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Je comprends l' impatience . J' accepte l' intransigeance . Mais je n' admets pas les procès en trahison car c' est l' honneur de la gauche de gouverner face à une droite qui a été dans la revanche dès le premier jour , et contre une extrême droite qui attend son tour .

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F. Hollande - 12 octobre 2016

Avant d' arriver à la fin , parlons du début . En 2012 , la question était de savoir si nous allions pouvoir surmonter la tourmente qui ébranlait alors toute la zone euro , et si nous étions capables de redresser rapidement les comptes publics tout en favorisant l' emploi . Aujourd'hui , la crise financière est derrière nous , l' inflation est nulle , les taux d' intérêt sont au plus bas , le pouvoir d' achat progresse . La Sécurité sociale est à l' équilibre , et le déficit public sera inférieur à 3 % de la production nationale . Le pays a retrouvé des couleurs industrielles . L' économie recrée des emplois , même si le chômage se situe encore à un niveau trop élevé . Or , c' est mon premier engagement . Il est légitime que je sois jugé sur ce résultat .

Dans le même temps , d' autres sujets ont surgi brutalement dans notre quotidien . D'abord , les attaques terroristes qui ont meurtri le pays . Ensuite , les guerres à nos portes qui sont à l' origine de la crise des réfugiés . Enfin , l' Europe connaît avec le Brexit une crise existentielle . Nous ne vivons plus dans le même monde ni dans la même Europe qu' en 2012 .

J' attache donc autant d' importance à dresser l' inventaire du respect de mes engagements qu' à relever les défis d' aujourd'hui , qui se posent bien différemment qu' il y a cinq ans .

S' il n' y avait pas de colère ou d' interpellations , ce ne serait pas des électeurs de gauche . La gauche n' est jamais indulgente à l' égard de ses gouvernements . Elle considère toujours qu' ils n' en font jamais assez ou qu' ils auraient pu faire différemment .

Je comprends l' impatience . J' accepte l' intransigeance . Mais je n' admets pas les procès en trahison car c' est l' honneur de la gauche de gouverner face à une droite qui a été dans la revanche dès le premier jour , et contre une extrême droite qui attend son tour .

La gauche ne choisit pas son moment pour gouverner . Je n' avais pas inscrit à mon programme de faire voter trois lois contre le terrorisme , une loi sur le renseignement , d' instaurer l' état d' urgence ou d' envoyer nos armées au Mali , en Centrafrique ou au Levant . Ce sont les circonstances qui en ont décidé . Je n' avais pas prévu d' augmenter le budget de la Défense , de la police , de la gendarmerie . Mais aurais -je dû renoncer à protéger les Français et à donner à nos forces de sécurité les moyens qui lui avaient été ôtés par la majorité précédente alors que les menaces sont au plus haut ? ? Non , évidemment ? !

En changeant de fonctions , je n' ai pas changé d' idées . Je suis de gauche . J' ai mené une politique de gauche . Une politique de gauche , c' est avoir fait de l' Education nationale la priorité en créant 60.000 postes alors que , de 2007 à 2012 , 80000 avaient été détruits . Une politique de gauche , c' est avoir réduit les inégalités fiscales . Une politique de gauche , ce sont des avancées sociales . Et il y en a eu ? ! 500.000 personnes qui avaient cotisé plus de 42 années sont parties à la retraite dès 60 ? ans et non à 62 ans . La pénibilité est désormais intégrée dans le calcul des pensions . La couverture complémentaire santé est étendue à tous les Français . Le tiers payant est mis en place . Deux millions et demi de Français parmi les plus modestes bénéficient de la prime d' activité . Une politique de gauche , c' est avoir créé le compte personnel d' activité qui s' inscrit dans la formation tout au long de la vie . Une politique de gauche , c' est avoir réussi à conclure à Paris un accord mondial sur le climat , assuré la transition énergétique , diminué la part du nucléaire , renforcé les énergies renouvelables . Et je pourrais continuer ...

C' était mon devoir . Je suis le président de tous les Français .

Le traité budgétaire européen avait été signé par mon prédécesseur . ? En juin 2012 , lorsque j' ai participé à mon premier Conseil européen , j' ai demandé non pas de revenir sur le traité lui-même , puisque tous les pays l' avaient déjà adopté , mais d' y ajouter un volet consacré à la croissance et à l' investissement . Cela a débouché sur un plan de 100 milliards d' euros , qui préfigurait le plan Juncker . J' ai obtenu parallèlement que nous puissions repousser l' objectif de 3 % de déficit à 2017 au lieu de 2013 .

J' ai atteint les objectifs que je m' étais fixés et j' ai évité un plan d' austérité à la France .

Lorsque j' ai prononcé mon discours au Bourget , la finance était dominante , écrasante même . Elle obligeait les Etats à renflouer les banques au prix d' un creusement des déficits publics . La France , comme d' autres , y avait succombé . Elle était sous la menace des agences de notation .

J' ai obtenu que ce ne soit plus les Etats qui viennent au secours des banques défaillantes , que ce soit le système financier lui-même qui en assure la charge . J' ai veillé à ce que la loi bancaire sépare les opérations spéculatives des activités de dépôt . Enfin , un fait majeur s' est produit , la Banque centrale européenne , et c' était une demande constante de la France depuis 2012 , a décidé de mener une politique monétaire accommodante .

Aujourd'hui , grâce à la crédibilité retrouvée de notre pays , l' Etat se finance avec des taux d' intérêt négatifs . S' il y a eu une preuve , une seule , que le rapport de forces a changé , c' est que maintenant le prêteur , c'est-à-dire le système financier , est amené à consentir une ristourne pour obtenir le retour de son argent . Voilà où nous en sommes .

Je ne prétends pas que l' on soit à l' abri de tout . Mais je constate que l' Union bancaire a prouvé sa solidité et que pas une seule banque française n' est aujourd'hui en situation de fragilité . Sur ce terrain , la comparaison avec l' Allemagne est largement en notre faveur ? !

Oui . C' est pourquoi je veux que l' Europe dispose des mêmes pouvoirs pour sanctionner des groupes américains . Quand la Commission poursuit Google ou des géants du numérique qui ne paient pas les impôts qu' ils devraient acquitter en Europe , l' Amérique s' offusque . Elle est pourtant sans aucune gêne quand il s' agit de demander 8 milliards à la BNP ou 5 milliards à la Deutsche Bank .

