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Tel est l' objet d' une politique de l' actionnariat , amorcée par l' Etat comme par certaines entreprises privées , et dont la généralisation devrait permettre aux membres d' une entreprise de sentir que celle - ci n' est pas seulement le cadre fortuit de leur travail , mais qu' elle est aussi un peu leur chose ; tel doit être l' objet d' une réorganisation des structures , permettant à tous d' être tenus au courant de la situation et des perspectives d' avenir de l' entreprise et donnant à chacun , dans J' exercice de ses fonctions quelles qu' elles soient , une certaine liberté d' appréciation et de décision , Là , comme partout , la déconcentration de l' autorité crée la responsabilité et permet à l' ensemble de tirer parti des compétences et des imaginations de chacun sans tomber dans l' anarchie grâce au maintien , à la tête , de la nécessaire unité de direction .

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G. Pompidou - 27 juin 1970

Monsieur le maire , Mesdames et messieurs , C' est pour moi un grand plaisir que de me trouver ici à Strasbourg en compagnie de plusieurs membres du Gouvernement , parmi lesquels je ne peux pas ne pas citer mon ami André Bord , élu de Strasbourg et Président du Conseil Général du Bas-Rhin .

Un an , oui , un an déjà depuis que je m' adressais aux Strasbourgeois pour les inviter à manifester , sur mon nom , leur volonté de voir la France persévérer dans la voie de l' indépendance , du progrès et de la stabilité intérieure . OÙ donc cet appel pouvait - il être mieux entendu qu' à Strasbourg , dans cette ville exemplaire qui eut Leclerc pour libérateur et où le général de Gaulle , en 1947 , engageait un autre long combat contre la funeste conception du régime d' assemblée , générateur d' impuissance et responsable de nos abaissements ? Nos institutions , que Strasbourg et l' Alsace ont approuvées à d' écrasantes majorités , ont doté la France d' un Etat fort , où l' autorité du Président de la République élu au suffrage universel garantit la durée gouvernementale et l' unité de direction , permettant ainsi non seulement de gérer les affaires du pays mais de concevoir l' avenir et d' affronter sans complexe le monde extérieur .

Gérer les affaires du pays , c' est d'abord lui permettre de vivre dans la paix civile . Face à des agitations parfois enfantines et parfois concertées mais toujours destructrices et , négatives , l' Etat doit maintenir l' ordre républicain . C' est ce qu' il fait et ce qu' il fera sans excès mais sans faiblesse dans le cadre de nos libertés , qui , conformément à la Déclaration des droits de l' homme , trouvent leurs limites dans le respect des biens et des personnes .

Mais l' ordre n' est pas une fin en soi . Il ne s' agit pas pour la France de vivoter en cultivant son jardin . Nous savons d' expérience quelle tentation constituait une France qui s' abandonnait à la douceur de vivre . Notre pays est confronté avec d' immenses problèmes qui tiennent à l' évolution du monde moderne aussi bien qu' à nos rapports avec l' extérieur , et que nous devons dominer pour leur trouver des solutions originales adaptées à notre conception de la société .

D'abord , oui , d'abord , nous devons faire l' effort nécessaire pour accéder à la véritable puissance économique , base indispensable du progrès social aussi bien que de notre indépendance . Toutes les activités du pays sont impliquées dans cet effort . L' agriculture , notre vocation première et naturelle , reste , n' en déplaise à certains , une de nos principales richesses . Elle doit poursuivre son adaptation , se moderniser et concilier ses structures fondamentalement familiales avec les nécessités de la rentabilité et de la concurrence . Notre appareil commercial est souvent désuet . Il n' est pas question de le bouleverser au seul profit de formules nouvelles . Mais pour donner à chacun sa place , il doit adapter ses méthodes d' achat , de vente et de publicité pour être en mesure de rendre à la collectivité , c'est-à-dire aux consommateurs , le maximum de services au moindre coût . Il faut enfin et surtout que notre capacité industrielle soit doublée dans les 10 années à venir et qu' une rationalisation imaginative permette d' augmenter la productivité en diminuant à la fois l' effort des travailleurs et les prix de revient .

