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Cette force multinationale composée de détachements nationaux , sous le couvert du gouvernement libanais , aura un mandat à exécuter qui leur sera transmis par le gouvernement libanais .

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F. Mitterrand - 17 août 1982

Je ne peux répondre à cette question qu' après avoir dit en peu de mots ce qu' est la politique de la France au Proche-Orient .

Cette politique est de présence , d' équilibre et de paix .

Politique de présence parce que , depuis des siècles , la France entretient des relations privilégiées dans cette région du monde , parce que notre pays est l' un des 5 membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies , qu' il est riche d' une grande histoire et a des devoirs particuliers que j' entends perpétuer .

Politique d' équilibre qui repose sur 3 principes : le droit du peuple d' Israël à vivre en paix , dans les frontières sûres d' un Etat reconnu et respecté par tous ; le droit du peuple palestinien à disposer d' une patrie et d' y créer les institutions de son choix ; le droit du peuple libanais à recouvrer son unité et son indépendance aujourd'hui bafouées .

Une politique de paix , parce que je pense que le seul moyen d' y parvenir , c' est de choisir la négociation contre la guerre .

Ce que je cherche , c' est la paix parce que je pense que les principes que je viens d' énoncer n' entreront dans la réalité que si l' on suit ce chemin .

Les obstacles sont nombreux , vous le savez , tous les Français le savent , mais que personne ne croie que les obstacles me feront changer de route .

Il faut situer cette crise sur le plan qui convient .

J' ai été accueilli , comme vous le dites , avec ferveur en Israël et j' ai été sensible à l' hospitalité de ce peuple , mais cela ne me conduit en rien à suivre ou à subir les décisions politiques prises par tel ou tel gouvernement .

Je l' ai dit à Jérusalem même , à la Knesset où j' ai défini les principes de mon action , sur lesquels je ne suis pas revenu ; chacun le savait .

J' ajoute que dans les relations de la France avec Israël , il faut tout de même , sans faire le compte , connaître ce qui s' est passé depuis bientôt quinze mois .

Il faut même remonter avant : lorsque les accords de Camp David ont été signés , rappelez -vous , j' ai été le seul homme politique français responsable à les approuver .

Pourquoi ? Parce que ils permettaient la paix entre Israël et l' Egypte .

Certes je pensais , et je pense toujours , qu' il est impossible de régler le sort des Palestiniens sans eux , ou malgré eux .

Il n' empêche que ma position , au regard de la paix , a toujours été d' avancer pas à pas : je viens de rappeler Camp David et l' une de ses applications .

Si la France aujourd'hui est représentée dans la force multinationale du Sinaï , dernier acte du conflit entre Israël et l' Egypte , c' est bien parce que j' avais adopté cette position .

Et le boycott ? Dès mon élection à la présidence de la République , j' ai mis fin au boycott commercial qui frappait Israël , que la France - avant moi , il faut le dire - avait eu le tort d' accepter sous certaines pressions .

Bien d' autres choses encore : chaque fois que j' ai rencontré un chef d' Etat arabe - et j' en ai rencontré beaucoup - j' ai conseillé la reconnaissance de l' Etat d' Israël , comme je l' ai conseillée aux représentants des Palestiniens qu' il m' est arrivé de rencontrer .

Il est vrai que mon voyage s' est situé dans cette série d' interventions qui montraient bien que ma politique était conduite par le respect d' Israël , par le refus de toute discrimination à son égard , mais aussi par la liberté d' action de la France , dès lors que , par un acte unilatéral , l' équilibre de cette région du monde risque d' être remise en cause .

Tout ce que je vous dis là , je l' ai dit devant l' Assemblée d' Israël .

Ce que l' on vient de dire jusqu' à présent doit naturellement nous amener à comprendre ce qui se passe aujourd'hui à Beyrouth , et l' attitude de la France .

Je vous ai défini les principes ; maintenant , vous me questionnez sur l' application de ces principes , puisqu'on se trouve devant une ville assiégée , occupée , pour partie détruite sous l' effet des bombes , avec la présence de plusieurs armées qui luttent , plusieurs armées face à face , et le gouvernement libanais qui cherche une issue .

La France cherche d'abord à faciliter la tâche du gouvernement légitime du Liban , parce que cela se passe au Liban et le Liban n' est pas en guerre .

Vous savez qu' après avoir dit ce que je pense de la politique d' amitié à l' égard d' Israël - et personne ni rien , pas même les propos de monsieur Begin ne feront de moi un adversaire d' Israël - il faut que je dise ce que je pense des Palestiniens .

