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Je ne dis pas cela pour blesser ceux qui m' entendent bien entendu - les populations qui m' écoutent savent que je les aime , que ce sont des citoyens , des citoyennes , des enfants , ceux qui grandissent , toute une population vivante , active , productive , sensible , intelligente , dont il est passionnant de s' occuper ; ce que je veux dire ne doit pas être compris de mauvaise façon - mais les financiers constatent que , les financements de l' Etat prévus dans les contrats de plan pour l' outre-mer représentent pour chaque habitant de ces départements un coût - légitime - de 4750 Francs contre 700 Francs dans ces mêmes contrats de plan pour les habitants métropolitains : cela représente des sommes considérables .

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F. Mitterrand - 1er décembre 1985

Je crois qu' il faut avoir des règles simples , et quelques règles d' action .

Puisqu'il s' agit de violence , parlons du terrorisme .

Si quelqu'un ou des organisations veulent régler les problèmes politiques de leur choix par le terrorisme , le devoir de l' Etat sera de choisir la loi de la sévérité ; on ne traite pas avec le terrorisme .

si il s' agit - c' est parfois le cas - de violence de droit commun à la fois banale - ce n' est jamais banal , les meurtres , les hold-up , les vols - cela est également condamnable .

Mais nous ne parlons pas de cela , ce n' est pas ce qui anime ceux qui recherchent un nouveau statut pour les départements d' outre-mer .

Nous distinguons bien : quiconque recourt au terrorisme aura devant lui la force de la loi , et donc de la répression - cela est normal , légitime dans un Etat civilisé - pour la violence de droit commun , j' ai remarqué que certains cas s' étaient produits là-bas où il convient de marquer une fermeté nouvelle .

Enfin , il y a le politique proprement dit , savoir qu' il y a des citoyens qui souhaitent sortir du statut de département , départementaliste , qui vont quelquefois vers des théories d' autonomie et parfois vers des théories d' indépendance .

Cela c' est un débat qu' une démocratie n' interdit pas , encore faut -il , si l' on est en démocratie , ce qui est le cas , tenir compte des lois de la République et des voeux de la population .

Or , nous avons à faire en Martinique , en Guadeloupe , à des populations grosso modo homogènes .

Il n' y a pas véritablement le conflit racial ou ethnique , dû à la présence de plusieurs ethnies , comme en Nouvelle-Calédonie par exemple .

Certes , il y a encore , et c' est bien normal , des survivances humaines de ce qui fut autrefois la colonisation ; il y a encore des pratiques qui y ressemblent et qu' il faut éliminer ; il y a la fonction publique qui souvent - pas toujours , de moins en moins - vient de la métropole , mais ce n' est pas cela un problème ethnique .

Le corps social est suffisamment homogène pour que l' on puisse estimer que lorsque les Guadeloupéens s' expriment , les Martiniquais s' expriment , le résultat des élections est un résultat honnête , cela représente l' opinion des gens , l' opinion des Guadeloupéens , l' opinion des Martiniquais .

Or , il faut admettre que l' immense majorité des électeurs de ces départements ont exprimé un attachement à la France et se sentent Français .

ils désirent aussi , mais c' est un autre problème dont on parlera certainement au cours de notre conversation , disposer de moyens particuliers , faire reconnaître davantage leur spécificité , ne pas être tenus si loin de la métropole par les règlements comme on le serait à Pontoise où à Melun .

Cela est facilement compréhensible .

J' observe que les consultations électorales ont donné l' avantage à des formations politiques différentes selon les département - plus ou moins aiguës dans leurs revendications - car je connais très bien la situation en Martinique .

J' entretiens depuis très longtemps des relations d' amitié avec ce grand écrivain qu' est Aimé Césaire , leader du Parti progressiste martiniquais , je connais sa position , ses revendications - bien que les mots soient un peu mesquins à côté de ce qu' ils représentent - pour obtenir que la personnalité de la Martinique soit reconnue - , cela se comprend tout à fait .

Elle se manifeste par les moyens que lui offre la démocratie .

D'ailleurs il gagne des élections - par toutes mais beaucoup - il a avec sa formation politique une position forte .

Cela , c' est une façon de vivre ensemble tout en se distinguant , ce qui me paraît la norme de la démocratie .

D' autres se révoltent : ils considèrent que c' est par la violence qu' ils parviendront à leur fin .

