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J' assiste comme vous à la colère des agriculteurs bretons et spécialement des producteurs de porcs et je voudrais leur dire : si vous souffrez de cette situation , c' est parce qu' en 1969 on a créé à la demande du gouvernement français , les montants compensatoires et c' est parce qu' en 1971 on a décidé que ces montants compensatoires , au lieu d' être payés par chacun des pays , seraient payés par la Communauté qui , aujourd'hui , paie avec notre argent les avantages des producteurs allemands , ce qui punit les agriculteurs ou les producteurs bretons .

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Les thèmes autour du mot «industries»
Analyse multi-couches de la cooccurrence autour du mot choisi dans le discours du qui
F. Mitterrand - 12 février 1984

Oui , en plus , en effet , mais je la supporte .

Je voudrais bien qu' on me l' indique !

La semaine dernière , en Allemagne , en Hollande , au Luxembourg , il faisait un temps épouvantable et j' ai pris cela de plein fouet - j' ai peut-être été aussi imprudent dans ma façon de m' exposer - mais cela dit , ce n' est rien du tout ! Déjà , ce soir , je me sens très bien ; demain , ce sera encore mieux .

Cela m' arrive encore ! C' était une image de Château-Chinon , je l' ai naturellement tout de suite reconnue .

Je vais souvent à Château-Chinon , je vais souvent dans le Morvan , je vais souvent dans la Nièvre .

Cela fait partie des départements - comme mon département d' origine , la Charente , et celui où je vis le plus souvent , les Landes - où je peux , plus aisément qu' ailleurs , retrouver des amis de longue date .

Je n' ai pas , entre eux et moi , le barrage des policiers , des officiels : bref , la conversation continue comme elle avait lieu autrefois .

De fait , ils me communiquent , avec beaucoup d' esprit direct , leurs impressions favorables , défavorables , ils me disent ce qu' ils pensent et je m' efforce presque chaque semaine d' entretenir ce type de relations .

Oui , pour ce qui est de la communication personnelle , c'est-à-dire la rue , le magasin , les amis , je n' ai pas à me plaindre : j' ai pu poursuivre , dans le cadre de ma fonction , toute une série de contacts qui m' aident à mieux comprendre ce que les Français pensent .

La communication avec l' ensemble des Français , c' est une affaire assez difficile , d' une part parce que je ne souhaite pas m' imposer plus qu' il ne convient et , d' autre part , parce qu' il faut bien que je m' adresse à eux , sans quoi on risque de perdre le fil .

Voyez ce que j' ai fait au cours de ces derniers mois : je suis intervenu , sur TF 1 - " l' Enjeu " , mi-septembre - puis sur Antenne 2 - mi-novembre , " l' Heure de vérité " , c'est-à-dire les problèmes de défense nationale , de politique étrangère - et je suis là , devant vous , 3 mois plus tard , pour parler de choses et autres , de ce que vous aurez choisi .

Les manoeuvres qui viennent d' avoir lieu en Tchécoslovaquie dont on a vu quelques images méritent attention , mais elles ne peuvent pas signifier une véritable rupture stratégique .

L' Union Soviétique dispose déjà d' un nombre très large de SS 20 - 250 en Europe à 3 têtes , 750 charges nucléaires - d' euromissiles qui ne peuvent aller qu' en Europe , qui ne peuvent pas traverser l' Atlantique , et à côté de cela , quelque 9000 charges nucléaires qui , elles , sont stratégiques et qui peuvent donc traverser l' Atlantique et atteindre directement l' adversaire éventuel .

S' il y a installation d' euromissiles dans les pays comme la Tchécoslovaquie , cela ne change pas les données , et même cela risque de provoquer pour l' Union Soviétique des difficultés du type de celles que les Américains ont rencontrées quand ils ont voulu installer des euromissiles - missiles de croisière et fusées - dans divers pays d' Europe occidentale .

Il y a là une donnée diplomatique intéressante , mais je ne considère pas qu' il y ait une donnée militaire nouvelle .

Ma protection à moi ? Elle est assurée par des gens dont c' est le métier , qui le font bien ; cela me laisse une certaine liberté de mouvement .

Vous savez , pour se défendre du terrorisme , qu' est -ce qu' on peut faire ? éviter peut-être dans les habitudes quotidiennes d' offrir par trop une cible à qui désirerait s' en prendre au Chef de l' Etat , au Président de la République française .

Je ne pense pas qu' il y ait véritablement une stricte relation entre ces 2 choses , mais il est vrai que depuis 4 ou 5 mois le dispositif de sécurité est plus strict - ce n' est pas à moi de l' apprécier - je dirai que cela m' ennuie plutôt , mais il faut aussi que je sois discipliné puisque je demande aux autres de l' être .

Non , non , non , je n' en sais rien , mais je ne pense pas .

Moi , ce que je sais vient de l' état-major général des armées qui exécute les ordres qui lui sont donnés par le ministre de la défense et souvent par moi-même .

Je n' ai aucune raison de douter de ce que me dit l' état-major général des armées , qui est composé d' hommes estimables et qui font bien leur métier .

