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Emmanuel Macron - 16 décembre 2021

Interview Macron, LCI


Bonsoir , d' abord parce que je pense que c' est utile et que dans ce moment où l' année tourne sur ses gonds , il est bon de voir où notre pays se trouve . En effet , comme vous l' avez dit , face à cette épidémie qui nous touche depuis bientôt deux ans . Et plus largement d' essayer de récapituler un peu le chemin fait et ce vers quoi notre pays , notre Europe vont . Parce que si on perd le fil , parfois peut-être se laisse -t -on perdre dans des débats qui sont moins importants que d' autres . Donc je pense que c' est un exercice utile .

Vous êtes journaliste , libre . Nous sommes une démocratie et fier de l' être , donc bien évidemment oui .

J' avais sans doute raison . Mais ça n' a pas été facile pour nous tous . Parce que notre pays a traversé des moments heureux , des moments de succès économiques qui sont encore là d' ailleurs , et on les verra , de reprise , de succès sportifs , artistiques , etc. Mais nous avons traversé des moments très difficiles , des moments d' angoisse aussi et tout particulièrement cette épidémie que , je pense , très peu l' avait anticipée . Donc , oui , c' est normal et je pense , je l' ai plusieurs fois dit , notre époque est marquée par une forme de retour du tragique de l' histoire .

Il faut toujours être prudent en la matière , nous l' avons nous l' avons vu depuis le début , parce que celui qui dicte le rythme et les règles , c' est le virus . Bon , nous sommes au milieu de cette cinquième vague , comme on l' appelle , est donc vous voyez le nombre de cas qui sont à un niveau très élevé . On est sans doute à un pic ou un plateau . Ce qui veut dire que très vraisemblablement entre Noël et le jour de l' an , nous aurons dans nos services hospitaliers , dans nos urgences , beaucoup de COVID et donc une très forte pression sur notre hôpital . Donc ça c' est la source d' inquiétude . Donc je pense qu' on a déjà demandé beaucoup . On va continuer à avancer avec au fond les trois piliers de notre action vacciner vacciner vacciner . C' est le premier pilier et je le dis , je le redis avec beaucoup de force

Oui tout sera mis en place pour que nous ayons … Les aménagements de toute façon sont faits , là - dessus il ne faut pas qu' il ait d' inquiétude . Moi j' invite tout le monde à prendre rendez vous . On tourne a envie . C' est facile . C' est une question d' organisation collective mais vraiment , le maximum est fait par nos soignants . Les centres ont été armés par nos maires . On mobilise nos soignants , nos infirmiers , nos infirmières , les étudiants aussi , les sapeurs pompiers . Comme on l' a fait l' été dernier . Ces derniers jours , on était à environ 700000 vaccinations par jour . Samedi dernier un peu plus de 500000 . Ce qui pour , un samedi , était beaucoup . Donc on est reparti pour beaucoup vacciner . Mais il faut le faire , pourquoi

? Parce que même quand vous avez eu vos deux doses , il est maintenant établi qu' après quelques mois vous n' êtes plus suffisamment protégés contre ce virus qui est en train de revenir avec beaucoup de force et de rapidité . Le plus important c' est que tous nos compatriotes qui ont déjà eu une dose et une infection ou deux doses aillent vers ce rappel . Ensuite de continuer à convaincre celles et ceux qui ne sont pas vaccinés . Il y a un peu plus de 5 millions de nos concitoyens qui ne sont pas vaccinés . Et donc vraiment je les appelle à la responsabilité parce qu' ils ne sont pas protégés et on voit de nombreux cas aujourd'hui dans nos services hospitaliers dans nos urgences et malheureusement dans les décès qui sont des compatriotes qui ne se sont pas fait vacciner , voire qui parfois avait fait défaut on l' a encore vu ces derniers jours .

Je crois qu' entre 5 et 11 ans , on a donné toute la transparence . Les autorités sanitaires ont expliqué que c' était bon , cela protégeait . On voit que c' est un virus qui tourne beaucoup chez des enfants et donc je pense que c' est souhaitable . Après c' est le choix des parents Nous n' avons pas aujourd'hui me d' obligations et je pense que il faut informer les parents . On sait que les enfants ont le virus , on sait qu' il tourne très vite chez les enfants . On sait qu' ils ont rarement des formes graves même si ces dernières semaines on a eu plusieurs dizaines de cas malheureusement d' enfants parfois jeunes qui sont à l' hôpital avec des formes graves . La deuxième chose , c' est le pass , le pass sanitaire qui a été très efficace et qui permet de tenir les lieux ouverts , en particulier les lieux où on va apprendre , où l' on va se cultiver ou on va se restaurer , ces lieux de convivialité , sans prendre de risques parce qu' on a ce contrôle qui est établi . Et puis la troisième chose ce sont des gestes barrières . C' est là qu' on a un peu renforcé les règles pour éviter que dans des salons , dans des lieux où il y avait beaucoup de monde , on est des moments plus risquées parce que les gestes barrière contre ce virus n' étaient plus respectés et donc on va à chaque fois adapter les choses . Vous savez avec les mêmes règles donc sur ces trois piliers , vaccin , pass sanitaire et les règles de restriction , les gestes barrières .

Vous savez nous y sommes quasiment à l' obligation vaccinale quand vous avez plus de 90 % de celles et ceux qui doivent se faire vacciner qui se sont fait vacciner . On regardera avec pragmatisme dans les prochaines semaines . Il est vraisemblable que nous allons aller vers des rappels réguliers . Cette hypothèse existe , bien sûr . C' est qu' on n' en ait quasiment là je le dis encore une fois . Quand on a vacciné 90 % des personnes qui sont en âge d' être vaccinées et qui étaient éligibles , on n' est pas loin de ce moment Mais je pense qu' il faut continuer à avancer dans les semaines qui sont les nôtres avec la conviction . Mais le premier type de rappel c' est celui que j' ai évoqué . Ensuite ce virus comme tous les virus est , parce ce que c' est une forme humaine , il s' adapte , essaye de contourner nos barrières . C' est là qu' on a ces nouveaux variants .

Vous avez raison , il y a une fatigue , mais juste pour que … je vais aller au bout de mon raisonnement pour que tout le monde soit informé . Ces variants parfois peuvent résister un peu mieux et donc là vous avez un autre type de rappel qu' il faut faire qui s' adaptent à ces variants pour les contrer . C' est un peu ce qu' on fait chaque année avec la grippe . Vous avez été vaccinées contre la grippe . Simplement chaque année , elle revient avec une forme un peu différente . Vous devez vous faire revacciner pour être adapté et avoir la bonne protection avec la forme de grippe de l' année en cours . Il est vraisemblable qu' on aille vers cela pour ce virus

Nous sommes vulnérables et on parle du vivant . Et voilà , retrouvons l' humilité qui va avec notre condition . Et donc oui l' humanité ne pensais pas à l' hiver 2020 presque s' arrêter , se calfeutrer parce qu' il y avait un virus .

Je pense qu' il faut à chaque fois trouver la bonne proportionnalité . Je préfère ce terme de société de vigilance ou de responsabilités que société de contrôle parce qu' à chaque fois depuis le début de cette épidémie qu' avons nous fait

? Nous avons agi en citoyen c' est - à - dire d' abord on doit protéger les uns les autres . On a protégé notre hôpital et les plus faibles . Ensuite nous avons toujours débattu démocratiquement . Il y a eu plus d' une dizaine de textes de lois qui sont allés devant le parlement . Et donc nous n' avons jamais perdu ce débat démocratique .

Mais c' est légitime . C' est une force . Mais c' était évident puisque je ne pense pas qu' on aille , je dirais pour toute éternité , avec ce virus . Moi je suis comme vous , je vois la fatigue qui est là , beaucoup de nos compatriotes sont fatigués . Mais je pense que chaque centimètre que nous arrivons à conquérir est utile . Et donc nous maîtrisons aujourd'hui mieux la situation qu' il y a un an . Le virus revient , avec l' hiver c' est normal , plus fort . Nous allons résister , mais il faut continuer de nous vacciner de nous protéger de manière proportionnée . Je me garderai bien d' être … de faire quelques prédictions que ce soit . Je pense , si j' écoute les scientifiques qui nous expliquent , c' est voilà il y a comme ça des vagues . Le virus revient . On arrive à le contrer soit avec des rappels soit parce qu' il y a une immunité collective qui est progressivement acquise . Et puis vraisemblablement il va à un moment donné ou disparaître ou redevenir un virus saisonnier . Virus qu' on connaît . Beaucoup de coronavirus sont des virus saisonniers que vous croisez tous les ans , qui se traduisent en rhume ou autre .

Je veux vous dire très clairement , nous étions conscients que ce virus était redoutable . On l' avait vu progresser en Chine . La ministre de la santé à l' époque avait vraiment alerté . Je dirais même en étant plus alarmiste que ne l' était l' organisation mondiale de la santé à l' époque . Nous nous sommes préparés . Nous avons même été solidaires avec les Chinois . On a vu ensuite ce virus arriver . Je vous le rappelle en Italie . Je me suis moi - même rendu à Naples , je crois en février 2020 et on voyait vraiment la mort rôder . Et on pensait , on a très longtemps pensé qu' on arriverait à cantonner les choses en écrasant le virus dès que des cas apparaîtraient . Ce qu' on avait très bien réussi à faire en début d' année 2020 .

Mais non , pas du tout . Parce que tous les pays au monde ont confiné . La chine qui produisait des masques a confiné avant nous , plus longtemps que nous .

Mais tous les pays du monde … Citez moi un pays qui à l' hiver 2020 ne confine pas . Il n' y en a pas . Et la Suède qui à un moment va essayer cette stratégie , pour revenir d' ailleurs sur celle-ci ensuite , et les masques qui étaient fortement produits massivement en chine ont conduit la chine à avoir un confinement bien plus drastique que le nôtre . Je rappelle qu' à l' époque , j' étais même plutôt attaqué parce que le confinement n' était pas assez dur en France . On disait , regardez les Chinois . Donc je crois qu' il faut beaucoup d' humilité . On a vu à ce moment là en mars 2020 d' un seul coup cette vague arriver , les cas se multiplier . Pourquoi

? Parce qu' ils se sont multipliés en quelque sorte en dessous du radar et d' un seul coup ils sont arrivés à l' hôpital . Je me souviens d' ailleurs du premier cas hospitalier . J' avais été , je m' étais rendu à la Salpêtrière le lendemain du premier décès . Bon et il y avait des débats chez les soignants , on ne savait pas si ce serait si terrible . Et puis en effet vers la mi mars le contact avec plusieurs médecins , spécialistes , urgentistes , pneumologues , virologues m' a conduit à ce qui est … D' abord avoir un consensus . Tout le monde disait on est en train de se faire déborder , tous les pays d' Europe sont en train de se faire déborder , tous les pays du monde et la seule solution , c' est la solution au fond la plus archaïque que nous avons connue il y a des siècles et des siècles

: le confinement qui est encore plus radical que la quarantaine qu' on connaissait . Et on n' isole pas les malades . On ferme tout . Et c' est ce que nous avons fait pendant plusieurs semaines , comme tous les pays du monde . Je ne dirais pas qu' on était totalement démunis parce que là on a le sentiment que la France un pays qui n' était pas solide . C' est pas vrai .

Mais je pense que parfois les impressions ne sont pas justes .

