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Prévision , erreur de prévision ? c' était celle du premier ministre de 1977 , au mois d' avril , qui , à l' Assemblée nationale , déclarait : notre capacité sera maintenue à l' échelle nationale de l' ordre de 33000000 de tonnes ; c' était l' opinion ou la prévision du ministre de l' industrie , non plus en 1977 , mais en 1978 , en octobre , qui , interpellé par un parlementaire , répondait : eh bien , je confirme ce qui a été dit par le premier ministre , ce sera bien 33000000 de tonnes ; je me suis exprimé un mois plus tard , en novembre 1978 , et j' ai dit : 31000000 de tonnes en capacité de production .

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F. Mitterrand - 4 avril 1984

Mesdames et messieurs , m' adressant à vous , je m' adresse aux Français , particulièrement à ceux qui souffrent durement de la crise , et je leur dis : l' avenir de la France passe obligatoirement par la modernisation de son industrie et par la formation , tout de suite , de millions de femmes et d' hommes pour qu' ils exercent de nouveaux emplois dans le même métier ou dans un autre .

Ou bien la France sera capable d' affronter la concurrence internationale , et elle assurera du même coup son indépendance et sa prospérité , ou bien elle sera tirée vers le bas et elle ira vers son déclin .

Cette bataille , nous sommes en train de la gagner dans des secteurs tels que les moyens de transport , l' espace , l' aéronautique , les chemins de fer , le métro , les télécommunications , l' énergie nucléaire , l' agro-alimentaire , le logiciel - ou , si vous voulez , l' intelligence ou le programme que l' on met dans les ordinateurs - toutes industries où nous sommes parmi les 3 premiers du monde ; nous étions en train de la perdre en 1981 , pour l' industrie du bois , du cuir , de la machine-outil , du textile , de la chimie , de l' ordinateur lui-même - nous avons réagi , nous remontons la pente - mais elle reste indécise , comme elle l' est pour l' automobile , les chantiers navals , l' électronique ou la sidérurgie .

Quel que soit le cas que l' on examine , rien - rien , et dans aucun domaine - ne sera durablement acquis si l' on ne réunit pas les 2 conditions nécessaires : la première est qu' il faut produire des biens d' égale ou de meilleure qualité que les autres , à des prix au moins égaux à ceux des autres - ce qui nous oblige à construire un instrument industriel moderne sans lequel nous ne vendrons pas les marchandises que nous aurons produites - la deuxième , je l' ai dit , est qu' il faut tout de suite former la main d'oeuvre qualifiée qui fera tourner cette industrie moderne .

C' est à quoi , mesdames et messieurs , je suis résolu .

Mais j' ai parlé de la sidérurgie qui se trouve aujourd'hui au coeur d' un grand débat national , qui pose aux travailleurs qui en vivent , aux régions où ils vivent , au pays tout entier , un dramatique problème ; là-dessus , comme pour le reste , je ne laisserai rien dans l' ombre .

Dans quelle situation se trouve donc cette industrie ? je la décrirai sous 3 aspects : industriel , financier et social .

Aspect industriel : notre capacité de production actuelle est de 26000000 de tonnes - le projet gouvernemental l' a réduite légèrement : un peu plus de 25000000 de tonnes , c' est du même ordre - la production en 1983 a été de 17500000 de tonnes qui seront portés à 18500000 cette année et l' année prochaine , donc une production accrue ; chaque usine prise isolément s' en tire , mais , au total , on ne s' y retrouve pas parce que il n' y a pas assez de débouchés .

Vous savez - bien entendu , puisque vous être là - que la consommation baisse dans le monde et en France , qu' on emploie moins d' acier pour toute une série de biens fabriqués , je pense à l' automobile , dans certains cas cela peut aller jusqu' à 40 % de moins qu' autrefois , et vous savez également que nombreux sont les pays qui n' avaient pas de sidérurgie et qui , aujourd'hui , fabriquent de l' acier à bas prix .

Aspect financier : de 1966 à 1981 - retenez bien ces chiffres - 5 plans ont été consacrés à la sidérurgie - 5 ! - ils ont engagé en Francs constants , à la valeur actuelle du Franc , plus de 60000000000 .

Entre 1981 et 1983 , 17000000000 nouveaux ont été engagés ; en 1983 , les 2 grandes entreprises nationalisées qui ont succédé aux entreprises privées qui recevaient , à perte , les milliards précédents ont perdu 10000000000 ; elles en perdront autant en 1984 , et c' est l' Etat , la collectivité nationale , les contribuables , qui assurent la différence , directement ou indirectement .

Or , en 1980 , puis en 1982 , une décision renouvelée de la Communauté économique européenne a interdit toute subvention à partir de 1986 , ce qui veut dire que , même si la France demande - et elle le demandera - et obtient - et je pense qu' elle l' obtiendra - que cette mesure soit reportée en 1987 , à partir de cette date il ne sera plus possible de compenser les déficits et la sidérurgie coulera sans recours .

N' était -il pas nécessaire - je considère que c' était un devoir - de ne pas attendre , de prévoir un plan qui pût parvenir dans les 4 ans à venir , en comptant cette année : 1984 , 1985 , 1986 , 1987 , à l' équilibre ?

Aspect social et régional : on employait 150000 travailleurs dans la sidérurgie en 1966 1970 , 110000 en 1981 et même un peu moins ; aujourd'hui 90000 .

Et comme cette industrie est concentrée sur quelques zones , sur quelques points que vous connaissiez , cela suppose des régions dévastées ; j' en parlerai dans un moment .

Face à cette situation , qu' a donc prévu le gouvernement au cours d' un récent conseil des ministres ? quel est ce plan tant débattu , tant discuté , tant contesté , et on en comprend les raisons ?

D'abord , des dispositions industrielles sur la base d' investissements nouveaux , par exemple à Sacilor Sollac , Dunkerque , à la SAFE , près de Pompey , à Hayange , Valenciennes , Longwy , à Neuves-Maisons , des modernisations qui permettront une production compétitive , mais qui supposent - en raison de ces modernisations mêmes - des suppressions d' emplois et 2 sites , celui de Rombas en Lorraine et celui de Fos dans les Bouches-Du-Rhône , qui se trouvent frappés en plein coeur .

Dispositions financières : on consacrera , en raison de ce plan , à la sidérurgie , entre 1984 et 1987 , 27 à 30000000000 de Francs , en plus de ceux dont j' ai parlé , dont 15000000000 d' investissement , à l' intérieur desquels 7000000000 pour la Lorraine .

Des dispositions sociales : la première , évidente , considérable : s' il y a 21000 , 25000 , 27000 , je ne sais , suppressions d' emplois , il n' y aura pas un licenciement .

Les travailleurs se verront proposer 2 issues différentes : la première , les préretraites en raison du dispositif prévu déjà dans le cadre de la sidérurgie et les congés-conversion dont le premier ministre a souvent parlé et qui consistent à ce que tout travailleur frappé par une suppression d' emploi , et non pas licencié , restant donc attaché à l' entreprise où il se trouve , pourra pendant 2 ans se former à des technologies nouvelles , y compris , bien entendu , des technologies dans la sidérurgie même , mais aussi dans toute discipline industrielle utile .