Alors , que voulez -vous que je vous dise d' autre , sinon que l' objectif a été atteint et que s' il a été très malheureux qu' un avion Jaguar fut abattu au Tchad , il n' empêche que nos troupes , là-bas , occupent une position forte .

Depuis le mois d' août dernier , elles ont pu tenir ces positions sans un seul incident - c' était le premier - aussi peut -on dire que , d' une façon générale , notre dispositif était sérieux .

Mais peut-être pourrais -je insister sur ces points .

J' ai l' impression que c' est assez difficile mais Claude Cheysson était chargé d' aller d'abord à N' Djamena et de rencontrer Hissein Habré , puis à Djibouti , où il a rencontré le président Mengistu , qui est le Président de l' Organisation de l' unité africaine et qui exerce une sorte d' arbitrage dans cette affaire du Tchad ; tout le monde lui a reconnu ce droit et ce pouvoir .

Enfin , avant de revenir en France , il s' est arrêté à Tripoli , ce qui me paraît tout à fait normal puisque c' est l' armée libyenne qui occupe le nord du Tchad et que c' est la Libye qui a pris l' initiative de cette occupation , qui a nécessité et justifié l' intervention française .

Je ne veux pas débattre de ce qu' on appellerait la fiabilité du colonel Kadhafi , il est en vérité responsable de la politique de son pays et il est bien normal que la France discute avec lui .

Non , il ne faut pas dire cela .

Le Tchad est en guerre depuis très longtemps - cela fait une quinzaine d' années - la France est intervenue plusieurs fois .

La France a fait une guerre au Tchad en 1969 - cette guerre a duré 3 ans et elle s' est terminée assez médiocrement - la France s' est retirée et , en fait , rien n' avait été changé à la situation ; cela a repris plus tard , en 1976 , et cetera .

Et lorsque les soldats libyens se sont présentés chez Goukouni à N' Djamena en 1980 , les forces françaises ont évacué la capitale du Tchad , laissant donc le colonel Kadhafi et les troupes libyennes occuper la totalité du Tchad .

Voilà les 2 exemples tout à fait différents qui me sont proposés : devais -je y chercher une leçon pour l' avenir .

Bien entendu , j' en tiens le plus grand compte , mais voyons devant qu' elle situation je me suis trouvé et avec moi la France .

Les armées libyennes sont entrées au Tchad , en dépit de ce qui a été affirmé ici ou là : elles seules étaient en mesure d' apporter l' armement et la logistique et en même temps la capacité de mener une guerre moderne ; et elles s' apprêtaient à occuper tout le Tchad .

Occuper tout le Tchad , c' était provoquer la déstabilisation de toute une région de l' Afrique ; à l' Est , c' étaient essentiellement l' Egypte et le Soudan qui se trouvaient , le cas échéant , visés , et au Sud et à l' Ouest , c' étaient les pays d' Afrique noire .

Or , dans les pays d' Afrique noire , la France dispose , je le crois , d' un grand prestige , en tout cas d' une grande confiance .

La plupart des pays d' Afrique noire ont des accords avec la France , certains même des accords militaires , et aucun d' entre eux ne désirait avoir pour voisin direct l' armée libyenne , en sachant fort bien les manoeuvres , les opérations politiques et militaires qui risquaient de se dérouler .

Je me suis donc trouvé devant une demande absolument générale de l' Afrique noire , surtout francophone , disant à la France : alors , qu' est -ce que vous faites ? Je suis responsable de la présence de la France dans le monde ; je ne cherche pas à intervenir n' importe où , n' importe comment mais là où la France , à travers le temps , à travers l' histoire , a marqué sa présence , là où nous avons des intérêts , où nous avons des relations humaines , confiantes et puissantes , comment ignorer cet appel qui était fait ? comment ne pas l' entendre ? Je pense aussi que la France , il convient qu' elle soit respectée , là où elle intervient .

Si vous regardez la carte du Tchad , vous verrez que le Nord est , à l' heure actuelle , occupé par l' armée libyenne ce qui peut-être , justifie votre question ; quant au Sud , c' est même plus que le Sud : la frontière de fait entre les armées se trouve plus au Nord qu' au Sud .

Qu' est -ce que le Nord ? c' est 150000 personnes , nomades et 0 % de la production et qu' est que le Sud ? - je simplifie un peu - c' est 4500000 d' habitants , c' est la totalité de la production et , surtout - je demande à ceux qui écoutent qu' ils regardent bien la carte - c' est toute l' Afrique noire qui se trouve au contact aujourd'hui de l' armée française et qui serait autrement au contact de l' armée libyenne .

D' autre part , c' est le gouvernement du Tchad - reconnu comme tel , pas simplement par la France , mais par l' Organisation de l' unité africaine , par l' Organisation des Nations-Unies , par toutes les institutions internationales - qui nous a appelés à l' aide : nous avions donc vraiment le droit pour nous et , je crois , le juste intérêt du pays .

On peut s' y refuser , mais alors on peut aussi se refuser à ce que la France joue un rôle dans le monde là où , je le crois , elle a des devoirs .

A ces devoirs , je suis personnellement très sensible .

