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Je crois que la relance d' une politique contractuelle donnerait l' occasion de vivifier un débat qui s' impose , de mobiliser sur une juste cause les salariés et , surtout , de laisser les représentants des syndicats , gens de terrain , gens responsables , apporter au pays le concours de leur compétence et de leur autorité .

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F. Mitterrand - 13 janvier 1994

Les gouvernements socialistes avaient hérité , en 1981 , de 1700000 chômeurs . Ce nombre a augmenté de 1300000 en douze ans . Depuis les élections législatives de 1993 , 300000 personnes se sont ajoutées à ce triste résultat . Ce phénomène n' est pas un phénomène français mais propre aux pays occidentaux industrialisés . Sans doute en raison d' un manque d' analyse des raisons profondes du chômage , parce que les modes de production économique et de formation des hommes ont changé . Peut-être fallait - il commencer par une analyse de la société d' aujourd'hui , si différente de celle d' hier . Mais à qui confier le soin d' aborder de façon concrète l' ampleur des questions posées ? Et par qui commencer ? J' ai proposé , lors de mes vœux du Nouvel An , que les partenaires sociaux débattent en commun d' un contrat social pour l' emploi . J' ai constaté que la CFDT , la CFTC , FO , la CGC avaient déjà pratiquement accepté et que la CGT n' était pas hostile à cette initiative . J' y vois une occasion de restituer tout son contenu à la politique contractuelle . Les responsables politiques en tireront ensuite , je l' espère , le meilleur parti .

Pas encore .

J' ai dit des choses vraies . Les dispositions prises , à la demande du patronat , représentent un peu plus de 80 milliards sur la dernière année . J' ai toujours entendu , de ce côté - là , le même argument , chaque fois qu' il a été demandé à un gouvernement des avantages nouveaux . Par exemple , lorsqu' il s' est agi de supprimer l' autorisation administrative de licenciement en 1987 ; en retour , disait - on , des centaines de milliers d' emplois seraient créés . Je n' ai jamais rien vu venir .

Le Premier Ministre a effectivement une expérience en la matière . Il sait que le gouvernement , tout en aidant les partenaires sociaux , n' a pas à se substituer à eux . Je crois que la relance d' une politique contractuelle donnerait l' occasion de vivifier un débat qui s' impose , de mobiliser sur une juste cause les salariés et , surtout , de laisser les représentants des syndicats , gens de terrain , gens responsables , apporter au pays le concours de leur compétence et de leur autorité .

Cette idée est intéressante et prometteuse . Mais on ne peut pas tout faire reposer sur une novation de ce genre . Notre société et notre économie n' y sont pas prêtes . J' y vois un élément utile à la lutte contre le chômage mais pas suffisant . On peut aussi avancer dans trois autres voies

- la liberté pour chaque salarié de consacrer 10 % de son temps , tout au long de sa vie , à la formation ;

- remettre l' organisation du travail en harmonie avec la société environnante ;

- créer des activités répondant aux besoins collectifs .

Je reviens à l' idée centrale : tout cela doit être discuté par les intéressés dans le cadre de la politique contractuelle . En tout cas , je trouverais inadmissible que fussent réduits les moyens et petits salaires sous quelque prétexte que ce fût . La vie quotidienne leur est déjà assez difficile comme cela .

Quand nous avons abouti au compromis , en 1984 , nous avons pensé que nous étions tranquilles pour vingt ans . Or , 9 ans après , surgit un nouveau conflit . C' est une initiative malheureuse , une affaire dommageable . En 1984 , la majorité de l' opinion n' était pas pour le privé contre le public mais les parents voulaient une deuxième chance pour leurs enfants . Il s' agit de tout autre chose aujourd'hui . Le service public se sent offensé , injustement traité . Alors il se fâche . Comment ne pas le comprendre ? Pour en finir avec l' esprit de revanche , avec cette guérilla perpétuelle , n' oublions pas que le premier devoir de l' Etat est de développer et d' entretenir le service public . Ce qui ne doit pas conduire à l' intolérance à l' égard des autres formes d' enseignement . La laïcité , c' est cela .

Je n' ai pas pris de décision . Le Conseil constitutionnel ne s' est pas encore prononcé . Mais je dois tenir compte des réalités . D'abord , avec la majorité en place , il y aura confirmation du vote en faveur de la révision de la loi Falloux . Ensuite , selon la Constitution , je dois obtenir le contreseing du Premier Ministre . Vous vous souvenez que la loi Falloux n' a pas été modifiée en juillet parce que j' ai refusé de l' inclure dans l' ordre du jour de la session extraordinaire , j' en avais le droit et le pouvoir . Bien que je me le sois fait reprocher par quelques hommes politiques de la majorité , je ne le regrette pas . Mais la deuxième lecture ne peut constituer un recours . L' important tient au réveil des consciences . Il est en train de se produire . C' est là qu' aura lieu la vraie deuxième lecture de la loi !

On ne peut que déplorer les changements intempestifs de hauts fonctionnaires là où ce n' est pas nécessaire pour la conduite de la politique du gouvernement . Sinon la République appartiendrait aux factions , ce qui serait redoutable pour la démocratie . C' est à cela que monsieur Raymond Barre , je le suppose , a pensé et je ne peux lui donner tort .

