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Merci d'abord pour votre invitation . Quand je me suis présenté à l' élection présidentielle , je connaissais la situation du pays .

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F. Hollande - 29 mars 2013

Bonsoir .

Merci d'abord pour votre invitation . Quand je me suis présenté à l' élection présidentielle , je connaissais la situation du pays .

Je savais la crise qui nous frappait , frappait l' Europe . Je savais qu' il y avait depuis cinq ans une augmentation du chômage : un million de chômeurs en plus . Je savais qu' il y avait des déficits .

Comment l' aurais -je sous-estimée ? En revanche , ce que nous n' avions pas anticipé , c' était que cette crise allait encore durer plus longtemps que prévu . Alors , qu' est - ce que j' ai fait ? J' ai simplement annoncé des mesures ? Non , j' ai mis en place une politique . Tous les outils sont là . C' est cette politique-là , tous les outils-là qui maintenant vont être mis en œuvre pour atteindre l' objectif . Quel est l' objectif ? Parce que je suis lucide , je suis conscient , j' ai les yeux ouverts ...

Je regarde et j' entends !

Il y a un chômage qui progresse , continument , je l' ai dit . Sur les 60 derniers mois , 52 avec une augmentation du chômage . Donc , mon premier objectif et je l' ai affirmé , c' est d' inverser la courbe du chômage à la fin de l' année . D' inverser , ça veut dire quoi ?

Ça veut dire quoi inverser ? Ça veut dire que ça va augmenter jusqu' à la fin de l' année - nous en subissons encore les effets - et puis , à la fin de l' année , nous serons dans une baisse du nombre de chômeurs . Est - ce que c' est un vœu ? Non . Ce n' est pas non plus un pronostic . C' est un engagement et une bataille . Je la mène cette bataille et je vais y mettre tous les moyens . Les moyens , je ne vais pas avoir à les inventer , ils sont là . Il y a les emplois d' avenir - nous allons en parler - pour les jeunes , ceux qui sont sans qualification , ils seront 150000 avant la fin de l' année .

Ça part lentement , mais ça arrivera sûrement !

Ce qui compte , c' est d' arriver à avoir autant de jeunes que nous en avons souhaité . Remettre le pied à l' étrier pour ces jeunes souvent des quartiers difficiles ...

Oui , cela , c' est fait pour le secteur public et le secteur associatif . Et puis , il y a le contrat de génération . Cela vient d' être voté , mis en œuvre , dès le mois de mars et cela va augmenter : 70000 à 80000 créations d' emplois pour les jeunes et de maintien des seniors , c'est-à-dire de ceux qui peuvent leur transmettre leur expérience , dans l' entreprise . Mais je ne vais pas simplement mettre en œuvre ces outils-là .

J' ai également décidé , c' était au mois de novembre , de faire ce qu' on appelle le pacte de compétitivité . Cela veut dire quoi ? Parce que c' est des mots , ce que les Français veulent comprendre , c' est ce qui va se passer . Pour toutes les entreprises , en 2013 , elles vont avoir une diminution de l' ensemble de leur masse salariale de 4 % . Avec cela , ces entreprises peuvent investir , embaucher , exporter , faire tout ce que peut faire une entreprise quand elle l' affronte , et elle affronte aujourd'hui , l' entreprise France , la compétition . Cela se met donc en œuvre tout de suite . Mais je ne me suis pas arrêté là .

J' ai créé une Banque publique d' investissement . Pour quoi faire ? Pour qu' il y ait des moyens financiers qui soient apportés justement aux entreprises en fonds propres , en prêts , toute forme de participation pour les amener vers des filières que nous considérons comme stratégiques , prioritaires . Lesquelles ? La transition énergétique , les énergies nouvelles , la santé , l' économie du vivant , les biotechnologies , l' automobile , la voiture propre et puis aussi tout ce qui a trait au logement . Donc , on met en place cette politique .

Bien sûr . Qu' est - ce qu' on a réglé jusqu' à présent ? J' y ai contribué puissamment , c' est précisément la crise de la zone euro .

Il y a encore Chypre , mais ...

Là , ce sont des pays de taille modeste , que nous traitons , non sans difficulté , compte tenu des excès du système financier .

L' Italie , fragile ...

Les mécanismes , là encore , ont été introduits depuis dix mois . Parce que je vous rappelle que je suis président de la République depuis dix mois , pas depuis dix ans . Je n' ai pas la responsabilité du pays depuis dix ans ! Depuis dix mois . Mais moi , je ne me défausse pas . Je suis là , je suis président , ce n' est pas pour me mettre en contradiction avec mon prédécesseur , c' est pour régler l' état du pays pour le léguer éventuellement à mon successeur . Donc ...

Quand je suis arrivé aux responsabilités de la France , les prévisions de la Commission européenne , de tous les instituts pour l' année 2013 , c' était

1,2 % . Moi - même , j' ai considéré que cette prévision n' était pas réaliste , c' était celle de mon prédécesseur , ce n' était pas réaliste . Je ne lui en fais pas reproche , tout le monde était sur cette hypothèse-là .

J' ai déjà corrigé au mois de septembre en disant on ne fera pas 1,2 % , on ne fera que 0,8 au mieux . Et puis , j' ai eu aussi la franchise de dire : mais non , finalement , on ne va pas faire 0,8 parce que l' Europe est en récession , en récession . En Italie , Espagne , Portugal , Belgique , Royaume-Uni ... , ce n' est pas une croissance que ces pays connaissent , c' est une décroissance , une récession . Nous , on ne va pas s' en vanter , on est croissance zéro , nulle . Quand on est en croissance zéro , on ne crée pas d' emploi . Donc , j' ai pris des mesures pour tenir compte de cette situation .

Quelle est ma priorité ? Quel est mon cap ? Ma priorité , je l' ai dit , c' est l' emploi , mais mon cap , c' est la croissance , je veux que la France connaisse une croissance . Pourquoi une croissance ? Parce que c' est la production nationale qui est en cause . Quand je vois les images , ce qui me heurte le plus , ce sont des entreprises qui ferment , ce sont des salariés qui ne comprennent pas ce qui leur arrive , ce sont les décisions douloureuses qui sont prises , parfois par des petites entreprises , où on arrête une activité ! Donc , j' ai ce devoir de remettre de la croissance .

Donc , restaurer la croissance , cela veut dire quoi ? Renforcer la production nationale , la compétitivité ce que nous avons fait avec le pacte ; le crédit d' impôt qui va permettre aux entreprises d' avoir moins de charges et donc de pouvoir investir ; la Banque publique d' investissement ; les filières industrielles ; et puis , aussi réorienter l' Europe , parce que ...

Non . Les outils sont là , il faut les utiliser pleinement . Les entreprises , qu' elles prennent vraiment ...

Je vais y venir ! D'abord , il faut les utiliser . Je ne suis pas simplement dans des effets d' annonce . Les entreprises ont à disposition le pacte de compétitivité , le crédit d' impôt qui peut leur permettre d' alléger immédiatement leurs charges salariales .

Là-dessus , la Banque publique d' investissement est même prête à avancer l' argent nécessaire .

Pas simplement à gauche , pour le pays !

Oui , ce ne sont pas nécessairement les mêmes entreprises . C' est vrai qu' on a demandé aux entreprises un effort de l' ordre de 10 milliards d' euros et on leur a demandé cet effort essentiellement pour les plus grandes , celles qui étaient sur le marché international et qui avaient les moyens d' assurer cet effort . Nous avons épargné les petites et moyennes entreprises .

