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C' est le problème de l' Université . Mais c' est un problème qui dépasse de beaucoup l' Université et qui consiste à faire comprendre aux jeunes gens que la société a envers eux des devoirs de formation , formation intellectuelle , formation technique , formation civique également , et que de ces devoirs de la société , qui lui coûtent très cher d'ailleurs , qui supposent beaucoup de sacrifices de la part de la collectivité et de la part des familles , découlent pour eux - mêmes le devoir de se préparer à être utile , à servir .

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G. Pompidou - 10 juillet 1969

Mesdames et messieurs , je vous remercie d'abord d' avoir répondu à mon invitation et je vous adresse à tous , si vous le permettez , mon salut et mes souhaits de bienvenue .

C' est notre premier contact depuis mon élection à la présidence de la République , et j' imagine que vous y venez avec quelque curiosité , et peut-être , pour certains , avec quelque malice .

Alors je voudrais vous dire très simplement comment je conçois les conférences de presse .

Je les voudrais comme la manifestation de contacts réguliers , quoique à intervalles variés , entre la presse et moi - même , sous la forme la plus souple et la plus libre , avec tantôt un sujet ou deux sujets précis , tantôt , au contraire , la possibilité d' aborder tous les problèmes , avec soit un exposé liminaire , si je le crois utile , soit , au contraire , le passage immédiat aux questions et aux réponses . Mon souci est que ces conférences aient pour objet de vous informer et de m' informer .

De vous informer parce que vous - êtes vous - mêmes chargés par votre profession d' informer le public , de lui apporter les nouvelles , de les lui commenter , et qu' il est donc naturel que vous attendiez des pouvoirs publics français et , en premier lieu , du Chef de l' Etat qu' ils vous tiennent au courant des grandes lignes de la politique française .

M' informer , parce que vous êtes en même temps une sorte de thermomètre de l' opinion : vous ressentez l' importance des questions que cette opinion se pose , l' importance relative qu' elle attache à tel ou tel moment , à tel ou tel aspect des problèmes et que par les questions , par conséquent , que vous voudrez bien me poser , je pense être amené à mesurer moi aussi cette importance relative , ces priorités et à en tirer profit pour ma propre information . Autrement dit , dans toute la mesure du possible , je voudrais que ces entretiens soient une sorte de dialogue , pour reprendre le thème à la mode , dialogue qui pourrait vous être utile , je l' espère , qui pourrait l' être pour moi aussi , je le souhaite . Cela dépend en partie de moi , cela dépend aussi , bien sûr , de vous - mêmes , c'est-à-dire des questions , de la qualité des questions que vous voudrez bien me poser ; mais là-dessus , je crois pouvoir vous faire confiance .

Ayant dit qu' il y aurait parfois un exposé liminaire , je vais aujourd'hui en faire un très court .

Voici maintenant plus de 11 années que le général de Gaulle avait entrepris de construire les institutions de la V ' République . Tout au long de ces 11 années , le pays n' a cessé de marquer son accord dans différents référendums constitutionnels , et également dans les élections législatives . Néanmoins , un certain nombre de formations , d' hommes politiques , d' observateurs , de responsables divers , n' ont cessé de douter de la pérennité et même parfois de la légitimité de ces institutions .

A la suite du référendum du 27 avril , le général de Gaulle , par une décision de son propre chef , une décision entièrement libre , a décidé de renoncer à ses fonctions .

Une des conséquences les plus importantes et immédiates de cette décision et de ce retrait était de faire de l' élection présidentielle un véritable test pour nos institutions . Les faits sont là . Vous avez pu , les uns et les autres , assister de bout en bout à la campagne électorale . J' en retiens en ce qui concerne l' attitude du peuple français deux traits essentiels .

C' est d'abord le calme absolu dont il a fait preuve , et c' est ensuite l' intérêt passionné qu' il a marqué pour l' élection elle - même ; et quant au résultat de cette élection , je crois pouvoir dire qu' elle est la preuve de l' adhésion nationale à la Ve République .

J' en tire donc deux conclusions : la première c' est qu' il est souhaitable et même essentiel que toutes les formations politiques , à l' exception de celles qui poursuivent purement et simplement la révolution , situent désormais leur action et leur espérance à l' intérieur et dans le cadre de nos institutions .

Il y aura dans l' avenir des évolutions , il y aura dans l' avenir fatalement des changements de majorité . Tout cela ne doit en aucun cas poser la question du régime , ni ne paraît devoir déboucher sur des crises de régime . C' est essentiel pour la stabilité politique et nationale de notre pays .

La deuxième conclusion , c' est que je crois que le choix qu' a fait le peuple français démontré son adhésion à la conception que le général de Gaulle a eue du rôle du Président de la République : à la fois chef suprême de l' exécutif , gardien et garant de la Constitution , il est à ce double titre chargé de donner les impulsions fondamentales , de définir les directions essentielles et d' assurer et de contrôler le bon fonctionnement des pouvoirs publics ; à la fois arbitre et premier responsable national .

