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La prime à la casse , fantastique ! Et le bonus malus ! Je le dis aux Français , le marché automobile américain a reculé l' année dernière de 40 % , le marché automobile espagnol de 38 % , le marché automobile italien de 25 % , le marché automobile anglais de 30 % , le marché automobile français est resté à peu près stable parce qu' on a fait la prime à la casse et le bonus malus .

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N. Sarkozy - 5 février 2009

Face_à_la_crise" ; )

Bonsoir .

D'abord que les Français soient inquiets , c' est normal . Comment pourrait -il en être autrement ? Cette crise que nous connaissons , c' est une crise comme le monde n' en a jamais connue depuis un siècle . Que les gens soient inquiets , je le comprends , je l' entends et c' est un phénomène parfaitement naturel . Une dame a dit quelque chose tout à fait exact : elle dit « on n' est pour rien à la crise et c' est nous qui allons payer » . C' est vrai . Elle a raison . Pourquoi cette crise , c' est la crise du siècle et qu' est - ce qui se passe ? C' est la première fois dans l' histoire de la mondialisation qu' une crise frappe tous les pays sans aucune exception . Dans les crises que nous avons connues jusqu' à présent , il y avait telle ou telle région du monde qui était frappée par la récession , voire la dépression , mais tous en même temps , ça ne s' était jamais produit , jamais . C' est une crise qui est sans précédent parce qu' elle est d'abord financière , c' est donc une crise de confiance ; qu' elle est ensuite économique , qu' elle est d' une brutalité totale et qu' elle correspond à des caractéristiques qu' on n' a jamais vues . Ca c' est une réalité . Cette réalité , elle est incontournable . Je dois en tenir compte et je dois faire en sorte que la France rentre le plus tard possible dans la crise et sorte le plus tôt possible de la crise ; et je dois en plus protéger au maximum ceux qui déjà dans la croissance mondiale étaient exposés . Voilà pourquoi mon devoir , c' est d' écouter ce que disaient les gens qui manifestent , on est en démocratie . Ils ont dit des choses qui étaient d'ailleurs assez raisonnables . Mais je dois écouter aussi tous ceux qui n' ont pas manifesté , tous ceux qui travaillaient ce jour-là et qui n' en sont pas moins inquiets et qui eux aussi souffrent .

D'abord quand on est Président de la République , élu par les Français , en charge de responsabilités à un moment si difficile et si crucial , Monsieur PUJADAS , il est tout à fait normal que les gens se tournent vers le premier responsable . Moi je n' ai pas l' intention d' évacuer mes responsabilités . Mais il y a quelque chose que je veux dire aux Français tout de suite parce que la crise est suffisamment difficile pour qu' on ne leur mente pas . La première exigence , c' est l' exigence de vérité . Laurence FERRARI me posait la question sur les banques . Je veux dire aux Français quelque chose : nous avons mobilisé des moyens importants pour sauver les banques ...

Je m' en expliquerai . Mais je veux qu' ils sachent une chose : pour l' instant à la minute où je parle , ça ne leur a pas coûté un centime d' euro . Car j' ai mobilisé potentiellement 320 milliards d' euros pour aider les banques -- je dirai pourquoi -- nous en avons utilisé 25 milliards . Ces 25 milliards ont été prêtés , produisent des intérêts et à la fin de l' année 2009 , c'est-à-dire de cette année , l' argent que nous avons prêté aux banques pour qu' elles fassent leur métier , rapportera au budget de l' Etat 1-4 milliard d' euros que j' utiliserai intégralement pour financer des mesures sociales dont j' aurai l' occasion de parler tout au long de l' émission . Donc ceux qui disent -- je ne parle pas de ceux qui m' ont interpellé naturellement -- je parle des responsables qui disent qu' on a utilisé l' argent public sans contrôle et au détriment des Français , mentent . L' argent prêté aux banques non seulement n' a pas coûté un centime aux Français mais a rapporté de l' argent . Dernier point : je ne sais pas si certains d' entre vous qui aiment le cinéma connaissent ce film culte de CAPRA « La vie est belle » où c' est une petite banque régionale qui tout d' un coup perd la confiance de ses clients et les gens viennent au guichet affolés pour récupérer leur épargne . Dans le discours de Toulon au mois de novembre , j' ai promis aux Français que pas un seul d' entre eux , pas un seul , ne perdrait un centime d' euro sur leurs économies . Alors je vous pose la question à vous maintenant quelques mois après : nous avons sauvé toutes les banques parce que nous avons sauvé l' épargne des Français , c' est ça qui était en jeu . Et je n' ai pas voulu , comme on l' a connu en 1929 , qu' il y ait des queues devant le guichet de votre banque , pour aller chercher votre argent parce que vous n' avez plus confiance . Ca n' a pas coûté un centime et ça rapporte 1-4 milliard d' euros que nous consacrerons exclusivement à développer la politique sociale pour ceux qui en ont besoin .

Laurence FERRARI , j' ai cru comprendre que c' était les questions qui étaient posées ...

Si je ne suis pas assez concret , dites -le moi ...

Je préciserai . Mais en disant que l' argent prêté aux banques , mis à la disposition des banques , va rapporter 1-4 milliard d' euros et pas coûter un centime aux contribuables , pas un , pas un seul , parce que justement en intervenant fortement et avant , nous avons évité la catastrophe et c' est ça qu' il fallait faire .

Pardon Monsieur PUJADAS mais la rupture n' a jamais été un objectif , c' est tout juste un moyen . Mais l' objectif d' une politique ... on ne se présente pas à la présidence de la République , on n' assume pas la direction de la 5e puissance du monde pour faire la rupture ! Ca n' a aucun sens .

Non , non ... enfin le cœur de ma campagne , c' était réhabiliter le mot travail . Récompenser le travail ...

Mais naturellement parce qu' avant la crise , Monsieur PUJADAS , la France était l' un des pays du monde , alors que le monde entier était en croissance , qui connaissait moins de croissance que les autres et avait plus de chômeurs que les autres . La crise renforce nos problèmes mais même sans la crise , Monsieur PUJADAS , il fallait moderniser la France . Pour quoi faire ? Pour créer plus d' emplois ! Il n' y avait aucune raison que d' autres pays qui sont dans les mêmes conditions que nous , aient plus de croissance que nous et moins de chômeurs que nous .

Alors quand la croissance était mondiale , il y avait quand même encore 7-3 - 7-4 % de la population au chômage ; et j' ai été élu pour apporter une réponse à cela ; et qu' est - ce que ça voulait dire , la rupture ? La rupture , c' était l' engagement que j' ai pris devant les Français , de réhabiliter le travail et de dire écoutez , pendant les cinq ans , vous me confiez la responsabilité du pays , eh bien je ferai en sorte de ne pas mettre la poussière sous le tapis mais de résoudre les problèmes qui sont ceux de la France et pas de les différer pour les autres ; c' est encore plus d' actualité , Monsieur PUJADAS !

Oui , ça veut dire que le partage du travail , Madame FERRARI , le partage du travail a été une erreur économique historique , une erreur sociale historique . On a fait croire aux Français qu' en travaillant moins , ils pourraient créer des emplois . Avec ça , on a eu plus de chômeurs que les autres , des salaires plus bas et des charges plus lourdes . D'ailleurs c' est très simple : il y a un seul pays dans le monde qui a fait le partage du temps de travail , un seul . Je ne crois pas que si cette idée avait été si géniale , d' autres pays ne nous auraient pas imités . Donc pour répondre à Monsieur PUJADAS concrètement : est - ce que les réformes que la France doit mettre en œuvre pour avoir le plein emploi quand nous serons sortis de la crise , est - ce que ces réformes restent d' actualité ? La réponse est oui .

Mais bien sûr au même rythme , pourquoi ?

Lesquelles ?

Le fichier Edvige , j' ai découvert cela en lisant la presse , on ne peut pas dire que c' était une réforme essentielle : c' est un fichier du ministère de l' Intérieur -- on m' accuse de m' occuper de tout -- il se trouve qu' en l' occurrence , je ne me suis pas occupé de cela . Mais quand je me suis occupé de cela , il y avait des malentendus , j' ai donc demandé à ce que le fichier Edvige soit réformé . Vous savez , quand on gère un pays comme la France , je ne dis pas qu' il ne peut pas y avoir ici ou là tel ou tel dysfonctionnement , mais ce n' est pas une réforme que j' ai retirée . La réforme du lycée : j' ai vu au milieu du mois de décembre qu' il y avait une incompréhension et j' ai demandé au ministre de l' Education , Xavier DARCOS , qui fait un très bon travail , de reprendre la concertation pour mener à bien cette réforme du lycée . Est - ce qu' elle aura lieu ? Oui . Pourquoi elle doit avoir lieu ? Elle doit avoir lieu pour qu' il y ait plus d' enfants de familles défavorisées qui aient la chance de faire des études supérieures après le bac , donc un lycée qui prépare mieux à l' enseignement supérieur ; et deuxièmement parce qu' il y a des choses qu' il faut changer et notamment la tyrannie de la section S , la section mathématiques où on va pour de très mauvaises raisons , dans cette section , on y va non pas parce qu' on aime les mathématiques , qu' on veut être ingénieur , on y va parce qu' on y met les bons élèves , en laissant aux autres le reste . Il y a par exemple une session ES économie . Quand vous mettez vos enfants dans cette section , vous vous dites « dans le fond , ils vont pouvoir faire les meilleures écoles économiques , HEC , SUP de CO , ESSEC » ... mais on vous dit « pas du tout , il faut qu' ils fassent S ! » . Donc je veux réformer cela . Mais je veux le faire avec les lycéens , avec les enseignants . J' ai donc demandé que cette réforme , on prenne un plus de temps pour l' expliquer mais elle se fera . Pour le reste , sur le rythme d' enfer , Monsieur PUJADAS : j' ai été élu pour cinq ans . Est - ce que tel l' étudiant qui commence à travailler une semaine avant son concours , je dois dire aux Français : écoutez , les deux premières années , je me mets en place , la troisième année je réfléchis et la quatrième , je commence à agir ? !