Je ne dirais pas que c' était un choc parce que on l' a vu assez vite . On a surtout compris que comme tous les pays du monde étaient touchés en même temps , c' était ça la difficulté . Ce qui était un approvisionnement régulier n' était plus possible . Parce que moi , je ne vais pas refaire l' histoire . Tout ça a été instruit par des commissions d' enquête qui ont très bien décrit les choses . Il y avait une tradition de stockage des masques qui parce que justement il y a une dizaine d' années , et il faut le dire avec beaucoup de modestie . C' est facile de de gagner le tiercé avec le résultat des courses . On n' est plus au printemps 2020 donc les gens pensaient que c' était impossible à l' époque . Mais dix ans avant on n' avait pas connu cette crise . Je rappelle qu' on se moquait de celles et ceux qui avaient commandé trop de vaccins ou trop de masques . Bon et donc toutes celles et ceux qui étaient responsables de la gestion de crise avaient plutôt mis des stocks au plus près du terrain , avaient mis un peu moins de pression parce qu' on se disait , des masques on en trouvera toujours , on en achète très vite . Ils viennent en 24 heures Et donc , c' est vrai qu' il n' y avait pas de stock de précaution , comme si nous étions en guerre . Et ce qui s' est passé entre mars et mai 2020 , c' est ce que j' ai dit à l' époque aux Français , c' est comme une situation de guerre , c' est à dire que nous avons de tout fermer , mais le monde s' est refermé . Et là où on pensait que ces masques , qu' ils ne valaient rien , ça ne valait plus la peine de produire chez nous , quasiment , parce qu' on les importait si facilement d' Asie . Comme tout le monde , au même moment , on en avait besoin , ils devenaient rares . Et donc , oui , nous nous sommes retrouvés à ce moment -là démunis et ça c' est la deuxième vulnérabilité après celle du vivant que nous avons éprouvée durant cette crise , c' est celle de la mondialisation , c' est la dépendance . N' importe quelle pharmacie , on peut y aller les masses continuent à venir de Chine ou d' ailleurs

Un , la sortie de crise ça ne peut pas être l' autarcie . On va pas refermer la France ou l' Europe du reste du monde parce que nous mêmes nous vendons et on a coeur d' exporter vers le reste du monde donc on va pas se renfermer . Par contre il faut se réarmer entre guillemets pacifiquement . C' est à dire qu' il faut réapprendre à être souverain c' est - à - dire coopérer , être ouverts . Bien sûr qu' on apportera toujours

D' abord quand vous dites les lits , vous avez expliqué vous mêmes dans votre propos , mais j' insiste toujours , ce n' est pas un problème de lit c' est un problème de personnel . Quelle est la situation de l' hôpital

? Malheureusement elles ne datent pas de cette crise , elle est là bien avant . Et d' ailleurs c' est ce qui me conduit dès 2018 a annoncer un plan où je mets fin à quinze années de déflation c' est à dire de baisse du tarif hospitalier , à 15 années d' efforts . On demandait de plus en plus aux hospitaliers . Pour d' abord dire on va former plus de médecins . Fini le numerus clausus et on repart en réinvestissant . Je le fais en 2018 , sans doute trop peu , compte tenu de l' ampleur de la crise qui s' était installée sourdement , du manque de confiance , déjà de l' épuisement oserais -je dire de la perte de sens pour beaucoup de soignants à l' hôpital . Là - dessus la crise arrive en 2020 et je dois le dire , elle a donné lieu à une réaction extraordinaire de la part de nos soignants , des médecins , d' infirmiers infirmières , aides - soignants aides - soignantes , de tous les personnels administratifs . Non ils ont été extraordinaires tout le monde est revenu , des médecins à la retraite . On a mobilisé les intérêts et il y a une solidarité exceptionnelle , un travail remarquable de la médecine hospitalière et de la médecine de ville tout le monde , je dirais , a fait bloc . Et nous avons tenu .

Mais ce que nous avons fait avec le Ségur . C' est en juillet 2020 , nous décidons d' investir 9 milliards chaque année , en salaires . 19 milliards d' investissements , c' est à dire quelque chose que depuis les lois Debré c' est à dire depuis qu' on a construit l' hôpital public , on n' a jamais fait ça . Cela conduit à quoi

? A ce que les augmentations de salaire soit au minimum de 183 euros par mois , parfois 200 , 300 euros pour certains personnels soignants . Par mois . C' est plus qu' un 13ème mois . Donc le quoi qu' il en coûte , il est bien là . La difficulté c' est l' épuisement et c' est un peu la perte de sens . Et donc il nous faut réussir maintenant d' abord à résister à la crise mais surtout à changer l' organisation de l' hôpital qui s' est trop bureaucratisé à travers les décennies . Il faut redonner du pouvoir et de la responsabilité à celles et ceux qui soignent , une organisation plus souple au plus près du terrain et leur permettre au fond de réhumaniser ses tâches . Parce qu' on les a beaucoup trop bureaucratisé à travers le temps .

Mais vous savez , j' ai toujours dit ceux qui disent le «

en même temps

» … non la vie d' un pays c' est la vie d' une nation qui a affronté des moments différents et j' avais un triptyque , libérer , protéger , unifier . Pourquoi nous avons pu protéger durant cette crise

? Parce que nous avions fait le travail , parce que nous avions une crédibilité et une solidité liées aux réformes du marché du travail , à l' attractivité rebâtie . Ce qui fait qu' en mars 2020 quand cette crise arrive , on peut crédiblement dire nous nous avons réformé et nous sommes en train de continuer notre pays mais maintenant on ne laissera personne tomber et j' assume tout ce quoi qu' il en coûte parce que qu' est -ce que nous avons fait durant cette crise . On a dit dès le début , nous allons aider les entreprises pour qu' elles aident les salariés . Et c' est exactement ce qui s' est passé . Des prêts garantis par l' Etat pour que vous puissiez continuer à investir . Du chômage partiel pour que vous gardiez les salariés , l' Etat paye 85 % du salaire au début , d' ailleurs quasiment tous , ensuite 85 % les entreprises essayant ensuite d' aller jusqu' à 100 % du salaire . On a mis en place un fonds de solidarité pour les commerçants , les artisans , les indépendants et nous avons ensuite eu des réponses secteur par secteur , parfois massives , qui pour la culture le sport l' événementiel les restaurateurs . Le résultat il est là . Nous avons aujourd'hui un taux de chômage qui est le plus bas depuis 15 ans .

En cas de crise , quand vous ne pouvez pas agir la question c' est … moi je ne crois pas dans la sauvagerie , je ne suis pas pour la loi de la jungle . Je suis pour la responsabilité , le mérite mais également l' entraide , la solidarité lorsque les coups durs sont là . C' est ça une grande nation et donc nous avons d' ailleurs montré cela

: réformer , croire dans le travail , dans le mérite , d' avoir une économie beaucoup plus forte , ce qui est le cas de l' économie française aujourd'hui par rapport à il y a cinq ans . Et cette force , on l' utilise pour protéger les plus faibles , protéger celles et ceux qui sont exposés , quand une crise est là .

D' abord elle m' a appris comme à nous tous , ce qu' était cette vulnérabilité que j' évoquais tout à l' heure . Et donc cette humilité à laquelle vous devez être confrontés . Ensuite elle m' a … je dirais qu' elle m' a fait sans doute toucher plus directement les inégalités insupportables qui peuvent exister . Et j' ai vécu des moments … à côté de de nos compatriotes , mais des moments qui ont été très marquants pour moi . Quand je suis allé durant le premier confinement en Seine-Saint-Denis pour voir la vaccination . Il y a eu un moment bouleversant où des habitants étaient à leur fenêtre et ont chanté la Marseillaise , alors qu' ils vivaient dans des appartements minuscules et que je mesurais combien pour eux le confinement était difficile . Et j' ai été ensuite voir un maire du département qui est celui qui m' a vraiment éveillé sur les enfants , disant «

moi je suis très inquiet parce que les enfants de la commune je ne les vois plus et je sais d' expérience qu' il y en a plus de la moitié qui , s' ils ne viennent pas à l' école , ils ne mangent pas . Et leurs parents je ne les vois pas parce que , eux , le matin ils vont dans les transports en commun parce qu' ils continuent à travailler , ils nettoient

» Ce sont ces emplois invisibles de notre société . Et c' est ce jour là où j' ai décidé de rouvrir les écoles pour le coup , quoi qu' il en coûte aussi le 11 mai . Parce que je me suis dit que ça c' était aussi protéger nos enfants et qu' on ne pouvait pas laisser cette inégalité . Un autre moment ça a été à Mulhouse quand j' ai vu des infirmières et aides - soignantes que j' avais croisées plusieurs mois avant qui étaient très très dur , quelques mois avant , justement sur la situation de l' hôpital , qui là n' étaient plus dures du tout mais désespérées . Et c' est là que j' ai d' ailleurs fait ce serment qu' on réformerait l' hôpital et qu' on irait au bout et que le Ségur c' est au fond décidé . J' ai vu dans ces moments , les injustices qu' il y a dans notre pays et la force , la force de quelques femmes et de quelques hommes qu' on doit aider pour les relever dans ces moments là . Donc oui je pense que cette période nous a tous changé .

D' abord je … on a le droit de ne pas être la caricature dans laquelle on veut vous enfermer et donc je pense que j' ai jamais été moi , j' ai jamais été ça , je sais d' où je viens . Je viens d' une famille à Amiens justement de médecins hospitaliers , une grand-mère enseignante et donc je sais d' où je viens , quelles sont mes valeurs . Mes valeurs ne sont pas celles d' un président des riches . Je crois dans … je suis ambitieux pour notre pays . Je suis pour l' innovation je suis pour un pays qui est fort économiquement mais je suis pour un pays juste . Mais c' est vrai que lorsque tant de choses vacillent , que le doute est là , on mesure sans doute encore plus fortement et dans sa chair l' importance de ces métiers . Donc oui j' ai appris et sans doute que je suis plus sensible à certaines choses que je l' étais avant . Voyez c' est vrai , je pense que … Je vais vous dire , je pense , je crois sur l' hôpital et les soignants que ce que je dis en 2018 , et l' intuition , est plutôt juste . C' est à dire il faut qu' on arrête avec baisser les tarifs , il faut qu' on change l' organisation , qu' on retrouve de l' ambition et qu' on investisse . Mais je pense que je ne mesure pas assez le sentiment d' urgence avant la crise .

