves pour que chacune d' entre elles soit amenée à peser avec beaucoup de gravité la responsabilité de son acte , dans les limites et les conditions fixées par la loi .

Je souhaite enfin que puisse être développée une politique beaucoup plus active d' encouragement à l' adoption .

Il existe un paradoxe dans une situation qui veut que certaines femmes renoncent à voir naître leur enfant , alors que de nombreux foyers souhaitent accueillir et élever un enfant .

Je ne méconnais par les difficultés de caractère juridique ou affectif qui entravent les possibilités de l' adoption , mais une vue plus généreuse de ce que peut être le sort d' un enfant amènerait sans doute à modifier le choix d' un certain nombre de femmes , au moment où elles envisagent d' interrompre leur grossesse .

Il ne s' agit pas d' avoir à choisir entre la vie et la mort , mais d' être capable de faire face à d' authentiques situations de détresse et d' offrir aux mères un recours sous forme , par exemple d' une chance d' adoption , si elles ne se sentent pas à même d' assumer le sort de l' enfant qu' elles attendent .

La famille , nous le savons tous , est essentielle à l' homme . Elle est la condition de son bonheur . L' enfant y trouve l' affection , le soin et l' autorité indispensables à son développement équilibré . Les parents y trouvent la sécurité , la tendresse , une raison de vivre .

La famille est en même temps un élément essentiel de la vie sociale .

Elle est le lieu du premier apprentissage de la responsabilité , de la liberté et de la solidarité . Elle transmet , de génération en génération , une part de l' âme et de l' esprit du pays .

L' attachement des Français à la famille est toujours aussi profond . La force de la cellule familiale quels que soient les groupes sociaux , quelle que soit l' évolution des mœurs , est un des traits les plus caractéristiques de la société française contemporaine .

L' évolution démographiques récente , qui est préoccupante , ne traduit pas un moindre attachement des Français à la famille . Nous constatons , au contraire , que les couples sans enfant ont presque disparu .

Mais la taille de la famille souhaitée par les Français en âge d' avoir des enfants s' est malheureusement réduite un peu en dessous du seuil qui assure le maintien de la population .

L' évolution démographique pose un problème fondamental qui met en cause la place de la France dans le monde de demain et l' avenir même de notre société . Une société qui n' est plus capable d' assurer le remplacement des générations est une société condamnée .

La situation actuelle exige une réflexion approfondie de tous les Français , quels que soient leur âge , leur métier ou leurs opinions politiques .

L' avenir démographique de notre pays est bien au-dessus des discussions des partis .

Mon sentiment personnel est que si toutes les familles , quelle que soit leur taille , trouvent leur place dans la société française et s' y sentent bien , nous pouvons légitimement espérer que leur épanouissement aura un effet salutaire sur la démographie .

Toutes ces raisons expliquent l' importance que j' attache à la politique globale en faveur de la famille que j' ai annoncée en 1975 .

Par politique globale , j' entends une politique qui prend la famille comme centre , quelles que soient les actions sociales diverses qui peuvent être imaginées .

Je crois profondément que l' épanouissement du bonheur familial est favorisé par la taille de la famille . L' amour des parents , la générosité d' une mère et l' affection des enfants peuvent être limités par la dimension trop étroite de la cellule dans laquelle ils s' exercent .

Avoir trois enfants exige sans doute beaucoup de sacrifices , mais donne au bonheur familial un sens plus durable , plus complet et plus profond .

Je n' ignore pas les obstacles matériels et psychologiques qui s' opposent à la venue d' un troisième enfant .

C' est d'ailleurs , pour le troisième enfant que l' écart est le plus important entre le désir exprimé par les familles et le nombre de naissances constatées .

Pour toutes ces raisons , j' ai souhaité , des 1975 , que les familles d' au moins trois enfants bénéficient d' une priorité au sein de la politique familiale .

Des mesures sont déjà intervenues en leur faveur : en 1978 création d' un complément familial , en 1979 relèvement supérieur à la moyenne de leurs prestations familiales .

En deux ans , le pouvoir d' achat des prestations versées à la majorité des familles de trois enfants aura progressé de près de 50 % .

D' autres mesures sont en préparation pour les familles : création d' un revenu familial minimum garanti de 3500 francs par mois , relèvement à 10000 francs des allocations de naissance versées pour un troisième enfant ou pour les suivants , généralisation du droit à la retraite des mères de famille . Le gouvernement va réfléchir à l' octroi d' un avantage fiscal permanent pour les foyers ayant élevé au moins trois enfants .

Des dispositions particulièrement importantes concerneront leur logement .

Un système de priorités va être organisé pour permettre à une famille de déménager vers un logement locatif plus spacieux dans les 6 mois suivant la naissance du troisième enfant .

Pour les familles de trois enfants , qui choisissent d' accéder à la propriété , l' apport personnel sera supprimé dans la majorité des cas .

Mais il ne faut pas méconnaître , à côté des problèmes matériels , les difficultés psychologiques que peuvent rencontrer les familles de trois enfants .

Les familles nombreuses ont encore plus besoin que les autres d' avoir confiance dans leur avenir .

Elles ont parfois le sentiment que les valeurs familiales sont méconnues par les grands moyens d' information et que la préférence est systématiquement donnée à des préoccupations plus superficielles et plus égoïstes .

Les responsables des milieux familiaux ont souvent noté que la publicité reflète l' image de la famille à la façon d' un miroir formant .

Lorsqu' elle ouvre son poste de télévision , une famille de trois enfants ne se reconnaît pas dans l' image de la famille qu' on lui présente .

Je demande à tous ceux qui ont des responsabilités dans ce domaine de veiller à donner une représentation complète et exacte des réalités et des préoccupations familiales .

Mon objectif est que les familles de trois enfants soient convaincues non seulement qu' elles ont leur place dans la société , mais que leur rôle y est essentiel pour notre avenir .

Je suis persuadé que la famille d' au moins trois enfants , nécessaire à l' équilibre et au dynamisme de notre population , pourrait être , pour un plus grand nombre de foyers , la famille idéale , c'est-à-dire celle du bonheur durable et partagé .

Cette politique a nécessairement un coût important .

Le total des transferts financiers en faveur de la famille s' élève en 1979 à plus de 100 milliards de francs , dont la moitié au titre des prestations sociales proprement dites , soit sensiblement l' équivalent de l' impôt sur le revenu payé par les Français .

Il est indispensable d' assurer la cohérence financière des mesures décidées en faveur de la famille , avec l' évolution générale des charges sociales et de la situation économique .

C' est une responsabilité que le gouvernement veut assurer dans la clarté et avec la complète information des Françaises et Français .

Mais la priorité reconnue depuis 4 ans aux familles au sein des transferts sociaux sera maintenue à l' avenir , et je peux assurer que les résultats positifs qui seront obtenus dans le rééquilibre du budget social , et particulièrement dans le contrôle nécessaire de la croissance des dépenses de santé , bénéficieront d'abord aux familles .

L' expérience des 4 dernières années a montré qu' il était possible de mettre en œuvre une politique globale en faveur de la famille qui marque un incontestable infléchissement par rapport aux hésitations antérieures .

