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Le Président de la République nomme qui il veut - il doit naturellement se placer en conformité avec la volonté populaire - mais , la notion de chef du parti le plus nombreux - après tout , le parti le plus nombreux , ce sera sans doute , de toute façon , quoi qu' il advienne , le parti socialiste , et les autres ne représenteront qu' une majorité très relative - mais cela n' est pas dit pour échapper à cette obligation : je devrai m' adresser à une personnalité de la majorité pour conduire le gouvernement .

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F. Mitterrand - 2 mars 1986

Bonsoir .

Non , non ! mais vous avez raison de rappeler que cette Haute Autorité , je l' ai voulue : j' ai demandé au gouvernement de l' époque de la créer , ce qui a été fait avec le consentement du Parlement ; je serais donc le dernier à pouvoir m' étonner , ou me surprendre de décisions , de souhaits qu' exprime la Haute Autorité .

En vérité , moi j' ai demandé à parler , mais je n' ai interdit à personne de le faire , jamais .

D'ailleurs , on va bien s' en apercevoir dans les 2 semaines qui vont suivre ; on va beaucoup parler , on entendra beaucoup les mêmes mais moi , on ne m' entendra plus .

Parole d' évangile ! vous savez , mes prédécesseurs - je crois qu' il faut mettre les choses au net - les 3 Présidents qui m' ont précédé à la tête de la cinquième République sont chaque fois intervenus et ils sont intervenus après la clôture de la campagne électorale , c'est-à-dire la veille du jour où les électeurs devaient se prononcer .

J' ai trouvé cette méthode incorrecte , inadmissible , et je l' ai dénoncée ; je ne suis donc pas prêt à agir de même .

à la veille des élections de 1967 et de 1968 , c' est le Général De Gaulle qui l' a fait ; à la veille des élections de 1973 , c' est monsieur Pompidou qui l' a fait ; à la veille des élections de 1978 , c' est monsieur Giscard D' Estaing qui l' a fait , la veille du scrutin .

Et vous savez que plus personne n' a le droit de parler l' avant-veille , ce qui veut dire que personne ne pouvait répondre .

Alors , je trouve assez mal venu que des groupes politiques qui se réclament des personnalités en question viennent , aujourd'hui , s' ériger en juges ; je trouve même que , dans ce concours d' hypocrisie , j' hésiterais à donner la palme .

Telle est bien ma volonté , telle est bien mon intention .

Jamais je n' ai désiré parler , comme on l' a fait , après la clôture mais je n' ai plus du tout l' intention de parler maintenant , dans les 2 semaines qui viennent , tous les jours .

La campagne audiovisuelle , vous le savez bien , ne commence que demain : je n' ai donc en rien gêné , et je trouve très bien que la Haute Autorité ait agi dans ce sens .

Oui , vous l' avez déjà dit , mais moi j' ajouterai simplement que plus on les entendra , mieux ça vaudra .

ça veut dire que j' entends bien soutenir la majorité sortante : elle a bien travaillé , elle a été courageuse , elle a élargi le champ des libertés , elle a vraiment créé un réveil culturel formidable , elle a modernisé ou commencé de le faire , elle a commencé une sérieuse formation des hommes , des femmes , pour les métiers nouveaux .

Eh bien ! moi , j' estime que c' est mon devoir que d' être auprès de cette majorité pour dire : Français , ne soyez pas injustes avec elle .

Bien entendu , plus les Français le feront , même ceux qui ne sont pas des socialistes - qui ne se reconnaissent pas dans la majorité socialiste - et ceux qui veulent qu' il y ait harmonie , qui ne veulent pas interrompre une expérience qui est réussie , étant aussi bien entendu que si les autres veulent se réclamer de moi , j' en serai ravi .

Non , c' est le Président de la République mais , j' entends , moi , ne pas participer à ce concert que j' ai dénoncé tout à l' heure comme le concert de l' hypocrisie .

J' ai des responsabilités à l' égard de la majorité courageuse et qui réussit ; je n' entends pas les abandonner aujourd'hui .

C' est aux Français de le dire et , en tout cas , c' est aux Français que je m' adresse , pour leur dire qu' il faut absolument qu' ils se rassemblent le plus grand nombre possible .

Je ne leur demande pas du tout de changer d' opinion - ils sont libres de leur vote , ils le savent bien - mais je souhaite très vivement qu' ils évitent la période très difficile qui suivra ou qui suivrait les élections dès lors que l' on tirerait à hue et à dia .

Je parlerai de monsieur Valéry Giscard D' Estaing avec beaucoup de - comment dirai -je ? - sans forcer le ton .

Mais ce risque , il l' a pris lui-même à diverses reprises et dans les mêmes conditions , à diverses reprises , je l' ai dit pour commencer : donc , pourquoi rejeter les uns sur les autres toute une série de façons de faire ? J' ai créé la Haute Autorité , je me conforme à la morale politique , je me tairai pendant la campagne audiovisuelle qui commence demain , je n' interviendrai pas après la clôture des élections dans la campagne électorale - c'est-à-dire le 14 au soir , le 14 mars prochain - je crois avoir assaini les moeurs dans ce domaine et je trouve que ces reproches sont immérités .