Une telle conception n' empiète évidemment pas sur les droits du Parlement , qu' il s' agisse de son pouvoir législatif ou de son contrôle de l' action gouvernementale . Elle laisse un rôle extrêmement important et d'ailleurs très lourd , j' en ai fait moi - même la longue expérience , au Premier ministre , dans la marche des affaires , dans la direction des administrations , et dans les rapports avec le Parlement ; mais une telle conception comporte la primauté du Chef de l' Etat qui lui vient de son mandat national et qu' il est de son devoir de maintenir .

...

- Vous savez , madame , la jeunesse ce n' est pas un état , c' est un passage , et très court . L' inévitable est sur elle suspendu , comme disait Marc Aurèle , c'est-à-dire la vieillesse . Alors , le temps de comprendre la jeunesse et c' est une autre jeunesse qui est là . Je crois que ce qu' il faut , c' est essayer surtout de lui donner le sens qu' elle a quelque chose à faire , qu' elle a un but , qu' elle aura un but et un rôle à jouer , c' est essentiel .

C' est vrai , mais n' être utile à personne , c' est n' être bon à rien , comme a dit je crois Descartes , et l' important pour notre jeunesse c' est qu' elle se sente utile , qu' elle se croit utile .

C' est le problème de l' Université . Mais c' est un problème qui dépasse de beaucoup l' Université et qui consiste à faire comprendre aux jeunes gens que la société a envers eux des devoirs de formation , formation intellectuelle , formation technique , formation civique également , et que de ces devoirs de la société , qui lui coûtent très cher d'ailleurs , qui supposent beaucoup de sacrifices de la part de la collectivité et de la part des familles , découlent pour eux - mêmes le devoir de se préparer à être utile , à servir . Je ne dis pas forcément à avoir un objectif matériel , un objectif technique ; il n' est pas question de subordonner la formation à des objectifs purement économiques , mais encore faut - il que la jeunesse ait conscience qu' elle n' est pas un but en soi , qu' elle n' est pas un objet en soi , qu' elle doit servir à quelque chose , qu' elle doit servir aux autres et qu' elle doit servir en particulier à la collectivité qui consent , je le répète , d' énormes sacrifices pour son éducation et pour sa formation .

Quant à la comprendre , la jeunesse , je crois que l' essentiel , au fond , c' est de l' aimer , c'est-à-dire de rester jeune par conséquent , je crois que le meilleur moyen d' être compris d' elle , c' est de lui faire sentir qu' on l' aime , qu' on est prêt à l' aider , mais qu' on attend d' elle qu' elle ait le sens de ses devoirs .

...

En matière économique ? Le problème n' est pas d' y attacher mon nom . Le problème est que , pendant ces 7 années , mon action , l' action du Premier ministre et l' action du Gouvernement permettent d' aboutir à un certain nombre de résultats . Je l' ai dit . Je crois que le premier résultat économique , c' est de faire de la France un véritable pays industriel . Le second , c' est d' assurer les mutations , comme on dit , nécessaires , que ce soit dans le domaine agricole , que ce soit dans le domaine du commerce , par exemple , dans des conditions telles qu' elles ne créent pas un nouveau prolétariat misérable et qu' elles n' entraînent pas de souffrance . C' est pourquoi J' attache pour ma part la plus grande importance à ce que notre action sociale soit tournée , par priorité , vers les plus défavorisés et vers ceux qui souffrent , à l' heure actuelle , de la transformation nécessaire , indispensable , de notre économie .

C' est dans ce sens que j' essaierai d' orienter la politique gouvernementale , en matière de transferts sociaux , de façon à faire que le passage soit tolérable pour tous .

Et puis , il y a un troisième aspect , que je crois très important , du point de vue économique , c' est de donner à l' économie française une dimension internationale , et cela veut dire d'abord l' Europe , bien entendu , et quel que soit l' avenir des constructions européennes , que les entreprises françaises , soit par elles - mêmes , soit le plus souvent par ententes avec d' autres entreprises européennes , et même avec des entreprises non européennes , puissent atteindre la dimension internationale et , par là , accepter la concurrence non seulement à l' intérieur de nos frontières , ou des Six , mais surtout les marchés mondiaux .

C' est , pour ma part , ce que je crois l' objectif fondamental , parce que je ne vois , pour un pays de la dimension de la France , que deux issues : ou bien se refermer à nouveau sur lui - même , et vivoter , à l' abri de frontières , de droits de douane , et par conséquent dépérir , ou bien alors être en mesure de participer pleinement au marché international , avec ses dimensions actuelles et ses dimensions futures qui finiront par englober non seulement le monde occidental , mais , soyez -en bien sûrs , le monde de l' Est et plus encore .

Il va de soi que cela suppose une transformation des esprits , que cela suppose un effort d' investissement considérable , et que cela suppose des ententes internationales et des créations d' entreprises de taille mondiale dont il existe très peu encore en France , alors que des pays plus petits que nous , comme la Suisse , comme les Pays-Bas , en ont déjà , et d' importantes . La France a trop longtemps vécu dans ce protectionnisme . C' est contre le protectionnisme qu' il faut agir , et c' est sur ce point que , pour ma part , je ne cesserai d' attirer l' attention du Gouvernement , en maintenant simplement le correctif social . il s' agit là d' une transformation énorme , et c' est pourquoi nous devons constamment prévoir et prévenir les conséquences sociales de cette transformation .

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