Les années à venir confirmeront , j' en suis sûr , l' effet bénéfique que nos efforts auront sur la famille .

En second lieu , la politique familiale affirme une priorité pour les familles d' au moins trois enfants .

Nous constatons , en effet , que la venue d' un troisième enfant , ardemment souhaitée par de nombreuses familles qui en espèrent , à juste titre , un approfondissement de leur bonheur , se heurte à des obstacles matériels et psychologiques .

En troisième lieu , la politique familiale veut être une politique globale , c'est-à-dire tenant compte des besoins et des aspirations des familles dans tous les domaines : prestations , éducation , logement , emploi , santé , consommation .

C' est après avoir réfléchi aux problèmes de la mère qui travaille que le gouvernement a fait adopter la réforme du congé parental , permettant à la mère salariée de s' absenter deux ans de son entreprise après la naissance d' un enfant , puis la création du complément familial , qui aide les parents ayant une activité à faire face aux frais de garde de leurs enfants .

C' est après avoir examiné les problèmes de logement des familles que le gouvernement a entrepris la réforme créant l' aide personnalisée au logement .

C' est après avoir constaté les inégalités de chances entre enfants de familles différentes que le gouvernement a décidé l' extension progressive de la gratuité des livres scolaires dans les collèges désormais uniques .

La famille est une institution fondamentale pour l' épanouissement de l' homme et l' équilibre de la société . Elle est essentielle à l' homme , parce qu' elle est la condition de son développement et de son bonheur . C' est là une donnée invariante dans le temps et dans l' espace de la nature humaine .

Elle est un élément indispensable de l' organisation sociale .

La force de la cellule familiale est , en effet , un des traits les plus caractéristiques de la société française contemporaine .

C' est même , je crois , un des faits qui distingue le plus notre organisation sociale de celle de beaucoup d' autres pays .

C' est pourquoi , décidé à fortifier l' institution familiale , j' ai fait adopter puis appliquer par le gouvernement une politique globale en faveur de la famille , que j' ai annoncée dès 1975 et dont le but est de répondre aux besoins et aux aspirations des familles françaises .

Cette politique présente trois caractéristiques qui la distinguent nettement des actions qui ont pu être menées auparavant en faveur de la famille .

En premier lieu , elle donne enfin un contenu concret au contrat de progrès avec les familles , si souvent promis et toujours différé .

Depuis 1977 , le gouvernement garantit chaque année aux familles un accroissement annuel de 1-5 % du pouvoir d' achat de leurs prestations et allocations familiales , c'est-à-dire 1-5 % de plus que les prix , ce qui , dans les circonstances actuelles , est sensiblement équivalent à la progression des autres revenus et notamment des salaires .

C' est une révolution puisque , pendant plus de trente ans , les prestations familiales se sont contentées d' évoluer comme les prix

En même temps , je ne veux pas être un diviseur des Français et je terminerai si vous voulez , je crois que c' est l' heure , par cela .

Nous nous connaissons bien les uns et les autres .

Quand je vais en province , je sens que nous faisons tous partie de ce même peuple , que nous avons la même façon de vivre , quels que soient nos antagonismes et nos disputes .

Seulement , ce que nous ne savons pas , c' est que d' ici moins de vingt ans , il y aura dans le monde 1 Français sur 100 . Cela mérite qu' on y réfléchisse . Nous avons été en classe les uns et les autres , et quand on est en classe , on est 1 sur 30 , et 1 sur 30 ne dicte pas sa volonté aux 29 autres .

Eh bien , nous serons 1 sur 100 à la fin du siècle ce qui pose pour la France en tant que telle , un problème de survie .

Est - ce qu' on parlera notre langue ? Est - ce que notre culture sera connue dans le monde , pourra se défendre ? Est - ce que nos moyens d' expression , notre littérature , notre cinéma , notre télévision auront une clientèle avec ce 1 % ? Est - ce que nous pourrons dans le grand débat international , faire entendre notre voix avec ce 1 % ?

C' est un vrai problème ; un problème de survie pour la France au sens noble ; ce n' est pas une crainte , c' est : comment être pour exister à ce moment là ?

Ce qui est clair , c' est que toute l' énergie que nous dépensons à nous disputer , à nous diviser , à nous insulter , est une énergie perdue pour la survie de la France .

Donc , je veux à la fois une politique cohérente et ferme , mais je ne veux pas être le diviseur des Français .

D'abord , je vous dirai que je n' agis pas en fonction de la critique , et heureusement , car si j' agissais en fonction de la critique , mon action serait totalement incohérente .

On me reproche à certains instants ce que vous dites , trop de libéralisme , à d' autres trop d' autoritarisme . Je ne suis pas les journaux , mais je suis censé influer les moyens d' information , tantôt je suis laxiste tantôt je suis autoritaire . Vous imaginez bien que si je tenais compte de toutes ces critiques , je ne pourrais pas conduire une politique cohérente .

Je cherche à conduire une politique cohérente qui respecte deux principes : le premier principe est une politique qui sait où elle va et qui parfois prend de grands risques .

J' ai pris par exemple en Afrique des risques que peu de gens auraient pris à ma place , et que tous ceux qui étaient autour de moi ont paru ne pas vouloir prendre , ni même partager quelquefois , donc une politique cohérente qui prend quand il le faut des risques , de même que la politique monétaire et la politique économique que poursuit le gouvernement de Raymond Barre est une politique d' une extrême fermeté et qui a une trajectoire tout à fait claire .

Je ferais à la rigueur de l' électoralisme s' il y avait des élections .

J' ai dit , je crois que c' était au cours de la dernière émission , qu' il n' y avait pas d' élections en 1979 , qu' il n' y avait pas d' élections l' année prochaine .

Vous n' allez pas demander au président de la République de ne rien faire sous prétexte qu' il y a des élections dans deux ans , c' est quelqu'un qui exerce une fonction et j' ai l' impression d'ailleurs que ceux qui me critiquent hésitent , parce que de temps en temps ils voudraient pouvoir dire que je ne fais pas assez de choses , que je ne suis pas assez actif , et puis , à d' autres moments ils veulent jouer sur un autre thème en disant : il en fait trop , pour des motifs électoraux .

Je vous dis simplement ceci : personne n' empêchera le président de la République de remplir sa mission .

Je vous parlais tout à l' heure de la bassesse et je vous dirai que quand j' ai envie de regarder ce que sont la dignité et la qualité françaises , il me suffit de regarder Anne-aymone .

Par contre , je ne vais pas commenter ses déclarations qui ont d'ailleurs je crois été faites à une journaliste espagnole qui était venue parler du mode de vie à l' Elysée et qui n' avait pas l' ambition de faire une grande déclaration politique .

J' ai dit que je ne parlerai pas de ce sujet , je n' en parlerai pas .

Nous ne pouvons pas évaluer à l' avance ce que sera la répercussion du choc pétrolier , nous avons parlé tout à l' heure des incertitudes internationales .

Les objectifs pour 1980 , c' est le maintien de la stabilité du franc , poursuivre le développement de l' activité économique sur la trajectoire actuelle , avec ses conséquences sur l' emploi et essayer de faire revenir le taux de l' inflation français au-dessous de 10 % .