2 ans , me direz -vous , c' est bien long mais ces 2 ans ont été édictés non pas pour supposer que les travailleurs devaient retourner à l' école pour 2 ans et quel que soit leur âge , non , mais pour que l' on soit assuré qu' après 5 mois , 6 mois , 7 mois , selon la capacité , selon l' intérêt , selon la commodité de telle ou telle forme de technologie , chaque femme ou chaque homme qui bénéficiera d' un congé de conversion puisse trouver un travail .

Si au bout de 6 mois , on est formé , il n' est pas dit qu' il n' y aura pas là , à proximité , l' entreprise capable de le recueillir , de l' employer et de lui donner une nouvelle chance .

Voilà pourquoi 2 ans , ce qui veut dire que l' on s' engage , dans les 2 ans qui viennent , à transférer ou à créer dans les régions sinistrées - je pense d'abord à la Lorraine - assez d' entreprises nouvelles pour que les créations d' emplois se multiplient enfin .

Mais on dira , et je m' en expliquerai s' il le faut , n' y a -t-il pas déjà trop longtemps que les travailleurs de la sidérurgie , que la Lorraine elle-même , attendent une réponse à la question dont je viens de dire qu' elle est posée depuis 17 ou 18 ans ? tant de responsables s' y sont usés , s' y sont brisés , pourquoi réussirait -on cette fois ? C' est à cela que je vais m' appliquer , mesdames et messieurs ; je veux m' y appliquer d'abord en faisant des propositions , ensuite en y mettant toute l' énergie , toute la patience et la ténacité dont je suis capable .

Je considère que , pour moi , c' est un devoir primordial qui passe avant beaucoup d' autres et les 2 ans qui viennent doivent permettre au gouvernement de la République de mettre en oeuvre ce que le chef de l' Etat a ou aura décidé .

Je ne multiplierai pas les propositions ; je n' ai pas voulu réunir un dossier de propositions sur le papier ; j' ai voulu marquer une volonté , une volonté politique , et prévoir un minimum de structures pour que soient enfin productives les décisions anciennes ou récentes , accumulées au cours des temps , et qui doivent apporter à la sidérurgie les remèdes dont elle a besoin .

Je désire , à cet effet , que le ministre de l' industrie et de la recherche - à la tête d' un ministère qui doit désormais devenir celui du redéploiement industriel - rassemble dans ses mains , sous l' autorité du premier ministre , des pouvoirs exceptionnels qui lui permettront de mettre en oeuvre le plan de restructuration , sous tous ses aspects : les implantations d' entreprises , les créations d' emplois , les aides économiques , les congés-conversion , la protection sociale , les équipements universitaires , le désenclavement , bref , tout ce qui doit concourir à doter les régions victimes , meurtries et saccagées - et je pense d'abord à la Lorraine - des moyens de renaître , et non pas au siècle prochain , mais maintenant , dans les mois - j' allais dire les jours , les semaines - qui viennent .

Il faut pour cela , notamment en Lorraine , que soit établi un lien vivant , un lien actif entre les chercheurs , les formateurs , les chefs d' entreprise , les organisations syndicales et les pouvoirs publics .

à cet égard , la proposition qui émane des assemblées de Lorraine , tendant à constituer une sorte de " commission des sages " , mi-partie pouvoirs publics , mi-partie représentants de la région , me paraît une bonne proposition , que le gouvernement fera bien d' accepter , en même temps que le ministre responsable devra se mettre en situation , sans perdre 48 heures , de traiter les problèmes en cause .

Alors , on verra qu' il existe , en effet , de multiples dossiers pour des transferts d' entreprises , pour des créations , sur la base d' une série de mesures économiques qui ont été élaborée à ma demande par le ministre de l' économie et des finances et soumises , il y a quelques jours , au conseil des ministres .

Je veux dire : les facilités accordées pour les entreprises - et quand je dis " entreprises " , j' entends tous ceux qui participent au travail de ces entreprises et qui doivent participer plus encore aux profits de ces entreprises - l' exonération de la taxe sur les plus-values , l' exonération de l' impôt sur les revenus placés sur un fonds commun de placements à risques - termes qui paraîtront barbares , que les spécialistes éclaireront tout de suite , mais qui veulent dire tout simplement que , pour les entreprises non cotées en Bourse , il sera possible d' apporter de l' argent frais , exonéré des impôts dont je viens de parler , afin qu' il aille directement non seulement dans toute la France , car cette mesure est nationale , mais , par l' effet de l' action gouvernementale et du ministre en question , d'abord dans les régions dites " pôles de conversions " .

D' autres mesures ont été prises : la possibilité , pour les salariés , pour les cadres , d' acheter des actions dans l' entreprise où ils travaillent , la déduction du bénéfice imposable , des pertes de l' entreprise absorbée par une nouvelle entreprise dans les zones de reconversion , la possibilité qui sera donnée à chacun de ces chefs d' entreprises d' aller là , sans être surchargé par les pertes de l' entreprise qu' il vient de reprendre .

D' autres choses encore : l' amortissement réduit à un an lorsqu' il s' agit de dépenses liées à la création , à des opérations de recherche , touchant à l' utilisation de logiciels informatiques .

Oui : c' est là que la formation se fera , c' est là que s' ouvre la nouvelle ère industrielle , non seulement pour l' électronique elle-même , et l' informatique en particulier , mais dans toutes les industries traditionnelles ; il n' y aura de salut que par cette modernisation que j' évoquais pour commencer .

Sans oublier l' aspect universitaire : c' est , je le disais à l' instant , du lien entre les chercheurs , l' Université et les industriels , que naîtra la solution - on le constate dans bien des pays étrangers : pourquoi ne pas le faire ? - à Metz , une filière électronique , avec micro-électronique , informatique ; à Nancy , productique , automatique industrielle ; 3 IUT : à Metz encore - informatique - à Longwy - génie thermique - à Nancy , génie électrique .

Sur les 7 projets retenus pour la France entière dans le budget présent , 2 iront en Lorraine , qui seront équipés dans les conditions que je viens de dire .

Il faudra accroître les mesures de désenclavement pour que la Lorraine soit ouverte davantage sur l' Europe , et c' est pourquoi on devra accélérer les démarches déjà entreprises avec les pays voisins pour que le TGV , par exemple , à partir de notre capitale , et en passant par la Lorraine , puisse joindre les grands pays voisins , notamment l' Allemagne et Francfort .

Mesdames et messieurs , en m' exprimant de la sorte , je mesure l' ampleur de ma responsabilité .

Puisque les choses sont ainsi et que , finalement , il m' est échu d' arbitrer entre les propositions également difficiles , je vous pose cette question : peut -on consacrer des subventions à des entreprises déficitaires , et dans de telles proportions - plus de 60000000000 , 17000000000 , 27000000000 , faites l' addition , en 18 ans - pour la même industrie , concentrées dans les mêmes régions , tandis que les difficultés de l' emploi existent partout en France et qu' une région comme le Languedoc-Roussillon , dont on parle trop peu , dispose d' aujourd'hui d' un pourcentage de suppressions d' emplois supérieur à la Lorraine ?