Non d' abord je … chacun a ses qualités , ses défauts . J' assume d' en avoir sans aucun problème . Mais tout ne me revient pas heureusement . Mais quand on vit une crise aussi importante , vous êtes le débiteur de tout . C' est à dire que les gens se tournent vers vous en disant pourquoi ceci pourquoi cela . Donc moi j' aime bien pouvoir maîtriser ce dont je suis responsable ou ce dont on me rend responsable et quand il s' agit de la vie de la nation parce que c' est quand même cela dont il s' agit , c' est normal que le président s' en soucie . Et donc c' est bien d' avoir quelqu' un qui tranche . Après on se tourne vers vous , vous avez bien fait , vous avez mal fait . Mais au moins il y a quelqu' un qui tranche . J' assume mais il faut le faire et moi j' aime bien trancher en comprenant . Mais tout ça ça se nourrit d' une collégialité . Ces fameux conseils de défense qu' on a mythifiés , ils sont là aussi dans notre texte . Et ils font qu' autour de la table des gens qui sont là pour instruire les dossiers , qui rendent compte et des comptes rendus écrits et on instruit la décision . Et puis il y a un contrôle démocratique . Enfin

! on oublie de dire le nombre de débats qu' il y a eu . Je défie quiconque de montrer une démocratie qui a fonctionné aussi intensément que la démocratie française dans cette période . Près d' une douzaine de textes de loi , une douzaine depuis le début de la crise , pour valider les contrôles ou pas avec des débats , des corrections . Et d' ailleurs que ce soit l' assemblée nationale ou le sénat , les deux chambres ont pleinement exercé leur rôle en corrigeant la copie du gouvernement . Par contre , il y a eu des moments où la machine a montré qu' elle était lourde , et vous avez raison . Et ça on doit en tirer les conséquences . On a commencé , on doit bousculer le système . C' est ce qu' on est en train de faire avec la réforme de la haute fonction publique . On n' a pas attendu la fin de la crise pour le bouger parce qu' on s' est aperçu qu' il faut davantage l' ouvrir , davantage la faire circuler . On a besoin d' avoir des gens qui viennent un peu de tous les horizons , qui comprennent le monde , qui ont la qualité de nos fonctionnaires parce qu' on a des hauts fonctionnaires admirables et qui ont tenu l' Etat et qui n' ont pas compté leurs heures pendant toute cette … Moi je veux les défendre et leur rendre hommage ici . Mais nous sommes devenus un pays où la place de la norme et la complexité parfois de celle-ci a pris trop d' importance . Et donc on va réussir à le simplifier . C' est un défi immense .

Certainement pas , non , parce que je pense que je suis arrivé avec une forme de vitalité que j' espère avoir toujours , mais de volonté de bousculer que j' ai encore mais je ne mesurais pas suffisamment deux choses . La première que je regrette mais l' époque est ainsi faite et j' ai pas les règles . C' est que nous sommes dans une société de la décontextualisation . Qu' est ce que ça veut dire

? Vous dites deux mots , on les sort de leur contexte , ils paraissent affreux parce que évidemment ils s' inscrivent dans un propos , une atmosphère , une ambiance et des choses que vous avez dites avant . Et donc on est à l' ère où dans les bandeaux , on vous met entre guillemets des mots , à l' ère des tweets et donc quand on décontextualise ça peut paraître terrible . Le jeune garçon , à quelques mètres d' ici , dans la cour , une journée du patrimoine dans le jardin de l' Elysée , à qui je dis ça . J' ai passé 10 minutes à lui parler . On a le sentiment que j' arrive , que je croise un jeune , et que je lui envoie comme un coup au foie . C' est pas mon tempérament .

Je ne dirais pas parce qu' il y a ça . Ensuite il y a des mots qui qui peuvent blesser , et je pense que c' est jamais bon de … c' est même inacceptable , le respect fait partie de la vie politique . Et donc j' ai appris … Sans doute que j' ai appris … Cette volonté de transgresser , de bousculer , de ne pas céder à une forme de conformisme . Mais puisque vous montrer la photo où je suis avec ce jeune homme . Il me demandait est -ce que vous voulez m' embaucher comme horticulteurs

? Je dis «

peut-être

» , je ne sais pas si on embauche et horticulteurs , je ne suis pas contre . Mais il se trouve que j' avais fait un test auprès de plusieurs restaurateurs , on était avant la crise , c' est encore plus vrai aujourd'hui , il n' y en a pas un qui me disaient qu' ils ne cherchaient pas des gens à embaucher . Je lui dis , vous êtes prêt à changer de job

? Et je dis , je traverse avec vous , et je vous en trouve . C' est vrai .

Non mais on a ce truc incroyable dans notre pays , on adore les mea culpa .

Celle que je trouve , c' est d' autant plus injuste pour moi parce que je me souviens très bien de mon propos , c' est celle où je dis il y a des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien , ça c' est … En fait si vous regardez ce moment qui est je crois est à la station f où je suis devant des entrepreneurs inaugurant ce lieu qui est une pépinière de start up et de gens venant du monde entier . Je passe dix minutes à leur dire , vous êtes entrepreneur , c' est formidable mais au fond entreprendre c' est pas grand chose si vous n' aidez pas les autres et vous ne m' aidez pas à ce que la société tende une main à chacun . C' est ça ce que j' essaie de dire et j' ai cette formule qui en effet quand on la prend comme ça est terrible , parce qu' il se trouve qu' on a pu dire ça de moi ces derniers temps , en disant il n' est personne , il n' est rien . C' est terriblement blessant et je vais vous le dire , j' ai acquis une conviction , il faut bousculer et donc je reste avec autant de volonté de bousculer le système autant .

Mais j' ai acquis une chose , c' est qu' on ne fait rien bouger si on n' est pas épris d' un respect infini pour chacun . Et je pense que dans certaines de mes … dans certains de mes propos j' ai blessé des gens . Et je pense qu' on peut bouger les choses sans blesser des gens et c' est ça que je ne referai plus . Parce qu' au moment où je les fais je n' ai pas mesuré que je blessais . Et donc je garde la même volonté de bousculer les choses , je reste indigné face au système , les lourdeurs du système , la bureaucratie m' exaspèrent , les corporatismes m' insupporte , et quoique président de la république je veux les bousculer .

Je crois pouvoir de le dire beaucoup plus de respect pour chacun .

Est -ce que vous pensez que si vous avez envie de mener une vie normale vous faites ça

D' évidence mais je ne sais pas s' il faut appeler ça la folie . C' est la capacité . Moi je crois beaucoup , c' est la capacité à avoir un idéal pour notre pays et pour nous . La capacité à toujours s' indigner de certaines choses et la ténacité pour que ce soit une réalité . Et parfois vous n' y arrivez pas .

Certains sont en campagne mais votre serviteur non .

D' abord oui et donc il faut protéger la fonction . C' est aussi ce que j' ai appris . Par tempérament je ne me protège pas et donc je vais au contact , je vais au coeur des problèmes , des difficultés et je m' expose . C' est mon tempérament . Je pense que c' est comme ça qu' on arrive à se confronter au réel et a crevé les abcès . Mais il y a des moments où ce que vous représentez , en permanence même , ce que vous représentez est plus important que vous . Faut protéger la fonction à Saint-Martin . J' ai pas tellement de regret de ce moment parce qu' il était très fort , où je croise dans la rue dans ce quartier très difficile de Saint-Martin qui avait été frappé par les terribles ouragans de l' automne 2017 , et j' y reviens quelques mois après . Et là , un jeune m' interpelle , il sortait de prison , sa mère était chez lui , j' ai dit je vais aller voir votre mère . Et donc je suis monté quatre à quatre dans cet appartement et ils ont fait les imbéciles , oui ils ont fait les imbéciles . Mais j' ai été suffisamment naïf pour aller faire cette photo . Donc que voulez vous que je vous dise , je suis plutôt … le moment que j' ai vécu , je pense , pour cette famille , était utile mais je n' avais pas à exposer l' image de la fonction à une époque qui n' est pas non plus ni celle du général de Gaulle ni celle de François Mitterrand , c' est à dire celle du selfie permanents et des réseaux sociaux . C' est aussi ça le monde dans lequel on vit où chaque instant … où chaque instant de relâchement où là aussi on perd le contexte de vue il y a quelque chose qui peut choquer voilà .

Oui , je pense qu' on est toujours confronté au réel . Dans la vie de la nation , il y a des moments de grande joie , d' exaltation , de fierté et des moments de difficulté , de crise ou de doute . Et je pense qu' il faut essayer de garder de la constance .

Ecoutez , on se souvient tous de cet été 2010 . On a parlé d' affaire d' Etat , ce fut plutôt sans doute une affaire d' été . Pas vraiment , pas vraiment regardez , quand est il sorti

? Une affaire d' Etat c' est une affaire où l' Etat lui-même est mis en cause . Protéger quelqu' un ... Bien sûr mais il a été condamné parce qu' il a été traité justement comme tout justiciable . Il a fait appel donc il faut que la justice là aussi suive son cours .

Je ne crois pas mais je ne l' ai pas non plus traité de manière inconsidérée . Mais ce n' est pas Alexandre Benalla qui est attaqué à l' été 2018 par les oppositions , c' est votre serviteur , en disant qu' il y a un système dysfonctionnel à l' Elysée , et qu' on met en place une machine politique . Qu' est ce qu' il en est sorti

? Vous citiez mes prédécesseurs , ça a fait pschitt . Et donc pardon , mais ce n' est pas ce que j' appelle une affaire d' Etat . Après ça a été un moment très pénible et très difficile parce que il attaque d' abord , quand un collaborateur est attaqué , ce n' est jamais agréable , ensuite plusieurs de mes collaborateurs ont été mises en cause . Je crois que la vérité a pu ensuite être établie . Et évidemment quand vous êtes à la tâche , parce que c' est ce qu' il faut voir , vous êtes à la tâche jour et nuit pour essayer de faire le travail , de mener les réformes , ça vient vous percutez . Maintenant je pense que la première chose , Alexandre Benalla n' a pas été protégé , au delà de ce qui devait l' être , c' est - à - dire que les droits de chacun doivent être respectés , mais il a été sanctionné administrativement puis exclu de l' Elysée . Il y a ensuite eu une procédure judiciaire . Elle a suivi son cours et il a été établi qu' il n' y avait pas un système parallèle si je puis dire voilà . Donc je considère que les choses se passent voilà c' est l' histoire .

Non pas du tout parce que j' allais voir l' ensemble des forces de l' ordre pour les remercier de ce qu' ils avaient fait . Les images , il faut toujours , je pense , que ces images viennent d' une partie des gens qui sont en train de crier . Ils sont quelques dizaines , là c' est pas une foule et il y a beaucoup de services d' ordre . Je ne vais pas vous … ce qui est normal quand un président , une autorité se déplace . Donc honnêtement je vais d' un point a à un point b c' est - à - dire de la préfecture , aux forces de l' ordre . Je n' allais pas m' arrêter pour les saluer , voyez . Parce que là ce sont des gens qui honnêtement d' ailleurs ne sont pas représentatifs des gilets jaunes . On pourra y revenir et je ne voudrais pas qu' on résume la crise des gilets jaunes à ces personnes là . Vous avez des gens manifestement violents , un peu perdu et donc je pense qui ne vous incitent pas la discussion . Mais le Puy-en-Velay , ce qui s' est passé à la préfecture , ça c' est instructif . ça c' est un moment très fort de la crise parce que vous voyez ce qui s' est passé dans la vie de la nation à ce moment … Et moi j' ai une pensée émue pour le préfet , l' ensemble des équipes , parce que j' étais deux jours après l' incendie de la préfecture , deux ou trois jours . Et on m' a raconté ce qu' ils ont vécu et les personnels de la préfecture qui étaient là , comme les gendarmes . Ils ont vu des femmes et des hommes qu' il connaissait . Je me souviens très bien de la dame qui était dans l' escalier quand le cocktail Molotov a été envoyé et qui a commencé à mettre feu à la préfecture . Elle m' a dit «

mais je connais le monsieur qui a lancé le cocktail Molotov , sa fille est en classe avec la mienne , il a dit «

vous allez rôtir

» comme des poulets

» en lançant le cocktail Molotov , le feu prenant , le préfet est resté là , avec les gens . Les gendarmes me disant , ils étaient sur des ronds - points , on les connaissait , on leur amené parfois de l' eau . On allait discuter avec eux . Quelque chose s' est passé à un moment qui fait que la foule , laquelle parfois pour citer Hugo trahi le peuple , la foule devient folle . Il y a eu de la violence extrême dans nos rues , dans la société , pendant beaucoup de samedi , de la violence qui a d' ailleurs touché beaucoup de nos compatriotes , des commerçants . Il y a eu de la violence aussi . Il y a des manifestants qui ont eu , je le sais , à subir aussi beaucoup de choses , parce qu' ils se sont parfois exposés , certains ont été violents eux - mêmes . Donc cette période a été une période très dure .