Je l' ai esquissé tout à l' heure en indiquant que j' entendais que les Palestiniens , comme tout peuple du monde , puisse disposer d' une patrie , et j' ai demandé la reconnaissance mutuelle et préalable des représentants des Palestiniens et des représentants d' Israël , sans quoi il est impossible de s' engager dans un processus de détente .

Bref , j' ai toujours préféré la solution politique à la solution de la guerre et c' est ce qui inspire ma politique dans la guerre de Beyrouth .

C' est un fait que la France est l' un des 3 pays pressentis par le gouvernement libanais pour remplir une mission que j' ai suggérée il y a déjà 2 mois , lorsque j' ai exprimé ce que je pensais du devenir du Liban pour faire cesser le conflit : que les armées étrangères au Liban s' en aillent un jour et , dans l' immédiat , que les Palestiniens puissent se retirer dans l' honneur , en sauvant le maximum de vies .

Car à quoi servirait -il qu' un bombardement intempestif et la continuation de la guerre fassent disparaître des milliers d' hommes et de femmes de plus , militaires et civils , Palestiniens et Libanais ?

J' ai préconisé , alors , toujours sous l' autorité du gouvernement libanais - il ne faut jamais oublier cette vérité première - la constitution d' une force neutre , multinationale .

Aujourd'hui , les conversations engagées entre le gouvernement libanais et les autres partenaires indiquent que , si tout va comme il convient , on doit s' acheminer , à partir de la fin de la semaine , vers l' arrivée d' un détachement précurseur - les premiers seront les Libanais , c' est bien normal car ils sont chez eux - mais les premiers étrangers au Liban seront les Français , dans l' hypothèse de travail qui semble aujourd'hui retenue .

Les Français constitueront le premier contingent puis , quelques jours après , si tout va bien - il faut toujours prendre cette précaution - viendront d' autres détachements , d' autres Français , des Italiens et des Américains .

Le mandat de ces forces multinationales , dont chacune restera sous commandement national - mais bien entendu sous l' autorité du gouvernement libanais - durera ce que la négociation indiquera ; je ne veux pas préjuger des discussions qui ont lieu actuellement sur lesquelles , je crois , le gouvernement du Liban se prononcera demain .

Pendant un certain délai , ces forces multinationales veilleront au départ des forces de l' OLP dans les meilleures conditions de sauvegarde et de dignité .

J' ai dit au départ , je n' ai pas dit au maintien .

D'ailleurs , lors de ma conférence de presse du 9 juin dernier - c' était aux premiers jours de la guerre du Liban - j' ai dit qu' il fallait que les armées étrangères au Liban quittent ce pays .

Je reste logique avec moi-même et je pense que la France qui a acquis , je le crois , la confiance et le respect de tous les partenaires dans cette partie du monde , pourra utilement contribuer au départ des belligérants palestiniens avant de participer , si on le lui demande , au règlement final .

Il ne s' agit pas pour l' instant , précision utile , de forces de l' Organisation des Nations-Unies mais naturellement , il y a des observateurs des Nations-Unies sur place dont le rôle n' est pas indifférent à la présence de cette force multinationale .

Cette force multinationale composée de détachements nationaux , sous le couvert du gouvernement libanais , aura un mandat à exécuter qui leur sera transmis par le gouvernement libanais .

Ils devront s' y tenir .

Si ce mandat devait être révoqué en cours de route , il le serait .

La France n' est pas un pays belligérant au Liban ; elle n' a accepté d' y venir qu' avec l' accord des Libanais , des Israéliens , des Palestiniens : si l' un de ces accords manquait , nous ne resterions pas .

Vous faites allusion à ce qui s' est passé lors de l' entrée des Israéliens au Liban il y a maintenant 2 mois , à l' attitude des bataillons de la FINUL , de la Force internationale qui se trouvait sur place .

Je ne pense pas qu' un tel scénario puisse se reproduire .

Vous venez de prononcer des mots un peu hâtifs , bien que vous connaissiez admirablement ce problème .

La France n' a pas reconnu l' OLP .

Dans mon discours de la Knesset , qui fait foi - je m' adressais à l' Assemblée israélienne , - j' ai parlé d' une patrie palestinienne , de la reconnaissance mutuelle et préalable .

J' ai dit ce que je pensais et j' ai pris des risques .

J' ai toujours dit également que la reconnaissance de l' OLP comme organisation représentative du peuple palestinien était soumise à certaines conditions .

L' expression que j' ai employée , c' est celle d' organisation de combat , en effet , l' OLP est l' organisation de combat , la seule que je connaisse , des Palestiniens et , à ce titre , elle a acquis certains droits , notamment celui de se battre et de connaître les épreuves qu' elle subit aujourd'hui .

