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Mais je voudrais qu' on se représente ce qu' est la situation des forces de l' ordre , gendarmes , CRS , policiers parisiens , en présence de manifestations permanentes et violentes , en présence d' actes de violence qui surgissent un peu partout , organisés ou spontanés , en présence du redoublement de la criminalité , en présence des charges de tous ordres que représentent la concentration urbaine et le développement de la circulation , qu' on imagine ce que cela implique d' effort physique , de tension morale et nerveuse , et je crois que si on se le représentait , eh bien !

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G. Pompidou - 24 juin 1971

. - Je pensais que vous parleriez de l' Europe , alors j' ai fait venir une carte . je me retrouve professeur .

Vous avez ici , en rouge , ce qu' on appelle l' Europe des Six , et vous voyez bien ce qu' est l' Europe occidentale . Ici , s' arrêtent pratiquement les frontières de l' influence soviétique . Voici donc cette Europe occidentale . Voici le monde soviétique . Voici l' Amérique du Nord .

Imaginez , je vous prie , ce que cette Europe est fragile , petite , petite presqu'île menacée , et pourtant , il y a là plus de 300 millions d' habitants , il y a là tous les pays qui , depuis 5 cents ans , ont fait l' histoire de l' humanité . Il y a là un réservoir de capacités qui est unique au monde , et il y a là une puissance économique qui est supérieure à celle de tout ce monde soviétique et qui n' est pas loin d' égaler celle de l' Amérique du Nord .

Alors monsieur Ferniot , de deux choses l' une : ou bien nous renonçons à être quelque chose face à ces immenses puissances , ou bien nous essayons de regrouper ces nations d' Europe occidentale et de mettre ensemble tout ce qu' elles recèlent de virtualités et de possibilités .

C' est l' effort que nous avons entrepris , et c' est l' effort que j' ai entrepris .

Quand je suis arrivé , l' Europe était dans l' impasse , en réalité . Nos partenaires de l' Europe des 6 ne supportaient plus que l' Angleterre reste en dehors . L' Angleterre ne supportait plus cette Europe des Six , qui devait lui rappeler l' Empire napoléonien et le blocus continental . Le général de Gaulle d'ailleurs en avait conscience depuis longtemps . Déjà en 1958 il m' avait dit : « Ce qui m' ennuie avec le Marché Commun , c' est qu' il nous brouillera avec l' Angleterre . » Et , comme vous le savez , en 1968 ou 1969 , dans les derniers mois de sa présidence , il a fait une tentative vers l' Angleterre qui a échoué à cause du Gouvernement anglais de l' époque .

Alors , d' autre part , je constatais que nos partenaires ne voulaient plus avancer , qu' il n' y avait que très peu de chances , en particulier , de faire que le Marché Commun agricole , fût reconduit et installé , si je puis dire , définitivement . Et c' est pourquoi , à la Conférence de La Haye , je leur ai mis le marché en main très clairement . Et j' ai obtenu , d' une part , que le Marché agricole devînt définitif , en échange , d' autre part , de l' ouverture de la négociation avec la Grande-Bretagne .

A partir du moment où l' on ouvrait la négociation , comme je ne crois pas que la politique extérieure doive reposer sur le mensonge et l' hypocrisie , j' ai estimé que nous devions , dans cette négociation , être loyaux et , par conséquent , ne pas chercher des pièges ou des moyens détournés de barrer la route à l' Angleterre , mais qu' il fallait au contraire poser franchement les questions . Et c' est ce qui s' est passé au moment évidemment le plus important , quand j' ai eu mes longs entretiens avec le Premier ministre britannique .

Alors , j' ai posé les questions de la façon la plus claire . je lui ai dit d'abord : acceptez - vous ce qui est la base du Marché Commun agricole , c'est-à-dire la préférence communautaire , en vertu de laquelle on s' approvisionne , d'abord , à l' intérieur de la Communauté ? Et le Premier ministre britannique a confirmé de la façon la plus nette ce qui avait d'ailleurs été dit déjà publiquement par la représentation britannique à Bruxelles .