Je ne pose pas les termes comme ça . J' ai eu j' ai été touché , marqué lorsque l' arc de triomphe a été souillée , j' étais marqué parce que je revenais d' un g20 en Argentine . Je suis arrivé dès la sortie d' avion , le matin et j' ai d' abord senti le désarroi chez les commissaires de la flamme qui manière héroïque avec gardé la flamme . La flamme ne s' est jamais éteinte . Mais j' ai vu la violence absurde de celles et ceux qui avaient décidé de souiller l' arc de triomphe , de casser les sculptures du musée qui est dans l' arc . Et ensuite j' ai vu à la fois le désarroi et la colère des riverains . Et ce jour là j' ai eu beaucoup d' inquiétudes pour le pays . Et ensuite le Puy-en-Velay où j' ai senti à la fois le courage de celles et ceux qui tenait la république dans leur préfecture . Mais là aussi leur inquiétude de voir celles et ceux qu' ils connaissaient , qu' ils côtoyaient devenir ainsi violents . Et donc nous avons vécu un moment où la violence est revenue dans la rue , où la violence est chez certains devenus légitimes . Et j' ai vu dans le débat public , des gens aussi , rappelez vous le nombre de décideurs politiques , qui trop heureux de voir le gouvernement en difficulté ont légitimé au début cela . Et j' ai vu à ce moment les esprits se dissoudre . Il n' y avait plus de rapports de force . Tout ça se valait , une espèce de désagrégation même des valeurs . Dans une démocratie , d' abord parce qu' il y a des élections régulières , on n' a pas droit aux discours de haine et à la violence contre les dirigeants . On peut combattre leurs idées mais le respect fait partie … Mais je constate que des dirigeants politiques sont en train de s' amuser à légitimer des formes de violence . Je pense que jamais , je pense que c' est une erreur funeste parce qu' on légitime tout ça , progressivement , de proche en proche . Et donc je condamne avec force toutes celles et ceux qui joue avec cette violence . Les réseaux sociaux …

Je pense que la violence est là dans nos sociétés , qu' elle revient parce qu' il y a du ressentiment parce qu' il y a des peurs , parce que je pense que les réseaux sociaux et l' anonymat qui les accompagnent a désinhibé cette violence et donc nous devons être vigilants . Mais en démocratie si la violence et la haine reviennent alors c' est la démocratie elle-même qui s' effondrera . C' est sûr et donc c' est le premier point . La deuxième chose , à laquelle je crois profondément , c' est que toutes les paroles ne se valent pas . On peut souffrir , on peut avoir une parole . On peut avoir un avis sur l' épidémie . Mais de la crise des gilets jaunes à l' épidémie , nous avons en quelque sorte créé un système où on pense que toutes les paroles se valent . C' est pas vrai . Il y a des gens qui sont démocratiquement élu par le peuple pour porter sa voix . Un député de la république n' est pas l' équivalent d' un manifestant quand il s' agit de parler de la nation parce qu' il a une légitimité démocratique . Chacun a une dignité , celle ci est égale à celle de citoyens mais cette parole ne se vaut pas . Quand un scientifique bien s' exprimer sur l' épidémie , sa parole ne vaut pas celle d' un citoyen ou une citoyenne qui a un avis sur le sujet que je respecte en tant que citoyenne ou citoyen mais qui n' est pas informée par 10 ou 15 ans d' études et une expérience du quotidien . Ces deux principes , la fin de la violence et au fond ce qui est l' autorité et la légitimité , c' est quand même ce qui permet de tenir une démocratie on l' a parfois oubliées dans ces deux moments de crise qu' on a évoqué . Je voulais les reposer ce soir parce que c' est fort utile .

Je pense qu' elle a commencé sur beaucoup de sujets , et je pense qu' on a bousculé des habitudes , des choses qui semblaient irréformables reportées depuis tant et tant de temps . Notre vie économique d' abord . Au moment où je vous parle , on a créé plus d' un million d' emplois malgré ces deux crises énormes . Cherchez dans notre histoire des dernières décennies depuis quand on l' avait fait

? Vous aurez du mal à trouver . J' arrive aux responsabilités , on a entre 250 et 300 mille apprentis chaque année . On va quasiment atteindre cette année 680000 ou 700000 apprentis c' est à dire des jeunes qu' on forme , à qui on met le pied l' étrier . On n' a jamais créé autant d' entreprises , on n' a jamais eu si peu de faillites . Donc quelque chose s' est passée dans notre vie économique , qui est le fruit de cette révolution qui a été à la fois dans les textes , la réforme du travail , la réforme de la fiscalité de 2017 mais également une réforme culturelle qui est le goût du risque .

C' est le début , je pense qu' elle est encore en cours . Notre pays , on le voit bien , est dans un moment de crise mais au sens propre du terme , c' est à dire qu' il y a un monde qui est en train de bouger . Face à la peur quelque chose qui émerge de nouveau . Dans ces moments là il faut réussir à faire émerger le nouveau de manière pacifique et harmonieuse . Nous avons vécu suffisamment de crises pour que j' aie la lucidité de vous dire que tout ça ne se fait pas dans une harmonie parfaite , et c' est normal . Mais je pense que quelque chose est en train de changer qu' il faut continuer d' accompagner , de faire advenir qui est ce futur possible c' est à dire d' avoir une nation forte , entreprenante , qui éduque mieux et qui est plus juste . C' est ça qui est en train d' advenir . Mais le fait que vous passiez ainsi de la crise des gilets jaunes aux réformes dit cela , dit cette difficulté . La crise des gilets jaunes , juste pour peut-être revenir d' un mot sur elle , elle dit quoi

? Elle dit des peurs profondes qu' il y a dans notre société et au delà des violences dont on a parlé , de ce que j' évoquais , c' est à mes yeux le moment où les Françaises et les Français , en particulier celles et ceux qui travaillent , parce que beaucoup des Gilets jaunes ont un travail mais sont mal payés . C' est cette France qui se sent invisibles et elle va sur les ronds - points et elle met des gilets jaunes , cette France , parce qu' elle dit , vous ne me reconnaissez pas . Et ça on peut pas le nier . Et donc on fait pas une révolution en ne regardant pas cela . Et ces femmes et ces hommes étaient souvent , parce que j' ai passé du temps à leur parler , à essayer de comprendre , à écouter , ensuite à faire le grand débat et à cheminer , et aussi à mener cette révolution démocratique qui est en cours , à côté de la révolution économique . Et bien ce sont les femmes et les hommes qui ont des emplois à temps partiel , des caissières et des caissiers , des auxiliaires de vie qui sont payés 800 ou 900 euros par mois , des femmes isolées qui élèvent leurs enfants , des gens qui ont fond disent «

vous ne nous voyez pas , vous ne parlez jamais de nous , notre vie est empêchée et vous voulez faire un monde auquel on ne comprend rien mais qui est encore moins fait pour nous .

» On ne peut pas faire comme si ça n' existait pas et donc pour moi toute cette période qui m' a apporté mais qui est au coeur du projet de la nation c' est de dire , la révolution est possible mais elle doit se faire avec cette France là . Parce que c' est celle qui nous tient , qui nous aide , qui s' occupe de nos anciens , de nos enfants , qui nous fait vivre .

Vous avez toujours une responsabilité quand vous êtes responsabilités , donc oui . Je ne vais pas vous dire que je ne suis pour rien dans les Gilets jaunes . Mais personne n' a vu arriver une telle crise , personne . Soyons collectivement honnête . Mais je pense qu' il y a eu à ce moment là des erreurs qui ont été faites . C' est à dire que la mécanique de l' augmentation du carburant est votée dès 2015 , la taxe carbone etc. Comme c' est voté , on pense que c' est fait . C' est un peu le défaut dans notre pays . La loi est faite , le décret est fait , c' est vrai , c' est une vérité . Et on s' occupe pas suffisamment , moi je suis obsédé par ça maintenant , du moment où ça arrive dans la vie des gens qui voient le portefeuille … qui va toujours dans le même sens c' est à dire qu' on a donné le sentiment , on a pris des décisions qui ont été vécues par nos compatriotes comme étant «

on ne comprend pas pourquoi ils les prennent mais ils viennent nous empêcher de vivre

» . Le tout cumulé . Le 80 kilomètres heure est une bonne décision pour la sécurité routière et tout ce qui a été fait ces dernières années , j' entends les débats qui se trouvent sur ce sujet . Le président Chirac qui a largement contribué là aussi par l' effort qu' il avait fait quand il était président pour réduire le nombre d' accidents de la route à raison . Les 80 km heure étaient une bonne mesure pour réduire les accidents . Simplement , c' est arrivé sans doute à un moment où nos compatriotes n' ont pas compris cette décision ou peut-être elle a été , je dirais , appliquée de manière trop uniforme sur tout le territoire . Il fallait sans doute , ce qu' on a ensuite fait , la laisser à chaque département pour l' adapter aux réalités du terrain . Mais où c' est arrivé , et tout ça est tombée comme à Gravelotte sur nos compatriotes , et ils ont dit , «

ils nous augmentent l' essence , ils nous mettent les 80 km heure , ils nous expliquent qu' on doit changer de vie , qui sont ces gens -là

? Et moi déjà je vis mal , j' arrive pas à boucler le mois c' est ça qui s' est passé et à moment là le lait sort de la casserole

Je ne suis pas sûr qu' il faille chercher la réforme symbole . Ce que je vous disais tout à l' heure , je pense que il faut plutôt accompagner notre pays pour que tous ensemble on puisse réussir face à ce monde qui change . Nous sommes dans un contexte qui existait déjà en 2017 mais qui s' est durci . Celui de tous les risques . Le changement climatique qui impose des décisions fortes , mais d' accompagner ses décisions et donc qui impose une transition écologique et sociale . La guerre économique et d' innovation qu' il y a à travers le monde qui impose si on veut rester une puissance , d' innover fortement et d' être une grande puissance économique , ce que nous n' étions plus . La guerre technologique et numérique qui a beaucoup d' effets y compris anthropologiques où non on ne pense plus , on communique plus , on fait pas de la politique , on ne rêve plus de la même manière .

Vous savez , on a longtemps dit que je n' avais qu' une vision mais pas la culture du résultat . Là vous me dites le contraire . Je prends le même temps . Je crois qu' il faut les deux . Non , j' ai une vision , je l' ai exposé en 2017 , elle s' est affinée avec le temps .

