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Nous cherchons à éviter que des secteurs d' activité passent sous contrôle extérieur dans des conditions qui , d'ailleurs , tomberaient fréquemment sous le coup de votre législation antitrusts , nous cherchons à ce que ce genre d' opérations ne contrarie pas les concentrations préalables , purement nationales , et nous tenons enfin à ce que ces prises de contrôle , lorsqu' elles ont lieu , s' accompagnent d' un enrichissement réel de notre économie , notamment sur le plan de la recherche et de la prospection du marché européen tout entier .

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G. Pompidou - 2 mars 1970

Qu' il me soit permis tout d'abord d' exprimer ma satisfaction de me trouver ce soir à New York , grâce à la diligence de monsieur Burden , au milieu de tant d' éminentes personnalités représentatives des diverses activités de votre grande métropole . Au terme du voyage passionnant que je viens d' effectuer dans votre pays , je devrais vous dire mes surprises et mes découvertes . Au risque de décevoir , je vous dirai : les Etats-Unis me sont apparus tels que je les attendais : pays d' une autre dimension que nos pays d' Europe occidentale , prodigieux d' activité et de dynamisme , confiant en lui - même , en sa puissance , en sa mission , confronté avec des problèmes dont certains lui sont propres , dont d' autres lui sont imposés de l' extérieur , et qu' il cherche à résoudre avec la conscience et le sérieux que vous apportez à tout ce que vous faites , avec aussi une foi inaltérée dans un destin qui vous a toujours permis de triompher des difficultés . Dimension exceptionnelle , invention permanente , conscience et fierté de vos responsabilités mondiales , confiance en vous - mêmes pour les exercer voilà l' impression que je remporte . Peut-être cependant , est - ce ici , à New York , ville ouverte sur le vieux continent par sa tradition et sa situation , qu' il convient que j' exprime les pensées et les préoccupations d' un Européen , d' un Français . Je le ferai dans le domaine économique et financier , comme il est naturel lorsqu' on se trouve dans la place économique et financière la plus importante du monde .

Jusqu' à une date récente , la France a vécu en circuit presque fermé grâce à un système protectionniste qui réservait à son agriculture et à son industrie son marché intérieur et celui de son empire colonial . Peut-être n' avez - vous pas mesuré la portée des décisions prises par le général de Gaulle depuis 1958 et qui ont complètement transformé notre comportement ? La décolonisation n' a pas eu que des conséquences politiques . Certes , la France a gardé une position privilégiée dans les Etats issus de son ancien empire , mais progressivement la concurrence s' y installe et joue .

La mise en œuvre du Marché Commun a d' autre part entraîné la disparition complète des droits de douane entre les 6 pays membres . Il n' existe plus aucune frontière douanière entre la France et ses partenaires . Vous savez quel est le dynamisme de l' industrie allemande , par exemple . Concluez -en que l' industrie française a dû et doit consentir un effort considérable pour se mettre en mesure de résister .

Peut-être pensez - vous que cette libération de nos échanges est atténuée par l' existence du Tarif extérieur qui assure la protection de la Communauté européenne . Ce serait oublier que ce Tarif extérieur est modéré et que la position adoptée par la Communauté et par la France lors de la négociation Kennedy a encore accentué ce caractère . Lorsque les effets de la négociation Kennedy joueront complètement , en 1972 , le Tarif extérieur commun représentera une baisse de 60 % en moyenne de la protection douanière française antérieure , et sera très largement inférieur à la protection des tarifs douaniers anglais et américain .

Enfin , vous le savez , la France a adopté une attitude positive à l' égard de la candidature britannique , ce qui veut dire qu' elle envisage comme possible , voire probable , l' élargissement de la Communauté .

Ainsi donc , depuis 10 ans , la France a renoncé à son protectionnisme traditionnel et a opté pour le plus large libéralisme dans le domaine des échanges extérieurs .

Il s' ensuit nécessairement un certain nombre de conséquences dans nos rapports avec le reste du monde . Avec les pays de l' Est , nos relations , qui se développent considérablement et favorablement , restent liées à des accords d' Etat à Etat . Avec les pays du Marché Commun , elles sont , pour ce qui est des mouvements de marchandises , entièrement libérées . Les mouvements de capitaux restent soumis à diverses réglementations , en particulier du fait de l' existence provisoire du contrôle des changes instauré en France , l' an dernier .