Peut -on consacrer des subventions à ces entreprises déficitaires , je veux dire éternellement - mais là , le terme est fixé par la Communauté européenne , à laquelle nous appartenons , que nous n' avons pas l' intention de quitter : 1987 après , plus rien - ou doit -on plutôt consacrer ces crédits , et d' autres encore , à des technologies d' avenir , y compris , bien entendu , dans la sidérurgie ? Je pose cette question à toute femme , à tout homme raisonnable qui m' écoute à l' heure actuelle en France : est -ce qu' on peut continuer comme cela ?

Mais comment pourrais -je en même temps oublier , m' exprimant de la sorte , que cela se traduit pour des dizaines de milliers de travailleurs , par l' angoisse , l' incertitude : Sont -ils condamnés ? je leur dis non , mais il m' appartient de le démontrer dans les 2 ans qui viennent et à partir d' aujourd'hui même .

Voyez -vous , nombreux sont ceux qui appartenant au monde ouvrier , celui des cadres , travailleurs de l' industrie , m' écoutent en cet instant : je veux qu' ils soient juges , je leur parle avec confiance et j' attends d' eux qu' ils me rendent cette confiance .

Comment n' imaginerais -je pas que c' est dur , presque insupportable ? je comprends la colère , mais il faut expliquer , il faut faire appel , là , spécialement parmi ces travailleurs , mais aussi parmi les autres , à la raison , à la sagesse , à l' intérêt national et aux évidences que je viens de développer .

Oui , je veux qu' ils soient juges : doit -on continuer ce qui a été fait depuis 18 ans sans succès - ce qui ne peut pas être continué après 1987 - ou vaut -il mieux prévoir , s' organiser dès 1984 ? Pour inventer , créer , innover , installer , particulièrement en Lorraine , le nouveau flux industriel qui assurera la renaissance , toutes les mesures sociales sont prises , ils le savent , et cela ne suffit pas ; ils ont là leur métier , ils ont là leur maison , ils ont là leur famille , ils l' aiment , ils y sont attachés ; j' ai le devoir de les aider et je les aiderai .

à travers cette formule personnelle , j' engage assurément le gouvernement , l' administration , tous les pouvoirs publics : c' est pourquoi , à la suite des paroles qui sont prononcées cet après-midi , les actes , dès demain , se multiplieront ; il ne m' appartient pas d' en donner le détail , je connais mon devoir et je dois le remplir .

Je ne peux pas dire aux Français que l' on va vivre sur ce pied-là , des milliards et des milliards chaque année à perte .

Si ces milliards sont justifiés , et ils le sont quand il s' agit de sauver des métiers , des avenirs , pour ceux qui voudront : bâtissons , et nous y consacrerons l' argent qu' il faut , l' énergie aussi , c' est encore mieux , et si possible l' intelligence , pourquoi pas encore la volonté de servir et d' aider cette classe ouvrière meurtrie à chaque tournant de cette triste histoire ?

Oui , je les fais juges : ce n' est pas pour rien qu' au travers des 15 années précédentes , j' ai lutté pour qu' ils reçoivent enfin leur dû , tout simplement la justice ; c' est la même politique , avec les mêmes objectifs , mais qui comporte des obstacles différents et devant lesquels il faut agir différemment .

Il me semble que vous n' êtes pas le premier à poser la question : elle commence à ressembler à une ritournelle , répétée à plaisir par ceux qui ne connaissent pas leur histoire ou leur texte - vous vous êtes fait l' interprète d' une question posée à l' évidence par une partie de l' opinion et je vous en remercie - mais mon appréciation ne porte pas sur la nature de votre question , je suis même plutôt heureux de pouvoir y répondre .

Erreur de prévision ? eh bien , parlons -en ! S' il y a eu erreur de prévision , c' est l' erreur du huitième Plan ( 1976 1980 ) , et donc du gouvernement de l' époque , en 1975 , qui prévoyait une capacité de production sidérurgique de 33300000 à 35100000 de tonnes : le Plan de 1976 à 1980 ! Je me suis exprimé à ce sujet en 1978 .

Prévision , erreur de prévision ? c' était celle du premier ministre de 1977 , au mois d' avril , qui , à l' Assemblée nationale , déclarait : notre capacité sera maintenue à l' échelle nationale de l' ordre de 33000000 de tonnes ; c' était l' opinion ou la prévision du ministre de l' industrie , non plus en 1977 , mais en 1978 , en octobre , qui , interpellé par un parlementaire , répondait : eh bien , je confirme ce qui a été dit par le premier ministre , ce sera bien 33000000 de tonnes ; je me suis exprimé un mois plus tard , en novembre 1978 , et j' ai dit : 31000000 de tonnes en capacité de production .

Dans l' intervalle , en 1979 je crois , avait eu lieu une révision du Plan qui ramenait la capacité de production non plus aux 30 du Plan - bien qu' on soit allé jusqu' à dire 33 ou 35 - mais aux 27 et , dans le même moment , la Communauté européenne , la fameuse CECA , Communauté du charbon et de l' acier - celle qui intervient maintenant pour dire : en 1987 , cela suffit , plus de subventions , personne n' aidera plus personne , ni en France ni ailleurs - et bien , sa prévision était , pour les années que nous vivons , de 150000000 de tonnes pour l' Europe et de 30000000 pour la France .

30 à 35 : le Plan ; 33 : le premier ministre , 33 : la Communauté économique européenne ; 31 : le premier secrétaire du Parti socialiste : c' est tout ! étranges oreilles , qui n' ont retenu qu' un son dans cette musique parfaitement accordée , - étranges oreilles bien partisanes : l' opinion corrigera d' elle-même .

Il n' empêche que cette erreur , je l' ai commise , en même temps que ma formation politique , toutes les autres demandant davantage , de droite et de gauche - je crois qu' un grand syndicat avait indiqué que ces chiffres pouvaient être excessifs : c' est tout - dans ce cas-là , c' est une erreur collective , dont je confesse , la totalité des experts et des responsables de l' époque .

Et puis après ? cette erreur a été partagée par tous : certes , c' était avant le deuxième choc pétrolier , il faut le dire , la crise ne battait pas son plein , chacun trouve une excuse .

Qui placera -t-on le plus haut dans l' estime ? ceux qui s' étant trompés ont camouflé leur responsabilité , ou celui qui s' est trompé et qui entend bien ne pas faire payer au pays le prix de cette erreur ; bref , celui qui prend la responsabilité de corriger de telle sorte que la France n' en souffre pas ?

Leurs intérêts ne sont pas forcément divergents en la circonstance .

Je crois avoir assez dit , à l' instant , que si je ne rejetais la responsabilité sur personne , j' englobais la totalité des experts et des pouvoirs publics au cours des années que je viens d' évoquer dans une responsabilité collective , compréhensible sans doute , c' était l' ambiance du moment .

Ce sont les historiens qui trancheront .

Je dois vous dire que je suis comptable des intérêts de tous les Français , mais particulièrement des Français qui m' ont fait confiance , qui étaient , au fond , ceux qui connaissaient le plus le malheur ou la difficulté , séculairement .

Je ne dois pas servir leurs intérêts au détriment des autres lorsqu' ils sont légitimes .