C' est pour ces raisons que j' avais dit qu' il ne peut pas y avoir d'accord sur le Partenariat transatlantique de Commerce et d' Investissement ( TTIP ) tant que perdureront ces déséquilibres dans les relations et ce défaut de réciprocité .

Un excès de pouvoir pour récupérer de l' argent et une insuffisance de pouvoir pour faire la paix .

La France fait tout ce qu' elle peut pour sauver Alep . Nous avons porté une résolution au Conseil de Sécurité exigeant le cessez-le-feu . La Russie y a mis son veto , seule . Nous n' abandonnerons pas Alep , nous allons poursuivre notre très forte pression afin que la trêve puisse être décidée dans les prochains jours , que l' aide humanitaire puisse parvenir à la population et qu' ensuite s' engagent des négociations entre toutes les parties prenantes . La première condition , c' est que les bombardements cessent .

La France n' a jamais accepté qu' un dictateur puisse frapper son peuple avec des armes chimiques . Août 2013 restera une date clé dans l' histoire de ce conflit . La France était prête à frapper le régime syrien , qui avait franchi la ligne rouge en recourant à des armes prohibées par toutes les conventions internationales , nos partenaires y ont renoncé . Une autre voie s' est alors dessinée . Elle a été utilisée par le régime pour chercher un appui chez son allié russe et par Daech pour réduire l' opposition modérée . Ce signal a été interprété comme une faiblesse de la communauté internationale . C' est ce qui a provoqué la crise en Ukraine , l' annexion illégale de la Crimée et ce qui se produit en Syrie en ce moment même .

Non . Il voulait être fidèle à sa promesse de campagne de ne plus engager les Etats-Unis sur des théâtres d' opérations extérieurs . Mais , aujourd'hui , ce sont les avions de Bachar al-Assad , aidé par les Russes , qui détruisent Alep . Sous les bombes , il y a sûrement des fondamentalistes , mais aussi des femmes , des enfants , des vieillards qui ne peuvent s' échapper . Alep est aujourd'hui un défi pour la communauté internationale . Ce sera son honneur ou sa honte .

Pendant la campagne en 2012 , j' avais indiqué qu' il y aurait une phase de redressement indispensable avant toute redistribution . Je pensais surtout au rétablissement des comptes publics . La dette avait explosé de 2007 à 2012 , passant de 65 % à 90 % du PIB . Un record historique ? !

Mais je n' avais pas suffisamment mesuré l' ampleur de la dégradation industrielle pendant les dix années précédentes . Dès le lendemain de l' élection , j' ai été confronté à " une pluie " de plans sociaux , qui avaient été retardés pendant toute la période précédente .

J' ai demandé à l' été 2012 un rapport à Louis Gallois . Ses conclusions ont montré que si rien n' était fait , nous allions connaître une spirale de déclin , nos entreprises allaient décrocher et l' emploi s' effondrer . La conclusion est qu' il fallait absolument alléger de 20 à 30 milliards d' euros les charges des entreprises .

Oui , et qu' il n' avait pas fait ? ! Il avait annoncé en pleine campagne une hausse de 1,6 ? point de la TVA sans la mettre en œuvre . J' ai donc décidé dès la fin de l' année 2012 d' alléger le coût du travail avec le crédit d' impôt compétitivité emploi ( CICE ) . Puis il y a eu le pacte de responsabilité en janvier 2014 , financé par des économies budgétaires , et la création d' une contribution écologique .

Les marges des entreprises se sont reconstituées , l' investissement est reparti .

L' emploi a tardé à reprendre , comme souvent avec les politiques de l' offre , dont les effets sont plus lents , mais plus durables .

C' est le Medef qui parlait d' un million d' emplois ? ! Avec badges et calicots ? ! Pour les ranger aussi vite dans ses armoires dès qu' il a été mis devant sa responsabilité .

Mais dans le contexte que nous connaissons , aider les entreprises c' est soutenir les salariés . Car sans ces mesures , le déclin industriel de la France se serait poursuivi , les licenciements se seraient multipliés et notre pays aurait perdu sa souveraineté et son rang dans la mondialisation . Quelle était l' autre voie ? ? Relancer ? ?

Cette question s' est posée . Mais augmenter encore la dépense publique , laisser filer les déficits , distribuer ce que nous n' avions pas encore produit nous aurait disqualifiés avec une dette plus lourde , des taux d' intérêt plus élevés , des entreprises exsangues et aucun effet sur l' emploi .

Mais je n' ai renoncé à rien et les engagements ont été tenus . Le budget de l' Education nationale est devenu le premier du pays , la protection sociale a été élargie avec la revalorisation de l' allocation personnalisée d' autonomie , de l' allocation de rentrée scolaire , la généralisation de la complémentaire santé , le soutien au logement social , le plan pauvreté avec l' augmentation de 10 % du RSA .

Nous avons tenu bon même si ce qui touche les plus pauvres n' est pas toujours populaire ... La marche vers le progrès ne s' est pas arrêtée . ? Et nous avons même , avec le gouvernement de Manuel Valls , baissé les impôts des classes moyennes à partir de 2014 .

J' essaie de traiter lucidement la mauvaise , et de justifier concrètement la bonne . Parce que si la gauche n' est pas fière de ce qu' elle accomplit quand elle est au pouvoir , alors elle se disqualifie , et pour longtemps . N' attendons pas que la droite dure défasse ce que nous avons bâti pour défendre les acquis d' une gauche supposée trop molle . Que l' on me cite un pays en Europe où la politique menée serait plus à gauche que la nôtre . Je ne réclame pas des compliments . De ce point de vue je ne suis jamais déçu ? ! Mais je refuse l' accablement mortifère dans lequel se complaisent certains esprits chagrins .

Je mesure le trouble que cette initiative a pu créer . Je m' étais moi-même opposé lorsque Nicolas Sarkozy , en juillet 2010 , avait voulu étendre les cas pour lesquels la déchéance de nationalité pouvait être prononcée .

Non , puisque la déchéance de la nationalité existait déjà dans le Code civil , y compris pour de simples délits commis par des individus ayant acquis la nationalité française .

Ce que je contestais , c' était l' idée d' élargir son champ d' application , sans aucune restriction .

Ai -je dit cela ? ? Non . Je continue de penser qu' elle doit être maniée avec une extrême précaution .

En 2015 , nous l' avions d'ailleurs utilisée , pour cinq individus condamnés pour leurs liens avec des activités terroristes , sans que ces décisions ne suscitent la moindre réaction .

