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Les phrases-clés du discours du

Au jour où nous sommes , alors que l' accord réalisé par les quatre puissances responsables et dans lequel nos deux pays ont joué un rôle utile et parfois décisif , a permis d' aboutir à un règlement satisfaisant de la question de Berlin , alors que les traités germano-soviétique et germano-polonais ont donné une existence durable et mutuellement acceptée aux frontières déterminées par la dernière guerre en Europe centrale , que les conversations interallemandes permettent d' espérer l' établissement de rapports normaux entre la République fédérale et la RDA , avec toutes les implications internationales que cela entraînera , nous pensons que rien ne s' oppose à ce que , dans les plus brefs délais , s' ouvre à Helsinki la phase multilatérale de préparation de la Conférence .

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G. Pompidou - 25 octobre 1971

Monsieur le Secrétaire général , Il y a un an , mon épouse et moi - même étions vos invités en Union soviétique . Vous voici , à votre tour , l' hôte de la France . Je tiens d'abord à vous dire combien nous apprécions le privilège d' accueillir , pour son premier voyage en Occident , le plus haut responsable de l' Union soviétique .

Plus haut responsable et aussi , je devrais sans doute dire " parce que " , Secrétaire général du Comité central du parti communiste . Il y a là , paraît - il , de quoi étonner certains . Quelle preuve pourtant plus frappante et de l' idée que nous nous faisons les uns et les autres des rapports internationaux et du haut degré atteint par la coopération entre nos deux pays ? je veux dire que nous ne feignons pas d' ignorer les différences fondamentales qui séparent nos systèmes économiques et sociaux , ainsi que , par suite , nos institutions politiques .

Votre place éminente parmi les dirigeants soviétiques traduit le rôle du parti dans l' organisation de l' URSS et , par conséquent , dans sa politique . Il n' est pas moins certain que la France a adopté , en dernier lieu à l' appel du général de Gaulle , des institutions toutes différentes , que son organisation économique et sociale , même si elle est loin de correspondre à l' image théorique du capitalisme libéral , la rattache au monde occidental et que ses alliances , comme la part active qu' elle prend à la construction européenne dans le cadre des Communautés , font partie intégrante de sa politique . C' est dire qu' il n' est pas de meilleur témoignage que votre visite de la conception qui est la nôtre des relations entre les nations et , particulièrement , entre les nations européennes . A notre volonté clairement affirmée d' entretenir des contacts amicaux avec tous les pays , quelle que soit la différence des régimes politiques , économiques et sociaux , correspond votre propre définition de la coexistence pacifique et de ses prolongements . A notre conviction que rien n' importe plus à la paix en Europe et dans le monde que l' établissement de liens étroits , culturels , économiques , humains et bien sûr politiques , entre l' Est et l' Ouest , correspond de votre part la volonté délibérée d' éliminer les séquelles de la guerre froide , comme en ont témoigné ou en témoigneront l' accueil que vous avez réservé au général de Gaulle lors de son voyage mémorable en URSS . ainsi qu' à moi - même , d'abord comme Premier ministre , puis comme Président de la République française , les visites que vous avez reçues du Chancelier de la République fédérale , celle que vous fera dans quelques mois le Président des Etats-Unis d' Amérique , et j' en passe . Ainsi s' affirme clairement , - . et aujourd'hui avec plus de netteté que jamais - notre commune volonté d' instaurer entre les peuples en dehors de toute distinction idéologique un dialogue ouvert et constructif propre à créer les bases solides et permanentes de la sécurité , et d'abord , de la sécurité européenne .

Certes , il ne suffit pas de se rencontrer , encore faut - il s' entendre . La France , la première , par la voix du général de Gaulle , a proclamé la nécessité de la détente comme étape liminaire sur le chemin qui doit conduire à l' entente et à la coopération . Pour être assurée du succès une telle politique suppose un accord sans arrière-pensée sur quelques principes essentiels : c' est , d'abord , la fin de la politique des blocs , dont l' existence porte en elle - même la certitude d' un affronte d' un conflit qui serait pour ment permanent et le risque l' humanité tout entière et , en tout cas pour les pays de l' Alliance atlantique et du pacte de Varsovie , un cataclysme définitif . La France , pour sa part , en se retirant de l' organisation intégrée de l' OTAN et par les positions prises à l' égard de plusieurs conflits qui se poursuivent au Proche Ou en Extrême-Orient , a donné l' exemple . Je me félicite des assurances que vous nous donnez de votre propre hostilité à cette Politique des blocs .