Je dois imposer , quand il le faut , le service de l' Etat , c'est-à-dire de la collectivité nationale mais je pense d'abord en la circonstance aux travailleurs dans l' angoisse , de la sidérurgie , des régions comme la Lorraine , et je leur dis : nous nous comprenons tous ensemble , ce qui veut dire que les mesures sociales - pas de licenciements , congés-conversion , nouvelles technologies , nouvelles entreprises - supposent un élan aussi des entrepreneurs , une solidarité - ils m' entendent aussi en cet instant - et je vous dis qu' ils l' auront , dès lors que l' Etat aura fait ce qu' il doit faire pour que , prenant des risques supplémentaires , ils n' aient pas à en souffrir .

Voilà !

Nous avons choisi la croissance , c'est-à-dire la mobilisation de toutes les capacités du pays , pour créer , pour produire davantage , donc consommer , et je reste attaché à la recherche de la croissance .

Il n' y aura pas de réponse à la question que pose l' ensemble des travailleurs sans croissance .

Alors là , on aborde des problèmes tout à fait pratiques .

Comment obtenir cette croissance ? En 1981 , nous avons obtenu la croissance par l' accroissement de la consommation , c'est-à-dire que toute une série de groupes sociaux , socio-professionnels ou des groupes d' âge - personnes âgées , par exemple - ou bien des groupes comme les familles , ont obtenu des ressources supplémentaires .

N' était -ce pas juste ? n' était -ce pas nécessaire ? Mais naturellement cela provoquait , comme on dit maintenant d' un air très entendu , des effets induits et il est vrai qu' en 1981 1982 , le pouvoir d' achat s' est accrû de plus de 4 pour 100 , provoquant un certain nombre de conséquences difficiles à gérer , un afflux d' importations , parce que notre industrie n' était pas en mesure de produire ce dont avaient besoin les nouvelles couches sociales dotées de nouvelles ressources , d'autant plus que la crise , non seulement continuait , mais se durcissait - je parle de moitié 1982 .

Le gouvernement de l' époque , qui est en fait le même - même s' il a connu quelques modifications depuis lors - a été courageux lorsqu' il a décidé le blocage des prix et des revenus , lorsqu' il a engagé un peu plus tard ce qu' on a appelé la politique de rigueur .

Mais , la croissance reste une nécessité , il faut la prendre par le côté qui convient à l' intérêt présent : la croissance par l' investissement productif et quand on a dit ça , on n' a pas dit grand-chose : pour investir , il faut de l' argent .

On vient d' établir la liste des 57 entreprises les plus performantes de France , parmi lesquelles il y a bon nombre des grandes entreprises publiques nationales et , en particulier , 7 entreprises nationalisées en 1982 : on pourrait lire les résultats .

Seuls , ceux qui peuvent dégager des profits sont en mesure d' investir : il faut donc reconstituer ces marges .

Je n' ai pas dit : le profit de celui -ci ou de celui-là , j' ai déjà expliqué que ce profit devait être justement réparti , ce qui n' était pas le cas au travers des décennies précédentes .

Mais , il faut des marges ; il faut d'abord gagner de l' argent pour le placer sur l' investissement , et c' est pourquoi il faut choisir les technologies qui rapportent , aider les entreprises qui prennent des risques .

Voilà le pourquoi de tout ce plan dont nous parlons aujourd'hui .

C' est à partir de là que nous créerons les conditions de la nouvelle croissance , et nous n' attendrons pas 1986 pour constater que la croissance est parmi nous .

Monsieur Charpy , vous êtes orfèvre , car vous vous souviendrez de ce que vous écriviez en 1976 , 1977 , 1978 , 1979 et 1980 pour juger et jauger la politique du gouvernement que vous souteniez .

On était allé , dans vos milieux , jusqu' à accuser le gouvernement en place , tout simplement , d' être à la solde de l' étranger .

Pourtant , vous êtes restés ensemble , comme ça , enfin si je puis dire , alors j' aurais apprécié que la question émanât d' un autre journaliste , mais je respecte la vôtre , et je vais y répondre .

Sur quoi porte ce débat ? D'abord , l' erreur pour la sidérurgie , j' ai dit ce que j' en pensais : elle était générale - y compris dans la formation politique à laquelle appartient celui dont vous me parlez - elle était générale ! S' agit -il d' une erreur sur la croissance ? Je crois que c' est davantage cela et que Monsieur Noël Copin touchait la vérité du doigt ; je crois que c' est cela , comme si une mythologie nouvelle s' instituait qui voudrait que la croissance - on ne sait quelle croissance , ni par quels moyens - soit la réponse à tout .

Je répète que je suis d'accord sur cette démarche , mais que j' exige de ceux qui en parlent une plus grande précision .

La croissance , comment ? c' est la démarche gouvernementale qui créera la croissance , en créant des ressources .

J' ai écouté , moi aussi , bien entendu , le secrétaire général du parti communiste français , et toute une série de références sont venues au fil de la conversation , l' autre soir , que je n' ai pas reconnues , par exemple la référence complète à cet accord parti socialiste parti communiste - où , j' ajoute , je n' étais point partie , c'est-à-dire que cet accord passé à la veille de la constitution du deuxième gouvernement de Monsieur Pierre Mauroy , vers le 22 ou 23 juin 1981 , n' engageait pas le président de la république , mais enfin , admettons qu' il exprimait - ce qui était le cas - l' essentiel de sa pensée .

Que disait cet accord ? " La croissance " : une ou 2 lignes , quelque part , importantes .

" Le moyen de la croissance " ? la réponse ne pouvait pas être apportée à l' époque , par rapport à la situation d' aujourd'hui , et pourtant je lis l' accord en question , Monsieur Charpy , et je cite : " le changement se poursuivra par étapes , selon un rythme de transformation qui tiendra compte de la situation de crise " - de la situation de crise - " du fait que l' économie de la France est ouverte sur l' extérieur " - ouverte sur l' extérieur , Communauté européenne , décisions sidérurgiques , décisions sur l' agriculture - " et des nécessaires équilibres économiques et financiers " - équilibres .

Je trouve cet accord excellent - enfin , je veux dire que l' accord est meilleur que le commentaire .

Alors , vous allez me dire : quelles conséquences en tirez -vous ? J' écoute , j' observe , et je constate qu' une situation nouvelle se crée à partir d' une lecture et d' une pratique différentes des engagements souscrits .

C' est une constante de la vie politique , vous le savez bien , mais dans l' intérêt de la majorité comme de chacun de ceux qui y participent , je pense que le temps est venu de mettre les choses au net .

Je n' ai pas dit : " la bataille va être gagnée " ; j' ai dit : " la bataille est en train d' être gagnée " ; j' ai cité 5 industries où nous sommes remarquablement compétitifs , puis j' ai cité toutes les batailles déjà perdues en 1981 , avec 5 industries nommément désignées et puis j' en ai cité quelques autres - les plus importantes enfin , celles qui font le coeur du débat , la sidérurgie , l' électronique - et , sur l' ensemble de ces industries , j' ai dit : " La bataille reste indécise " et c' est précisément parce qu' elle est indécise qu' il faut rassembler les énergies , le travail , les efforts , les créations , partout - oui , partout et dans tous les domaines .

Voilà : vous m' avez mal écouté !

L' endettement de la France , représente 3 mois de nos exportations - l' endettement extérieur , c' est bien de cela dont nous parlons - et je suis sûr que c' est de cela que vous vouliez me parler car vous ne cherchez pas à faire un compliment .