Au lendemain des terribles attentats de Paris et de Saint-Denis , la France est sous le choc . Je sens la colère monter , le pays peut se fracturer . Je me souviens des regards , des interpellations aux abords du Bataclan - ? " Alors qu' est -ce que vous avez fait ? depuis janvier ? ? " - , alors même que nous avions déjà fait voter une loi antiterroriste , une loi sur le renseignement , et renforcé les moyens des forces de sécurité .

Non , je la domine . J' ai reçu le dimanche tous les responsables de l' opposition . Je leur annonce que je m' exprimerai le lendemain devant le Congrès à Versailles . J' appelle à l' unité nationale . Pour y parvenir , je reprends des propositions qui n' appartiennent pas à ma famille politique mais qui restent conformes à mes principes . C' est à ce titre que la déchéance de nationalité limitée aux seuls crimes terroristes me paraît acceptable . Et pour éviter les abus , elle doit être strictement encadrée par la Constitution .

Acceptable à la condition de rassembler .

Non , puisque les terroristes veulent mourir . La déchéance de nationalité n' a donc aucune valeur dissuasive . Elle s' inscrit dans un plan d' ensemble pour unir le pays , face à une épreuve que nous n' avions jamais connue et à un ennemi qui nous a déclaré la guerre en enrôlant de jeunes Français dressés pour tuer d' autres Français .

Au Congrès à Versailles , tous les parlementaires se lèvent pour applaudir le plan que je présente . Mais , à partir de décembre , un débat s' ouvre à gauche comme à droite sur la portée de la déchéance , sur son caractère discriminatoire , puis sur l' intérêt de la constitutionnaliser . Il y avait de la bonne foi chez beaucoup , des arrière-pensées chez d' autres .

Dès lors que la révision constitutionnelle divisait alors qu' elle devait rassembler , j' ai préféré y renoncer .

Oui . Et surtout de ne pas avoir réussi à nous donner un cadre commun sur ces questions .

Je regrette que la gauche l' ait regardée comme une mesure qui pouvait diviser . Je regrette que l' opposition en ait fait un sujet de surenchère politique .

La loi El Khomri est une loi sociale . Elle institue le compte personnel d' activité , elle généralise la garantie jeune , elle renforce le droit syndical dans les entreprises , elle protège les salariés dans les entreprises du numérique , elle favorise le dialogue dans l' entreprise .

Tout ce que je viens de dire est de gauche . La loi El Khomri a aussi une dimension économique . Elle clarifie les règles du licenciement . Elle simplifie la procédure prud'homale . C' était nécessaire , il y avait trop d' incertitudes pour les employeurs et d' injustice pour les salariés . Le barème des indemnités a été rendu purement consultatif pour laisser au juge son pouvoir d' appréciation .

Quant à la hiérarchie des normes , j' ai considéré que le niveau de l' entreprise était celui qui offrait le plus de souplesse et le plus de garanties . Plus de souplesse , car c' est là que l' organisation du travail peut être le mieux adaptée à la vie des salariés , et plus de garanties car seuls les syndicats majoritaires peuvent signer des accords d' entreprise .

Justement , la loi est faite pour renforcer la présence des syndicats dans les entreprises , notamment les PME . Si un employeur veut conclure un accord dérogatoire , il sera obligé d' en convaincre les syndicats représentant la majorité des salariés . Comment iraient -ils contre leurs intérêts sauf à être sanctionnés par eux ? ?

Tout ce qui contribue au dialogue social avec des partenaires forts est un progrès . La preuve , les syndicats réformistes ont soutenu cette loi parce qu' ils ont considéré que c' était une façon pour eux de peser davantage dans les négociations et d' en tirer un certain nombre de fruits .

Je suis nécessairement le premier concerné . Je suis le président , c' est de moi que les Français attendent de l' explication , de la cohérence et aussi des résultats .

A mesure que l' on se rapproche de la présidentielle , ils vont pouvoir comparer non pas ce que j' ai fait avec ce que j' avais promis , même si je suis prêt à l' inventaire sur mes 60 ? engagements ? ; ils vont pouvoir comparer ce que j' ai fait dans le contexte que chacun connaît avec ce que proposent ceux qui prétendent nous remplacer . La question n' est donc pas tant de savoir si on n' aurait pas pu aller plus loin - dans bien des domaines , on pourra m' en faire le reproche - que de savoir jusqu' où nous pourrions revenir très loin en arrière si nos concurrents l' emportaient .

Notre cohérence c' est d' avoir préservé la cohésion nationale en redressant notre économie et en sauvegardant notre modèle social . Notre cohérence c' est d' avoir protégé les Français sans renoncer à l' Etat de droit . Notre cohérence c' est d' avoir fait avancer les libertés ( le mariage pour tous ... ) et préparé l' avenir ( la transition écologique ) .

Je reconnais qu' il n' est pas facile de faire prévaloir un récit global quand tout est jugé à l' aune du flux quotidien de l' information en continu , comme les épisodes d' un feuilleton sans lien les uns avec les autres sauf les personnages ? ! Et puis il y a le doute entretenu par les critiques venues du camp de la gauche .

Oui , mais elle n' était pas idéologiquement majoritaire dans le pays , elle ne l' a d'ailleurs jamais été ... Moi-même , quand je me présente devant les Français après dix ans de droite , je ne recueille " que " 28 % des voix au premier tour , et la gauche en totalité n' en fait qu' à peine plus de 40 % .

Il a fallu rassembler plus largement pour gagner . Plus par rejet que par adhésion . C' est la raison pour laquelle j' ai appelé au gouvernement tous ceux qui voulaient y participer .

J' admets la critique . Parfois la concurrence . Jamais la division . Pourtant , il y a péril pour la gauche de gouvernement . La social-démocratie peine partout en Europe à justifier sa ligne d' équilibre , le populisme détourne une partie du peuple de ses intérêts . La radicalité à gauche empêche les alliances . Le repli identitaire favorise les droites elles-mêmes de plus en plus tentées par le souverainisme . Le communautarisme mine les solidarités . Voilà le tableau . Et voilà pourquoi les prochaines élections en France seront décisives pour toute l' Europe et pour l' avenir de la gauche en son sein .

Alors élevons -nous au niveau requis par la situation . Revendiquons nos réussites économiques , elles sont là . Valorisons nos avancées sociales , écologiques , sociétales . Le progrès ne s' est pas arrêté . Assumons nos positions sur la sécurité , alors même qu' il nous faut faire face à de nouvelles menaces . N' ayons pas peur d' être européens , au moment où beaucoup à droite ne le sont plus .