Mais il y avait un redressement à faire , tout le monde devait y participer . J' ai considéré que pour les années 2013 et 2014 , toutes les entreprises françaises , dès lors qu' elles avaient un salarié , peuvent bénéficier de cet avantage , qui n' est pas un cadeau , qui est un soutien . Parce que , moi , je veux renforcer la production .

Ce n' est pas encore suffisant , il y a la Banque publique d' investissement , il y a la loi bancaire parce que beaucoup d' entreprises souffrent d' un manque de crédit bancaire , donc nous devons leur apporter toutes les conditions pour trouver du crédit . J' ai fait relever le plafond du Livret A pour qu' il y ait davantage d' investissement , l' épargne pouvant aller vers le logement , vers la construction . Mais je pense que nous pouvons encore faire davantage .

Ce soir , je vais dire aux entreprises que nous allons faire un « choc de simplification » . C'est-à-dire , je l' ai déjà proposé pour le logement , que l' on va réduire de trois fois les délais pour les constructions , deux fois pour les contentieux - cela , c' est pour le logement . Je me suis dit : nous allons pouvoir trouver de la croissance aussi par la simplification , donc un choc de simplification .

C'est-à-dire qu' aujourd'hui , une entreprise , une petite , elle est obligée de faire envoyer à l' administration 3000 informations par an . 3000 ! Pourquoi ?

Demain , il faut réduire de deux fois à trois fois ce chiffre .

Moi , je suis dans l' obligation de faire . Je ne suis pas simplement dans une annonce permanente , je suis dans l' obligation de réussir . Parce que le pays ne peut plus attendre . La différence entre la situation d' aujourd'hui et celle qu' on a pu connaitre dans le passé , c' est que la crise a été trop longue . Moi , j' ai le devoir de faire sortir la France de la crise . Donc , je vais y mettre tous les moyens . Je vous ai dit déjà toute la boîte à outils .

Si , si ... Il y a encore beaucoup à faire ! Par exemple , sur la formation professionnelle , les chômeurs attendent parfois quinze mois - vous entendez ? Quinze mois - pour avoir une formation . Un quart des chômeurs attendent quinze mois , des chômeurs de longue durée ! Je vais proposer , avec les partenaires sociaux , qu' un chômeur sur deux puisse avoir une formation professionnelle dans le délai de deux mois , deux mois . Parce que c' est une obligation .

On met donc en place des mesures pour les entreprises , on met en place des mesures aussi pour le marché du travail avec l' accord - vous vous rendez compte , un accord ! On peut le contester , on peut le critiquer - passé entre les partenaires sociaux , les syndicats , pas tous , et le patronat , pour que les salariés soient mieux protégés et que les entreprises puissent avoir plus de souplesse lorsqu' il y a des difficultés de conjoncture .

L' engagement que j' ai pris devant les partenaires sociaux , ceux qui ont signé , c' est que ce serait tout l' accord , rien que l' accord .

Il peut y avoir des corrections qui améliorent . Toute correction devra être approuvée par les signataires . C' est donc un engagement fort . Pourquoi ? Parce que j' ai voulu faire confiance aux partenaires sociaux . Jamais - vous vous rendez compte ! - jamais il n' y avait eu un accord entre partenaires sociaux sur cette question du marché du travail .

Pout les entreprises : compétitivité , marché du travail , choc maintenant de simplification . Pour les salariés : mieux protégés parce que cet accord va mieux les protéger par rapport aux plans sociaux . Pour qu' un plan social soit approuvé , il va falloir qu' il y ait un accord majoritaire dans l' entreprise avec les syndicats . S' il n' y a pas d'accord majoritaire , c' est l' administration du travail qui approuvera . Cela évitera tout ce qui se passe aujourd'hui avec un certain nombre d' entreprises qui licencient dans des conditions très douloureuses pour les salariés et même douloureuses pour les employeurs .

D'abord , moi , je m' adresse à tous les Français . J' ai besoin de tous les Français , quelle que soit leur place dans la vie économique et sociale . J' ai besoin de tous , des salariés et des entrepreneurs , de tous ceux qui contribuent à l' activité , y compris de ceux qui ont travaillé beaucoup , qui peuvent encore donner beaucoup ...

Je compte sur les entrepreneurs et je vais le montrer . D'abord , je l' ai déjà acté par les mesures de confiance que j' ai prises : ce pacte de compétitivité , la réforme du marché du travail , cela n' avait jamais été fait jusque-là . J' ai été plus loin , on va investir dans les filières d' avenir , beaucoup de chefs d' entreprise qui sont dans les secteurs porteurs .

Parce que , moi , j' ai confiance dans la France . La France est un grand pays , la France , c' est un pays qui a une technologie très avancée . On en a encore fait la démonstration , aussi bien sur l' aéronautique que sur l' automobile ou sur les biotechnologies . On va donc investir dans les filières d' avenir . Donc , tous ceux qui s' interrogent : est - ce qu' on a une place encore dans cette compétition ? Est - ce qu' on ne va pas être débordé par les pays émergents ? Est - ce que l' Allemagne n' est pas plus forte que nous ? Non !

Oui . Sur le plan fiscal , on l' a dit , il y a eu des mouvements ! J' ai pris deux décisions . La première , c' est sur la transmission d' entreprise , la cession d' entreprise , tous ceux qui ont créé une activité , qui , à un moment , parce qu' ils ont atteint l' âge ou parce qu' ils veulent céder une entreprise à des salariés ou à d' autres repreneurs , dans de bonnes conditions , on aménagera la fiscalité . Je mettrai à plat les choses pour que ...

... Pour que ce soit plus simple et surtout moins coûteux pour ces chefs d' entreprise .

... sur la transmission et sur la cession , lorsque c' est à des repreneurs qui permettent , bien sûr , le maintien , voire le développement de l' emploi .

Deuxième proposition , c' est pour donner un signe aussi - je l' avais annoncé dans la campagne - sur ces rémunérations extravagantes ! Parce que , moi , j' ai confiance dans les chefs d' entreprise , je pense qu' il faut qu' ils réussissent parce que leur réussite , c' est la nôtre . Mais , en même temps , quand il y a des rémunérations qui sont jugées très élevées ...

J' avais souhaité qu' on introduise cette contribution de 75 % . Le Conseil constitutionnel a pris une décision , je la respecte , donc je vais procéder différemment . Dans les entreprises , d'abord , il doit y avoir une transparence des rémunérations . Dans les plus grandes entreprises , parce que cela ne se passe que dans les plus grandes entreprises , ces rémunérations au-dessus de 1 million d' euros ! Dans les grandes entreprises : transparence ! L' assemblée générale des actionnaires sera consultée sur ces rémunérations . Lorsque la rémunération dépasse 1 million d' euros , l' entreprise aura une contribution à payer qui , toutes impositions confondues , atteindra 75 % . Donc , je respecte pleinement l' engagement que j' ai pris .

C' est l' entreprise qui prendra en charge , les actionnaires d'ailleurs en délibèreront ! Quelle est mon idée ? Ce n' est pas de punir , ce n' est pas d' empêcher . C' est de dire : dans ce moment si difficile que l' on traverse et que beaucoup est demandé aux salariés , est - ce que ceux qui sont au plus haut des rémunérations ne peuvent pas faire pendant deux ans , deux ans , cet effort ? Pour ne pas être sur le champ fiscal des ménages , on va le faire du côté de l' entreprise .

Ce sera l' entreprise qui sera responsabilisée . Quel sera l' effet de cette disposition ? C' est que beaucoup de grandes entreprises qui pouvaient être tentées de rémunérer certains cadres dirigeants , très peu d'ailleurs , plus de 1 million d' euros , ces entreprises-là feront , j' imagine , pendant deux ans - sauf à payer cette contribution qui sera au plus de 75 % - feront en sorte , peut-être , d' expliquer à ces cadres dirigeants que mieux vaut , pendant deux ans , faire cette pause .