Nous avons réussi à faire quelque chose qui était attendue depuis des décennies en Europe , qui a été ce plan de relance , que je ne qualifierais pas de prudent puisque nous avons décidé pour la première fois d' investir 750 milliards d' euros en les empruntant sur le marché . Nous tous européens . Ce qui est un moment de vraie révolution européenne . Non je crois que il nous faut prendre des décisions fortes qui sont parfois difficiles , ce qui a été fait en début de quinquennat ou ce qui a été fait sur l' assurance chômage n' est pas considéré par tous ceux qui l' ont attaqué comme prudent ou insuffisant . Mais j' essaie de le faire en l' expliquant et parfois en y revenant à plusieurs reprises . La réforme de l' assurance chômage , elle est prise à l' automne 2019 . La crise nous percute . On la reporte parce qu' on a fait cet investissement qu' est le quoi qu' il en coûte , on a ses bons résultats sur le chômage qui me permettent en octobre 2021 de dire on la remet . Et octobre 2021 , décembre 2021 on fait une réforme du chômage qui n' a pas été faite depuis plus de 15 ans . C' est à dire où on change les règles , on rend le travail beaucoup plus incitatif et on dit , faut pas travailler quatre mois mais six mois dans l' année pour avoir droit au chômage . Cela change beaucoup de choses pour beaucoup . Donc continuer les réformes .

Je pense que puisqu' on continue sur la révolution et ce qui est à faire . Je pense que nous avons enclenché depuis 2017 une vraie révolution de l' apprentissage et de l' éducation . Une vraie révolution . Mais quand il n' y a pas de conflit , on pense que ces révolutions ne valent pas . Mais je l' assume et je vais vous en expliquer les termes . Le trésor , et moi je pense que pour les décennies qui viennent , on doit remettre nos enfants , nos jeunes et sujet de l' apprentissage , l' éducation au coeur du projet de la nation parce que si on n' est pas bien formés on ne peut pas être un bon citoyen , on peut pas trouver un travail , on peut pas s' adapter à un monde en changement . Première chose nous avons dit , on doit investir sur les 1000 premiers jours de la vie . C' est pour ça qu' on a réformé le congé paternité pour permettre au père , d' abord pour forcer les entreprises à donner des jours à chaque père mais pour permettre à des pères aussi de prendre un congé qui accompagne les premiers temps de l' enfant . Accompagner les familles dans ces premiers temps de la vie parce qu' on apprend à être parent , on ne le sait pas tout . Et quand il y a des vraies inégalités sociales c' est encore plus difficile d' être parents , et toute une série de mesures sur ces 1000 premiers jours . Ensuite on a rendu l' obligation scolaire à trois ans . On ne l' avait pas fait depuis des décennies et très longtemps , on était à 6 ans . Il y avait 10 à 15 % des enfants qui n' allaient pas à l' école , du tout , les plus modestes souvent . Maintenant ils vont à l' école des trois ans depuis la rentrée dernière et on a réinvesti justement dans notre maternelle pour accompagner partout dans les endroits de la république où il y a de la pauvreté , ces zones d' éducation prioritaire . Nous avons dédoublé les classes de cp , ce1 et on commence à en voir les résultats . C' est le moment où on apprend à lire , écrire , compter et se conduire . Et là on a des vrais résultats et on est en train de le généraliser à la grande section maternelle et l' idée est ensuite de le poursuivre . On a mis des tests chaque année pour regarder justement parce que vous regardez la situation . Les tests pisa qui observe nos performances scolaires avaient placé la France dans une situation catastrophique . Ce qui n' était pas possible , à réformer le baccalauréat , l' orientation , réinvestir dans notre université . Et on doit encore aller plus loin . Cette révolution de l' éducation et de l' apprentissage dès le premier jour de la vie mais tout au long de la vie a commencé sous ce quinquennat . Je pense que c' est pour les années et les décennies à venir essentiel . On a donc mis aussi plus d' argent . On devra en mettre davantage parce qu' au coeur de cette révolution , il y à la reconnaissance de la fonction d' enseignant et là dessus il y a des débuts de revalorisation qui ont été faites . Mais il faut , en reconnaissant cette fonction , lui permettre aussi de s' organiser différemment , d' innover et de mieux accompagner nos enfants , nos adolescents , nos jeunes .

Là aussi , j' essaie de me placer dans la situation inverse . Est -ce que vous pensez que j' aurais dû en pleine pandémie relancer une réforme des retraites

? Est -ce que vous pensez que j' aurais dû cet automne relancer une réforme des retraites

? J' ai vu moi tous les représentants des salariés comme des dirigeants d' entreprises , tous ont dit «

surtout pas

» . L' ensemble des indépendants ont dit «

surtout pas

» . Les commerçants on dit s' il vous plaît «

on est fatigué

» . C' est pas une urgence , ça changera pas les six prochains mois , ne le faites pas là . Cette réforme elle est indispensable

Mais dans le temps utile qui est là , au moment où le pays va avoir un débat démocratique à mener en vue des élections présidentielles .

Non c' est une réforme qui aurait pu … Mais je peux vous répondre de manière très simple . S' il n' y avait pas eu l' épidémie au printemps , enfin à l' hiver 2020 , cette réforme qui avait été voté en première lecture avec un 49 3 qui avait été , un article 49 3 qui avait été actionné par le premier ministre , elle serait allée à son terme . C' est évident .

Nous avons besoin de conduire cette réforme , alors je ne pense pas qu' il faille exactement faire la même réforme que celle qui était envisagée , à deux égards . La première chose , il est maintenant clair , tous les rapports objectifs le montre , et contrairement d' ailleurs au moment où j' ai été élu , et où le conseil d' orientation des retraites décrivait il n' y a pas de problème de financement des retraites . Il y a maintenant un problème de financement . Et donc il est clair qu' il faudra travailler plus longtemps Effectivement c' était pas dans le programme parce que c' était pas l' engagement démocratique que j' avais pris en 2017 au vu de ce que encore une fois les experts écrivaient . Cette situation a changé et donc aujourd'hui il est clair qu' il nous faut travailler plus longtemps , premier point . Tout projet de retraite doit … ça c' est le fruit d' un débat démocratique je ne vais pas le préempter ici . Mais je crois que nous tous devons être préparé à l' idée qu' il faut travailler plus longtemps . La deuxième chose c' est que travailler plus longtemps ça ne veut pas dire , ça ne signifie pas la même réalité pour tout un chacun . Nous trois n' avons pas le même quotidien qu' un conducteur poids lourd , qu' une auxiliaire de vie qui fait plus de 150 kilomètres chaque jour , déplace des charges , que quelqu' un qui travaille à la chaîne ou autre . Et donc on doit adapter ce temps de vie au travail , d' une part aux années , aux difficultés de certaines tâches et on doit sans doute repenser ce qu' est le travail des seniors . Ce qui est un vrai défi de société mais faut le faire de manière apaisée mais c' est essentiel . Troisième point il faut simplifier nos règles et je crois que là il faut qu' on aille tous vers une sortie de ce qu' on appelle les régimes spéciaux . 42 régimes aujourd'hui . Alors est -ce qu' il en faut un seul

? Ce qui était mon projet initial . Je crois que c' est trop anxiogène mais je pense qu' il nous faut aller vers un système simplifié , pour la fonction publique , pour les salariés et puis pour les indépendants . On a grosso modo , voilà , 3 grands régimes . Et sortir des spécificités et en particulier tous les régimes spéciaux qui avaient créé avec le temps des inégalités entre les uns et les autres . Je dirais qu' autour de ces trois grands principes on doit construire une réforme qui nous permet de regarder les années à venir . Mais pour faire quoi

? Parce que qu' est -ce que je mets au coeur de la réforme des retraites

? On doit produire plus et moi ce que je crois profondément c' est que notre pays est un pays fort . Et donc on doit tout faire pour qu' il ait un taux d' emploi et d' activité plus important c' est à dire qu' on est plus de jeunes et plus de seniors qui soient sur le marché du travail , qu' on doit travailler plus longtemps pour avoir justement un pays plus riche , plus fort qui puisse financer son modèle social . Parce que comme nous vivons plus longtemps il va falloir travailler plus longtemps . Mais il va falloir aussi accompagner nos compatriotes qui vivent maintenant de plus en plus longtemps dans des situations où ils perdent de l' autonomie . Et il faut une solidarité de la nation

Celle de l' autonomie ou celle des retraites

?

Ca m' incite à continuer à penser , je l' ai dit , j' agirai jusqu' au dernier quart d' heure . Et je ne pense pas , je n' ai jamais pensé qu' on pouvait en cinq ans tout faire . On ne transforme pas un pays en cinq ans et donc je continue à me projeter et j' essaie d' avoir l' esprit de sérieux et donc quand vous me demandez qu' est -ce que vous avez fait je vous réponds en effet des résultats concrets . Mais j' essaie de garder de la vision pour satisfaire monsieur et de dire je projette le pays à 10 ans et j' essaie de dire au vue de ce que nous sommes vers où on doit aller .

C' est tout à fait vrai donc , faut pas mentir aux Français . La situation de la dette en France est une situation qui impose de la vigilance . Maintenant il y a trois façons de l' aborder . Une façon qui consiste à dire , après moi le déluge , génération égoïste , laissons la dette à nos enfants , ils s' en débrouilleront . Ou nous allons répudier cette dette , les gens qui nous ont donné l' argent ne le reverront jamais . Je ne crois pas à cette formule parce que je pense que si c' est le message qu' on envoie , il est irresponsable . C' est à dire que nos enfants auront à la payer mais surtout les gens ne vous font plus confiance si vous faites ça parce qu' ils ne vous prêteront plus d' argent . Donc je ne recommande pas cette option . Il y a une deuxième option qui est l' option que j' appellerais père fouettard . Faut couper tout de suite . C' est ce qu' on a fait depuis 20 ans .

Je ne fais pas de politique .

Ca n' a jamais marché . Ceux qui ont fait ça ont ensuite augmenté les impôts comme jamais . Les mêmes , parce qu' ils ont cassé la croissance . Il y a une 3e option qui est dire oui il faut les rembourser mais moi je ne suis pas pour couper , je suis pour créer davantage . Nous sommes une nation forte , évidemment il faut moderniser , évidemment faut transformer l' action publique . Ecoutez , regardez avant la crise ce qui a été mon mandat , j' ai réduit des fonctionnaires , on pouvait les réduire mais de manière appropriée .

Je vais vous dire il faut moderniser l' action publique pour la rendre plus efficace et donc à chaque fois qu' on l' a rendue plus efficace . C' est ce qu' on a fait . Quand on fait , je le rappelle ce qui n' avait jamais été fait là non plus , depuis des décennies , le prélèvement à la source qui est une réalité sous ce quinquennat , qui a demandé beaucoup de travail … il nous a permis de réduire le nombre de fonctionnaires parce qu' il y a derrière quelque chose qu' on modernise et donc on peut ensuite faire la mutation .