La vie politique française est exacerbée par l' échéance présidentielle . Et le système des primaires n' arrange rien . Toute personne croyant disposer d' un capital de sympathie dans un sondage imagine qu' il peut devenir président , ou tout au moins figurer dans la course .

Regardez ce qui se passe à droite ... Ils sont sept en lice , dont l' ancien chef de l' Etat , son ancien Premier ministre , son ancien ministre des Affaires étrangères , son ancien ministre de l' Agriculture et même son ancienne ministre de l' Ecologie ... Ils gouvernaient tous ensemble il y a cinq ans , ils sont tous en compétition aujourd'hui . Ils portent d'ailleurs tous le même programme .

Le seul camp qui ne se pose pas la question de son candidat , c' est l' extrême droite . Donc , si les partis de gouvernement et plus particulièrement les forces de progrès sont pris dans le vertige , le narcissisme , le pugilat , l' éparpillement ou l' aveuglement , alors qu' en face se dessine une menace qui n' est plus secondaire mais principale , alors permettez -moi , dans la fonction que j' exerce , de dire quels sont les risques et quels sont les enjeux .

Que des ministres puissent quitter un gouvernement , alors qu' ils ont l' opportunité de changer la France , d' avoir les leviers en main pour peser sur la politique économique ou industrielle , sauver des emplois , redresser des secteurs entiers , s' atteler aux problèmes du décrochage scolaire ou du logement , eh bien je pense que c' est une forme d' oubli de ce qu' est le sens de la vie politique .

Comment et pourquoi y renoncer ? ? Etre ministre de la République , ? c' est une mission exaltante qui donne un sens à une vie politique . Ce n' est pas un passage , un moment , une étape , c' est un aboutissement . Alors bien sûr les temps sont difficiles . Alors , c' est vrai , il y a plus de coups à prendre que de lauriers à glaner . Mais c' est ce qui fait la grandeur de la tâche . ?

Marine Le Pen a fait 17 % en 2012 , et a réuni encore plus de voix sur son nom que son père en 2002 . La montée de l' extrême droite est une réalité partout en Europe et même aux Etats-Unis . Reproche -t-on à Obama le score de Trump ? ? Tous les partis de gouvernement ont une part de responsabilité .

Mais ce n' est pas en dérivant vers le populisme , le souverainisme , l' extrémisme que nous en finirons avec le FN , ni en jouant avec la peur , d'ailleurs de plus en plus faible , qu' il inspire , mais en montrant que la France a en elle les ressources pour réussir sans avoir besoin de rompre avec elle-même .

Sur quel thème progresse -t-il ? ? Essentiellement sur celui de l' immigration et de la peur de l' islam . Qu' attend -on de moi ? ? Que je coure derrière les thèses du Front national pour l' empêcher d' accéder au pouvoir ? ? Ce serait un reniement . Que je combatte davantage le FN et ses solutions ? ? Je ne cesse de le faire en disant clairement aux Français que ce n' est pas en sortant de l' Europe ou en installant des murs aux frontières et des barbelés face aux échanges qu' on va donner à l' économie et aux travailleurs français la moindre chance d' avenir .

La France n' est plus la France quand sont attaqués des centres d' accueil de migrants et que des irresponsables appellent à manifester contre l' installation de réfugiés qui ont fui leur pays pour échapper à la mort .

Mais regardons la réalité en face . Le danger d' une Europe de plus en plus brune existe . Ne confondons pas les époques . Nous ne sommes pas dans les années 1930 . Mais , de glissements en glissades , il y a péril . Et plutôt que de battre notre coulpe , mieux vaut mener le combat . Il est économique , social , mais surtout culturel .

Mais quel que soit le mode de scrutin , elle va y entrer ? ! Le plus grave , c' est la banalisation de l' extrême droite . Comme si c' était un mouvement comme les autres . La diabolisation n' a pas plus d' avenir . C' est sur sa politique et ses conséquences qu' il faut aller la chercher .

Et ceux qui dénoncent le vote utile et prétendent qu' au premier tour chacun peut voter comme il l' entend pour faire entendre sa voix doivent savoir qu' à ce jeu ils seront devant le dilemme de voter pour la droite pour empêcher l' extrême droite . Est -on sûr qu' ils le feront ? ? 2017 n' est pas 2002 .

Parlons simplement . Le premier devoir d' un électeur , c' est de faire valoir ses idées . Je pense que si nous installons l' idée que pour éviter l' extrême droite il faut voter pour la droite , eh bien , à ce moment-là , il n' y aura plus de gauche .

Si l' extrême droite est un danger pour notre modèle républicain , la droite met en cause notre modèle social . La droite est dans la revanche , la réaction et la régression . C' est le programme commun de tous ces candidats .

Oui . Le " programme commun de la droite " ne consiste pas à défaire ce qui a été fait depuis cinq ans mais à revenir sur des droits et des principes qui ont mis des décennies pour être conquis et acquis . L' âge de la retraite serait porté à 65 ? ans . La durée légale du travail reviendrait à 39 heures , et donc les heures supplémentaires seraient payées comme les heures normales . Une partie de la Sécurité sociale serait privatisée , le statut de la fonction publique serait démantelé , 300000 postes de fonctionnaire seraient supprimés dans la meilleure des hypothèses , 100 milliards d' euros seraient taillés dans les dépenses publiques , notamment dans l' Education nationale et la solidarité , l' ISF serait abrogé , la TVA augmentée , la fiscalité du capital abaissée . Ce ne sont pas des caricatures , des exagérations , des inventions . Je viens de lire leur programme .

Sur ce plan , oui .

Les deux mots sont mal choisis . " Identité " , parce que la France est renvoyée à son passé alors que c' est l' idée de la France qui constitue son histoire et son avenir . Et " heureuse " parce que c' est un malentendu . Ce qui est proposé par Alain Juppé c' est une solidarité malheureuse .

Je ne récuse pas l' idée du bonheur mais en politique ce sont des règles sociales respectées , des droits établis , des avancées durables , un environnement protégé , une sécurité garantie , c' est de pouvoir vivre dans une société apaisée , harmonieuse .

Rien n' est plus faux que de dire que c' était mieux avant . Je ne nie pas les difficultés auxquelles les Français ont dû faire face ces dernières années , mais nous vivons collectivement aujourd'hui mieux qu' hier , grâce aux progrès techniques , sociaux écologiques , médicaux ... La droite est dans la nostalgie , avec des professeurs en blouse grise , des chants à la récré et des règles pour taper sur les doigts , avec le retour du service militaire , même si beaucoup de ceux qui se font les chantres de la conscription en ont décidé la suppression ...