Ces questions sont difficiles . Je ne prétends pas que l' on vive dans un état de perfection sociale , loin de là .

Mais il se trouve que demain le conseil des ministres augmentera , par exemple , le minimum vieillesse . Il passera à 40 francs par jour .

Quand j' ai été élu , il était à 14 francs 40 par jour .

Une personne âgée en France à ce moment là touchait je crois 40000 anciens francs , 40000 centimes par mois .

Elle va en toucher un peu plus de 1200 maintenant , et pour un ménage un peu plus de 2400 francs par mois .

C'est-à-dire qu' on est passé de la misère , c' était une situation de misère , 14 francs par jour , à une situation qui n' est pas l' abondance mais qui devient décente .

La vieillesse a vu sa situation transformée .

Si vous regardez toutes les évolutions de rémunération , vous verrez qu' elles se font toutes à l' heure actuelle dans le sens de la réduction des inégalités .

On le voit très bien avec les accords salariaux du secteur public , monsieur Bergeron en faisait état récemment , qui ont resserré les inégalités .

Dans le secteur privé il y a aussi un resserrement .

Je crois qu' on peut aller plus loin et je pense qu' il faut aller plus loin , qu' il faut en même temps tenir compte des difficultés de l' époque .

Ce n' est pas la même chose de modifier une situation de revenus dans une période d' abondance , ou de très grande abondance , et dans une période qui est plus difficile .

A l' heure actuelle on ne peut demander à aucune catégorie de voir ses revenus diminuer , mais dans la redistribution on peut aller plus vite .

Je crois qu' ils se trompent tout à fait .

Ils n' ont pas vu que ce qu' il fallait , c' était préparer la France de demain .

Puisqu'il y a un changement dans le monde , la question n' est pas de s' arc-bouter à la France d' hier comme ceux qui , sur la mer , tiennent à bras-le-corps les poutres d' un radeau .

Cela ne sert à rien . Il faut prévoir la France de demain .

On voit tout à coup apparaître des secteurs entiers d' activité économique créateurs d' emplois . La réalisation de notre programme nucléaire va employer plus de 100000 personnes .

L' informatique est , à l' heure actuelle , génératrice de plus d' emplois que la sidérurgie n' en supprime . Tout ceci est créateur d' emplois .

J' ai voulu systématiquement placer l' économie française dans les secteurs d' avenir . Ces secteurs d' avenir sont ce que j' appellerai l' air , l' intelligence , l' atome , la vie .

L' air : c'est-à-dire espace et industrie aéronautique . Nous avons la première industrie aéronautique de l' Europe continentale . Nous sommes la première industrie spatiale de l' Europe continentale .

L' intelligence : l' informatique et les communications . Vous savez en matière d' informatique nous avons maintenant la première société d' informatique européenne .

Au point de vue communications , depuis que je suis président de la République , en 5 ans , on a installé en France plus de téléphones qu' on en avait installé entre 1880 et 1974 ce qui nous place maintenant parmi les exportateurs . Nous n' étions pas dans ce domaine .

L' atome : nous avons le programme nucléaire le plus ambitieux du monde , et le monde sait que la France fait , à cet égard , un effort d' indépendance énergétique unique et qui , à partir des années 1982 , va améliorer notre situation . L' électricité nucléaire est déjà moins chère que l' électricité de centrales à fuel , de 60 % . En plus , ce sera une électricité autonome pour la France .

Enfin , la vie : c'est-à-dire toutes les sciences de la biologie , de la biotechnique . Nous sommes , à l' heure actuelle en retard . Nous pouvons rattraper ce retard .

Et puis , deux grands secteurs : l' agriculture et la mer .

On a créé 100000 emplois industriels en France en un an .

Si nous n' avions pas cette situation démographique heureuse , puisque nous avons des jeunes qui arrivent nombreux sur le marché du travail , nous serions dans une situation plus forte vis-à-vis des demandeurs d' emploi .

Il semble que la France soit passée , dans les années 1978 1979 , du groupe des pays très vulnérables dans lequel elle était lors du premier choc pétrolier , au groupe des pays moins vulnérables , où elle rejoint les pays comme l' Allemagne fédérale et le Japon .

En fonction du travail accompli , notamment par le gouvernement mais également par tous les chefs d' entreprises par tous ceux qui ont amélioré la gestion de notre économie , la France me paraît commencer à entrer dans le groupe qui est moins vulnérable à certains accidents extérieurs .

Cela est dû également à l' effort de développement de certains secteurs .

C' est cela . A mon avis il faut être prudent et modeste . Nous sommes en train de rejoindre le peloton de tête .

Les changements de la politique économique , fondamentalement .

Le choix d' une monnaie forte et stable .

La libération des prix industriels , qui a rendu une certaine souplesse de gestion à l' économie française en remplaçant des circuits administratifs trop compliqués , ce qui lui permet de s' adapter très vite .

Le changement de génération de ceux qui gèrent l' économie française ; ce sont aujourd'hui des gens beaucoup plus actifs , beaucoup plus attentifs à la gestion , et le fait qu' on a traité la situation de grands secteurs qui étaient en grande difficulté .

Je vous rappelle la sidérurgie l' année dernière .

Je n' attache aucune valeur à ces prévisions , aucune .

Les changements du monde sont tellement rapides ou tellement forts , que ces prévisions sur trois ou 5 ans sont aléatoires .

On ne peut pas nous dire le 27 novembre quel est le taux de croissance en 1979 . J' ai demandé le chiffre hier , on ne peut pas nous le donner .

On ne peut pas nous dire le chiffre de l' emploi en 1983 ou en 1985 .

Tout dépend des facteurs internationaux , tout dépend de notre propre effort .

D'abord un effort d' éducation et de formation .

J' ai été frappé dans tous mes déplacements en province de voir que le problème de l' éducation , de la préparation au travail , est au centre du problème de l' emploi .

Si nous avions un système de formation plus adapté à notre besoin du marché du travail , nous aurions une situation de l' emploi déjà meilleure .

Deuxièmement , nous allons maintenir un taux de croissance en 1980 qui est supérieur à ce qu' on annonce à l' heure actuelle , qui donc devra poursuivre l' amélioration constatée à l' automne de 1979 .

Deuxièmement , une production en hausse . C' est assez difficile à expliquer .

Les économistes ne l' avaient pas prévu , notamment pour la rentrée .

Nous aurons cette année un taux de croissance relativement élevé et supérieur au dernier chiffre qui a été annoncé . Il sera probablement entre 3-5 et 4 : 3-7 . Un chiffre de ce genre . Donc , une forte activité .

Notre niveau actuel d' activité industrielle est supérieur de 6 % .

Par rapport à l' année dernière , donc une certaine incidence sur l' emploi .

Nous avons créé en un an - quand je dis nous , c' est l' économie française - de juillet 1978 à juillet 1979 , 100000 emplois salariés .

Nous avons créé en un an 100000 emplois salariés dans le secteur privé , sans compter le secteur public .

