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Vous trouvez ici mêlées les oeuvres classiques , les oeuvres réalistes , les oeuvres dites " pompier " , les oeuvres plus subjectives , les oeuvres impressionnistes , vous aurez les idéalistes , vous aurez toutes les formes de pensée , les symbolistes naturellement , de telle sorte que même si des dominantes se dégagent , il y a pendant un siècle toutes les écoles de pensée qui s' affrontent .

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F. Mitterrand - 1er décembre 1986

Sans aucun doute : cela a été conçu à l' époque de monsieur Pompidou et c' était une heureuse conception que de vouloir utiliser cette gare que j' ai connue moi-même lorsque j' étais étudiant ; car débarquant d' Angoulême , c' est toujours là que j' aboutissais .

C' était un lieu vide , abandonné : plutôt que de se lancer dans des constructions hasardeuses , je pense que l' idée était très heureuse d' utiliser cette gare comme on l' a fait .

Ensuite , c' est monsieur Giscard D' Estaing qui a mis au point le projet , qui a permis les premiers financements , qui a prévu grosso modo la période du musée mais , en 1981 , nous étions quand même loin du compte , car le gros oeuvre était à peine entamé , les crédits n' étaient pas suffisants par rapport à l' ampleur du projet .

Le principal pour moi était de continuer et j' ai continué .

Ensuite , c' était d' adapter les crédits : nous avons adapté les crédits ; ensuite c' était d' élargir historiquement la période retracée par le musée , il fallait préciser le point de départ et le point d' arrivée , et j' ai repris tout simplement l' initiative première : 1848 1850 , 1910 1914 .

Et puis , quand j' ai décidé la création du grand Louvre - indispensable pour les temps modernes - a été transférée une série d' administrations touchant à la direction des musées de France .

Du coup , le musée d' Orsay a retrouvé naturellement une place disponible le long des rues de Bellechasse et de Lille , ce qui lui a permis de remplir son programme .

Voilà mon action mais cette action nécessitait de s' inscrire dans la ligne de ce qui a été fait deux fois avant moi - c' est donc sous trois Présidents de la République que le musée d' Orsay aura été créé ; c' est un bel exemple de continuité esthétique .

Non , non , la continuité se déroule sur bien d' autres plans , chaque fois qu' il y a quelque intérêt pour la France .

Les principaux , on les retrouve dans certains domaines de politique étrangère , de politique de défense , on les retrouve aussi ailleurs , bien entendu , dans certaines formes de politiques d' équipement , et j' en passe .

Il est en tout cas très heureux que le musée d' Orsay soit la preuve que l' on peut concevoir à distance .

Comment pourrait -on faire ? il faut des années et des années - pour construire la gare , il a suffi de 2 ans , c' est parce qu' on a fait des miracles , je me demande comment on a pu faire - ici , il a fallu 7 ans , 8 ans , 9 ans : cela dépasse la durée d' un mandat de Président de la République et , de loin , la durée des gouvernements .

Voilà pourquoi je crois qu' on a agi sagement .

Quand je disais que j' avais souhaité élargir le champ du musée , une autre application a été envisagée , celle de donner aux oeuvres ici exposées leur signification historique , de les replacer dans leur temps et leur temps , 1848 1850 , c' est la Révolution de 1848 .

On ne peut pas dire que cette révolution ait eu un effet immédiat sur la nature des oeuvres et sur les qualités esthétiques et sur les modes , mais il est certain que c' était la première poussée significative des nouvelles classes sociales , du prolétariat , du monde industriel , tout ceci accompagné , sur le plan des techniques , de progrès de toutes sortes , du bâtiment et donc de la construction , donc de l' art , de l' arrivée de nouveaux matériaux que l' on verra s' épanouir à travers cette verrière , comme on l' a vu à la Tour Eiffel et bien ailleurs encore .

Il y a les chocs sociaux , les chocs politiques , il y a des oeuvres originales .

Les styles changent , on s' adapte , le dix-neuvième siècle est en soi un siècle qui se suffit à lui-même , on ne peut pas le présenter seulement comme le préambule du vingtième , ce serait une totale erreur .

Sans aucun doute : d'abord , on arrive à la fin du vingtième siècle et - je crois que c' est une règle assez générale - les fils ignorent ou dédaignent les oeuvres de leurs pères , mais ils retrouvent , ce faisant , les modes de pensée , les styles des générations précédentes .

On a déjà commencé de célébrer un certain nombre d' oeuvres littéraires , artistiques , on a recommencé de découvrir le dix-neuvième siècle une fois la génération des fils dépassée .

Je n' ai pas encore visité le musée , Je connais bien l' immeuble , la construction générale , j' y suis venu souvent , mais je ne connaissais pas l' exposition des oeuvres , et beaucoup de sculpteurs , en particulier , que je vois là , je ne connaissais pas leur nom ou tout juste .

Et , quand je connaissais leur nom , je ne connaissais pas toujours leurs oeuvres .