Ces transformations s' imposent d'autant plus que nous sommes entrés , sans possibilité de retour , dans la redoutable voie de la concurrence internationale , et d'abord au sein de la Communauté européenne . Comment ne pas parler de l' Europe , ici à Strasbourg ? A des époques récentes et qui déjà apparaissent incroyablement lointaines , on a eu parfois de l' Europe une vision idyllique , où les peuples confondus prospéraient en paix sous l' autorité de sages , étrangers à toutes préoccupations nationales . Mais voici que les réalités se sont dressées . La République Fédérale , notre voisin immédiat , démontre avec éclat sa grande capacité économique et rappelle à tous l' existence de la nation allemande . Quant à la Grande-Bretagne , à qui tant de souvenirs nous unissent , au moment même où elle réaffirme son désir de voir s' ouvrir les portes de la Communauté , son nouveau Premier ministre se donne pour objectif prioritaire l' unité de sa nation . De quelle Europe peut - il dès lors s' agir , sinon d' une Europe groupant des Etats souverains , qui acceptent librement d' abaisser les barrières qui les séparent , d' harmoniser progressivement leurs politiques agricole , monétaire , industrielle , sociale , pour avancer avec réalisme , c'est-à-dire avec précaution et par degrés , vers une union qui , lorsqu' elle sera suffisamment entrée dans les faits et dans les esprits , mais alors seulement , pourra avoir sa propre politique , sa propre indépendance , son propre rôle dans le monde ? L' Europe se fera dans le respect de la personnalité des Etats qui en feront partie ou ne se fera pas . L' Europe ne se fera d'ailleurs que si elle entretient des rapports étroits et amicaux avec tous les pays et en particulier avec l' est de notre continent , c'est-à-dire si elle n' apparaît pas comme un bloc mais comme un instrument puissant de liaison , de détente et de coopération . La tâche est rude et longue . Nier les difficultés ou prétendre les ignorer conduirait à coup sur a l' échec . Mais c' est pour notre vieux continent une possibilité exceptionnelle de réaffirmer son existence , de fonder sa sécurité , de recréer sa propre et originale civilisation en l' adaptant à notre temps . Voilà l' ambitieuse entreprise dans laquelle nous sommes engagés , à laquelle la Conférence de La Haye a donné un nouvel élan et qui nous contraint à un grand effort national si nous voulons y avoir notre place et notre rang , sauvegarder les intérêts de notre peuple et travailler pour la paix . Rappelons - nous toujours que c' est en nous montrant Français que nous sommes Européens . Seule une France forte permettra de trouver son équilibre . Seule une France forte lui permettra de marquer son indépendance . Seule une France forte lui permettra d' être admise par tous .

Grand effort national , disais - je . Où donc le comprend - on mieux qu' en Alsace , terre dès longtemps vouée aux sacrifices et toujours renaissante grâce au courage de ses fils , qui , située où elle est , mesure mieux peut-être que toute autre province les exigences et les périls de la compétition , fût - elle pacifique , fût - elle européenne ? Il importe que notre peuple s' y donne tout entier et que chacun se sente associé à la réussite commune .