Les statistiques de l' emploi des deux derniers mois ont montré que le nombre des demandeurs d' emploi non satisfaits avait diminué de 66000 , corrigé des variations saisonnières .

Ce n' est pas encore considérable , mais c' est un certain changement de tendance . Il y a des facteurs positifs .

Facteurs négatifs : la hausse des prix persistante et forte , les indices , hier , étant en forte augmentation , et le déséquilibre du commerce extérieur .

Et ce déséquilibre , dû au prix du pétrole que nous payons , est inférieur cette année à l' augmentation de notre facture pétrolière .

S' il n' y avait pas eu l' augmentation , nous serions en excédent . On voit à la fois les points forts et les points faibles de l' économie française . Il faut acquérir la confiance .

Les trois termes , c' est : gravité , volonté , confiance .

Gravité pour juger la situation , volonté pour en sortir , confiance pour voir l' avenir .

Nous développons systématiquement les secteurs d' avenir depuis 1974 , les Français ont pris conscience successivement d'abord de la nature de la crise . Ils en ont pris conscience cette année à l' occasion du deuxième choc pétrolier .

Ensuite , ils ont fait preuve d' une volonté pour surmonter les effets de la crise .

Il leur reste à acquérir la confiance ; ils ne l' ont pas encore .

J' étais à Clermont-Ferrand , il y a quelques semaines . J' ai discuté avec des jeunes ayant des responsabilités dans le monde du travail , dans le monde universitaire . J' ai vu que tous avaient une idée pessimiste de ce que serait l' avenir de la France .

Nous avons actuellement des points forts .

Premier point fort , notre monnaie .

Elle est une monnaie solide , maintenant aussi solide que les grandes monnaies solides du monde .

Cela malgré l' annonce plus ou moins apocalyptique qu' on a faite régulièrement , lors de notre entrée dans le système monétaire européen .

On disait que nous en sortirions aussitôt dans le désarroi . Pas du tout , nous sommes dans les premiers rangs du système monétaire européen .

Quelques mots sur cette situation .

Ce n' est pas une situation politique , c' est la mort d' un peuple .

La mort d' un peuple par les traitements dont il a été l' objet , et le caractère d' auto extermination de la politique de ses dirigeants précédents ; et à l' heure actuelle , la mort par la famine , la misère , la misère physiologique .

Il faut donc traiter ce problème d' urgence , et en comprenant qu' il s' agit de la mort d' un peuple .

Peut - on sauver un peuple de la mort par des solutions militaires ? Je pose la question . On peut au contraire précipiter un peuple dans la mort par des solutions militaires .

A l' heure actuelle , il y a des centaines de milliers de cambodgiens qui se massent aux frontières et peuvent devenir à nouveau un immense monde de réfugiés , comme le sont les Palestiniens dans une autre partie du monde .

Ce n' est donc pas une solution militaire qui peut régler le problème , c' est une solution politique .

Cette solution politique , quels devraient en être les caractères ? D' une part , il faudrait un Cambodge qui soit neutre , qui soit indépendant , qui choisisse librement ses dirigeants .

Ceux - ci ne peuvent pas être imposés de l' extérieur , ne peuvent pas être les auteurs de son propre génocide .

Cela suppose le départ des forces étrangères du pays et enfin une volonté de coopération avec l' ensemble des pays voisins .

Ce sont des principes que la communauté internationale affiche à tout propos dans d' autres régions du monde .

Il faut les appliquer au Cambodge .

Le prince Sihanouk qui a été le souverain de ce pays et à une grande expérience internationale , est un de ceux qui peuvent , en effet , plaider pour une solution politique . En tout cas , la France appuiera la recherche d' une solution politique au Cambodge .

Je le recevrai pendant son séjour .

J' ai veillé , en raison des liens du passé , à ce qu' il soit reçu dans notre pays comme un ami de la France .

Bien sûr que non .

La politique agricole commune est une des réalités de la communauté .

D'ailleurs , c' est un faux débat car nos partenaires sont tous attachés à la politique agricole commune .

Contrairement à ce qu' on croit , la France n' en est pas le principal bénéficiaire . Il y a là une erreur d' information , de diagnostic .

La France en était le principal bénéficiaire jusqu' à il y a quelques années , mais à l' heure actuelle ce sont certains pays plus petits de la communauté , c'est-à-dire l' Irlande , le Danemark , les Pays-Bas , même la Belgique et le Luxembourg , qui sont beaucoup plus avantagés que nous .

Nous demanderons la publication d' un chiffre très intéressant , celui du montant que la politique agricole commune apporte à chaque exploitation .

Vous verrez que la France , en raison de l' importance de son agriculture , reçoit beaucoup moins par exploitation que ses autres partenaires du marché commun .

Nous sommes attachés à la politique agricole commune , mais nous sommes persuadés que nos partenaires y sont en réalité aussi attachés que nous . sauf les britanniques .

Quand on arrive dans une institution , on commence par en respecter les règles . Au bout d' un certain temps on peut proposer telle ou telle amélioration ou modification de ces règles . Nous ne pouvons pas accepter que l' élargissement d' une communauté qui vit et qui a son acquis fondamental la remette en cause . C' est contraire à toute logique .

Oui , et des problèmes sociaux .

Les britanniques posent un problème qui existe , celui du montant de leur contribution au budget des communautés . Ce problème , comme tous les problèmes communautaires , on peut naturellement l' examiner .

Mais il faut accepter que ce soit une décision communautaire , tenant compte des intérêts de tout le monde , qui apporte une solution .

Jusqu' à présent ils n' ont pas adopté une telle attitude .

Il va de soi que la France est prête à rechercher une solution communautaire . Par contre elle n' acceptera aucune solution qui ne soit pas conforme à l' esprit communautaire .

La commission a présenté un projet de solution . C' est un projet généreux , mais qui est dans l' esprit des règles communautaires .

Il pourra donc être éventuellement étudié .

Je n' ai aucune objection .

Je dirai même que je suis allé plus loin puisque j' ai pris l' initiative , à laquelle personne ne m' obligeait en tant que président , de verser tous mes droits d' auteur à des œuvres de bienfaisance pour des montants qui sont considérables . Personne ne m' y obligeait .

J' ai récemment donné la propriété de mon vivant , ce qui n' a jamais été fait , de toutes les archives de la présidence , qui ont un autre intérêt et une autre valeur , aux archives nationales .

Donc aucune objection .

C' était quelque chose qui tenait aussi à mon caractère et à l' idée que j' ai de ma fonction .

Il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison .

Je réponds à vos questions .

D'abord , les cadeaux officiels .

Comme chef de l' Etat , je reçois et je donne des cadeaux officiels .

Je ne demande de cadeau à personne . Ces cadeaux sont apportés à l' Elysée . Ils y sont conservés . Ils n' en sortent que pour deux usages : ils peuvent être attribués à des œuvres de bienfaisance ou , lorsqu' ils ont un intérêt culturel , être remis à des musées .

Depuis que j' exerce mes fonctions , de nombreux cadeaux ont été remis à des œuvres de bienfaisance . De nombreux cadeaux ont été remis à des musées .

Tous les autres ont été conservés à l' Elysée par le secrétariat général , et sous sa responsabilité .