Il y a bien 10 pays industriels qui sont plus endettés que nous - essayez de vous faire communiquer les données par le Fonds monétaire international , par exemple - et le service de la dette représente une charge qui peut être assumée puisque le déficit de notre commerce extérieur , comme je le souhaite , se réduit considérablement , et que surtout la balance des paiements courants va vers l' équilibre .

De ce fait notre endettement doit se réduire .

Il n' est pas question d' échelonnement de nos dettes : nous avons assez de réserves , et largement - et puis il n' en est pas question .

Notre situation est saine - elle est difficile : cela coûte cher - mais cet endettement est supportable .

Et vous ne m' avez pas parlé de l' endettement intérieur , parce que je vous aurais répondu aussitôt - ce que je fais sans que vous m' ayez posé la question - que nous sommes loin derrière chacun de nos grands concurrents , c'est-à-dire l' Allemagne , les Etats-Unis d' Amérique , l' Angleterre , le Japon : voilà , pour notre endettement intérieur .

Monsieur , vous êtes d' une très grande gentillesse et , en même temps , d' une certaine naïveté , si vous pensez que c' est dans une conférence de presse que ces choses se déterminent .

Je reste fidèle , Monsieur , à mes engagements profonds : je veux rassembler les forces populaires et qu' elles entraînent la nation tout entière vers le redressement national .

Pas à n' importe quel prix assurément ; je veux dire : pas au prix de voir l' effort du gouvernement sapé ou diminué dans l' estime même du public : c' est entre ces termes que je voyagerai lorsque je vous apporterai ma réponse .

Je n' ai pas déterminé que je serai candidat à la présidence de la République en 1988 : je n' ai pas de précautions à prendre , j' ai mon devoir à accomplir , je n' y manquerai pas , croyez -le .

C' est un risque .

Il faudra y pourvoir .

C' est vrai , 14 zones de conversion , ou pôles de conversion - c' est plus exact - c' est une nécessité , car on doit d'abord panser les plaies des régions massivement frappées par des concentrations industrielles typiques affectées par la crise .

Il n' y a pas que l' entreprise , il y a aussi l' environnement , les commerçants , les artisans , il y a le mode de vie dans la cité , il y a les échanges , les traditions , l' histoire .

Voir tout cela se détruire exige de la part du gouvernement une vigilance particulière .

J' ai moi-même fait état tout à l' heure de certaines régions où le chômage est dilué - j' ai parlé du Languedoc-Roussillon - au-delà des 14 pôles de conversion actuels , oui , j' attends de la réussite de la politique gouvernementale qu' elle puisse répondre , et de façon mieux appropriée , à l' ensemble des problèmes posés par le chômage .

Ce risque existe , Madame , cela fait partie de ma tâche que d' y penser chaque jour .

Il ne faut pas non plus être injuste , le Nord était déjà frappé par la crise du charbon et , d' autre part , plusieurs sites de Lorraine seront également modernisés .

Je pense que les travailleurs de Fos pourraient davantage déplorer que l' usine de Dunes , à Dunkerque ait obtenu la préférence , puisqu'ils fabriquaient les mêmes aciers spéciaux .

Seulement voilà , Dunkerque , avait un arrière-pays et constituait un ensemble industriel diversifié avec davantage de possibilités .

Et à Fos , d' autre part , si l' usine Ugine avec ses 1250 travailleurs , je crois , est très cruellement frappée - on pourra penser , là aussi , à un quinzième pôle de conversion - il n' empêche que les usines sidérurgiques de Solmer comportent quelque 6000 à 7000 travailleurs dans un ensemble industriel de 12000 : donc ce site n' est pas détruit .

Le critère , c' est que devant cette masse de milliards dépensés depuis 1966 , il fallait s' arrêter à un moment donné .

Or , bien que nous ayons prévu 27000000000 à 30000000000 à dépenser d' ici à 1987 , prévoir des équipements entièrement nouveaux impliquait un choix très douloureux , celui que vous connaissez .

Mais il ne s' est pas agi de choisir une région contre une autre , croyez -moi , et c' est à cette région , la Lorraine - qui n' a pas la Lorraine dans son coeur , parmi vous tous - qu' il faut en effet réserver aujourd'hui l' essentiel de nos travaux , de notre acharnement au travail , et à la réalisation d' un nouvel équilibre .

Vous le saurez , Monsieur , quand le budget sera élaboré .

Vous savez que l' usage veut que ce soit en octobre que les parlementaires en débattent ; donc , la préparation du plan gouvernemental doit être arrêtée à l' été , ce qui veut dire que les choix auront été faits - nous sommes début avril - dans les 3 mois qui viennent , peut-être même dans les 2 mois .

Je vous en informerai .

C' est là qu' il faudrait parler aussi de l' Europe .

Dans mon esprit , d'ailleurs , cette conférence de presse devait être centrée - et , bien entendu , ce n' est pas moi qui décide , puisque je vous ai invités , mais enfin je peux donner une indication - essentiellement sur les problèmes industriels , la sidérurgie d'abord , la Lorraine bien entendu , mais aussi sur les décisions prises à Bruxelles , c'est-à-dire l' Europe agricole .

Je vous remercie donc de votre question qui me permet d' entamer ma réponse .

à Bruxelles , le dernier sommet européen , comme on dit , a permis d' aboutir , ou de préparer l' aboutissement de tous les dossiers - j' en avais cité 16 lors de la conférence de presse que j' ai tenue à l' issue de ce sommet européen - à l' exception de ce que l' on appelle le remboursement à la Grande Bretagne de sa contribution , est restée aussi très trouble la décision sur le lait irlandais .

On a douté , dans les jours qui ont suivi , de ce qu' on appelait l' optimisme du président de la République : vous avez pu constater que , sur chacun de ces points , nous avons aujourd'hui un règlement entre les 10 pays , et même à l' unanimité .

Un règlement sur quoi ? sur l' ensemble des problèmes agricoles , je dis bien .

Que reste -il ? le problème des ressources nouvelles : il faudra augmenter les ressources de la Communauté , surtout en prévision de l' entrée de l' Espagne et du Portugal , mais aussi pour certaines productions méditerranéennes : cela reste en débat .

Augmentation de 1 % de TVA à 1,4 % ou 1,6 pour 100 , c' est en débat , mais comme tous les pays les plus récalcitrants sur les équilibres budgétaires sont favorables à l' entrée de l' Espagne et du Portugal - je pense à la Grande Bretagne en particulier - il n' y a aucune raison de penser qu' ils renonceront à cette volonté en refusant les ressources nouvelles .

Ont été réglés : le problème de la production laitière , des montants compensatoires monétaires , des prix agricoles , indépendamment de beaucoup d' autres questions qui retarderaient plus qu' il ne convient notre conversation .

à propos de notre production laitière , je dois tenir le même raisonnement en m' adressant au bon sens des Français , au bon sens des agriculteurs : nous appartenons à la Communauté et les agriculteurs , plus que toute autre profession , souhaitent y rester .

Cela veut dire que nous devons tenir compte de la production européenne et pas seulement de la nôtre .

L' Europe produit 104000000 de tonnes de lait ; elle n' en consomme et n' en exporte que 95000000 .