Avec la Grande-Bretagne et avec les pays de l' AELE , contrairement à ce que l' on croit généralement , le commerce de la France et des pays du Marché Commun s' est , dans les deux sens , développé ces dernières années plus rapidement qu' il ne l' a fait entre les pays membres de l' AELE elle - même . Mais l' ouverture probable des négociations entre la Grande-Bretagne et la Communauté donne à la situation actuelle un caractère provisoire . Restent les Etats-Unis eux - mêmes , dans leurs rapports commerciaux et financiers avec le Marché Commun et la France en particulier .

Comme un premier fait , je noterai que ces échanges sont modestes et fortement déséquilibrés en ce qui nous concerne : les importations de la France en provenance des Etats-Unis représentent environ 1 milliard 400 millions de dollars et nos exportations à peine 800 millions de dollars . Cette situation constitue d'abord un trait caractéristique de l' économie américaine , dans laquelle le commerce extérieur ne joue qu' un rôle marginal . D' autre part , il semble que vos grandes sociétés préfèrent installer des filiales en Europe plutôt que d' y exporter leur production . Enfin , je dois vous dire que le marché américain apparaît aux sociétés françaises difficile à pénétrer et extrêmement bien défendu . le reconnais que d' autres pays ont mieux réussi que la France - l' Allemagne notamment et même l' Italie . Mais au total et pour parler avec une entière franchise , nous avons l' impression de nous heurter à un protectionnisme multiforme et qui exige d' énormes efforts pour être percé . le souhaite que la politique libérale adoptée par le Président Nixon et les efforts de son administration pour la faire triompher aboutissent et permettent un développement de nos ventes aux Etats-Unis .

Nous n' avons pas en effet de possibilités aussi étendues que les vôtres pour l' implantation de filiales françaises aux Etats-Unis . La dimension de vos entreprises exige pour créer des ensembles compétitifs d' énormes capitaux qui dépassent le plus souvent les possibilités des groupes français . le ne m' en réjouis que davantage lorsque certains parviennent à créer ici des sociétés capables de soutenir la concurrence ou S' allient avec des sociétés américaines pour pénétrer votre marché , comme c' est le cas , par exemple , de Péchiney , de Rhône-Poulenc , de Michelin .

Evoquant ces implantations à l' étranger , je vous étonnerais sans doute si je ne vous parlais pas de l' attitude du Gouvernement français à l' égard des investissements américains . Cette attitude , la voici : Non seulement nous ne repoussons pas les investissements américains , mais nous sommes disposés à les favoriser . Rien ne serait à mes yeux plus préjudiciable aux intérêts français que de voir les sociétés américaines s' installer uniquement dans les autres pays du Marché Commun . Si l' Angleterre devient membre de la Communauté , cette position de principe deviendra plus nette encore , je dirai même déterminante à nos yeux pour l' avenir du Marché Commun . Nous ne saurions accepter d' être considérés uniquement comme un marché de « consommation » . Ceci nous conduit donc à souhaiter la « production » , c'est-à-dire l' implantation d' usines . C' est ce que j' ai eu l' occasion de dire à Henry Ford ou à David Rockefeller .

Mais il est vrai que notre industrie est en pleine transformation , qu' elle ne trouve parfois que difficilement les capitaux nécessaires , que son organisation souvent encore familiale crée des obstacles de personnes à la concentration . L' Etat ne peut donc pas s' en désintéresser . Il doit aider et inciter à la concentration et il doit , dans cette période de mutation , protéger . C' est pourquoi nous sommes entièrement ouverts à l' implantation en France d' affaires américaines , mais nous adoptons une attitude sélective devant les prises de contrôle d' affaires françaises par des groupes étrangers , quels qu' ils soient . Nous cherchons à éviter que des secteurs d' activité passent sous contrôle extérieur dans des conditions qui , d'ailleurs , tomberaient fréquemment sous le coup de votre législation antitrusts , nous cherchons à ce que ce genre d' opérations ne contrarie pas les concentrations préalables , purement nationales , et nous tenons enfin à ce que ces prises de contrôle , lorsqu' elles ont lieu , s' accompagnent d' un enrichissement réel de notre économie , notamment sur le plan de la recherche et de la prospection du marché européen tout entier . C' est dans cet esprit que j' ai été conduit à m' opposer à l' achat par Westinghouse de Jeumont-Schneider , mais je ne m' opposerai nullement à une collaboration entre le groupe français qui concentrera et rationalisera , je l' espère , l' ensemble de notre industrie de gros matériel électrique et un groupe européen ou américain , qu' il s' agisse de Westinghouse ou d' un autre .