Ce n' est pas ma conception du travail ! J' ai été élu pour commencer à travailler à la première minute de mon quinquennat et pour continuer à travailler jusqu' à la dernière minute de mon quinquennat ; j' ajoute un dernier point : le monde change , Monsieur PUJADAS , le monde change à une vitesse stupéfiante et mon devoir , c' est de conduire le pays pour qu' il s' adapte à la compétition mondiale , qu' on ait le plein emploi , que les gens puissent dire que leurs enfants ont les meilleures universités , les meilleurs lycées , la meilleure éducation , que le malaise de l' hôpital ... comment vais - je y répondre ? Pas par l' immobilisme mais par la réforme . Donc naturellement qu' on va continuer à réformer le pays , c' est le mandat que j' ai reçu , c' est mon devoir et c' est la seule façon pour la France de sortir de la crise , plus forte qu' elle n' y est entrée .

Vous m' avez appelé à être très concret , je veux être très concret : des manifestations en France , il y en a très souvent ...

Aujourd'hui , hier , c' est une constante de notre pays . Si on doit arrêter comme ça s' est si souvent fait dans le passé , chaque réforme quand il y a une manifestation , alors mieux vaut ne faire aucune réforme , comme ça on est tranquille ! Ca a été souvent pratiqué . Monsieur PUJADAS me demandait si c' est la rupture . En tout cas , c' est la rupture avec cette habitude . Pourquoi j' ai demandé qu' on prenne plus de temps s' agissant de la réforme du lycée ? Parce que moi - même j' avais du mal à en percevoir les tenants et les aboutissants . Je trouvais qu' on n' avait pas été assez clairs , qu' on ne s' était pas engagés sur les priorités suffisamment et qu' il fallait donc reprendre le processus . Mais pour le reste , quand il y a eu la réforme des régimes spéciaux de retraite pour les cheminots , les gaziers , les électriciens , réforme sur laquelle tout le monde avait reculé , il y a eu neuf jours de grève générale et de manifestations . J' ai cru en conscience , que c' était mon devoir de tenir . Je dois écouter les manifestants , je dois les entendre -- je ferai d'ailleurs des propositions tout au long de l' émission , vous le verrez -- parce que le dialogue est absolument essentiel dans la période que nous connaissons , mais j' ai un mandat pour que le pays soit plus compétitif pour obtenir le plein emploi , ce mandat j' exercerai .

Pardon ... qu' appelez - vous le modèle social ?

Quel est le sujet que vous souhaitez que je commente , parce qu' on ne peut pas dire ... vous savez ce que représente la protection sociale ? C' est 550 milliards d' euros chaque année . Savez - vous que cette année , entre 2008 et 2009 , nous allons mettre 17 milliards d' euros de plus . Donc moi je veux bien répondre à votre question Monsieur PUJADAS mais pour peu que vous soyez un peu moins général , si vous me le permettez , et que vous me demandiez de m' expliquer sur ce je considérais comme étant un vrai progrès social ou un faux progrès social . Les 35 heures de mon point de vue ont créé du chômage . En revanche l' assurance maladie , la garantie de nos retraites , notre système de santé , les études gratuites , c' est un progrès social . Donc si vous m' interrogez sur tel ou tel dossier , j' y répondrai bien volontiers .

D'abord la question de l' emploi , c' est la question absolument cruciale : tout doit être mis en œuvre ; on doit mobiliser tous les moyens possibles pour garantir , pour garder , pour conserver la croissance dont nous avons besoin pour créer des emplois . Phénomène mondial . La semaine dernière , dans la seule journée de jeudi dernier , les Etats-Unis ont détruit 75.000 emplois dans la journée . Au mois de décembre , l' Espagne a connu 200.000 chômeurs de plus en un seul mois . L' Allemagne pareil . Je crois que les Etats-Unis sont un million et demi de chômeurs de plus . Nous , ça fait quatre mois que nous prenons entre 40 et 50.000 chômeurs de plus par mois . Comment faire ? J' ai fait le pari d' une politique de relance par l' investissement parce qu' il faut donner du travail aux entreprises , parce que ce n' est pas pour les entreprises que je le fais mais parce que les entreprises , c' est l' emploi . Donc nous avons avec François FILLON mobilisé tout ce qu' il y avait dans les cartons de l' Etat comme investissements qui attendaient depuis des années ou dont on avait promis qu' ils se feraient dans les années qui viennent et on s' est dit : puisque c' est la crise , puisque les carnets de commandes des entreprises diminuent , on va donner du travail aux entreprises pour sauver l' emploi , on va anticiper ces dépenses -- les 26 milliards -- pour créer des lignes TGV dont on a besoin ( ça fait 25 ans ... il y a une ligne de TGV en chantier par an , l' année prochaine , il y en aura quatre ! ) . Les campus : nos universités avaient des campus dans des situations épouvantables ; on met 5 milliards d' euros sur les campus . Le canal Seine Nord : tout le monde dit , à juste titre , il faut protéger l' environnement . Qu' est - ce qu' il y a de plus écologique que le transfert de fret de marchandises par les canaux ? Le canal Seine Nord ... il manque 109 kilomètres , Monsieur LAGACHE , ça fait 50 ans que la France n' a pas dépensé un centime pour faire les canaux qui permettent de transporter les marchandises sur des barges plutôt que par camions . L' énergie atomique : je viens de décider avec le Premier ministre un nouvel EPR parce que la France qui n' a pas une goutte de gaz , pas une goutte de pétrole , va pouvoir exporter de l' électricité . Donc tout le parti que nous faisons , c' est de faire en quelques années , là parce que c' est la crise , des investissements dont nous avons besoin , qui vont donner du travail à nos entreprises et qui vont sauver de l' emploi . Vous me dites : combien ? Je ne sais . On va faire le plus possible . Vous savez , je me méfie de ces annonces : ici ça va créer un million d' emplois , ici cent mille emplois . Tout à l' heure Laurence FERRARI et David PUJADAS m' appelaient à être concret : personne ne sait exactement ce que ça va sauver comme emplois , mais ce qu' on sait , c' est que ça donne du travail ... Pareil , avec le Grenelle de l' Environnement , on va rénover tous les bâtiments publics pour essayer qu' ils ne fassent plus de déperdition d' énergie . On propose aux Français le prêt à taux zéro pour que ça donne du travail aux entreprises du bâtiment . Voilà le choix que nous faisons . J' ai un deuxième problème : tout faire pour éviter les licenciements , c' est favoriser l' activité à temps partiel , je préfère ce mot-là que chômage à temps partiel . Et c' est une première annonce que je veux vous faire : les partenaires sociaux se sont mis d'accord à la demande du gouvernement pour que maintenant le chômage partiel soit indemnisé ; il était à 50 % du salaire brut , il est porté à 60 % . Moi je trouve qu' on doit aller plus loin ...

Je vais proposer à toutes les organisations syndicales et patronales de les recevoir le 18 février prochain ; je souhaite qu' un des sujets qui sera mis sur la table , soit celui - ci : comment on indemnise mieux l' activité à temps partiel parce que ce que je voudrais faire ... on va avoir une année 2009 mauvaise et puis on peut espérer que ça va repartir en 2010 même si personne ne sait exactement quand est - ce que ça va repartir . Eh bien je préfère que les gens soient en activité partielle mais qu' ils conservent leur contrat de travail dans l' entreprise plutôt qu' on les mette dehors . Donc comment on indemnise mieux le chômeur partiel ? Comment on lui permet de se former pendant qu' il est au chômage partiel ?

Je veux en discuter avec les partenaires sociaux ...

Bien sûr mais vous croyez que mon travail est facile ? Vous voulez suggérer par là que c' est difficile ? Vous avez raison ... Ce n' est pas gagné , c' est ce que vous voulez me dire ... mais vous avez raison . Mais je m' en étais aperçu , je m' y étais préparé . Crise ou pas crise , c' est difficile d' être chef de l' Etat d' un grand pays comme la France . Mais il y a autre chose , Monsieur LAGACHE , il y a ceux qui ont des contrats de travail à durée déterminée ; ça s' arrête , en pleine crise , aucune chance de retrouver un travail . Ils n' ont pas d' indemnisation . Il faut qu' on trouve une solution . Deuxième sujet que je souhaite mettre dans la discussion . Troisième sujet : les jeunes . Vous savez que notre système est un système d' assurance , les Français doivent le comprendre : plus vous avez eu longtemps un emploi , plus vous avez cotisé , plus vous serez indemnisé longtemps . Mais ceux qui commencent , ils n' ont pas cotisé longtemps . Je pense que c' est des choses dont nous devons parler avec les partenaires sociaux , ça me semble essentiel . Je leur fixe donc rendez-vous le 18 février et c' est le premier ensemble de sujets dont je souhaite discuter . Il y en a d' autres , si vous m' interrogez ...

Oui , si vous voulez , quelqu'un qui commence dans la vie professionnelle , qui a eu un CDD ou un stage , ce n' est pas de sa faute comme le disait la dame à la télévision tout à l' heure ; la crise internationale lui tombe dessus . Alors celui - là , il est jeune , il n' y est pour rien . Il vient de commencer , il a eu un stage , très bien . La crise internationale lui tombe dessus , il n' y est strictement pour rien et en plus il va se retrouver au chômage sans indemnité puisqu'il n' y a pas quinze ans d' ancienneté . Je dis aux partenaires sociaux : l' Etat est prêt à faire un effort , travaillons ensemble , voyons comment on peut mieux les protéger . Tout à l' heure je vous disais que je considérais qu' une des mes obligations , un de mes devoirs , c' est de protéger les Français dans cette crise . Qu' est - ce qu' on attend d' un chef de l' Etat ? La crise s' abat sur nous ; c' est à moi de protéger les gens . Et pour protéger les gens , il faut qu' avec le Premier ministre , avec le gouvernement , on modifie - la rupture disiez - vous - peut-être des systèmes qui ont vieilli , qui laissent passer dans les mailles du filet des gens qui souffrent , qui n' en peuvent plus et pour qui je ne dois pas faire preuve de compassion à la télévision mais apporter des réponses . Bien sûr la compassion , bien sûr la compréhension , mais des réponses .