Je suis pour un l' Etat plus efficace et donc partout où on peut réduire le nombre de fonctionnaires . Mais d' abord je vais vous dire . Je n' aime pas parler , j' étais déjà mal à l' aise dernière fois , on parle de femmes et d' hommes . Expliquer que le destin de l' Etat c' est de les sabrer , comme si c' était des petits bâtonnets , je trouve ça toujours étrange . Ce sont des femmes et des hommes qui se sont engagés pour servir le public . Bon , après il faut , que l' Etat parce que c' est l' argent du contribuable , c' est notre argent à tous , soit plus efficace . Oui , mais il faut à chaque fois que ce soit une modernisation . Est ce que nos compatriotes veulent moins de services

? Regardez la réalité . Quand on a dit , on va supprimer des militaires , ce qu' on a fait parfois , pour là aussi supprimer … Où sont les fonctionnaires

? Les fonctionnaires c' est l' armée . On a supprimé des militaires , j' ai rouvert des postes . Pourquoi

? Parce qu' on a dû rembaucher des militaires pour tenir une armée complète et crédible . compte tenu de conflictualité qu' on a dans le monde et à l' échelle des nations . On peut pas lutter contre le terrorisme , et dans les conflits si on a une armée qui s' effondre . On était à deux doigts de l' épuisement . La loi de programmation militaire décidée en début de mandat est une loi qui a permis de retrouver notre plein statut et qui de manière inédite depuis là aussi 40 ans , même un peu plus , a redonné aux armées un équipement mais aussi des soldats comme il en fallait . Où sont les fonctionnaires

? L' éducation nationale , vous m' avez dit à juste titre le plus important c' est nos enfants , pour faire quoi

? Réduire le nombre de professeurs

? Faut réussir à innover , faut réussir à ce qu' il y ait plus de temps de professeurs avec les élèves , soit en classe soit en accompagnement , en accompagnant les devoirs . Donc oui on doit améliorer le système . Mais est -ce qu' on peut dire , je peux supprimer la moitié des postes d' enseignants

? Voyons

! Où sont les fonctionnaires

? Les policiers . Ah la belle affaire c' est vrai qu' on les a supprimés . On les a remis en place parce qu' il en fallait sur le terrain et que nos compatriotes à juste titre veulent de la sécurité . Où sont les fonctionnaires

? Les magistrats

? Les mêmes qui nous dit ça nous disent , il faut au moins 9 mille , 10 mille magistrat . Quelle division

? Quel bataillon

? Lesquels

? Où

? Il faut du sérieux donc oui il faut un Etat plus efficace mais c' est pas vrai que le coeur des économies à l' échelle de cinq ou dix ans ce sera dans la réduction du nombre de fonctionnaires . Ce sera pour partie en modernisant l' Etat .

Les candidats font de la politique c' est normal . C' est normal il se prépare à une échéance ils exposent leurs vues . Je vous dis juste comment j' entends conduire aussi longtemps que la responsabilité m' en sera donné la nation .

C' est à dire faut simplement expliquer lesquels c' est ce que je dis , il faut être précis . Je finis juste parce que c' est un essentiel . Pour moi dans la situation où nous sommes , il ne faut pas essayer de tout réduire et de comprimer , il faut du sérieux , comme on l' a fait au début du quinquennat , faire des économies appropriées . Mais il faut surtout construire du muscle .

Pardon , celui des plus pauvres a augmenté , si vous prenez toutes les mesures , personne ne dit qu' il a baissé … Non je prends les statistiques de l' insee qui vous disent que le pouvoir d' achat en moyenne a augmenté , sous ce quinquennat , plus que sous les 2 précédents , malgré la crise . Les plus riches comme les plus pauvres , tout le monde a eu son pouvoir d' achat pouvoir d' achat qui a augmenté , mais ceux qui ont eu le pouvoir d' achat qui a plus augmenté ce sont les classes moyennes . Pourquoi les plus aisés ont eu un pouvoir d' achat qui a augmenté parce que nous avons mis en place un système pour qu' ils réinvestissent . C' est à dire la taxe à 30 % sur l' investissement , sur les gains en capital et la suppression d' une partie de l' impôt sur la fortune pour ceux qui réinvestissaient dans l' économie . Je l' assume totalement .

Oui mais j' essaie de la regarder à la fois de manière humaine mais avec efficacité . Les personnes , nos compatriotes les plus aisés , ils étaient jusqu' à présent , et quelle que soit d' ailleurs les sensibilités politiques , on leur disait c' était mal de réussir . Et donc qu' est ce qui se passait

? Et bien il partait

? Ils allaient investir ailleurs , et c' est aussi pour ça que notre pays c' était désindustrialisé . Quand ils décident de réinvestir dans l' économie française , leur fiscalité a baissé . Je l' assumé , et on en a les conséquences parce que la réalité c' est qu' ils créent du coup des entreprises , ils nous permettent de réindustrialiser et ils contribuent à la croissance de l' économie .

Cette formule qui a été , je vous remercie de faire la publicité de mes opposants , je pense qu' elle est fausse . Je dis simplement qu' on ne réussit pas à construire une force économique et une grande nation si nous n' avons pas des femmes et des hommes qui investissent dans des entreprises . C' est pas vrai et il faut des gens qui investissent dans les entreprises , il faut des gens pour travailler dans les entreprises , c' est comme ça qu' on crée de la richesse et si on ne crée pas de richesse on ne peut pas financer le modèle social c' est à dire on ne peut pas …

Mais moi je n' ai , si vous voulez , moi j' ai pas d' obsession l' égard de l' argent . C' est à dire ni ne l' adore ni ne le hais . L' argent , il y a des gens pour qui c' est très important et des gens qui s' en fiche . Je veux simplement qu' on retrouve la culture de reconnaître le succès et de savoir le célébrer y compris dans l' économie . On sait le faire dans les arts , on sait le faire dans le sport pourquoi ne pas le faire dans l' économie

? Donc j' assume cette politique qui a porté ses fruits parce qu' elle a permis de rendre notre économie plus forte . Mais en même temps je voudrais que vous soyez aussi honnête pour regarder ce qui a été fait , il n' y a jamais eu une telle baisse de la fiscalité , augmentation du pouvoir d' achat pour les classes moyennes . Nous avons pour 17 millions des contribuables les plus modestes , c' est à dire au fond les classes populaires et les classes moyennes qui payent l' impôt sur le revenu . Nous l' avons baissé de 5 milliards , c' est environ 300 euros de pouvoir d' achat gagné par chacun . Nous avons supprimé la taxe d' habitation pour 80 % des ménages . Nous avons mis en place une prime d' activité , elle existait déjà , nous l' avons quasi doublé et augmenté de 100 euros au niveau du smic . C' est là aussi du pouvoir d' achat pour celles et ceux qui travaillent . Pour les plus modestes que vous évoquiez , je dis aussi ce que nous avons fait dans le même temps . Nous avons augmenté de 100 euros par mois l' allocation adulte handicapé , quasiment . Elle est passée , elle était un peu plus de 800 euros , elle est passée à plus de 900 euros . Le minimum vieillesse pareil . Et donc nous avons accompagné les personnes qui étaient en fragilité et qui étaient dans le dénuement en augmentant justement ça . Nous avons porté , c' est en train d' être une réalité aujourd'hui , la retraite agricole à 1000 euros . On avait parfois certains de nos agriculteurs qui avaient des retraites qui était à 800 , même moins qui avaient travaillé toute leur vie . Elle sera maintenant à 1000 euros . Donc pour les plus modestes , nous avons une action aussi résolue avec un vrai investissement de la nation .

Non sans doute pas exactement . Je vais vous dire sur ce sujet qui est un sujet important pour moi parce que je les plaçais au coeur de ce quinquennat .

Quand j' ai lancé ce nouveau mouvement qui était En marche , vous en souvenez peut-être à l' été et à l' automne 2016 , nous avions conduit ce qu' on appelle cette grande marche où on allait demander aux gens leurs préoccupations , leurs attentes , à l' époque plutôt , je dirais sous l' amusement collectif , on trouvé ça un peu bizarre , étrange , on n' avait exposé , je m' en souviens comme si c' était hier , en octobre 2016 , à Strasbourg , les premiers résultats , la première chose qui ressortait c' était le sentiment d' insécurité des femmes dans les transports . Tout le monde a crié à l' anecdote , «

eux c' est des fous si c' est ça leur programme circulez

» . C' était bien avant Metoo . Donc ce sujet , c' est une réalité depuis longtemps et nous l' avons véritablement pris à bras dès le début du quinquennat . En mettant en place là aussi des mesures très claires et donc moi je me félicite et j' accompagne et je soutiens cette libération de la parole . Mais surtout je n' en reste pas là . Qu' est ce qu' on a fait

? On a formé des policiers , des gendarmes parce que bien souvent les femmes qui parlaient , elles disaient , «

je vais au commissariat , on me dit fait une main courante

» . Il y avait une forme , pas de déni mais on prenait , on considérait que ce n' était pas un sujet important . Fini

! On a mis en place … il y a avait une association formidable sur 39 19 qui mettait cette plateforme pour les femmes victimes de violences . Maintenant on a passé , comme je m' y étais engagée , elle fonctionne 24 heures sur 24 , 7 jours sur 7 . On a mis en place des systèmes d' alerte y compris dans les pharmacies , dans certains supermarchés pour que ces femmes qui ont peur parce qu' elles subissent le pire chez elles puissent prévenir , envoyer des signaux . On a investi pour , là aussi , mettre en place des téléphones graves - dangers , des bracelets , mettre en place mille hébergements d' urgence , éloigner le plus souvent possible ces conjoints violents . Donc il y a tout un système qui est en train de se mettre en place . La parole s' est libérée , elle doit continuer de se libérer mais il y a aussi un changement profond de notre société qui doit l' accompagner et qui est celui qui doit permettre à une femme qui subit ces violences dans l' intimité , parfois la torture je dirais morale , l' emprise qui peut exister dans ces situations là , de dire et de comprendre que c' est elle la victime et qu' elle n' a rien à se reprocher . Et ensuite que le système fonctionne .

En 2018 , j' ai fait comme à chaque fois quand il y a des accusations contre un ministre et avec le premier ministre de l' époque nous avons vu Nicolas Hulot . Il a nié avec beaucoup de force , il nous a dit tout ça n' existait pas .

Comme vous l' avez noté , cette plainte elle avait été classée et donc il n' y avait pas d' affaire judiciaire . Il n' y avait rien d' enclenché . On a tout de suite regardé s' il y avait des sujets dont nous avions à connaître … la justice ne nous a fait connaître aucune procédure en cours et nous avons eu un homme manifestement blessé , qui a nié totalement et qui a dit tout ça est une calomnie et c' est faux . Et donc il est resté ministre parce que quel est l' autre choix que nous aurions pu faire

? C' est là où je vous le dis en toute honnêteté . Les ministres ont les mêmes devoirs que tous les autres citoyens mais ils ont aussi les mêmes droits et la présomption d' innocence est un droit . S' il y avait eu une procédure judiciaire en cours avec une plainte instruite qui avait établi des faits , s' il avait été condamné , si nous avions eu à connaître de fait qu' il aurait reconnus , alors à coup sûr nous aurions pris une décision . C' est un sujet trop important et qui est un engagement , je dirais personnel auquel nous croyons . Ca n' était pas le cas .

On ne peut pas regretter quand on ne sait pas tout . On ne peut pas regretter et je pourrais vous dire «

j' ai regretté parce que j' anticipais pas qu' il allait démissionner un matin , sur une radio sans m' informer .

» Bon , c' est la vie . Non j' ai pas de regret . Je suis sur ce sujet intraitable . Je suis sur ce sujet engagé mais de là où je suis , je veux aussi que la justice puisse se faire de manière apaisée . Il faut faire très attention en particulier quand on parle de responsables publics , à ce que la présomption d' innocence soit préservée parce que si dès qu' il y a une rumeur ou dès qu' il y a une accusation qui peut être légitime , qui peut être vraie sur la base d' une accusation , vous dites c' est fini . Alors à ce moment -là il n' y a plus de vie en société possible . Il faut que la justice puisse faire son travail . Il faut prendre très au sérieux ces accusations . Il faut les instruire . Il faut que la justice fasse son travail de révélation de la vérité et qu' après les bonnes décisions soient prises . Voilà je pense aussi que c' est ça qu' il faut faire .