C' est de la petite politique , tout ça .

Le Général De Gaulle s' est contredit à la veille des élections de 1967 et à la veille des élections de 1968 : tout le monde peut se tromper .

Il s' agissait sans doute de circonstances particulières ( on sait bien ce qui s' est produit dans les premières années de la présidence du Général De Gaulle , notamment avec le drame algérien ) .

Donc les circonstances ne sont pas aussi dramatiques , mais une majorité qui prétendrait disputer au chef de l' Etat les pouvoirs que la Constitution lui confère , une majorité qui prétendrait briser l' élan aujourd'hui entrepris et dont , je crois , on peut attendre de bons résultats , commettrait une très grave erreur .

Non , non , pas du tout .

Voyons le programme politique présenté par les principaux partis de l' opposition .

Parmi les premiers articles de ce programme , il y a ceci : sur le plan fiscal , nous supprimerons l' impôt sur les grandes fortunes , nous établirons un certain nombre de dispositions qui favoriseront notamment les tranches qui atteignent 65 pour 100 , nous favoriserons ceux qui gagnent plus , nous distribuerons entre 10 et 15000000000 de Francs - des Francs actuels bien entendu - aux 100000 foyers ou personnes les plus riches de France .

C' est la meilleure façon de réveiller ce que vous appelez la lutte des classes que de réveiller la révolte des plus pauvres ou des moyens contre les plus riches , c' est ce programme-là qui a relancé ce débat .

J' estime de mon devoir de le relever car je suis aussi moi-même garant de la paix sociale en France et si je l' ai dit , je crois que ça a été bon ; au fond , ils n' en parlent plus aujourd'hui .

Je suis convaincu qu' il y a beaucoup d' électeurs conservateurs ou de droite qui n' aiment pas ça , qui n' aiment pas que leurs représentants veuillent ainsi réveiller les querelles sociales .

Mais , écoutez , je défends une politique dont je suis le premier responsable !

Je répète que j' invite tous les autres à en faire autant .

C' est une ambition que j' ai exprimée lorsque j' étais le premier responsable de ce parti - depuis cette époque , je n' ai jamais repris ce type de propos - il appartient à ceux qui le dirigent maintenant de le reprendre .

Je ne suis pas le responsable du parti socialiste : j' y compte beaucoup d' amis , j' aime , la plupart du temps , ce qu' il fait , je lui souhaite bonne chance - mais je ne suis pas le responsable de ce parti , j' ajoute que vous me parlez de parti ,

bien entendu - c' est pourquoi je m' estime tout à fait engagé par le travail accompli sous mon autorité , et que ce parti a soutenu .

Un médecin affecté dans une fonction médicale , c' est assez normal et ce n' est pas parce qu' on me soigne que l' on doit être interdit d' une situation correcte ; d' autre part , il n' y a pas beaucoup à me soigner d'ailleurs .

Vous vous souvenez de l' époque où je ne sais quel homme politique avait dit , il y a déjà quelque temps , en parlant de ses partenaires de la majorité , qui est l' opposition d' aujourd'hui , en reprochant au gouvernement de l' époque qui , je crois , était dirigé par l' actuel Président du RPR : " c' est l' époque des copains et des coquins " .

Bon , très bien ! ce que je tiens à dire , c' est qu' il y a sans doute des copains autour de moi , mais il n' y a pas de coquins .

Le gouvernement , monsieur Mourousi , nomme qui il veut .

Mais par exemple , j' ai eu un mot à dire dans la nomination des représentants , personnes qualifiées - voyez , le terme est vague , cela permet de nommer qui on veut - au Conseil économique et social - 40 nominations - sur les 40 , 17 membres de l' opposition .

Je vous donne ce chiffre pour montrer que je cherche à être équitable , et je n' ai à l' égard de l' opposition et des électeurs et des personnalités qui la composent aucune animosité .

Je me reprocherais beaucoup d' être à mon tour injuste à l' égard de l' opposition - elle ne le mérite pas toujours , et beaucoup de ses hommes ont de la valeur - alors , ils ne sont pas écartés , en vérité .

Je l' ai toujours dit , je n' ai jamais procédé comme certains le font sur le ton de la colère permanente .

Non ! ce que je crois , c' est que les idées dont ils se réclament , les méthodes qu' ils pratiquent , et finalement la politique qu' ils représentent n' est pas la meilleure pour la France .

Et j' ajoute qu' étant entendu que , depuis 5 ans , le pays est engagé dans une action que j' ai menée avec une majorité , dont on voit les résultats aujourd'hui , je pense qu' il est dangereux pour la France de briser cet élan .

J' ai déjà entendu dire qu' un ministre de l' intérieur , ou un ancien ministre de l' intérieur , avait été nommé Président du Conseil constitutionnel , que le directeur de cabinet du Général De Gaulle avait été nommé Président du Conseil constitutionnel , que sais -je encore !