D'abord un mot d' explication là-dessus : même quand ça allait bien , qu' il y avait de la croissance mondiale et de la croissance en France , un certain nombre de nos compatriotes ne s' en sortaient pas ; soit qu' ils n' avaient pas d' emploi , soit comme l' a dit un monsieur dans votre reportage : je travaille , je travaille , il ne me reste plus rien . Ou la dame qui a dit qu' il lui reste 80 euros ... Et je suis bien obligé de réfléchir à ce que doit être une politique sociale adaptée à la situation de crise d' aujourd'hui et je souhaite mettre dans la réunion du 18 février d' autres sujets ...

... avec les partenaires sociaux . D' autres sujets . Comment lutte- t - on contre la crise pour protéger ceux qui sont les plus exposés ? C' est ce que je viens d' expliquer , chômage partiel , jeunes , fin de CDD . Mais il y a un sujet qui me préoccupe énormément et auquel il faut que nous trouvions une réponse ensemble , c' est le problème des classes moyennes et plutôt le bas de la classe moyenne ...

Ou le SMIC Monsieur LAGACHE ! Ils travaillent dur et à la fin du mois , il ne reste rien ; alors souffrir quand vous n' avez pas d' emploi , ce n' est pas acceptable mais on peut comprendre le processus , mais souffrir quand en plus vous travaillez toute la journée , ça peut être l' ouvrier d' une aciérie , l' ouvrier d' une usine textile ... Donc je souhaite mettre sur la table un certain nombre de sujets : comment aider les classes moyennes ? Alors là il y a plusieurs pistes Monsieur LAGACHE , mais je ne veux pas trancher , je les mettrai sur la table . Faut -il supprimer la première tranche de l' impôt sur le revenu comme vous le savez à 5 % ? Ca concerne environ deux millions de contribuables ... vous voyez , ils sont juste au-dessus ... ils ne sont pas au chômage mais ... juste au-dessus ...

C' est une politique sociale ...

Enfin ... peut - on supprimer cette dernière tranche ? Ou alors peut - on travailler et réfléchir ensemble sur la possibilité de supprimer le deuxième tiers d' impôts sur le revenu pour cette catégorie de la population qui est frappée de plein fouet par la crise ?

Bien sûr , je parle de cette année ... Ou alors est - ce qu' il ne vaut pas mieux -- et je souhaite en parler avec les partenaires sociaux -- augmenter les allocations familiales ? Une dame tout à l' heure dans votre reportage disait : moi avec les enfants , je ne m' en sors pas ...

Et le petit-déjeuner chez la grand-mère ... c' est ce qu' elle disait , cette dame . Et cette politique familiale , est - ce que je dois proposer qu' on l' augmente pour toutes les familles nombreuses -- mais à ce moment-là , il n' y a pas de condition de revenu -- ou est - ce qu' il faut s' occuper simplement des familles qui ont plus de trois enfants , qu' est - ce qu' on fait ? C' est un sujet ... Ou encore , autre idée , autre proposition , autre piste : est - ce que pour les personnes âgées qui vivent seules ou pour les mères de famille seules , qui travaillent et qui n' ont personne pour garder leurs enfants , est - ce qu' on ne peut pas imaginer des chèques emploi service payés par l' Etat qui leur permettrait d' avoir quelques heures d' emploi service à la disposition de leur famille pour les aider dans leur vie quotidienne ? Je ne trancherai pas . Je ne choisirai pas parce que je ne peux pas dire : voilà , on doit dialoguer , on doit s' écouter , on doit se comprendre et annoncer un plan tout fait alors même qu' on va avoir cette réunion . Deuxième sujet : Qu' est - ce qu' on fait pour les classes moyennes inférieures et qu' est - ce qu' on fait pour améliorer la situation de ceux de nos compatriotes qui sont les plus fragiles ? J' estime que les syndicats ont des idées , le patronat également , discutons de cela . Il y a un troisième sujet , je ne sais pas si vous voulez qu' on en parle maintenant ...

Il y a 17 % des gens qui sont au SMIC , si on augmente le SMIC , il y a 83 % qu' on laisse de côté . Ça fait tant d' années qu' on donne un coup de pouce au SMIC , ça ne résout pas le problème du chômage , ça ne résout pas le problème de la pauvreté . Donc , j' ai tracé des pistes , voyons ce qu' il en sera le 18 février . Je souhaite mettre un autre sujet sur la table , qui est un sujet très difficile , très complexe , mais le sentiment d' injustice qu' ont ressenti les Français , à juste raison , d' une crise venue d'ailleurs , venue des Etats-Unis , puis exponentialisée par le comportement d' un certain nombre de dirigeants , pour ne pas assimiler les personnels des banques qui n' y sont pour rien , les dirigeants d' institutions financières , crée un sentiment d' injustice majeure , je veux que le 18 février , nous discutions d' un sujet essentiel en France qui est celui du partage du profit à l' intérieur de l' entreprise .

Oui . Comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l' argent avec l' entreprise et la demande des salariés d' être associés aux bénéfices de l' entreprise , dont ils ont contribué à créer la richesse ? Moi , je vais vous dire une chose , le compte n' y est pas . Il n' y est pas . Il y a un deuxième sujet que je mettrai sur la table ...

Non , non , je vais vous expliquer très bien , mais un deuxième sujet , je souhaite également que sur la question du partage du profit dans l' entreprise , on pose la question du présent et du futur . Il y a une logique purement financière et spéculative qui a consisté à siphonner certaines entreprises contre les entrepreneurs , pour exiger des rentabilités invraisemblables . Au détriment de quoi ? Des salariés , de leurs salaires , mais surtout au détriment de l' avenir . Parce que quand l' entreprise distribue aux actionnaires tous les bénéfices d' une année , elle ne peut plus investir . Ce sont des sujets . Alors , comment on va faire ? Je vais mettre ce sujet sur la table le 18 février , j' engage les organisations syndicales et le patronat à discuter , soit ils arrivent à quelque chose , soit l' Etat prendra ses responsabilités par la loi .

Nous sommes au début d' un processus . Je dis , pour reprendre ce que je disais tout à l' heure à David PUJADAS , que les choses soient parfaitement claires , j' ai été élu pour agir , pour assumer , pour décider , pour résoudre des problèmes . Je ne peux pas constater ce sentiment d' injustice , parfois cet écœurement d' une grande majorité de nos compatriotes et ne pas en tirer les conclusions opérationnelles . On a besoin ...

C' est très simple ...

Non , mais ... Non , non , ça , c' est encore autre chose ...

Oui , oui , c' est encore autre chose ... Mais Laurence FERRARI me disait tout à l' heure : « Que dites -vous à ceux qui ont manifesté ? » Retrouvons - nous le 18 février . Mais je ne peux pas dire simplement retrouvons - nous le 18 février , regardons - nous dans le blanc des yeux et discutons comme ça ! Je mets des sujets sur la table . Ils vont discuter , il y a une première discussion à avoir , si vous me permettez . Sur le partage du profit , quel est le meilleur niveau pour en discuter ? Est - ce que c' est l' entreprise ? Est - ce que c' est la branche ? Est - ce que c' est une discussion nationale ? Ce qui est sûr , monsieur PUJADAS , c' est qu' on ne peut pas imposer à chaque entreprise les mêmes règles . On ne peut pas imposer des règles de partage des bénéfices dans une entreprise qui n' en fait pas comme dans une entreprise qui en fait . Je lisais un article l' autre jour , que les grandes entreprises ont fait 80 milliards de bénéfices l' année dernière , parce que leur premier semestre était bon . Tant mieux ! On préfère des entreprises qui font des bénéfices plutôt qu' elles fassent des déficits . Mais la question du partage de cette somme-là , elle doit être posée . Donc , on va en discuter le 18 février , je demanderai à Brice HORTEFEUX , Christine LAGARDE et les ministres compétents , autour du Premier ministre , de préparer , avec nos interlocuteurs , les partenaires sociaux , cette réunion du 18 . Moi , je mettrai sur la table les sujets que je viens d' indiquer , ce sont les conclusions que je tire , Laurence FERRARI , de la manifestation , de ce qu' il m' ont demandé . Je verrai avec eux combien de temps on doit laisser la discussion : Est - ce que c' est trois mois ? Est - ce que c' est six mois ? Je prends garde à ce que vous ne m' accusiez pas de décider -- comment vous m' avez dit ? -- au pas de charge ! Au pas de charge ...

Oui , oui ! Ça fait tellement longtemps qu' on ne décide pas , peut-être qu' on peut s' y mettre à décider sur des sujets aussi importants . Soit , les partenaires sociaux se mettent d'accord et dans ce cas-là , je ferai , comme pour la convention sur l' assurance chômage , on la valide , même si on va aller encore plus loin . Soit , l' Etat devra prendre ses responsabilités .

Ça signifie autre chose , si vous me permettez de présenter la même chose , mais différemment . On ne peut pas expliquer au salarié que pour la compétitivité de l' entreprise , les salaires doivent toujours être plus bas et , à l' actionnaire , que pour l' intérêt de l' entreprise , les dividendes doivent toujours être plus hauts . Dans l' intérêt même des chefs d' entreprise , la question du partage et de la justice de ce partage , parce que , après tout , les salariés , ils y sont un peu pour quelque chose si l' entreprise fait des bénéfices . Alors , moi , je souhaite que ce débat-là , nous ne l' évitions pas . Je pense que c' est dans l' intérêt des entreprises . Pourquoi ? Parce que les salariés qui se sentent rémunérés et considérés comme ils le doivent , ce sont des salariés qui donneront encore davantage pour la bonne marche de l' entreprise .

Monsieur LAGACHE , je peux même avoir une idée à titre personnel ...