En clair , c' était mieux avant Mai-68 , quand les femmes obéissaient aux hommes , quand les ouvriers travaillaient sans protester et que les employées de maison n' étaient pas déclarées . C' était mieux quand on vivait à la campagne , qu' on mangeait des topinambours et que la terre ne mentait pas .

La première , c' est de redonner de la fierté aux Français et ça va bien au-delà de la gauche car c' est une question clé pour la confiance du pays .

Pourquoi la France doute -t-elle tant d' elle-même alors qu' elle est aimée et admirée partout dans le monde ? ? Pourquoi salue -t-on sa créativité , sa culture , son savoir-faire , ses technologies alors que nous doutons ici de trouver des solutions ? ? Voilà ce à quoi nous devons nous atteler . Après avoir redressé le pays , nous devons lui redonner l' esprit de conquête .

La cohésion nationale . Tout ce qui peut contribuer à vivre ensemble , avec des règles qui respectent les différences tout en garantissant la laïcité , la sécurité et la liberté . Nous ne céderons sur aucun principe , sans qu' il soit besoin d' écarter et de stigmatiser . Face aux risques de fracas , de dislocation et de division voire de séparation , l' unité est essentielle .

Durant ce mandat , avec les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls , beaucoup a été fait pour redresser les finances publiques et sociales , améliorer la compétitivité , moderniser le droit du travail , donner toute sa place à la transformation numérique , réussir la transition écologique , changer notre organisation territoriale , accompagner l' outre-mer vers l' égalité réelle . Ces politiques doivent disposer du temps nécessaire pour produire leurs effets .

Ce qui compte maintenant , c' est de préparer l' avenir , à partir du socle qui a été constitué , notamment dans des domaines comme la recherche , l' enseignement supérieur , la culture ou les nouvelles technologies .

L' enjeu c' est la force de la France . De ses territoires , de ses entreprises , de ses services publics . La jeunesse doit rester le grand chantier . La violence s' est installée dans certains de nos quartiers , l' agression des policiers de Viry-Châtillon en est encore la plus tragique illustration . La radicalisation prospère sournoisement sur la désespérance . Et les discriminations sont vécues de plus en plus brutalement . Et en même temps la République montre qu' elle est capable d' intégrer , de promouvoir et d' assurer la réussite . C' est une bataille décisive qui se joue .

Je ferai connaître ma décision au mois de décembre . Je me tiens à ce calendrier . D' ici là , comme président de la République , je continuerai inlassablement à défendre la cohérence de la politique que je conduis . Je l' assume pleinement . Je ne vais pas m' en excuser ou m' en débarrasser . Je suis lucide sur ce qui a pu être compris ou contesté , j' en ai tiré les leçons , j' ai agi conformément à mes engagements et à mes valeurs , et je demande à être jugé sur un bilan .

Mais il ne peut suffire . Etre candidat à l' élection présidentielle exige de porter un projet qui ouvre aussi une nouvelle étape qui porte un espoir et qui ne peut être simplement l' expression d' un refus .

Hollnade , 15 novembre 2016 , Interview à France 24 , TV5 Monde et RFI

C' est évidemment très important de venir soutenir cet accord climat . Mais depuis la COP 21 , il s' est passé un évènement important , c' est un nouveau Président américain .

D'abord , Donald TRUMP a été élu . C' est un fait . C' est une volonté du peuple américain . Nous respectons son choix . Donald TRUMP a eu des positions pendant la campagne qui ont - c' est vrai - beaucoup troublé . Y compris sur la question du climat , j' y reviendrai .

La conversation téléphonique que j' ai eue avec lui visait à apaiser ce qui devait l' être , c'est-à-dire que lui-même était dans cette attitude de vouloir un dialogue . La France , qui a une longue amitié avec les Etats-Unis , veut une coopération avec l' Amérique , il y a tant de sujets qui nous sont communs , sur la base des intérêts de la France , de l' Europe , des Etats-Unis et de nos valeurs communes . Avec Donald TRUMP , nous avons donc convenu qu' il fallait poursuivre la conversation et qu' elle aurait lieu lorsqu' il aurait pris pleinement ses responsabilités , c'est-à-dire au mois de janvier .

Je crois qu' il y a un point qui a été clair entre nous . C' était que la lutte contre le terrorisme devait être l' objectif partagé .

De ce point de vue , les Etats-Unis ont toujours été un allié et un partenaire et cela continuera . En revanche , sur le climat - c' était l' objet de la discussion que nous avons eue aujourd'hui à Marrakech , de l' intervention que j' ai faite - l' Accord de Paris , cet accord que j' ai tant voulu , avec le contexte dont vous vous souvenez , vous vous rappelez de ce qui s' était produit le 13 novembre . Tous les chefs d' Etat et de Gouvernement sont là , il y a une décision à prendre , l' avenir de la planète , le climat , éviter le réchauffement . Cet Accord de Paris est irréversible . C' est ce que j' ai voulu signifier très clairement ici à Marrakech .

L' Accord de Paris est irréversible sur le plan juridique . Il a été ratifié par les Etats-

Unis . Si les Etats-Unis voulaient s' en dégager , il y a des procédures et c' est assez long , même très long mais les Etats-Unis pourraient décider de ne pas respecter leurs propres engagements . Ce serait défavorable à la planète , puisque les Etats-Unis sont l' un des premiers émetteurs , le premier sans doute de gaz à effet de serre . Ce serait surtout très mauvais pour les Etats-Unis . La planète n' est pas organisée avec des frontières , des barbelés , des barrières . Lorsqu' il s' agit de climat , tout le monde est concerné . Beaucoup d' entreprises américaines sont impliquées maintenant dans la transition énergétique et même écologique , beaucoup d' organisations se sont mobilisées , beaucoup d' initiatives citoyennes aux Etats-Unis .

Les Etats-Unis , c' est un pays fédéral . Que signifie un pays fédéral ? Cela signifie qu' il y a des Etats , Californie , le Michigan , l' Oregon ... Ces Etats-là se sont eux-mêmes mis dans la perspective de l' accord sur le climat . Je veux donc croire que Donald TRUMP prendra les décisions qui ne seront pas forcément celles qu' il avait annoncées durant sa campagne . S' il ne les prenait pas , il encourrait aussi des risques . Parce que ses produits se trouveraient eux-mêmes presque regardés comme étant contraires aux intérêts de la planète . Je sais qu' il est plutôt protectionniste mais s' il ne peut pas échanger avec le reste du monde comme aujourd'hui , les premières victimes seraient les entreprises américaines .