Vous avez eu raison de noter que les dernières images sont déjà un peu anciennes - anciennes à 48 heures près : les choses vont si vite là-bas - mais s' il est exact que pendant quelques jours , et même davantage - plus d' une semaine - les troupes françaises ont été obligées de se protéger elles-mêmes contre un bombardement intensif , qui a fait d'ailleurs plusieurs victimes chez elles , aujourd'hui on sent qu' elles sont en mesure d' agir pour remplir les missions qui leur sont assignées .

C' est ainsi que des ressortissants américains ont dû passer , pour assurer leur sécurité , de la zone Ouest à la zone Est .

A qui les différentes parties en présence - c'est-à-dire d' un côté l' armée libanaise , de l' autre côté Amal , et cetera - ont -elles demandé d' assurer , de convoyer cette mission d' évacuation ? aux Français et ils l' ont fait .

De la même façon , nous sommes en mesure aujourd'hui - nous avons pris naturellement des mesures pour cela - d' intervenir à tout moment pour assurer la sécurité des ressortissants français .

Les ressortissants français peuvent rentrer en France s' ils le désirent , ils sont en contact avec l' ambassade qui dispose d' un numéro de téléphone de référence qui leur permet à tout moment de la toucher , et nos soldats sont aussitôt informés .

Mais je dois dire que , jusqu' à présent , il n' y a eu , à ma connaissance , que 2 demandes de rapatriement - de 2 mères de famille qui , naturellement , éprouvaient le plus grand besoin pour elles-mêmes et pour les leurs de rentrer en France - 2 seulement sur un total , difficile à estimer , d' environ 3000 Français de souche , et puis d' un certain nombre de milliers de Français - 2000 , peut-être 3000 - qui sont franco-libanais .

Absolument , oui mais que faisons -nous là-bas ? Pourquoi y sommes -nous allés ? Parce que cela nous était demandé .

On était force d' interposition - c' est un terme qui n' est pas facile à comprendre - pour séparer l' armée israélienne et l' armée palestinienne .

Rappelez -vous - on a un peu oublié cela , il s' est passé tellement de choses depuis lors , mais c' était dramatique ! - nous avons sauvé 4000 Palestiniens environ , que nous avons rapatriés du côté de la Tunisie .

Ensuite , pourquoi y sommes -nous retournés ? Parce que le malheur a voulu que , quelques jours après notre retrait - nous avions rempli notre mission , nous n' avions pas de raison de rester , c' était le même cas qu' aujourd'hui - il y ait eu Sabra et Chatila , le massacre de 1500 femmes , enfants , vieillards musulmans .

Chacun s' en souvient : épouvantable spectacle ! On a demandé à la France de revenir ; toutes les fractions , toutes les parties , tous ceux dont , à l' heure actuelle , on entend parler comme adversaires au Liban , tous les Libanais nous ont demandé de revenir pour sauvegarder ceux qui se trouvaient là .

A partir de là , à tout moment , ceux qui c' était un village chrétien , c' était une communauté autre - enfin , les religions , les ethnies - et nous avons - on vient de le montrer à l' instant - déminé , aidé , permis aux gens de survivre .

Les soldats français , dont on peut vraiment admirer le courage , la ténacité , qui ont un esprit étonnant et formidable - je les ai vus et je reste en contact constamment avec eux - ont rempli une tâche qui leur vaut , croyez -moi , l' amitié , le respect des Libanais .

S' il est arrivé de terribles actes de terrorisme - on s' en souvient aussi - cela est je le crois , tout à fait , venu de consignes et d' actions menées de l' étranger , menées de l' extérieur du Liban .

Je suis en train de vous relater comment les choses se sont passées depuis que nous sommes allés au Liban , et pourquoi .

Je suis obligé , parlant français , de parler soit à l' imparfait , soit au passé .

Eh bien , nous avons des missions à remplir .

Nous avons d'abord à assurer la sécurité de nos ressortissants ; j' ai dit à peu près quel était leur nombre .

En plus , ils ont là-bas des intérêts , il y a beaucoup d' écoles , il y a des professeurs , il y a des religieux , il y a des gens qui sont enracinés là-bas , et qui ont porté très haut le nom de la France - il faut les protéger ; ils n' ont pas l' intention de s' en aller .

Il est important pour nous de voir comment nous pouvons contribuer à ce que se pacifient les esprits , que les dirigeants tentent de se réconcilier ou de se rapprocher , pour que cette réconciliation nationale assure à nos concitoyens une sécurité indéfiniment ; mais dans un Etat de droit , cela est nécessaire .

D' autre part , nous nous sommes adressés au Conseil de sécurité des Nations-Unies et pas depuis 8 jours , contrairement à ce qui est répété .

C' est une constante de la politique française : nous estimons que le relais par les forces internationales des Nations-Unies est un nécessité , si l' on veut éviter qu' au Liban reprennent des massacres .

Nous l' avons dit depuis 7 ou 8 mois déjà et nous sommes intervenus plusieurs fois , et avec plus de force encore , la semaine dernière , parce que l' on apercevait que le drame allait s' accomplir .

Je dois dire que ceux qui ont gagné la bataille de Beyrouth-Ouest , autour des forces d' Amal et de Berri , se comportent avec un très grand sens des responsabilités et sont en relation avec le commandement français .

