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Le poids de la tradition et une certaine propension naturelle de nos esprits nous poussent à considérer la francophonie sous le seul angle culturel accordant la priorité aux aspects purement littéraires de celle - ci ; nous devons nous départir de cette attitude qui laisse à d' autres une place éminente dans le domaine des sciences et des techniques et rétrécit notre champ d' action à quelques disciplines .

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G. Pompidou - 13 novembre 1973

Messieurs les Présidents , Messieurs les chefs de délégations , Messieurs les ministres , Messieurs , L' occasion m' est donnée aujourd'hui d' accueillir autour de cette table une assemblée de Chefs d' Etat ayant choisi de se réunir à Paris pour s' entretenir de problèmes qui nous concernent tous .

J' en éprouve un vif plaisir et je tiens à rendre hommage à l' action de monsieur le Président de la République du Niger , qui s' est vu confier par ses pairs le mandat de promouvoir cette rencontre et dont la mission a été couronnée de succès , puisque les délégations de 11 pays se retrouvent ici pour une large concertation .

Messieurs les Présidents , je suis particulièrement sensible au fait que vous ayez répondu en personne à l' invitation qui vous a été adressée , et je vous en remercie .

le suis sensible également au fait que messieurs les Présidents de la République populaire du Congo , de la République togolaise , de la République du Dahomey et de la République du Mali , témoignant de l' intérêt qu' ils portent à cette Conférence , nous aient délégué Saturnin Okabe , ministre des Finances , Joachim Huniede , ministre des Affaires étrangères , le commandant Michel Alladaye , ministre des Affaires étrangères et Thiéoulé Konate , ministre des Finances , dont je salue la présence parmi nous .

L' idée d' un « sommet » francophone remonte , comme vous le savez , à plusieurs années , et certains d' entre vous , messieurs les Présidents , en ont à différentes reprises évoqué l' opportunité lors de visites qu' ils m' ont rendues à Paris , ou lors des voyages que j' ai effectués en Afrique .

C' est , je crois , un bon signe que le besoin de tenir cette Conférence de Chefs d' Etat pleinement souverains , soucieux d' assurer de concert les progrès de leurs pays , ait été ressenti plus de 12 ans après votre accession à l' indépendance .

Notre réunion exprime la solidarité qui continue de nous unir au terme de cette période décisive et elle prend un relief particulier à un moment où l' équilibre de la paix mondiale se révèle fragile et perpétuellement menacé , où les pays du Sahel , durement frappés dans leur existence par une sécheresse catastrophique , se trouvent confrontés à de graves problèmes et où le fossé entre les pays industrialisés et les pays moins favorisés ne cesse de se creuser .

Les dangers qui pèsent sur le monde ne peuvent qu' inciter les Gouvernements des nations que rapprochent affinités , intérêts et patrimoine commun , à se rencontrer , à harmoniser leurs positions et , dans la mesure du possible , à affirmer leur cohésion .

Or , nous avons des affinités qui tiennent à la rencontre de nos civilisations et au même héritage culturel . Il est normal que le fait de parler une même langue et le rapprochement de cultures différentes facilitent la compréhension et créent des liens particuliers et durables . La France ne peut que s' en réjouir .

Cet enrichissement au contact d' autres cultures fait aussi la force et le dynamisme de la francophonie et il ne saurait y avoir le moindre antagonisme entre celle - ci et les cultures nationales de différents pays membres du groupe francophone . le souhaite que les efforts en faveur du développement parallèle de toutes ces cultures soient encouragés ; nous ne pourrons tous qu' y gagner .

Le poids de la tradition et une certaine propension naturelle de nos esprits nous poussent à considérer la francophonie sous le seul angle culturel accordant la priorité aux aspects purement littéraires de celle - ci ; nous devons nous départir de cette attitude qui laisse à d' autres une place éminente dans le domaine des sciences et des techniques et rétrécit notre champ d' action à quelques disciplines .

Heureusement , un revirement est amorcé ; une reconversion des mentalités se prépare sous nos yeux ; elle transformera les données de nos méthodes d' enseignement et de formation .

Dans le domaine commercial , plusieurs pays francophones vont réaliser des centres commerciaux dotés des dernières techniques de l' informatique ; des foires internationales importantes se sont à plusieurs reprises tenues en Afrique ; ce mouvement permettra à notre langue de devenir une langue des affaires à l' échelle mondiale .

L' élargissement de la Communauté européenne aura dans cet ordre d' idées des répercussions importantes ; nous devons y prendre garde et tenter de mettre au point dans ce domaine une politique commune , ouverte mais résolue . La défense de notre patrimoine culturel exige des efforts constants . Le développement du français comme moyen d' échanges courants dans le monde économique et scientifique lui assurerait une meilleure défense que la multiplication des cercles littéraires .

Nous avons aussi des intérêts communs , ne serait - ce que du fait que nous appartenons à la même zone monétaire . Cette appartenance relève d' un choix délibéré , car si au départ la zone franc couvrait l' ensemble des pays qui avaient conclu avec la France des accords particuliers de coopération , chacun restait libre de s' en retirer . Et , récemment , certains ont choisi de le faire .

J' ai déjà eu l' occasion d' indiquer qu' à côté des avantages que vous connaissez bien certaines règles de son fonctionnement présentent quelques inconvénients en raison des progrès accomplis par vos Etats . C' est pour tenter de les réduire qu' a été engagée la réforme des institutions d' émission , afin d' assurer davantage de liberté aux pays membres et de leur permettre de plus grandes possibilités d' expansion .