La loi m' impose - m' imposait - de nommer mon représentant au Conseil constitutionnel entre le 18 février et le 24 février - si j' avais manqué à cette obligation , j' aurais manqué à la loi - je l' ai nommé le 19 , donc exactement pendant le temps qui m' était imparti , et j' ai nommé Robert Badinter : qui peut contester les qualités professionnelles , en tant que juriste , et les qualités morales , de Robert Badinter ? personne n' aurait trouvé mieux .

Non , je n' ai pas besoin de dramatiser , je ne dis pas que ce soit un drame , mais c' est un rendez-vous très grave que celui du 16 mars .

Les Français s' y sont un peu habitués , parce que j' ai indiqué ma position .

Ma position , on la connaît , mais permettez -moi de la répéter : moi , je suis là , je suis Président de la République , j' ai été élu à cet effet , quoi qu' il advienne , ce qui veut dire que j' assume mes responsabilités et que je les assumerai quelle que soit la majorité politique et quels que soient les événements .

Bref , je remplis mon mandat .

Alors , à partir de là , qu' est -ce qu' on peut me reprocher ? qu' est -ce qu' on peut me dire ? Je fais ce que je dois , mais je dois ajouter : quelle que soit la majorité .

Si c' est la majorité actuelle , ce ne sera naturellement pas facile - ce n' est pas facile de gouverner - mais il y aura harmonie .

Si c' est une majorité de combat , et particulièrement de combat contre le Président de la République , alors il y aura naturellement une sorte de désordre , une très grande difficulté - les Français veulent qu' il y ait une certaine concorde , qu' il y ait un certain accord , une certaine harmonie pour conduire les affaires de la France - nous aurons une période difficile .

Je compte bien , et c' est normal , que soient respectées les compétences qui sont les miennes .

Cela ne m' amuse pas spécialement , parce que le sujet est grave .

Sans doute le général De Gaulle pensait -il être à l' abri de ce genre de mésaventure .

Non , on ne peut pas en rire , ni en sourire mais il faut aborder cette période .

On n' en connaît pas le résultat - ce n' est pas joué , d'ailleurs , je pense que beaucoup de Français m' écouteront : " ce n' est pas joué " - quoi qu' il en soit , je prendrai la majorité que le peuple français me donnera , qu' il se donnera lui-même , et avec laquelle je devrai conduire les affaires de la France .

Je l' applique , je la respecte ; je ne trouve pas qu' elle soit , en tous domaines , excellente , mais pour la modifier il faut recourir aux procédures légales , c'est-à-dire consulter le peuple .

Tant que cela n' est pas fait , et si cela n' est pas fait , moi , mon devoir , c' est d' appliquer la loi : c' est ce que je fais .

Moi ? je n' en ai jamais parlé !

Non ! jamais ! vous avez bien préparé votre affaire , je vois , eh bien ! vous ne trouverez pas une seule citation de moi parlant de cohabitation !

Je le regrette pour lui , vraiment .

Je ne voudrais pas être désagréable à son égard sans l' avoir voulu .

Cela , c' est l' interprétation de Claude Imbert , qui en est parfaitement libre , qui est un excellent journaliste , mais enfin qui n' épouse pas forcément ma pensée .

Non : il suffit de lire le contenu .

Si vous m' avez fait l' honneur de lire ce texte , vous verrez que sur l' Europe , en particulier , ou sur le droit des peuples à disposer d' eux-mêmes ou sur la politique à l' égard du tiers-monde , les vues sont assez différentes de certains de mes prédécesseurs .

Naturellement , je crois que ceux qui ont présidé la République étaient tous - et seront , naturellement - des patriotes .

Cela leur fait plaisir .

Mais j' appellerai forcément quelqu'un qui formera un gouvernement .

Donnez -moi vos conseils , je vous en prie .

Qu' est -ce que vous feriez , vous ? je veux voir cela .

Ecoutez , vous êtes en train de le faire !

Tout est possible , en effet , mais je crois que mon devoir , c' est de tenir compte de la volonté populaire : si les électeurs ont désigné une majorité claire , dont les contours seront précis , mon devoir est de chercher à désigner comme Premier ministre une personnalité sortant de ce milieu .

Qui ? mais vous êtes bien pressé !

Mais d'abord , ce n' est pas acquis ; on ne connaît pas le résultat .

Ensuite , le fait de désigner - je ne dis pas que je ne désignerai pas - je dis simplement que ce n' est pas du tout une règle de la République .

Le Président de la République nomme qui il veut - il doit naturellement se placer en conformité avec la volonté populaire - mais , la notion de chef du parti le plus nombreux - après tout , le parti le plus nombreux , ce sera sans doute , de toute façon , quoi qu' il advienne , le parti socialiste , et les autres ne représenteront qu' une majorité très relative - mais cela n' est pas dit pour échapper à cette obligation : je devrai m' adresser à une personnalité de la majorité pour conduire le gouvernement .

Je suis même presque gêné d' avoir à répéter ce que j' ai dit 100 fois , qui correspond à la pensée que j' ai depuis toujours .