Il existe à l' heure actuelle une relation de caractère cordial : je suis moi-même resté constamment en relation épistolaire et parfois téléphonique avec tous les chefs de tendances .

J' étais en correspondance avec Wallid Jumblatt , que j' avais convié à venir à Paris récemment , ainsi qu' avec les dirigeants chiites , tout en étant tout à fait loyaux avec le président légitime Amine Gemayel - dont la situation est naturellement très compromise , mais on ne sait pas ce qui va se passer - nous avons toujours voulu que l' on sache , au Liban , que nous n' y avions pas d' ennemis et que , pour nous , les Libanais , c' étaient tous les habitants de ce pays , qu' ils fussent chrétiens ou musulmans , d' une secte chrétienne - il y en a beaucoup - ou d' une secte musulmane , et qu' il y en a encore beaucoup d' autres .

Là encore , la solution de ces problèmes est l' affaire des Libanais , comme pour le Tchad , c' est l' affaire des Tchadiens , le jour où cela sera possible .

L' intention d' y rester ? Déjà , les 3 autres contingents ont reçu l' ordre de partir .

Je n' ai pas donné cet ordre au contingent français , mais je me tiens prêt .

Aider nos ressortissants , assurer leur sécurité , hâter la décision du Conseil de sécurité , et si possible , hâter le moment où les véritables responsables d' opinion du Liban auront la sagesse de s' entendre sur une solution nouvelle : alors nous aurons fait ce que nous devions faire .

Naturellement , je n' exposerai pas la vie de nos soldats , qui méritent , eux aussi , d' être aidés , au-delà de la nécessité .

Non , ce n' est pas comme cela que les problèmes se posent .

De toute façon , les entreprises ont naturellement des charges lorsque des travailleurs partent au chômage .

Ils le craignent et , dans ce cas là , il faut qu' ils se rassurent .

Nous voulons nous entendre avec l' ensemble des partenaires sociaux pour que le plan de modernisation de l' industrie soit véritablement nourri de facteurs nouveaux , d' éléments nouveaux , le cas échéant d' argent frais .

C' est pourquoi nous menons une politique qui tend à développer l' épargne .

C' est pourquoi nous avons une politique qui tend à multiplier la création d' entreprises .

On ne peut vivre simplement sur son fonds .

Il faut créer de nouvelles richesses .

Nous en parlerons tout à l' heure , je suppose .

Oui , cela me préoccupe beaucoup .

Des zones oubliées ? l' expression qui a été employée à juste titre par le gouvernement , est celle de " pôles " autour desquels s' organiseront les restructurations .

Il est vrai que l' on risque souvent de commettre des injustices lorsque l' on ne pose que le problème de la Lorraine - on a raison naturellement de le poser - là où se trouvent , comme dans le Nord , de grandes masses ouvrières , des ouvriers très qualifiés et où toute l' économie de la région repose sur cette capacité de travail et d' emploi .

Si on veut sauver ces régions - et on le veut - Il faut absolument faire un effort particulier pour elles .

Mais , en même temps , il m' arrive de penser à une région comme le Languedoc-Roussillon , où il y a 14 % de chômage - comme en Lorraine - mais un chômage plus dilué qu' en Lorraine , moins saisissable ; vous avez eu raison d' en parler .

Je tiens absolument à ce qu' un effort soit fait pour le bâtiment et les travaux publics : toute une série de grands travaux ont été lancés et j' attends du gouvernement - je sais qu' il y pense beaucoup - qu' un véritable coup de fouet soit donné à la relance du bâtiment - il y a là quelques centaines de milliers de travailleurs qui pourraient trouver un emploi - d' autre part , c' est de là qu' irradie l' activité française .

J' y tiens beaucoup et je n' insisterai pas davantage .

Vous parliez de l' inquiétude des chefs d' entreprises .

Naturellement , ils sont inquiets ; cela fait des années et des années , bien avant notre arrivée , qu' ils n' investissent pas , qu' ils doutent de l' avenir , qu' ils se sentent à l' avance opprimés par l' ensemble des mesures que l' Etat prendra .

Cette année , par exemple , on a fait beaucoup de cas de 22000 faillites ou liquidations judiciaires - c' est un record - mais on n' a pas fait beaucoup de cas des 81000 créations d' entreprises nouvelles , c' est aussi un record .

Ce qui veut dire que la France bouge , mais d' une façon qui n' est pas harmonisée .

Il y a des régions qui souffrent plus que d' autres , il y a des industries - celles dont nous parlerons , celles qui ont justifié l' effort de modernisation , de restructuration qui souffrent plus que d' autres : les chantiers navals , les charbonnages , la sidérurgie , l' automobile , les télécommunications .

Il ne faut absolument pas que les mesures , les avantages accordés à l' implantation d' entreprises , par exemple au sud de la Lorraine , puissent attirer dans cette région les entreprises qui marchent en Champagne .

Il faut éviter finalement que ces zones ne provoquent un glissement qui serait désastreux pour un certain nombre de régions .

Il y a des régions comme la Bretagne , dans laquelle les télécommunications et bien d' autres choses encore exigent un effort .

