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Il faut qu' elle dise aux responsables du monde entier qu' il est intolérable de gaspiller des biens quand il y a 2000000000 d' êtres humains qui souffrent de la misère et de la faim ; qu' il est dérisoire de se plaindre de l' inflation , du chômage et de la concurrence " sauvage " quand on pourrait instituer , comme ce fut le cas jusqu' en 1971 , un système monétaire international cohérent ; qu' il en vain de parler de développement des pays pauvres quand les pays riches consacrent tant d' argent à leur propre armement ; qu' il est suspect de proclamer le droit des peuples à disposer d' eux-mêmes quand les grandes puissances entendent régenter les peuples les plus faibles .

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Les thèmes autour du mot «inflation»
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F. Mitterrand - 23 mars 1983

Françaises , Français , au jour et à l' heure convenus , me voici devant vous pour vous dire où nous en sommes , où nous allons .

Ma tâche en ce moment de notre histoire est d' assurer la conduite du pays , de connaître pour les comprendre vos aspirations , vos besoins , de vous montrer la route à suivre et de vous faire partager autant qu' il m' est possible , la conviction que j' ai de l' intérêt national .

Cette tâche est belle et difficile .

Vous m' en avez confié l' honneur , j' en assumerai toute la charge .

Les 6 et 13 mars derniers , vous vous êtes exprimés .

J' ai perçu , moi aussi , dans les résultats du premier tour des élections municipales , l' expression de votre inquiétude , même si au second tour la confiance l' a emporté en fin de compte sur le doute .

Mais le réalignement monétaire décidé lundi à Bruxelles a rendu plus actuelle encore cette interrogation : la politique engagée depuis le mois de mai 1981 est -elle bonne pour la France ? Puisque j' en ai pris la responsabilité , il m' appartient de vous répondre et je le ferai sans détour : oui , cette politique est bonne parce qu' elle est nécessaire pour qui veut changer la société française en ce qu' elle a d' injuste pour le plus grand nombre de ceux qui la composent et qui lui apportent , par leur travail et leur talent , sa richesse principale qu' est la ressource humaine .

Oui , cette politique est bonne pour qui sait les contraintes qu' impose un environnement international soumis à d' autres politiques économiques que la nôtre .

Or , nous n' avons pas voulu et nous ne voulons pas isoler la France de la Communauté européenne dont nous sommes partie prenante , la séparer du mouvement qui porte cette Europe à devenir enfin l' un des grands partenaires du monde , comme nous n' avons pas voulu et nous ne voulons pas , quelque réserve que nous fassions , nous éloigner de l' alliance sur laquelle repose une part de notre sécurité .

De la sorte , nous avons pris des risques .

Ce sont ceux que peut prendre une nation comme la nôtre , sûre et fière de son droit à l' indépendance de ses choix .

En dépit des difficultés , nous avons progressé sur ce chemin ardu , réalisé en peu de mois plus de réformes , plus d' avancées sociales que la France n' en avait connues durant un demi-siècle .

Mais maintenant , nous avons plus que jamais à vaincre sur trois fronts : le chômage , l' inflation , le commerce extérieur .

Le chômage : il y a 35 millions de chômeurs dans les seuls pays industriels qui sont pourtant privilégiés , 13000000 aux Etats-Unis d' Amérique , 12000000 dans la Communauté , en Allemagne plus de 25000000 , en France 2000000 .

Tragique litanie ! En un an , exactement 14 mois , le chômage s' est accrû de 29 % en Allemagne , de 22 % aux Etats-Unis , en France : 4 pour 100 .

Mais , la limitation de la croissance du chômage a entraîné pour nous un effort financier qui n' a pas permis de réduire l' inflation aussi rapidement que chez d' autres .

Quant à cette inflation , c' est une triste histoire qui a commencé avec le choc pétrolier de 1973 .

Ceux qui gouvernaient à l' époque ont vu le franc perdre en sept ans 40 % de sa valeur par rapport au mark et nous , nous avons dû à notre tour dévaluer trois fois .

C' est une loi à laquelle nul n' échappe : un pays dont la hausse des prix dépasse celle de ses voisins est condamné à dévaluer d' une façon ou d' une autre .

Telle est la vérité .

Je devais vous la dire sans chercher d' excuses trompeuses .

Mais elle nous dicte notre devoir .

Il est temps , grand temps , d' arrêter la machine infernale .

Combattre l' inflation , c' est sauver la monnaie et le pouvoir d' achat .

Voilà pourquoi je lutterai , et le gouvernement avec moi , de toutes nos forces , contre ce mal , et mobiliserai le pays à cette fin .

Une première bataille a été gagnée l' an dernier : nous avions hérité d' une hausse des prix de près de 14 pour 100 , nous l' avons ramenée au-dessous de 10 pour 100 .

Ce n' est pas suffisant , il faut aller plus loin .

Mais je pose la question : sans vous , que pouvons -nous faire ? Cette bataille est la vôtre aussi .

Et il en va de même face à l' autre mal qui nous ronge : le déficit insupportable de notre commerce extérieur et l' endettement qui en découle .

Et je vous pose à nouveau la question : sans vous , que pouvons -nous faire ? Car votre rôle est décisif .

