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Ce n' est pas le premier sommet culturel entre la France et l' Allemagne fédérale mais celui -ci a une importance particulière , car il a ramassé l' ensemble des données précédentes et il en a ajouté quelques autres , une douzaine environ , qui touchent à la télévision , à l' enseignement professionnel , à l' enseignement bilingue , à l' enseignement technique , à l' enseignement primaire , à l' enseignement secondaire , à la traduction ; bref le champ est large .

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F. Mitterrand - 28 octobre 1986

Oui , bien entendu , c' est aussi cela .

Ce n' est pas le premier sommet culturel entre la France et l' Allemagne fédérale mais celui -ci a une importance particulière , car il a ramassé l' ensemble des données précédentes et il en a ajouté quelques autres , une douzaine environ , qui touchent à la télévision , à l' enseignement professionnel , à l' enseignement bilingue , à l' enseignement technique , à l' enseignement primaire , à l' enseignement secondaire , à la traduction ; bref le champ est large .

La langue allemande doit être mieux connue des français , la langue française des allemands : pour cela tout un système universitaire doit être mis en place ; le " collège franco-allemand " veillera à tout cela .

Dans l' état présent de notre discussion , ce n' est pas une institution , c' est un collège mais qu' est -ce que cela deviendra ? Tout ce que je peux dire pour l' instant , c' est qu' il faut que cela marche .

Oui , je le reconnais : ce n' est d'ailleurs pas forcément mauvais ; encore faut -il veiller à ce que cela n' envahisse pas tout .

Je pense que la France et l' Allemagne ont un destin commun plus précis que bien d' autres , et qu' il faut absolument que , pour se comprendre , ces deux peuples apprennent aussi à parler le même langage ou , du moins , qu' assez d' entre eux puissent le faire .

Il ne faut pas que cela soit réservé aux élites .

Je crois que maintenant c' est quand même dépassé ; en tout cas , c' est un effort à faire ; et il faut le réussir .

Comment imaginer que l' Europe économique puisse se faire , que l' Europe technique puisse se faire - et elles se font - que l' Europe politique même puisse se bâtir - et il reste beaucoup à faire - sans la dimension culturelle , sans la connaissance de la langue , sans la connaissance des origines , de tout ce qui fait la puissance de l' esprit ?

Pour l' instant oui ! mais il n' y a pas très longtemps que cela s' est produit .

Depuis lors , j' ai reçu les envoyés du président Reagan , les envoyés de monsieur Gorbatchev qui nous ont exactement informé de ce qui s' est déroulé pendant ces deux journées , et les instances gouvernementales en ont discuté .

Les premières rencontres européennes n' ont pas encore véritablement eu lieu - elles sont en cours - de telle sorte que je crois que l' on peut s' attendre à des développements multiples et ce d'autant plus que la conférence de Reykjavik , dont on ne peut pas dire que ce soit un échec , n' a pas abouti à des conclusions précises - a priori , cette conférence n' était pas faite pour cela - en cours de route , elle a suscité beaucoup d' espoirs , encouragés par les protagonistes qui , en somme , l' ont laissé entendre puis , finalement , cela n' a pas donné .

C' est vrai .

Non ce n' est pas " l' option zéro " : l' option zéro vise les armes nucléaires .

" L' option zéro " , cela consiste à éliminer du sol de l' Europe - pour l' instant il s' agit de l' Europe - les armes nucléaires dites intermédiaires , c'est-à-dire de moyenne portée .

On pense tout de suite aux ss 20 soviétiques et aux Pershing 2 américains , on pourrait ajouter qu' il y a des armements subséquents , qui se lient à ceux que je viens de dire , et qui font que la discussion est un peu plus large qu' on ne le suppose : on pourrait penser , en particulier , aux armes nucléaires à courte portée qui n' en feraient pas moins des dommages considérables .

Cette " option zéro " a occupé le dialogue entre messieurs Reagan et Gorbatchev , on le sait bien .

Que faut -il en penser en Europe ? Il y a deux courants de pensée : ceux qui pensent qu' il faut à tout prix retenir en Europe des forces nucléaires américaines - sans quoi les américains finiront par s' éloigner et les européens finiront pas ne pas trop y croire - et puis ceux qui pensent que , tout de même , on a installé les Pershing 2 en réplique aux ss 20 et que si les ss 20 disparaissent , alors , il est normal que les Pershing s' en aillent aussi .

En vérité , les deux grandes puissances ont été assez prudentes puisqu'elles ont dit qu' il pourrait en rester une centaine en Extrême-Orient et une centaine sur le continent américain .

Bref , la discussion n' est pas suffisamment précisée pour que je puisse définir , dès maintenant , la position de la France .

Non , moi je ne m' en plains pas du tout - il y en a qui s' en plaignent , je les ai entendus - c' est une discussion entre Soviétiques et Américains , cela n' engage qu' eux .

Bien entendu , c' est très important que les deux puissances les plus armées discutent entre elles , non seulement des forces stratégiques mais de tout le reste , c' est une bonne chose .

Mais nous n' avons pas , nous , à être engagés dans ce type de discussions tant que les deux superpuissances n' ont pas ramené à un niveau plus raisonnable , plus proche du nôtre , leur propre armement .

Songez que chacune d' entre elles dispose de 10000 charges nucléaires ; pour la France , c' est de l' ordre de 150 à 200 aujourd'hui , de 300 à 400 plus tard : c' est suffisant pour notre stratégie de dissuasion , mais cela n' a pas de rapport .