D'ailleurs , il y a un exemple qui nous a été donné : l' accord qui a été passé par RENAULT pour garder les sites en France et faire qu' il y ait plus d' emplois en France . Qu' est - ce qu' on a demandé au président de RENAULT ? De diminuer sa rémunération . C' est le même esprit .

Je vais parler d'abord de l' année 2013 . Nous sommes en 2013 , ceux qui nous écoutent veulent savoir qu' est - ce qui va se passer , nous avons pris des décisions difficiles en 2012 pour 2013 . Nous avons demandé aux plus hauts revenus , mais pas qu' aux plus hauts revenus , c' est vrai ...

Non . C' est dû à des décisions qui avaient été prises avant nous , pour 13 milliards d' euros ; et par nous - par moi donc , j' assume toutes les responsabilités - pour 7 milliards d' euros . Parce que nous devions absolument garder l' objectif des déficits publics . La preuve ...

Oui , pour l' essentiel , cela a été les plus favorisés . Mais j' en conviens , il y a eu beaucoup de petites taxes qui ont été demandées ...

Si . Vous m' avez suffisamment interrogé pour savoir que j' ai toujours dit que ce serait difficile pendant deux ans ...

Pour tout le monde .

Pour les plus riches , je pense que cela a été un effort qu' eux-mêmes ont regardé comme significatif , si j' en crois un certain nombre de déclarations . Reportez -vous à certaines ...

... A certains propos fracassants . Mais c' est plus dur , je l' ai dit , c' est plus dur ! Parce que qu' est - ce que j' avais comme solution quand j' arrive : laissez filer le déficit ? Etre sanctionné par les marchés ? Bruxelles ? Je m' y suis refusé . Parce que j' ai le sens de l' indépendance de mon pays , de la souveraineté .

Diminuer les dépenses , je ne pouvais pas le faire en 2012 , les budgets avaient été votés , je ne pouvais pas réduire telle ou telle dépense déjà en fait « dépensée » . J' arrive au mois de mai . Donc , pour 2012 , on a pris des décisions qui ont des effets en 2013 et que les Français vont avoir à vivre .

Aujourd'hui , on a moins de croissance que prévu , je pourrais dire : on va encore demander un effort supplémentaire . Eh bien non ! En 2013 , on va faire des économies pour qu' il n' y ait pas d' efforts de plus demandés aux Français .

Non , cela , c' est pour 2014 . 2014 ! J' ai annoncé , depuis la fin du mois de décembre dernier , qu' il y aurait une augmentation de la TVA en 2014 pour financer le pacte de compétitivité et la baisse des 20 milliards sur la masse salariale des entreprises pour leur permettre d' embaucher . Donc ces 20 milliards , je dois trouver à les financer . Donc j' ai dit : une partie en économies ; une autre , cela sera l' augmentation de la TVA au taux supérieur , le taux intermédiaire et une baisse de la TVA ...

... pour que le pouvoir d' achat des Français ne soit pas affecté trop . Donc j' ai déjà annoncé cela . Eh bien , pour 2014 en dehors de cette disposition pour les ménages , il n' y aura aucune autre augmentation d' impôt .

Ni de taxe ... Pour financer la Sécurité sociale , nous en reparlerons . Je parle de l' Etat : il n' y aura pas d' augmentation d' un autre impôt que celui que j' ai annoncé .

Les collectivités locales , elles sont libres , maîtresses de leurs décisions . Elles doivent faire un effort ; je leur ai demandé de faire un effort parce que les dotations de l' Etat vont être en diminution de 1,5 milliard . Chacun doit prendre sa part . Elles l' ont compris . Ce n' est pas facile mais chacun est pris dans ce processus d' économie .

Comment faire , donc , pour qu' il n' y ait pas d' augmentation d' impôts ? Faire des économies , faire des économies .

Parce que faire des économies ...

... c' est la seule façon de ne pas défaire l' économie .

La dépense de l' Etat , on parlera après ...

... de la Sécurité sociale . Dépense de l' Etat : on va regrouper tous les achats que font les administrations .

Deux milliards . On va dématérialiser toutes les pièces . Vous avez vu , cela commence avec les déclarations d' impôts . Tout va être dématérialisé , une économie de plusieurs centaines de millions d' euros . On va simplifier , je vous dis : le choc de simplification , ce n' est pas simplement une économie pour les entreprises . Cela va être une économie aussi pour l' Etat parce qu' on va demander beaucoup moins de pièces ; on va faire beaucoup moins de contrôles ; on va faire beaucoup moins de poursuites inutiles aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises que pour les collectivités locales . Le choc de simplification , il va aussi concerner les collectivités locales , toutes ces normes dont les élus sont las parce que cela leur coûte , parce que cela les ralentit ... Eh bien , ce choc de simplification , il va également permettre aux collectivités locales de faire des économies !

Mais nous allons le faire ! Nous avons engagé , je vous rappelle , une mission d' évaluation des politiques publiques : formation professionnelle , politique familiale , nous allons en reparler , politique à l' égard des collectivités locales ... , tout cela va donc être revu . Par exemple , la décentralisation . Ce n' est pas simplement pour transférer des compétences . C' est pour éviter qu' il y ait des superpositions , des doublons que finalement chacun s' ajoute à la cause commune ...

... mais donc à la caisse commune .

Bah , on va le faire !

Eh bien , cela va être fait . La différence , c' est que moi , je ne suis pas dans le constat ; je suis dans l' action . Et je vais vous donner juste un chiffre pour que chacun comprenne bien . Les dépenses de l' Etat , elles ont toujours augmenté , toujours . Je ne parle pas simplement des cinq dernières années , je parle des trente , quarante dernières années . Toujours ! C'est-à-dire on dépensait l' année 2012 plus que l' année 2011 . L' année 2013 , on va dépenser autant qu' en 2012 . Autant ! Et l' année 2014 , l' Etat va dépenser moins qu' en 2013 : 1,5 milliard en moins . Pourquoi je fais cela ? Parce que toute économie que je réalise , c' est un impôt en moins pour les Français qui leur sera donc épargné .

Dans la loi de décentralisation , il y aura l' institution des métropoles . Très important les métropoles ! Parce que maintenant , les collectivités doivent être à taille européenne .

Non , non , cela va donc agréger des collectivités qui sont aujourd'hui dans des communautés . Il y a même des métropoles qui vont absorber une partie des compétences des départements . Donc on fait ce travail . On le fait avec pragmatisme et on le fait avec respect , mais on le fait .

Pour que chacun comprenne pourquoi on parle de la politique familiale , d'abord , c' est une grande réussite , la politique familiale française . Vous avez entendu le chiffre , pas simplement dû à des prestations ...

Nous avons , depuis des années et des années , le plus fort taux de natalité d' Europe , la fécondité la plus prospère si je puis dire . Donc c' est quand même un sujet de satisfaction . Cela tient en partie à la politique familiale . Alors qu' il faille faire des réajustements , aider mieux la garde des enfants , je le ferai . Mais il y a deux milliards de déficits , c'est-à-dire que nous n' équilibrons plus , depuis plusieurs années , la branche famille . Les recettes sont inférieures aux dépenses de deux milliards .

On fera donc des économies . Mais il y a deux principes que je vais fixer tout de suite pour que cela soit bien au clair : il n' y aura pas de fiscalisation des prestations familiales parce que c' est absurde . On ne va pas donner d' un côté pour reprendre de l' autre , non !

Deuxièmement , on va garder l' universalité des prestations familiales , des allocations familiales pour être précis . Mais que les plus hauts revenus aient les mêmes allocations familiales que les plus bas , non , cela sera revu .