Voilà comment les choses se passent .

Avant que mon mandat ne s' achève , tous les cadeaux que j' ai reçus , et dont la liste sera conservée , auront été utilisés à l' une ou l' autre de ces fonctions , c'est-à-dire œuvres de bienfaisance ou musées .

Je ne vous cache pas qu' il est assez désobligeant pour moi de répondre à des questions de cette nature .

Je peux vous dire que déjà ces dernières années de nombreux cadeaux ont été envoyés à des œuvres de bienfaisance , qui le savent et qui , d'ailleurs , m' en envoient par écrit le témoignage , ou à des musées où ils sont à l' heure actuelle présentes .

Enfin , à la question que vous m' avez posée sur la valeur de ce que j' aurais reçu comme ministre des finances , j' oppose un démenti catégorique et j' ajoute , méprisant .

Je vais d'abord vous dire pourquoi je n' ai pas répondu tout de suite .

Lorsque j' ai été élu , au premier conseil des ministres , qui avait lieu le 29 mai 1974 .

Depuis je n' ai jamais poursuivi aucun journal .

Je suis le premier président de la République française à n' avoir jamais poursuivi un journal .

Pourtant j' en ai le droit car il y a une loi fondamentale sur la presse , une loi de 1881 dont l' article 26 protège le président de la République : par application de cet article , il peut faire condamner à des peines sévères toute publication qui met en cause son honneur et sa dignité .

Il n' a même pas besoin d' apporter la preuve de quoi que ce soit , il suffit que son honneur ou sa dignité soit mis en cause pour qu' il obtienne la condamnation .

C' est une loi qui a été votée par le parlement pour mettre le président de la République à l' abri de débats ou de querelles de ce genre .

Cette loi , le général de Gaulle l' a utilisée 118 fois , le président Pompidou , pendant la durée plus courte de son mandat , l' a utilisée 17 fois .

Je ne l' ai jamais utilisée une fois .

Par contre , je ne suis pas à la disposition de ceux qui utilisent vis-à-vis de moi l' attaque ou la calomnie .

À partir du moment où ils savent pouvoir le faire sans que le président de la République utilise les moyens de condamnation dont il dispose , ils ne vont pas s' attendre en plus à ce que tous les matins je réponde aux attaques et aux calomnies .

Le régime du président de la Centrafrique était en place depuis 1965 .

Il était donc en place , lorsque j' ai été élu président de la République , depuis 9 ans .

C' est du temps de ma présidence qu' il a été changé , je le répète par la volonté du peuple centrafricain , mais avec l' appui de la France .

La France n' a pas à soutenir les gouvernements . Elle constate qu' il y a des gouvernements en place . Elle peut avoir un jugement sur ces gouvernements . Mais ce n' est pas à elle de les soutenir . Le gouvernement centrafricain n' avait pris durant toute cette période une attitude inamicale ou condamnable ni vis-à-vis des Français sur place ni sur le plan des relations entre la France et cet Etat . Nous n' avions donc pas de motif , ni d'ailleurs le droit d' intervenir .

A partir du début de cette année 1979 , la situation a changé car les forces centrafricaines ont tiré sur la foule . Elles ont tiré sur une foule d' étudiants , de lycéens , peut-être même d' enfants .

À partir de ce moment , il n' était plus possible d' accorder quelque soutien que ce soit . Mais il ne fallait pas que cela soit une intervention de type colonial ou apparaisse comme tel . Ce n' était pas à la France de le dire .

Notre objectif a été que ce soient les Africains qui le disent et ce sont les Africains qui l' ont dit .

Je suis allé à Kigali au mois de mai . J' ai dit que lorsque les Africains auraient conclu , la France en tirerait toutes les conséquences .

Les Africains ont conclu , pendant cet été , à la condamnation du régime centrafricain . A partir de ce moment nous étions disposés à aider les centrafricains qui souhaitaient mettre en place un nouveau régime . Mais je vous le répète , il fallait l' accord des Africains .

Pour la France , avoir eu la capacité toute seule , alors que les autres nous encouragent mais ne font rien , de contribuer à maintenir le continent africain dans une situation de sécurité et de paix , sans prêter à l' accusation d' ingérence ou d' interférence , représente pour l' équilibre du monde , à mon avis , un grand succès .

Vous parlez de notre présence militaire . Elle n' est jamais que temporaire ; elle n' a aucune vocation à rester permanente .

Elle ne s' exerce jamais contre le vœu des gouvernements en place .

A l' heure actuelle , ce sont ces gouvernements qui nous demandent le maintien de nos effectifs , d'ailleurs faibles , et naturellement appelés à disparaître .

Vous avez parlé de la Centrafrique . Que s' est - il passé en Centrafrique ? Il y avait un régime autoritaire qui faisait vivre le pays dans des conditions pour lui insupportables .

Les dirigeants de ce pays nous ont demandé , depuis le début de cette année , si , le moment venu , on pourrait les aider à établir un régime d' un type différent . C' est ce que nous avons fait à leur demande .

J' aurai d'ailleurs l' occasion de publier les documents par lesquels , bien avant ces évènements , ils nous ont demandé s' ils pourraient , à condition qu' ils prennent les initiatives , compter sur notre appui .

Oui , ceux qui sont au pouvoir , et notamment ceux qui résidaient dans le pays .

Que s' est - il passé ? Le régime a été éliminé sans un coup de feu français . Nous sommes le 27 novembre . Cela a eu lieu le 21 septembre . Pas un Français n' a tiré un coup de feu en Centrafrique . Pas un .

Oui , il y a des militaires français qui progressivement seront retirés .

A l' heure actuelle , il y a un gouvernement qui gouverne avec des hommes de diverses tendances et qui est représentatif de la réalité centrafricaine .

Notre objectif est de faire en sorte que ce gouvernement puisse traiter le vrai problème centrafricain qui est celui du développement et de l' équilibre du pays . Pour cela , il pourra compter sur notre aide .

Oui , on me la reproche souvent .

Mais où ? On me l' a reproché en France .

Je voudrais vous rappeler des choses tout à fait simples : il y a actuellement des instances internationales réunies . C' est l' automne , c' est la session des Nations-Unies . Il y a une organisation de l' unité africaine .

La politique africaine de la France n' a été critiquée , moins encore , condamnée ni aux Nations-Unies pendant la session , ni par l' organisation de l' unité africaine . Au contraire , ses objectifs ont été très clairement perçus .

Au moment où les Français voient le monde comme il est , au moment où ils voient la situation en Iran telle qu' elle est , le fait est que le continent africain voisin , où vivent nombre de nos compatriotes , entretient à l' heure actuelle avec nous des relations pacifiques et connaît une relative sécurité .

Si la France n' avait pas agi en son temps , qui vous dit que nous n' aurions pas des situations tout autres dans telle ou telle capitale africaine ?

Il y a plus que des risques .

Lorsque des questions étaient posées , on disait : les affaires étrangères déclarent que ce ne sont pas elles . La coopération dit que ce n' est pas elle , c' est l' Elysée .

J' accepte cette responsabilité parce que j' estime qu' en effet il y a de grandes orientations de la politique française qu' il faut prendre .