Je ne veux pas que ce soit la fin d' une discussion que je vais ouvrir ...

Moi , ça fait bien longtemps , à titre indicatif , je ne dis pas du tout que c' est la règle que je demanderais , parce que , qu' ils discutent entre eux , ça fait bien longtemps que je pense que la règle des trois tiers est une bonne règle .

C'est-à-dire que sur 100 de bénéfices , il devrait y en avoir 33 qui reviennent au salarié , 33 qui vont directement dans la poche de l' actionnaire et 33 qui servent à être réinvestis dans l' entreprise , parce qu' une entreprise , ça doit investir pour continuer à être compétitive . Mais ...

Oui , mais attendez ... C' est un ordre d' idée parce que , en même temps , il faut mettre de la souplesse dans tout cela . Ce n' est pas forcé qu' on doit avoir les mêmes règles dans chaque secteur , dans chaque branche , que ça pose également le problème des salariés qui sont dans les secteurs très difficiles , où les marges sont très faibles . Mais , moi , j' estime que c' est un sujet . Quatrième sujet que je souhaite mettre en discussions , c' est la question , très complexe également , des contreparties . Il y a un monsieur qui était en colère , qui a dit dans le reportage tout à l' heure : « Non , mais attends , tout cet argent qu' il donne ! » Je me suis expliqué sur les banques ...

Vous avez répété très exactement , et très bien d'ailleurs , ce qui a été dit . Je vais y répondre . J' ai fait justice sur les banques . Mais j' ai un autre dossier , dont j' ai parlé avec le Premier ministre d'ailleurs aujourd'hui même , celui de l' industrie automobile . L' industrie automobile , c' est 10 % de nos emplois privés , on a grosso modo une population active salariée privée de 21 millions de salariés . Si vous rajoutez les concessionnaires , les sous-traitants , c' est 2-1 millions dans l' industrie automobile . On est face à une crise d' une ampleur considérable qui n' est pas simplement due , Laurence FERRARI , à ce que nous connaissons aujourd'hui , mais à une mauvaise gestion avant et puis à des décisions ...

Par exemple , en 2004 , on fabriquait 3-2 millions de véhicules sur le territoire national , en 2007 , on n' en fabrique plus que 2-1 millions . Nous avons deux des constructeurs les plus importants d' Europe , deux des constructeurs les plus importants d' Europe , et nous sommes devenus importateurs de véhicules .

Oui , mais , moi , je voudrais vous dire , je ne suis pas d'accord . Qu' on crée une usine RENAULT en Inde pour vendre des RENAULT aux Indiens , c' est justifié . C' est justifié . Mais qu' on crée une usine de tel constructeur -- sans citer de nom -- en Tchéquie pour vendre des voitures en France , ça , ce n' est pas justifié . Pourquoi ? Parce que dans le même temps , l' industrie automobile était bien heureuse de trouver le système social français pour financer les préretraites .

Je veux qu' on arrête les délocalisations et que , si possible , on relocalise . Alors , les dirigeants de ces grands groupes me disent , ils sont des gens compétents et honnêtes et des industriels , moi , je suis passionné par l' industrie et je trouve que c' est extrêmement noble , ils disent : Vous comprenez , pour construire la même voiture en Tchéquie , l' Union européenne , et en France , c' est 1000 euros de différence . Dans ces 1000 euros , il y en a un tiers qui est représenté par la taxe professionnelle , qui est un impôt qui n' existe nulle part ailleurs en Europe . Je vous l' annonce , on supprimera la taxe professionnelle en 2010 .

Non . On supprimera la taxe professionnelle en 2010 parce que je veux qu' on garde des usines en France , une industrie en France .

Non , ce n' est pas possible ! Vous comprenez bien que ça se heurterait à des règles d' Etat de droit . On ne peut pas dire on va supprimer pour l' industrie automobile , mais pas pour l' industrie sidérurgique et pas pour l' industrie textile , ça n' aurait pas de sens !

Je souhaite qu' on garde des usines en France et je ne peux pas dire aux actionnaires , pour le coup , ne délocalisez plus , relocalisez , et en même temps leur laisser des charges et des contraintes qui font qu' ils ne s' en sortiront plus .

Je vais engager -- j' ai une idée là aussi -- je vais engager un ensemble de discussions , puisqu'on a le temps , 2010 , avec les associations d' élus locaux , il y a des possibilités , autour de la taxe carbone notamment , nous verrons . Mais ce que je crois profondément , c' est qu' on ne peut plus avoir tout notre système de fiscalisation basé sur la production si on veut garder des emplois en France .

Oui . C' est 8 milliards .

C' est 8 milliards d' euros .

Il n' y a pas que ça . On va aider les industries automobiles à investir dans le moteur électrique , dans le moteur propre . La prime à la casse , fantastique ! Et le bonus malus ! Je le dis aux Français , le marché automobile américain a reculé l' année dernière de 40 % , le marché automobile espagnol de 38 % , le marché automobile italien de 25 % , le marché automobile anglais de 30 % , le marché automobile français est resté à peu près stable parce qu' on a fait la prime à la casse et le bonus malus . Mais , monsieur LAGACHE , je termine ce que je voulais vous dire et dont je souhaite que nous discutions avec les syndicats le 18 février , quelles contreparties on va demander aux industriels en échange de ça ? Parce que c' est de l' argent public , en termes de délocalisation , de relocalisation , de licenciements , de politique de dividendes , je souhaite , parce que c' est bien normal , si on donne de l' argent public , qu' on ait des contreparties , et je souhaite en discuter avec les partenaires sociaux , salariés comme syndicats . J' ajoute un dernier point , il s' agit ...

Les contreparties , si on donne de l' argent aux industries automobiles pour se restructurer , ce n' est pas pour apprendre qu' une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs ...

Ce n' est pas les contraindre , c' est un engagement , vous avez besoin d' argent public , l' Etat vous demande , en contrepartie de cet argent public , un certain nombre d' obligations qui me semblent normales . J' ajoute que pour les banques , je vais écrire dès demain au président de la Cour des comptes , monsieur Philippe SEGUIN , pour lui demander de conduire un certain nombre d' enquêtes pour que les Français soient parfaitement assurés , pour voir si les fonds que nous avons mis à la disposition de nos six grandes banques , sept avec DEXIA , sont utilisés conformément à ce que nous avons dit .

Non . Puisque , je vous ai indiqué , Laurence FERRARI , que je discuterai avec les élus locaux de l' impôt de remplacement que nous devrons trouver . J' ajoute un dernier élément , après les élections européennes , j' aurai sur ma table un dossier très difficile qui est celui du nombre d' échelons territoriaux , on ne peut pas continuer ainsi . Commune , communauté de communes , département , région , Etat , Europe , sans compter les pays , les SROS et tous les étages intermédiaires . Il va falloir qu' on trouve les voies et les moyens pour que le poids des dépenses publiques et des échelons territoriaux s' allège dans notre pays .

J' ai demandé à tous les dirigeants de nos banques , qui l' ont accepté , de renoncer à tous leurs bonus . Cette année , il y aura zéro centime de bonus versé aux dirigeants des banques . Ils l' ont fait sans la loi , ils l' ont fait à la suite de discussions que nous avons eues , ils l' ont fait bien volontiers , je considère que c' est normal . On a entendu des choses effrayantes , des bonus invraisemblables , versés dans n' importe quelle condition . Le moins qu' on puisse faire , c' est qu' avec tous les ennuis qu' on a eus avec nos banques , même si les banques françaises se tiennent mieux que les autres , qu' elles en soient félicitées , c' est normal qu' il n' y ait pas de bonus . Sur l' affaire des rémunérations , moi , je suis plus choqué par le système de rémunération de ceux qu' on appelle les traders que les présidents de banque . C' est ce système-là que je veux changer . Les traders , ce sont tous ces jeunes gens dans les salles de marchés , qui jouaient à spéculer au nom de leur banque et dont les rémunérations étaient indexées sur la prime de risque . Ça a conduit à la catastrophe que l' on connaît . C' est ça qu' il faut interdire . J' ai vu ce que monsieur OBAMA a décidé , je suis en train d' y réfléchir . Moi , je ne suis pas trop pour une règle générale . Pourquoi ? Parce que l' intérêt de la France , c' est d' avoir les meilleurs managers . Ce qui m' a choqué dans toute cette aventure , c' est que des gens qui faisaient des erreurs considérables étaient récompensés de façon considérable . Mais s' ils gèrent bien leur entreprise , s' ils découvrent de nouveaux process , s' ils font des inventions , s' ils sont des managers qui font grossir leur entreprise , il est normal qu' ils gagnent de l' argent et même beaucoup d' argent . Ce qui était profondément choquant , c' est que c' était comme le Loto , on gagnait , même si on avait fait des bêtises . J' ai eu l' occasion d'ailleurs , pour une grande banque française , de dire , après l' affaire KERVIEL , 5 milliards d' euros perdus , qu' à mon sentiment , le président devrait se sentir responsable et partir . Mais de là à faire une règle pour mettre tout le monde sur la toise , je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure formule . J' ajoute que Barack OBAMA a prévu un système d' actions gratuites derrière une rémunération bloquée , j' aimerais en savoir un peu plus pour comprendre exactement ce qu' ont fait les Américains .

D'abord , le site , il n' est pas fermé .

Non . Un four .

Soyons précis . Vous m' avez appelé à être précis , soyons précis . Un four va fermer . La production d' acier dans le monde a été divisée par deux , on ne peut pas ne pas en tenir compte . Un four . J' avais demandé à monsieur MITTAL quatre engagements , il y en a trois qui ont été scrupuleusement respectés . Premier engagement : remettre 30 millions d' euros d' investissement dans le site , parce que le site ne fermera pas complètement , c' est un four qui ferme .