Pourquoi « même à gauche " parce que ...

Non . Ce qu' on a refusé - j' ai été à un moment dans cette situation d' opposition , il ne faut jamais être systématique dans l' opposition , c' était vrai hier , cela peut être vrai aujourd'hui - mais ce que j' avais refusé ...

Non . Ce que j' avais refusé , c' était l' inégalité , c'est-à-dire que ceux qui avaient cotisé longtemps , on leur demandait de cotiser encore davantage et c' est la raison pour laquelle , dès mon arrivée , ceux qui avaient fait leurs 41 années de cotisations , ils ont pu partir à 60 ans . Pour moi , c' était un principe de justice fondamental .

Aujourd'hui , pour ceux-là , pour ceux qui auront cotisé longtemps , ils doivent pouvoir partir à temps . Mais comme on vit plus longtemps , l' espérance de vie s' allonge . Très bien , il va falloir avoir des durées de cotisations plus longues . Cela sera l' objet de la négociation avec les partenaires sociaux . Vous me posez une question précise , je vous réponds précisément .

Mais nous n' en aurons pas fini pour autant parce que , aujourd'hui , malgré la réforme qui était annoncée comme la dernière - il faut toujours se méfier de ceux qui disent « c' est la dernière , c' est la dernière » . J' évite donc de faire moi - même cette annonce . Mais vous avez dit « c' est la dernière » , on a 20 milliards d' euros de déficit en 2020 . 20 milliards d' euros ! Et on en a forcément dans les prochaines années . Donc il va falloir faire un effort aussi pour 2014 , 2015 . Les partenaires sociaux ont été très responsables puisqu'il y a eu un accord sur les retraites complémentaires ...

Et franchement avec des mesures très courageuses parce que douloureuses .

Parce que justement il a été fait sur un certain nombre de critères qui concernaient les retraites complémentaires , il faudra faire différemment pour le régime de base .

Pas pour les petites retraites , c' est impossible .

Pas pour les retraites de base . C' est impossible que nous soyons dans une remise en cause de ce qui est le droit fondamental pour les retraités d' avoir le maintien de leur pension . Il y aura donc une discussion sur les paramètres , tous les paramètres : cotisations , indexation et allongement de la durée de cotisation .

Cela , c' est une négociation entre partenaires sociaux . Vous savez que c' est l' UNEDIC qui en a la responsabilité - maintenant c' est Pôle Emploi - mais c' est l' UNEDIC partenaires sociaux . Il y aura donc cette négociation . Qu' est - ce que je veux ...

Qu' est - ce que je veux , moi , comme réforme si j' avais un conseil à donner aux partenaires sociaux ? C' est qu' il faut que le système d' indemnisation encourage le retour vers l' emploi et que l' on puisse même avoir des systèmes d' indemnisation qui se cumulent davantage qu' aujourd'hui avec la reprise d' un emploi à temps partiel , même à temps partiel . On aura donc à revoir ces procédures , y compris d'ailleurs ce que l' on appelait le RSA-activité qui était l' idée de Martin HIRSCH , qui était une bonne idée et qui n' a pas véritablement fonctionné . Donc il va falloir que l' on donne cette incitation , plus forte qu' aujourd'hui , à la reprise du travail .

Je me méfie de ces mots parce que c' est toujours laisser penser que celui qui touche une prestation n' y aurait pas droit ou serait un fraudeur potentiel . Vous savez , celui qui est chômeur aujourd'hui , il ne l' a pas voulu . Le million de chômeurs des cinq dernières années , ce n' est pas un million de gens qui se seraient précipités à Pôle Emploi pour avoir une indemnité , non .

Il va donc falloir aussi faire cette réforme de la formation professionnelle . Ce que je veux , c' est que ceux qui sont au chômage puissent se dire : c' est une difficulté mais je vais avoir une chance , je vais avoir une espèce de contrat - on va peut-être faire d'ailleurs cette procédure , ce contrat avec Pôle Emploi - je suis à Pôle Emploi , je vais me former , je vais me qualifier , on va m' en donner les moyens et je vais pouvoir retrouver un emploi plus rapidement ...

Juste un mot , une réflexion . On me dit : « il faut faire des économies et montrez que vous allez faire des économies ! » Je parle de politique familiale : « pas touche à la politique familiale » et je le comprends , c' est un bien commun . On parle de la Défense . La Défense , c' est un peu plus de 30 milliards d' euros ...

... par an . Donc sur 282 milliards de dépenses de l' Etat , c' est important . On me dit : « attention , on ne touche pas à la Défense » . Si je suivais tous ceux qui me disent : « il faut faire des économies mais on ne touche pas à tel ou tel bloc de dépense » , je ne ferai plus rien .

Sauf que sur la Défense , je suis chef de l' Etat , chef des Armées . J' ai pu apprécier la qualité de notre outil militaire . J' ai pu l' apprécier dans l' intervention de la France au Mali , nous en reparlerons . Je sais ce qu' est l' indépendance nationale , parce que la France , c' est un grand pays . Il peut décider seul , y compris d' aller sauver un pays comme le Mali . Il n' a pas besoin de demander l' autorisation à qui que ce soit . Nous avons une arme nucléaire . On peut penser ce que l' on veut de cette arme nucléaire . Je sais qu' il y a un certain nombre de nos concitoyens qui y sont hostiles . Moi , je leur dis : c' est notre garantie , c' est notre protection ultime ...

Il faut la conserver et même la moderniser . Et enfin , on doit protéger notre territoire parce que ce qui est un fait , hélas , que je constate , c' est que les menaces , elles augmentent et les budgets militaires , ils diminuent .

Il faut donc : autonomie de décision ; protection du territoire ; dissuasion . Il faut maintenir . Et donc l' annonce que je vous fais - pour éviter que ce débat continue de se dérouler même s' il est légitime , puisque cela sera le débat de ce que l' on appelle la loi de programmation militaire - nous dépenserons en 2014 exactement le même montant qu' en 2013 . Et nous avons été bien défendus en 2013 ; nous serons bien défendus en 2014 .

Et ainsi , ce sera la même somme qui sera donc affectée à l' outil de défense ...

... pour la loi de programmation .

Non , non , non ! Si on attend la croissance , pas sûr qu' elle arrive ! Il faut aller la susciter . Il y a ce que l' on appelle les leviers de la croissance . Les leviers de la croissance , c' est quoi ? C' est être plus compétitif que les autres , d' où le pacte que j' ai passé avec les entreprises . Trouver de la croissance , c' est être sur les meilleures filières , d' où les investissements que nous faisons . Trouver de la croissance , c' est avoir des secteurs du logement , de l' artisanat qui soient dynamiques . C' est pour cela que j' ai pris des mesures exceptionnelles . Et je continuerai ...

Je n' ai rien relevé du tout !

Non , non ça c' était pour 2014 mais ceux qui ont relevé le taux de TVA sur le bâtiment , ce sont nos prédécesseurs qui l' ont passé de 5,5 à 7 % . Moi , j' ai fait tout de suite ...

Mais j' ai fait tout de suite baisser ... .

J' ai fait tout de suite baisser la TVA sur le logement social à 5,5 et pour la rénovation thermique ; c'est-à-dire tout ce qui va contribuer à améliorer le logement , éviter la précarité énergétique . Je ferai une mesure spécifique . J' ai déjà annoncé 1 350 euros pour aider tous les particuliers en plus de tous les dispositifs fiscaux qui existent pour rénover leur logement sur le plan thermique . Sur la TVA , je regarderai très précisément ce sujet parce que je pense que cela peut être aussi un puissant levier pour l' artisanat et pour le bâtiment . Je vais donc continuer à développer ces moyens . Mais il faut utiliser tout ce que nous avons mis sur la table pour les uns comme pour les autres . C' est la même politique : marché du travail , compétitivité , emplois d' avenir , contrats de génération , filière industrielle , nous avons tous les éléments plus la formation professionnelle . Je suis aussi conscient du problème du pouvoir d' achat . Je n' attends pas la croissance ; je la crée !