Cela , je l' ai déjà dit , ce n' est pas possible , en tout cas ce n' est pas acceptable .

Ils développent leur thèse , leur théorie , leur idéal , leur conviction , beaucoup d' entre eux sont animés par un idéal , cela leur est permis .

Il appartient à la population de trancher : voilà ma règle elle est aussi simple que celle-là .

Sur les questions qu' on examinera tout à l' heure : vers quoi peut -on se diriger , faut -il modifier le statut départementaliste actuel , et quoi à l' intérieur de ce statut si on le garde ? La discussion est ouverte mais la loi qui s' impose à tous est celle de la démocratie .

La démocratie doit exclure toute forme de colonialisme , quelque séquelle que ce soit ; elle reconnaît à chaque individu un droit égal à l' autre ; elle doit donner à la population dans sa majorité en tout cas - vous savez là-bas c' est souvent dans sa quasi-unanimité - le droit de s' affirmer dans le cadre qui a été fixé par la République .

Si ce cadre doit être changé , ce n' est possible qu' avec le consentement , que dis -je , la volonté des populations en question .

Depuis qu' il y a des élections là-bas et il y en a souvent on sait quand même à peu près où l' on en est .

Ceci permet de dire que le département tel qu' il est , la région telle qu' elle est , peuvent être améliorés mais , en gros , les institutions actuelles permettent d' avancer .

Le pourcentage est de combien ?

nationales , 50 pour 100 , ce n' est pas énorme puisque dans la métropole , dans les grandes occasions , présidentielles par exemple , cela dépasse 80 % , pour les législatives c' est entre 70 et 80 % , donc c' est peu .

Aussi , faut -il travailler à élever la conscience civique , que chaque Guadeloupéen , chaque Martiniquais sache que de son vote peut dépendre sa situation , et quand je parle de sa situation , je ne parle pas simplement de sa situation matérielle , je parle aussi , de sa dignité d' homme ou de femme .

il n' a pas besoin de l' entendre , c' est fait : le transfert des compétences , le transfert du financement sont intégralement réalisés .

Dans beaucoup de collectivités locales on répand la rumeur que tel n' est pas le cas .

Mais non : il existe une commission à l' échelon national qui l' a vérifié scrupuleusement .

L' Etat a rétrocédé , après la loi que vous venez de rappeler en 1982 , un certain nombre de ses compétences , c'est-à-dire de ses pouvoirs à des collectivités locales , la région ou le département .

La région et le département exercent ces compétences mais ils voudraient aussi de l' argent .

On leur a passé exactement l' argent , les financements correspondant aux compétences comme c' était avant .

Ce partage est tout à fait juste et la Commission nationale - qui est composée d' une majorité d' élus , et à l' intérieur de ces élus , c' est le hasard des choses d' une majorité de l' opposition politique actuelle - a conclu à l' unanimité que la répartition des financements avait scrupuleusement suivi la répartition des compétences .

Seulement , vous avez un certain nombre de collectivités locales , régionales ou départementales qui voudraient bien additionner , c'est-à-dire avoir les avantages de la décentralisation et garder les avantages , il y en avait quelques-uns , des subventions directes .

Non , cela n' est pas possible .

Qu' en revanche , il y ait un progrès décidé d' une façon nationale pour améliorer la situation d' un certain nombre de collectivités , particulièrement en retard , ou qui méritent davantage en raison de l' ampleur des travaux à envisager , c' est parfaitement normal .

On peut modifier certaines règles de répartition mais l' Etat a rempli strictement son devoir .

En fait , cela marche plutôt mieux en effet outre-mer qu' en métropole .

Mais cela ne marche pas mal en métropole .

Ce qui est vrai c' est dans vos départements , vous avez de l' avance sur les autres , vous avez déjà , sur le plan purement civique , des élections au suffrage universel aux assemblées régionales .

Cela existe aussi en Corse ; cela commencera d' exister seulement à partir du 16 mars 1986 pour la métropole continentale .

Donc , déjà vous avez de l' avance .

De plus , toutes les règles de la régionalisation ont été mises en place ; il faut s' y habituer .

Vous avez sûrement constaté des ratés : il faut me les signaler , il faut surtout les signaler au gouvernement dont c' est le rôle .

Vous pouvez faire appel à moi ; j' essaierai chaque fois de corriger dans le sens de la plus grande confiance dans la capacité départementale et régionale à s' autogérer , bien entendu dans le cadre des lois .