C' est la règle , le Président de la République nomme le Premier ministre - mais ce n' est pas simplement sous la cinquième ! sous la quatrième , sous la troisième - la République , c' est cela ! C' est le rôle du chef de l' Etat : il nomme le Premier ministre , et la Constitution de 1958 le dit expressément - je crois que c' est l' Article 8 - il nomme le Premier ministre .

Alors , que personne ne vienne contester ce droit et , si on le conteste , bien entendu , je n' écouterai pas ce genre de mauvais conseil .

Mais , enfin , le Président de la République nomme qui il veut comme Premier ministre , et le Premier ministre s' organise avec les différentes formations de sa majorité pour savoir comment il peut gouverner .

Chacun son rôle .

Personne ne désignera le Premier ministre à ma place , croyez -moi !

" à la petite semaine " , cela veut dire qui tomberait 8 jours après ? Bien entendu , il faut désigner quelqu'un qui ait toutes les chances d' avoir la majorité à l' Assemblée nationale tout aussitôt , tout au moins si un vote de confiance ou un vote de censure devait être proposé .

Mais enfin , tout cela ... moi , je ne cherche pas à compliquer les choses , vous savez : il faut y aller carrément !

Vous avez raison de vous les poser , d'ailleurs , je les lis tous les jours dans la presse , quelquefois même jusqu' à l' abus .

Ce que je veux dire , c' est que lorsqu' une majorité claire est issue des urnes , le Président de la République nomme le Premier ministre , mais il doit tenir compte de ce qui a été estimé nécessaire par le peuple ; il s' adresse à une personnalité - je le répète , mais il faut que ce soit clair - il s' adresse à une personnalité de cette majorité .

cette majorité sera une nouvelle , ce sera l' ancienne , ce sera quelque chose d' intermédiaire : je n' en sais rien à l' heure qu' il est .

Non , non , non !

On ne pose pas de conditions au Président de la République ! On ne pose pas de conditions !

Oui , bien entendu , mais alors je fais le sourd , à ce moment-là .

Je n' étais pas au courant .

Bien entendu , vous vous placez dans une hypothèse qui reste tout à fait incertaine , comme beaucoup d' hypothèses .

Je ne peux pas répondre à cette question , mais ce que je peux dire , c' est que c' est une bonne idée qui aurait gagné d'ailleurs , à être émise plus tôt , par exemple quand monsieur Chirac était Premier ministre .

Je n' y ai pas pensé mais , si on me l' avait suggérée , j' aurais trouvé cette idée bonne , et cela dit , je ne vais pas entrer dans cette polémique .

Je dis simplement que pour les leaders , les dirigeants , les animateurs de l' opposition d' aujourd'hui - qui ont tous été à la tête du pouvoir pendant des années et des années avant 1981 - toutes leurs bonnes idées auraient mérité d' être proposées par eux plus tôt au peuple .

Voilà ce que je tiens à dire .

Monsieur Yves Mourousi , je vous répète que je ne suis pas responsable du parti socialiste .

Pour répondre à votre première question , j' ai suffisamment indiqué de quelle façon j' estimais de mon devoir et de l' intérêt de la France de dire à tous que cette majorité avait bien fait son travail , qu' il serait injuste et sans doute dangereux pour le pays d' en changer .

Mais cela dit , le pays est maître de ses choix et je n' ai rien à ajouter .

Je n' ai pas à décider pour le compte des partis : le Président de la République ne le peut pas , il n' est pas un homme de parti - il peut être un chef de parti qui devient Président de la République - dès lors , il doit tenir compte de l' opinion des autres : c' est ce que je fais .

Vous êtes tenace !

Qu' est -ce que je fais ? je nomme un Premier ministre , le Premier ministre me propose un gouvernement , et puis il se met au travail .

S' il a envie de voter selon la majorité qui le compose , je verrais de quelle façon procéder .

Oh , je crois qu' on peut le dire , mais c' est vous qui prononcez ces mots .

Je pense que le choix est quand même plus vaste et que non seulement ceux qui se sentent de gauche - disons , des majorités de progrès , des formations de progrès - soutiendront l' actuelle majorité , mais que beaucoup d' autres voudront que la France soit en ordre et continue de réussir - et donc je ne peux pas dire : la droite et la gauche - beaucoup de Français .

En tout cas , je ne veux pas m' enfermer là-dedans bien que ce soit une réalité profonde .

Oui .

Ce ne sont pas que les industriels ; ce sont aussi beaucoup de petites gens qui ont appris à placer leur argent dans l' industrie .

Pourquoi placent -ils leur argent dans l' industrie ? parce qu' ils pensent que l' industrie va mieux , parce qu' ils pensent que les conditions de l' assainissement réalisées par la majorité de progrès sont suffisamment rassemblées aujourd'hui pour qu' on puisse faire confiance .

On se fait quelquefois une idée un peu simple de tout cela ; on imagine qu' il y a un gros sac dans lequel il s' agit de puiser - un ici , un là - cela ne se passe pas du tout ainsi ! La diminution du prix du pétrole et la baisse du prix du dollar aboutiront et commencent déjà d' aboutir à des résultats tout à fait surprenants : on aurait pu les espérer plus tôt ; cela se produit maintenant .