Ces outils sont même exceptionnels . Vous vous rendez compte : 20 milliards d' euros pour la compétitivité , une réforme du marché du travail , le contrat de génération qui va donner 4000 euros à chaque employeur qui va garder un senior et qui va embaucher un jeune ; les emplois d' avenir ( 150000 pour les collectivités locales et les associations qui vont prendre des jeunes qui sont sans qualification ) ; la formation professionnelle que l' on va revoir . Je suis conscient du problème du pouvoir d' achat parce qu' on a eu les chiffres pour l' année 2012 avec des décisions prises durant cette période-là . Les Français manquent de pouvoir d' achat . Difficile de leur en donner mais encadrer les loyers , c' est leur donner du pouvoir d' achat ; baisser le prix du gaz autant qu' on le pourra , ce sont aussi des moyens pour le pouvoir d' achat ; lutter contre les frais bancaires - cela sera la loi bancaire , c' est la loi bancaire , elle vient d' être votée . Nous allons donc diminuer les frais bancaires , c' est du pouvoir d' achat .

Ce n' était pas du pouvoir d' achat et je l' ai fait parce que j' avais l' obligation de redresser les comptes publics . Cela ne m' a pas fait plaisir mais , en même temps , fallait -il encourager les heures supplémentaires quand il y a plus de 3 millions de chômeurs ? La question mérite d' être posée et donc je l' ai tranchée comme je vous le dis . Mais je me dis : aujourd'hui , il y a ce que l' on appelle la participation . Elle est bloquée cinq ans . Je propose qu' elle soit pour tous ceux - 4 millions de Français- qui en ont l' usage de ces accords de participation , qu' elle puisse être débloquée immédiatement sans pénalité fiscale ; c'est-à-dire tous ceux qui ont un accord de participation qui veulent jusqu' à 20000 euros l' utiliser pour quelque achat que ce soit ...

Sans aucune raison .

Pour acheter un bien , voiture ou tout autre , participer à un apport pour le logement , ils pourront le faire . Cela durera six mois . Cela permettra pendant ces six mois-là de débloquer une épargne pour l' affecter à la consommation . J' avance mais je veux surtout que les outils que nous avons mis en place soient pleinement utilisés et parce que je pense que grâce à cela , nous aurons de la croissance dès la fin de 2013 .

C' est l' engagement que je prends , pas simplement attendre la croissance . Aller trouver la croissance par nous-mêmes grâce à nos leviers .

Oui , deux ans pour redresser et trois ans pour nous dépasser ; parce que nous devons aller plus loin . Ce que je veux , ce n' est pas simplement remettre de l' ordre dans les comptes publics , dans l' état de nos entreprises . Ce que je veux , c' est que les Français se disent : est - ce qu' il y a un espoir ? Est - ce que l' on peut s' en sortir ? Est - ce qu' on peut être les meilleurs ? Parce que peut-être , j' ai dû attendre d' être chef de l' Etat pour m' en rendre compte ; je voyage , nous sommes regardés , nous la France , attendus , espérés . En Europe , par exemple , on n' en a pas

Qu' est - ce qu' on attend de la France ? C' est qu' elle dise qu' il fallait bien sûr remettre de l' ordre dans la crise financière , qui s' était produite à cause de tous les dérèglements des banques et d' une finance non maîtrisée . C' est fait pour l' essentiel . Reste encore Chypre mais cela vient d' être réglé ; réglé avec des principes qui sont très importants , c'est-à-dire on ne fait pas payer les déposants jusqu' à 100000 euros .

C' est très important ...

Jamais ! Je peux être d'autant plus affirmatif que nous avons fait voter une loi bancaire et cette loi bancaire anticipe sur ce que doit être l' Europe . L' union bancaire , c'est-à-dire une supervision , on regarde les banques pour voir si elles ne font pas d' erreurs , si elles se comportent comme il convient . On peut intervenir lorsqu' il y a une difficulté ou une crise , c' est ce qu' on appelle la résolution . On peut même les recapitaliser sans qu' il en coûte quoi que ce soit à l' épargnant . Pourquoi ? Parce que dans la loi bancaire , comme cela sera dans le cas dans l' union bancaire , tous les dépôts jusqu' à 100000 euros sont garantis .

En France nous sommes totalement protégés .

Oui !

Mais non ! Il y a eu un engagement et une traduction . Dès les premières semaines , premiers jours même de mon entrée en fonction , j' ai pu , avec les partenaires européens , faire voter ce pacte de croissance ( 120 milliards d' euros ) .

Je veille à chaque Conseil européen à ce que sa mise en œuvre soit effective .

Vous le dites à qui ce soir ?

François HOLLANDE

Je le dis à tous nos partenaires et ils m' ont déjà entendu là-dessus . Nous devons aller plus vite y compris pour régler des problèmes comme Chypre ou autre ...

... ou la Grèce .

Oui c' est plus long ...

... parce que je ne suis pas tout seul . Le problème , c' est que je ne suis pas tout seul et avec beaucoup de gouvernements conservateurs mais je le fais .

Mais l' Allemagne ...

Non ce n' est pas vrai .

La voix de la France a été entendue sur le pacte de croissance ; elle a été entendue sur l' union bancaire , puisque c' est à notre initiative ; l' Allemagne l' a parfaitement admis . Nous avons pu aller vers ces règles-là qui nous protègent de la spéculation .

La taxe sur les transactions financières : nous l' avons introduite et les Allemands nous ont suivis . On est dans cette tension amicale avec l' Allemagne qui , comme vous le savez , madame MERKEL n' a pas les mêmes idées que moi mais nous avons une obligation tous les deux : faire que l' Europe puisse avancer . Nous avons maintenant un débat ...

... sur la rigueur , pas la rigueur . Je vais appeler l' austérité , ce n' est pas la même chose . Que les pays européens soient dans l' obligation d' être rigoureux , j' en conviens parfaitement , la France en premier : être rigoureux .

Je vais vous dire pourquoi . Etre dans l' austérité , c' est condamner l' Europe non pas à être en récession , c' est la condamner à l' explosion ; parce que je vois ce qui se passe en Europe : les populismes montent , vous avez vu ce qui s' est produit en Italie ; des mouvements extrémistes , voire même néonazis en Grèce . Je vois aussi des égoïsmes nationaux - vous parliez du budget européen , je l' ai constaté sous mes yeux . La France s' en est plutôt bien tirée ; on a maintenu la politique agricole commune . J' ai maintenu les fonds pour les régions ; cela a été un marchandage où je me suis dit : « Mais où est l' intérêt européen ? Où est cette aventure ? J' ai donc cette obligation , parce que je suis le président de la France , de dire aux Européens - et je le fais devant vous comme je le fais devant eux et devant les Français - aujourd'hui , prolonger l' austérité , c' est le risque de ne pas aboutir à réduire les déficits et la certitude d' avoir des gouvernements impopulaires dont les populistes ne feront qu' une bouchée le moment venu .

Ceux qui sont concernés , l' Espagne , l' Italie , le Portugal , la Belgique ; ils sont tous conscients qu' ils ont fait des efforts et il fallait qu' ils en fassent ...