Sur la reconnaissance de l' OLP , c' est plus tard aux Palestiniens qu' il appartiendra de se déterminer , de choisir leurs représentants .

Dans l' immédiat , il y a une raison toute simple , qui n' est pas un argument de circonstance , et je l' ai dit à tous ceux qui ont pu m' approcher , Palestiniens ou autres représentants de la Ligue arabe : si l' OLP n' adopte pas une solution politique de négociation autour de la reconnaissance de l' Etat d' Israël , si elle n' enlève pas de sa tête cette obsession de la destruction de l' Etat d' Israël qui figure encore dans certains textes , il ne sera pas possible de régler ce problème .

Comme mon objectif et celui de la France est la paix , cette condition a été posée à l' OLP depuis le premier jour et je ne suis jamais revenu sur cette condition .

Mais , dites -moi , qui autorise qui que ce soit aujourd'hui à mettre la France en cause au moment où des Palestiniens par milliers , dans une ville , un quartier de ville où vivent plus de 500000 personnes , militaires et civils , risquent d' être écrasées sous les bombes ? Est -ce que le rôle de la France n' est pas de dire : arrêtez là ? n' est -il pas de faire tout ce qui convient pour sauver ces vies , sauver la dignité de ces hommes , sans pour autant hypothéquer en quoi que ce soit l' issue politique de ces événements ? Je tiens à vous dire que la politique arabe de la France ne peut pas être , n' a jamais été , ne sera jamais anti-israélienne .

Mais la politique israélienne de la France n' a jamais été , ne sera pas et n' est pas aujourd'hui une politique anti-arabe .

J' en reviens à ma déclaration du 9 juin et j' y reste fidèle : il faut que toutes les forces armées étrangères quittent le Liban .

Si Israël a besoin de garanties , il faut que dans une zone à définir , au nord d' Israël - je veux dire hors d' Israël , au sud du Liban - des forces neutres puissent assurer la perpétuation de la paix en attendant qu' elle devienne vérité historique , vérité officielle .

Voilà tout ce que je peux dire à ce sujet .

On peut s' interroger , on doit s' interroger .

Le terrorisme n' est pas né d' hier , et le terrorisme venu de certains pays étrangers , notamment du Proche-Orient , a commencé bien avant mon élection à la Présidence de la République : on a relevé 150 attentats antisémites au cours de ces 3 dernières années et demi , du début de 1979 jusqu' à aujourd'hui ; sur ces 150 attentats , environ 135 ou 140 ont été commis avant mon arrivée à la Présidence de la République .

C' est donc un problème qui se pose à la France quel que soit son gouvernement , et le devoir de ce gouvernement est toujours le même : rechercher l' origine et réprimer ceux qui commettent ces crimes .

Il me semble cependant que l' origine du terrorisme dont nous souffrons est internationale .

Nous souffrons du prolongement sur le sol de la France de conflits dans lesquels la France n' a pas de part .

Je pourrais en citer plusieurs mais celui dont nous parlons depuis le début de notre entretien figure parmi ceux-là .

Les extrémistes de tous bords entendent frapper la France parce que elle est le principal facteur de paix dans le conflit qui se déroule actuellement dans le Proche-Orient .

J' ai dit tout à l' heure : politique de présence et politique d' équilibre , je n' y renoncerai pas sous la menace , et bien entendu , j' entends organiser le pays , les services publics , les services de police de telle sorte que ce terrorisme soit enfin puni .

Pour cela , j' ai prévu un certain nombre de dispositions .

Je peux vous le dire .

Les mesures prévues sont de 2 sortes : les unes sont des mesures de police proprement dites qui consistent à mettre en oeuvre l' outil opérationnel dont nous avons besoin .

On a parlé , et on a eu raison d' en parler , d' un fichier central informatisé du terrorisme , avec l' ensemble des données de caractère international : ce fichier central a déjà été créé le 24 mai dernier , mais il s' agit de lui donner son plein effet aujourd'hui en accélérant les procédures .

Il faut ensuite un contrôle plus efficace .

Il ne s' agit pas de remettre en cause un droit qui vient de la Constitution - le droit d' asile pour toute personne qui veut défendre et servir la liberté - il s' agit d' assurer une meilleure surveillance aux frontières , pour que n' importe qui ne vienne pas apporter jusqu' en France les moyens de la violence .

Certes , il faut distinguer : le terrorisme international dont nous parlons ne demande de permission à personne et généralement c' est lui qui dispose de papiers en règle .

C' est cette règle qu' il faut vérifier de plus près .