Il faut corriger cela par des méthodes sérieuses .

Ces 27 % de chômeurs sans emploi ne sont pas nés comme cela , cela fait longtemps que j' entends parler que , d' une façon endémique , beaucoup d' Antillais , surtout des jeunes ne trouvent pas d' emploi .

J' ai assisté comme vous à la déperdition de la substance économique et industrielle de vos départements .

Beaucoup de vos entreprises étant passées sous l' autorité de grands groupes , dont le siège est en métropole , ont très souvent délaissé les industries locales pour les transférer ailleurs .

Bref , vous avez perdu votre substance depuis 20 ans , 30 ans d' une façon continue : la conséquence naturellement est le sous-emploi .

Un certain nombre de mesures ont été prises au plan national , vous les connaissez , pour lutter contre la progression du chômage .

Vous savez qu' il y avait 1700000 chômeurs en 1981 environ , qu' aujourd'hui nous en avons 2300000 et quelques .

La proportion étant plus forte aux Antilles que dans la métropole , cela ne suffit pas du tout à m' apaiser et à considérer que nous avons réglé le problème .

Dans la crise mondiale que connaît l' Europe occidentale , et par voie de conséquence les départements français , nous sommes le pays qui depuis 4 ans a eu la moindre hausse du chômage mais hausse quand même .

Le chômage allemand , italien , espagnol s' est élevés beaucoup plus que le nôtre .

Nous avons même cette année avec le gouvernement de monsieur Fabius , depuis le premier janvier 1985 , enregistré une diminution globale du chômage - elle n' est pas énorme mais elle est quand même là - tandis qu' en Allemagne et en Angleterre , l' Italie et l' Espagne cela a continué d' augmenter .

Comment peut -on s' y prendre ? de diverses manières naturellement : en réanimant l' économie .

Pour animer l' économie , il faut avoir des industries exportatrices qui vendent des marchandises , pour cela il faut qu' il y ait des acquéreurs ; pour qu' il y ait des acquéreurs , il faut que les prix ne soient pas trop élevé , d' où la lutte contre l' inflation ; il faut que la qualité de ces produits et de ces marchandises supporte la comparaison , donc , il faut que nous soyons capables de fabriquer des marchandises , des produits qui soient de haute qualité .

Demain il faut qu' il y ait des travailleurs pour faire ce travail là , et donc former les travailleurs aux métiers du futur , qui à partir de l' électronique , l' informatique , de l' automation représentent une formidable révolution industrielle , y compris naturellement en Guadeloupe et la Martinique : pourquoi voulez -vous exclure ces 2 entités de notre raisonnement d' ensemble ? C' est là qu' il faut faire un effort particulier - je pense que les élus locaux qui ont maintenant plus de pouvoir doivent pouvoir y contribuer - la métropole a elle aussi ses obligations à l' égard de nos compatriotes de là-bas .

Il faut que nos équipements s' améliorent , se modernisent plus vite et que la formation des hommes , des femmes croisse plus vite parce que l' on a plus de retard .

Il faut le faire comprendre , ce n' est pas toujours très facile : c' est le sens de mon action .

Je ne serai jamais content tant que je n' aurai pas obtenu de réels progrès dans ce domaine .

J' ai employé une expression lors d' une conférence de presse récente à Paris , jeudi dernier , J' ai dit : tout gouvernement de la République doit se sentir en dette à l' égard des travailleurs qui n' ont pas d' emploi : c' est le cas de celui -ci .

J' ai dit , il y a des séquelles , on ne rompt pas des habitudes séculaires et il faut en finir en effet là où elles existent .

Il ne faut pas exagérer , ni voir une marque de pacte colonial là où il n' y en a pas ; je ne pense pas du reste que ce soit ce que pense ou dise Aimé Césaire .

Vous savez ce qu' est le pacte colonial : cela consiste à ce que les pays venus de l' extérieur absorbent , pompent si j' ose dire la substance économique naturelle d' un pays donné , en général ses matières premières et les transforment ailleurs .

Alors on sait que la richesse , l' enrichissement d' un pays tient à ce que l' on appelle sa valeur ajoutée .

La matière première si vous avez de l' élevage , c' est la viande ou c' est le lait - chez vous , c' est la banane , c' est le sucre - quand ces produits de la nature sont transformés soit dans l' industrie agro-alimentaire , soit dans d' autres domaines purement industriels , c' est là que se trouve l' enrichissement .