La position allemande : elle est aussi consciente ; quand il n' y a pas de croissance en Europe , quand il y a une récession , l' Allemagne n' est pas prospère . Notre dernier trimestre de l' année 2012 , nous avons fait moins 0,3 ; eux , ils ont fait moins 0,6 . Ils sont donc entraînés par ce mouvement ...

Sauf que nous , on a une situation ...

Il faut argumenter et je ne ferai pas une politique qui conduise l' Europe à l' austérité . On est devant ce choix : est - ce que l' on doit absolument atteindre nos objectifs dès 2013 , les 3 % . Ou est - ce que l' on peut faire que cet objectif soit reporté à 2014 ? Vous avez vu tous les efforts que l' on fait : économie , prélèvements qui ont été quand même ...

... sérieux . Je dis donc : nous n' atteindrons pas les 3 % parce que , si je forçais l' allure , je casserais y compris l' espoir de retour de la croissance .

La Commission , je vais discuter . Je ne vais pas du tout prétendre qu' elle va signer le papier que je vais lui présenter . Je vais argumenter et je pense que cette prise de conscience existe . Et c' est mon rôle , non pas simplement parce que je suis un président socialiste ; d'ailleurs , je ne suis maintenant plus président socialiste : je suis le président de tous les Français , président de la France . Mais parce que je suis justement le chef d' Etat français et que c' est le rôle de la France , tous les pays d' Europe me disent : « il faut que vous teniez ce langage , il n' y a que vous qui pouvez le faire » et madame MERKEL l' entend aussi , elle est consciente parce qu' elle est Européenne .

Je suis Européen . C' est parce que je suis Européen que je ne veux pas que l' Europe soit la maison de redressement . Je suis pour le redressement , pas pour la maison de redressement .

Non , je ne me mêle pas des affaires électorales des autres , ce que d'ailleurs j' ai demandé dans la campagne précédente . Qu' on ne se mêle pas des affaires de la France ...

Je ne vais donc pas faire à d' autres ce que d' autres m' ont fait .

Oui , nous avons atteint nos objectifs . C' était quoi nos objectifs quand j' ai pris la décision au nom de la France ? C' était d' arrêter l' offensive terroriste . C' est fait ; cela s' est fait dans les premiers jours . C' était ensuite , deuxième objectif , reconquérir les villes qui avaient été occupées par les terroristes . C' est fait ; je suis allé moi - même en faire le constat .

Avec un accueil de la population qui nous confirmait bien ...

Que nous étions des libérateurs .

Oui c' était pour la France , pas pour moi . La France qui était un pays colonial , qui retournait - on pouvait en faire des commentaires - dans un pays qu' il avait autrefois occupé . Cette France a été regardée comme le pays de la liberté , comme le pays de l' émancipation , comme le pays de la délivrance . Chaque Français doit en être fier . Et les soldats français doivent en être récompensés et remerciés . Nous avons atteint ce deuxième objectif : libérer les villes . Nous avions un troisième objectif : aller dans le réduit des terroristes , dans leur sanctuaire , dans des montages extrêmement difficiles d' accès . Là encore , nos soldats ont été exemplaires . Ils y sont allés à pied avec 45 degrés de température . J' ai suivi ces opérations ...

Oui , parce que je suis en admiration devant ce qui a été fait . Certains en sont morts . Nous avons eu cinq soldats qui ont été tués . On a eu plusieurs blessés dont certains graves . Ils sont allés chercher les terroristes , y compris le chef des terroristes tué par un bombardement effectué par l' armée française . Nous avons atteint , sauf , j' y reviendrais , nous n' avons pas pu retrouver nos otages . Nous allons donc continuer de ce point de vue-là à faire cette recherche . Vous me posez donc une question : quand est - ce que nous allons maintenant - puisque nous avons atteint nos objectifs - réduire notre format ? A la fin du mois d' avril , nous nous retirerons , nous sommes un peu plus de 4000 ; et au mois de juillet , il n' y aura plus que 2000 soldats français au Mali , dans le cadre sans doute d' une opération de maintien de la paix de l' ONU . A la fin de l' année , un millier de Français seulement seront présents . Cela en bonne intelligence avec le gouvernement malien , mais nous aurons toujours des forces pré positionnées pour intervenir si c' était nécessaire .

Non , le temps où la France désignait des chefs d' Etat en Afrique est révolu .

Ce n' est pas forcément la bonne manière ; mais il y aura des élections . En Afghanistan , il y a eu des élections d'ailleurs . Mais nous voulons qu' il y ait des élections au Mali à la fin du mois de juillet . Nous serons intraitables là-dessus . Deuxièmement , il faut qu' il y ait ce dialogue avec toutes les composantes de la société malienne .

Au départ , cela a été un prétexte et ensuite les Djihadistes terroristes s' y sont engouffrés ; mais il faut régler les problèmes qui remontent à loin au Mali . C' est une affaire entre Maliens . La France y contribuera , mais avec les Nations Unies , avec les pays africains . Les pays européens continueront d'ailleurs de former les troupes maliennes pour assurer la sécurité du territoire . Nous avions un objectif : libérer le Mali avec le souci de maintenir , et surtout , de réinstaller la démocratie . Après c' est une affaire entre africains .

La politique de la France est qu' il n' y a pas de versement de rançon .

J' ai dit aux familles - et je comprends qu' elles en aient été émues et affectées - : « Comment pourriez -vous comprendre que , au moment où nous sommes en guerre contre les terroristes , nous leur verserions des sommes d' argent pour qu' ils achètent des armes contre nos propres soldats ? » . Cela ne veut pas dire qu' il n' y aura pas de contact ; cela ne veut pas dire qu' il n' y aura pas de négociation ; cela ne veut pas dire qu' on ne cherchera pas une solution . Mais , aujourd'hui , il ne peut pas y avoir de versement de quelque rançon que ce soit . Je vous l' ai dit , dans le passé , il n' y en a pas eues .

Je ne peux pas la confirmer , je n' ai pas la preuve . Le ministre Laurent FABIUS s' est entretenu avec la famille , nous avons , hélas , des éléments qui nous conduisent à penser qu' il pourrait être mort . Vous vous rendez compte , tant qu' on n' en est pas sûr , il y a toujours un fil . Tout ce que nous avons eu comme interception , comme renseignement , nous laisse plutôt penser qu' il aurait été tué .

Oui , nous avons des preuves de vie mais nous ne savons pas exactement où cette famille est retenue . Nous savons que c' est au Nigéria et nous cherchons tous les contacts qui nous permettent de pouvoir obtenir leur libération . Vous savez sur ces sujets là - je ne dis pas cela pour manquer au devoir d' information - moins on en dit , mieux on agit .

Aujourd'hui , il y a un embargo , nous le respectons . Cet embargo est violé par les Russes qui envoient des armes à Bachar El ASSAD . C' est un problème . Il y a eu près de cent mille morts en Syrie , avec une guerre civile qui se radicalisait , avec les Djihadistes qui saisissent cette opportunité pour porter des coups à Bachar El ASSAD mais en même temps prendre des marques pour la suite . Pour nous , il faut donc continuer la pression politique , militaire . Mais il faut aussi envoyer un message . Quel est -il ce message ? Il ne peut pas y avoir de livraisons d' armes à la fin de l' embargo , puisque c' est au mois de mai . S' il n' y a pas la certitude que ces armes seront utilisées par des opposants légitimes et coupées de toute emprise terroristes .