Ce qu' il faut c' est que les Français comprennent que nous devons moderniser nos industries pour réussir .

Chaque fois que l' on m' annonce des suppressions d' emplois , mon premier réflexe est de me dire " comment créer de nouveaux emplois , pour le moins tout autant , mais dans des industries capables de supporter la concurrence " .

Parce que lorsque l' on se bat , il faut gagner .

La France risque d' être distancée par des concurrents , Japonais , Américains - elle l' est déjà - par les Allemands , d' autres encore , et il ne le faut pas .

Il faut absolument penser que c' est ne rien faire qui coûterait des emplois , qui coûterait de l' argent et finalement du désespoir .

Il faut être le meilleur ; il y a un certain nombre de méthodes pour cela .

Il faut d'abord aller hardiment vers les technologies nouvelles .

Certes , il y a aussi les industries traditionnelles - j' ai parlé du bâtiment - mais les technologies nouvelles s' imposent pour les industries , toutes les industries deviennent compétitives .

Nous n' avons pas commencé d' aujourd'hui : nous l' avons fait pour le textile et la chimie , pour la machine outil , pour l' aluminium et nous sommes en train de réussir .

Songez que pour les industries chimiques nous avons accrû de 20 milliards le solde créditeur pour cette industrie que l' on pouvait décrire comme particulièrement en péril , il n' y a pas si longtemps .

Là où cela ne marche pas , parce qu' on ne vend plus , qu' on ne fabrique pas les produits qui conviennent , il ne faut pas tirer un trait dessus , il faut moderniser , s' adapter - la crise , c' est l' absence d' adaptation à la compétition internationale - il faut raccourcir au maximum le délai pendant lequel on s' adaptera : si ce délai est court , la crise sera courte et nous arriverons au bout de nos peines .

Il est très talentueux , mais Plantu m' y a habitué .

Oui , je vois bien , c' est pour montrer qu' il y a une distanciation pour le moins entre les différents partis de la majorité , entre le Parti communiste , ceux qui le dirigent , et puis les autres .

Une caricature a pour objet d' être polémique et de ce point de vue , elle est très bien faite .

Mais j' espère que je serai en mesure de rassembler autour de ce plan .

Ce plan tend non seulement à restructurer l' industrie , à la moderniser , mais il s' accompagne d' un plan social : grâce aux congés de conversion , de formation , des travailleurs vont être en réadaptation pendant un maximum de 2 ans .

Ils vont réapprendre des technologies , ils pourront être formés aux métiers que l' on pratique , et pas , comme c' est trop souvent le cas , à des métiers qui sont désuets , auxquels on ne pense plus , qui font partie du passé .

Il y a en plus un volet économique : la création d' entreprises .

Nous avons déjà stabilisé les charges sociales nous sommes en train de lutter pour diminuer les coûts financiers et nous avons réduit l' intérêt de l' argent , au cours de ces derniers temps , d' un peu plus de 2 pour 100 .

Nous avons multiplié les crédits à des taux d' intérêt particulièrement intéressants ; bref nous faisons tout ce que nous devons faire .

C' est dur , parce que , d' une part toute une partie de l' opinion , qui nous est hostile se dit " ils n' y arriveront pas " .

Certains se disent , " pourvu qu' ils n' y arrivent pas " et , d' autre part , tous ceux qui croient en nous , qui veulent que nous réussissions , sont frappés , souffrent dans l' angoisse .

Car après tout disent -ils , nous avons surtout pour mission , au service de toute la France , de rendre un peu plus de justice et de chances à ceux qui n' en ont jamais eues .

Et voilà qu' en raison des modernisations , des coupes sombres qui se produisent aujourd'hui dans certaines industries traditionnelles , ceux dont je vous parle peuvent se dire : " c' est ce gouvernement de gauche , celui qu' on a voulu qui va nous sacrifier " ! Nous ne voulons pas les sacrifier , nous voulons qu' ils aient leur chance .

Je crois aux chances de la France , je voudrais que l' ouvrier dans son coin , l' employé qui se croit le plus oublié , sache que c' est pour moi un souci quotidien .

Cela ne veut pas dire que je ne pense qu' à eux , mais je pense d'abord à eux .

Que voulez -vous que je vous dise ? ce dessin est bon ; Plantu fait une drôle de tête à Mauroy !

C' est évident , et je lis les journaux moi aussi .

Il faut voir comment cela peut cesser , pour que la majorité vraiment au coude à coude affronte les problèmes de la France , les domine .

C' est possible , je continue de le croire , et je donnerai pour cela les coups de pouce nécessaires mais si cela n' était pas possible , j' aviserai .

Pour les licenciements , en fait , à ma connaissance 90 % des licenciements demandés sont obtenus , après négociation , discussion évidemment , avec l' inspection du travail , ce qui est bien normal .

Nous avons quand même une collectivité nationale qui a pour devoir de protéger les travailleurs .

Ce qui est vrai dans l' observation de monsieur Joly , celui qui vient de s' exprimer , c' est que c' est un peu trop lent .