L' a - t - il fait ? Oui . Deuxième élément , parce qu' on a un problème à Gandrange , c' est beaucoup de jeunes et on a un problème de formation : créer une école de formation . Cette école de formation est - elle créée ? Oui . Troisième engagement de monsieur MITTAL : 10 millions d' euros de sa poche pour revitaliser . Cet engagement est -il tenu ? Oui . Qu' est - ce qui reste à décider ? L' installation sur le site -- c' est un peu technique -- d' un site de stockage et de captage de CO2 . Monsieur MITTAL , à ma demande , s' était engagé à faire les études géologiques pour voir si c' était possible . Les études viennent de rentrer , c' est possible . Nous sommes en concurrence avec l' Allemagne pour savoir si cette usine pour capter et stocker le CO2 sera en Allemagne ou en France . Je vais me battre pour qu' il soit en France , à Gandrange . La décision n' a pas encore été prise . Quand on dit que je n' ai pas tenu promesse , c' est faux , c' est un mensonge . Dernier point que je n' ai pas réussi , ça , c' est vrai , j' avais promis , indépendamment de ça , qu' on essayerait de convaincre l' entreprise POWEO , qui produit de l' électricité , de venir sur le site . Ils étaient d'accord . Là-dessus , patatras , la crise leur tombe dessus , ils ont eux - mêmes des difficultés pour continuer à vivre , donc ils ne vont pas se développer alors qu' ils ont eux - mêmes des difficultés ! Voilà très exactement la vérité . Mais comme je ne voudrais pas vous décevoir , je retournerai moi - même sur le site ...

Je comprends leur inquiétude . Mais avec ce que je viens de dire , il n' y a pas d' amertume . Je suis ...

Vous savez , je suis quelqu'un de très déterminé , quand je prends un engagement , j' ai l' habitude de le tenir . On m' a fait beaucoup de reproches dans ma vie politique , pas de mentir , certainement pas ça .

Vous avez raison , il y a trois étages pour répondre à la crise , l' étage national , français , on vient d' en parler , l' étage européen et l' étage mondial .

J' ai un point de désaccord -- j' espère qu' elle ne m' en veut pas -- avec cette dame quand elle dit « la France ne peut rien » . La France peut et l' Europe doit valoir . Parce que nous portons des valeurs qui sont des valeurs européennes , c' est à nous de faire triompher ces idées . Evidemment , si on renonce sous prétexte qu' on est petits , évidemment , ce n' est pas la peine de se donner du mal . Mais moi je crois qu' au point où nous en sommes de la crise mondiale , les idées qui sont les nôtres seront écoutées et entraîneront le monde .

Pourquoi maintenant ?

Je crois qu' il ne faut pas leur en vouloir à eux spécialement . Ils font ce qu' ils peuvent .

Je crois qu' on est tous responsables . Il n' est pas possible que l' Europe , dans une situation pareille , ne prenne pas les initiatives pour assurer la coordination , pas simplement sur les plans de relance . Une question extrêmement difficile , moi , je lis le journal et j' entends ce qu' on dit , la question des bad banks , les actifs mauvais qu' on retirait ... D'ailleurs , nous , les Français , on n' a pas de leçons à donner , puisque c' est bien ce qu' on a fait avec le CREDIT LYONNAIS à l' époque des gouvernements socialistes et on en a eu pour quinze ans à payer . Moi , franchement , avant de faire ça , je vais réfléchir . Je ne vois pas pourquoi je ferais payer le contribuable les erreurs de banques privées . Donc , avant de me lancer dans ce système-là , j' aimerais voir ce que font les autres et comment ils le font . Mais rien que sur un sujet pareil , il faut qu' il y ait une coordination européenne . Samedi , je serai en Allemagne avec la Chancelière , je parlerai avec elle de ça . Le 22 février , les six européens membres du G20 , Espagne , Italie , Grande-Bretagne , Allemagne , France , Pays-Bas , nous nous retrouvons pour avoir la même position et c' est un secret de Polichinelle que je veux que dans la Zone Euro , on coordonne nos efforts . Nous avons la même monnaie , nous avons la même banque , nous avons le même marché , notre devoir , c' est de nous entendre , de travailler ensemble et de nous coordonner . C' est absolument indispensable .

Le premier objectif que je me suis fixé , c' est que l' Europe ait une position commune sur le sommet extrêmement important du 2 avril prochain à Londres . Vous savez que j' avais imposé aux Etats-Unis le Sommet de Washington des vingt plus grandes nations pour refonder l' ordre mondial financier ...

Oui , mais c' est très lié . Les mêmes causes ne doivent pas produire les mêmes effets . Il faut refonder le capitalisme , il faut le moraliser . Qu' est - ce qui se passe ? Les Français peuvent le comprendre très simplement , il y a un marché mondial , la mondialisation , mais il n' y a pas un Etat de droit mondial . Voilà exactement , en une phrase , pourquoi ça ne marche pas . Il y a un marché mondial et il y a des régulateurs nationaux ou régionaux . Donc , le marché fait ce qu' il veut , puisque les régulateurs , au lieu d' être au-dessus , sont en dessous . Je veux une position commune des Européens . Quelle position commune ? Premièrement , plus aucune institution financière qui ne soit contrôlée . C' est la question de ce qu' on a appelé les hedge funds , c'est-à-dire les fonds agressifs et spéculatifs . Savez - vous qu' ils ne sont pas contrôlés ? Deuxièmement , je veux qu' on tranche la question angoissante du hors bilan . A quoi ça sert de fixer aux banques des ratios de solvabilité sur leur bilan si on les autorise à avoir à côté un hors bilan ?

Ce qu' on appelle la titrisation . C'est-à-dire que chaque jour , les banques consentaient un prêt à 10h00 du matin , le revendaient à 17h00 le soir , prenaient la commission , le déstockaient , le mettaient dans ce qu' on appelle un SPV et mutualisaient ce mauvais risque .

Finalement , c' est une énorme bulle de dettes qui nous explose au nez . Troisièmement , les paradis fiscaux . Qu' est - ce qu' un paradis fiscal ? Que certains Etats veuillent mettre leurs impôts très bas , c' est leur droit . Mais nous devons exiger la transparence sur la provenance des fonds , d' où viennent - ils et où vont - ils . Parce que , là aussi , dans ces paradis fiscaux , sont logées des dettes immenses que nous ne voulons pas payer pour l' argent malhonnête . Quatrième élément , les fameuses agences de notation , il y en a trois dans le monde , trois . Ces agences ont fait un travail détestable . Au moment de la faillite de LEHMAN BROTHERS , le 18 septembre , qui a tout mis par terre , certains produits , les fameux produits dérivés financiers étaient notés à la meilleure note par les agences de notation , le vendredi , triple A. Le lundi , le même produit était noté triple B ou triple C. C' est honteux .

Je n' ai pas les éléments pour dire ça . En tout Etat de cause , elles n' ont pas joué leur rôle . Ça veut dire qu' elles doivent être contrôlées , elles aussi .

Parfois , parfois .

Parfois . Le système de rémunération des traders qui doit également changer . Le rôle du FMI , à quoi doit servir le FMI ?

Le Fonds monétaire international . Bref , nous devons refonder un ordre mondial , un régulateur international . Alors , est - ce que c' est tous les régulateurs nationaux qui se mettent ensemble pour discuter en collège des règles ? Voilà concrètement -- j' espère que j' ai été le plus concret possible -- ce que la France exigera que ce soit la position commune des Européens au G20 et que l' ordre mondial , j' ai eu monsieur Barack OBAMA au téléphone , je lui ai dit toute l' espérance que nous avions en lui qu' il veuille changer le monde ...

Nous avons commencé à en discuter . Et nos collaborateurs en ce moment même discutent d' un texte commun .

Un texte européen/Etats-Unis parce qu' il vaut mieux qu' on arrive à ce sommet avec un texte . Je le dis , moi je me sentais un allié des Etats-Unis , un ami des Etats-Unis , mais qu' une seule puissance dans le monde ne pouvait pas diriger le monde . Et nous n' avions pas l' intention de payer les dettes des Etats-Unis , et que même je souhaitais que soit mis à l' ordre du jour la question des monnaies . Au moment de Bretton Woods après la seconde guerre mondiale en 1945 , que le dollar soit la monnaie reine parce qu' il n' y avait pas d' autres monnaies , qu' ils avaient gagné la guerre et qu' ils étaient la seule puissance économique c' est possible , ce n' est plus possible aujourd'hui . Voilà la première priorité que je me suis fixé , il faut refonder le capitalisme .

J' ai tout lieu de penser que ce sont les idées également de la Chancelière MERKEL , et qu' elle sera d'accord . Gordon BROWN n' est pas exactement sur cette ligne . Pourquoi ? Parce que la City est branchée sur les Etats-Unis , mais franchement quand on voit la situation aux Etats-Unis et la situation aux Royaume Uni on n' a pas envie de leur ressembler . Parce que les banques anglaises ont été extrêmement , comme les banques irlandaises , exposées sur ce qui s' est passé aux Etats-Unis , et sont aujourd'hui en situation de quasi ruine , et de quasi faillite . Par ailleurs les anglais ont fait le choix d' une relance par la consommation , avec notamment la baisse de deux points de TVA dont on voit bien que ça n' a amené absolument aucun progrès .

D'abord en évitant de faire de l' idéologie , mais si les Anglais ont fait ça c' est aussi parce qu' ils n' ont plus d' industrie . A la différence de la France . Parce que l' Angleterre il y a vingt cinq ans a fait le choix des services et notamment des services financiers . Les services pèsent pour 15 % du PIB anglais . Il pèse pour 3 % du PIB français . Tant mieux . Mais vous imaginez bien que c' est pas parce qu' on coordonne qu' on doit mettre en œuvre la même politique . Gordon BROWN ne peut pas faire ce que je fais avec les constructeurs automobiles , avec la filière bois , ou avec ce que nous allons faire dans le bâtiment ou dans un certain nombre d' industries parce qu' ils n' en ont plus . Mais c' est intéressant de voir cela . Lorsque les Anglais ont décidé de baisser de 2 points la TVA , un certain nombre de responsables politiques se sont précipités en disant « c' est ce qu' il faut faire » . La consommation depuis en Angleterre non seulement n' a pas repris mais continue à baisser . Pour une raison simple , c' est parce que c' est dans la tête . Parce que si le consommateur ne consomme pas , c' est pas simplement parce qu' on va lui donner un point de TVA en plus ou en moins , c' est parce qu' il a peur pour l' avenir , parce qu' il a peur pour son emploi , et qu' il se dit « il faut que j' épargne parce que les mauvais jours arrivent » , c' est ça qui fait que la consommation ne repart pas .