Si naturellement on transporte la matière première pour la transformer ailleurs c' est le pays qui la transforme qui s' enrichit .

C' est cela le pacte colonial .

Je ne peux pas dire , je n' aurai pas l' impudence de dire que l' on est au bout de nos peines de ce point de vue-là - il faut inverser la tendance - on a déjà fait des progrès dans certains domaines : pensez à la pêche par exemple .

C' est vrai que pour la pêche , maintenant , il existe une petite flottille , alors que c' était le monopole d' un certain nombre de flottes étrangères - je pense aux Japonais - aujourd'hui , il existe une authentique pêche locale et je crois que l' on peut l' étendre de 20 bateaux de pêche à une trentaine ; puis de 30 on pourra un jour j' espère passer à 60 .

Aimé Césaire et d' autres personnes que je connais et que j' ai rencontrées dans ma vie politique , lorsque j' étais à la tête du Parti socialiste - des éléments excellents et sérieux dans vos 2 départements et ailleurs - me faisaient souvent remarquer que l' assistanat continuait d' être une grande tentation , une tentation pour la population .

Forcément - quand on manque d' éducation , on pare au plus pressé - une famille nombreuse qu' est -ce que vous voulez qu' elle fasse ? elle est très contente que l' on ait amélioré les allocations familiales et on a bien fait - on a également amélioré la situation des personnes âgées et on a bien fait - mais il faut aller plus loin , contre cela la survivance de ce pacte colonial serait mortelle .

Aimé Césaire est un homme de vaste concept : quand il emploie cette expression , il englobe la situation d' un ancien pays colonisé par rapport à une métropole plus riche et en mesure en tout cas de tirer le meilleur de l' économie et avantage pour elle-même .

Cela vaut aussi pour le domaine culturel , c' est évident .

Cependant , j' ai assisté là-bas , non pas à de beaux réveils , mais à une meilleure possibilité d' exploiter la culture profonde par cette rencontre entre plusieurs formes de civilisations et de traditions différentes , qui ont été capables de se fondre tout en donnant véritablement un caractère particulier , culturel à la Martinique qui est différent de celui de la Guadeloupe et à plus forte raison différent de celui qu' on peut trouver à Bordeaux ou à Lyon .

Les cultures de chaque département doivent pouvoir s' affirmer pleinement en intégrant les apports qui viennent de métropole naturellement .

C' est sûr , on part de loin : les gouvernements qui se sont succédé depuis 1981 ont fait beaucoup pour cela .

C' est précisément leur oeuvre sociale qui est tant discutée ; on dit " ça coûte trop cher " mais - comment ça coûte trop cher ? - moi j' estime que l' on pourrait faire encore plus .

Lorsque nous avons augmenté le SMIC de 7,1 pour 100 , les allocations familiales de 11 pour 100 , amélioré la situation des allocations vieillesse , pour équilibrer la sécurité sociale , on a fait dans le sens contraire des économies qui sont souvent pénibles à supporter tout en améliorant votre haut niveau de protection .

Je peux dire qu' il n' y a pas de gouvernement qui ait fait plus que celui -ci - il n' a quand même pas compensé toutes les inégalités , c' est évident .

Malgré tout , il y a un chiffre que je vais vous dire pour qu' il soit bien dans l' esprit .

Je ne dis pas cela pour blesser ceux qui m' entendent bien entendu - les populations qui m' écoutent savent que je les aime , que ce sont des citoyens , des citoyennes , des enfants , ceux qui grandissent , toute une population vivante , active , productive , sensible , intelligente , dont il est passionnant de s' occuper ; ce que je veux dire ne doit pas être compris de mauvaise façon - mais les financiers constatent que , les financements de l' Etat prévus dans les contrats de plan pour l' outre-mer représentent pour chaque habitant de ces départements un coût - légitime - de 4750 Francs contre 700 Francs dans ces mêmes contrats de plan pour les habitants métropolitains : cela représente des sommes considérables .

Le budget de la France présente environ un déficit de 3 % du produit intérieur brut , c' est parfaitement supportable mais il ne faut pas le dépasser car on accroîtrait la dette et on lutterait plus difficilement contre l' inflation .

Il y a un effort à faire , je vous le concède - nous ne sommes pas arrivés au bout de nos peines ; la France n' a pas fait tout ce qu' elle devait pour ses ressortissants de là-bas - mais peu à peu , quand même , certaines vérités se font jour et depuis 4 ans , nous avons beaucoup fait et on continuera et , quel que soit véritablement le gouvernement de la France , le devoir sera le même .