Partout où l' on fabrique et partout où l' on crée , partout où l' on achète , partout où l' on échange , dans votre manière de vivre , de consommer et même de voyager , vous devez préférer , à qualité égale , les productions françaises .

Choisir et épargner .

Epargner quand on le peut , plutôt que de consommer lorsque c' est superflu , c' est l' exigence de base pour servir le pays et préparer son avenir .

J' ai chargé monsieur Pierre Mauroy de mener cette action .

Il a constitué son gouvernement dans cet objet .

Ce que j' attends de lui n' est pas de mettre en oeuvre je ne sais quelle forme d' austérité nouvelle , mais de continuer l' oeuvre entreprise , adaptée à la rigueur des temps , pour que nous sortions au plus vite du creux de la tempête .

Aussi lui ai -je fixé les objectifs suivants : former les jeunes , tous les jeunes , aux métiers d' avenir ; ramener l' inflation à un niveau comparable à celui de nos concurrents ; rétablir en deux ans l' équilibre de notre commerce extérieur ; soutenir les entreprises et les équipes de créateurs qui innovent pour exporter ; respecter les équilibres financiers de la sécurité sociale et contenir le budget de l' Etat dans ses limites actuelles ; développer l' épargne en l' orientant , et par tous les moyens , vers la rénovation de l' industrie et l' amélioration du logement .

Il va de soi , enfin , que l' effort demandé à tous devra être équitablement réparti pour que chacun y contribue à la mesure de ses moyens .

Finalement , c' est à un formidable effort de formation des hommes que l' on doit s' atteler , en regrettant qu' un tel retard ait été pris au cours des dernières décennies .

Mon idée fixe est de vouloir armer la France d' une capacité humaine égale ou supérieure à quiconque dans le monde .

Mais , ce qu' on appelle la crise , comme s' il s' agissait de la colère des dieux , d' un phénomène incontrôlable , d' une fatalité par nature plus forte que le génie de l' homme , n' est au contraire que le produit de ce génie désordonné .

Tout simplement , la société industrielle du vingtième siècle n' a pas encore assimilé les effets de la technique et de la science sur ses structures de production et de travail , donc sur son mode de vie , et nous assistons aujourd'hui aux soubresauts d' un monde qui meurt , en même temps qu' un autre naît .

Il n' y a là-dedans rien de mystérieux .

On en connaît le mécanisme : il suffit de s' en rendre maître .

Certes , la France ne peut pas , à elle seule , résoudre les problèmes qui se posent à l' échelle mondiale , mais elle peut , et elle doit , par ses propositions et ses initiatives , contribuer à l' avènement d' un nouvel équilibre .

Au-delà de ses frontières , on l' entend , croyez -moi , quand elle parle .

Il faut qu' elle dise aux responsables du monde entier qu' il est intolérable de gaspiller des biens quand il y a 2000000000 d' êtres humains qui souffrent de la misère et de la faim ; qu' il est dérisoire de se plaindre de l' inflation , du chômage et de la concurrence " sauvage " quand on pourrait instituer , comme ce fut le cas jusqu' en 1971 , un système monétaire international cohérent ; qu' il en vain de parler de développement des pays pauvres quand les pays riches consacrent tant d' argent à leur propre armement ; qu' il est suspect de proclamer le droit des peuples à disposer d' eux-mêmes quand les grandes puissances entendent régenter les peuples les plus faibles .

C' est la France qui , dans le passé , a répandu sur toute la terre les mots d' ordre de liberté et plus récemment , d' arbitrage , de désarmement et de sécurité collective .

Pas davantage aujourd'hui , elle n' est à court d' idées .

Mes prédécesseurs , avant moi , ont sur ce thème émis de sages propositions .

A Mexico , Cancun , Alger , Delhi , j' en ai , à mon tour , appelé à la conscience universelle .

C' est un domaine , voyez -vous , où se rejoignent aisément tous les hommes de bonne volonté .

Quant à nous , organisons notre avenir autour d' un grand dessein .

Tout commence par la jeunesse , évidence trop oubliée .

Elle nous reprochera un jour non pas de lui avoir trop demandé mais de l' avoir sous-estimée au point de ne pas lui demander davantage ; la récompense est dans l' effort .

On la croit indifférente alors qu' elle n' en peut plus d' espérer dans la vie .

Il dépend de nous qu' elle bâtisse , du moins je l' espère , une société où s' affirmeront ces valeurs essentielles que sont d'abord la vie , l' intelligence et la conscience humaine .

Encore faut -il , et tout de suite , redoubler d' énergie et de ténacité pour le redressement national .

L' année dernière , je vous demandais de résister , résister au laisser-aller , à l' incurie , aux affrontements inutiles , à l' exaspération des intérêts particuliers , à tout ce qui menace et divise la patrie dans son existence même , mais aussi extirper la haine contre ceux qui vivent parmi nous et qui sont différents , refuser le déclin de la France qui s' inscrit dans le déclin de la famille .

Et j' en reviens ainsi toujours au même point : sans faiblesse et sans complaisance , soyez mobilisés au service de la France , même si c' est difficile , parce que c' est difficile .

Je n' hésiterai pas , quant à moi , à exiger ce qui est dû à l' intérêt public , mais j' ai confiance dans ma patrie parce que j' ai confiance en vous .

Vive la République ! Vive la France !

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