J' ai demandé , et cela sera créé dans les jours qui viennent , que soit mis en place un office central pour la répression des trafics d' armes et d' explosifs et pour que soit interdite la vente de certaines armes .

J' ai parlé de l' amélioration du contrôle aux frontières .

Le premier octobre , au lieu des 12 brigades mobiles existantes , il y en aura 33 , et il en faudrait une vingtaine de plus au cours des mois suivants .

J' ai renforcé les services de police : 7000 agents pour la police elle-même , 2000 pour la gendarmerie : 1400 iront grossir les rangs de la police de l' air et de la police des frontières .

Des détachements de gendarmerie auxiliaire viendront relayer les gardiens de la paix qui sont chargés de la garde des immeubles publics , des ambassades , des consulats .

Il faut bien entendu aussi une certaine surveillance , en raison des abus considérables commis par certaines ambassades qui , par les valises diplomatiques , amènent jusqu' à Paris des chargements dans lesquels il y a parfois des armes .

Une concertation européenne est aussi nécessaire .

Oh ! je connais bien les discussions qui ont eu lieu , qui ont encore lieu , sur ce qu' on a appelé l' espace judiciaire européen , qui prévoit certaines dispositions auxquels la France ne souscrit pas et ne souscrira pas .

Je viens de répondre : auxquelles la France ne souscrira pas .

Mais il n' en reste pas moins nécessaire que , sur l' ensemble de ces dispositions , certaines finissent par prévaloir .

Je pense en particulier au tribunal européen doté de tous les moyens qu' exige le respect de la justice , par exemple des juges appartenant à d' autres nationalités que les prévenus de crimes ou d' attentats : il faut que ce tribunal européen soit en mesure de juger les crimes de sang , afin que la violence politique ne soit pas l' arme des idées .

Tout cela sera proposé à nos partenaires européens et nous sommes tout disposés à engager cette discussion .

Après avoir pris des mesures antiterroristes par une meilleure organisation et par des dispositions nouvelles , j' ajoute que , depuis que la République existe , elle a su se défendre et elle a su mettre en oeuvre des dispositions pénales multiples .

Il est donc inutile d' en rajouter .

Avec un excès de mesures répressives , on finit par toujours tomber du côté où il ne faut pas tomber : celui qui fait tomber les républiques .

Ce qui est important , c' est la volonté de respecter la loi , de la faire appliquer , d' être intransigeant et implacable dans son application .

Ce qui compte , c' est la volonté de faire reculer le terrorisme partout où il se terre , de le traquer jusqu' à la racine .

Les Français doivent savoir , comme je l' ai dit l' autre jour , alors que je me trouvais devant la synagogue où l' on pleurait les tristes victimes de l' attentat de la rue des rosiers , que ce terrorisme là comme les autres me trouvera devant lui .

Au-delà des mesures administratives dont je viens de parler , dont les implications seront considérables , j' ajoute qu' il convient de coordonner davantage , d' améliorer l' organisation : aussi , sur proposition du Premier ministre et à la demande et sous l' autorité du ministre d' Etat chargé de l' intérieur , un secrétaire d' Etat à la sécurité publique sera nommé dans l' heure qui vient .

De plus , en liaison avec le ministre d' Etat chargé de l' intérieur et le secrétaire d' Etat à la sécurité publique , une mission de coordination , d' information et d' action contre le terrorisme sera confiée au chef d' escadron de la gendarmerie , monsieur Prouteau , qui travaille déjà , vous le savez , à mes côtés .

Voici des dispositions , celles qu' il est bon de faire connaître , celles qu' on peut dire .

Je ne puis encombrer notre conversation par la série des mesures , non pas subalternes mais nécessaires , qui paraîtraient bien peu de choses pour la mise en oeuvre des principales dispositions que je viens d' indiquer .

Le terrorisme , il faut qu' il cesse .

Mais si l' on veut bien lier les 2 termes de notre conversation , d'abord les problèmes de la politique française dans le Proche-Orient , ensuite la lutte contre le terrorisme en France , il ne faut pas oublier qu' il n' est pas que des réponses de répression policière , difficiles au demeurant .

Les terroristes professionnels avec des papiers apparemment en règle traversent une frontière , tuent , repartent : peu de chose à voir avec les formes du terrorisme italien ou allemand si dramatiques , mais qui visaient à la déstabilisation de la société de ces 2 pays .

Oh ! que l' on veuille aussi , comme vous le disiez pour commencer , déstabiliser la politique de la France afin de lui interdire le rôle très grand qu' elle joue sur la scène du monde , et peut-être altérer son unité profonde , certes cette hypothèse ne doit pas être écartée .