La différence est achetée aux agriculteurs à un prix unique garanti pour toute l' Europe , et on stocke ce surplus .

On achète et on stocke : 2 dépenses nouvelles pour des produits qui ne sont plus consommés .

La Commission européenne a décidé que cela n' était pas raisonnable , elle a fait des plans , et proposé un objectif de 97000000 de tonnes - il y a encore un surplus , mais il pourrait être " digéré " par le vaste organisme de l' Europe .

Les ministres responsables , en particulier les ministres de l' agriculture , ont obtenu , après des débats extrêmement difficiles , que fut réglé le problème du lait irlandais - et l' ensemble des revendications nationales , y compris les nôtres - d' une manière raisonnable .

Et on a abouti à peu près à 99000000 de tonnes , ce qui signifie une réduction de la capacité laitière en France moindre par exemple qu' en Allemagne qui , en ce sens , a montré beaucoup de civisme européen , avec certaines compensations nationales par ailleurs , mais c' était quand même un progrès .

La France a donc contribué à cette réduction de la production laitière dans des conditions qui lui permettent de rester le premier producteur laitier de l' Europe des 10 .

Comme cela a été assorti de la réduction des montants compensatoires monétaires - qui pesaient lourdement sous forme de prime pour les produits allemands et anglais et de taxe pour les produits français : réduction de 4 cinquièmes des montants compensatoires positifs le premier janvier 1985 - c' est un résultat inespéré .

Et comme vous le savez sans doute , nous disposons de nos montants compensatoires négatifs sur le plan national : nous pouvons de la sorte établir des prix acceptables pour nos agriculteurs puisque ces prix seront augmentés de 5 pour 100 , ce qui est le chiffre fixé pour l' ensemble des catégories socio-professionnelles en France , et même en un peu plus pour le lait .

Voilà l' ensemble des mesures , indépendamment des décisions particulières pour les zones de montagne , pour les petits producteurs jusqu' à 100000 kilos ou 60000 kilos , sans oublier l' accord sur un quota national , géré par laiterie , ce qui correspondait au voeu de la France .

Je crois que tout agriculteur pensera qu' il est souhaitable que les producteurs les plus âgés disposent des moyens de prendre leur retraite , ce à quoi il faut que la Communauté participe , que les jeunes qui vont recevoir des incitations à l' installation retrouvent un volume de production qui leur permettra de vivre .

En tout cas , ce qui a été décidé , est une discipline européenne .

Qui pense à quitter la Communauté européenne ? personne : il faut donc savoir en tirer des conséquences .

Ce principe était écrit dans le programme que j' ai présenté lors de l' élection présidentielle , il figure , je crois , parmi les 110 propositions que j' ai énoncées alors que n' y figuraient pas les 31000000 de tonnes pour la sidérurgie .

Donc , en effet , le contrat voudrait qu' on allât vers une forme de proportionnelle .

Là-dessus beaucoup de voix autorisées se sont fait entendre , dans la majorité et dans l' opposition .

J' y travaille : il n' existe pas de projet précis dans ce sens , mais avouez que nous avons pour l' instant beaucoup de pain sur la planche qui me fait penser par priorité à d' autres choses qu' au système électoral .

Je constate qu' elles se multiplient et que chacune d' entre elles croit avoir raison contre toutes les autres .

Si ces revendications sont légitimes , le devoir du gouvernement est de s' en préoccuper , de dialoguer , d' apporter les solutions ; si elles sont excessives , le devoir du gouvernement , c' est de dire non .

En tout cas , on ne peut pas dire oui à tout le monde à la fois - c' est ce qui inspirera ma conduite - l' intérêt général passe avant les intérêts particuliers .

Vous avez un peu résumé , un peu raccourci mais c' était normal , il y avait la traduction , mais c' est un peu trop raccourci car l' industriel en question - qui était Monsieur Jobs : 29 ans , il est le fondateur d' Apple qui représente , disons des centaines de millions de dollars , ce qui est le témoignage de sa réussite , parce que il a eu du génie dans l' utilisation de l' électronique et particulièrement du micro-ordinateur - n' a pas dit exactement ce que vous rapportez .

Il a dit : la difficulté que j' éprouve en France - et là , vous avez raison - c' est la complication administrative , la somme des formalités .

Il y a d' autres avantages , mais , c' est vrai , cela est un inconvénient .

Alors , j' ai posé la question dès mon retour au ministre responsable et au premier ministre , et j' ai dit : pourquoi tout cela ? Mais j' avais déjà un élément de réponse qui m' avait été fourni en Amérique même , car , à la même conférence , il y avait d' autres industriels qui avaient investi en France , et j' en ai retrouvé à l' Economic Club , le grand club de New York , notamment le responsable de Ford , qui m' a dit : c' est en France , près de Bordeaux que j' ai le plus de satisfactions .

Un autre , un grand industriel , qui a plusieurs usines en Franche-Comté , m' a dit : c' est en France que j' ai le plus de satisfaction et le moins de difficultés .

Il y avait donc des opinions diverses .

Je crois cependant que cette préoccupation est juste et que le goût abusif que l' on a , en France , pour les formalités administratives , doit céder la place à une plus grande ouverture .

C' est parce que c' est difficile que je l' ai décidé ; si cela avait été facile , on l' aurait fait avant moi , je suppose , alors que la somme des prélèvements obligatoires augmentait d' un point chaque année depuis 10 ans .

C' est parce que c' est difficile , mais c' est aussi parce que c' est nécessaire et qu' on ne peut plus écraser d' impôts et de charges tous ceux qui créent de la richesse en France .

Je voudrais répondre en indiquant que ce travail est en cours , que je m' en occupe beaucoup personnellement et qu' il y aura effectivement réduction des charges et des impôts dans le prochain budget .

Aurons -nous réussi ?

Vous jugerez : telle est , en tout cas , ma tâche .

Mais on n' en est pas là ! J' ai déjà indiqué que c' était dans les 3 prochains mois que je ferai connaître mes choix au gouvernement .

On en parlera en temps utile .

Distinguons , Monsieur : je suis , l' élu du " peuple de gauche " , mais je suis le président de tous les Français ! c' est la seule distinction à laquelle je m' attacherai .

En changeant d' état , je change d' obligation : cela aussi , c' est un bon changement , qui ne me fait pas oublier les premiers .

Pour le reste , c' est une suggestion - pour l' instant , c' est un peu la " bourse à idées " - on discutera de la vôtre .

Monsieur , je voudrais vraiment être obligeant avec vous , mais je suis obligé de dire que votre question n' a pas de sens , je suis obligé de vous le dire , car ce que vous appelez les sommets agricoles ou de politique générale - c'est-à-dire les conseils que président le ministre de l' agriculture , dans un cas , et le ministre des affaires étrangères ou des relations extérieures , dans l' autre - ce furent les comités préparatoires qui ont agi sur instructions du chef de l' Etat ou du chef du gouvernement , mais leurs résultats n' étaient pas acceptables - ou je dirai acceptés - ils n' ont eu de vie , juridiquement , qu' après décision du sommet .