Le patron de cette PME qui souhaite licencier , obtient satisfaction - parce que c' est un homme sérieux et qu' on sait que ce qu' il demande est souvent nécessaire - mais il obtient une réponse tardive , et la lenteur des réponses apportées aux demandes justifiées de licenciements est souvent une cause de difficulté : il faut corriger cela .

Pour les banques , vous savez , vous dites " banques nationalisées " , j' ai l' impression que les banques privées faisaient pareil , je n' observe pas de différence entre les unes et les autres .

On pouvait en attendre plus de compréhension .

Je suis heureux de cette marque de confiance que vous manifestez à l' égard des nationalisations .

Moi aussi , je suis quelquefois obligé de me fâcher par ce que j' observe ici et là ; il n' y a pas beaucoup de rapidité et peut-être même certains refus de considérer tout ce qui pourrait être utile pour l' économie de demain .

Mais aussi , il faut comprendre les banques : elles ne peuvent pas faire tout et n' importe quoi , et tout le monde leur demande leur crédit .

Je voudrais insister là-dessus : ce qui est très intéressant dans le cadre de cette entreprise que vous avez choisie , c' est qu' elle a su s' adapter à temps .

C' est dire qu' elle est venue illustrer - ce n' était pas prévu - mon propos de tout à l' heure .

Elle travaillait pour la construction navale , elle travaillait pour la sidérurgie - 2 industries en crise , faut -il y insister , il ne faut pas , je le répète , tirer un trait sur ces 2 industries - mais enfin il fallait penser à autre chose .

Et ce monsieur s' est attaqué à ce problème en fabriquant des robots , en entrant en relation avec une société de logiciels .

Vous savez qu' en matière de logiciels , c'est-à-dire ce qui est contenu dans la mémoire des ordinateurs - ce n' est pas le mécanisme sur lequel on n' est toujours pas très avancé - pour l' intelligence , le programme , la France est vraiment numéro un à l' heure actuelle dans le monde .

Et monsieur Joly a tout de suite pensé qu' en s' adressant à cette intelligence et à ces programmes , il pourrait disposer du moyen de développer une robotique et les résultats sont là , il est en train de réussir ; bref , il a été prévoyant .

Il a bénéficié d' aide , mais c' était bien normal ; on ne va pas lui disputer cela .

C' est surtout dû à son mérite et à celui de ses ouvriers : très bien .

Ce problème de la caution personnelle est vraiment très dur - cela fait partie des mesures traditionnelles exigées par les banques ; il faudra peut-être y penser - je lui indique quand même , à monsieur Joly , que s' il réembauche des travailleurs qui appartiennent à des industries en restructuration , il recevra une prime de 45000 F et , s' il préfère prendre des jeunes , ces jeunes vont , dès maintenant , disposer de moyens de formation tout à fait considérables , sans commune mesure avec ce qui était fait auparavant .

Enfin , s' il investit , et il faut toujours investir , le Fonds industriel de modernisation d' une part et d' autre part l' ANVAR , la société qui met en valeur toutes les technologies nouvelles , seront à ses côtés .

Cela dit , et je le répète , le développement très puissant de nos petites et moyennes entreprises nous a valu un progrès absolument stupéfiant pour nos exportations qui ont augmenté de 90 milliards par rapport à l' année précédente ! Nous sommes , depuis quelques mois , en situation d' équilibre et nous arriverons , je crois , à un équilibre sur l' année ou peut-être dans l' espace de 2 ans .

Et c' est dû à des hommes comme lui qui , non seulement produisent , mais qui exportent , alors je voudrais l' encourager et pas seulement par des discours .

Si je peux , par mon action quotidienne , prouver que ce que je dis entre dans les faits , je le ferai avec grande joie .

Je ne connaissais pas Youri Andropov , j' en avais donc simplement un sentiment tout à fait extérieur : un forte personnalité , avec beaucoup de force intellectuelle et la continuité - essentiellement la continuité - de la politique extérieure soviétique .

C' est , après tout , ce qui m' importe le plus dans la situation présente , bien que je m' intéresse beaucoup à la situation intérieure de ce pays , mais c' est une autre affaire .

Pourquoi est -ce que cela changerait ? De toute façon , il faudra aller vers le dialogue : la France y prendra sa part et elle le facilitera autant qu' il sera possible .

Je compte donc entretenir avec l' Union Soviétique , avec le successeur de monsieur Andropov , ce qui était déjà amorcé du temps de son vivant .

Non , vous savez , personne , à vrai dire , ne m' entraînera dans des querelles partisanes .

Beaucoup cherchent naturellement , à m' y mêler mais moi , je ne le veux pas .

Je compte mener à bien la politique dont je suis responsable - qui ne peut pas plaire à tout le monde - mais je veux aussi sur l' essentiel - la défense , les grandes lignes de politique extérieure , peut-être aussi , du moins je l' espère , la défense des libertés fondamentales , la justice sociale enfin - vraiment rassembler les Français .

Moi , je ne m' en suis jamais pris aux personnes .

J' ai été pendant longtemps dans l' opposition , on le sait , j' avais souvent la dent dure , mais je ne m' en suis jamais pris aux personnes et je déplore que les passions qui s' avivent aujourd'hui n' épargnent plus rien et offrent à l' opinion publique un spectacle contestable , pour le moins .