Les estimations sont très variables : j' entendais monsieur Giscard D' Estaing dire : 90000000000 ; d' autres disent 50 , 60 ; on n' en sait rien .

De toute façon , ce sera très appréciable pour notre commerce extérieur : ce que nous achèterons avec des dollars nous coûtera beaucoup moins cher et - comme pour notre énergie il faut continuer de se procurer beaucoup de pétrole , naturellement on le paiera moins cher - notre balance commerciale sera très supérieure à celle qu' on a connue ; pourtant , la balance des paiements est déjà bénéficiaire cette année , en 1985 .

Tout n' est pas , dans cette affaire-là , avantage .

Il faut dire que ces milliards - 50 , 60 , 90 - ne seront pas là , dans le sac , dans le " sac à milliards " .

C' est tout simplement les particuliers , quand ils iront à la pompe pour prendre l' essence dans leur réservoir , et les entreprises qui sont de grands consommateurs d' énergie et , en même temps , qui travaillent avec des dollars sur les marchés extérieurs , et qui auront beaucoup moins de charges , qui gagneront beaucoup .

Donc , c' est bon pour les entreprises et c' est bon pour les particuliers .

Ce ne serait bon pour l' Etat , pour la puissance publique , que si cette puissance décidait une taxe supplémentaire sur l' essence ; alors là , le sac se remplirait .

Je ne pense pas que ce soit la meilleure méthode .

Ce qu' il faut en tout cas , quelle que soit la majorité , c' est que ce bénéfice serve au développement de l' emploi et à préserver un taux extrêmement faible d' inflation .

Vous savez qu' en 1986 , on peut attendre , normalement , avec ces phénomènes , on doit attendre 2 à 2,5 % d' inflation , c'est-à-dire un résultat formidable , quand on pense aux presque 14 % dont j' ai hérité en 1981 .

Je ne dis pas du " laisser faire " - on conduit une économie - je suis tout à fait hostile à la façon dont on a procédé , qui était en réalité un dirigisme fondé sur une doctrine apparemment libérale .

Mais , avant d' augmenter les taxes sur l' essence , qui sont déjà très importantes - elles représentent peut-être 70 % du prix total - je pense qu' on doit concevoir toute une série de politiques , et après tout , si les entreprises en profitent , c' est une bonne chose pour la France , parce que ce seront des emplois en plus .

J' ajoute , monsieur Mourousi , que les bons résultats constatés - personne n' en doute d'ailleurs - depuis déjà quelques mois , n' ont rien dû à l' environnement international car la diminution du pétrole et la baisse du dollar , on ne les a pas encore engrangées , cela ne figure pas encore dans nos comptes : c' est en 1986 qu' on va s' apercevoir du bonus , du bienfait que cela représente pour la France .

Non , non , on les rembourse déjà d'ailleurs .

On parle toujours de l' endettement , mais il faut faire attention , il ne faut pas exagérer : la France est moins endettée , si l' on compare avec ce qu' elle possède .

Savez -vous qu' à l' heure actuelle , nous avons plus de devises , plus de dollars en réserve , dans nos caisses en somme , que nous n' en avions en mai 1981 ? nous en avons plus que ce qu' on nous a laissé au temps de monsieur Giscard D' Estaing et monsieur Barre .

Nous sommes moins endettés , quand on compare ce qu' on doit et ce que les autres nous doivent , nous sommes moins endettés que l' Allemagne , que l' Angleterre , que l' Italie et le Japon .

Oui , mais ce n' est pas une mauvaise chose d' être endetté , si l' on a une bonne signature , si les gens sont contents de vous prêter de l' argent parce que cela va leur rapporter .

La signature de la France est une des 3 meilleures du monde .

Je crois vraiment qu' on a beaucoup facilité ce type d' investissements , vraiment .

On a réduit les délais pour la création d' une entreprise - aujourd'hui il suffit d' un mois , il fallait un an - on a apporté des facilités qui ont , je le crois , sauvé le secteur du textile .

Vous savez que les mesures que nous avons prises permettent aujourd'hui l' équipement du Nord et du Pas-De-Calais , l' équipement de la Lorraine .

Nous avons encouragé - j' assistais il y a très peu de temps à une réunion avec des jeunes gens qui recevaient des récompenses , enfin , des diplômes : on reconnaissait leurs mérites en somme - à travers toute une série de mesures qui ont été prises par le ministre du travail , des jeunes gens qui ont vraiment une imagination , en même temps qu' une capacité de travail .

Cela ne m' étonne pas du tout mais je l' ai constaté .

Mon étonnement , c' est qu' il y en a plus que je ne le croyais .

Il n' y a pas simplement un formidable besoin , mais une formidable capacité dans la jeunesse française , mais aussi chez les adultes bien entendu , pour créer des entreprises , avoir des idées .

à l' heure actuelle nous en avons créé - la France en a créé , pas nous - en 1985 , 100000 : c' est le record absolu .