Sur chacun des points dont vous me parlez , il y a eu discussion à Bruxelles et vote - chaque délégation a dû se prononcer - la preuve en est que l' on pouvait croire ce problème du lait irlandais réglé avant , et qu' il n' était pas réglé après ! Et si l' on a pu débattre du lait irlandais après , c' est parce que , déjà au cours du sommet , il avait été entendu qu' au-delà des 600000 tonnes affectées à certains pays - en particulier l' Italie - un tonnage supplémentaire était proposé à l' Irlande : 240000 tonnes lui ont été ajoutées par la suite .

Ce choix avait déjà été préparé par le sommet européen .

Alors , j' arrête là , mais je crains que vous n' ayez une vue un peu partielle de la chose .

D'abord , aux Etats-Unis d' Amérique , j' ai fait comme aujourd'hui , j' ai répondu à des questions .

C' est comme la fameuse histoire sur le quotient intellectuel des ministres communistes ! C' est parce que un grand industriel américain , au cours d' une réunion avait posé la question : " Vos ministres communistes sont -ils capables de comprendre les grands problèmes économiques de l' heure " que je lui ai répondu : " Monsieur , autant que vous , leur quotient intellectuel vaut bien le vôtre ! " Isolée de la question , naturellement , ma réponse pouvait presque apparaître comme offensante .

Un homme comme vous , un journaliste comme vous , qui me pose à la suite 2 questions qui , comme la précédente , n' ont pas beaucoup de sens ! Mais je vais vous répondre : quand j' ai parlé du " petit télégraphiste " , ce n' était pas au sujet de Varsovie ! L' histoire , ça compte , ou pas ? les faits , ça compte , ou pas ? Les journalistes , maintenant , en Angleterre , ils imaginent ? ils ne s' occupent pas de savoir la réalité des faits , même quand ce sont les meilleurs ?

Mon prédécesseur , Monsieur Giscard D' Estaing , est allé à Varsovie rencontrer , imprudemment à mon avis , Monsieur Brejnev , au lendemain d' une affaire de l' Afghanistan sur laquelle son gouvernement avait mis quelque temps à réagir : premier point .

Deuxième point : un peu plus tard , il s' est rendu au sommet des grands pays industriels , à Venise , soudainement porteur d' un message de Monsieur Brejnev disant : " On va commencer à évacuer l' Afghanistan " .

Cette intervention , cette dépêche , a quand même troublé le sommet de Venise , qui s' est dit : " tiens ! après tous , si cela s' arrange , ce n' est pas la peine de durcir le ton " .

Si l' on peut mettre en cause les Postes et télécommunications dans cette affaire , c' est à propos de Venise , et pas à propos de Varsovie ! Voilà , c' est tout .

On peut , par contre , me dire : L' Union Soviétique n' a pas quitté l' Afghanistan , continue d' exercer une contrainte et un contrôle durs sur la Pologne - la situation n' a donc pas changé par rapport aux années précédentes - peut -on parler à l' Union Soviétique alors que cela fait 3 ans que vous n' avez pas eu de relations directes - je lui parle , mais enfin - au plus haut niveau ? c' est une question , celle-là , qui en vaut la peine .

La situation est différente sur un point essentiel : la France a démontré par ses choix , notamment en matière stratégique et dans le grand débat sur les euromissiles , qu' elle ne pouvait consentir à la possession , ou à la détention , par une seule puissance - en l' occurrence , l' Union Soviétique - de ce que l' on appelle les forces nucléaires intermédiaires , en la circonstance les SS 20 et ne je sais combien de missiles de croisière .

Seul pays en Europe , pourquoi ? parce que ni l' Angleterre ni la France ne disposent , en vérité , d' un armement de ce type - elles ont un armement stratégique - et on voulait que ces puissances amènent à Genève , sur la table des négociations , leurs armements , dont ne discutaient ni les Etats-Unis d' Amérique ni l' Union Soviétique .

La position de la France n' est pas à la merci de ce genre d' influence .

Autre chose est donc de débattre avec le plus haut responsable soviétique , dès lors qu' il sait qu' il n' a pas à attendre de vous quelque complaisance que ce soit mais , par contre , la volonté de dialoguer et de prendre part à un retour à une situation moins tendue dans les relations entre l' Est et l' Ouest .

Voilà , je vous ai dit ce que je pense de cette affaire ; quant à la glose , y compris la critique , elle est libre .

Il reste à régler ce problème du chèque , qui reste lié - c' est le seul point où ce lien subsiste - au problème des ressources nouvelles , et donc de l' élargissement .

Je ne voudrais pas me répéter , mais c' est nécessaire : tout le reste est réglé ; la tâche du président provisoire de la Communauté jusqu' au premier juillet - c' est la fonction que je remplis au nom de la France actuellement - est , de ce fait , très allégée .

J' espère qu' une réponse positive sera apportée sur ce point de la contribution britannique , et j' y travaille : je serai d'ailleurs lundi prochain à Londres .

Mais aujourd'hui , ce problème n' est plus indissociable de tout le reste , qui a été accepté par les 10 .

La situation est donc infiniment moins grave qu' elle ne l' était il y a 15 jours ; il n' en reste pas moins qu' il faut que l' Europe prenne conscience d' elle-même , qu' elle acquière une volonté politique , la volonté d' être , à côté des grands ensembles , des empires ou des puissances montantes .

Il est important que l' Europe , ayant pris conscience d' elle-même , songe un jour à se doter du moyen de son indépendance .

C' est cela qui justifie votre question , c' est cela , l' essentiel , et , si elle s' accroche à toutes les épines du chemin , notamment le chèque britannique , alors , évidemment , l' élan sera coupé : c' est cela sa gravité .

Je ferai pour cela tous les efforts que je peux .

Je crois que l' expérience de la loi montre , d' une part , que la Haute Autorité a pu libéraliser considérablement ce problème , puisque quelque 850 radios dites libres - les autres le sont aussi - ont été autorisées et que ces autorisations ont été données au cours de ces derniers mois : premier point .

Et , cependant , il est vrai que nombreuses sont ces radios libres qui ne peuvent pas vivre , c'est-à-dire que l' expérience montre que la loi - dans sa rigueur , notamment sur le plan de la publicité - a accordé une liberté qui reste , pour beaucoup , plus une espérance qu' une réalité .

C' est pour cela que je pense , personnellement , que toutes les entreprises , toutes les radios libres qui se doteraient d' un statut d' entreprise type PME , par exemple , et seraient donc responsables de leurs biens , de leurs ressources , et devraient en rendre compte , devraient pouvoir bénéficier d' une publicité .

La sagesse exigera encore que cela soit pour un temps d' antenne limité , tant de minutes par heure - il appartiendra aux responsables d' en décider - mais personnellement je vais dans ce sens , et je donnerai des instructions , là où je peux en donner , pour que cela se fasse ainsi .

On n' a pas besoin de remanier la loi : cela peut se faire dans la pratique le plus tôt possible .

Alors , on aura tenu compte de 2 nécessités : avec 850 à 1000 radios libres , une très grande liberté , une très grande diversité - mais tout de même pas tout à fait la situation italienne - en limitant le temps de publicité à quelques minutes raisonnables par heure .

Si d' autres idées sont meilleures , bien entendu , on les retiendra .

à propos de voyage , Monsieur Hargrove , lorsque l' on a évoqué aux Etats-Unis le nom de Monsieur Tchernenko , je répondais aussi à des questions .