Ces orientations de la politique française figureront parmi celles qui seront à l' actif de la période actuelle .

La France l' a fait .

Il faut à nouveau rechercher avec les pays en développement les voies d' un dialogue permettant de mieux organiser cette grande mutation du monde . Il faut le faire , pour l' instant , avec les pays qui sont disposés à le faire .

C' est pourquoi j' attache beaucoup d' importance au dialogue avec les pays producteurs de pétrole , du golfe et de la région du Proche-Orient .

Nous continuons nos efforts pour progresser dans cette direction .

C' est par la reconnaissance de leurs réalités de leurs difficultés qu' on peut créer une situation psychologiquement et politiquement différente .

D'ailleurs les contrats d' approvisionnement que nous avons avec ces pays sont renouvelés , avec même une légère amélioration concernant les quantités .

Cela montre bien que la France entretient avec eux des relations d' un ton et d' un climat autres que ceux qu' on observe à l' heure actuelle .

En fait , nous assistons à cette désorganisation du monde . Elle a deux aspects .

Le premier est l' aspect nord-sud . La France a pris des initiatives . Il faudra en prendre de nouvelles .

L' autre , c' est la désorganisation interne du monde industrialisé . Elle est illustrée par le désordre monétaire extravagant dont on voit les oscillations d' un mois à l' autre .

Nous avons réussi à éliminer ce désordre monétaire en Europe . Notre système monétaire européen marche bien .

A ce niveau les relations du franc avec les monnaies voisines sont stables .

Mais on ne peut pas avoir à la fois un système monétaire désorganisé entre les pays industrialisés , et une relation désorganisée entre les pays industrialisés et les autres .

C' est pourquoi , au printemps prochain , je compte prendre une initiative en vue de la préparation du sommet des pays industrialisés pour que nous reconstruisions un système monétaire organisé entre les pays industriels .

Voyez la réalité .

Si la France avait commis l' année dernière un geste brutal vis-à-vis de l' Ayatollah Khomeyni , c' est elle qui aurait déclenché l' explosion .

Voyez l' état de sensibilité de la population iranienne .

Si un geste violent ou désobligeant avait été commis contre l' ayatollah Khomeyni , c' était nous , à ce moment là , qui étions en scène .

Absolument . C' est nous qui serions dans la situation actuelle .

Nous n' avons jamais été saisis de la part du gouvernement de l' époque . Oui , de demande visant à ce que cette liberté de parole lui soit retirée .

Je reviens à votre question précédente .

Il faut placer le débat sur le plan du respect de la loi internationale .

Il faut utiliser des moyens pacifiques de pression , notamment dans le cadre des Nations-Unies pour convier , conduire le gouvernement iranien à respecter la loi internationale .

C' est la première action .

Dans cette situation , les autres pays producteurs de pétrole , les pays arabes notamment , ont pris des attitudes très modérées .

Il ne faut pas les traiter ou les considérer comme s' il y avait un bloc dans cette affaire . Ce n' est pas le cas .

Il appartient à chacun d' assurer la protection de ses ressortissants .

La France l' a fait lorsqu' elle avait à le faire .

Nous n' avons pas à évaluer la manière dont tel ou tel autre pays le ferait .

Simplement , nous devons rechercher par tous les moyens les voies pacifiques pour dénouer une telle situation .

Il y a deux affaires . Il y a , d' une part , un contentieux très vaste entre les Etats-unis et l' Iran , mais il y a , d' autre part , le fait que la violation , le non-respect des lois internationales , intéressent la collectivité internationale tout entière et , d'ailleurs , tous les pays , de toutes tendances , l' Union soviétique .

L' action politique ne consiste pas à faire des discours , surtout lorsque les discours sont sans portée , et que les discours qui ont eu lieu depuis l' origine de cette crise n' ont pas modifié d' un iota la situation .

Je pensais qu' il était plus important pour la France de se manifester par des déclarations de son gouvernement , nous avons donc attendu que le gouvernement se réunisse , c'est-à-dire mercredi dernier , pour faire une déclaration du gouvernement à ce sujet .

Enfin , nous avons été en contact avec nos partenaires et j' ai eu deux entretiens téléphoniques avec le président Carter au cours de cette période .

Ce qui prouve que nous avons été très actifs au cours de cette période , tout en sachant bien que le dénouement ne dépendait pas de l' action isolée que nous pouvions mener dans ce domaine .

Le deuxième aspect c' est qu' on ne peut pas accepter la destruction de la loi internationale et la prise d' otages .

Notamment la prise d' otages d' un personnel diplomatique , qui est couvert dans le monde entier par des conventions respectées par tous , est quelque chose d' inacceptable . C' est la raison pour laquelle la France a pris une position et continuera d'ailleurs de prendre position .

La violation de la loi internationale est une chose inacceptable et il faut savoir que cette violation , finalement , comme toujours , pèsera sur les plus faibles .

A l' heure actuelle , on a l' air de croire que ce sont les Etats-unis qui en souffriront , mais les puissants se défendront toujours , tôt ou tard ils prendront des précautions , ils en ont les moyens .

Si on laisse détruire la loi internationale , sur le plan diplomatique , sur le plan financier par le non remboursement des dettes , et cetera , ce sont les petits pays , les pays pauvres qui en seront les victimes , parce qu' il n' y aura plus de système de crédit international en leur faveur ou parce qu' ils n' ont pas , eux , les moyens de se protéger .

C' est pourquoi il faut obtenir le respect de la loi internationale et , à mon avis , c' est aux organisations internationales de le faire .

Il faut sortir du tête-à-tête , car le tête-à-tête , à cet égard , ne comporte pas de solution .

Il faut au contraire rechercher les prises de position des organisations internationales .

Elles ne doivent pas intervenir dans le débat sur l' antagonisme entre les pays en question ; elles doivent intervenir sur la manière de respecter les obligations internationales .

Je souhaite que le conseil de sécurité puisse apporter des éléments qui permettent aux autorités iraniennes de percevoir les obligations qu' elles doivent respecter .

Oui . Le monde se désorganise . D' une façon qui était dans une certaine mesure , prévisible et qui correspond aux mouvements de grandes forces .

A propos de l' Iran , la France , depuis l' origine , a considéré que la révolution iranienne était une réalité . Au début , certains ont cru qu' on pouvait nier l' existence de cette révolution . Voyez ce qui se passe à l' heure actuelle : cette révolution iranienne est une réalité et une force fondamentale de la vie de l' Iran .

C' est une force qu' on dépeint souvent comme étant religieuse .

C' est en réalité l' expression à la fois du mécontentement , de la souffrance , des besoins d' une population qui , sur le plan social , sur le plan politique , a été maintenue pendant longtemps dans une situation de misère et de dépendance et qui cherche à trouver son expression ; elle utilise pour cela l' expression religieuse , mais je suis convaincu que ce ne sont pas les satisfactions d' ordre religieux qui mettraient fin à la révolution iranienne .

Il faut reconnaître ces faits et ils m' ont conduit , il y a déjà plusieurs années , à mettre l' accent sur le dialogue nord-sud , parce que ce sont des situations qui vont se reproduire dans le monde .

