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Enfin , et précisément parce que nous sommes sans doute un des pays qui ont toujours attaché le plus de prix aux problèmes intellectuels et moraux et , aujourd'hui , à ceux que pose à notre civilisation le progrès scientifique et technique , nous avons , en effet , la prétention de définir un art de vivre et une conception de la société moderne dont la valeur s' étende au-delà de nos frontières .

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G. Pompidou - 24 février 1970

Je suis heureux , messieurs , de me trouver ici , à Washington , au milieu de vous , puisque cela me donne l' occasion d' exprimer devant tant de représentants éminents de la presse américaine et internationale une vérité toute simple , si simple qu' on l' oublie parfois : je veux dire l' étroite amitié qui unit la France aux Etats-Unis d' Amérique . Il nous est arrivé , il nous arrive , il nous arrivera de n' être pas du même avis sur tout ; il se peut que nos intérêts parfois divergent ; il advient que l' Amérique nous paraisse écrasante et que la France lui semble légère ; mais au demeurant , nous , Français , qui avons eu successivement tant d' ennemis « , qui nous sommes battus contre tout le monde ou à peu près , comment ne nous rappellerions - nous pas que jamais , pas une seule fois , nous ne sommes entrés en conflit avec les Etats-Unis , que depuis votre indépendance jusqu' à ce jour , toujours , je dis toujours , nous avons été amis dans la paix , alliés dans la guerre ? Il faut donc bien qu' il y ait quelque chose entre nous de plus fort que les contingences , quelque chose qui s' appelle , justement , l' amitié . Et c' est bien pourquoi , élu Président de la République française , j' ai choisi d' effectuer mon premier voyage officiel dans votre pays , le plus ancien ami et allié de la France .

Qui dit amitié ne dit pas rapports sans nuages . Il est advenu que tantôt l' Amérique , tantôt la France , revendique vis-à-vis d' un allié plus puissant le droit à l' indépendance de sa politique . Ce fut le cas des Etats-Unis de George Washington vis-à-vis de la France de Louis XVI . C' est aujourd'hui le cas de la France . Mais l' important est de sentir en nous - mêmes la conviction profonde que nous sommes unis sur l' essentiel .

L' essentiel , dans notre monde , c' est la paix , qui dépend des forts plus que des faibles et leur crée des responsabilités particulières .

Pour établir une paix durable , trois conditions : être résolu à se défendre contre toute agression avec tous les moyens en sa possession ; ne menacer personne mais être prêt à coopérer avec toutes les nations , quels que soient leur régime ou leur idéologie ; reconnaître le droit de tous les peuples à disposer librement deux - mêmes . Telle est , je le crois , à travers les difficultés particulières du moment , la pensée directrice du Président des Etats-Unis d' Amérique , telle est la volonté profonde du peuple américain , telle est , je puis l' assurer , la politique de la France .

Mais sans doute faut - il que je vous parle de la France . le crains qu' elle ne vous apparaisse comme un pays d' importance moyenne par sa population et sa puissance économique , nerveux et changeant , prétendant jouer un rôle au-dessus de ses possibilités . Il est exact que notre poids parmi les nations n' est pas ce qu' il a pu être dans les siècles passés . La puissance va de l' un à l' autre et n' est jamais fixée définitivement nulle part . Il est exact aussi que la sensibilité de notre peuple l' amène à réagir avec plus de vivacité que d' autres aux événements comme aux courants de la pensée . Mais le fond est solide . 10 siècles d' existence en tant que nation nous ont appris la vertu de la continuité , comme on l' a vu , je crois , en 1969 , dans la manière dont nos institutions ont surmonté la secousse profonde créée par le retrait volontaire du général de Gaulle . Enfin , et précisément parce que nous sommes sans doute un des pays qui ont toujours attaché le plus de prix aux problèmes intellectuels et moraux et , aujourd'hui , à ceux que pose à notre civilisation le progrès scientifique et technique , nous avons , en effet , la prétention de définir un art de vivre et une conception de la société moderne dont la valeur s' étende au-delà de nos frontières . N' est - il pas vrai que le retentissement de ce qui se passe à Paris est sans commune mesure avec notre production d' acier ou avec notre puissance nucléaire ? On l' a vu , encore , en Mai 1968 , dans un sens comme dans l' autre . Pour tout dire , nous croyons aux valeurs spirituelles et nous pensons n' en pas être dépourvus .

Ce n' est pas , croyez - le , que nous négligions les nécessités temporelles . Nous savons l' importance de la puissance économique . C' est pourquoi nous avons entrepris un grand effort de modernisation et d' industrialisation qui sera , dans les années à venir , le principal souci de mon Gouvernement . Mais il faut comprendre que , pour nous , la richesse économique n' est pas un but en soi , qu' elle n' a d' autre intérêt que de servir l' homme , de lui permettre de développer sa personnalité en le libérant des contraintes de la misère et des soucis lancinants du lendemain . Il me semble que votre pays , dont le niveau de vie est le plus élevé du monde , partage ces préoccupations , que la lutte contre la pauvreté et contre les menaces que la civilisation urbaine et industrielle fait peser sur l' homme est aujourd'hui le premier souci de vos dirigeants comme de vos intellectuels . Raison de plus pour nous sentir proches les uns des autres et pour chercher à conjuguer nos efforts . le souhaite que la visite officielle que je rends aujourd'hui au Gouvernement et au peuple américains témoigne de la fraternité qui nous unit et contribue à renforcer notre coopération .

Et maintenant , mesdames et messieurs , me voici prêt à répondre à vos questions ...

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