Deuxième question : sur le fonctionnement des Institutions et sur la règle d' unanimité à laquelle , vous le savez , la France tient essentiellement , qui veut dire que lorsqu' un pays considère qu' une question capitale est en jeu on n' a pas le droit de lui imposer la volonté de la majorité , il faut arriver à un accord unanime , le Gouvernement britannique a répondu oui , et l' a d'ailleurs confirmé publiquement .

Troisième question : monétaire . La livre a , à l' heure actuelle un statut spécial , qu' on appelle de monnaie de réserve ; il serait trop compliqué de l' expliquer ici , mais cela veut dire qu' elle a des privilèges . Il est évident que , dans une Communauté chacun doit être sur le même pied que les autres et que : par conséquent , la monnaie britannique doit être une monnaie comme les autres . J' ai obtenu du Premier Britannique l' engagement que c' était bien là sa conception des choses et que , progressivement - car il n' est pas question de créer une crise monétaire dans la zone sterling - la livre deviendrait une monnaie comme les autres et participerait , ainsi , à ce que nous cherchons à faire : la création d' une union monétaire européenne .

Quatrième question , qui était probablement la plus importante : j' ai demandé au Premier Britannique ce qu' il pensait de l' Europe , c'est-à-dire si , vraiment , l' Angleterre était décidée à devenir européenne , si cette Angleterre , qui est une île , était décidée à s' amarrer au continent , si elle était prête à se détacher du large vers lequel elle s' est toujours tournée , et je peux dire que les explications et les vues que m' a exprimées monsieur Heath sont conformes à la conception qu' a la France de l' avenir de l' Europe , et d'ailleurs conformes à ce que monsieur Heath a dit publiquement depuis vingt ans .

Bien entendu , ne nous faisons pas d' illusion , l' Europe à 9 ou à 10 sera certainement plus difficile à manier qu' à Six , - nous aurons des crises . nous en avons déjà eues , même à Si . - Elle sera différente dans ses composantes , elle le sera , d' autre part , dans une évolution qui posera des problèmes avec l' Est , où nous devons affirmer l' étroitesse de nos rapports et de notre coopération -sans quoi , regardez la carte - nous sommes écrasés - avec les Etats-Unis , qui sont nos amis et nos alliés , mais -regardez la carte - qui ne sont pas européens . Tout cela supposera encore beaucoup d' efforts , d'autant plus qu' il y aura les traditions britanniques , les habitudes administratives , les habitudes de pensée , les engagements particuliers dans certains domaines , comme celui de la défense . Mais , si on veut , on doit pouvoir faire l' Europe .

La France aura un devoir , c' est d' être vigilante , et elle le sera , croyez - moi . Elle a , de plus , l' avantage , de par sa situation géographique , d' être au centre et d' être , par conséquent , indispensable .

Mais , sous ces deux réserves , j' ai bon espoir . J' ai confiance dans l' Angleterre de monsieur Heath et je suis convaincu que , non pas avec lui mais avec tous les autres , y compris l' Allemagne - je dis l' Allemagne parce que la réconciliation franco-allemande a , tout de même , été un des faits essentiels de l' après-guerre et de la formation européenne - tous ensemble nous pouvons faire quelque chose de grand et nous pouvons rendre à l' Europe sa place dans le monde .

Il faut le croire et s' y préparer , les yeux ouverts .

...

Je crois que même les plus lucides , en admettant que je sois lucide , ne se connaissent pas très bien , et je crois surtout que défaut et qualité sont des mots qui ont un sens différent pour l' individu et pour celui qui est à la tête de l' Etat , et que telle qualité chez un simple particulier devient un défaut chez celui qui a des responsabilités . Je prends un exemple : il y a des quantités de bons maris qui sont de bons maris parce qu' ils sont un peu faibles , eh bien ! il n' y a pas de pire défaut pour un Chef de Gouvernement ou un Chef d' Etat que d' être faible .

En ce qui concerne le défaut qui me gêne le plus , je n' en sais rien . Ce qui me gêne le plus , est - ce un défaut ? Une qualité ? C' est plutôt au fond que je suis par tempérament assez gentil . J' aime faire plaisir , je n' aime pas faire de la peine . Or , au poste où je suis , je passe mon temps à donner de temps à autre et à refuser la plupart du temps .