Non mais en France on a choisi l' investissement pourquoi aussi ? Parce que quand on endette la France pour faire des investissements Laurence FERRARI , on a en face de sa dette des actifs , des infrastructures . Quand on endette un pays pour faire des dépenses de fonctionnement , on a en face de sa dette rien du tout et on ruine le pays . Et moi je suis comptable de la signature de la France . Dans cette période qu' est - ce qui s' est passé ? Tout s' est écroulé . Les gens n' avaient plus confiance en les banques , dans les institutions financières , ils n' avaient confiance que dans une seule chose , la signature des Etats , ils n' avaient même plus confiance dans le marché . Si je laisse aller par des déficits qui ne correspondent pas à de la création de richesse d' investissement , mais des dépenses , encore des dépenses de fonctionnement , si je laisse tout aller , la signature de la France qu' est - ce qu' elle vaudra ? Alors que c' est le dernier rempart , je suis comptable de l' épargne des Français . Je n' ai pas l' intention de laisser des dettes accumulées à nos enfants . Donc je dois faire attention à cela . C' est la raison pour laquelle -- je le dis de la façon la plus claire -- je n' engagerai pas des dépenses publiques supplémentaires notamment sur la règle que j' ai fixée du non remplacement d' un fonctionnaire sur deux .

Non , encore une fois monsieur PUJADAS , emprunter pour construire , pour investir . Dans votre bilan vous avez la colonne dette qui augmente mais en face vous avez des actifs . Je regardais les chiffres sur l' Education nationale , depuis 1990 il y a 400000 élèves en moins dans nos écoles , dans nos collèges et nos lycées . 400000 en moins . Et nous avons embauché 50000 enseignants de plus . C' est donc bien que ce n' est pas en embauchant toujours plus de fonctionnaires qu' on résout les problèmes . Depuis 1981 la France , hôpital , collectivités locales , Etat a embauché un million de fonctionnaires en plus . Je vais donc profiter de la pyramide d' âge avec le Premier ministre pour faire en sorte qu' on ne remplace qu' un fonctionnaire sur deux , et si j' arrive à faire ça sur mon quinquennat on reviendra avec le nombre de fonctionnaires que nous avions en 1992 , époque de monsieur François MITTERRAND , je n' ai pas le souvenir que la France était sous administrée .

Non , ce sont des dépenses publiques qui pèsent sur les emplois privés qu' on doit par ailleurs encourager pour créer les conditions d' une diminution du chômage .

Non pas au détriment des fonctionnaires , mais vous prenez également l' affaire des hôpitaux dont on parle souvent où le personnel est absolument admirable de dévouement et d' humanité . Savez vous qu' entre 1998 et 2008 le budget consacré par l' assurance maladie aux hôpitaux a augmenté de 50 % . 23 milliards d' euros de plus . Il faut que la France sorte de la logique systématique du toujours plus de dépenses , et mon rôle de chef de l' Etat est de veiller à ce que l' argent des Français soit utiliser de la meilleure façon qui soit . Nous avons 150 milliards d' euros de dépenses publiques de plus que les Allemands . Nous perdons des parts de marché à l' étranger alors que les Allemands en gagnent . Parce que nous faisons supporter à notre économie un poids de dépenses publiques qu' elle ne peut pas supporter .

Bien sûr . C'est-à-dire remplaçons des emplois dans le privé par des emplois publics . Allons jusqu' au bout de la logique , seulement le problème , pour financer toutes ces dépenses publiques récurrentes , il faut créer des impôts . Parce que qu' elle est la différence ? Quand nous décidons avec François FILLON de faire quatre TGV de plus , ou le Canal Seine Nord , on donne de l' emploi aux entreprises , mais une fois que c' est réalisé c' est réalisé . Vous avez fait le chantier , il est payé , vous l' avez en actifs . Si vous décidez d' embaucher des fonctionnaires de plus , ces fonctionnaires vous les embauchez pour la durée de leur vie active , 40 ans , et comme l' Etat est son propre assureur c' est lui aussi qui paye les retraites . Vous voyez la différence entre la dépense de fonctionnement et la dépense d' investissement . J' ajoute que s' agissant de la dépense de fonctionnement , on augmente les impôts et ce sont des impôts qui vont renchérir le coût de l' emploi privé dans notre pays , il ne faudra pas s' étonner après que les usines s' en aillent , et qu' elles délocalisent , parce que le poids des dépenses publiques est trop élevé . C' est un engagement que j' avais pris dans la campagne présidentielle , je crois raisonnable de le tenir .

L' euro serait menacé si nous ne faisions pas tous des efforts minimums de discipline dans le sens que j' ai indiqué . Deuxièmement , l' euro serait menacé si nous ne faisions pas preuve de solidarité entre les 15 , bientôt 16 , partenaires de la zone euros . Troisièmement , j' observe tous les jours l' évolution de ce qu' ils appellent les « spread » , les primes de risque sur un certain nombre de pays , en l' occurrence sur la Grèce et sur l' Irlande , ça va mieux ces derniers jours .

Enfin , entre l' Allemagne et nous la différence est très faible .

Ce matin 49 points de base .

Monsieur DUHAMEL , je vous dis de la façon la plus solennelle , nous irons avec madame MERKEL à ce sommet de Londres le 2 avril pour obtenir des décisions structurelles . C' est clair . Si on ne prend pas de décisions structurelles de cette nature avec la gravité de la crise qui se trouve devant nous , les gens se révolteront et ils auront raison . Donc ma marge de négociation sur les « Hedge Fund » , sur la régulation , sur la rémunération dans les institutions financières , sur les paradis fiscaux , ma marge de négociation est nulle . Nous voulons des résultats .

Je vais vous dire une chose très simple , ça m' amènera à revoir nos relations avec Andorre , à poser la question de nos relations avec Monaco , qui par ailleurs n' est pas un paradis fiscal , mais enfin il y a des choses que nous devons préciser , et également ça nous amènera à poser un certain nombre de questions à nos voisins luxembourgeois .

Oui vous savez c' est le seul bon côté de cette crise mondiale c' est que tout le monde a besoin d' agir . Vous parlez des Chinois , et une des dames nous expliquait que la Chine n' en avait rien à faire . Ce n' est pas exact . La Chine doit trouver chaque année , doit créer chaque année 30 millions d' emplois . 30 millions d' emplois . Je rappelle que toute la population active privée française c' est 21 millions . Donc la Chine doit créer chaque année l' équivalent , chaque année , l' équivalent de tous les emplois privés français . Quand la Chine fait un point de croissance , elle crée un million d' emplois . Ils ont annoncé être à 8 % de croissance . Vous imaginez les problèmes que ça représente , ça veut dire des dizaines de millions de Chinois qui vont actuellement dans les villes qui vont devoir repartir dans les campagnes . Tout le monde a intérêt à agir . Mais que les choses soient claires , j' ai négocié un partenariat stratégique avec le Brésil , monsieur LULA est un allié et un ami qui veut que les choses ...

Et deuxièmement je souhaite beaucoup que l' Inde , le Premier ministre SINGH , rentre dans la bataille avec nous , et je souhaite également que toute l' Europe défende ces idées-là .

Barack OBAMA viendra en France .

Début avril .

Enfin écoutez , l' élection de Barack OBAMA aux Etats-Unis c' est fantastique . Ce pays qui il y a quelques décennies faisait l' apartheid . On marquait à l' entrée des restaurants « ce restaurant est interdit aux gens de couleur » , les années 60 , peut-être même 70 , dans certains Etats des Etats-Unis , et qui viennent élire un président d' origine à moitié africaine , c' est fantastique . C' est un changement considérable . Et je ne peux pas imaginer que cet homme qui a été porté par une telle vague de changement ne porte pas lui - même une volonté de changement . Et on a besoin que les Etats-Unis d' Amérique prenne la tête de ce changement . Il a commencé , sur le défi climatique , il dit : allez on a raison , les Etats-Unis vont s' y mettre .

Il prend les dossiers , j' espère ...

Ecoutez , ce n' est pas à moi de donner mon impression comme ça .

Je pense que les Etats-Unis c' est la première puissance du monde . Ils ne sont pas seuls . Mais enfin avec les problèmes qu' ils ont aujourd'hui ils ne vont quand même pas venir nous expliquer que tout doit continuer comme avant . C' est pas possible . Il n' y a personne qui pourrait comprendre ça . La gravité de la crise doit nous amener à changer profondément nos comportements et nos méthodes d' action .

D'abord je pense que le système européen n' est pas le bon .

C' est invraisemblable . Si je voulais demain baisser la TVA pour tout le monde , j' aurais le droit de le faire tout seul .

Mais si je voulais baisser la TVA sur un produit je dois demander l' unanimité de nos 26 partenaires . C' est quelque chose qui est parfaitement ridicule . Autre exemple pour les produits de première nécessité : savez vous que le chocolat noir est à 5-5 . Mais le chocolat au lait est à 19-6 . Allez comprendre ...

Donc moi j' ai demandé pour la TVA , je préfèrerai un système de TVA réduite pour tous les produits propres . Je considère que c' est parfaitement anormal que quand on achète une voiture propre qu' on paye plus cher que lorsqu' on achète une voiture qui pollue . Premier élément . Et ça vaut aussi pour les bâtiments . Les bâtiments construits à HQE -- haute qualité environnementale -- devraient être à un taux de TVA réduit . Je pense également que sur les produits culturels il faut aller plus loin . Pourquoi la TVA sur le livre est à 5-5 et la TVA sur le disque est à 19-6 ? Comme la TVA sur la vidéo . Il faut mettre cette TVA à 5-5 .