Pour l' instant , nous ne l' avons pas . Nous ne le ferons donc pas tant que nous n' avons pas la certitude qu' il y a aujourd'hui un contrôle total de la situation par l' opposition . Il y a encore des incertitudes puisque l' opposition s' est relativement divisée ces derniers jours . Mais en même temps je voulais envoyer ce signal-là : il faut faire cette pression-là . Parce qu' on ne peut pas laisser un peuple être massacré sans réagir . A l' opposition de se structurer , de nous donner toute garantie . Aux Russes , de favoriser la négociation politique . A ce moment-là de permettre enfin le départ de Bachar El ASSAD .

Cette initiative législative sur le mariage pour tous n' est pas venue de nulle part . C' était d'abord ma conviction , mais pas simplement la mienne . C' était un engagement que j' avais pris . C' était une égalité pour tous , des droits qui étaient donnés à tous , sans qu' aucun droit ne soit repris à d' autres . Les couples hétérosexuels auront les mêmes droits : père , mère . Il n' y a rien de changé pour ces couples-là . C' était donc un principe d' égalité . C' est vrai que ces débats de société sont toujours extrêmement clivants ...

Je me souviens du PACS , qui avait été aussi un moment très intense . Je me souvenais - même si j' étais plus jeune - de ce qu' avait été le débat sur l' interruption volontaire de grossesse . Je respecte ces contradictions qui existent dans la société française . Alors , qu' est - ce que je dois faire ? Je suis un président qui veut à la fois tenir mes engagements et , en même temps , qui a le souci de respecter et d' apaiser . Qu' est - ce que j' ai décidé avec le Parlement ? C' est qu' il n' y avait , dans le texte , que le mariage pour tous et l' adoption dans certaines conditions . C' est tout . Je le redis ici , la PMA , la procréation médicale assistée - pour des couples d'ailleurs qui ne sont pas nécessairement homosexuels - ce n' est pas dans le texte . C' est renvoyé au Comité national d' éthique , qui va donner un avis à la fin de l' année . Cette question-là n' est donc pas intégrée dans le texte .

Je respecterai ce que dira le Comité national d' éthique .

Je verrai son avis , je ne vais pas préjuger . En tout cas , ce n' est pas dans le texte . Quand on laisse donc penser qu' il pourrait y avoir subrepticement cette disposition , ce n' est pas vrai . De la même manière , comme je vous l' ai dit , que père et mère , c' est toujours dans le Code civil . Ensuite , il y a eu la gestation pour autrui , les mères porteuses . Cela restera interdit en France , tant que je serai président de la République . Voilà ce qui peut donc permettre - non pas de nous mettre d'accord , je comprends qu' il y a cette opposition , qu' elle correspond à des visions spirituelles que je respecte - mais il y a un moment où il faut aussi accepter la légitimité du Parlement et du suffrage , avec le souci de trouver les apaisements nécessaires .

Elles seront supprimées , mais quand on aura trouvé un dispositif qui permet d' éviter la récidive .

Oui , on va le trouver , bien sûr ! Parce que l' objectif , c' est de traiter le problème !

Il faut qu' on ait tous les moyens pour le faire ! Qu' est - ce qui se passe aujourd'hui ? Aujourd'hui , il y a des personnes qui sont en prison parce qu' elles ont fait un certain nombre d' infractions et , automatiquement , se retrouvent en prison . Ce n' est pas forcément là où ces personnes devraient être . On devrait même plutôt les en prémunir . Et puis , d' autres , qui devraient être en prison , qui ne sont pas jugés , qui ne sont pas suivis et qui commettent des actes de délinquance . Nous allons donc avoir des dispositions qui permettront de traiter la récidive ; pour que , justement , elle ne soit pas un risque pour la population . Parce que ce qui est insupportable pour nos compatriotes , qui subissent une violence ; de voir que celui ou ceux qui les ont attaqués , qui les ont agressés soient encore en liberté , même pas en prison , en liberté , ou reviennent dans n' importe quelle condition , non suivis ! Cela , ce sera terminé .

Là aussi , soyons précis . Pour l' affaire de la crèche dite Baby Loup , il s' agit d' une crèche associative , avec des financements publics et où l' employée avait un signe religieux .

Cette crèche ne voulait pas - elle l' avait traduit dans son règlement intérieur - qu' il y ait ce signe religieux . La Cour de cassation a donc annulé le licenciement . Je comprends que ce problème puisse se poser . Dès lors qu' il y a contact avec les enfants , dans ce qu' on appelle le service public de la petite enfance , une crèche associative , pas une crèche privée avec des règles spécifiques et avec des financements publics , il doit y avoir une certaine similitude par rapport à ce qui existe dans l' école .

Je pense que la loi doit intervenir . Le défenseur des droits , Dominique BAUDIS , a d'ailleurs saisi le Premier ministre sur cette nécessité . Ce que je veux , c' est que la loi et les principes ne couvrent pas tout . Il ne s' agit pas tout couvrir . Il s' agit de regarder ce problème en particulier ; la petite enfance , l' accueil des enfants dans les crèches est un service public . Il faut donc que nous posions des règles et il faut que ce soit un consensus .

Non ... bien sûr ... Si on fait une loi générale , ce sera regardé effectivement dans tous les domaines ; dans des entreprises où il n' y a pas nécessité à avoir un règlement intérieur qui interdise un signe religieux , quel qu' il soit . Mais là où il y a contact avec le public , mission d' intérêt général , en l' occurrence mission de service public , il doit y avoir une règle . Comme je veux le consensus - parce que je crois que c' est notre intérêt justement pour que personne ne se sente discriminé ou lésé ou atteint - je souhaite que ce ne soit pas un débat politique ; que nous puissions trouver un texte qui fasse consensus . Je demanderai donc au Premier ministre , avec le défenseur des droits , de réunir les groupes parlementaires pour qu' un texte puisse être voté , y compris avec une commission qui en définira les moyens .

La semaine prochaine , au Conseil des ministres , il y aura l' inscription de ce projet de loi de non cumul des mandats . Cela veut dire que les députés et les sénateurs ne pourront plus cumuler cette fonction avec la qualité de maire , président de conseil général , président de conseil régional et même d' exécutif local . Cela se fera avant la fin de mon mandat . C' est une réforme qui était attendue , qui n' est pas punitive , qui vise au contraire à renouveler , à aérer - je pense que les Français y sont très attachés . Ce sera donc la semaine prochaine en Conseil des ministres , au Parlement le plus vite possible et appliqué avant la fin du mandat .

Je fais confiance en sa parole . Quand il y a eu les premières révélations , il m' a dit qu' il n' avait pas de compte , il l' a d'ailleurs répété devant l' Assemblée nationale . Maintenant , un juge est saisi , plusieurs d'ailleurs et en principe - je le redirai pour toute autre affaire - c' est l' indépendance de la justice et la présomption d' innocence .

Parce que j' ai considéré que , dès lors qu' il y avait une procédure judiciaire , il n' était pas possible qu' un membre du gouvernement puisse être soumis à quelque influence que ce soit , donc soumis à une convocation chez un juge . C' était l' exemplarité que je voulais réaffirmer , chaque fois qu' il y a un membre du gouvernement qui est dans une procédure , il n' est plus membre du gouvernement .

Je ne peux pas préjuger . Je n' ai pas d'ailleurs dit qu' il partait parce qu' il était coupable . Ce sera à la justice de le dire . Mais ce que j' avais déterminé , et ce n' est pas la jurisprudence précédente , ce n' est pas ce qu' on appelait la jurisprudence du mis en examen , il n' est pas mis en examen , Jérôme CAHUZAC . Mais dès lors qu' il y a une procédure , il ne pouvait plus rester au gouvernement .

Pourquoi j' aurai un jugement à porter ? Ce serait d'ailleurs inqualifiable comme président de la République !