Non , je ne vais rien vous démontrer mais il se trouve que ce sont toutes les rumeurs que l' on fait courir et qui sont démagogiques .

La France a une position au sein de la Communauté européenne et défend avec constance et acharnement les intérêts de ses ressortissants .

J' ai bien entendu tout cela mais vous n' avez pas tout dit - et heureusement - que Lomé 3 aurait dû délaisser les autres habitants des Caraïbes .

Simplement vous avez semblé regretter que le plan Reagan n' ait pas visé les populations françaises antillaises , bon ! mais en sens contraire , on ne le demandait pas : on n' allait pas retirer aux îles voisines les avantages de Lomé 3 qui s' applique d'ailleurs , comme vous le savez , aux pays d' Afrique , Caraïbes et Pacifique .

Mais Lomé 3 est une construction française , son auteur principal est Monsieur Claude Cheysson qui a été mon ministre des relations extérieures , qui est redevenu commissaire européen et qui , dans la phase précédente - lorsqu' il était déjà commissaire - a conçu , imaginé , mis en place Lomé 1 , Lomé 2 , Lomé 3 .

C' est une construction qui m' est particulièrement chère parce que j' ai toujours eu dans ma vie politique un certain intérêt , je dois dire , pour le développement outre-mer .

Si Lomé 3 n' approuve pas tout ce que vous souhaitez , ça donne déjà quelque chose d' important et la France y est pour beaucoup .

Naturellement les DOM apparaissent à nos collègues européens comme bien lointains - ils n' ont pas l' esprit à cela - demander à un allemand , demander à un Luxembourgeois , à un Hollandais de s' intéresser aux Antilles de la République française n' est pas simple ; il faut les convaincre .

Déjà , il y a un égoïsme naturel à l' intérieur des 10 pays - bientôt les 12 - qui font partie de la Communauté : chacun essaie de faire venir chez lui une partie des fonds qu' il donne .

C' est vous dire que la France est en train de se battre pour ce qu' on appelle les pays tiers méditerranéens , c'est-à-dire qui ne sont pas de la Communauté , mais avec lesquelles il y a des contrats d' association type Maroc , type Israël , type Tunisie ...

C' est une question très fine parce qu' elle appelle des réponses tout à fait diverses selon le droit international , le droit constitutionnel , l' administration , le voeu des populations , les intérêts en jeu .

Donc c' est une question fine et à laquelle il est assez difficile de répondre .

La République c' est la République ; les lois de la République s' imposent à tout le monde et , de ce fait , je ne peux pas dire que la Martinique et la Guadeloupe vont disposer demain d' un ministère des affaires étrangères qui traitera des problèmes des Antilles avec les autres Caraïbes , avec les Etats-Unis d' Amérique , le Mexique , plus bas le Vénézuela .

L' avancée , que j' ai voulu exprimer dans une allocution que j' ai faite en Guyane , est que je pense , que pour toutes les conventions internationales , pour les traités internationaux qui concerneront précisément cette région des Caraïbes , il faut que les assemblées régionales , départementales puissent prendre part aux discussions , pas en tant qu' Assemblée - c' est l' échelon national qui traite des problèmes diplomatiques - mais les hommes représentatifs et compétents doivent être mêlés aux négociations , à la gestion , donner leur avis et peser sur la décision .

En matière internationale , je ne crois pas que cela soit sage , même si je ne mets pas en doute leurs compétences et leur bonne volonté de laisser seuls débattre des problèmes qui touchent à la Guadeloupe et aux Antilles - de ministre des affaires étrangère , des relations extérieures ou je ne sais de quel autre ministre , ministre de l' intérieur ou secrétaire d' Etat aux départements d' outre-mer - ou uniquement des gens , des hauts fonctionnaires venus de Franche-Comté ou de Midi-Pyrénées .

Pourquoi les gouvernements français ne désignent -ils pas d' une façon presque obligatoire pour le représenter , dans un certain nombre de négociations touchant aux intérêts importants de cette région ,secrétairsdata-tooltip aria-haspopup="true" class="specificite has-tip" title="Le mot «avez» est ntir en dette à l' égard des travailleurs qui n' ont pas d' emploi : c' est le cas de celui -ci .

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