On connaît Carpeaux , on connaît Rodin , un peu plus loin on connaît Maillol ou Bourdelle , d' autres encore , David d' Angers , plus tôt naturellement , mais les autres ? Peut-être un peu Falguière , la rue , la place , le métro , peut-être Frémiet , un certain nombre d' autres , mais tout ce que nous voyons là , ici , derrière moi .

Moulin , Falguière , ce ne sont pas des grands noms , ils vont peut-être le redevenir .

D' une façon générale , les grandes oeuvres sont initialement refusées , ce n' est pas une règle absolue , mais c' est assez général .

Pourquoi ? parce que les grandes oeuvres ont pour esprit même d' aborder avec audace un style nouveau .

Bien entendu , à peine a -t-on énoncé un propos qu' on va vers la contradiction : il y a des grandes oeuvres classiques qui s' inspirent uniquement des précédentes mais , d' une façon générale , lorsque l' école s' installe , lorsqu' un style va s' imposer , les premières années - quelquefois , c' est très long - il est refusé par la société dirigeante .

Cela a été le cas , on peut le dire , des Impressionnistes , cela a été le cas aussi de la plupart des grands sculpteurs - on a commandé des oeuvres à Rodin , et puis on les a refusées ensuite - Rodin a mis très longtemps à être reconnu comme tel .

C' est pourquoi on peut dire que le premier mouvement est presque encourageant lorsqu' un artiste voit son oeuvre refusée : cela ne veut pas dire qu' il est de bonne qualité , mais au moins il peut continuer d' espérer , et c' est souvent vérifié .

Les Impressionnistes , on s' est terriblement moqué d' eux .

Non seulement on a refusé leurs oeuvres , mais on a méprisé les personnes .

J' ai toujours approuvé , dès le premier moment - j' écrivais souvent à l' époque , donc on peut s' y reporter aisément - le projet du Centre Beaubourg , du Centre Pompidou .

On pouvait contester son architecture , moi , personnellement , j' ai trouvé qu' elle était plutôt un peu en retard qu' un peu en avance , mais au total j' ai trouvé que c' était très utile et , la preuve , cela marche très bien et le public a " mordu " et puis c' est un ensemble magnifique et colossal .

J' ai désapprouvé , en revanche , la décision de monsieur Pompidou d' éliminer les Pavillons Baltard des Halles : Je pense que c' était une erreur et que la gare d' Orsay a peut-être bénéficié de cela , comme une sorte de remords .

On a sauvé Orsay parce qu' on avait détruit Baltard ! Enfin , c' est peut-être résumer un peu trop succinctement cette réalité , c' est parce qu' il y a eu auprès de monsieur Pompidou - lui-même était un homme de goût - d' autres hommes de goût , notamment son ministre de la culture , et des collaborateurs directs du ministre de la culture , qui ont dit : " Non , on ne peut pas détruire cela " , et je suis très heureux que monsieur Rigaud , qui était le collaborateur de monsieur Duhamel , soit aujourd'hui celui qui préside à l' achèvement du musée d' Orsay , puisqu'il était à l' origine .

On n' est jamais sûr d' avoir raison surtout dans ce domaine .

On ne peut pas non plus , par souci de " faire du nouveau " , faire tout et n' importe quoi .

Mais il est certain que lorsque j' ai vraiment lancé un certain nombre de grands projets , aussi bien le Grand Louvre , avec la grande arche qui se trouvera dans l' axe des deux arcs de triomphe , que d' autres choses encore , au premier abord il faut vraiment imposer sa volonté , parce que personne n' en veut ! les difficultés commencent mais c' est comme cela qu' on réussit .

Eh bien , ce n' est pas un art officiel dans la mesure où on fait des concours , on consulte .

Cela a été le cas pour l' Opéra de La Bastille : quelque 750 architectes ! On en consulte 450 pour l' arche , à La Défense .

Non , c' est finalement un certain goût qui se dégage , examiné par beaucoup de spécialistes , beaucoup d' experts , et finalement il appartient au Président de la République de trancher .

Pourquoi le Président de la République et pas le gouvernement ? parce qu' il s' agit d ' entreprises de très longue durée - cela ne peut pas être contenu en un an , deux ans , trois ans , je vous l' ai dit tout à l' heure - il faut sept ans , 10 ans pour y parvenir , il faut donc une continuité .

Monsieur Giscard D' Estaing s' est appliqué à faire réussir Orsay .

Il y a cru , il a mené à bien , pour le temps où il se trouvait là , l' entreprise là où elle en était .

Il a bien fait .

Et moi , puisque je pensais qu' il avait bien fait , j' ai préféré continuer que de faire le contraire .

Je ne suis pas spécialement révolutionnaire dans mes goûts - Il y a beaucoup de gens dont j' admire le jugement et qui m' étonnent un peu , souvent , par leurs projections sur l' avenir - donc , je ne suis pas obsédé par ces choses-là .