D'abord , il y a la présomption d' innocence , Nicolas SARKOZY est présumé innocent . Pas parce qu' il a été président de la République ou qu' il pourrait , demain , je ne sais pas , être de nouveau candidat - c' est à lui de le dire , le moment venu d'ailleurs - que , pour autant , il devrait être accusé , avant même qu' un juge ait prononcé un verdict . Il est mis en examen , il est présumé innocent . Le deuxième principe , c' est que les juges doivent être respectés pour leur indépendance .

J' en suis moi - même le garant comme chef de l' Etat . Je suis garant de l' indépendance de l' autorité judiciaire . Chaque fois que quiconque met en cause un magistrat , je suis moi - même , en tant qu' institution , d' une certaine façon obligé d' agir . C' est la raison pour laquelle j' ai demandé à la garde des Sceaux de saisir le Conseil supérieur de la magistrature par rapport à des propos qui avaient été tenus à l' égard du juge GENTIL . Car , je ne peux pas accepter , quelle que soit la personne qui est mise en cause ou mise en examen , qu' un juge puisse être suspecté .

Mais il peut dire : « Je regrette cette décision de la Cour de cassation » . Il n' a pas accusé un juge . Moi aussi , quand j' ai une décision , je ne peux pas la contester , quand le Conseil constitutionnel dit il ne faut pas procéder ainsi . Le Conseil constitutionnel s' impose à tous les pouvoirs publics , y compris à moi - même . On est dans un Etat de droit . On peut donc dire : « J' aurais préféré qu' il fasse une autre conclusion » , mais je dois la respecter . En aucune façon , un juge - cela vaut pour toutes les affaires - ne doit être mis en cause personnellement . Alors , s' il a commis une faute , le juge , d'abord , il y a les voies de recours , y compris pour une procédure d' instruction . Et s' il a commis une faute lourde , il peut même être traduit de manière disciplinaire devant le Conseil supérieur de la magistrature . Je pense que les juges doivent être responsables , mais devant l' instance , la seule , qui est le Conseil supérieur de la magistrature .

Un gouvernement , c' est une équipe et il y a toujours des voix qui parfois peuvent être discordantes ; non pas parce qu' il y a des pensées différentes , mais , parfois , parce qu' il y a des expressions qui ne sont pas forcément heureuses . Je l' ai dit aux ministres , c' est trop dur pour les Français , vous ne pouvez pas vous permettre ...

Non ! Il n' y en a pas eu depuis un certain nombre de semaines !

Vous ne pouvez pas - cela vaut pour moi aussi - quand c' est dur pour les Français , commettre la moindre erreur , la moindre imprudence , la moindre expression malheureuse .

Oui , mais il comprendra très vite ! D'ailleurs , ce que je dis est une forme d' avertissement , c' est trop dur pour les Français . Pour ce qui me concerne , vous dites la décision . J' en ai pris beaucoup de décisions ces dernières semaines , ces derniers mois , depuis que je suis là .

Pour le chômage ? Je ne veux pas être jugé sur le Mali ! Les Français ne vont pas voter dans les prochains mois ou dans les prochaines années sur la politique internationale ! Cela compte , mais ce n' est pas là-dessus que je serai jugé . Je serai jugé sur un seul critère : est - ce que j' ai fait réussir la France ? Est - ce que je lui ai permis d' avancer ? Est - ce que je lui ai donné confiance en elle-même ? Est - ce que j' ai pu valoriser ses atouts ? Est - ce que j' ai pu faire diminuer le chômage ? Si je ne l' ai pas fait , je connais la sanction . Qu' est - ce que je veux laisser comme trace ? Ne pas laisser une trace de celui qui a voulu durer , qui a voulu prolonger . J' ai 58 ans . Ma vie , c' est maintenant qu' elle se traduit sur le plan politique . Je veux réussir , pas moi - même , je veux faire réussir mon pays .

Pour être arrivé là où je suis , j' en ai essuyé des coups . J' en ai enduré des attaques . J' ai le cuir solide et j' ai les nerfs tout à fait froids , le sang-froid . Mes nerfs ne sont pas à vif . Parce que si je veux réussir , faire réussir la France , je ne dois pas être , au premier avis de tempête , en train de savoir comment je vais changer de cap ou comment je vais pouvoir tirer un bord .

Mais pourquoi allez faire du « sang et des larmes » ? Il faut donner espoir , au contraire ! C' est ce que je considère pour la France . La France a des atouts , on parlait de la fécondité , de la natalité , mais pas seulement ! Elle a des chercheurs , on connait des Prix Nobel , qui ont été encore récemment distingués ! Des innovateurs , des entrepreneurs qui font des choses formidables ! Des salariés qui se dévouent !

Je ne suis pas optimiste au sens : « Tout irait bien , il n' y a plus qu' à laisser faire » ! Au contraire , je dis : Quelle est ma responsabilité ? Ce n' est pas de tout faire , pas de faire à la place des entrepreneurs , à la place des salariés , à la place même des ministres ou du Parlement . Ce que j' ai à faire , c' est à mobiliser le pays . Vous dites « chef de guerre » . Je ne suis pas en guerre , on est en bataille . Je suis en ordre de bataille . Je suis le chef de cette bataille . Ceux qui sont dans les arrière-gardes pour regarder comment se déploient les forces , cela ne m' intéresse pas . Qu' ils restent comme spectateurs . Je ne suis pas spectateur , je ne suis pas commentateur de ma propre action . J' avance , j' avance , non pas pour partir dans je ne sais quelle direction , parce que j' ai ce cap . Ce cap , je vous l' ai dit , c' est la croissance . La croissance doit revenir parce que c' est une condition essentielle de la cohésion sociale , de retour vers l' emploi et aussi de la confiance du pays en lui-même , notamment de sa jeunesse . J' ai fait toute la campagne sur la jeunesse , on fait des choses sur l' éducation , sur les emplois d' avenir , etc . Ce que je veux , c' est que , au terme de mon mandat , la jeunesse ait pu avoir des chances supplémentaires , que la France en ait été investie .

Je pense que c' est le jeu démocratique . Je connais les humeurs et les modes et j' ai suffisamment d' expérience pour ne pas en être affecté . Comme je vous l' ai dit , je sais ce que je veux faire . Je sais ce que je décide et je sais où on va arriver , c'est-à-dire à la réussite . Alors , je laisse faire , je laisse dire . Ce qui comptera , c' est d' être jugé sur les résultats . On n' est pas jugé sur des discours . On est jugé sur des résultats . Des critiques , on m' en a toujours fait !

Oui , oui , mais je les connais , c' est les mêmes ! Cela ne m' a jamais empêché d' atteindre mon objectif .

Oui , d' une certaine façon , ce n' est pas à moi de l' écrire . C' est à d' autres de le comprendre . C' est quoi ce que je veux faire ? C' est d' être exigeant , c'est-à-dire d' être capable de tirer au plus haut le pays et en même temps d' être dans l' apaisement . Je trouve que , en ce moment , il y a une radicalité ; il y a une montée des excès ; il y a une violence , qu' on constate dans la rue , mais qu' on constate aussi dans l' expression . Je ne veux pas de cette République . Ma République doit être exemplaire et apaisée . Si je veux réussir à aller le plus loin possible , le plus haut possible avec la France , il faut aussi permettre ce rassemblement , cet apaisement , cette réconciliation . Bien sûr qu' une partie du pays ne m' apprécie pas , pour des raisons politiques . Et alors ! Moi , j' aime tous les Français . Je veux les emmener vers la réussite et j' aurai besoin de tous . Mais pour cela , et c' est le rôle du président de la République , il faut fédérer .

Merci à vous ! Pardon d' avoir été aussi long !

Au moins , aucune question n' est restée sans réponse .

A bientôt !

Merci .

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