Je pense qu' ils en ont fait l' un et l' autre mais , lorsqu' ils sont arrivés sur le butoir , essentiellement l' initiative stratégique de défense - ce cordon de satellites autour de la planète résumé en trois lettres : IDS - monsieur Reagan a estimé ne pas pouvoir renoncer à son projet , monsieur Gorbatchev n' a pas voulu que le projet américain puisse être déployé : c' est là le noeud de la question .

Si une solution peut être trouvée entre les deux super-puissances sur les délais , sur l' application des traités existants , sur les distinctions à établir - elles sont subtiles , croyez -le - entre les essais , les expérimentations , les recherches et le déploiement , alors une solution sera possible .

D' ici là , je réserve mon jugement .

Sans doute : les situations , qui varient selon les circonstances , ne permettent pas de dire , aujourd'hui , qu' en dépit de l' existence de la Communauté - qui est une grande et belle chose - les politiques se soient suffisamment harmonisées .

C' est vrai mais peut-être pourrait -on approfondir ce sujet maintenant ? Vous l' abordez sans doute pour me faire parler de Luxembourg et des relations entre la Communauté et la Syrie ?

Je ne veux pas faire de commentaire sur ce qui est fait : ce qui est fait est fait .

Ce que je sais c' est que rendez-vous est pris pour le 10 novembre pour une conférence , comme on dit " informelle " - elle n' était pas dans le calendrier - entre les ministres des affaires étrangères des douze pays de la Communauté .

Il faut s' attacher à voir ce qui se passera le 10 novembre : ce n' est pas dans bien longtemps .

La question n' a pas été posée par la Grande Bretagne , m' a dit le ministre des affaires étrangères ; le ministre des affaires étrangères allemand me l' a confirmé : la question n' a donc pas été posée par la Grande Bretagne .

Je vais vous dire ce que j' en pense , du moins sur la procédure à suivre .

Je souhaite que , le 10 novembre , les douze pays de la Communauté se communiquent leurs informations , qu' ils échangent , qu' ils ouvrent leurs dossiers , les mettent sur la table - la table commune - et qu' ils examinent , fassent le point sur le fait qu' il y a , ou qu' il n' y a pas , des Etats qui soutiennent , engagent ou prennent la responsabilité réelle des actions terroristes .

Ce débat doit être contradictoire .

Il semble démontré que , dans le cas de la Grande Bretagne - c' est en tout cas la conviction britannique après un jugement à caractère judiciaire - la responsabilité de la Syrie ait été engagée .

D' autres pays ont estimé que , pour ce qui les concernait , cette responsabilité directe d' un Etat n' était pas démontrée .

Je souhaite donc que tous les éléments d' information mutuelle sur la façon d' aborder le règlement , la répression du terrorisme puissent être débattus le 10 novembre .

à l' issue de cette discussion , les conclusions permettront , soit de constater que la position britannique doit être et peut être partagée par les autres , et alors il faudra bien que ces Etats soient directement mis en cause ; soit la démonstration n' aura pas été faite d' une façon suffisante et la prudence de Luxembourg pourra se comprendre .

Mais je répéterai ici ce que j' ai déjà dit tout à l' heure lors de ma conférence de presse : il faudra que les arrangements particuliers entre tel Etat d' Europe et tel Etat qui pourrait être terroriste , cèdent le pas à la solidarité contre le crime .

Chacun des Etats , chacun des douze Etats a une politique étrangère ; chacun a des relations avec les Etats du Proche-Orient et du Moyen-Orient : ces relations sont de caractère différent , politiquement , commercialement , sur le plan des ventes d' armes , et cetera .

Ces arrangements particuliers pèsent lourd dans l' opinion que se forme tel ou tel pays - je ne parle pas de la France seulement , tous les autres sont dans ce cas - tous les autres aussi ont des intérêts qu' ils estiment légitimes à défendre .

Chaque Etat a aussi une histoire faite de relations séculaires avec les pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient .

Cet ordre de vue particulier qui pourrait être seulement égoïste , doit céder le pas à la solidarité contre le crime .

Encore faut -il naturellement que ce débat ait lieu et que chacun apporte des éléments convaincants : on ne peut pas non plus mettre en cause des pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient sans avoir longuement et sérieusement mûri , dans un débat contradictoire , la réalité des faits qui sont reprochés .

Il semble que la Libye ait fait un peu carrière , aux yeux des européens , dans le terrorisme .

Cela n' a pas conduit , comme vous le savez , la France , à considérer que la conclusion devait être une action de caractère militaire , qui pouvait frapper , le cas échéant , des populations civiles .

Mais quant à l' analyse et à la dénonciation , oui , cette dénonciation était commune : les fait semblaient suffisamment prouvés .

Il semble bien que sur le plan de la Syrie , il faille poursuivre cet examen .

Je n' en suis pas certain : cela reste à démontrer .

Fermeté totale : aucun compromis ne peut être passé avec le terrorisme , et surtout pas avec les Etats qui se livrent au terrorisme .

C' est une ambition très noble , et si les conditions étaient réunies , ce serait une structure utile .

Je comprends donc très bien les responsables politiques qui aspirent à remplir cette fonction ; tel n' est pas , présentement , mon cas .

Je me suis contenté de dire qu' ayant été prisonnier de guerre en Allemagne dans les années 1940 1941 , j' avais déjà quelques teintes de la langue allemande .

Je m' y étais appliqué et , par la suite , je m' y suis intéressé .

Je peux assez aisément pénétrer un ouvrage en allemand ; je ne peux pas le parler suffisamment .

J' ai quelque modestie dans ce domaine et j' ai bien des leçons à prendre : je suis prêt à le faire , si on me le demande .

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