C' est pourquoi notre tâche et la préoccupation principale du Président de la République est de sauvegarder l' union des Français . En ces journées anniversaires de l' affreuse déportation , nous réaffirmons la réconciliation franco-allemande scellée par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer . Comment , alors que nous acceptons ainsi de mettre un trait définitif sur tant de conflits et tant de souffrances , pourrions - nous ne pas effacer tout ce qui nous a entre nous opposés ? La République veut être la République de tous . Tel est notamment le sens des mesures prises en faveur des rapatriés d' Algérie , qui ont bien mérité cet effort de solidarité française dont j' avais proclamé il y a un an la nécessité . Tel est le sens de l' appel que je n' ai cessé d' adresser aux hommes de toutes opinions pour qu' acceptant le libre jeu des institutions voulues par le peuple français , ils y prennent leur place et y jouent leur rôle , que ce soit dans la majorité ou dans l' opposition . Car la démocratie telle que nous voulons la pratiquer n' est pas celle du parti unique et des unanimités électorales . Une opposition structurée , ayant ses cadres et sa doctrine , participant en tant que telle aux débats devant le pays comme à l' action parlementaire , est nécessaire . Elle constitue pour l' action gouvernementale et la majorité un aiguillon et l' instrument d' une confrontation féconde . Les problèmes sont divers , les situations évoluent et ni la majorité ni l' opposition ne doivent se fermer sur elles - mêmes tels des clans hostiles et jaloux . Mais elles ne sauraient être non plus des lieux publics où chacun entre et sort au gré de ses fantaisies de l' heure . On ne s' unit que pour l' action , et sur des conceptions sinon communes , au moins voisines de cette action et de ses objectifs . Je disais que l' ordre n 1 est pas une fin en soi , l' ouverture non plus . Elle est un état d' esprit , une attitude faite de tolérance et d' esprit de dialogue , mais à des fins précises et pour une politique acceptée .

Que les Français renoncent aux disputes dépassées , qu' ils se rallient sans réserve aux institutions , que nos querelles ne soient plus des querelles de régime débouchant sur des changements perpétuels du numéro des républiques , c' est plus qu' un vœu , plus qu' un espoir , c' est , me semble - t - il , un fait acquis , pour la première fois sans doute depuis trente ans . Et pourtant cela ne suffit pas pour que tous les Français se sentent réellement associés à ce grand effort national dont j' évoquais la nécessité et pour qu' ils en acceptent les exigences et parfois les sacrifices . C' est qu' aujourd'hui d' autres problèmes se posent qui tiennent à la fois aux choses et aux hommes .

L' extraordinaire développement des sciences et des techniques bouleverse les données mêmes de la vie . L' urbanisation se développe à une cadence rapide et qu' il convient d' orienter et de contrôler . Les entreprises croissent et se concentrent , les usines se multiplient et les conditions de travail s' y modifient sans cesse . Les moyens de communication transforment le mode de vie et jusqu' à son cadre .

Parallèlement , les hommes , dont le niveau de vie ne cesse de s' élever , mais dont les besoins croissent plus vite encore , s' irritent des contraintes d' une société en perpétuelle mutation , revendiquent le droit au bonheur et à la sécurité et refusent d' être de simples instruments au service de l' économie et , à plus forte raison , de ceux , propriétaires ou dirigeants , qui en détiennent les commandes .

Que de responsabilités dès lors , pour le Gouvernement , et pour les cadres du pays ! Politique de la santé , de la famille , de sécurité pour la vieillesse , de l' emploi , du relèvement des bas salaires , d' amélioration des conditions de travail ; politique aussi du logement , de l' aménagement du territoire , tout est lié , tout est imbriqué , tout nous sollicite à la limite et parfois au-delà de nos moyens . Un principe essentiel doit nous guider dans cette action et qu' il m' appartient au nom même de l' unité nationale de faire prévaloir . Ce principe est celui de la dignité humaine .

Il faut d'abord assurer à tous des conditions de vie décente et la sécurité . C' est l' objet de la réforme du salaire minimum , dont la première application va intervenir ; c' est l' objet de cette grande réforme de la mensualisation que j' ai réclamée il y a un an , qui permet de changer la condition matérielle et même morale des salariés et dont je suis attentivement les progrès dans le secteur privé comme dans le secteur public ; ce doit être l' objet d' une politique active en faveur de la famille et de la vieillesse .