Bien sûr . Et j' honorerais la promesse qu' avait faite mon prédécesseur pour la TVA dans la restauration . Ca bouge bien , puisque le ministre des finances allemand a dit qu' il était prêt à faire un geste .

Totalement . Mais attendez , il y a quelque chose que je n' ai pas compris , monsieur KOUCHNER a - t - il des ennuis avec la police ? Monsieur KOUCHNER a - t - il des ennuis avec la justice ? Non . Qu' est - ce qui se passe ? Un monsieur fait un livre ...

Il ne m' appartient pas de juger la qualité de ce livre . Dans ce livre ce monsieur dit : monsieur KOUCHNER n' a rien fait d' illégal . Et voilà que le petit système médiatique s' emballe , accuse monsieur KOUCHNER , c' est pas la police , c' est pas la justice , c' est un livre d' un monsieur certainement très respectable , mais enfin comme autorité morale je ne dis pas moins mais pas mieux non plus . Et je devrais moi dire au ministre des Affaires étrangères Bernard KOUCHNER , qui a eu le courage d' apporter son talent - et il est grand - pour conduire la politique étrangère de la France , je le lâche parce qu' il y a un livre qui a été fait ? C' est quand même une autre histoire que d' avoir des ennuis avec la police ou avec la justice . Ca n' a rien à voir .

Bernard KOUCHNER n' était pas député ...

Bernard KOUCHNER n' était pas député . Il a des compétences . Il avait une activité de conseil . Bernard KOUCHNER ne s' attendait pas à être mon ministre puisqu'il a soutenu au premier comme au deuxième tour Ségolène ROYAL et moi je considère que mon devoir , c' est le dialogue , l' ouverture et de faire la meilleure équipe de France possible . Ca fait bien longtemps que je crois dans monsieur KOUCHNER , que je l' apprécie , c' est un homme qui a beaucoup de talent , dont la vie parle pour lui , ça fait quarante ans qu' il s' est dévoué pour des causes humanitaires avec beaucoup d' intelligence et beaucoup de cœur . Je lui ai donc proposé de devenir ministre au lendemain de mon élection . Il a donc abandonné immédiatement ses activités commerciales . Il me dit qu' il n' y a aucun conflit d' intérêt , je le crois , je lui maintiens ma confiance .

J' ai parlé avec lui . Mais Laurence FERRARI , vous savez , on est dans une équipe , je voyage énormément avec Bernard KOUCHNER , c' est un homme pour qui j' ai beaucoup d' amitié , en qui j' ai une grande confiance ; mais moi je ne suis pas un homme à lâcher les gens parce qu' il y a un livre qui fait une rumeur . Ce n' est pas ça un Président de la République ! Et je n' ai pas choisi Bernard KOUCHNER par une foucade , comme ça , parce qu' une idée m' est passée par la tête . C' est un homme dont je regarde l' action depuis des années et je crois que c' est un homme en qui on peut faire confiance .

LE NOUVEL OBSERVATEUR , c' était ce journal qui était sûr que j' avais envoyé un SMS ? ! Très bien . Vous voyez la crédibilité que je lui fais !

Je ne sais pas . Je me suis engagé dans la vie politique il y a bien longtemps dans le mouvement gaulliste , passionné du Général de GAULLE . Est - ce que vous ne croyez pas que c' était le Général de GAULLE qui décidait ? Vous pensez vraiment que le Général de GAULLE ne décidait pas y compris dans le détail ?

OK . Ensuite il y a eu Georges POMPIDOU et ses relations avec Jacques CHABAN-DELMAS . Ce n' était pas lui le patron ? Mais allez , continuons . Ensuite Valéry GISCARD d' ESTAING , qui avait une telle idée de sa présidence , que ça n' a pas duré longtemps avec son Premier ministre Jacques CHIRAC ; ils se sont séparés , parce qu' il voulait être le patron . Ensuite il y a eu François MITTERRAND . Souvenez - vous comme ça s' est bien passé avec Laurent FABIUS et avec Michel ROCARD ! Ce n' était pas eu le patron ? Ensuite il y a eu Jacques CHIRAC qui a nommé Jean-Pierre RAFFARIN qui avait conceptualisé -- d'ailleurs une jolie formule -- ce que veut le Président , je le veux ! Ma légitimité , disait le Premier ministre d' alors , c' est celle du Président ! Et ensuite comme deuxième Premier ministre , le président GISCARD d' ESTAING a choisi un de ses collaborateurs ...

Le Président CHIRAC , pardon , excusez -moi , un de ses collaborateurs , Dominique de VILLEPIN , qui n' avait jamais été élu . Tous se sont comportés ... allez , comme des leaders , comme les patrons ! Qu' est - ce que c' est que cette histoire d' aller me comparer à je ne sais quel personnage historique !

Si vous voulez faire de la publicité pour le livre d' Alain DUHAMEL , vous avez raison ...

Non pas du tout ...

Monsieur PUJADAS , quand on fait le métier qui est le mien , le travail qui est le mien , on doit accepter toutes les critiques , même lorsqu' elles vous blessent et si jamais quelque chose devait me blesser -- en l' occurrence , ça ne m' a pas blessé -- je le garderais pour moi parce que c' est si ridicule , mes blessures , par rapport à la souffrance de ceux qui vont perdre un emploi ou qui ont l' inquiétude de la crise . J' ai le sens du ridicule , vous savez . Ceux qui parlent de moi , ne l' ont pas toujours , mais moi je l' ai , je fais bien attention à ça . Je sais que j' ai été élu et qu' un jour , ça se terminera ; et pour être sûr que ça se termine , je suis le premier président de la 5e République qui ai voulu qu' on ne puisse pas se présenter plus de deux fois . Vous voyez !

Ce n' est pas une obligation ...

Ecoutez , s' agissant de Saint-Lô , ce n' est pas parce qu' il y a eu des manifestations que le préfet a été déplacé que le DDSP aussi parce qu' à chaque fois que je me déplace -- et c' est bien normal -- il y a des manifestations . Si on devait déplacer tous les préfets quand il y a une manifestation , il n' y en aurait plus beaucoup en place ! Mais j' ai voulu autre chose -- j' assume mes responsabilités -- quand il y a un dysfonctionnement , maintenant le responsable , il est responsable . Quand il y a une bêtise dans une rédaction -- je le dis à Monsieur PUJADAS -- je me souviens qu' il a été désigné comme responsable . Il ne s' est pas tourné vers les autres , il a assumé puis il est revenu . Il y a eu une erreur qui a été faite par le préfet et par le responsable de la police ...

Le ministre de l' Intérieur m' a proposé de le déplacer et il a eu raison ... Laquelle ? Il avait tous les effectifs qui étaient à sa disposition et il n' a pas pris les mesures pour que l' ordre public soit respecté . Moyennant quoi , comme les mesures préalables n' avaient pas été prises , ça a déclenché des brutalités et je ne veux pas qu' il y ait des brutalités . Mais je vais plus loin , Madame FERRARI , je vais revenir à une pratique ... allez ... qui était la pratique du Général de GAULLE : quand quelque chose n' allait pas , le Général de GAULLE changeait le responsable . Et maintenant , que les choses soient bien claires : s' il y a un problème , je suis responsable . Mais quand quelqu'un est responsable et n' assume pas ses responsabilités , il en assume les conséquences . Pourquoi dans toutes les entreprises , dans tous les commerces , dans la vie de chacun , le principe de la responsabilité est un principe qui existe , eh bien maintenant ça doit exister aussi pour les hauts fonctionnaires qui n' ont pas à être préservés de ça . J' ajoute que la personne en question n' est pas au chômage puisqu'on lui a trouvé une occupation pas plus tard qu' avant-hier .

Mais écoutez ! Bien sûr ! Mais ce n' est pas une question de chahuter , ce n' est pas une question de cela , il y a des règles : l' ordre public , je suis garant ... de l' ordre public . L' ordre public doit être respecté parce que quand on ne le respecte pas , la police est ensuite obligée de le faire respecter avec des brutalités qui me semble - t - il ne sont pas nécessaires en démocratie . Comme le travail n' avait pas été fait avant , il a dû être fait après . Quand on est préfet , on est responsable . Quand on est ambassadeur , on est responsable ; quand on est haut fonctionnaire , on est responsable et moi , l' histoire responsable mais pas coupable , ce n' est pas mon genre .

C' est faux ... C' est factuellement faux .

Non mais attendez , que les Français soient bien informés de cela ! C' est tellement plus simple de dire les choses de façon exacte . Le conseil des ministres propose un nom . Ce nom est envoyé au CSA , si le CSA dit non , le conseil des ministres doit redébattre et reproposer un nom puisque le CSA a un avis conforme . Si le CSA dit oui , le nom proposé par le gouvernement , pas par le Président de la République , par le gouvernement ... puisque le conseil des ministres , c' est le gouvernement ... ce n' est pas le Président de la République , c' est le gouvernement ...

Oui bien sûr mais je ne suis pas seul . Il y a un Premier ministre , il y a des ministres ...

Si ça vous fait plaisir de le penser et de le dire , dites -le mais il se trouve que ce n' est pas exact : c' est le gouvernement qui propose un nom , ce nom part au CSA . Le CSA dit oui , ça continue , il dit non , ça s' arrête . Une fois que le CSA a dit oui , qu' est - ce qui se passe ? Ce nom proposé par le gouvernement part aux commissions des affaires culturelles de l' Assemblée nationale et du Sénat et tenez - vous bien , ce nom doit être accepté à la majorité des 3/5e , c'est-à-dire ... l' opposition doit être d'accord avec la majorité pour accepter le nom ! Vous voyez qu' on est bien loin de la caricature d' un Président de la République seul dans son bureau , qui va nommer le président de FRANCETELEVISIONS ! C' est une plaisanterie , c' est un mensonge qui a été dit ! Non , non , bien sûr pas vous , mais enfin ... J' ajoute : qu' est - ce qui se passait avant ? Avant , c' est le CSA qui le nommait sous la pression , tout le monde le savait , du pouvoir public . C' est tellement vrai qu' un de vos patrons , avant monsieur de CAROLIS -- vous vous souvenez de monsieur GUILLAUME -- a été poussé à la démission parce qu' il n' avait pas été le candidat du président MITTERRAND ; est - ce que c' est vrai ce que je dis ?