J' en souffre , j' en souffre , j' ai du mal à m' y faire , j' ai du mal à repousser des revendications dont au fond je me dis qu' elles s' expliquent , qu' elles se comprennent et qui m' apparaissent malheureusement impossibles à satisfaire , et j' essaye , j' essaye . Je me rappelle un conseil que le général de Gaulle m' a donné au moins 10 fois . Il me disait : « Soyez dur , Pompidou ! » J' essaye , j' ai du mal .

... Oh ! c' est très simple . J' arrive à mon bureau vers 9 heures , 9 h 30 , ayant lu la presse , ce qui veut dire que je ne suis pas toujours de bonne humeur , mais enfin , ça dépend. .

...

« Me plaît » n' est pas le mot , disons qu' elle me possède .

Je crois d'abord que presque toutes les tâches peuvent avoir leur intérêt si l' organisation , en particulier dans les entreprises , est bonne . Si les gens savent ce que signifie ce qu' ils font , à quoi ça sert , s' ils sont un peu associés à l' organisation , aux modifications , aux améliorations , mais j' admets qu' il y a des tâches rebutantes . Vous savez , les plus rebutantes ce sont peut-être celles de la mère de famille , laver la vaisselle , et cetera . ; et elle le fait avec goût parce qu' elle le fait par amour , par amour pour les siens . En tout cas , c' est un fait que l' aspiration aux loisirs et par là même à l' abaissement de l' âge de la retraite est à l' heure actuelle quelque chose d' assez frappant chez les Français . Je ne crois pas qu' ils cherchent ainsi la paresse , ils cherchent par là , au fond , à être libres , à choisir leur propre activité , à faire autre chose , à travailler pour eux .

.

- D'abord , je ne veux pas revenir sur le passé . Néanmoins , je voudrais répondre un instant à ceux , et ils sont nombreux , qui nous ont fait le reproche de nous être montrés , en quelque sorte , sordides parce que nous défendions des intérêts pétroliers , et je voudrais vous rappeler que des deux sociétés françaises qui travaillaient pour l' essentiel en Algérie , dans l' une , l' Etat est seul actionnaire , et dans l' autre , il est , de très loin , le plus gros actionnaire ; par conséquent , nous défendions des intérêts nationaux .

Au surplus , le pétrole est probablement , à l' heure actuelle , dans un pays comme la France , la denrée la plus essentielle . Le Français , s' il circule en voiture , et même en train , le fait grâce au pétrole . Il se chauffe très souvent grâce au pétrole . Il s' éclaire en très grande partie grâce au pétrole . Notre industrie marche à plus de 50 % par le pétrole . Et il n' est pas jusqu' au pain que nous mangeons qui ne soit cuit dans un four à mazout , avec du blé qui a été semé , récolté et moulu , par des engins fonctionnant au mazout .

Alors , vous comprenez , mépriser le pétrole , c' est élégant , mais c' est mortel !

Alors , j' en viens à la situation actuelle .

Quand nous avons interrompu la négociation globale avec l' Algérie , nous avons remis aux sociétés françaises le soin de discuter avec les sociétés algériennes des problèmes pétroliers , et j' ai la satisfaction de constater que , d' ores et déjà , des progrès importants ont été accomplis ; je souhaite que cela aille ainsi jusqu' au bout .

Pour notre part , nous tenons à l' écart de nos différends tous les problèmes humains , qu' il s' agisse des Algériens en France , des Français en Algérie ; nous poursuivons la coopération dans le domaine essentiel de l' enseignement et de la culture . Nous sommes prêts à participer au développement économique de l' Algérie , dans la mesure de nos possibilités , de nos intérêts , et en fonction de la valeur des projets entrepris . Autrement dit , nous ne donnons pas à l' Algérie une priorité dans notre coopération , mais nous ne l' excluons nullement du nombre des Etats avec lesquels nous coopérons étroitement , et surtout nous nous abstenons de toute polémique .

Mais , si je vais au fond , il est probable que les relations entre la France et l' Algérie avaient besoin d' une mise au point et que cette mise au point ne pouvait pas se faire sans une petite crise . Pour qu' il en fût autrement , il aurait fallu , de part et d' autre , davantage d' indifférence .

le souhaite que cette crise ouvre des voies plus claires et conduise à des rapports mieux équilibrés , et à tous ceux qui pourraient être tentés de raviver les sentiments anti-algériens , je dis que , quelles que soient les souffrances que la coupure de 1962 a pu leur infliger , ils auraient tort de céder à cette tentation .