La majorité est la même dans les deux cas . La situation , elle , est différente car les socialistes étaient représentés beaucoup plus fortement à l' Assemblée Nationale en 1986 . Comparer Mmonsieur Jacques Chirac et Edouard Balladur ? Je ne veux pas me livrer à ce genre de pesée . Nous vivons une cohabitation républicaine . Il existe une majorité . Le gouvernement représente cette majorité et j' en tiens compte , sans renoncer à mes propres convictions .

Nous avons pu faire admettre , lors du dernier sommet de Bruxelles , un plan de relance de la croissance sur la base d' un plan de grands travaux , estimé à 800 milliards de francs en 5 ans et ce , à partir des propositions du livre blanc de Jacques Delors . C' est un résultat excellent . La question est de savoir comment il sera mis en application . Face à la bureaucratie et aux intentions très en retrait de plusieurs gouvernements , il faut être très vigilant . Ce plan peut apporter du travail à des centaines de milliers d' hommes et de femmes . Voilà une politique de croissance et d' emploi indiscutable . On verra s' étoffer les infrastructures européennes : moyens de communication , télécommunications , TGV , environnement , modernisation des centrales nucléaires type Tchernobyl de l' ancienne Union soviétique , et cetera . L' élan sera donné .

Elle a surtout patiné avec le retard pris dans l' application du Traité de Maastricht , qui n' a été ratifié que fin octobre 1993 , il y a deux mois ! S' est ajoutée une série de catastrophes dont l' affaire bosniaque . Le scepticisme est explicable par beaucoup d' événements sur lesquels l' Europe semble ne pas avoir de prise comme le chômage . Mais je ne pense pas que ce scepticisme soit durable si l' Europe fait ses preuves . N' oublions pas que l' Europe des Douze n' a de marché unique que depuis un an et que , jusqu' au mois de novembre , elle ne pouvait disposer ni d' armée ni de diplomatie communes . Alors que lui reprocher ? De ne pas avoir existé plus tôt ?

A l' ordre d' hier , celui des deux blocs , des deux superpuissances , ordre dont il fallait se défaire , a succédé une transition qui , avec l' incertitude politique et l' aggravation des injustices sociales , a fait douter des bienfaits de la liberté . Mais ne nous y trompons pas . La fin de cet ordre a signifié pour les peuples de l' Est une libération qui valait tous les risques . Simplement , il eût fallu réagir plus vite , à l' Ouest notamment , afin qu' un autre ordre , plus juste celui - là , s' imposât . Dès le 31 décembre 1989 , j' ai lancé l' idée de la Confédération européenne , début d' organisation , amorce de structure . Les pays démocratiques d' Europe de l' Est et de l' Ouest devraient , selon moi , organiser des rencontres entre leurs responsables , un secrétariat permanent et , surtout , la mise en commun de domaines multiples , environnement , infrastructures de communication , investissements , sécurité , dans les conditions d' égalité , de dignité et de compétence que nous connaissons au sein des Douze .

Il faut être conscient que la Communauté , devenue l' Union européenne , avec son marché unique , bientôt sa monnaie unique , groupe 340 millions d' habitants , en attendant les Autrichiens , les Finlandais , les Suédois , et cetera . Si chacun des pays de l' Est est obligé de tendre la main à cette Communauté , sans disposer de droits , on aura rétabli à l' intérieur de l' Europe une forme de relation coloniale entre les riches et les pauvres . Cette situation est très malsaine . Il nous faut un nouvel " ordre " , avec le concours de tous , les pays démocratiques du continent , prévoir une large confrontation européenne où chacun trouvera son compte et ses justes droits .

La décomposition gagne du terrain bien qu' il existe déjà de nombreuses organisations internationales . La CSCE aurait pu se charger de ce vaste projet si elle était sortie de son domaine de la sécurité . Le Conseil de l' Europe , doté de compétences nouvelles , serait apte à cette tâche . Là va ma préférence . Quant à l' Union européenne , pourquoi ne prendrait - elle pas des initiatives en ce sens ?

Qu' il faille à la gauche reconquérir l' opinion , c' est évident . En France , où la gauche l' a rarement emporté , beaucoup de travail s' impose pour que revienne l' alternance . En revanche , la composante socialiste de la gauche est très au-dessus de ce qu' elle était en 1970 . Je ne veux pas sortir de mon rôle actuel qui se situe hors des partis , mais je ne veux pas non plus jouer à l' indifférent . Puisque vous me posez la question , je vous répondrai que la méthode utilisée pour préparer les assises me semble être la bonne . J' ai envie de dire à tous , n' hésitez pas à changer , à innover , à inventer . A la condition : ne pas vous renier . Il y a des constantes de l' histoire . C' est vrai aussi pour la France . Inventer l' avenir est toujours nécessaire . Chaque génération politique doit avoir son langage pour exprimer son temps . En sachant qu' elle est , fût - ce malgré elle , solidaire des travaux , des peines et des espoirs qui l' ont précédée .

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