Je ne veux pas parler à la place de Donald TRUMP , j' aurais bien du mal mais c' est évident qu' il y a des propos de campagne et il y a maintenant une responsabilité qui va être la sienne .

Je pense que le mouvement est lancé et qu' il ne l' arrêtera pas . Il est lancé , y compris dans son propre pays et il est lancé dans le monde . Vous parlez des Chinois , les Chinois sont effectivement les principaux émetteurs de gaz à effet de serre . Ça a été une discussion entre Barack OBAMA , le Président XI Jinping et moi-même , pour que les Chinois soient pleinement partie prenante à l' accord .

Ce n' était pas gagné . Pensez -vous que les Chinois vont dire : « puisque les Etats-Unis ne vont pas forcément aller jusqu' au bout de leurs engagements , on va se dégager de nos obligations » ? Parce que la pollution est en Chine et elle est particulièrement grave et les Chinois veulent également lutter contre le réchauffement climatique .

Je n' en sais rien . Ce que je peux vous dire , c' est que la France et l' Europe vont aller plus loin encore que les engagements qui étaient prévus . Parce que la France a une responsabilité , parce que la France est là . Les Etats-Unis peuvent décider de leur avenir à travers un nouveau Président . Nous , nous aurons nos propres élections .

La France est capable de prendre des décisions par elle-même , pour sa défense , pour lutter contre le réchauffement climatique , pour agir contre le terrorisme , pour être présente en Afrique ou au Moyen-Orient , là où nous sommes appelés . Par rapport aux engagements financiers qui avaient été pris , nous irons donc plus loin . Nous irons même plus loin pour ce qu' on appelle la stratégie non carbonée , c'est-à-dire pour faire diminuer la place du carbone dans notre économie .

L' Europe est devant , elle aussi , finalement un choix . Est -ce qu' elle reste silencieuse face à ce qui se passe ou , au contraire , elle prend ses responsabilités , pour sa sécurité , pour sa défense , pour la lutte contre le réchauffement climatique ? Oui , l' Europe va prendre ses responsabilités , en tout cas la France et l' Allemagne vont être à l' initiative sur ce sujet .

Les Etats-Unis , présidés demain par Donald TRUMP , sont membres , un membre éminent de l' Alliance Atlantique . Je n' ai pas de doute là-dessus . Les Etats-Unis resteront dans cette Alliance et dans cette sécurité qui nous est commune . Mais je pense qu' il y a des inquiétudes et c' est à Donald TRUMP de les lever .

Qu' il veuille parler à Vladimir POUTINE , il a raison . De ce point de vue-là , il n' y a pas non plus de changement profond , Barack OBAMA parlait aussi à Vladimir POUTINE . Moi-même , je parle à Vladimir POUTINE , avec Madame MERKEL . Nous avons passé parfois des jours , parfois même des nuits à discuter de l' Ukraine , à discuter de la Syrie , parce que nous devons parler à Vladimir POUTINE . Je ne vais donc pas ici dire qu' il ne faut pas parler à Vladimir POUTINE .

Ce qu' il faut , c' est savoir quels sont nos intérêts . Nous avons des intérêts communs avec la Russie . L' intérêt de chercher des solutions pour sortir des conflits de la Syrie , par exemple . L' intérêt de faire que les Accords de Minsk , que nous avons négociés avec Madame MERKEL , Vladimir POUTINE et le Président POROCHENKO pour l' Ukraine , puissent être appliqués . Nous avons un intérêt commun qui est la lutte contre le terrorisme . Nous avons donc à discuter . L' erreur serait de considérer qu' il faudrait soit céder à Vladimir POUTINE - mais pourquoi ? Au nom de quoi ? La France n' est pas dans cette position - ou au contraire considérer qu' il ne doit pas être un partenaire . Il doit être un partenaire , là où les solutions doivent être définies en commun .

Là aussi , vous poserez la question à Donald TRUMP .

Je lui ai posé cette question .

Il n' a rien répondu pour l' instant . Parce qu' il n' est pas en situation de le faire . Il n' est pas encore Président des Etats-Unis . Il vient d' être élu et il y a une phase de transition .

Mais je vais vous dire quelle est la position de la France . Si les Accords de Minsk sont pleinement mis en œuvre , les sanctions seront levées . Si en revanche , il y a des entraves venant de la Russie , s' il y a des obstacles , alors , les sanctions seront poursuivies . C' est la position de la France et la position de l' Europe . C' est la bonne position . Les sanctions ne sont pas éternelles . Elles visent à favoriser un processus .

C' est là que je reviens sur ce qu' est l' autonomie de la France , son indépendance et aussi le rôle de l' Europe . Nous avons bien sûr un lien avec les Etats-Unis . Bien sûr que nous voulons travailler avec les Etats-Unis , présidés par Donald TRUMP dans quelques semaines .

Oui , mais parce que c' est notre allié , mais je ne choisis pas . J' ai affaire avec les dirigeants qui sont élus démocratiquement et parfois même ceux qui ne sont pas élus démocratiquement . Mais je travaille . En l' occurrence , Donald TRUMP a été élu démocratiquement , c' est un pays - les Etats-Unis - allié de la France avec lequel nous avons à travailler , c' est la première puissance économique du monde .

Oui , il y a des interrogations . Ces interrogations doivent être levées : interrogation sur l' accord sur le climat ; interrogation sur l' accord avec l' Iran ; interrogation sur ce que va être la position vis-à-vis de Vladimir POUTINE , notamment par rapport à l' Ukraine ; interrogation sur la Syrie , comme cherche -t-on l' issue . Interrogation aussi sur la lutte contre le terrorisme , même si là-dessus , je suis convaincu que nous trouverons des solutions . Il y a aussi des valeurs que nous devons porter ensemble .