Non , non ! Je ne pourrais pas vous dire de chiffre exact , je crois que c' est de l' ordre de 35000 - 100000 créations , 35000 disparitions : c' est le jeu même de la compétition .

Je crois qu' on a commencé de se rendre compte que le gigantisme industriel n' était pas forcément la meilleure approche pour réussir .

Il existe des très grands groupements et des grands groupes multinationaux , d' une puissance extraordinaire , on le sait bien .

Mais de plus en plus , et pour l' épanouissement des travailleurs , des cadres , des ouvriers , des employés , et pour la réussite même de l' initiative , la petite et moyenne entreprise s' impose comme la meilleure méthode .

Cela reste à la mesure , on voit ce qu' on fait .

Yves Mourousi , personne ne l' a maîtrisé depuis le début de la crise internationale - c'est-à-dire depuis 1973 - personne .

Puisque vous me parlez des jeunes , le nombre des chômeurs jeunes s' est accrû beaucoup plus vite entre 1974 et 1981 que depuis 1981 , mais c' est une statistique sur laquelle je n' ajouterai rien car elle est déplorable , puisque de toute façon ce sont des jeunes qui sont au chômage et il y en a toujours trop : il y en a d'ailleurs plus aujourd'hui qu' il n' y en avait en 1981 .

Donc il faut bien se rendre compte que personne n' a pu jusqu' ici résoudre ce problème , parce qu' auparavant on a pris ce problème à l' envers .

Qu' est -ce que vous voulez , un bon jardinier prépare son terrain et on ne peut pas relancer la vie des entreprises et donc multiplier les emplois si l' on n' a pas d'abord assaini ce terrain , c'est-à-dire si on n' a pas mis à mort l' inflation , si l' on n' a pas développé la modernisation , si l' on n' a pas créé des marchandises avec des machines qui peuvent concurrencer , des productions qui peuvent concurrencer les produits étrangers , si l' on n' a pas des travailleurs formés aux métiers qu' on pratique aujourd'hui , plutôt que de l' être simplement pour être caissier ou caissière dans les grands magasins .

Alors , cela veut dire que si l' économie est assainie , s' il n' y a plus d' inflation , si l' on peut gagner de nouveaux marchés sur le plan extérieur , à ce moment-là , les entreprises recruteront et le chômage commencera à diminuer .

Elle n' est pas encore assainie - de vastes secteurs le sont - il faut précisément continuer notre ouvrage .

Il a fallu vraiment partir de très bas en 1981 .

Je ne fais pas de promesse .

Je n' ai pas besoin , d'ailleurs , de faire des promesses .

Non ! quand j' étais candidat , j' en ai fait moins qu' on ne le dit : j' ai fait 110 propositions que l' on peut considérer comme 110 promesses .

Je ne vais pas retomber dans ces discussions .

Quelques 90 ont été appliquées ; cela prouve que j' ai besoin encore des 2 ans et demi qui me restent pour réaliser le reste , et en particulier pour le chômage , surtout avec ce que nous avons dit tout à l' heure sur l' amélioration de l' environnement international .

J' ai dit tout à l' heure , mais on ne l' a peut-être pas assez remarqué , que pour améliorer la situation , les gouvernements Mauroy et Fabius avaient contre eux l' environnement .

Maintenant nous allons avoir , la France va avoir pour elle l' environnement international , alors des résultats peuvent être espérés , mais je ne les chiffrerai pas .

Tout à fait ! d'ailleurs c' est ce que nous avons fait depuis déjà plusieurs années .

Il en faut , il en faut ! il y en a trop .

Nous n' en avons créées en vérité aucune , on les a réduites , à mon avis pas assez , mais il faut continuer .

C' est vrai que le tempérament français , de l' administration française - qui mérite pourtant bien des éloges sur d' autres plans - ce tempérament-là , ces habitudes prises à travers les siècles , c' est de vouloir tout diriger , tout faire à la place des gens .

Comment ? on revient à une rigidité par la loi qui vient de passer ? c' est une souplesse nouvelle !

Ce sont les conventions collectives .

Il y a quand même un droit social , il faut protéger l' intérêt des travailleurs , et si on s' en remet aux conventions collectives , c' est tout de même la moindre des choses .

On ne peut pas revenir sur un droit acquis depuis 1936 mais nous avons donné plus de possibilités pour aménager le temps de travail .

Les travailleurs pourront adapter davantage leur temps de travail par rapport à leurs problèmes personnels , par rapport à leurs obligations de famille , par rapport aussi au travail saisonnier .

Il y a des moments où il y a plus de travail , selon les entreprises naturellement : il y en a d' autres où il y en a moins .

C' est un peu dommage d' être précisément tenu dans un système absolument inflexible donc je pense que c' est une bonne chose , une très bonne chose que le gouvernement ait fini par obtenir le vote du Parlement .

Oui , mais il peut faire autre chose , et c' est là que l' imagination de Barjavel - je n' ai pas lu ce livre , mais il a généralement une imagination très forte , très puissante , très créatrice - est un peu courte : les hommes feront autre chose .