Seulement , permettez - moi de le dire , quelle tristesse quand je vois des Français accepter d' être payés afin de publier des diatribes contre la politique algérienne de la France . Si l' on veut dire du mal de son pays , que ce soit au moins gratuitement

...

Vous me parlez de l' ordre public et avant de dire un mot je saisis cette occasion pour donner mon opinion à propos de la police , et vous dire très clairement que je suis indigné par la campagne systématique de diffamation qui est menée contre nos forces de police . Je ne suis pas partisan , croyez - le bien , de ce qu' on appelait autrefois le « passage à tabac » . Je suis convaincu qu' il peut y avoir des actes de nervosité regrettables et que l' on doit éviter ou sanctionner . Mais je voudrais qu' on se représente ce qu' est la situation des forces de l' ordre , gendarmes , CRS , policiers parisiens , en présence de manifestations permanentes et violentes , en présence d' actes de violence qui surgissent un peu partout , organisés ou spontanés , en présence du redoublement de la criminalité , en présence des charges de tous ordres que représentent la concentration urbaine et le développement de la circulation , qu' on imagine ce que cela implique d' effort physique , de tension morale et nerveuse , et je crois que si on se le représentait , eh bien ! Tous les citoyens rendraient hommage à l' effort que font les forces de l' ordre pour assurer en fin de compte leur sécurité et leur tranquillité , et en tout cas puisque vous m' en donnez l' occasion , moi je leur dis , à toutes ces forces - gendarmes , CRS , policiers parisiens - mon estime et ma confiance , dussé - je perdre un peu de l' auréole du libéralisme .

Quant à l' ordre , c' est autre chose , c' est complexe ; l' ordre , vous l' avez dit , c' est le respect de la loi . La loi c' est l' expression de la volonté générale et , par conséquent , que doit - il se passer ? Eh bien ! quand quelqu'un viole la loi , la police est là pour le saisir , la justice peut le condamner . Mais , cela , monsieur Ferniot , c' est une société dépassée . Nous sommes devant une situation différente . D'abord , il y a les individus et les groupes qui refusent non seulement la loi mais son expression , qui refusent l' élection par laquelle se traduit la volonté générale .

Et puis , il y a de plus en plus , dans le monde moderne , une espèce de besoin de violence qui se traduit partout et qui n' a plus ces échappatoires que représentaient les guerres coloniales , les expéditions lointaines . Et puis , il y a ces maux de l' époque moderne , comme la drogue , la concentration urbaine excessive , tout cela fait que nous ne pouvons pas faire respecter l' ordre simplement comme autrefois dans la société bourgeoise .

Aussi , moi , je distingue plusieurs choses On peut imaginer une subversion générale , une tentative de renverser le Gouvernement . Alors , là je vous le dis , j' en ai fait l' épreuve en Mai 1968 et , si c' était nécessaire , eh bien ! je réprimerai la subversion avec patience , avec fermeté et s' il le faut avec dureté .

Et puis , il y a cette violence généralisée , éparse , soudaine , celle - là , pour la réprimer convenablement , il faudrait que la police fût partout . Ce n' est pas possible . Nous n' en avons pas assez et ce serait pour elle épuisant . On ne peut donc pas tout prévenir , mais ce qu' il ne faut pas non plus , c' est que lorsque nous cherchons à prévenir , lorsque nous mettons des forces importantes à Paris , par exemple , et que par là même la violence ne se produit pas , le public ne vienne pas dire au bout d' un certain temps , comme il n' y a pas de désordre , pourquoi toute cette police 9 C' est de la provocation 1 Il faut que le public comprenne qu' il doit participer par son état d' esprit au maintien de l' ordre .

Et puis , il y a quelque chose de plus profond . L' ordre , finalement , c' est le respect de la loi , mais c' est surtout le respect de la personne humaine , c' est le respect d' autrui et c' est le respect de soi . C' est pourquoi , l' ordre , il n' est pas dans la rue , il est dans les citoyens et il dépend des citoyens .

Voilà ce que je voulais vous dire .

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