Situations de pauvreté , de populations très nombreuses maintenues dans la misère et dans l' ignorance qui , tout à coup , accèdent à la connaissance , à l' information , à la comparaison avec la situation des autres , et qui n' accepteront pas leur situation .

Oui . Il ne faut pas que ce soit ceux qui le dégradent qui se plaignent ensuite de sa médiocrité .

Vous observerez que les principaux personnages de l' Etat , dont moi - même , n' attaquent jamais personne et ne rabaissent jamais le débat . Si le débat est rabaissé , il faut en rechercher ou en apercevoir les auteurs .

Deuxièmement , je ne voudrais pas qu' on porte un jugement que je considère comme inexact . La France est un pays dans lequel la lutte politique est particulièrement honnête .

Prenez des exemples simples : notre administration est tout à fait honnête .

Il y a , dans le monde , beaucoup d' administrations corrompues .

Notre vie politique est exceptionnellement honnête .

Quand on pense que tout le débat à propos de monsieur Boulin aura porté sur l' acquisition de deux hectares de terrain , non revendus par lui , et ceci il y a 5 ans , cela montre bien que nous avons une vie politique honnête .

Les moyens d' information , en respectant le fait que même un inculpé est présumé innocent , peuvent y apporter leur contribution .

Vous touchez une question fondamentale qui , pour moi , est une question de principe .

Je peux vous dire que je ne lui en ai jamais parlé . Je ne lui en ai jamais parlé pour des raisons de principe . J' estime que lorsqu' il s' agit d' une affaire de droit privé portée devant les tribunaux qui l' examinent , il n' y a pas lieu , pour des hommes dont les fonctions sont publiques et dont les relations sont liées à l' exercice de leurs fonctions publiques , d' intervenir , ou même de débattre de questions de cette nature .

C' était pour garder à cette situation son caractère privé que je n' en ai jamais parlé .

Ceci est tout à fait autre chose . Je m' occupe de ce qui intéresse l' Etat , je ne m' occupe pas du reste . J' ai été frappé par un sondage dans lequel il était dit que les Français , en majorité , pensaient qu' ils ne connaîtraient pas la vérité .

C' est d'ailleurs un vieux problème dans notre pays que cette méfiance vis-à-vis de nos institutions , et de nos institutions de justice en particulier . Je tiens à vous dire que les Français connaîtront la vérité .

C' est une vérité qui porte sur une situation de droit privé . C' est donc la justice qui établira cette vérité . Elle établira sous sa responsabilité et sans aucune interférence ou ingérence .

Le président de la République a , dans ses attributions , à veiller à l' indépendance de la magistrature , assisté par le conseil supérieur de la magistrature .

Je ferai en sorte , sans intervenir dans la procédure , que cette vérité soit connue entièrement par la justice .

Absolument . Je vous rappelle : paix à Robert Boulin .

Qu' a - t - on observé dans cette affaire ?

D'abord , qu' on ne pouvait rien reprocher à aucun des fonctionnaires de l' Etat , soit les agents de l' équipement lorsqu' il s' est agi de l' utilisation de ce terrain , soit par la suite les magistrats , lorsqu' il s' est agi de la procédure en cours .

Quelle était la seule critique qu' on aurait pu faire , qui eut été grave ? C' eut été de dire , s' agissant d' un sujet auquel se trouvait mêlé , même indirectement , un membre du gouvernement : on a ralenti ou compliqué l' action de justice . Personne n' a pu le dire , il n' y a eu aucune intervention , aucun magistrat n' a reçu la moindre directive pour freiner , pour ralentir l' action de justice .

Je voudrais attirer votre attention sur un aspect de morale politique à cet égard . Ce qui a joué dans le cas de Robert Boulin et qui peut jouer un jour pour un autre , c' est le fait qu' à l' heure actuelle l' impact de l' information est tel que lorsqu' une rumeur est lancée , elle devient certitude .

Lorsqu' on parle d' une instruction qui est en cours , on croit que cela veut dire qu' on est coupable alors que notre droit fondamental , en France , est que même un inculpé est présumé innocent .

Jusqu' à sa mort , à mes yeux , Robert Boulin était présumé innocent .

Il ne faudrait pas que par un changement d' attitude de tel ou tel moyen d' information - je ne porte pas de jugement collectif - quelqu'un soit en posture d' être accusé alors qu' il n' est même pas inculpé .

Je ne parle pas de la presse .

Il ne faut jamais porter de jugement collectif , je n' en porte jamais .

MONSIEUR Boulin a écrit qu' il avait été conduit au désespoir par la campagne dont il était l' objet .

Ce n' était pas la presse , mais j' ai noté qu' il y a eu une campagne .

Je ne répondrai pas là dessus , il a écrit lui - même et il a expliqué son geste . Paix et repos à l' homme public qu' était Robert Boulin .

Nous l' avons connu , les uns et les autres , peut-être certains d' entre vous plus spécialement .

Il a été ministre très longtemps , dans son dernier poste , il était ministre du travail , il a reçu les partenaires sociaux et , d'ailleurs , j' ai noté avec quelle dignité les syndicats ont pris position au moment de sa disparition .

Quand quelqu'un a travaillé pendant des années , que tout le monde le connaissait , il n' est pas possible de faire à son propos des campagnes comme celles qui ont eu lieu .

En tout cas , paix et repos à l' homme public .

Pour ce qui est de l' homme privé , de quoi s' agissait - il ? Il s' agissait des conditions dans lesquelles , à un moment où Robert Boulin n' était pas ministre , puisque c' était en 1974 , il avait acquis un terrain , non pas pour le revendre , mais pour y construire sa maison de vacances .

Quelles étaient ses relations avec le vendeur du terrain ? L' inculpation en justice est une inculpation qui visait le vendeur du terrain et donc le problème était de savoir quelles avaient été ses relations avec lui , mais il n' y a jamais eu d' inculpation contre Robert Boulin .

Vous parliez des rapports au sein de la majorité .

Non , il y a eu en effet une vive tension à l' occasion du débat budgétaire .

Il faut dire que depuis le début du débat budgétaire des critiques très vives avaient été adressées au budget ; par écrit , oralement dans tous les discours ; il était donc tout à fait naturel que le premier ministre réponde .

Quel serait son rôle si , au parlement , il ne pouvait pas s' exprimer franchement , ce qui , au surplus , est dans son caractère .

Je vois Raymond Barre et je le connais depuis longtemps .

Il a été appelé souvent par le général de Gaulle , qui lui demandait son avis , et Raymond Barre a toujours donné au général de Gaulle des avis empreints d' une grande fermeté .

Il reste dans la même ligne de pensée et quand je vois son attitude vis-à-vis de l' Etat , vis-à-vis de la nation , son comportement vis-à-vis du président de la République , je pense qu' il reste très proche de la pensée de ceux qui sont fidèles aux conceptions du général De Gaulle .

Donc , je pense que ces oppositions sont appelées à s' atténuer .

Je ne fais pas de politique fiction , ce n' est pas mon rôle .

J' agis en fonction des faits politiques .