Dans ce cas-là , il faudrait poser la question à la direction des impôts car c' est la direction des impôts qui , déjà avant notre arrivée , en 1981 , avait mis - comment dirai -je ? - le doigt sur l' abcès ; c' est la direction des impôts qui , faisant son métier , a relevé un certain nombre d' anomalies pour , je crois , quelque chose comme 500000000 de francs , c'est-à-dire 50 milliards de centimes .

Voilà , c' est tout .

Voyez -vous , lorsque Pierre Mauroy m' a téléphoné , quand il eut reçu le rapport des mains de monsieur Barre - et qu' il en eut pris connaissance , sur l' essentiel - pour me dire : je souhaite le publier , est -ce que vous me donnez votre accord ? je lui ai répondu : mais , supposez que je vous dise non : alors , je vais " étouffer " ? - quel scandale ! J' ai dit " oui " et cela a été quand même un scandale ! Voyez : ce n' est pas facile , la responsabilité politique .

Je vais vous dire quelque chose ; j' ai toujours entendu cela - d'abord quand j' étais étudiant ( c' était dans les années autour de 1934 ) puis à la guerre , lorsque je suis devenu responsable politique juste pendant la guerre et juste à ses lendemains et puis il y a eu 1958 et le changement de régime ; il y a eu 1968 et ce que vous savez - j' ai toujours entendu dire cela ! Aujourd'hui , il importe quand même aux responsables politiques de se faire davantage respecter ; ils obtiendront ce respect s' ils se respectent eux-mêmes .

Voilà ce que je pense de cette affaire .

Je crois que lorsque les grands débats vont reprendre autour des choix fondamentaux pour la France , à ce moment-là les Français se passionneront de nouveau pour les objectifs et les choix .

Il y a beaucoup d' hommes politiques de valeur en France , dans l' opposition et dans la majorité .

J' espère que les choses reprendront leur cours au niveau qui convient .

Vous suivez l' idée de votre confrère , comme si vous ne m' aviez pas écouté !

J' ai dit : il y a beaucoup d' hommes - et de femmes , aurais -je dû ajouter - de valeur qui peuvent parfaitement illustrer la politique française , qui en ont les capacités intellectuelles , morales et politiques .

Je ne suis pas du tout pessimiste .

Mais dans les moments de creux - c' est arrivé en 1980 , et même début 1981 lorsque je lisais partout qu' il n' y avait plus d' hommes politiques et que les Français ne se passionneraient plus pour la campagne présidentielle et puis , voyez ce que cela a donné , les enthousiasmes que nous avons ressentis - c' est vrai que dans ces moments de creux , un certain nombre de gens , qui ont de la qualité , qui sont écoutés pour d' autres raisons , lorsqu' ils s' expriment avec bon sens - pas toujours dénués d' esprit partisan - lorsqu' ils y mettent leur coeur et leur raison , avec talent , comme c' est le cas d' Yves Montand - avec un grand talent - ils trouvent naturellement un écho .

Moi , cela ne me choque pas ; Je ne suis pas naturellement d'accord avec tout ce qu' il dit - il y a même des choses qui peuvent me paraître peu acceptables , mais je n' ai pas à en juger - c' est une personnalité intéressante , c' est un homme qui mérite la sympathie , et puis .

et puis , disons les choses : quel talent ! Si tous les hommes politiques en avaient autant , alors , en France , on ne s' y reconnaîtrait plus !

Ah , ça c' est " Yves Montand lui-même qui l' a dit : " J' ai plus de talent que Reagan comme acteur ; j' en aurais peut-être moins comme homme politique " .

On verra bien .

Je fais tout pour cela .

Je suis Président de la Communauté pour 6 mois - c' est à tour de rôle , il y a 10 pays , chacun a son tour suivant l' ordre de l' alphabet - ce n' est pas une distinction extraordinaire mais , pour l' instant , c' est la France : premier janvier premier juillet .

Or , il se trouve qu' en raison des échecs successifs de Stuttgart et d' Athènes , l' Europe , la Communauté des 10 est à bout de souffle ; elle n' a plus d' argent .

Alors , que va -t-elle faire ?

Le Marché commun agricole est une chose considérable pour tous les agriculteurs de l' Europe , en particulier pour les agriculteurs français , et , cependant , ils commencent à douter : on voit partout se dresser des révoltes ; on finit par oublier que cela a apporté d' immenses bienfaits à l' agriculture française , qui représente 120000000000 pour l' exportation , dont 60 % rien que pour la Communauté .

Alors , on est 10 , il faut donc que j' essaye de convaincre les 9 autres .

Les contentieux sont nombreux : il y a celui sur le budget - entre ceux qui trouvent qu' on dépense trop d' argent et ceux qui trouvent qu' on n' en dépense pas assez pour lancer des opérations - il y a le problème de la contribution britannique : madame Thatcher trouve qu' elle paie trop - c' est vrai qu' elle paie beaucoup mais je ne vais pas me lancer dans une discussion trop technique à ce sujet - elle trouve qu' elle paie trop , mais il ne faudrait pas non plus qu' elle demande trop : alors , on discute .