Je ne ferai pas de hiérarchie . C' est un moment de sidération je pense qu' on a tous vécu parce que le la mort d' un enseignant parce qu' il enseigne est intolérable dans une société comme la nôtre , où l' école a tant fait pour forger la nation et la république . Mais là , la forme qu' a pris cette attaque terroriste , oui , a été une sidération terrible , ça a été un moment , je pense , qu' on a tous vécu comme terriblement douloureux et j' ai eu une grande fidélité et un attachement tout particulier à la famille de Samuel Paty . , Ce sont des gens remarquables , et voilà c' est une famille française dans le sens où ce sont des gens qui ont consacré leur vie à s' occuper des enfants , son père et sa mère qui ont élevé trois enfants eux - mêmes , qui s' occupent des autres et Samuel Paty était lui-même enseignant et ce sont des gens admirables . Et donc quand notre pays est touché dans son intimité à ce point , dans ce qu' il a de fort dans ses valeurs et avec autant d' injustices , de cruauté et d' abject , par une forme de conspiration de la haine et du fanatisme évidemment vous avez de la tristesse , et vous accompagnez . Et dans le même temps , nous avons continué d' agir , parce que nous n' avons pas attendu ce jour là pour agir et donc la lutte contre , justement cet islamisme radical , cette utilisation d' une religion pour la haine et pour porter un obscurantisme dans notre pays , nous l' avons commencé avant .

Je vais vous dire , je ne crois pas , je ne le veux pas et je pense que nous triompherons . Nous triompheront parce que la pulsion de vie triomphe toujours sur la pulsion de mort . Mais nous avons un combat à mener , c' est un combat . Et la difficulté c' est que c' est un combat qui doit être mené avec détermination mais sans haine . C' est ce qu' on fait depuis le premier jour en mettant en place justement … Nous avons réorganisé la lutte contre le terrorisme ici même , en mettant en place une cellule de coordination , en créant un parquet spécialisé dans la lutte contre le terrorisme , en renforçant les équipes , des services de sécurité qui ont permis de déjouer ainsi plus d' une trentaine d' attentats sur notre sol . Mais à côté de cela , vous avez raison de dire , qu' il y a au sein même de la société des femmes et des hommes qui au nom d' une religion sur la base de ressentiments contre la république ont appris à leurs enfants qu' il fallait haïr cette république et que leur avenir était dans un projet d' obscurantisme . Ce qu' on appelle parfois l' islam radical . C' est autre chose que combattre le terrorisme . Je les distingue bien mais l' un peut conduire à l' autre . Il peut le nourrir . En tout cas il entretient une ambiguïté . Nous avons mis en place une série justement d' actions très concrètes que nous déployons avec force , des contrôles contre les associations qui font ce travail . Nous en avons contrôlé des milliers et fermer plusieurs centaines de contrôles contre des mosquées . Et là aussi de manière inédite plusieurs ont été fermées . Des contrôles , je dirais , pour regarder si les écoles respectent les lois de la république , et là sur ce sujet nous avons très clairement fermé aussi des écoles , alors même que notre loi ne permettait pas de fermer ces écoles précédemment . Mais qu' est ce qu' il faut faire

? Il faut convertir les esprits et donc c' est bien un combat culturel , civilisationnel . Pour ça il faut être intraitable à l' égard de ces gens , j' ai pas d' autres termes , qui utilisent ces messages de mort et qui veulent saper la république en son sein . Et dans le même temps , il faut aussi qu' on arrive à convaincre tous ces jeunes que leur avenir c' est la France et la république . Et c' est là où je dis qu' il faut pas combattre avec de la haine . Il faut que chacun de ces enfants comprennent que la nation fait tout pour qu' il ait sa place , que c' est elle qui lui apprend , qu' il lui donne la possibilité de s' émanciper , qui va lui donner un travail , qui lui donne la dignité . Et il faut éviter à tout prix l' amalgame entre ce projet de division , ce projet que j' ai appelé de séparatisme , et l' islam . Parce qu' il y a des millions de nos compatriotes qui sont des citoyens tranquilles qui aiment la république , qui respectent les lois de la république et qui croient dans une religion qui est l' islam . Et il faut les respecter . Il faut qu' ils puissent vivre dignement et calmement dans la société , et c' est tout ça , c' est ce qu' on appelle la laïcité . C' est ça la laïcité .

Il y a une tension dans la société qui est là parce qu' il y a des peurs d' abord . Et ces peurs se nourrissent évidemment du terrorisme au premier chef puisque beaucoup de ces actes terroristes des dernières années ont été faits au nom de cette religion . Et c' est ce que nous combattons comme j' essayais de l' expliquer , lutte contre le terrorisme mais aussi lutte contre l' islam radical , même si je n' écrase pas l' un sur l' autre . Et c' est aussi la peur de l' autre , de la différence .

Mais je pense que la pire des choses face aux peurs c' est de jouer sur les ressentiments et de les exalter . C' est ce que font certains . Vous me demandez quel est le message que j' ai pour nos compatriotes qui croient en l' islam . Mon message c' est tout simplement d' être pleinement citoyennes et citoyens de la république , et rien d' autre . Le président de la république n' a pas d' autres messages à avoir à leur endroit , et c' est ça la laïcité . Ce que je veux faire comprendre , la laïcité ça n' est pas l' effacement des religions , ça n' est pas le combat contre telle ou telle religion , c' est faux . C' est le respect de la dignité de chacun . Le fait que chaque citoyen , chaque citoyenne peut croire dans une religion ou ne pas croire , mais qu' il est demandé à chaque citoyen et chaque citoyenne de respecter absolument toutes les lois de la république . Qu' en tant que citoyenne ou citoyen , il ne peut pas invoquer sa religion pour dire ça je n' en veux pas , la république je ne la respecte pas , ça jamais . Mais par contre qu' il puisse vivre de manière apaisée en respectant nos lois , nos règles , sa religion et des millions le font . Mais il faut réunifier la société sans aucune naïveté mais sans diviser . Ce qui divise affaiblit parce que vous n' allez pas expliquer à plusieurs millions de nos compatriotes le problème c' est vous , ça je n' y crois pas .

Je vous coupe la parole mais j' ai l' esprit d' escalier comme on dit chez moi , parce qu' à vous écouter , vous me parliez de Joséphine Baker et ses propos . J' ai regardé avant de venir vous rejoindre mon courrier et j' ai eu un petit mot , ça arrive très souvent , d' une école qui était là pour Joséphine Baker . C' est d' ailleurs vous avez vu écrit beaucoup mieux que moi que je ne sais écrire , ce sont des élèves de cm1 cm2 . Ils ont écrit un texte pour Joséphine Baker , superbe , et ils ont signé avec toutes les couleurs avec leur prénom . Noël , Sébastien , Milla , Cheikh Mansour , Faustine , Héloïse , Kenza , Daniela , Guillaume , Livi , Emma , Ryan , Karam

: ces enfants m' ont écrit une lettre qui est une lettre d' écoliers comme on en rêve . «

Joséphine Baker est un exemple pour nous , enfants de la république . Son parcours nous apprend qu' il faut agir contre les injustices de la vie . Persévérer , ne jamais abandonner et défendre les droits de l' homme et du citoyen

» . Est ce qu' un de ces enfants peut sans doute … un de ces enfants , plusieurs , ont pour religion l' islam

? Ce n' est pas mon problème . Pas plus que le problème de leurs enseignants mais tous ces enfants sont mus par le même rêve , la même volonté d' aller de l' avant , c' est à dire un commun qui est le nôtre

: la nation française et la république . C' est ça ce qui nous unit . Et aimer ce commun qui est le nôtre , ça n' a jamais été dans notre histoire expliqué à des femmes et des hommes qu' il n' y avait pas leur place . C' est de reconnaître quelle que soit leur religion , quelle que soit la famille où ils sont nés et parfois quel que soit le sang qui coule dans leurs veines , vous l' aimez . Vous avez d' abord des devoirs . D' abord des devoirs . Joséphine Baker dit cela , d' abord des devoirs . Ce qu' on a parfois , vous savez , oublié , ce qui nous affaiblit , c' est quand on croit qu' on a surtout des droits et qu' on pense que le problème c' est l' autre . Si nous devenons une nation de citoyens individualistes qui pensent qu' ils ont avant tout des droits à tirer , peu de responsabilités et que dès qu' il y a problème c' est l' autre , l' étranger , celui de telle ou telle religion , alors nous irons vers la guerre .

Mais moi , je veux , comme sur l' économie comme sur le reste , quand on parle de la vie d' une nation sur des phénomènes comme celui-ci , mieux vaut d' abord regarder les chiffres et écouter les gens qui savent , qui les décrivent , des démographes . Nous sommes depuis plusieurs décennies , je dirais même depuis la fin du 19e siècle , une nation d' immigration avec une part de cette immigration qui s' est intégré par le travail , d' abord européenne , puis davantage depuis la fin le milieu des années 70 africaine . Elle est là et elle est là parce que nous avons souvent fait appel à elle , cette population , pour travailler pour faire des tâches que les Françaises et les Français ne voulaient plus faire . Elle nous a aidés à construire la croissance de notre pays , à avancer . C' est pour ça que quand j' entends les absurdités consistant à dire «

immigration zéro

» , il n' y a jamais eu l' immigration zéro . C' est pas vrai . C' est pas vrai . La question c' est comment on se remet en situation de maîtriser ce phénomène

? Et là nous avons un problème , faut être lucide . Je ne crois pas au grand remplacement . Il n' est pas là . Ce qui est vrai c' est que ces dernières décennies nous n' avons pas bien intégrés . Parce que notre économie n' était pas assez forte , parce qu' on n' a pas sans doute adapté nos efforts pour intégrer , apprendre la langue , réussir à mieux justement faire ce travail d' intégration , et parce que nous avons aussi une politique qui a consisté à au fond construire des quartiers où on mettait toutes les difficultés au même endroit . Et donc on a ségrégué notre pays , on a poussé les gens au même endroit , ça a été trois erreurs . Bon , on est en train de les corriger progressivement et il y en a encore . Tout se tient . On fait pas de politique qui intègre si vous n' avez pas une vraie politique économique . Si vous réindustrialisez le pays , ce qu' on est en train de faire , vous proposez des emplois , vous pouvez intégrer . Si vous éduquez bien et que vous investissez dans l' école , vous pouvez intégrer . Maintenant la grande , l' autre difficulté qu' on a , c' est que depuis quelques années l' immigration augmente . C' est une réalité . Pourquoi

? Parce que vous avez eu des crises politiques et parce que les trafiquants se sont mieux organisés , et contournent nos règles . La réponse n' est pas dire qu' il va y avoir un grand remplacement , c' est d' aider les pays d' origine et de transit . C' est de mieux protéger nos frontières extérieures communes . C' est pour ça que ce que je veux , c' est une réforme de Schengen et c' est de créer véritablement un Schengen politique . Ce qu' on a fait pour l' euro , on doit le faire pour nos frontières . Non mais les frontières de l' Europe ça a un sens . On doit les protéger , on doit mettre plus de gardes aux frontières et on doit casser ces réseaux de trafiquants mais on aura besoin de cette immigration de travail qui est limitée , qui est choisie , qui est maîtrisée pour faire tourner notre économie . Mais en même temps que cela on a besoin d' une Afrique qui réussisse c' est pour ça qu' on a besoin d' aider l' Afrique à financer son modèle , à faire sa transition écologique et ça va être au coeur aussi du partenariat entre l' Europe et l' Afrique . Il faut les deux ensemble si on veut faire face à ce défi .