C' est ensuite l' affirmation que je renouvelle ici solennellement et à laquelle je me plais à constater que vous vous déclarez acquis , de la non-ingérence dans les affaires d' autrui : c'est-à-dire que chaque peuple est libre de se gouverner comme il l' entend et de mener sa propre politique comme il l' entend . Ni vous ni nous moi méconnaissons les liens spéciaux qui , peuvent exister entre telles ou telles nations , qu' elles soient européennes ou non et , en ce qui nous concerne , nous ne cherchons pas à distendre ces liens entre les autres , de même que nous maintenons ou cherchons à resserrer , dans le cadre des Communautés par exemple , nos liens avec tels de nos amis ou de nos voisins . Mais nous plaçons au-dessus de tout la notion d' indépendance nationale : nous respectons toutes les indépendances , nous sommes décidés à faire respecter la nôtre et à nous en donner les moyens , économiques , politiques et , pourquoi ne pas le dire , militaires .

C' est dans cet esprit et dans cette vue des rapports inter nationaux , que j' ai affirmé à Moscou et réaffirme ici notre conviction qu' une Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe peut être le grand espoir de notre continent et l' instrument durable de son équilibre pacifique . Equilibre fondé non pas sur l' égalité dans la terreur , mais sur l' égalité dans la connaissance mutuelle , dans la coopération active , dans le rapprochement des hommes . Au jour où nous sommes , alors que l' accord réalisé par les quatre puissances responsables et dans lequel nos deux pays ont joué un rôle utile et parfois décisif , a permis d' aboutir à un règlement satisfaisant de la question de Berlin , alors que les traités germano-soviétique et germano-polonais ont donné une existence durable et mutuellement acceptée aux frontières déterminées par la dernière guerre en Europe centrale , que les conversations interallemandes permettent d' espérer l' établissement de rapports normaux entre la République fédérale et la RDA , avec toutes les implications internationales que cela entraînera , nous pensons que rien ne s' oppose à ce que , dans les plus brefs délais , s' ouvre à Helsinki la phase multilatérale de préparation de la Conférence .

Cette phase , dans notre esprit , devra permettre de fixer non seulement le protocole , le niveau et la date de la réunion plénière , mais l' ordre du jour et les modalités de travail . La Conférence ne doit pas , selon nous , se réunir pour un simple échange de vues générales , mais pour être en mesure de déterminer des lignes d' action précises , dans les domaines de la sécurité , de l' économie et de la culture . Nos vues sur cette question capitale devraient être proches , notre rencontre est une bonne occasion de le manifester publiquement .