D'abord , la France est le pays d' Europe qui consacre , avec le Royaume-Uni , le plus à sa défense et j' ai , durant le mandat - depuis 2012 , le mandat qui est le mien - augmenté les crédits pour la Défense . Jamais il n' y avait eu une loi de programmation militaire qui avait été respectée avant que je ne devienne Président de la République . Elle a été non seulement respectée , mais révisée à la hausse , non pas par position de principe , mais par un principe qui est beaucoup plus élevé , qui est celui de la réalité . Je ne peux pas engager des opérations extérieures comme je l' ai fait au Mali , en Centrafrique , en Irak et en Syrie , tout en demandant à l' Armée de se joindre , avec l' opération Sentinelle pour la protection de notre territoire , sans lui donner les moyens supplémentaires . J' ai arrêté la baisse des effectifs que mes prédécesseurs avaient engagée . Baisse des effectifs , et donc la France fait plus que son devoir et elle va continuer à le faire . Nous avons l' objectif des 2 % de la richesse nationale consacrés à la Défense . L' Europe ne fait pas suffisamment .

L' Allemagne et d' autres pays - avec nos amis allemands - nous avons abordé la question très clairement . L' Allemagne nous a assurés qu' elle allait faire davantage mais il faut qu' on fasse plus que mettre des moyens et des ressources ...

Bien sûr . Ce qu' il faut maintenant , c' est que l' Europe puisse assurer l' essentiel de sa sécurité . Je prends un mot ...

Je prends un mot plus fort que sa défense : de sa sécurité . Sécurité des frontières , sécurité par rapport à la lutte contre le terrorisme , sécurité par rapport à des menaces qui peuvent venir de l' extérieur et également interventions vers un certain nombre de zones où il y a un danger ou une menace , ce que la France a fait notamment au Mali .

Oui , mais je pense que quel qu' ait été le Président élu , là au mois de novembre , y compris si cela avait été , donc , Madame CLINTON , l' Europe était devant sa responsabilité . J' avais averti tous mes collègues européens , je leur avais dit : « Quel que soit le Président qui sera élu , vous aurez à prendre en charge votre défense , notre défense , en lien avec les États-Unis " ...

En lien avec les États-Unis parce que c' est notre allié ! Parce qu' il ne peut pas y avoir un continent qui puisse protéger les citoyens s' il n' assure pas sa propre défense , et si , deuxièmement , il n' est pas capable de porter une parole politique avec les moyens parfois de force que la parole justifie d' utiliser .

Ce serait le risque , je l' ai toujours dit . Si les Russes pensent , peut-être maintenant avec d' autres , que c' est avec le maintien pour toujours de Bachar AL-ASSAD qu' ils trouveront la solution à la crise , à la guerre , aux massacres en Syrie , ils se trompent . L' enjeu , c' est de lutter contre le terrorisme , contre Daech , contre le terrorisme islamiste . Mais le régime utilise aussi le terrorisme islamiste pour se perpétuer . Nous devons donc trouver une solution politique : lutter contre Daech et c' est ce que nous faisons . Je rappelle qu' en ce moment même , au moment où je vous parle , il y a des avions français qui décollent et qui frappent en Irak , en Syrie . Je vous rappelle que nous avons des Forces qui sont engagées sur notre porte-avions , que nous avons également une batterie d' artillerie qui est localisée en Irak très précisément , près de Mossoul , pour assurer la reconquête de Mossoul . Nous prenons donc nos responsabilités . Mais en Syrie , s' il n' y a pas de solution politique qui permette d' englober toutes les parties - je ne parle pas des Islamistes qui nous font la guerre - je parle des opposants qui sont des opposants modérés et qui ont déclenché d'ailleurs la révolution ...

Qui sont bombardés , à Alep notamment , parce que c' est quand même ce qui se produit là aussi en ce moment même ! Il nous faut donc trouver une solution politique en Syrie .

Quels sont les chiffres , puisque vous posez cette question ? Il y a environ 600 Français ou personnes résidant autrefois en France qui sont sur les terrains de Syrie et d' Irak parmi les djihadistes , parmi les terroristes . Il y a à peu près 220 djihadistes français , ou résidant autrefois en France qui sont morts . Il y a également ceux qui peuvent , parmi ces 600 , revenir . Chaque fois qu' il y en a un ou une qui revient - car il y a des femmes aussi , il y a des enfants qui , eux , ne sont pas ... - ils sont appréhendés , arrêtés et soumis aux procédures judiciaires .

Attendez , ce n' est pas en état d' urgence . C' est ce que nous avons à faire . Grâce à la coopération en matière de services de renseignement , nous arrivons à appréhender tous ceux qui reviennent , ou qui pourraient revenir .

Nous affirmons qu' à chaque fois que nous pouvons identifier - et c' est la plupart des cas ces derniers jours , des femmes qui sont revenues , des jeunes femmes qui avaient été entraînées là-bas par leur conjoint et qui sont revenues - elles ont été immédiatement arrêtées et bien sûr , remises à la Justice .

Pour les réfugiés , pourquoi faisons -nous un contrôle systématique ? Pourquoi avons -nous été , la France , aussi déterminés à ce qu' il y ait un contrôle des frontières , car vous avez vu ce qui s' est produit quand même , le 13 novembre 2015 dans le flot des réfugiés ! Nous avons donc là-dessus fait en sorte que l' Europe puisse être en capacité de pouvoir contrôler les flux de réfugiés . Je ne dis pas qu' il n' y en aura jamais , mais nous prenons toutes les dispositions . Etat d' urgence ? Oui . L' état d' urgence , tant que cette menace existe , et vous l' évoquez , quelle est la menace ? La menace , c' est que nous sommes en ce moment en guerre , que nous frappons les terroristes islamistes en Irak et en Syrie , qu' on frappe aussi au Mali puisque nous avons une force dans le Sahel . Que nous sommes nous-mêmes , j' allais dire , très régulièrement face à des individus qui veulent nous attaquer ici sur notre propre sol ! Je salue l' action du Gouvernement , du ministre de l' Intérieur et de tous nos services pour appréhender ces individus . Mais vous savez que cela se passe chaque seconde , on n' en fait pas de publicité ! Je vais donc vous répondre : dès lors que cette menace existe , dès lors que nous avons besoin de mesures qui sont , c' est vrai , exceptionnelles , et dès lors qu' il va y avoir , ces prochaines semaines , je ne vous apprends rien , une élection présidentielle , des rassemblements , le Gouvernement m' a fait la proposition de prolonger l' état d' urgence , et cela sera soumis au Parlement : je veux prolonger l' état d' urgence jusqu' à l' élection présidentielle .

La France a été parmi les négociateurs , le pays qui a été le plus exigeant et le plus déterminé à en faire l' évaluation et la vérification car il ne s' agit pas simplement de faire un accord pour que l' Iran ne dispose pas de l' arme atomique , faut -il encore s' en assurer tout au long du processus . La France a donc réussi , et je remercie Laurent FABIUS , il était le négociateur français , à poser ...