Vos investissements à l' étranger et particulièrement en Europe me conduisent à poser une autre question : celle de l' exportation des capitaux américains , liée elle - même au déficit de votre balance des paiements . J' en viens ainsi - comment l' éviter ? - au grand problème du système monétaire international et de son dérèglement . je ne critique pas , ce faisant , la politique de votre administration . J' apprécie au contraire les efforts faits par elle afin de combattre l' inflation , efforts dont témoignent sa politique budgétaire et le comportement de la Fédéral Réserve Bank . Mais , comme y serait conduit tout observateur impartial , je ne peux pas m' empêcher de faire un certain nombre de constatations .

L' or ne joue plus son rôle régulateur . Les dispositions que vous avez prises , les accords conclus avec la plupart des grandes banques centrales , l' émission des Droits de Tirage Spéciaux ( DTS ) , la convention avec l' Afrique du Sud et son entérinement par le FMI . prouvent qu' il ne s' agit pas d' un fait constaté mais d' une politique délibérée .

Cette politique tend à faire du dollar la seule vraie monnaie de réserve et l' étalon du système monétaire international . le ne veux pas ici discuter sur les principes .

De toute manière , pour qu' une telle politique puisse durer , il est nécessaire que la valeur du dollar soit stable . Faute de quoi , les autres monnaies sont conduites à s' aligner sur une valeur mouvante , comme des pendules qui se régleraient sur une horloge elle - même déréglée . Or , il faut reconnaître que c' est le cas actuellement dans la situation de hausse des prix et de déficit extérieur qui est la vôtre .

Aussi voyons - nous une inflation généralisée dans la plupart des pays , des restrictions de crédit conçues pour la limiter entraînant un manque de liquidités , lequel provoque des taux d' intérêt excessifs qui accentuent à leur tour la tendance inflationniste . Des entreprises qui empruntent à 10 % et plus ne peuvent à la longue le supporter que grâce à la hausse des prix .

D' autre part , l' abondance de dollars extérieurs fournit à l' expansion de vos entreprises en Europe des moyens anormaux cependant que les Etats européens qui en détiennent n' en ont pas l' usage .

Tout cela , à l' évidence , n' est pas sain et recèle des dangers dont il est de notre intérêt commun de prendre conscience .

J' ajoute une dernière remarque : cette situation générale démontre que le poids financier et économique des Etats-Unis est actuellement tel dans l' ensemble du monde libéral que de votre situation dépend en grande partie celle des autres et que l' inflation ou la récession américaine entraîne obligatoirement , à plus ou moins long terme , inflation ou récession chez les autres . On escompte généralement qu' un équilibre meilleur pourra s' établir par le développement du Marché Commun vers une véritable union économique et monétaire . C' est l' effort qui a été entrepris mais dont l' aboutissement demandera encore beaucoup de temps .

Que conclure ? le n' ai pas la prétention , ni le temps , d' apporter une solution . Mais je veux simplement attirer votre attention sur les responsabilités économiques et financières des Etats-Unis à l' égard du monde non communiste . Vos efforts pour dominer l' inflation , maintenir une expansion régulière , rétablir votre balance des paiements , constituent un élément essentiel de l' équilibre général .

Si vous ne réussissez pas dans cette action , nous risquons d' être conduits soit à une crise , soit au retour à un protectionnisme paralysant , chacun cherchant à s' isoler derrière ses frontières comme on se protège contre une épidémie en s' enfermant chez soi . Les deux perspectives sont également mauvaises . Et c' est pourquoi j' ai cru nécessaire de vous faire part très simplement des préoccupations d' un chef d' Etat européen profondément convaincu de la valeur de la liberté mais conscient que son exercice comporte des exigences fondamentales qui s' appellent clairvoyance , maîtrise de soi , conscience de la solidarité internationale . Tout cela , vous le savez , messieurs , aussi bien que moi . Vous en connaissez également les difficultés d' application . Mais il serait vain de récriminer contre les difficultés : elles existent et nous n' avons d' autre choix que de les surmonter ou de renoncer à la liberté . En ce qui concerne la France , je puis vous assurer que le choix est fait .

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