Mais je disais aussi que votre visite témoignait du haut niveau de notre coopération bilatérale . Cette coopération se manifeste avant tout , comme nous l' avons voulu et consigné dans le protocole du 13 octobre 1970 , par les consultations entre nos deux Gouvernements sur tous les problèmes mondiaux . Ces consultations se sont déroulées dans l' ensemble conformément aux dispositions que nous avions adoptées . Elles nous ont permis de constater la grande similitude de nos vues sur le douloureux conflit qui se perpétue dans l' Asie du Sud-Est . Là comme ailleurs , la fin de toute ingérence extérieure doit permettre dans une échéance dont il me semble qu' elle se rapproche , le retour de la paix et la possibilité pour les quatre Etats d' Indochine de déterminer librement leur régime politique et social , et d' être assurés de leur indépendance dans la neutralité à laquelle ils aspirent tous , n' en doutons pas . De même s' agissant des troubles que connaît le Pakistan oriental et des terribles souffrances qu' ils infligent à des millions d' hommes , démunis des biens les plus élémentaires , nous devrions conjuguer nos efforts avec d' autres pour écarter le spectre d' un conflit armé , pour encourager une solution politique qui permette au Pakistan oriental de retrouver la tranquillité et d' accueillir la masse de ceux qui se sont réfugiés en Inde , pour affirmer enfin que la Communauté internationale se doit pour son honneur d' apporter une aide humanitaire accrue . Il est un autre conflit qui dure depuis plus de quatre ans et qui , s' il devait se prolonger , finirait par comporter des dangers évidents pour la paix mondiale , je veux parler du conflit du Proche-Orient . La France a clairement exprimé ses positions et reste fermement attachée aux dispositions , à toutes les dispositions , de la résolution 242 du Conseil de sécurité . Pour la recherche d' une solution , nous avons , vous et nous , dans le cadre des consultations des quatre membres permanents du Conseil de sécurité , constaté que nos conceptions étaient proches et , sur des points importants , identiques . Mais je vois à regret que cette action des quatre s' est singulièrement ralentie et que la mission de l' ambassadeur Jarring est dans l' impasse . Si l' effort mené isolément par le Gouvernement des Etats-Unis , effort que nous ne cherchons pas à- contrarier , et dont il nous semble que vous ne le contrariez pas non plus , devait permettre de parvenir prochainement à ce qu' on appelle un règlement intérimaire accepté par les parties en présence , nous ne pourrions que nous en réjouir . Mais nous persistons à penser qu' un tel règlement ne ferait que conduire ultérieurement à un nouveau conflit s' il ne devait pas apparaître clairement comme l' amorce d' un règlement global , conforme à la résolution du Conseil de sécurité , et permettant à tous les pays de la région de vivre en paix à l' intérieur de frontières sûres et reconnues excluant toute annexion territoriale . Et c' est pourquoi nous sommes convaincus que l' heure viendra pour les quatre de réactiver leurs consultations , pour faciliter et garantir les solutions justes et définitives . Que de temps perdu pour tous , gagné pour personnel Quel terrible sentiment d' impuissance finiraient par donner les Etats auxquels la charte des Nations-Unies a confié des responsabilités particulières ! Quel meilleur exemple de la nécessité de la coopération internationale ? S' il est un domaine où cette coopération , entre tous et entre nous deux , est également indispensable , c' est bien dans celui du désarmement . Nous avons accueilli favorablement vos propositions , d'abord d' une réunion des 5 puissances nucléaires , puis d' une conférence générale . Mais nous restons convaincus que le grand péril qui menace le monde est le péril atomique et que , d' une manière ou d' une autre , dans un cadre ou dans un autre , il faudra bien que les pays qui disposent de cette arme en viennent à discuter ensemble dans l' intérêt de l' humanité tout entière .

Qu' il s' agisse de l' Europe , des conflits qui se déroulent ou qui menacent , de la question primordiale du désarmement , notre intérêt est de nous consulter vous et nous et de nous entendre . Ce n' est pas , dans notre esprit , une politique conjoncturelle . Le rapprochement entre la France et l' Union soviétique répond à des données permanentes . L' Histoire le prouve qui depuis 100 ans a vu le peuple russe et le peuple français unis dans les combats pour leur existence et pour leur liberté . Nous n' avons pas oublié le rôle joué par les armées soviétiques dans la victoire contre le nazisme et , par conséquent , pour notre libération . La géographie vient au secours de l' histoire , qui invite nos pays , par leur situation aux deux extrémités de notre continent et malgré la différence de leurs dimensions , à faire de leur entente une poutre maîtresse de l' édifice européen . Toute autre formule divise alors que l' entente franco-russe rapproche . Je crois savoir , monsieur le Secrétaire général , que les dirigeants de l' Union soviétique partagent cette conviction qui est la mienne et à partir de laquelle tous autres rapprochements deviennent non des sujets d' inquiétude mais des motifs de confiance dans l' avenir européen .

Monsieur le Secrétaire général , il y a deux siècles et demi que pour la première fois celui qui s' intitulait encore Tsar de Moscovie rendit visite à la France . Voltaire a décrit ce voyage en quelques mots d' une brièveté souveraine . " Pierre le Grand , dit - il , fut reçu en France comme il devait l' être . " Nos pays ont connu depuis bien des changements et bien des révolutions . Mais la statue de Pierre le Grand se dresse toujours non loin du croiseur Aurore et le Président de la République vous accueille ce soir dans les palais de Louis XIV . Permettez - moi d' y voir un symbole d' heureuse continuité , et qui vous assure que la France vous recevra comme vous devez l' être .

Mesdames et messieurs , je lève mon verre en l' honneur de monsieur Brejnev , Secrétaire général du Comité central du parti communiste , membre du Présidium du Soviet suprême de l' Union soviétique , à la santé de Mme Brejnev à qui je présente mes respectueux hommages , à celle de tous les membres de la délégation gouvernementale qui les accompagne , à la prospérité et au bonheur du peuple soviétique , à l' amitié franco-soviétique .

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