Non , ce n' est pas que nous avions du mal à être dans la négociation , nous étions dans la négociation , notre position n' était pas forcément partagée , elle l' a été . Cet accord nous donne donc toutes les sécurités pour permettre justement cette évaluation . Les Etats-Unis pourraient avec Donald TRUMP remettre en cause cet accord ? Je ne le crois pas .

Je ne veux pas revenir sur ce qu' il a pu dire dans la campagne mais je sais que là il y a un principe de réalité , cet accord nous donne des garanties . L' absence d'accord serait plus grave parce que l' absence d'accord - imaginons qu' il puisse être déchiré par l' une des parties - cela laisserait penser que l' Iran pourrait continuer ses recherches ...

L' intérêt de tous et de la sécurité notamment dans la région mais aussi la nôtre , je parle très directement , c' est la nôtre qui est en cause , c' est que l' accord avec l' Iran puisse non seulement être confirmé - il n' a pas besoin de l' être , il l' est - et ensuite qu' il soit vérifié , évalué .

Pour l' instant il n' y a pas eu de discussions , je vous réponds , je n' ai pas eu de discussions sur le fond avec Donald TRUMP parce que lui-même a dit qu' il était ouvert à un travail en commun mais qu' il ne prendrait ses décisions qu' une fois ses équipes constituées , son administration en place .

C' est à lui de le dire mais il ne le dira qu' une fois qu' il sera rentré en responsabilités .

J' ai compris en tout cas dans la conversation que j' ai eue - qui n' a pas duré plus de 10 minutes -qu'il était dans une phase d' apaisement , de recherche de travail en commun avec ses partenaires et de constitution d' une équipe aussi solide que possible autour de lui . Par ailleurs , je vais vous donner quand même ce que vous savez , qui n' est pas une information , c' est que le Président des Etats-Unis ne décide pas seul , il y a un Congrès , il y a une Chambre des représentants , un Sénat et ces parlementaires-là ont des objectifs qui ne sont pas forcément ceux que Donald TRUMP avait pu évoquer dans la campagne . A chaque fois que la liberté de l' information est mise en cause , c' est pour nous la France un sujet d' alerte , nous l' avons dit . Ensuite , par rapport à la République démocratique du Congo il y a une Constitution , elle doit être respectée , il y a une fin de mandat , elle doit correspondre à une fin de mandat . J' ai cru comprendre qu' elle avait souhaité sa victoire , la victoire de TRUMP mais je pense qu' il faut essayer de comprendre ce qui s' est passé aux Etats-Unis comme ce qui s' est produit aussi au Royaume-Uni avec le Brexit . Il y a une tentation protectionniste et isolationniste dans un certain nombre de pays , là ce n' est pas n' importe pas quel pays , les Etats-Unis , première puissance économique du monde , qui est généralement regardé comme le continent qui tire le plus d' avantages de la mondialisation . Là est le paradoxe . Le Royaume-Uni dont on nous disait que l' économie était plutôt dynamique avec une City florissante fait le choix aussi d' une certaine façon de l' isolement en quittant l' Union européenne . Cette tentation existe donc dans tous les pays européens ou développés , elle existe en France , je le sais , je vois bien qu' il y a , et un certain nombre de familles politiques - vous en avez cité une , le Front national , l' extrême-droite - voudraient que les Français se replient sur eux-mêmes , se ferment par rapport à l' extérieur . Je ne dis pas qu' il ne faut pas contrôler , nous contrôlons nos frontières , je dis qu' il ne faut pas avoir pour la mondialisation une sorte de naïveté et d' innocence qui confinerait à une forme d' irresponsabilité et d' impuissance !

Ce qu' il faut c' est être capable de pouvoir donner un avenir à notre pays qui ne soit pas celui de la fermeture , mais qui soit celui d' une ouverture à partir de nos forces . Parce que nous avons intérêt , nous , la France , à pouvoir jouer tout notre rôle dans le monde , à faire en sorte que nos entreprises puissent prendre des marchés et puissent exporter partout dans le monde , que nous ayons des investissements qui puissent venir dans notre pays , que nous puissions être les meilleurs et nous le sommes dans beaucoup de domaines , sur le plan de la technologie , que notre culture puisse être portée partout dans le monde . Je refuse donc cette solution du protectionnisme , du rejet de l' autre et du repli .

En même temps , je pense que nous devons être davantage dans le renforcement de notre excellence productive . C' est pour cela que j' ai pris les décisions que j' ai prises , notamment sur le pacte de responsabilité et le soutien aux entreprises , l' innovation , la recherche . Parce que c' est l' essentiel . Parce que je ne veux pas d' une économie faible . Quand on a une économie faible , on ne peut pas avoir une diplomatie forte .

Vous comprendrez bien que je ne ferai pas de commentaire sur ce qui est une possible annonce .

Je vais vous dire ce que je ressens , dans le moment où nous sommes , à partir des situations que nous avons regardées en face ensemble , des menaces qui existent , du danger que nous pouvons courir , y compris à l' intérieur . L' enjeu , c' est le rassemblement , c' est la cohésion .

Si elle n' est pas rassemblée , elle ne pourra pas être au rendez-vous .

Ma responsabilité comme Président de la République , c' est comme Président de la République que je m' exprime et pas dans un autre cas de figure ou une autre situation . Je m' exprime en tant que Président de la République . Pour la France , c' est la cohésion qui va être l' élément essentiel . Si la France se divise , si la France se fragmente , si la France se désunit , au moment où elle fait face à tant de menaces , mais aussi où elle porte , la gauche fait partie de la France - au moment où elle a autant d' atouts , on le voit bien et autant de places à prendre , je la prends ici à l' occasion de cette Conférence sur le climat - alors , la France déclinera .

Je vous l' ai dit et je n' irai pas plus loin , ce qui compte , ce n' est pas ma personne . C' est le pays et c' est le rassemblement .

Toutes les informations dont nous pouvons disposer par nos services de renseignement ou par l' action de nos forces armées , nous les livrons à la justice . Toutes les informations .

J' ai dit aussi autre chose , qu' à chaque fois que nos ressortissants seront attaqués , que nos soldats sont atteints , sont visés , sont ciblés - c' est encore le cas au Mali - nous cherchons les coupables et nous faisons en sorte de les neutraliser . C' est ce que font nos forces armées .

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