Si vous avez désormais des robots , il faudra fabriquer ces robots , et cetera .

Et puis il y a beaucoup de services à créer , il y a aussi l' aménagement de la nature : quand on voit la forêt française , on pourrait se dire que des centaines de milliers d' emplois devraient être possibles , mais à condition de savoir utiliser tous les moyens qu' offrent le bois , l' arbre , à partir de là le meuble , à partir de là , enfin , le papier .

Précisément , la biologie , la biologie offre un champ immense à l' activité des hommes .

Vous l' avez dit ! c' est bien cela la politique - si l' on aime que les hommes soient plus heureux , en sachant très bien sa propre faiblesse devant d' immenses problèmes - mais c' est cela , la politique .

Non , non , il ne faut pas dire cela , on ne dit pas cela .

Non , j' ai dit tout à l' heure qu' il faut être un bon jardinier .

Si on est un bon jardinier , on prépare le terrain , et puis on sème , et puis bien entendu on veille à ce que la plante , lorsqu' elle commence à pousser et à grandir , ne soit pas mangée par les insectes , dévorée par les oiseaux , rongée par les chevreuils - ce qui est le cas de mes plantations dans les Landes - et puis desséchée par le soleil ou bien pourrie par les pluies : on est là pour veiller .

Ce n' est quand même pas l' homme qui a fabriqué la plante !

C' est l' un des grands problèmes de l' époque , sur lequel je me suis appliqué autant que je l' ai pu et sur lequel il faut agir davantage : le problème de la démographie , c'est-à-dire de la population , de la natalité .

En effet , il faut absolument que la France retrouve l' allure de sa jeunesse .

Ecoutez , on plaisante souvent là-dessus - il y a même des journaux qui sont aisément satiriques sur ce sujet - moi , je préfère m' exposer à la satire , je dis : oui , il faut des bébés pour la France , en effet ; beaucoup .

Pour quelqu'un comme moi qui suis né dans une famille nombreuse et même très nombreuse , je vous assure que cela réserve de grandes joies .

Mais Yves Mourousi , si l' on a demandé beaucoup d' assistanat , comme vous dites , beaucoup d' assistance , c' est peut-être parce que , pendant au moins 2 siècles , l' ère industrielle et même un peu avant , la classe dirigeante ne s' est pas occupé de millions de gens qui s' appelaient les prolétaires .

ils étaient écrasés : il n' y avait aucun droit au début sur le salaire , et bien entendu sur l' emploi - il n' y en avait pas pour les femmes , pas pour les enfants - il n' y avait pas d' âge de la retraite , il n' y avait pas de repos hebdomadaire , il n' y avait pas de repos , pas de congés payés - la liste serait immense : il n' y avait rien .

Ils ont naturellement demandé à être protégés et de ce fait il est né un peu une mentalité qui consiste à dire à la puissance publique : accordez -moi cela .

Je crois que l' ensemble des classes ouvrières , des employés , des gens , des petites gens - qui sont souvent les fils et les filles de ceux qui ont été à ce point écrasés et qu' il a fallu défendre - je crois que ces femmes et ces hommes , aujourd'hui , sont prêts à comprendre qu' il faut organiser la solidarité sociale .

C' est pourquoi il faut protéger la sécurité sociale , ne pas inventer maintenant , comme certains le proposent , je ne sais quelle façon de faire qui ferait qu' il y aurait la sécurité des riches et la sécurité des pauvres , nous y revenons ! à partir de là , il faut comprendre que l' initiative individuelle , la création , cela vaut bien l' assistance .

De plus en plus .

Pour moi .

Cette dame fait très bien de prendre ses garanties dès 1986 .

Elle fait corps avec son entreprise , elle l' aime : c' est bien .

Un chef d' entreprise comme cela , mérite le respect .

Pas du tout , beaucoup y participent mais je crois que c' est une façon vaillante , c' est une belle aventure .

Il y a un besoin de création qui se manifeste aussi dans le domaine culturel , dans beaucoup d' autres domaines encore .

Je crois qu' on a assisté à une éclosion de " vouloir créateur " , dans tous les domaines des arts , qu' on n' avait pas connue depuis longtemps .

C' est vrai aussi de l' entreprise .

Peut-être que ce soir , nous l' aurons réveillé , je l' espère .

S' il y avait ennui , j' en laisse la responsabilité au journal qui s' exprime ainsi .

Ce n' est pas mon affaire .

Si : elle a beaucoup à dire .

Je veux bien entrer dans cette discussion .

Je ne l' ai pas vue , on m' en a beaucoup parlé .

Je le dis peut-être moins bien , mais cela fait longtemps que je le répète .

J' invite , moi aussi , à la création , à l' invention , et je m' efforce , avec le gouvernement , d' apporter les moyens qui conviennent : est -ce que vous croyez que l' oeuvre , par exemple , de Jack Lang dans le domaine culturel , ne répond pas à l' excellente définition qui vient d' être donnée par monsieur Tapie ? est -ce que vous croyez que ce qui a été entrepris par Delebarre comme ministre du travail ...