Je n' ai aucune raison de soupçonner les députés de la majorité , que je connais , que je rencontre lorsque je fais mes voyages dans les régions .

Je n' ai aucune raison de les soupçonner d' un changement fondamental de majorité , d' un fait politique entièrement nouveau .

S' il y avait un fait politique entièrement nouveau , j' agirais .

D'abord , on ne discute pas du choix du premier ministre à la télévision .

Ensuite , monsieur Barre accomplit et a accompli un travail considérable .

Si , tout à l' heure , nous parlons des questions économiques et sociales qui , pour moi , sont vitales pour la France , je pourrai vous dire que la France me paraît mieux supporter le deuxième choc pétrolier que le premier .

Cela est dû en grande partie au travail qui a été accompli par Raymond Barre et son gouvernement .

C' est pour cette raison qu' il continue sa tâche ; qu' il continue sa tâche , jusqu' à la limite de ses forces .

Les Français l' ont vu au cours des semaines dernières et , d'ailleurs , dans un récent sondage ils lui ont manifesté leur reconnaissance .

D'abord , le vote du budget : j' ai été secrétaire d' Etat aux finances chargé du budget en 1959 .

C' était la première année de fonctionnement de la cinquième république .

Le budget a été voté dans les mêmes conditions que cette année .

Le premier ministre était Michel Debré .

MONSIEUR Pinay était ministre des finances , j' étais secrétaire d' Etat .

On a utilisé la même procédure pour faire voter le budget .

Il y avait à l' époque une difficulté qui tenait à la suppression de la retraite des anciens combattants qui avait été décidée par le gouvernement .

La procédure a donc été la même pour la première année de la cinquième république .

C' était le budget .

Ayant observé le débat budgétaire , sans y participer , parce qu' il s' agit d' une responsabilité qui n' est pas celle du président de la République , j' ai bien vu le moment à partir duquel la difficulté était certaine : quand il a été décidé que l' on commencerait à examiner les dépenses budgétaires après avoir rejeté les recettes .

Pour la première fois le débat budgétaire n' a pas eu un grand écho dans l' opinion . Je l' ai regretté .

Je souhaite que les travaux parlementaires soient suivis avec attention par l' opinion .

Pourquoi ? Pour une raison simple , l' opinion ayant vu que les recettes avaient été écartées , et qu' on parlait des dépenses , s' est dit que le gouvernement serait bien obligé , à un moment où à un autre , de proposer une solution globale ; ce serait à la fin que tout se règlerait ; ce qui se passerait dans l' intervalle n' aurait pas beaucoup d' importance .

Puisque le gouvernement avait indiqué qu' il serait amené à engager son existence et que , d' autre part , les dirigeants du RPR avaient dit qu' ils ne voteraient pas une motion de censure , on connaissait le résultat .

Ce débat , au fond , était à la fois passionné et sans enjeu concret .

C' est pourquoi il y a eu une telle véhémence dans le débat .

Il faut tout de suite écarter la troisième solution .

Je vais vous répondre , mais je souhaiterais que dans l' heure que nous avons et avec l' angoisse qui nous vient du monde extérieur , nous ne consacrions peut-être pas trop de temps à des subtilités de l' action politique .

C' est l' affaire des partis . Vous interrogez de temps en temps les dirigeants des partis , je les vois à l' écran . C' est à eux qu' il faut poser les questions .

Le président de la République ne juge la vie politique de la France qu' au travers de sa forme institutionnelle .

Je suis très attaché aux institutions parlementaires . J' ai moi - même été formé par la fonction parlementaire . Je souhaite que les travaux du parlement se déroulent d' une manière positive . C' est sur les votes du parlement que j' observe s' il y a ou non majorité .

Tant qu' une majorité nouvelle dans nos institutions n' est pas apparue , je n' ai aucune raison de mettre en doute la majorité ancienne .

Je vous rappelle que les grands dirigeants de la majorité ont indiqué à plusieurs reprises qu' ils ne voteraient jamais une motion de censure . Or , c' est le vote d' une motion de censure qui fait le changement de majorité . Donc , jusqu' à la démonstration du contraire , il y a une majorité .

Non , l' élection présidentielle est une élection populaire , c' est l' élection de quelqu'un à qui une grande responsabilité nationale est confiée .

Bien entendu , il apparaît une expression de la volonté politique du pays .

Mais ce n' est pas une élection qui se retrouve nécessairement sur le plan parlementaire .

Dans mon cas , j' ai été élu en 1974 . La majorité parlementaire était antérieure . Vous vous en souvenez fort bien , elle n' a pas été modifiée .

Vous vous trompez absolument .

Les majorités se font et se défont par des votes . Elles ne se font et ne se défont pas par des déclarations . Or , quels sont les votes ?

Il y a eu le vote des Français en 1978 : les élections législatives , grand débat national . C' est à l' occasion de ces élections qu' est apparue la majorité , c'est-à-dire la majorité des électeurs français .

Ces électeurs ont voté pour deux partis : le RPR et UDF , qui ont fait une alliance électorale , et dont un seul candidat s' est retrouvé en piste au second tour .

Ce qui fait que ces députés ont été élus en réalité par une addition de voix RPR et UDF . C' est là que s' est formée la majorité .

Une majorité peut ensuite se défaire ; elle peut se défaire par un vote .

Dans notre système constitutionnel le changement de majorité n' intervient pas avec la disparition de la majorité ancienne mais par l' apparition d' une majorité nouvelle .

S' il y a la technique de la motion de censure , comme dans d' autres pays , par exemple en Allemagne fédérale .

Et donc il n' y aurait de nouvelle majorité en France que s' il apparaissait une nouvelle majorité par le vote commun d' une motion de censure .

Ceci ne s' est pas produit .

J' observe qu' il y a une grande différence entre l' excès des mots qu' on utilise et l' importance des faits politiques réels dans notre vie intérieure .

Nous parlerons tout à l' heure de la situation du monde , où il se passe beaucoup de choses qui ont des conséquences pour nous .

Mais , si l' on prend la vie politique intérieure de la France , il ne s' est pas passé de grands évènements depuis plusieurs mois .

Qu' est - ce qu' on a vu ? On a vu pendant l' été une campagne très tenace contre l' action du premier ministre et du gouvernement . On a vu ensuite un long et difficile débat budgétaire , puis l' adoption du budget .

Finalement , il n' y a pas eu de grands évènements politiques , il n' y a pas eu de changement de gouvernement , il n' y a pas eu au parlement de vote qui ait modifié les conditions de l' équilibre politique .

La vérité , c' est qu' il n' y en a pas en 1979 .

Or , ce sont elles qui donnent le rythme de la vie politique française .

Il y a eu les élections législatives en 1978 , les élections européennes du printemps dernier , et chaque fois un grand débat .

A l' heure actuelle , il n' y a pas de grand débat , ni de préparation d' élections .

C' est ce qui explique que les partis politiques aient surtout à s' organiser à l' intérieur , à régler leurs problèmes , à définir leur doctrine .

En l' absence de grands évènements , il y a des prises de positions , des déclarations à propos desquelles je dirai seulement que l' excès des mots ne décrit pas la réalité de la situation politique française .

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