Mais cet aspect West pas le seul . Il ne s' agit pas seulement d' avoir les moyens de vivre . Il faut encore être maître de sa vie . Ce qui veut dire que chaque Français , -dans la République , dans sa cité , dans sa famille , dans son travail , doit se sentir responsable .

C' est le cas dans l' ordre politique , puisque tous les Français et toutes les Françaises sont appelés à choisir leur député et leur Président . C' est le cas pour la gestion des collectivités locales , particulièrement pour la gestion des communes et cela devrait se développer grâce à une politique active de décentralisation . C' est le cas de la famille où désormais la mère de famille a des droits égaux à ceux de son mari . Mais si chacun est , dans ces différents domaines , pleinement responsable , le travailleur , lui , ne l' est pas toujours . Une masse considérable de salariés - cadres , agents de maîtrise , employés , ouvriers - a trop souvent l' impression d' être réduite à appliquer des directives élaborées en dehors d' elle et dont elle ne connaît ni ne comprend le sens ni la valeur . C' est pourquoi une de nos tâches principales consiste à promouvoir , dans les entreprises nationales ou privées , une organisation nouvelle permettant à tous les agents de l' entreprise , non seulement de participer à ses profits , mais à sa vie , d' être informés des conditions et des buts de la gestion , de donner leur avis , d' avoir enfin , chacun à son poste , une certaine autonomie . Telle est la destination naturelle des comités d' entreprise . Tel est l' objet de la politique d' intéressement , définie par les ordonnances de 1959 et de 1967 . Tel est l' objet d' une politique de l' actionnariat , amorcée par l' Etat comme par certaines entreprises privées , et dont la généralisation devrait permettre aux membres d' une entreprise de sentir que celle - ci n' est pas seulement le cadre fortuit de leur travail , mais qu' elle est aussi un peu leur chose ; tel doit être l' objet d' une réorganisation des structures , permettant à tous d' être tenus au courant de la situation et des perspectives d' avenir de l' entreprise et donnant à chacun , dans J' exercice de ses fonctions quelles qu' elles soient , une certaine liberté d' appréciation et de décision , Là , comme partout , la déconcentration de l' autorité crée la responsabilité et permet à l' ensemble de tirer parti des compétences et des imaginations de chacun sans tomber dans l' anarchie grâce au maintien , à la tête , de la nécessaire unité de direction . L' entreprise n' est pas fondamentalement différente de l' Etat : la liberté et la responsabilité la fortifient , le régime d' assemblée la tuerait .

Ainsi , nous avons beaucoup à faire . Concilier l' indépendance française et la construction de l' Europe , maintenir l' union autour de la République dans l' ordre et dans la liberté , moderniser nos structures , et développer massivement notre capacité économique , transformer notre organisation sociale , afin de garantir à tous les sécurités essentielles et de permettre à chacun de se sentir libre et responsable dans sa vie et dans son métier , construire une France forte , pacifique et solidaire , une société humaine , ouverte et qui soit juste , tout cela représente une immense ambition . Que d' efforts , de patience , de bon sens et de foi nécessaires pour résoudre les contradictions , défaire les entraves , surmonter les obstacles , rendre à l' homme sa primauté , oui , pour la France , voici venu le temps de la Raison ardente ! Monsieur le maire , en rappelant ici les grands impératifs de notre avenir comme peuple , comme nation , comme membre de l' Europe , c' est , vous le voyez , à tous les Français que je m' adresse et pas seulement aux Strasbourgeois . C' est que Strasbourg est un lieu privilégié pour percevoir les exigences de notre cohésion et de notre grandeur . C' est aussi parce que je compte sur les Alsaciens pour donner l' exemple de notre refus du renoncement et de notre volonté de progrès . De la prospérité de l' Alsace , de sa vitalité économique , de sa fidélité politique aux principes plusieurs fois ici exprimés par le général de Gaulle , dépend pour une large part le destin de notre pays tout entier .

Vive Strasbourg ! Vive l' Alsace Vive la France !

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