C' est pourquoi il est très important que tous les Français , au-delà de leur diversité politique , comprennent qu' il s' agit là d' une entreprise de salut national .

J' ai la charge de veiller à la sécurité des Français ; j' ai la charge d' assurer le maintien de la nation , mais j' ai la charge de veiller à la grandeur de la France .

Il faut que vous sachiez , vous , Françaises et Français qui m' entendez , que je respecterai avec résolution le mandat dont vous m' avez chargé , sans reculer sur rien de ce qui est votre droit - droit de vivre , droit à la sécurité - en sachant que c' est et que ce sera difficile , tant sont peu saisissables les forces qui nous menacent .

Mais de la volonté , de la résolution , de la continuité , et nous l' emporterons ! Je reviendrai devant les Françaises et les Français qui m' entendent aujourd'hui , pour leur exposer au cours des prochaines semaines , des prochains mois comment la France est conduite .

Pour ce qui vise ces points d' appui internes du terrorisme international , nous avons déjà pris des mesures .

Je dis tout de suite que toute organisation se réclamant d' une idéologie politique qui instaurera la violence en système , sera poursuivie et dissoute , interdite , et ses membres seront pourchassés , arrêtés , condamnés .

La justice française fera son devoir surtout dès lors qu' on se réclame publiquement du recours à la violence : l' aveu est déjà fait .

Pour ce qui touche au terrorisme international , je l' ai dit tout à l' heure , nous le traquerons , nous l' atteindrons à la racine .

Nous savons qu' il peut encore nous atteindre ; viendra le jour où lui-même succombera sous nos coups .

Je pense que le chef du gouvernement israélien ne connaît pas très bien la France d' aujourd'hui et qu' il méconnaît ses dirigeants .

Il a en charge Israël , j' ai en charge la France .

Nous n' avons pas les mêmes devoirs .

Je pense que c' est une confusion de prétendre que les Français seraient antisémites au point de céder à l' attraction de la violence .

Non ! Il est facile de comprendre qu' à Paris se déroule un acte de la guerre que se livrent tels et tels pays au Proche-Orient .

Travailler pour la paix au Proche-Orient , c' est travailler à la fin du terrorisme international , sans se faire exagérément d' illusion : il y aura toujours des extrémistes qui voudront punir la France de son rôle pacifique .

Je pense qu' il n' est pas sain , qu' il n' est pas juste d' accuser la France d' avoir pratiqué , dans cette affaire , un antisémitisme qui me répugne , qui est allé jusqu' à l' imbécile et lâche crime de la rue des rosiers .

Avec monsieur Begin et les autres , nous ferions mieux d' étudier en commun comment parvenir à rétablir la paix là-bas .

C' est ce que je fais et , à partir de là , vous verriez ces formes d' antisémitisme , s' il en est , s' estomper , disparaître .

Mais moi , je suis sûr des Français : ils n' obéiront pas aux haines racistes , et je sais que nos frères , les Juifs de France , français , font confiance aux lois de leur pays , sans avoir besoin d' autre protection sans envisager la possibilité d' un appel à l' autodéfense juive .

Au fond , nous avons tous besoin d' apprendre mieux à vivre ensemble : là-dessus , les Français peuvent aussi compter sur moi .

Oh ! qui s' annonce difficile ! Bien que je ne veuille pas entrer dans la politique intérieure , il y a aussi des éléments positifs : quand on apprend que la courbe du chômage est restée stationnaire , qu' il n' y a pas eu , pour la première fois , aggravation de la situation depuis quelques 7 ou 8 ans , et que dans le même moment on apprend que l' indice des prix a atteint 0,3 % d' augmentation , ce qui est le chiffre le plus bas à égalité avec un mois de l' année 1977 , on peut penser que le courage du gouvernement et sa lucidité finissent par payer .

Mais c' est vrai que j' ai à expliquer moi-même certains aspects majeurs de la politique française .

Ce n' est pas qu' il n' y ait pas beaucoup d' explications , mais le devoir du chef de l' Etat est de prendre ses responsabilités dans cette conversation directe avec le peuple de France .

Vous dites : ce n' est pas votre habitude , mais connaissez -vous mes habitudes ? Disons que je suis assez réservé , je n' aime pas parler tout le temps , je pense que ce n' est pas la peine d' user la fonction et puis ce n' est pas dans mon goût .

Seulement je suis sensible à l' événement - l' événement , c' est la guerre là-bas , qui vient jusqu' ici , c' est les Français qu' on tue , c' est d' autres qu' on menace - alors cet événement-là , oui , il me fait sortir de ma réserve et je parle aux Français .

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