Les dispositions que vous avez adoptées dans le cadre de la Banque des Etats de l' Afrique centrale semblent avoir donné satisfaction aux différentes parties intéressées . Pour les mêmes raisons les projets de réforme de la Banque centrale des Etats de l' Afrique de l' Ouest paraissent sur le point d' aboutir à la satisfaction de tous .

Sans doute devons - nous poursuivre nos études pour tirer un meilleur parti des possibilités que nous offre cette appartenance à une même zone monétaire . Le Gouvernement français est , pour sa part , disposé à tenir le plus grand compte des impératifs du développement et il définira les nouvelles orientations de son action notamment en matière de prêts à long terme et à faible taux d' intérêt , en fonction des conclusions auxquelles nous parviendrons ensemble . Il va de soi que pour nous l' aide à l' Afrique demeure une priorité .

Le Président Diori nous a proposé de créer une zone de solidarité pour le développement et de la doter des moyens de concertation nécessaires au niveau des ministres et des Chefs d' Etat . C' est un effort de réflexion qui peut être fructueux et dont il nous appartient d' étudier tous les aspects , afin de tracer ensemble une voie nouvelle et originale .

Si l' appartenance à la francophonie et la participation à la zone franc sont en même temps des motifs et des expressions de la solidarité qui nous unit , les accords qui forment le cadre de nos relations constituent le moyen de la mettre en œuvre .

Au moment de l' accession de vos Etats à l' indépendance , la négociation de ces accords a substitué aux anciens rapports les fondements , entre partenaires égaux , d' une libre coopération conçue essentiellement en fonction des nécessités du développement .

Depuis cette époque , la situation a évolué , ce qui est normal dans un monde en constante et rapide mutation , et l' application des textes s' est adaptée aux faits , d' une façon pragmatique .

. S' apercevant il y a peu que la lettre ne correspondait plus à la pratique , aspirant d' autre part à une modification plus ou moins profonde des rapports précédemment définis , certains d' entre vous ont émis le vœu qu' il soit procédé à une révision plus formelle des accords .

Vous connaissez tous mon opinion sur cette question , puisque j' ai déjà eu l' occasion de vous l' exposer en différentes circonstances . La coopération ne peut exister qu' à la condition de s' adapter à l' évolution de vos Etats . Il ne saurait , au surplus , être question pour nous de la poursuivre là où elle n' est plus désirée . Mais lorsque l' esprit demeure , la lettre des textes importe assez peu en définitive .

Vous savez d'ailleurs que depuis 1960 de nombreuses modifications ont été apportées à divers textes , sans qu' il leur soit donné une publicité particulière .

La France vient de démontrer qu' elle était disposée à négocier sans réticence ni déchirement la révision des accords qui la lient à ses partenaires , et elle continuera de le faire puisque d' autres procédures sont actuellement en cours ou sur le point de s' engager .

le peux vous assurer que la cordialité de nos relations n' en souffrira pas et qu' ainsi nous arriverons à une diversification que je considère souhaitable pour tenir compte de la particularité des besoins et des vœux de chacun .

Mais notre politique de coopération n' est pas seulement bilatérale , elle comporte un volet multilatéral dont l' importance ne cesse de croître . S' agissant notamment de l' Europe et de l' avenir de votre association à la Communauté , il serait souhaitable que nous parvenions à définir une position commune . Vous n' ignorez pas les réticences de certains sur ce problème et le parti que peuvent tirer ceux qui sont défavorables à la reconduction de la convention de Yaoundé de déclarations discordantes des représentants des Etats africains . Or , la partie qui se joue est capitale pour l' avenir de l' Europe et de l' Afrique . Nous pouvons , ensemble , mieux préserver nos indépendances en affirmant la solidarité des deux continents .

Nous avons depuis 1967 conjugué nos efforts en faveur d' une stabilisation des cours des matières premières et d' une organisation mondiale des marchés . A Rio de Janeiro , à Washington , à Santiago du Chili , chaque fois que le sujet était abordé dans les diverses instances internationales et notamment lors des réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale , nous nous sommes efforcés de faire prévaloir nos vues . Cette action permanente commence de porter ses fruits . Mais il faut persévérer . A cet égard , les propositions faites par la Commission de Bruxelles sur la suggestion de monsieur Deniau constituent un progrès et nous devons tout faire pour qu' elles aboutissent . Dans ce domaine , une décision favorable au niveau de l' Europe serait déterminante et le temps nous est compté pour faire triompher le dialogue et la coopération dans le domaine des échanges .

Jamais , sans doute , depuis que nous avons tourné le dos au colonialisme pour suivre chacun notre route , l' occasion de nous retrouver n' avait été aussi opportune . Les dangers qui menacent notre univers en raison notamment de la détérioration des relations entre pays industrialisés et nations en voie de développement , détérioration dont la gravité est apparue dans les débats des Conférences de Santiago du Chili et d' Alger , le conflit du Proche-Orient , dont l' issue met en jeu l' avenir de l' Afrique et des Etats méditerranéens , exigent que nous confrontions nos points de vue .

En nous efforçant de résoudre ensemble les problèmes qui nous sont communs , nous apporterons déjà notre contribution à une meilleure compréhension des obstacles auxquels se heurte notre humanité .

Le caractère dénué de tout formalisme de notre réunion prouve , s' il en était besoin , que notre commune bonne volonté est au service de la coopération et de la paix . je considère personnellement que le fait de nous retrouver aujourd'hui , Africains et Français , dans les circonstances actuelles , est encourageant . Nous devons nous retrouver demain , animés par le même esprit de compréhension et de dialogue , entre Européens et Africains pour faire entendre , avant qu' il soit trop tard , la voix de la sagesse et de la communauté d' intérêts de nos deux continents .

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