Simplement , je pense qu' il y a des matériaux nouveaux ; les matériaux commandent les styles , c'est-à-dire commandent les formes de l' art .

Si l' on remonte simplement dans notre histoire , au temps du moyen-âge , la pierre très lourde ne permettait pas de percer de grandes fenêtres et puis , peu à peu , on a appris , avec les clés de voûte , à élargir les fenêtres , à mettre du verre , à faire des vitraux , on a peu à peu élargi les vitraux pendant le seizième siècle , et maintenant on fait des maisons de verre .

La connaissance des matériaux commande l' évolution ! l' art .

Mais naturellement cela ne suffit pas , il faut aussi des artistes .

La vie est dialectique : au dix-neuvième siècle - puisque nous sommes là dans une oeuvre où l' on a tenté de marier l' oeuvre initiale du dix-neuvième siècle et l' architecture intérieure , la décoration intérieure , qui est de 1980 à 1986 - il est certain qu' il y a quelquefois de grands chocs et de grandes coupures , de grandes ruptures .

Le dix-neuvième siècle , dont nous parlons , a été le siècle des grandes ruptures ; je vous disais pour commencer qu' il y a eu là le surgissement du prolétariat dans notre société , avec la naissance ou le développement de l' ère industrielle : tout cela a naturellement eu de nombreuses conséquences , notamment dans l' approche des choses .

Vous trouvez ici mêlées les oeuvres classiques , les oeuvres réalistes , les oeuvres dites " pompier " , les oeuvres plus subjectives , les oeuvres impressionnistes , vous aurez les idéalistes , vous aurez toutes les formes de pensée , les symbolistes naturellement , de telle sorte que même si des dominantes se dégagent , il y a pendant un siècle toutes les écoles de pensée qui s' affrontent .

L' exemple d' Orsay en sera , je crois , très probant .

Précisément , on a voulu que par l' environnement historique , par la qualité des oeuvres , par la beauté des lieux , le musée d' Orsay puisse avoir un grand accès populaire .

Il ne faut pas faire d' élitisme mais il faut reconnaître que ce qu' on peut appeler l' élitisme qui est toujours la recherche de la qualité a été bien servi : on mariera les deux besoins .

D'ailleurs , au point de vue technique et scientifique , je crois qu' on est tout à fait à la pointe du progrès , ici .

En tout cas , sa fin le sera : le vingtième siècle a été bouleversé par 2 guerres mondiales dont nous avons particulièrement souffert ; il y a eu beaucoup de constructions , mais de constructions qui ne pouvaient pas être somptuaires ; il a fallu reconstruire la France à 2 reprises .

Mais il n' empêche que ce qui a été fait ici , soit par madame Gae Aulenti , soit , sur le plan de la direction des oeuvres , ici , par monsieur Laclotte - sous l' autorité aussi de la direction de monsieur Cachin - c'est-à-dire la note Peduzzi , dont vous avez parlé , qui s' est intéressé à l' architecture du dix-neuvième , est une note originale , fantastique , étonnante , avec une fantaisie , une rigueur tout à fait remarquables .

On avait peut-être besoin de cet élément là pour compléter la physionomie d' Orsay .

Vous avez tout dit : à conserver et à animer .

Ne me faites pas dévier , je n' en parlerai pas aujourd'hui .

Ce que je veux dire simplement , c' est que , de mon point de vue , on ne peut pas être conservateur ou seulement conservateur , c' est absurde , parce que la vie est toute puissante , et la vie , c' est le changement , l' évolution .

L' avant-garde , c' est très important , et l' avant-garde est nécessaire .

Cela ne peut pas être un système : on ne peut pas toujours bousculer une société qui a besoin un peu de ses aises , qui est forcément lente à faire bouger , ou alors , quand elle bougera , ce sera sous forme de révolution brutale .

Il faut que ceux qui gèrent tiennent compte de l' avant-garde qui marque la direction à prendre , mais aussi de la réalité sociale , lourde , pesante .

C' est le mariage des deux qui fait qu' on fait une politique esthétique , mais c' est vrai dans les autres domaines de progrès .

Entre le progrès et le simple esprit conservateur , j' ai fait mon choix - tous les Français ne l' ont pas fait comme moi - je préfère l' un à l' autre et je reconnais que la France est faite des deux , y compris sur le plan esthétique .

Je m' y efforce , par goût : j' aime beaucoup les choses anciennes , je suis presque souvent obligé de me forcer , disons par la sensibilité , quand j' exerce mon intelligence , pour comprendre qu' il faut précisément bouger les habitudes qu' on prend .

La sclérose , elle nous guette tous , moi le premier : je me méfie de mes scléroses .

Cela ne me crée pas une sorte de goût de bouger à tout moment , mais cela m' oblige à considérer que le vingt-et-unième siècle n' est pas loin , qu' il faut fabriquer une société pour ceux qui y vivront , pour les gens qui ont 10 ou 20 ans aujourd'hui .

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