Alors la délinquance ce moyenne baisse et des violences aux personnes qui augmentent et on a cette insécurité du quotidien qui est insupportable pour nos compatriotes . Insupportable surtout quand on est fatigué par ce virus etc. Donc pour ça il fallait rééquiper le pays si je puis dire . Nous réorganiser , ça met un peu de temps . Donc nous avons déployé les 10000 postes de policiers , de gendarmes mais aussi d' enquêteurs , de services de renseignement . D' ici à la fin de l' année dans tous les départements il y aura plus de policiers qu' il n' y en avait au début de mon quinquennat . Certains y en aura beaucoup plus , il n' y en a pas on en a enlevé . Ce qui est inédit et donc on s' est réarmé pour qu' il y ait du monde sur le terrain . ça ne sert à rien d' avoir plus de policiers si en même temps on n' a pas un partenariat plus fort avec nos communes . Moi je veux saluer le rôle de nos maires qui se sont réengagés de manière exceptionnelle pour justement équiper , mettre de la vidéo protection avancée , on va le faire aussi à Marseille , partenariat pour que la sécurité soit là au quotidien . Mais à côté de ça , il faut aussi investir dans la justice . Ce qu' on oubliait à chaque fois . On n' est pas au bout de nos peines , c' est pour ça que j' ai lancé ces états généraux . Là aussi , notre justice souffre de décennies de sous-investissement . Mais pour la première fois et c' est le premier ministre à qui faut d' ailleurs rendre hommage de cela , il y a un peu plus d' un an , il a décidé d' investir massivement en augmentant de 30 % le budget de la justice avec le Garde des sceaux . Ce qui est insupportable , c' est quand vous êtes agressé et qu' il n' y a pas suffisamment de policiers sur le terrain ou pire encore que le policier est là mais que le lendemain vous voyez le délinquant qui est à nouveau dans la rue . Et que deux mois après on lui fait un rappel à la loi . On a supprimé le rappel à la loi . La victime se dit au moins je suis respectée , on a répondu , le policier ou le gendarme a le sentiment qui fait un travail utile et c' est le but de sa vie , et le magistrat peut répondre qui en incarcérant beaucoup plus rapidement qui en procédant à une sanction en particulier un travail d' intérêt général par exemple si c' est mineur dans les délais les plus rapides . Ce travail est en cours et il est essentiel parce que on ne peut pas aller voir nos concitoyens en leur disant vous avez l' impression , c' est un sentiment , mais ce n' est pas une vraie insécurité . L' insécurité elle est là à chaque fois qu' on se fait voler une bicyclette , à chaque fois que votre épouse se fait agresser quand elle rentre dans l' immeuble , à chaque fois que vous subissez ce qu' on appelle une incivilité . Mais tout ça ça vous rend le quotidien insupportable , il faut le régler .

Non , d' abord en l' espèce il faut reconnaître au président Biden qu' il a lui-même dans sa conférence de presse reconnu que les états unis d' Amérique se sont comportés d' une manière qui n' était pas approprié , et inélégante . Remettons les choses en perspective , la puissance d' une nation et son rang ne se juge pas uniquement à l' aune d' un contrat d' armement et d' un contrat industriel .

Si c' était le cas je pourrais vous dire que nous n' avons jamais eu un tel rang avec le rafale qui est le plus grand contrat industriel français de notre histoire . Jamais pour la part de l' industrie française nous n' avions eu autant . Jamais . D' abord vous m' interrogez sur le contrat australien . C' est une forfaiture . Ce n' est pas le sujet du rang de la France . Les Australiens nous ont fait une mauvaise manière industrielle et stratégique . Nous avons répondu de la manière la plus ferme et ce sera dans la durée que ça se consommera , croyez -moi . Les Australiens se sont mal comportés . Pas les Australiens qui est une grande nation qui a été à nos côtés durant les conflits mondiaux . Moi je n' oublie pas les Australiennes et les Australiens qui étaient dans ma Somme natale et qui sont venus mourir à des milliers de kilomètres de chez eux pour libérer notre pays . Non , ce gouvernement et le premier ministre se sont mal comportés . C' est une certitude .

On n' est jamais bon juge de soi - même mais j' ai appris . Nous avons appris tous ensemble et nous avons résisté . Donc ces cinq années , ont été cinq années de joie , de travail sans relâche , mais aussi de crises , de moments , de doute , de difficultés . Moi j' ai appris aux côtés des Français .

Sans doute à mieux les aimer . Sans doute à avoir … J' ai plusieurs discussions avec Hubert Germain à la fin de sa vie , qui est le dernier compagnon de l' ordre de la libération , qui était un homme formidable et dès que le général dit au sortir de la guerre , il faut avoir une extraordinaire ambition pour ce pays , il faut avoir beaucoup de bienveillance . Et j' avais parlé beaucoup de bienveillance en 2017 mais parfois j' ai été , j' ai été dur , j' étais impétueux etc. Et alors que j' ai toujours eu cette énergie pour les Françaises et les Français , et pour essayer de faire avancer les choses , j' ai appris à être , à vivre avec , à vivre les peines et du coup a aimé mieux , avec plus d' indulgence , de bienveillance et voilà . On a traversé cette période ensemble .

La dernière idée personne ne dit rien . Voilà c' est une mosaïque de perceptions , chacun voit à l' aune de ce qu' il ressent et je le respecte . Ce qui est vrai , c' est que sans doute de manière un peu inédite dans notre histoire les Françaises et les Français m' ont choisi et j' étais pas connu . Et donc quand le monsieur dit on sait pas encore ce qu' il pense , parce que donc nous avons appris à nous connaître dans un moment

Que j' assume totalement en ce qu' il n' est pas flou , en ce qu' il est juste . Je crois ce que j' ai essayé de vous démontrer tout au long de cette discussion , à ce qui est efficace et juste . Moi je crois qu' on peut réformer le marché du travail , faire des mesures où on ouvre les choses et en même temps former et investir . Et donc je crois à ça parce que je pense qu' on a le droit de ne pas choisir entre

Mais deux choses , je finis la réponse . Au fond de manière inédite dans notre histoire , je suis arrivé dans la vie publique et politique française en 2014 c' est à dire il y a 7 ans , ça n' est jamais arrivé . Mes prédécesseurs , quels que soient leurs chemins , leur histoire politique avaient en quelque sorte été dans la vie de nos compatriotes depuis des décennies quand ils devenaient président . Donc leur image était là , leur perception . Ils étaient familiers . Je dois bien reconnaître que quand j' ai été élu , je n' étais pas familier pour nos compatriotes . Donc nous avons appris à nous connaître . Et donc parfois d' ailleurs les erreurs que vous faites , parfois les décisions que vous prenez sont surinterprétées . Quand j' ai été élu , je suis plutôt quelqu' un d' affectif , mais qu' il cache , je suis plutôt quelqu' un de très humain , je crois . Mais quand j' ai été élu , j' aimais la France et aujourd'hui je peux vous dire je l' aime encore plus follement . Mais j' aime les Françaises et les Français . Et ça je l' ai construit y compris dans les moments où j' ai trouvé qu' il y avait de l' injustice , mais dans les moments de doute où j' ai vu des ressorts extraordinaires , où j' ai vu une dignité folle . Nous sommes un peuple qui dans un moment que nous vivons qui est incroyable , faire confiance à un jeune homme de 39 ans . Nous sommes un peuple qui , bousculé par tout , tient , tient et continue d' avancer . Et nous sommes un peuple qui va avancer . Et la décennie qui vient , vous verrez , elle sera à nous . Parce que nous avons cela , nous sommes le pays de tous les possibles . C' est pas le pays du doute , de la haine de soi , du ressentiment . Il y a eu toujours ces … Mais c' est ça la France . Nous avons ça en nous .

J' ai bien senti que c' était votre obsession pour essayer de me faire dire quelque chose .

Quand on veut faire la révolution … Je vais vous dire . Si votre question est «

est -ce que vous vous projetez , vous avez de l' ambition pour le pays , les Françaises et les Français au delà du mois d' avril prochain

» . D' évidence , d' évidence . Mais au moment où je vous parle je regarde simplement dans quel état est notre pays . Il est confronté à nouveau à cette épidémie avec laquelle nous avons commencé notre discussion , bousculé par cette crise , et donc je me dois dans un moment où il y a beaucoup d' agitation , beaucoup de ressentiment , prendre encore des décisions peut-être difficiles . En tout cas passer ce cap de la cinquième vague et donc oui j' ai de l' ambition pour notre pays , l' envie de faire et j' ai appris à aimer . Mais le moment où nous nous parlons est un moment où je dois encore assumer la responsabilité qui est la mienne , l' assumer dans la fonction qui est celle de président de la république . Et il faut aussi que dans mon for intérieur , in petto , consolider . Voilà quelques éléments avant de vous donner une réponse sincère et ferme .

Moi je ne sais pas ce que seront les prochaines semaines , je le dis avec beaucoup d' humilité . Je sais une chose c' est que si j' étais aujourd'hui un candidat comme les autres , je ne pourrais pas prendre des décisions que je dois prendre là maintenant , compte tenu de ce qu' est la situation sanitaire . Et je pense aussi que quand on a vécu ce qu' on a vécu tous ensemble , on doit se poser des questions sincères à soi même . Je n' ai pas envie , je veux , je dois aux Françaises et aux Français cette sincérité . Je leur dois de respecter la promesse que j' ai tenue qui est de prendre les décisions y compris difficiles jusqu' au bout . Et je dois de pouvoir prendre les mêmes risques et d' avoir la même liberté . Je vous le disais , moi j' ai pas cumulé des années , des années de mandat . Vous savez je n' étais pas élu dans la vie politique quand je suis devenu président . Je n' étais d' ailleurs pas resté non plus fonctionnaire . J' avais fait le choix de démissionner pour prendre tous les risques , pour pouvoir me présenter aux suffrages des Françaises et des Français . J' ai la même liberté c' est à dire que si je considère que ce que je crois bon pour le pays , ce que je veux faire , je ne suis pas en situation de pouvoir le proposer , parce ce que la situation est ceci ou cela . J' aurais la même honnêteté et d' abord à l' égard de moi - même . Je ne suis pas là pour conserver le pouvoir . Je suis là pour faire et avancer comme je l' ai toujours montré .

Ce que je veux vous dire c' est que je ne suis pas aujourd'hui dans la situation de répondre à cette question à la fois compte tenu du pays , compte tenu de moi - même .

Je ne fonctionne pas comme ça . Le temps viendra où peut-être je ferai le bilan . A coup sûr je le ferai et je me dirais «

j' aurais pu faire ceci ou cela

» mais j' ai essayé de bien faire à chaque instant , et ai -je fais des erreurs

? Oui , beaucoup . Est -ce que je les ai répétées . J' ai essayé de ne pas les répéter , je crois que c' est plus important . Et à chaque fois j' ai essayé de donner le meilleur de moi - même , et de sans relâche faire ce qu' il y avait de mieux pour la France , pas simplement d' ailleurs sur le court terme parfois mais dans la durée . Quand je fais le choix de rouvrir les écoles , c' est pas le choix le plus facile à court terme , je pense , c' était le meilleur dans la durée . Quand je fais le choix de ne pas confiner au début de cette année , ce n' était pas le plus facile à court terme , c' était je crois le bon choix dans la durée . Voyez c' est ça qui importe , et donc ce moment viendra que vous évoquez . Il y a sans doute une vie après comme il y a une vie avant . Mais je pense que ce que nous avons vécu ensemble est inoubliable

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