Il y a aussi des excédents laitiers : on produit de 103 à 104000000 de tonnes par an , et , au-delà de 97000000 de tonnes , on est en excédent alors on achète et on stocke : c' est très coûteux .

Que faire ? Il y a aussi ce qu' on appelle les produits de substitution - c'est-à-dire les produits agro-alimentaires américains , comme le soja et d' autres encore , les tourteaux - qui entrent massivement en Europe , sans taxes .

L' Europe a laissé faire et l' on nourrit tous les animaux avec cela , ce qui permet à des usines , en Hollande , en Angleterre , au Danemark , de nourrir à bas prix leurs animaux , de les vendre commodément , naturellement , sur le reste du marché , et de vendre le lait en faussant toutes les concurrences , et en bénéficiant en plus , de ce qu' on appelle les montants compensatoires monétaires , terme bien compliqué qui veut dire simplement que l' Europe accorde une prime à des pays à forte monnaie , comme l' Allemagne et la Hollande , et impose des taxes lourdes aux autres pays , ce qui défavorise nos producteurs , nos agriculteurs dans des conditions inadmissibles .

Alors , nous demandons la suppression de ces montants compensatoires , en particulier sur le porc , qui n' ont aucune raison d' être .

Et puis , il y a le fait d' augmenter les ressources : il faut le faire si l' on veut engager des politiques nouvelles , sociale , technologique , industrielle , spatiale .

Et puis , si l' on veut élargir le Marché commun de 10 à 12 avec un pays pauvre comme le Portugal et un pays en difficulté comme l' Espagne , il faut prévoir des dépenses nouvelles .

Tout cela , c' est ce que j' ai à traiter .

Alors , je vais partout , pourquoi ? D'accord , c' est très vite fait : l' Europe est petite , le voyage le plus long , c' est Athènes , c'est-à-dire 3 heures ; le plus court , c' est 40 minutes - on va plus vite et plus facilement à Amsterdam qu' à Lyon .

Je ne fais pas des miracles lorsque je vais ici ou là - sauf , comme on l' a dit au début , qu' il faisait assez mauvais temps et que cela n' a pas arrangé mes affaires - mais je considère que c' est un devoir pour moi que d' aller dans tous ces pays et de discuter avec les responsables .

C' est même une question de politesse et d' honneur à leur rendre : le plus petit pays vaut bien que la France se déplace .

C' est tout ce que je puis dire .

Je fais ce que je dois faire , je ferai tout ce que je pourrai pour sauver la Communauté , je ferai tout ce que je peux faire , pas davantage .

Cela dépend des 9 autres aussi , et comme les décisions sont prises aujourd'hui , malheureusement , et contrairement au Traité de Rome , à l' unanimité ou pas du tout , les risques restent grands .

Vous n' avez pas parlé des agriculteurs et particulièrement des agriculteurs bretons , je voudrais dire 2 mots à ce sujet .

J' aurais dû le faire , mais un mot simplement .

J' assiste comme vous à la colère des agriculteurs bretons et spécialement des producteurs de porcs et je voudrais leur dire : si vous souffrez de cette situation , c' est parce qu' en 1969 on a créé à la demande du gouvernement français , les montants compensatoires et c' est parce qu' en 1971 on a décidé que ces montants compensatoires , au lieu d' être payés par chacun des pays , seraient payés par la Communauté qui , aujourd'hui , paie avec notre argent les avantages des producteurs allemands , ce qui punit les agriculteurs ou les producteurs bretons .

Si l' on a supprimé récemment des avantages sur les tarifs de la SNCF , c' est parce que la Communauté nous l' a demandé en 1979 , et que le gouvernement de l' époque - d'ailleurs il ne pouvait pas faire autrement - a accepté .

C' est dire qu' il n' y a aucune raison pour que ces agriculteurs - ces jeunes agriculteurs qu' il faut aider , qu' il faut comprendre - se dressent contre le gouvernement et le pouvoir , dont l' action simplement , est hypothéquée par des décisions nationales ou communautaires déjà très anciennes .

Et moi , qu' est -ce que je fais ? Je demande qu' on nous débarrasse de toutes ces mesures qui désavantagent nos producteurs ; je voudrais qu' ils nous comprennent dans ce combat et qu' ils soient à nos côtés au lieu de casser les meubles dans les sous-préfectures .

J' y tenais .

Vous alliez m' expliquer que ces images sont formidables .

Maintenant , on peut produire des images qui se passent simplement dans le cerveau de quelqu'un .

Savez -vous que c' est une société française qui a remporté le prix cette année ? la société SOGITEC , je crois .

Elle a fabriqué une montre simplement avec ce qui se passait dans le cerveau de l' artiste et de l' ingénieur .

Voilà des technologies nouvelles intéressantes .

Il y a des expériences très intéressantes faites à l' heure actuelle à Angoulême pour les images les plus mode ? et j' ai moi-même présidé , il n' y a pas longtemps , à l' Elysée , une réunion de quelques-uns des plus grands techniciens , avec le Président de l' Institut national de l' audiovisuel , monsieur Pomonti et quelques-uns des inventeurs les plus remarquables de ces images par ordinateurs .

Je vous remercie .

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