Je ne suis pas arrivé aux Etats-Unis pour dire : je vais aller à Moscou - j' avais déjà esquissé une réponse dans l' hebdomadaire Paris-Match avant de partir pour les Etats-Unis d' Amérique .

Vous verrez bien si j' y vais : Je vous préviendrai à temps .

C' est une affaire à l' heure actuelle en gestation , Je n' ai pas demandé spécialement ! ce qu' il faut , c' est que des relations puissent exister pour faciliter le dialogue entre l' Union Soviétique et la France .

Je reviens à vous maintenant , Monsieur , c'est-à-dire à l' Auvergne : j' irai , en effet , en Auvergne bientôt ; ce sera la prochaine région que je visiterai : c' était prévu depuis l' année dernière .

Oui , je partirai avec sous le bras , si je puis dire , les dossiers très difficiles de cette région : Dunlop à Montluçon , en particulier pour le pneumatique , Michelin , et bien d' autres choses encore .

Vous voyez que les difficultés sont multiples : je suis là pour y répondre .

Qui verrai -je en Auvergne ? bien entendu , un ancien président de la République , vivant pour partie en Auvergne , représentant cette région : je ne verrais que des avantages à pouvoir le saluer .

Si j' entendais dire qu' un policier français participe à des assassinats , quel que soit le mobile , je frapperai ce policier .

Il reste à démontrer que vous avez raison .

Il est vrai qu' un certain nombre de choses de ce type se sont produites en territoire français , à l' instigation de policiers , dit -on , et en tout cas d' organisations secrètes , mais qui ne le sont pas assez pour qu' on ne suppose pas qu' elles soient étrangères .

Une concertation a eu lieu avec le gouvernement espagnol , mais est évidemment exclue l' idée que la France puisse se mêler de près ou de loin à des entreprises d' assassinat au nom de je ne sais quelle " légitime défense " qui serait contraire au droit et à la justice .

Donc , il n' en est pas question .

On revient souvent à mes propositions , et on n' a pas tort : quelques 75 sur 110 ont été réalisées en 2 ans et demi , dont certaines ont exigé une année de travail législatif , c'est-à-dire 2 sessions .

Il en reste : je suis élu pour 7 ans !

Certaines d' entre elles , rencontrent une réalité difficile , c'est-à-dire l' expression de l' opinion qui marque un refus , pas seulement limité , sectoriel , mais qui touche au fond de la nation française .

Il y a donc une contradiction entre la volonté politique exprimée , fondée , et une réalité politique , celle de la nation française que je dois respecter .

Voilà les 2 bords de l' étroit défilé au sein duquel le gouvernement doit avancer .

Je pense , en effet , que les propositions de Monsieur Savary , dès lors qu' elles ôtent à l' enseignement privé cet étonnant privilège de pouvoir recruter sans limitation budgétaire son personnel enseignant , sont bonnes : c' est une bonne chose de revenir sur ce privilège , de le supprimer .

Je pense également que les dispositions prises pour ce qu' on appelle la carte scolaire représentent un progrès ; je pense qu' un organisme fait pour gérer les subventions qui doivent aller aux établissements privés d' une région est une nécessité .

Comment voulez -vous gérer ces fonds qui proviennent d' institutions et d' organismes différents ?

Je pense que la proposition faite pour que des maîtres de l' enseignement privé puissent disposer , s' ils le veulent , au bout d' un certain temps , je crois 6 ans , d' un statut de droit public , est honnête et saine .

Que soit préservé le projet éducatif de chacun , c' est un débat de fond , et je comprends qu' il soit posé : on répond à cette question-là avec le maximum de scrupules , et de respect pour ceux qui la posent , sans oublier qu' il faut avoir le même respect pour ceux qui pensent que l' unité d' un grand service public diversifié , multiple dans sa pratique , est aussi une nécessité pour la France .

Voilà notre problème , je vous l' explique très simplement .

Caraïbes , cela a été ajouté .

Lomé , cela tient bon ; Lomé 3 est en débat .

Le commissaire français , membre de la Commission , qui agit donc au nom de la commission du Plan , Monsieur Pisani , agit avec beaucoup de célérité et de bon sens : il n' y a pas de divergences au sein de la Communauté , sur les accords de Lomé , de telle sorte que nous n' avons même pas eu à en débattre , lors des sommets européens .

Je pense , j' espère , que ce climat durera .

Vous revenez sur une question et aussi sur une réponse .

On ne peut pas dévider une sorte de chapelet , avec des dialogues successifs : j' ai dit ce que j' avais à dire ; si j' avais voulu dire autre chose , vous imaginez bien que je l' aurai fait .

Ah , c' est une question bien générale ! Je pense que l' immense majorité des fonctionnaires de la police fait son travail , son devoir , et est républicaine , c'est-à-dire se soumet aux instructions du gouvernement de la République ; je le pense vraiment , et d'ailleurs la représentation syndicale , dans son immense majorité , le montre bien .

Ce qui est vrai , c' est qu' on a pu oser dire - notamment lors d' une manifestation fameuse - qu' il existait d' une façon sous-jacente des petits groupes qui pensaient qu' il leur suffirait de tenir bon pendant quelques années pour traverser ce qui , à leurs yeux , était une mauvaise passe , c'est-à-dire le gouvernement nommé en 1981 et le président de la République .

Du même coup , en effet , se manifeste ici et là un sens très imparfait de la discipline .

Mais il ne faut pas tout confondre : peut-être voulez -vous parler du cas de ce haut responsable de la police qui a été muté récemment ? Monsieur Genthial : c' est un excellent fonctionnaire , parmi les meilleurs , il a été victime d' une situation qui s' était créée bien avant lui et qui , malheureusement , s' était perpétuée , et , de ce fait , je ne pense pas que sa carrière en souffre , en tout cas durablement .

Le gouvernement de la République compte sur la police : ici ou là , il doit agir avec vigilance , il n' y manquera pas .

J' ai un vis-à-vis qui essaie de se faire entendre .

La politique extérieure n' était pas , cette fois -ci , au centre de cette conférence de presse , en dehors de ce qui touchait à l' Europe , tout à fait d' actualité - tous vos confrères l' ont parfaitement compris et admis - je consacrerai des conversations avec les journalistes , à bref délai , sur ce sujet .

Monsieur Charpy , vous parliez de la presse - cela avait un côté un petit peu polémique - c' est parce que il faut sauvegarder la liberté de la presse que la loi sur la concentration du capital et la transparence de ce capital a été décidée par le gouvernement .

On pourrait croire , à vous entendre , que je ne le rencontre pas ! Ma porte est grande ouverte pour la majorité et pour l' opposition , et pas simplement sur le plan politique ; ma porte est ouverte à tous les groupes socio-professionnels , à tous les groupements ou associations qui représentent des grands courants d' opinion en France : monsieur Georges Marchais s' inscrit à l' évidence parmi ces personnalités .

Maintenant , mesdames et messieurs , n' oublions pas ce pourquoi nous nous sommes initialement réunis et que tous , nous contribuions , chacun à sa façon , à prendre en compte l' immense difficulté , la grande détresse vécue par des milliers et des milliers de nos compatriotes , dans les régions victimes de la crise sidérurgique ou de la crise charbonnière .

C' est ma pensée constante ; ce sera désormais mon action principale .

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