Bien entendu : je vous parle de celle que je connais .

Vous m' avez posé la question : est -ce que parmi les dirigeants politiques , personne n' est capable de créer cette sorte de vibration ?

Cela vient d' être dit d' une façon excellente , mais ma conviction rencontre celle de Tapie et de bien d' autres , et j' admire ceux qui en sont capables .

Dans la mesure de mes moyens , avec les moyens aussi de ma fonction , vraiment , je m' efforce de les aider .

C' est en tout cas un thème magnifique : je crois aux richesses de la France , c'est-à-dire des hommes et des femmes de France , et par cela on peut faire énormément : on ne comprendrait rien à ce que j' ai entrepris déjà depuis près de 5 ans si l' on ne voyait pas cette démarche au milieu des pires difficultés .

Vous savez , il a fallu du courage à tous les responsables de l' époque pour décider souvent , en 1982 , en 1983 .

Pour quoi faire ? pour que précisément cette capacité d' invention , de réussite et d' entreprise finisse par s' emparer de l' âme de la France : alors , je crois à cela .

est -ce que je le dis aussi bien que ceux qui viennent de s' exprimer ? peut-être pas , mais je n' ai pas besoin de me lancer dans cette concurrence .

Je ne prétends pas monopoliser cela - c' est à moi que vous posez la question - je suis sûr que dans l' opposition , puisque vous voulez y venir , il y a des hommes et des femmes qui pensent comme cela .

C' est peut-être un moyen précisément de les réunir , non pas dans je ne sais quelle forme de cohabitation politique , mais dans une sorte de service commun de la France et cela , après tout , devrait être possible à partir des résultats de cette majorité .

Mon engagement , je vous l' ai dit , est infiniment plus respectueux des lois - la campagne audiovisuelle , je le répète , commence demain - dans les 14 jours qui vont nous conduire jusqu' au 16 mars , j' ai l' intention de me taire et je n' ai l' intention d' empêcher personne d' autre de s' exprimer .

à partir de là , quand je constate ce qui s' est fait depuis 1958 à chaque élection législative , je dis qu' on n' a pas le droit d' engager ce type de débat .

Nous , nous sommes respectueux de la loi et je pense qu' il est assez de Français de tous les bords qui sont prêts à m' aider pour que , selon l' expression que j' ai employée tout à l' heure , la direction du pays ne soit pas conduite à hue et à dia , pour me donner le moyen d' agir dans le cadre de ma fonction , de mes compétences .

Je parle de mes compétences , je n' ai pas l' intention d' y renoncer : je préférerais renoncer à mes fonctions que de renoncer aux compétences de ma fonction , des compétences qui me sont reconnues par la Constitution .

Il n' est pas question pour moi d' être un Président au rabais mais , quelles que soient les hypothèses - et c' est déjà le cas avec le gouvernement de Laurent Fabius - je dois - et je le fais - laisser le gouvernement gouverner .

On ne va pas se lancer dans un débat constitutionnel .

Je pense que , particulièrement , dans le domaine de la défense , le Président de la République dispose d' une autorité qui est très importante pour la sécurité du pays .

Mais je suis contre le secteur réservé , monsieur Mourousi , je l' étais , je le suis .

Je ne demande pas qu' on accorde au Président de la République des pouvoirs qui n' ont pas été reconnus par la Constitution , comme cela a été le cas si souvent jusque-là .

Les Français ont besoin d' un chef de l' Etat qui assure la continuité des institutions , qui assure la permanence de ce qu' il y a de meilleur et de plus profond dans le pays ; ils en ont besoin et je suis là pour cela .

Je m' efforce - croyez -moi , je défends quelquefois mes idées avec passion - je m' efforce de préserver à l' égard de chacun , comme à l' égard de tous , l' estime et le respect qui leur sont dus .

Seulement , voilà , évitons les dangers inutiles .

C' est tout ce que je veux dire et quand je suis là pour dire que la majorité a bien travaillé , c' est un devoir que je remplis .

Je suis sûr qu' au-delà des frontières de ceux qui vont voter pour ceux qui se présentent , je suis sûr qu' il y a beaucoup de Français qui ne veulent pas qu' on tombe soit dans le désordre , soit dans la dispute inutile : Ce que je cherche .

Le désordre institutionnel n' est pas annoncé par moi , mais par bien des dirigeants de l' opposition qui s' adressent à moi dans des termes et d' une façon qui ne sont pas - comment dire ? - " convenables " .

ce n' est pas dans mon vocabulaire habituel .

Et alors ? j' aurais dû en faire encore plus !

Vous n' allez pas me le faire répéter !

Je l' ai dit au début .

Ce que je veux dire pour terminer , c' est que , moi , je suis de la France - je ne dis pas : je suis la France - je suis de la France ; je crois en la France : toutes mes pensées , toutes mes façons d' être , toutes mes sensations , toutes mes vibrations , elles sont de la France et je veux que la France réussisse : j' ai tout fait pour cela et je voudrais que cela continue .

Voilà , c' est tout !

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