Très bien . Donc nous passons d' un système d' hypocrisie totale à un système de transparence totale , c' est ce que j' ai voulu faire .

De quoi s' agit -il ? D'abord si je suis inquiet , ce n' est pas de cela ; je suis inquiet de voir depuis des années les universités françaises reculer dans tous les classements internationaux et Valérie PECRESSE a fait un boulot remarquable pour donner l' autonomie aux universités françaises , je veux que les Français le sachent : la totalité des universités dans le monde sont des universités autonomes . Qu' est - ce que ça veut dire ? Qu' elles choisissent leurs enseignants , qu' elles choisissent leurs étudiants , qu' elles sont propriétaires de leurs locaux et qu' elles peuvent faire preuve de dynamisme . C' est ce qu' on appelle l' autonomie . Aujourd'hui c' est fait . Chaque année durant mon quinquennat , nous mettrons 1-8 milliard de plus sur la recherche et sur les universités . A la fin de mon quinquennat , on aura augmenté de 33 % les crédits que l' Etat consacre à chaque étudiant , 33 % ; c' est donc pour moi une priorité absolue . Sur le statut des étudiants chercheurs , qu' est - ce qui s' est passé ? Tout le monde me dit : il y a un malaise dans la recherche -- c' est le fameux décret de 1984 -- il faut changer ça . Nous avons donc décidé d' augmenter le salaire au niveau du recrutement entre 12 et 25 % pour les enseignants chercheurs . Mais nous voulons qu' ils soient évalués dans le cadre de notre université . Alors le principe de l' évaluation , il est incontournable . Les modalités d' évaluation , on peut en discuter et Valérie PECRESSE en discutera .

Non mais enfin depuis vingt mois que je suis aux responsabilités du gouvernement , d'abord reculer ce n' est pas une honte mais il se trouve que ça ne s' est pas produit . Et je n' ai pas l' intention que ça se produise . J' ajoute que la conférence des présidents d' université , Laurence FERRARI , a dit qu' ils étaient pour le système , que j' ai lu dans la presse cette semaine , sous la signature de monsieur Axel KAHN , président d' université , engagé à gauche comme chacun le sait , son approbation sur le décret ; s' il y a des modalités parce que je crois que les enseignants chercheurs ont quelques craintes sur la façon dont se passera l' évaluation , on est prêt à évoluer sur ces modalités mais le principe de l' évaluation , non . La recherche est pour moi absolument indispensable et j' en profite pour vous dire autre chose : c' est vrai qu' il va falloir qu' on discute avec les enseignants de leurs conditions de vie parce que les choses se sont beaucoup dégradées ces quarante dernières années ...

Enfin l' ensemble du monde de l' éducation nationale . J' ai dit que sur les emplois publics , j' avais une politique et que je souhaitais que le gouvernement continue à l' appliquer mais c' est vrai qu' il y a une paupérisation du métier d' enseignant qui est préoccupant . J' espère qu' avec la mastérisation , une année de plus de formation , on va pouvoir augmenter leur rémunération à l' entrée dans la carrière .

Je regardais votre vingt heures à tous les deux le jour de la grève générale , c' est un grand changement ; la France n' était pas paralysée : 80 % des bus , 75 % des métros , 50 % des trains ; le service minimum , ça marche et je veux remercier les fonctionnaires qui l' ont fait marcher . Dans les écoles , ça a marché aussi dans 75 % des cas . Là je veux dire la vérité aux Français : quand on est maire d' une toute petite commune , on n' est pas forcé de trouver les voies et les moyens pour trouver quelqu'un qui va garder les enfants le jour de la grève . Mais je dois dire que j' ai été très choqué de voir le maire de Paris afficher clairement sa volonté de refuser d' appliquer la loi pour des raisons idéologiques . Le tribunal administratif , fort heureusement , a condamné cette attitude et je suis bien persuadé qu' à la prochaine grève , eh bien le service d' accueil sera fait à Paris comme ailleurs . Je veux faire la différence entre une posture idéologique et une impossibilité matérielle . Qui peut croire qu' à Paris , on ne puisse pas trouve un animateur pour accueillir les enfants des parents qui ne savent pas quoi en faire parce que l' école est en grève mais les parents doivent quand même aller à leur travail ? ! Donc le service minimum , ça marche , c' est une rupture .

Monsieur PUJADAS , il faut toujours regretter les petites phrases !

Moi je ne connais pas ce monsieur WILLIAMSON ...

Mais c' est invraisemblable , c' est choquant et c' est inadmissible . Qu' il puisse se trouver au 21e siècle quelqu'un qui ose contester les chambres à gaz , la Shoah , le martyr des Juifs , c' est inadmissible . Et quand de surcroît , cet homme qui conteste ça , se prétend pasteur ... non pas au sens protestant mais au sens évangélique , c' est encore plus choquant . Franchement ce monsieur , ça ne donne pas envie de le connaître .

Rachida DATI a fait un boulot remarquable ; elle a fait les peines planchers : désormais les récidivistes sont plus sévèrement condamnés , c' est pour ça qu' on a de bons résultats en matière de délinquance ; elle a réforme la carte judiciaire que personne n' avait fait depuis 1958 et elle va conduire avec Michel BARNIER la liste d' une grande formation politique de la droite républicaine et du centre pour les élections européennes . Pour une sanction , dites -moi , c' est une drôle de sanction ! Et je trouve que c' est plutôt formidable qu' une grande formation politique mette une candidate de la diversité à sa tête parce que c' est facile de nommer , c' est plus difficile de mettre à la tête ... Et donc Rachida ira en Europe exercer son mandat et puis elle reviendra un jour au gouvernement , elle garde toute ma confiance . Et l' autre personne en qui je ne fais plus confiance ?

Non mais ce n' est pas une question de pardonner . J' ai pensé pour tout dire que quand on a 32 ans , qu' on vous propose d' être candidate aux européennes -- et quand même quand elle incarne ce qu' elle incarne avec son talent -- c' est tous les jeunes des quartiers qui auraient pu se dire « voilà , une grande formation de la droite républicaine fait confiance à une jeune femme de la diversité » , je trouvais que c' était dommage qu' elle ne joue pas cette carte ni cette chance . Maintenant pardonner ... amertume , rancune , ça ne fait pas partie de mon vocabulaire . Vous savez , j' ai un travail à conduire , Rama YADE a beaucoup de talent ; je crois qu' elle - même a bien compris qu' elle avait eu tort mais maintenant il y a bien d' autres choses à faire et je suis sûr que je pourrai compter sur son travail et son talent .

Vous savez , moi je me suis engagé toute ma vie politique pour supprimer cette triste originalité qui faisait que dans le pays des droits de l' homme , la France , on a eu pendant 25 ans l' extrême droite la plus forte d' Europe . J' ai beaucoup fait pour qu' il n' y ait plus cette extrême droite parce que ce qui me gêne , ce n' est pas le mot droite , ce n' est pas le mot gauche , c' est le mot extrême . Parce qu' au 21e siècle , avec tous les problèmes qu' on a à résoudre , on n' a pas besoin d' extrémistes , qu' ils soient de gauche ou de droite .

L' extrémisme , le fanatisme , l' intégrisme , ce sont des mots que je combattrai toujours .

DAVID PUJADAS

Oh que oui ! Oh que oui !

Parce que mon métier est très difficile , qu' il faut beaucoup d' énergie , beaucoup de force pour le faire ; je consacre toutes mes forces à faire le mieux possible , le mieux possible ; j' ai encore trois ans et demi et vraiment je vais utiliser ces forces pour ces trois ans et demi qui viennent ; mais je ne prends aucun engagement ni dans un sens ni dans un autre . Parce qu' on ne fait pas un deuxième mandat ... parce qu' on n' a pas fini ce qu' on avait à faire . On fait un deuxième mandat parce qu' on a la force de porter un nouveau rêve et que les gens vous font confiance . En tout cas ce serait extrêmement choquant que j' ai pu décider une décision aussi importante alors même que je ne suis même pas à la moitié de mon premier mandat . Les gens attendent de moi que je fasse le travail , que j' obtienne des résultats , que je leur dise la vérité , que je sois capable d' entendre leurs souffrances et leurs problèmes et d' y apporter une réponse et pas que je me projette . Vous savez , je les vois tous , ceux qui voudraient être Président de la République ... moi je le suis , je n' ai pas à me projeter , j' ai à faire le boulot .

Ecoutez Monsieur PUJADAS , je vais vous dire une chose : si j' avais à y penser , je donnerais une réponse et peut-être pas celle que vous attendez .

Mais naturellement ! Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis , c' est absolument fantastique . Ils ont trouvé Barack OBAMA pour le parti démocrate que personne ne connaissait il y a deux ans et demi ! Pourquoi j' ai voulu qu' un Président de la République ne puisse pas se représenter plus de deux fois ? Parce que je veux en finir avec ce système français qui fait que le même homme ou la même femme peut se présenter quarante ans de suite ! C' était bon dans le passé , ça ne l' est plus , il faut aérer , il faut laisser des jeunes arriver . Et comment voulez - vous que les jeunes arrivent si celui qui est tout en haut se verrouille sur son siège et de façon frénétique empêche tout le monde d' avancer ! ? Un pays de 65 millions d' habitants ... est - ce qu' il est possible d' avoir quelqu'un pour succéder ? Mais ce n' est pas un , c' est beaucoup qui sont capables de le faire . Je le souhaite de toutes mes forces à la France . Vous savez , quand on arrive ici , il faut savoir qu' il y a une fin . Une fin à quoi ? A un mandat . Et la vie continue . Elle continuera pour moi comme pour les autres .

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